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 Restlessly I listen the endless hissing of the sea, currents change constantly. ♠ Hilou

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► date d'inscription : 06/11/2013
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MessageSujet: Restlessly I listen the endless hissing of the sea, currents change constantly. ♠ Hilou    Lun 10 Nov - 5:32


When answers merge and thoughts converge
with time, lose sight of what is right
and with the tide, new questions



Restlessly I listen
the endless hissing of the sea,
currents change constantly

Hippolyte L. Deveraux






A quoi ressemblons-nous sur le bord des falaises ? Bouleversés par le vent, attirés par la mer. A quoi ressemblons-nous dans les abysses et dans la braise ? Dévorés par le temps, manipulés par la chair. De l’eau avait coulé sous les ponts, les débris engloutis. L’amertume du poison avait fini par se perdre dans les méandres et les sentiments, dans sa chair et dans son sang. De l’eau avait coulé sous les ponts, noyés les tambours de son cœur haletant. Du baume au bord des lèvres pour panser les plaies de l’affolement. De l’eau avait coulé sous les ponts, dissolus les murs de sa prison, pleurer des torrents de malchance. L’érosion avait été violente, brutale, entrainante. Il a fallu du temps pour que cette chair se régénère et oublie les maltraitances. Oublier. On n’oublie jamais. On n’oublie jamais l’alchimie d’une névrose enrobée de douleur, on n’oublie jamais le goût et la froideur de la peur. Cette peur qui vous paralyse, cette peur qui vous rapproche de l’agonie. Le cerveau oubliait, le cerveau triait mais le sang se souvenait. La mémoire diluée et fragmentée s’imprégnait ; personne n’oubliait. Tout était gravé, là, bien profondément dans ses tissus, à l’abri d’une quelconque tentative de rejet. La magie n’y pouvait rien, l’empreinte cellulaire était bien trop forte, bien trop décidée à ne pas annihiler l’objet de son aversion. Tôt ou tard elle lui ferait défaut et ce jour était arrivé.

Lou aimait se perdre dans les détales que dessinaient les nombreuses ruelles Londoniennes. Elle aimait laisser ses pieds la guider pendant de longues heures, découvrir des lieux qu’elle ne connaissait pas, s’aventurer dans les plus sombres recoins de cette ville qui ne dormait pas. Elle aimait l’inconnu, cette excitation qu’elle ressentait en ignorant ce sur quoi elle allait tomber au prochain croisement. Elle aimait imaginer les bâtiments, les segments et les intersections, les pavés et le goudron ; la vie qui pouvait bien se développer par-delà l’agitation. Elle était cette fille à s’ébahir d’un lion gravé sur une façade, cette fille à sourire devant un arbre oublié au milieu d’un trottoir. Elle était cette petite fille qui découvrait et redécouvrait inlassablement jusqu’au moindre détail de cette vie. Néanmoins, à être trop curieux, on finit par se brûler les ailes par l’acidité de l’opinion, on finit par s’empaler sur l’indifférence de la société. Il fallait vivre caché. Elle ne se cachait jamais. Alors qu’elle tournait à l’angle d’une ruelle au sol pavé, son regard fut instantanément attiré par la beauté des bâtiments la composant. Elle se dit qu’encore une fois, elle n’avait pas perdu sa journée, qu’il fallait parfois se laisser guider pour être étonné. Elle s’y engagea en rajustant sur sa tête la capuche de son manteau pour échapper aux contrariétés du ciel. Tout le monde avait ses hauts et ses bas, même les plus grands. Peut-être était-il triste, peut-être la prévenait-il d’un danger imminent. Peut-être lui conseillait-il de rentrer chez elle avant que la maladie de l’atteigne. Elle n’écouta pas. La née-moldue connaissait les règles. Interdiction de sortir de Londres. Se perdre dans Londres n’était pas sortir de Londres. En soi, elle ne faisait rien de mal : elle errait dans le territoire dans lequel on la parquait.

Ce lieu lui semblait familier. Il s’y dégageait une douceur et une violence qui vibraient à l’unisson avec son sang. Quelque chose lui disait qu’elle ne devait pas se trouver là, qu’elle avait franchi la ligne invisible de son enclos. Mais elle continua. Les gens se pressaient tel des fourmis dans leur fourrure sombre. Elle voguait au travers d’une marée d’âmes que charriaient les échoppes perchées sur les flancs de la rive. De par sa petite taille, elle distinguait difficilement les vitrines des boutiques, constatant seulement l’intérêt de la marée pour tel ou tel lieu. Ses yeux clairs remontèrent sur les devantures vieillies pendant que son corps dérivait, elle y détailla en lettres majestueuses, d’étranges noms qui ne figuraient pas dans le dictionnaire anglais. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, elle fut amenée face noble devanture répondant au nom de The Apothecary. Son regard glissa avec insouciance le long des nombreux reliefs qui la composaient. Soudainement, elle recula d’un pas, surprise, avant de plisser les yeux en se rapprochant prudemment. Quel genre de magasin pouvait dont bien vendre des plumes, des crocs, des pâtes de poulet et des… Elle se rapprocha un peu plus. Des œufs avariés ? La jeune femme se redressa, étonnée. Elle détaillait les gens s’engouffrer dans la boutique puis ressortir, des sachets sous le bras. Elle détaillait ces gens si différents se croiser, se recroiser et s’abandonner. Ses yeux se reposèrent sur la devanture en verre. Elle était déjà venue ici. Elle le savait. Elle le sentait. Un tintement métallique retentit, avertissement vomissant un nouvel individu. La rousse fronça les sourcils. Ce visage, ces yeux… Elle connaissait cet homme. Elle ne savait pas d’où, elle ne savait pas comment, elle ne savait pas qui il était mais elle était certaine de le connaitre. Elle sentait qu’au fond d’elle-même, elle connaissait la réponse à toutes ses questions. Elle sentait les explications griffer l’intérieur de son cerveau avant de s’étouffer. Dès qu’elle posait la main dessus, elles disparaissaient, lui filait entre les doigts à l’instar du sable sur la plage. Potentiel effet secondaire d’un traitement à longue durée. Elle soupira. L’homme ne la reconnut pas, ne la regarda même pas. Elle semblait invisible ainsi noyée dans la marée. Lou le regarda s’en aller contre la pluie battante, impuissante. Elle n’allait tout de même pas lui courir après et passer pour une aliénée. Pourtant, elle voulait savoir. Elle voulait savoir pour l’entièreté de ce lieu bousculait sa mémoire comme un vulgaire cerisier.

Elle lui courut après. La pluie s’abattit sur son visage pâle, dessina de longs chemins sur la surface de ses joues. Son corps se faufila avec maladresse parmi les plots de l’univers jusqu’à cet homme. Jusqu’à cet inconnu sur son chemin. De justesse, ses fins doigts effleurèrent l’épais textile qui recouvrait l’une de ses épaules avant qu’il ne lui échappe. « Excusez-moi… » Elle se stoppa, essoufflée et trempée, le cœur tambourinant une mélodie énergique dans sa poitrine. « Excusez-moi, est-ce que… » Elle prit une profonde inspiration, leva les yeux au ciel avant de planter son regard dans celui de l’intéressé. « Est-ce qu’on ne se serait pas déjà croisés ? » Un timide sourire tendrement dessiné sur ses lèvres mouillées.



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« To see a world in a grain of sand and a heaven in a wild flower, hold infinity in the palm of your hand and eternity in an hour. » W. BLAKE @ ALASKA.
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