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 Save me, please don't talk ♦ Aleksei

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MessageSujet: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Mar 17 Juin - 22:23


Please don't talk

Samedi, enfin une journée calme. Mais aujourd’hui, c’était jour de sortie à Pré-au-Lard. Juliet avait réussi à obtenir une autorisation de sortie ce qui n’était pas forcement simple par ces temps de guerre. Elle espérait pouvoir voir son père si jamais il s’était libéré. C’était comme ça. Ils avaient rendez-vous tous les samedis où c’était possible dans leur petit coin à eux de Pré-au-Lard, après tout, il était peut-être impossible de voir ses parents pendant les vacances, mais ce n’était pas pour ça que ce n’était pas le cas en semaine. Mais malheureusement, ils n’avaient jamais réussi à se libérer en même temps. Le travail de son père lui prenant trop de temps et les interdictions de sortie étant trop importantes l’année précédente. En effet, entre la découverte des clans, le Code Phénix et le traitre dans le château, celle-ci avait été plutôt dense. Et quand bien même il y avait des sorties, c’était uniquement une fois par mois, ce qui faisait douze occasions de se voir. Ca ne faisait donc plus tellement quand on savait celles qui avaient disparues pour différentes raisons. Ellen espérait donc vraiment voir son père ce jour-là, elle qui avait passé plusieurs années seule avec lui avait besoin de le voir. Elle avait quelques ennuis à l’école et avait besoin d’avoir son avis. Elle se demandait tout de même ce qu’il allait dire en apprenant que certains élèves avaient découverts son pouvoir. Mais il avait toujours su que se pourrait arriver. Mais maintenant, elle devait régler ce problème.

Elle suivait tous les autres élèves dans la cour du château et puis en direction de l’extérieur. Elle était accompagnée de ses amies chez les Serpentards. Une fois dans ce magnifique village très surveillé de Pré-au-Lard, elle réussit à s’éclipser. Elle savait qu’elle ne devait pas trop être vue en compagnie de quelqu’un de l’extérieur. De plus, elle était surtout censée rester avec le groupe. C’était les consignes. Il n’y avait plus de réelle liberté même dans cet endroit. Somme toute, c’était comme pour le reste de la vie à Poudlard. C’était une dictature et il n’y avait donc aucune raison qu’ils puissent faire ce qu’ils voulaient même une fois dans la semaine. Quand elle pensait à la façon dont ils avaient détruit sa famille, assassiné sa mère et sa sœur, elle était terrorisée. Elle en faisait encore des cauchemars. Elle se demandait si elle était destinée au même sort si ils la trouvaient, si ils découvraient qui elle était. Après tout, ils avaient déjà tués des élèves. Lorsque cette élève avait été tuée lors du bal, elle avait revécue cette après-midi là, cette après-midi où sa vie avait basculée. Elle aurait tout donné pour changer cet anniversaire. Quel beau cadeau les mangemorts avaient pu faire à son père. C’était incroyable la bonté dont ils pouvaient faire preuve. Elle deviendrait comme son père. Elle le vengerait, elle vengerait sa famille. Elle redorerait le blason de la famille Dashwood, ils regretteraient d’en avoir détruit une partie. Et ils ne comprendraient pas. Elle serait quelqu’un d’autre. Elle serait une personne qu’elle aurait crée au fur et à mesure des années. Elle se construirait plusieurs identités. Elle avait un don, autant qu’elle s’en serve. Elle serait Juliet Bowman, celle qui rejoindrait le rang des obscurs, qui se jouerait de tout le monde comme elle était déjà en train de le faire. Elle se ferait bien voir des mangemorts, et elle serait Ellen Dashwood, une jeune phénix, celle qui détruirait tout le monde. Une personne inattrapable, une personne fantôme, un outil de vengeance. Et elle serait de bien d’autres personnes, des personnes pour les faire parler, des personnes pour devenir leur ami, des romances. Elle avait bien compris ce qu’il se passait en regardant les années supérieures. Tout était une question d’apparence, et elle serait ce qu’ils voulaient qu’ils soient. Tuer une personne faisait de vous un allié, dès que l’on était capable de torturer, qu’on soutenait le dictateur, on était digne de confiance – ou presque. Elle deviendrait celle qu’ils voulaient pour intégrer leurs rangs et les détruire.  Elle ne ferait pas d’exception. S’il le fallait elle vendrait son âme au diable. Elle s’en moquait que la future magie qu’elle pratique soit de la magie noire. Eux ne se gênaient pas pour l’utiliser, elle serait pareille. Torture, manipulation, elle trouverait les véritables coupables du meurtre de sa mère et de sa sœur et elle les tuerait. Elle serait comme ceux qu’elle combattait. Elle avait vite compris que dans une bataille, il fallait se mettre au niveau de son adversaire sinon, on tombait avant lui. Elle trouvait les Phénix bien trop sympathiques. Ils n’avaient toujours pas compris pourquoi ils avaient perdu la fois précédente, il fallait qu’ils tapent aussi fort que les mangemorts mais n’en étaient pas capable. Ils ne voulaient pas être comme les mangemorts. C’était tout à leur honneur mais lorsque la bataille viendrait, ils auraient de choix : changer ou périr.

Elle était à leur point de rendez-vous. Elle attendait, comme toujours. Allait-il venir ? Elle se le demandait encore. Il n’avait pas répondu à sa dernière lettre dans laquelle elle lui disait qu’ils avaient une sortie de prévue à Pré-au-Lard. L’avait-il au moins reçu ? Ce n’était pas dit. Le courrier se perdait de plus en plus. C’était une des raisons pour lesquelles elle voulait le voir. Ses lettres étant potentiellement lues, elle n’avait pas envie de lui raconter sa vie, ses problèmes dans des lettres. C’était sa vie et les mangemorts n’avaient pas à la connaitre. Le temps passait, lentement, très lentement. C’était toujours ainsi lorsque l’on était impatient. Petit à petit Juliet comprit que ce ne serait pas encore ce jour-là qu’elle reverrait son père. Il allait falloir qu’elle attende encore un peu. Mauvais timing… Elle n’était même pas triste, non, elle était déçue. Elle avait cru que ce serait possible pour eux de se voir cette fois-là et une fois de plus ce n’avait pas fonctionné. C’est tout, c’était comme ça. Mais c’est avec le cœur légèrement alourdi qu’elle se dirigea pour rejoindre ses camarades.

Et ils lui tombèrent dessus. Deux mangemorts en patrouille. Elle ne les avait pas vu et tomba nez à nez avec eux. « C’est une élève ! » Ils coururent dans sa direction et elle n’eut le temps de rien faire qu’ils l’avaient attrapée. « On peut savoir ce que tu fais ici ? Tu n’es pas censée être avec les autres élèves ? » La jeune fille était tétanisée. Que devait-elle répondre à ça ? Elle n’avait pas grand-chose à dire. Elle ne pouvait plus trouver l’excuse de s’être perdu. Lorsque l’on suit un groupe, c’est dur de le perdre. Encore plus quand il fait la taille de celui qui était en même dans la rue principale de Pré-au-Lard changeant de magasin. Elle se tut et puis réagit. Elle fuit. Elle se mit à courir afin d’éviter les deux mangemorts. Le sortilège la frappa de dos et elle tomba au sol avec violence. C’était sa punition, elle le savait. Elle hurla de douleur alors qu’elle cru que son corps allait exploser. La douleur était terrible. Son cerveau semblait sous le point d’éclater. Elle se tordait de douleur sur le sol, priant pour que ça cesse. Ca parut durer une éternité à la Serpentarde. Et puis ça cessa. Elle tenta de reprendre son souffle, de reprendre le contrôle de son pouvoir qui semblait s’être fait la malle. Elle voyait ses cheveux qui pendait à coté d’elle alors qu’elle tentait de se lever qui changeaient continuellement de couleurs. Heureusement, les mangemorts l’ayant à leur gout suffisamment punie ne l’avait pas suivie. Ils avaient lancé leur sort puis étaient partis. Elle était punie, c’était tout ce qui leur fallait.

Juliet tentait de reprendre ses esprits, de comprendre, devoir où elle se trouvait. Sa tête qui avait touché le sol violemment tournait. Au bout d’un moment, elle réussit à reconnaitre les lieux. Elle reconnut la petite ruelle qui se trouvait à moins d’une dizaine de mètres. Elle allait pouvoir s’y cacher en attendant de contrôler son pouvoir. Elle s’y traina avec difficulté. Tout son corps la faisait souffrir. Elle avait mal au crane, vraiment très mal. Mais un de ses bras la faisait également souffrir. Elle tenta de le lever sans succès. Elle vit alors qu’il formait un angle assez improbable. Malgré son cerveau embrumé, elle ne mit pas longtemps à comprendre qu’il était brisé. Elle passa la main dans ses cheveux à l’endroit de sa tête qui cognait. C’était bizarre. C’était poisseux. Qu’est-ce que c’était. Elle en ressortit rouge, couverte de sang.

Ce fut la dernière chose qu’elle vit avant le noir total. Ce fut la dernière chose qu’elle vit avant de sombrer dans l’inconscience.
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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Sam 28 Juin - 6:02


Please don't talk



Parfois, Aleksei se demandait s’il n’était pas tout simplement stupide. Parfois, il se demandait aussi s’il avait fait le bon choix en tournant le dos à tout ce que ses parents avaient pu lui enseigner, à tout ce que son poste actuel, son sang, ses talents et son allégeance au Seigneur des Ténèbres avait pu lui apporter. Parfois, encore, il se demandait s’il ne vaudrait pas mieux pour lui de quitter son travail, de quitter l’Angleterre, et de partir en Sibérie soigner des autochtones sans avoir à se soucier de sang, de maintien, de réputation. Mais toujours la vie se rappelait à lui avec un sadisme sans pareil. Elle était là, à se rire de lui ; elle était là, à lui montrer un peu plus pourquoi depuis ses sept ans il avait accumulé les barrières entre sa douceur naturelle et la réalité qu’il offrait au monde. Le pire, c’était certainement que ces barrières avaient déteint sur son caractère, comme une peinture de mauvaise qualité pouvait gâcher le plus beau tableau en se diluant sous la pluie.

Aleksei était mélancolique, et vues ses pensées, ça n’avait rien d’étonnant. Il n’y avait rien de bon à songer à ses choix et à les reconsidérer en se demandant ce que sa vie aurait pu être si on n’avait pas pris cette intersection à cet instant là. Et c’était ce que le Médicomage faisait, se balançant sur son fauteuil de Médicomage en Chef, pieds sur le bureau, cigarette allumée, mais que peu fumée, au coin des doigts. Une masse de courriers et de parchemins à signer, relire, décacheter et considérer d’un regard assassin s’entassait sur son bureau sans que le tas ne s’amoindrisse depuis les deux heures qu’Aleksei les considérait. Un soupir, à nouveau, et Aleksei se leva si brutalement que son fauteuil recula de quelques mètres, des parchemins s’écroulant au sol comme tous les faux semblants du Russe. Il n’y avait rien à faire, rien à regretter, rien à imaginer : le présent était ce qu’il était, et le passé, plus que jamais immuable. Pas de recherche d’un éventuel pardon, pas de quête d’une rédemption, tout cela était loin d’être dans le caractère d’Aleksei. Se contenter du présent, il fallait qu’il en fasse réellement son mot d’ordre, et il s’appliquait à s’y tenir avec une rigueur à son image. En général. Parce que ce n’était pas vraiment concluant pour le moment ; et les cent pas qu’il traçait dans son bureau avec l’attention et la concentration d’un penseur ne lui apportaient aucun réconfort.

Soudain, la panthère le prit au dépourvu, rompant ses songes et ses interrogations. Il l’avait presque oubliée. Plié en deux au milieu du bureau, il suffoquait, écrasé par sa présence et ses pulsions prédatrices. Elle était sa plus grande réussite en magie et son plus grand échec. Devenu de son propre chef Animagus, ayant appris seul, tenté seul, la dissociation entre l’animal et lui était si mince qu’il était parfois submergé par les émotions de la panthère, qui prenaient le pas sur son naturel doux et patient déjà bien malmené. Comme à présent, alors qu’il ressentait brutalement le besoin de sortir à l’air libre, de se fondre dans la peau du puissant félin pour mettre de côté ses doutes et ses remises en question. C’était une manière comme une autre d’évacuer et de faire la part des choses. Ce n’était certes pas celle à laquelle il était habitué depuis sa plus tendre enfance, qui lui avait appris l’assurance et l’arrogance, mais c’en était une qui avait porté ses fruits depuis quelques années. Aleksei posa un genou à terre, serra le poing pour contrôler ses tremblements. C’était toujours ainsi lorsqu’un besoin de transformation s’imposait pour pallier son trouble. C’était toujours ainsi, et c’était d’autant plus violent qu’il n’y avait aucun spectateur. La panthère aussi avait un instinct de survie développé, et en présence d’une tierce personne, elle n’aurait jamais mis en danger le secret du Médicomage. Dans tous les cas, une pause s’imposait. Dans tous les cas, il était clair que rester à réfléchir dans son bureau, même, à Ste Mangouste, n’était pas la bonne solution. En quelques mouvements, il avait ôté sa robe de médicomage et enfilant une cape plus conventionnelle, s’apprêta à quitter le bâtiment pour un après midi de congé. Mais il lui suffit d’un pas hors de l’hôpital pour comprendre qu’une fois encore il avait réfléchi avec l’impulsivité de l’animal sans prendre le temps de tout considérer. Et plus encore sans se trouver une raison de s’offrir ainsi une demi-journée de repos. Et lorsqu’un Mangemort saisit l’occasion pour lui proposer une sortie à Pré Au Lard, qui risquait de mal tourner, Moldavski en était plus que conscient, il ne trouva pas d’excuse valable. Pas de protection. Tout en ne pouvant revenir en arrière sans attirer l’attention sur son refus de combattre. Coincé, il l’était bel et bien ; A espérer qu’il ne se passe rien, il en était réduit.

Deux petites heures plus tard, Aleksei dut convenir que cette sortie avec d’autres Mangemorts avait eu au moins le mérite de le conforter sur sa trahison : il ne supportait pas leur discussion, souriait ponctuellement, laissait son charisme et sa réputation établir la plus sûre des distances entre eux et lui et se demandait encore quand est ce qu’il allait pouvoir trouver une excuse pour s’éclipser sans que ça ne lui porte préjudice à l’avenir, sans y parvenir malheureusement. Sa porte de sortie s’offrit cependant à lui de la plus inattendue des manières. « Une élève ! » Aleksei contrôla in extremis sa réaction, avant de finir tétanisé par l’incertitude. Il n’avait pas le droit de marquer un instant d’hésitation, la vie d’innocents dépendait de son double jeu, et de la perfection avec laquelle il l’exécutait. Personne au sein des Mangemorts ne devait se douter qu’il avait bafoué le sang qui coulait dans ses veines, la réputation de sa famille, son allégeance au Seigneur des Ténèbres, et tout ça pour sauver des vies. Et si pour cela un seul élève devait souffrir… non. Ce n’était pas possible. Que faisait-elle là, alors que tout le groupe des élèves de Poudlard était au cœur du village ?  Aleksei tenta d’entamer un dialogue menant à une punition quelconque et un retour à Poudlard de la jeune fille avec un « On peut savoir ce que tu fais ici ? Tu n’es pas censée être avec les autres élèves ? » qui oscillait entre sa douceur naturelle et son hypocrisie forcée pour coller avec son image officielle. Réponds moi, excuse toi, trouve une excuse, aide toi… tentèrent de lui souffler les yeux clairs du Russe ; sans succès. Dès qu’elle tourna les talons, il n’eut d’autre choix que de sortir lui aussi sa baguette, lorsque son acolyte interrompit la course de la jeune fille d’un sort dans le dos. Le rayon ne laissait aucun doute quant à sa nature : doloris. Aleksei considéra la jeune fille qui se tortillait de douleur,  compta les secondes et finit par poser une main autoritaire sur le bras de l’autre Mangemort. « Ca suffit, elle a compris. Elle sera à nouveau punie à Poudlard pour avoir quitté le groupe, c’est certain, autant leur laisser le droit de s’amuser eux aussi… » qui sembla le convaincre. Aleksei décida de tenter un peu plus le sort, confiant quant à ses capacités de persuasion et surtout la crainte que l’autre pouvait avoir à l’idée de vexer l’un des lieutenants du Seigneur des Ténèbres. « Je vais la ramener, ça rallongera ma petite promenade. » Ce fut une grande satisfaction pour Aleksei de voir que l’autre obtempéra immédiatement. Ce ne fut pas pour autant qu’il se précipita aux côtés de la jeune fille qui se traînait vers la ruelle la plus proche. Il avait une réputation à tenir, des apparences à maintenir avant d’avoir une vie à sauver.

L’avantage d’être Médicomage en Chef, c’était certainement qu’il pouvait sans problème transplaner vers son bureau, ou du moins une antichambre connue de lui seul, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Tant que cela restait secret. Aussitôt, il la déposa sur un vase transformé en lit, ôta sa robe de sorcier avec toute la douceur et pudeur qu’il pouvait rassembler, avant de poser sur elle une batterie de sortilèges afin d’être averti des moins fluctuations de sa santé et de son état de conscience. Risquait-il avec elle sa couverture ? Il l’ignorait. Mais même s’il était raisonnable, patient, manipulateur ou encore doté d’une intelligence élevée, Aleksei ne pouvait tolérer la souffrance gratuite que les Mangemorts offraient sans raison aux plus jeunes. Il avait encore sur les mains le sang qu’il avait pu répandre à l’aube de ses sept ans et ce traumatisme, même s’il l’avait nié pendant des années, était bien présent dans son esprit devant le crâne ensanglanté et le bras cassé de la petite. S’étant assuré qu’il ne serait pas dérangé, Aleksei fit apparaître un fauteuil et s’assit à côté du lit, en attendant son réveil. Il valait mieux, la plupart du temps, ne pas faire ingérer à un patient inconscient la moindre potion.

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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Sam 28 Juin - 21:26


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Une douleur, une douleur intense. Le sortilège était fini et pourtant, elle avait toujours mal. Ca continuait, dans tout son bras. Elle ne met pas longtemps à comprendre qu’il est cassé. L’angle qu’il forme le lui fait directement comprendre. La ruelle est là, quelques mètres plus loin. Jamais elle n’aurait cru que ça puisse mettre aussi longtemps d’atteindre un endroit pour s’y sentir plus ou moins à l’abri. Bleu, rouge, noir, la douleur est si forte qu’elle en perde le contrôle de son pouvoir. Elle ne s’en aperçoit même pas. Sombre, étroite, la ruelle mais ici elle est toujours plus en sécurité qu’au milieu de Pré-au-Lard pour peu qu’elle n’ait pas été suivie. Elle n’en sait rien, elle ne pense à rien. Elle ne peut se concentrer à cause de ce qui ressemble à un couteau qu’on lui aurait planté dans le bras. Chaud, poisseux, c’est son sang qui se retrouve sur ses mains après qu’elle les ait passés dans ses cheveux. La blessure est-elle importante ? Elle n’en sait rien, c’est au bras qu’elle a mal. Noir total, elle vient de tomber dans les pommes.  Quelqu’un la trouvera-t-il ? L’aidera-t-il ? La sauvera-t-il ?

Elle ne sent pas l’homme qui la ramasse la ramasse, la prend dans ses bras et la transporte ailleurs pour la soigner. Elle ne sent pas non plus qu’on l’allonge, qu’on lui ôte sa robe de sorcière. Des sortilèges qu’il lui lança, elle n’en garde aucun souvenir. Elle était dans un autre monde, au moins elle n’était pas consciente de la douleur qu’elle pouvait ressentir.

Ca brule, ca pique, elle souffre. Elle pousse un gémissement de douleur. Elle se réveille petit à petit. elle voit bien qu’elle n’ait pas dans l’infirmerie de Poudlard pour y avoir déjà fait un tour plus d’une fois. C’est sa couverture et là clairement ce n’est pas ce lieu où elle a pu passer tant de temps. De toute façon, ça n’aurait pas été mieux si ça avait été à Poudlard qu’elle se trouvait. Depuis que les Weasley avaient été envoyé à Azkaban, elle avait changé d’endroit. Elle n’allait pas révéler son secret aux mangemorts, plutôt se tuer directement. Pour l’instant, de cette pièce, elle n’en voit que le plafond. La lumière blanche l’éblouie. Elle cligne plusieurs fois des yeux. Elle sent la douleur dans son bras et sa tête. Elle essaie de se redresser et mais abandonne bien vite l’idée. Elle a des courbatures dans tout le corps. Elle a l’impression d’avoir couru un marathon, d’avoir fait des abdos toutes la journée précédente, d’avoir mal dormi. Son cou la tire énormément. Elle regarde son bras, il semble toujours pas pire qu’avant bien qu’elle n’avait pas la vue très très claire lorsqu’elle s’était aperçue qu’il était cassé. Elle lève son autre main, elle est couverte de griffures dues aux cailloux présents dans la rue pavée de Pré-au-Lard où elle s’est effondrée. Pas une seule fenêtre, mais où peut-elle bien être. Ses yeux observent la pièce tournant lentement. Mais pas le moindre indice, rien ne peut lui dire où elle se trouve à ce moment précis. Elle est perdue. Elle continue son observation mais ne voit qu’une table qui semble être au bout du lit où elle se trouve. Elle tourne la tête de coté et sursaute. Un homme est assis dans un fauteuil à coté de son lit. Elle l’observe. Des images remontent. Son visage ne lui est pas inconnu, elle est sur qu’il était là. Elle pourrait même encore entendre sa voix, cette voix qui l’a interpelée, cette voix qui l’a interrogée, cette voix de mangemort. C’était lui à Pré-au-Lard. Elle en est sûr, elle reconnait les traits de son visage. C’est lui qui lui a parlé. « On peut savoir ce que tu fais ici ? Tu n’es pas censée être avec les autres élèves ? » C’était lui. Elle reconnait tout de lui. Il l’a retrouvé. Elle croyait leur avoir échappé mais non. Elle se met à trembler. Ca ne lui a pas suffit de la torturer ? Mais que va-t-il lui faire maintenant ? Ses tremblements se font plus importants. Elle gémit de douleur alors qu’elle vient de bouger son bras. C’est si puissant comme douleur. Elle sent son pouvoir lui échapper tellement elle souffre, elle ferme les yeux dans les espoirs d’appaiser la douleur et de reprendre le contrôle. Quelle naïve ! Tu ne le maitrises pas ton pouvoir ! Tu n’as pas encore compris depuis le temps. Bientôt il n’y aura pas que tout Poudlard qui sera au courant. Tu mets ta famille en danger. Tu es nulle, tu ne le mérites pas. Les pensées de la petite sont comme des coups de poignards qu’elle s’inflige elle-même. Elle y croit en plus, l’imbécile. Même le meilleur des métamorphomages ne peut pas maitriser son pouvoir dans certaines situations mais ce n’est pas à ça qu’elle pense en ce moment précis. Elle pense aux conséquences désastreuses que va avoir son manque de maitrise. Elle sent des larmes couler le long de ses joues, son cœur vient de se briser quand elle pense à ce qui va lui arriver, à ce qui va arriver à son père. Elle rouvre les yeux et voit qu’elle ne s’était pas trompée. Ses cheveux ont prit une couleur noire, couleur qu’ils prennent toujours lorsqu’elle panique.

Elle pose ses yeux sur l’homme. Il ne semble pas méchant, mais on ne porte pas sur son air son sadisme, les horreurs qu’on peut commettre en soutenant le pouvoir en place. Pourtant, elle semble lire malgré sa vue troublée par les larmes de la bienveillance dans celui-là. A moins que ce ne soit que de la surveillance. Il ne faudrait pas qu’elle arrive à s’échapper.

« Qu’est-ce que vous aller me faire ? » La voix était remplie de frayeur mais autant savoir tout de suite ce qui allait se passer par la suite. S’il comptait la torturer pour la faire parler, la tuer, elle préférait être au courant afin de pouvoir se faire à l’idée. Il avait dû apprendre l’existence de son pouvoir en la poursuivant et maintenant il voulait en savoir plus. Après tout, c’était héréditaire en partie et tout le monde le savait. Il avait dû faire un parallèle avec la famille Dashwood. Et s’il voulait finir le travail qu’il avait commencé quelques années plus tôt. C’était peut-être lui. Elle n’avait jamais vu les visages des meurtriers, ça pouvait très bien être lui. Il allait juste vérifier avant de le faire. Il n’aurait pas fallu qu’il se trompe, ça aurait causé un scandale, mais torturer un élève ça n’avait jamais et ne serait jamais un problème. Une dernière larme glissa silencieusement le long de la joue de la serpentarde et il y eut un murmure. « Désolée papa… »

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Dernière édition par Juliet Bowman le Sam 12 Juil - 21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Jeu 10 Juil - 8:03


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Depuis combien de temps était-il là, à veiller sur le sommeil de l’endormie e en soignant ce qu’il pouvait de ses blessures ? Perdu dans ses pensées, Aleksei l’ignorait. Il n’avait pas vu passer les demi-heures, au moins trois lui apprit un sort. Qui était elle ? Quel âge avait elle ? Que faisait elle seule à Pré-au-Lard ? Trop de questions demeuraient sans réponses et ce qu’il avait pu analyser de son sang recueilli ne lui avait que guère appris. Il n’avait rien d’un biologiste, en même temps : ses capacités se limitaient à ruiner ou sauver des vies, à les détruire ou les reconstruire par le biais de potions et de sortilèges, pas à les analyser. Toutefois, il lui donnait une quinzaine d’années. Peut être, si on considérait que la guerre l’avait vieillie prématurément comme beaucoup d’enfants scolarisés à Poudlard, était elle plus jeune, treize ou quatorze ans. Dans tous les cas, elle n’était ni majeure, ni fille de Mangemort ou du moins soutenant le régime en place. Seule une inconsciente résistante aurait pu ainsi s’éloigner du groupe d’élèves pour une raison quelconque. Les enfants de Mangemorts avaient tous en commun, ou peu s’en fallait, une certaine soumission aux règles de Poudlard et surtout un instinct de survie développé. Jamais à son âge il n’aurait fait quelque chose d’aussi inconsidéré, et surtout jamais il n’aurait tenté de fuir sous l’interpellation de deux adultes Mangemorts. Donc oui, ou plutôt non, elle n’était clairement pas convaincue par la suprématie du Lord. Mais ce n’était pas l’important : aux yeux du Russe, le fait qu’elle soit une enfant lui donnait directement tous les droits pour la sauver. S’il pouvait être intransigeant et implacable lorsqu’il s’agissait d’adultes, il ne comptait plus ceux qu’il se ferait une joie de torturer jusqu’au sang et la mort, Aleksei ne supportait pas que l’on blesse des enfants. Il ne voulait pas voir le regard d’autres petits anges blonds s’assombrirent à l’aube de leur septième année comme ça avait pu être son cas, il ne voulait pas que d’autres progénitures de Mangemort soient contraints de se renier pour survivre, deviennent accros, sensibles au sang et à la violence comme il avait pu commencer à le devenir. Aleksei n’était pas dupe : la folie de ses ancêtres et surtout de ses parents s’était transmise dans son sang. S’il pouvait faire preuve d’une douceur dont on ignorait la provenance lorsqu’on voyait sa généalogie, il avait bel et bien hérité de leur savoir faire en torture et de ce petit rictus lorsqu’il en infligeait. Et si sa baguette n’était plus tournée vers les Phénix et les moldus, mais mettait à présent en joue ces collègues et autres camarades Mangemorts, ça n’avait rien changé au fait qu’il sentait croître à chaque sort lancé un peu plus de cette jubilation malsaine qui le prenait lorsqu’il faisait souffrir. Et plus encore lorsqu’il était heureux de le faire. Il ne voulait pas, donc, que d’autres innocents connaissent cela. Que d’autres soient gangrénés aussi jeunes par la folie de leurs aïeux. C’était pour cette raison qu’il était à présent là, assis à côté du lit sur lequel elle reposait, inconsciente ou endormie – dans le cas présent la frontière était fine entre les deux états.

Si depuis qu’il l’avait allongée avec précaution sur le lit d’hôpital le Russe s’était bien rendu compte des risques qu’il prenait pour cette simple fillette dont il ne savait rien, sa détermination à l’aider, la soigner avant de la ramener, quelques souvenirs en moins, à Poudlard, n’avait pas fléchi d’une noise. De toute manière, il avait correctement couvert ses arrières, et s’était assuré par trois fois qu’il ne pouvait être suivi jusque dans cette planque où il soignait tous les hors la loi qu’il pouvait sauver. Et puis, ce n’était pas dans le fait de l’avoir emmenée ici que siégeaient tous les risques. Non. Ils l’attendaient en embuscade au réveil de la petite, lorsqu’il allait pouvoir se renseigner sur son identité et sur les raisons qui l’avait poussée à faire quelque chose d’aussi stupide que de s’éloigner du groupe d’élèves et des professeurs.

Vérifiant que tous ses sortilèges étaient encore actifs, Aleksei se leva pour rejoindre son bureau, histoire que son absence ne soit pas trop visible. Lorsqu’il allait transplanner quelques mètres plus loin, de l’autre côté du mur, il fut cependant interrompu par une alarme. Silencieuse, elle prenait la forme d’une vibration qui le tirait vers le lit d’hôpital. Ce n’était guère dérangeant : juste une simple réaction au réveil de la petite fille qu’il ne voulait en aucun cas manquer. En quelques pas, blouse ouverte sur sa chemise légère, il revint s’asseoir, se tenant en retrait pour ne pas l’effrayer. Après tout, son visage était loin d’être inconnu du public tout comme la marque bien visible sur son avant bras. La voilà qui croise son regard, et Aleksei ne cille pas. Il ne voulait pas faire le moindre mouvement brusque, pour lui laisser le temps de prendre connaissance de la pièce – sobre et vide – et de ses occupants. Les tremblements qui commencèrent à l’agiter n’échappèrent pas au regard du Russe qui dut se retenir pour rester immobile. Ca pouvait attendre. Il fallait qu’elle prenne conscience d’elle-même qu’il ne comptait rien lui faire de mal. Ses cheveux jouaient au dégradé, marque certaine de sa nature de métamorphomage. Aleksei fronça cette fois les sourcils. C’était une chose de le voir dans les gènes de la gamine, c’en était une autre que de le voir en réalité. Lorsqu’elle posa à nouveau les yeux sur le Blond, il n’avait toujours pas bougé d’un pouce et un fin sourire se dessina au contraire sur les lèvres lorsqu’il s’aperçut qu’elle semblait avoir moins peur.

« Qu’est-ce que vous aller me faire ? » Excellente question selon le Russe qui préféra réfléchir avant de parler. La voyant se recroqueviller, en revanche, il rompit son immobilité pour se lever, mouvements lents pour ne pas l’effrayer, et récupérer quelques fioles de potions qu’il avait prévu pendant son sommeil. Sa main se posa avec douceur sur le front de la petite, pour le trouver brûlant. Ce n’était guère étonnant. Un adulte ne sortait pas en bonne forme d’un doloris, alors un enfant… « Tu n’as pas à avoir peur, petite. Je vais juste te soigner et te ramener à Poudlard. » S’il avait oublié le sort d’obliviate qu’il allait immanquablement lui lancer ? Non. Il préférait simplement passer cela sous silence. Menteur, peut être. Peu lui importait de ce qu’elle pouvait, ou pourrait penser de lui si elle savait ce qu’il ne disait pas. Tant qu’il restait dans l’ombre, et que sa fièvre chutait, Aleksei n’en avait aucun remord. Débouchant une première fiole de potion, il fit apparaître un verre et le remplit du liquide bleuté. Au moins, si le goût était infâme, il était parvenu à la rendre plus ou moins avenante pour les plus jeunes, une victoire en soi. « Bois ça, ça va te faire du bien. Ce n’est qu’une petite potion de force additionnée à un anti-douleur et un philtre de paix dilué. » Le combo parfait pour qu’elle voie partir au loin sa faiblesse, sa douleur et la panique qu’il lisait encore dans ses yeux. « Alors, Petite, comment t’appelles tu ? Tu peux m’appeler Greg. » A nouveau, ce n’était qu’un demi mensonge. A défaut de lui offrir son prénom usuel, il préférait lui donner celui que l’on employait rarement pour le désigner. Celui de son père.
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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Sam 12 Juil - 21:15


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Elle venait de se réveiller. Elle ne savait où elle était. Etait-ce Ste Mangouste ? Etait-ce un autre lieu ? Etait-ce un endroit prévu spécialement pour la torture ? Mais les draps blancs et propres ainsi que le lit créaient une ambiance calme et paisible dans la pièce. Ce n’était pas dans un lieu comme celui-ci qu’elle imaginait les séances de torture que pouvaient infliger les mangemorts. Cette pièce était si claire. Juliet tourna les yeux vers la personne qui veillait sur elle. Veillait ou surveillait, elle n’en était pas sure. Elle l’effrayait. Elle le connaissait, elle savait qu’il faisait partie de ceux qui l’avaient interpelé dans la rue. Pourquoi l’avait-il emmenée là ? Elle regarda son bras après qu’elle ait tenté de le bouger. Il lui faisait encore mal mais il ne semblait plus former un angle étrange signe que ses os avaient été ressoudés. Elle trembla en voyant l’homme. Elle ne comprenait plus mais elle avait peur de lui. Peur de sa voix, peur de ses yeux clairs. Peur du tatouage qui ornait son bras d’une façon bien visible marque de son appartenance au rang des mangemorts. Ses cheveux avaient virés au noir sans qu’elle ne puisse faire quelque chose pour les en empêcher. Qu’allait-il lui faire ? Elle se recroquevilla tentant de s’éloigner de lui et lui posa la question. Elle tenta d’avoir l’air sure d’elle, de ne pas avoir peur de la suite, mais ce n’était pas pour autant qu’elle était rassurée, d’ailleurs son corps était toujours agité de tremblements et des larmes coulaient le long de son visage. La bienveillance dans le regard de l’homme lui donnait presque envie de lui faire confiance, mais elle savait qu’elle ne pouvait avoir confiance en personne. Et encore moins en un mangemort. Elle pensait uniquement à son père, celui qui lui avait tout appris, qui était tout pour elle. Si elle était là aujourd’hui c’était à cause de lui et pour lui. Si c’était la fin, elle voulait qu’il sache qu’elle était désolée. Jamais elle n’avait voulu causer leur perte. Des larmes glissaient doucement le long de ses joues.

Elle le regarda réfléchir après qu’elle ait posé sa question. Il ne semblait pas avoir entendu le murmure s’étant échappé de ses lèvres alors qu’elle pensait à son père. Et il se leva. Il se déplaçait lentement dans sa direction, elle recula alors légèrement pour s’éloigner un peu de lui. Elle ne savait pas encore ce qu’il voulait d’elle. Elle glissa une main dans ses cheveux là où auparavant elle s’était ouvert la tête et du sang glissait. Le sang avait séché et elle ne sentit plus de liquide poisseux comme il pouvait l’être au début. Sa plaie semblait refermée. Etait-ce lui ? Elle ne comprenait pas pourquoi il aurait fait ça, pourquoi cette mise en scène. Elle regarda les mains du blond attraper des fioles qui se trouvaient sur une table un peu plus loin dans la pièce. Le liquide qu’elles contenaient était différent selon les fioles et semblait plus ou moins goûtu. La douceur de sa main lorsqu’elle se posa sur son front surpris la serpentarde. Comment un homme parlant ainsi, un mangemort, quelqu’un acceptant qu’on lui lance un sortilège impardonnable pouvait-il avoir ce coté dans sa personnalité. Même si elle n’était pas entièrement rassurée, elle se sentait tout de même en sécurité désormais. « Tu n’as pas à avoir peur, petite. Je vais juste te soigner et te ramener à Poudlard. » La voix était différente de la première fois qu’il lui avait parlé alors qu’ils étaient encore à Pré-au-Lard. Elle était grave mais douce. Elle était calme, posée. Elle essuya ses larmes d’un revers. Elle grimaça ayant levé son bras droit blessé. Devait-elle le croire ? Elle n’en était pas encore sûre. Et même si c’était vrai, elle ne pourrait plus jamais être comme avant. Les mangemorts connaissaient désormais son secret ou au moins un d’entre eux. Même s’il la soignait, qu’allait-il faire de cette information par la suite ? Etaient-ils encore à la recherche de son père ? Que des élèves sachent ça l’embêtait déjà fortement mais des mangemorts, c’était bien pire. Et s’il pouvait lire dans ses pensées et qu’il découvrait tout… Elle était prise au piège. Son pouvoir était son moyen de survis mais aussi celui de tomber le plus rapidement possible en entrainant son père avec elle. A moins qu’il n’ait bâti une autre identité que celle de Mr Bowman, ce qu’elle espérait de tout son cœur à ce moment précis. Et puis, qu’est-ce qu’il dirait à Poudlard ? Avait-il une excuse ? Ils avaient dû s’apercevoir qu’elle n’était plus avec le groupe et elle allait être punie là-bas aussi.

Un verre apparu dans les mains du médecin. Elle regarda le liquide bleuté glisser de la fiole au verre. Ca semblait pas trop mauvais mais elle était réticente. Elle n’avait jamais aimé les potions, encore moins celles données par un mangemort. Et si avant ça n’avait été qu’un piège, qu’il avait usé de ses capacités de persuasion pour lui faire croire qu’il ne lui voulait pas de mal et que c’était une potion pour la faire parler ? « Bois ça, ça va te faire du bien. Ce n’est qu’une petite potion de force additionnée à un anti-douleur et un philtre de paix dilué. » Elle prit le verre qu’il lui tendait mais ne le but pas directement. Elle ne savait pas si elle pouvait le croire, lui faire confiance. Peut-être se posait-elle trop de questions mais c’était sa vie qui provoquait ça. Elle répéta dans sa tête le nom des trois potions présentes dans le verre qu’elle avait dans la main. Il avait l’air sincère. Elle approcha le verre de sa bouche fixant le mangemort droit dans les yeux, tentant d’y déceler s’il lui disait la vérité ou non. L’odeur était alléchante. Elle trempa le bout de ses lèvres doucement puis elle but une petite gorgée. C’était immonde. Elle fit une grimace alors que le liquide passait sur sa langue, son palais puis glissait le long de sa gorge. Comment pouvait-on avoir une si belle couleur, une si bonne odeur et être en même temps si imbuvable ? Elle lui faisait penser à l’homme en face d’elle, une personne à deux facettes. Plutôt que de boire le contenu restant dans son verre gorgés par gorgés, elle décida de tout avaler d’un coup. Ce serait plus vite fini. Elle grimaça une nouvelle fois alors qu’elle en bu le contenu.  Désormais, elle en avait encore le goût sur la langue, n’arrivant à le faire partir. Elle détestait cette sensation désagréable que l’on pouvait avoir. Et c’était jamais avec des bonnes choses, non c’était toujours les choses qu’elle n’aimait pas qui lui restait en bouche. Ca devait être une malédiction.

« Alors, Petite, comment t’appelles tu ? Tu peux m’appeler Greg. » Elle se raidit à ses mots. Elle devait lui dire son faux nom, son faux prénom. Si elle se trompait, elle était foutue. Elle le regarda de nouveau. Elle voyait qui il était. Elle ne savait plus son nom, mais elle l’avait déjà vu dans les journaux avant. Dans un article sur Ste Mangouste. C’était un médecin là-bas. Elle ne se rappelait plus vraiment son poste mais il lui semblait qu’il était important. « Juliet. » Elle ne s’éternise pas. C’est un mensonge, ce n’est pas son vrai prénom mais elle s’en moque. C’est la personne qu’elle est désormais. Elle n’est plus Ellen et elle l’est encore moins en présence d’inconnus. Le mensonge fait désormais partie de sa vie, ce n’en est même plus un. Elle est une menteuse hors pair, jamais il ne pourrait découvrir la vérité. Jamais elle ne le laissera découvrir la vérité. « Pourquoi est-ce que vous faites ça ? » Ca, m’interpeler, ca me torturer, ça me sauver. Il pouvait répondre à n’importe laquelle de ses questions même si c’était surtout les trois choses réunies qui l’intéressait. Pourquoi la sauvait-il après avoir fait partie de ceux qui l’avaient puni. La peur disparaissait petit à petit au fur et à mesure que la potion faisait effet. Elle était plus calme, moins crispée. Ses cheveux prirent alors la couleur adorée de Juliet, celle qu’elle ne les laissait plus prendre depuis longtemps. Verts anis, comme ses yeux naturels pouvaient l’être. Elle regardait ses cheveux passant par tous les verts existants en attendant la réponse de Greg. La potion avait vraiment fait effet, jamais elle n’avait été aussi peu inquiète que quelqu’un voit son pouvoir depuis un bon moment. Mais il était au courant, autant qu’elle en profite avant de retourner à ses cheveux bruns.

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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Ven 1 Aoû - 7:29


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Les enfants. C’étaient les seules personnes au monde qu’Aleksei était incapable de blesser. Il y avait trop d’innocence dans leurs yeux, ou pas assez selon les points de vue, pour que l’on puisse humainement leur faire de mal, et le Russe catégorisait toute personne suffisamment naif pour frapper ou blesser avec un sort un enfant dans la catégorie des gens à torturer. Sans le moindre scrupule. Il ne s’estimait pas particulièrement bon, après tout il avait plus de sang sur les mains que de vies sauvées en mémoire, mais ne pas toucher aux enfants était un point sur lequel il n’était pas question de douter. Ni de remettre en cause. Et le regard effrayé de la petite ne pouvait que confirmer ses certitudes. Aleksei essaya, tenta, voulut la convaincre qu’elle ne risquait rien. S’il n’était pas totalement gauche avec les enfants, il n’était pas pédiatre le moins du monde et ça pouvait se sentir. Après tout, dans le manuel du parfait Moldavski, le chapitre concernant les enfants se limitait à comment avoir une progéniture, ne pas hésiter à l’éliminer si elle était trop faible ou décadente, et la dresser comme un héritier. Un héritier est remplaçable avait il bien souvent attendant, comme une épée de Damoclès. Il n’avait donc pas vraiment eu d’exemple à suivre sur comment se soucier du bien être d’un enfant, et pataugeait depuis son diplôme pour se comporter comme un vrai Médicomage se le devait. Faisant attention à ne pas faire de geste brusque – une enfant ne devait pas être si différente d’une bête sauvage de ce point de vue, non ?  - il prépara rapidement un mélange de potions pour la remettre sur pied, ou du moins entamer le processus de guérison. Sur ce plan là, Aleksei n’était inquiet. C’était le côté psychologique qui l’embarrassait un peu plus. Il pouvait sans difficulté remarquer des lésions, les soigner, réparer des os voire les faire disparaitre, éliminer des poisons, mais dès que l’on abordait la question de la santé mentale… de ce qu’il savait, elle devait être choquée par un Doloris. Il n’avait pas été lancé à pleine puissance, mais cette douleur fourmillant dans le moindre de ses muscles, cette impression que le moindre pore de sa peau prenait feu de l’intérieur, pour ronger, à l’instar d’un torrent de lave, ses organes… il ne connaissait que trop bien l’effet d’un tel sortilège, et si un adulte pouvait garder des séquelles, qu’en était il d’une élève aussi jeune que cette gamine ? Il préféra ne pas trop s’attarder sur la question, de peur de ce qu’il allait trouver et acheva le mélange. La couleur bleutée devait être la seule chose appétissante dans le breuvage, et le Russe en fut un instant désolée pour La Gamine, puisqu’il ignorait toujours son nom – chose à régler rapidement d’ailleurs. Mais bon, ce n’était pas de sa faute si les potions et les aromes artificiels ne faisaient pas bon ménage et si des scarabées en poudre mêlés à des racines de marguerite n’avaient rien de ragoûtant. C’était ainsi, et tant que les potions avaient de l’effet, il était inutile de s’en plaindre. Quand on était adulte, du moins. Les yeux gris du Médicomage se froncèrent en la voyant hésiter à boire la potion. Il ne fallait certes pas ingurgiter n’importe quoi ni faire confiance à n’importe qui, mais il avait joué franc jeu en décidant de lui dire les trois potions présentes dans le mélange. Et elle devait être capable de les reconnaître, si ce n’était à leur couleur au moins à leurs odeurs caractéristiques qui se mélangeaient à présent en flagrances diverses et aussi appétissantes que le goût pouvait être répugnant. En silence, il lui rendit son regard fixe. Allez, petite, bois. Je t’assure que ça ne va pas te faire de mal. C’est plus tard que je compte te lancer un sort, tu sais ? Non, bien sûr que non, elle ne savait pas, et Aleksei ne comptait pas le lui dire, d’ailleurs. Un petit sourire fleurit sur les lèvres du Russe à la grimace qu’elle fit à la première gorgée. « J’essaye toujours de rendre la potion plus agréable, mais même si j’ai des améliorations niveau apparence et odeur, je ne suis toujours pas parvenu à masquer le goût des ingrédients, désolé. » Sa voix, légèrement goguenarde, sortit comme un murmure amusé. Dès la dernière gorgée avalée, il récupéra le verre et entreprit de commencer à poser des questions. Le philtre de paix, l’action du l’anti-douleur, le regain de force… c’était le moment idéal pour savoir ce qu’il voulait lui soufflait son expérience dans le domaine. Pas besoin de véritasérum lorsqu’on savait faire des potions. Il suffisait de mettre l’autre dans de bonnes conditions, et elle devait commencer, déjà, à ressentir l’effet apaisant du philtre du même nom, la mettant dans de bonne condition. Et atténuant le choc, aussi. Tu peux m’appeler Greg. Aleksei l’invitait à se présenter, tentant de raffermir l’atmosphère de confiance qui s’établissait lentement. « Juliet. » Il lui sourit, comme pour l’encourager à en dire plus, mais le nom de famille resta coincé sur les champs de la méfiance. Ce n’était pas dramatique, il avait déjà un prénom pour l’appeler, c’était un progrès. Passer de gamine à Juliet, en voilà une promotion…

« Pourquoi est-ce que vous faites ça ? » Aleksei leva la tête. « Faire quoi ? » La réponse la plus logique allait être me soigner à n’en pas douter, mais il y avait d’autre possibilité qu’Aleksei ne pouvait pas ne pas envisager. Pourquoi me manipuler, Pourquoi chercher à me mettre en confiance… pourquoi, pourquoi, pourquoi… Que pouvait-il bien se passer dans la tête d’une gamine de son âge… Aleksei recula légèrement son fauteuil pour pouvoir étendre les jambes sous le lit improvisé. « Si tu me demandes pourquoi je te soigne… et bien… ça me semble évident. » il désigna le symbole de Ste Mangouste présent sur sa robe de sorcier et sa cape. « Je suis médicomage. J’aime soigner les gens, et plus encore les petites métamorphomages comme toi. » Un sourire, un clin d’œil. N’aie pas peur, gamine. Il considéra, amusé, les cheveux de la petite, non, Juliet, qui s’éclaircissaient. Vers des tons verts. Les désignant, il lui fit d’ailleurs remarquer : « Ton contrôle sur tes pouvoirs laisse d’ailleurs à désirer. Ou alors, tu es à l’aise, ce que j’apprécie. » Un silence, avant de reprendre. « A Pré-au-Lard, c’était volontaire ou tu t’es perdue ? » Aleksei voulait lui laisser une porte de sortie si elle ne voulait pas répondre. Mais il voulait savoir aussi pour quelle raison, stupide assurément, elle s’était ainsi mise en danger.

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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Ven 8 Aoû - 15:21


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Juliet était toujours dans le lit, dans cette pièce blanche ressemblant à un hôpital sans qu’elle ne sache vraiment dans lequel elle se trouvait. Elle n’avait jamais été à Ste Mangouste, elle ne pouvait donc pas savoir à quoi cet hôpital, le plus important de la Grande-Bretagne pour les sorciers, ressemblait. Elle s’était juste réveillée là, elle n’avait pas visité de couloir, vu personne. Ce qui l’étonnait, c’était qu’elle était seule, qu’il ne semblait avoir aucune autre pièce, aucune autre personne. Et oui, ça commençait à l’inquiéter. Déjà qu’elle avait reconnu la personne se tenant en face d’elle. Un mangemort, cette même personne qui l’avait interpelée dans la rue. Alors, maintenant, c’est vrai qu’elle lui semblait plus sympathique et semblait vraiment être là pour la soigner mais elle ne comprenait plus. Elle se demandait ce qui allait arriver ensuite. Elle n’avait pas confiance malgré le fait qu’il lui dise qu’elle était en sécurité, qu’il était là pour la soigner. C’était ce qu’il tentait de lui faire croire en tout cas.

Elle approcha la potion de ses lèvres toujours méfiante. Il lui avait dit ce qu’elle contenait mais elle n’était pas sûre de pouvoir le croire. Rien ne l’empêcher de mentir après tout. Elle fixa son regard dans celui du médecin tentant par là d’y déceler un mensonge. Lorsqu’elle s’aperçut qu’elle n’y arrivait pas elle but lentement. C’était immonde. Cette potion n’avait de beau et d’appétissant que l’odeur et la couleur. « J’essaye toujours de rendre la potion plus agréable, mais même si j’ai des améliorations niveau apparence et odeur, je ne suis toujours pas parvenu à masquer le goût des ingrédients, désolé. » S’il semblait être amusé par la situation, ce n’était pas le cas de Juliet. Elle n’avait bu qu’une gorgée et voyait bien qu’elle avait encore une bonne partie de la solution à avaler. Elle ne savait d’ailleurs pas comment elle allait s’y prendre. C’était si infâme. Elle l’avala d’un coup. Au bout de quelques minutes, la potion commença à faire effet. Ses tremblements se calmèrent, sa peur disparut peu à peu. Et il lui dit son nom. Enfin, elle savait que ce n’était pas le vrai. Elle savait que son vrai prénom n’était pas Greg ou en tout cas, ce n’était pas celui dont les journalistes faisaient usage. Médecin en chef à Azkaban, mangemort, Aleksei Moldavlsky. C’était Aleksei son prénom lorsque la presse parlait de lui. Lorsqu’il lui demanda de se présenter, elle prit peur. Pas peur de lui, peur d’elle-même, peur de faire une erreur fatale en lui disant qui elle était vraiment. Elle dit seulement son prénom, elle savait que c’était plus sûr. Elle avait hésité quelques instants avant de lui dire le vrai mais s’il la ramenait à Poudlard, il découvrirait qu’elle lui avait menti. Alors elle dit la vérité, mais le minimum syndical. Elle voyait son sourire bienveillant, comme s’il voulait qu’elle lui dise aussi son nom de famille. Mais il n’était pas question que le nom de Bowman sorte. Et encore moins celui d’Ellen Dashwood. Jamais il ne pourrait deviner qui elle était de toute façon.

Elle lui demanda pour quelles raisons il la soignait après l’avoir interpeller. « Faire quoi ? » La prenait-il pour une idiote ? Pourquoi l’avoir interpêler, torturer pour ensuite la soigner ? Elle avait besoin de lui faire un dessin ou il comprenait et tentait juste de l’impressionner ? Elle ne répondit rien et attendit. Elle savait qu’il allait lui répondre. Elle le regarda déplacer son fauteuil attendant patiemment une réponse. Elle n’avait plus peur, elle était juste curieuse. Et surtout, elle voulait comprendre. « Si tu me demandes pourquoi je te soigne… et bien… ça me semble évident. » Mauvaise réponse ! La quatrième année se doutait qu’il allait lui répondre ça. Elle attendit tout de même la suite. Elle était sûre qu’il avait très bien compris où elle voulait en venir. Au moins, elle aurait la réponse à une partie de sa question, même si elle en comportait en réalité trois toutes reliées les unes aux autres. « Je suis médicomage. J’aime soigner les gens, et plus encore les petites métamorphomages comme toi. » Désormais ses cheveux prenaient différentes teintes de vert. Sa couleur fétiche. Il savait, autant en profiter. Peut-être était-ce que les potions commençaient à faire effet. Elle se sentait plus calme et en sécurité même si elle ne se rendait pas compte que c’était dû à l’effet des potions. Il avait répondu à une partie de la question. Il lui fit un clin d’œil et un sourire. Elle lui sourit en retour. Elle était heureuse qu’il l’ait soignée. Maintenant, elle voulait la suite de sa réponse, et elle l’aurait.

« Ton contrôle sur tes pouvoirs laisse d’ailleurs à désirer. Ou alors, tu es à l’aise, ce que j’apprécie. » Juliet se raidit à cette phrase, non, elle s’énerva. Elle, ne pas contrôler ses pouvoirs ! C’était une blague ? Elle s’était entrainée des années. Son contrôle n’était certes pas parfait mais pour quelqu’un  de son âge, il était impressionnant. Ses cheveux passèrent du vert au noir en même temps que ses yeux. Là, c’est vrai, elle ne les contrôlait plus à cause de la colère qui s’emparait d’elle. Ou la tristesse, elle ne savait pas. Les paroles de ‘Greg’ l’avaient plus que blessée. Et elle reprit le contrôle. Elle allait lui prouver qu’elle contrôlait son pouvoir mieux que quiconque. Ses yeux redevinrent bleus, ses cheveux bruns. Tant pis, plus d’amusement. Elle n’avait même pas entendu la fin de la phrase du médecin tellement le début l’avait choquée.

« A Pré-au-Lard, c’était volontaire ou tu t’es perdue ? » Elle ne savait pas quoi lui répondre. Dans un cas, elle passait pour une imbécile et dans l’autre elle se mettait en danger. Elle pesa le pour et le contre, dans les deux cas, il saurait qu’elle ne s’était pas perdue, il saurait qu’elle lui mentait si elle disait s’être perdue. Et avec la potion endormissant un peu son esprit, elle ne mit pas longtemps avant de répondre. « Vous croyez que c’est simple de perdre un groupe d’une cinquantaine de personnes ? » Ca répondrait à sa question sans lui donner de détails, elle n’avait pas envie qu’il sache pourquoi elle n’était plus avec le groupe. Mais à quoi bon mentir. Elle pouvait bien au moins lui dire la vérité si elle n’entrait pas dans les détails. Elle se sentait désormais en sécurité mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi il faisait ça. « Pourquoi vous me sauvez après ce que vous avez fait ? » Elle voulait comprendre. Elle était peut-être plus calme, mais ça ne l’empêcher pas de voir que ce n’était pas normal. Il n’aurait pas de réponses à toutes ses questions sans qu’elle sache de toute façon. Elle savait qui il était et un mangemort, médicomage ou non, n’avait pas ce genre de réaction. Pour avoir été à leur contact, elle savait que ce n’était pas ainsi qu’ils réagissaient après avoir torturé quelqu’un, après l’avoir puni. Médecin ou non. « Pourquoi ? » Elle se tut quelques instants. « C’est tellement vous aimez sauver, vous cherchez à vous entrainez à tout prix ? » Elle fixa son regard bleu dans les yeux clairs du médecin. Il répondait, ou elle se taisait. Elle savait qu’il comprendrait très bien. Il ne pouvait pas l’obliger à parler, s’il ne faisait pas la même chose de son coté. Et puis, elle avait des raisons d’être tout de même encore un peu méfiante. Il l’avait soigné mais bon…

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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Mer 17 Sep - 5:50


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Depuis quand se métamorphosait-il en inquisiteur ? Aleksei avait beau savoir qu’il ne faisait ça que pour aider la fillette, et pour se protéger aussi, il se sentait mal de l’interroger et de jouer avec elle comme il était en train de le faire, par le biais de potions, questions posées innocemment et caresses dans le sens du poil. Ce n’était pas que ce n’était pas bien, c’était juste qu’en tant que membre de l’Ordre du Phénix, il avait le pressentiment qu’il n’était pas dans ses droits d’agir d’une telle manière, et encore moins avec une innocente comme elle. Et le pire, dans tout ça, c’était qu’Aleksei savait pertinemment que malgré ces pensées, il n’allait pas changer d’attitude. Au final, peut être s’achetait-il simplement une conscience en rejetant cette marque noire apposée sur son avant-bras. Peut être n’était il qu’un hypocrite, bon à profiter de la rébellion de l’Ordre du Phénix pour combattre avec toute la lâcheté dont il savait si bien faire preuve ce qui le rebutait à ce point dans l’administration et le régime actuel. Aleksei avait du mal à réellement se positionner. Il était un mangemort, en apparence, mais n’acceptait pas d’apporter des soins différents si son patient était d’un sang pur ou mêlé. Et pourtant, il continuait à être tout à fait d’accord avec les préceptes de son enfance, il était toujours aussi persuadé que les moldus et les sang-de-bourbe n’avaient rien à faire dans la société sorcière et encore moins dans les sphères du pouvoir. A mi-chemin entre deux convictions, il se savait capable d’être un paria dans l’un ou l’autre des deux camps possibles. Et son attitude avec Juliet, puisque c’était ainsi qu’elle disait se nommer, n’accentuait qu’un peu plus ce trouble et n’avait pour seul effet que celui de remuer une vase aussi opaque et peu attrayante que la noirceur hébergée par les membres de la noble et si ancienne famille des Moldavski.

Continuant sur sa lancée de questions, le Russe avait donc franchi une ligne jaune en abordant le sujet des pouvoirs métamorphomages de la gamine. Ligne en pointillées, certes, ligne immatérielle, aussi, mais puisqu’il pouvait la percevoir, elle était belle et bien présente. Et il venait de sciemment la franchir, et ce même s’il offrait à Juliet une porte de sortie pour esquiver la question ou s’abstenir de répondre, porte dont elle s’empara sans trop tarder, un air mécontent au visage. « Vous croyez que c’est simple de perdre un groupe d’une cinquantaine de personnes ? » Aleksei arqua un sourcil. C’était ça sa réponse, son excuse ? Elle le savait mangemort, elle connaissait – ou pensait connaître – son leitmotiv et elle avouait comme ça de but en blanc qu’elle s’était volontairement écartée du groupe pour… pour faire quoi, d’ailleurs ? Aleksei se contint au silence, ravalant les questions restées sans réponse, et celles nées de ce qu’elle venait de dire et de sous-entendre. « Pourquoi vous me sauvez après ce que vous avez fait ? C’est tellement vous aimez sauver, vous cherchez à vous entrainez à tout prix ? »

A ces mots, le Russe éclata de rire. Un rire franc, pour une fois. Un rire sincère et spontané, qu’il n’avait ni prévu ni eu le temps de faire disparaître. S’il n’y avait aucun doute quant à la véracité de ce rire, donc, il y en avait bien plus qui planaient sur les derniers propos énoncés. Son ton était-il ironique, pensait-elle réellement sa question, se contentait-elle de parler ? Le Russe devait l’avouer, la jeune élève de Poudlard avait un caractère bien affirmé, bien trempé, même. Il n’avait pas l’habitude de se prendre de telles remarques de la part d’une patiente sous fluide apaisant. La plus part du temps, ils se contentaient de répondre à ses questions en s’appesantissant sur des détails infimes et intéressants, et dans le cas de certaines patientes, elles s’hasardaient même à vouloir le draguer. Mais du chantage, ou plutôt du marchandage comme dans le cas présent, il n’en avait que peu rencontré. Après un instant de réflexion, Aleksei était fixé sur ce qu’il pouvait lui rétorquer. Et lui dire. « J’imagine que tu ne peux pas comprendre que le but d’un médicomage n’est pas de blesser mais de soigner. Certes… la différence est fine, mais je peux t’affirmer qu’il y en a une. » Contrairement à ce qu’auraient pu laisser présager ses mots, Aleksei n’était pas en colère ni même agacé. Juste amusé, en fait. Vraiment. Parce qu’il était vrai qu’il avait déjà torturé pour mieux connaître la portée des sortilèges de soins. Parce que s’il était aussi doué en potions de guérison, c’était parce qu’il pouvait composer des poisons les yeux fermés. Parce que les capacités de magie noire et de tortures propres à sa famille s’étaient transmises en lui via la Médicomagie. Parce qu’elle avait raison, dans un sens, en affirmant qu’il était capable de blesser pour apprendre à soigner. N’était-ce pas à cause de cet elfe de maison qu’il avait dépecé qu’il comprenait mieux que quiconque le traumatisme de la douleur, après tout ? Ce traumatisme qu’on se contentait d’oublier et de ranger dans un coin de son esprit, ce traumatisme que l’on transformait en armure pour mieux s’imperméabiliser au reste du monde lorsqu’on avait le malheur d’être doux dans une famille de monstres ?

Aleksei se concentra pour ne pas s’éparpiller. Il n’en avait pas fini avec la demoiselle, et il comptait bien continuer lui aussi à lui poser des questions, et plus encore avoir des réponses. « Dis moi… en effet, il est difficile d’égarer un groupe d’une cinquantaine de personnes. Je peux savoir ce que tu faisais si loin de groupe, alors que tu savais que c’était risqué ? » Je peux Comme s’il avait besoin de sa permission, comme s’il la lui demandait. Une nouvelle porte de sortie d’ouverte en apparence, un nouvel achat de conscience de la part d’un homme qui se savait capable de lui faire boire du véritasérum juste pour sauver sa peau, en réalité. Parce qu’il comptait bien avoir la réponse à sa question d’une manière ou d’une autre, et s’il avait été à Serdaigle pendant sa scolarité, ce n’était pas pour autant qu’il ne pouvait pas donner le change en roublardise, loin de là. « C’était imprudent, et même si la punition que tu as eue est cruelle et qu’aucun enfant ne devrait subir de doloris, j’espère que tu retiendras la leçon. » Aleksei fit une pause, cherchant à amoindrir le ton immanquablement sévère qu’il avait pris. « Ce qui me fait revenir à ta question de tout à l’heure : ne te méprend pas, je n’ai pas jeté ce doloris. Je ne l’ai certes pas empêché, parce que je n’avais pas à le faire, mais je ne l’ai pas lancé. Ne crois pas que nous sommes tous pareils. Tu n’avais rien à faire là, tu devais être punie, mais je ne l’aurai pas fait de cette manière. »

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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Mar 28 Oct - 12:06


Please don't talk

Elle se sentait en position de faiblesses face à cette personne qui plus tôt avait fait partie de ceux qui l’avaient torturé. Désormais, elle l’interrogeait. Juliet n’avait pas envie de répondre. Elle lui avait déjà donné son nom, enfin, son faux nom, il ne fallait pas exagérer elle n’allait pas se dévoiler à cette personne. La potion apaisante commençait à faire effet mais la jeune serpentarde n’en restait pas moins alerte. Jamais elle ne dirait quelque chose qui pourrait la mettre en danger, même si elle se sentait en sécurité. Il n’y avait désormais plus de potion suffisamment forte pour la faire parler. Elle resterait toujours méfiante. Lorsque l’on a vu sa famille être décimée, on ne fait plus confiance à personne si ce n’est à soi-même. et c’était ce qu’elle appliquait face à cet étrange médecin. Elle ne faisait toujours pas assez confiance à sa meilleure amie et à son petit-ami pour leur dire la vérité, ce ne serait pas à lui qu’elle connaissait à peine qu’elle la dirait.

 
Mais elle choisit néanmoins la sincérité pour répondre à sa première question. Elle n’entra pas dans les détails mais elle choisit de dire la vérité sans pour autant en dire trop. Il ne l’aurait pas cru de toute façon si elle avait dit qu’elle s’était perdue. Alors autant ne pas aggraver son cas. Elle était une survivante et savait désormais quoi faire pour vivre. Si elle lui avait dit le contraire, ça ne l’aurait pas aidé. Cet homme n’était pas idiot et même s’il lui faisait croire qu’elle pouvait répondre autre chose que ça, il ne l’aurait pas cru et lui aurait certainement posé d’autres questions. Elle ne voulait pas de ces autres questions. Elle voulait des réponses. Il n’y avait pas qu’elle qui devait répondre. Elle lui avait posé une question et il ne lui avait pas donné ce qu’elle voulait. Elle voulait comprendre ce à quoi il jouait en la soignant désormais. Pourquoi l’attaquer pour après la soigner ? Et tant qu’elle n’aurait pas de réponses, il n’aurait pas les siennes. Peut-être qu’elle se déciderait à ouvrir la bouche mais il faudrait qu’il lui ait répondu et ce n’était malheureusement pas le cas pour l’instant. Lorsqu’elle lui posa sa question, il éclata de rire. Il avait l’air de rire pour de vrai et non pour se moquer d’elle. Elle savait qu’elle n’aurait peut-être pas dû lui poser de questions si elle ne souhaitait pas être de nouveau punie mais elle se sentait malgré tout en sécurité avec lui. Parce qu’il l’avait soigné au final. « J’imagine que tu ne peux pas comprendre que le but d’un médicomage n’est pas de blesser mais de soigner. Certes… la différence est fine, mais je peux t’affirmer qu’il y en a une. » Juliet n’aima pas l’air amusé qu’il employa lorsqu’il lui répondit. Elle avait l’impression qu’il se moquait d’elle. Et malgré cette réponse qu’il lui faisait, il ne répondait toujours pas à sa véritable question. A la toute première qu’elle avait pu lui poser. Elle voulait comprendre pourquoi il agissait ainsi. A première vue, il lui disait qu’elle n’était pas l’objet d’une conspiration pour s’entrainer, qu’elle n’était pas une expérience de médecin. Et si c’était ça en vrai. Maintenant qu’elle y pensait, elle se disait de plus en plus que ça aurait pu être le cas. Mais il venait de lui faire comprendre le contraire. « Donc je ne suis pas juste une expérience ? » C’était idiot et elle regretta que cette question ait franchie la barrière de ses lèvres. Elle n’avait pas prévue de la poser, c’était juste une pensée rassurante qui avait traversée son esprit.

« Dis moi… en effet, il est difficile d’égarer un groupe d’une cinquantaine de personnes. Je peux savoir ce que tu faisais si loin de groupe, alors que tu savais que c’était risqué ? » La quatrième année se renferma sur elle-même. Elle n’avait pas envie d’en parler, c’était trop risqué. Elle savait que cette réponse la mettrait en danger. Et puis, elle ne comprenait pas pourquoi il se contentait de poser des questions, pourquoi il voulait tant savoir ce qu’elle faisait là-bas. Elle se mura dans le silence pendant un petit moment. Elle ne dirait rien, jamais. « C’était imprudent, et même si la punition que tu as eue est cruelle et qu’aucun enfant ne devrait subir de doloris, j’espère que tu retiendras la leçon. » La voix était froide. Si elle n’avait pas été sous l’emprise de la potion apaisante la jeune fille aurait vraiment pris peur. Retenir la leçon ? Ca faisait bien longtemps qu’elle avait retenu la leçon, les mangemorts étaient des personnes cruelles qui tuaient et torturaient comme bon leur semblaient. S’il croyait qu’elle parlerait plus après ça, il se foutait un doigt dans l’œil. Elle braqua son regard bleu dans le sien avec un air de défi. Dis-moi pourquoi tu m’as emmené là ou je dirais rien. Déjà que je risque de ne pas te dire grand-chose. Elle avait envie de tout sauf de parler, mais elle se demandait jusqu’où il serait prêt à aller pour la faire parler. Ce qui était sûr c’est que la dernière chose qu’il avait dite lui avait fait perdre la confiance qu’il avait un peu acquis auprès de la serpentarde au fur et à mesure du temps. Il disait d’un coté qu’un enfant ne devait pas subir de Doloris, mais l’avait-il arrêté ? Aurait-il levé son petit doigt ? C’était facile de réparer les dégâts. C’était comme face au pouvoir en place, personne ne bougeait et ensuite les gens pleuraient leur mort et se plaignait. Mais mis-à-part quelques rares personnes qui avait fait quelque chose pour empêcher ce qui était en train de se passer dans le monde magique ? « Ce qui me fait revenir à ta question de tout à l’heure : ne te méprend pas, je n’ai pas jeté ce doloris. Je ne l’ai certes pas empêché, parce que je n’avais pas à le faire, mais je ne l’ai pas lancé. Ne crois pas que nous sommes tous pareils. Tu n’avais rien à faire là, tu devais être punie, mais je ne l’aurai pas fait de cette manière. » Eh ben voilà, c’était pas si dur de répondre. Pourquoi est-ce que ça lui avait prit tant de temps. Mais cette réponse apportait de nouvelles questions. Elle voulait savoir alors elle lâcherait quelques informations, parce que ça avait l’air de fonctionner comme ça avec cet homme. Elle savait qu’il ne lui dirait rien si elle ne lui en disait pas plus. Et le contraire serait également vrai. Une réponse pour une réponse, c’était donnant-donnant et elle n’était pas celle qui se ferait avoir. De toute façon, les réponses du mangemort se tenant en face d’elle n’étaient pas complètes non plus, elle n’était pas idiote, elle le voyait bien. Quelques fois, la jeune fille était bien plus âgée dans sa façon de penser que les autres jeunes de son âge. Ils n’avaient pas vécu la même chose d’elle. Ils ne seraient pas traqués si on apprenait qui ils étaient. Alors oui, elle marchandait avec un mangemort, mais si elle arrivait à lui donner assez d’informations pour qu’il s’arrête de chercher parce que lui-même n’aurait plus rien à lui dire, elle serait contente. Mais elle savait une chose, si elle mentait, il ne faudrait pas que ce soit trop gros.

Elle braqua ses yeux dans ceux clairs du médecin. « Je voulais juste voir mon père. » Son père lui manquait bien plus que ce qu’elle n’aurait cru. Ca faisait plus d’un an qu’elle ne l’avait pas vu et elle avait besoin de lui. De lui parler de ce qui lui arrivait à l’école depuis qu’elle y était entrée. Elle voulait se jeter dans ses bras, lui faire un gros câlin et y trouver un peu de réconfort. Elle ne s’étendit pas plus sur le sujet. « On s’était donné rendez-vous à chaque sortie à Pré-au-Lard mais j’arrive jamais à le voir et maintenant, il faut qu’on reste en groupe... » Petite critique à l’égard de la nouvelle politique du Lord. Avant pendant les sorties même s’ils avaient un périmètre à ne pas dépasser ils pouvaient se balader seuls, malheureusement ce n’était plus le cas désormais. Elle savait que ce n’était tout de même pas à cause de ça qu’elle ne pouvait pas voir son père. C’était parce qu’il ne pouvait pas se libérer. Mais quand bien même il y arriverait, elle ne pouvait plus le rejoindre avec les nouvelles consignes de sécurité. Il avait sa réponse, maintenant c’était à elle de poser quelques questions simples. « Comment est-ce que vous l’auriez fait ? » Elle rajouta directement. « Pour me punir. » Elle se tut pendant quelques instants. Elle ne le laissa pas répondre. « Comment est-ce que vous pouvez les laisser faire à coté de vous si vous êtes contre ? » Sa question était posée sur un ton calme et gentil. Elle voulait juste comprendre. « Vous avez aussi peur de leur réaction ? » C’était ce qui semblait à présent le plus logique dans toutes les pensées qui traversaient l’esprit de la jeune fille. C’était pour elle ce qui lui semblait le plus plausible. Que ce mangemort ne supporte pas de voir des enfants être torturés mais ne pouvait rien faire. « Moi de toute façon, ça fait bien longtemps que j’ai retenu la leçon. » Cette phrase. Elle la regretta aussitôt. C’était une erreur de l’avoir dite. Ca montrait qu’elle cachait encore quelque chose, qu’il lui était arrivé quelque chose avant. Ce qu’elle venait de dire n’aurait jamais dû franchir la barrière de ses lèvres. L’effet de la potion apaisant devait être bien plus fort qu’elle ne s’en rendait compte. Elle s’en voulait. Elle n’aurait pas dû se faire avoir aussi facilement. Avant même qu’il n’enchaine, elle commença déjà à chercher quelques idées de mensonges plausibles qu’elle allait pouvoir lui raconter pour se sortir de ce mauvais pas. 


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MessageSujet: Re: Save me, please don't talk ♦ Aleksei   Mar 16 Déc - 9:48


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Au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient entre le moment où il avait transplanné avec elle et l’instant présent, Aleksei se voyait douter de lui-même de plus en plus. Douter de ses actes, de ses motivations, de sa volonté et de son véritable positionnement quant à la politique actuelle. Jusqu’à présent, tout avait toujours été très clair dans son esprit. Fils de Sangs Purs, il n’avait eu d’autres idées en tête que la supériorité naturelle du sang magique sur celui, roturier, des simples moldus. Jusqu’à présent, son cheminement avait été incroyablement limpide. Suivre ses parents, suivre son héritage, se retrouver confronté à ses idéaux, trancher et choisir le camp qui lui permettrait de sauver et non de tuer. C’était simple, c’était facile, c’était clair comme des larmes de licorne. Mais là où les choses semblaient se compliquer, c’était sur ses motivations et les limites de son engagement. Jusqu’où pourrait-il aller pour sauver sa peau et celle de ses patients ? Dans quel gouffre d’immoralité se sentait-il capable de plonger la tête la première pour épargner une vie et en sacrifier d’autres qu’il jugeait mortifères ? La réponse, dans un sens, était effrayante et de plus en plus certaine. Aleksei avait beau avoir grandi avec un visage d’ange, ses cheveux blonds et son sourire pouvaient cacher la noirceur des Moldavski, il ne se considérait pas comme étant quelqu’un de particulièrement bon et ne cherchait pas non plus à l’être. Mais se savoir capable de manipuler une enfant en lui faisant boire des potions pour affaiblir sa méfiance instinctive, enquêter, lui extorquer des informations contre sa volonté, ce n’était pas forcément… il sentait bien qu’il n’aurait pas du le faire en étant dans l’Ordre de Phénix, ce ramassis d’idéalistes qu’il avait préféré à la puissance et la suffisance des Mangemorts. Et bien soit. Ce n’était peut être pas bien, mais il ne fallait pas non plus qu’il en fasse tout un drame. Jusqu’où le Moldavski pourrait il aller pour être en paix avec sa conscience et ses propres idéaux ? Jusque là où ce sera nécessaire, telle était la réponse qui se densifiait face à lui, avec un sourire qui semblait le narguer mais qui, en réalité, se contentait de le rassurer. Et qu’il soit médicomage n’était pas étonnant au final. Prêt à tuer, prêt à soigner, ce n’étaient au final que deux états d’une même médaille, la face et le revers, et en bon Serdaigle, Aleksei ne rechignait ni devant la connaissance, ni devant les conséquences qu’elle impliquait. Et il se contentait de faire ce qui était nécessaire. Blesser pour blesser, la violence gratuite, purement jouissive dont ses parents se délectaient tant… très peu pour lui. S’il tuait, c’était parce que c’était nécessaire. S’il soignait, c’était parce qu’il le voulait. Et son explication, loin de sembler – de toute évidence – logique à la jeune fille, lui arracha une nouvelle question qui fit froncer les sourcils du Russe. « Donc je ne suis pas juste une expérience ? » Etait-elle stupide ou le faisait elle juste exprès ? « Si, tu n’es qu’un cobaye sur lequel j’expérimente des potions illicites et tu vas sous peu te transformer en mollusque. » lâcha-t-il par réflexe sur un ton égal, sérieux et acide. Levant les yeux au ciel, il laissa s’évaporer son sarcasme avant de se concentrer sur ce qui était réellement important. Sur ses questions à lui, pertinentes, sur les réponses qu’elle allait lui apporter, sur le pourquoi de sa présence en solitaire dans les rues de Pré-au-Lard. Un silence glacial pour toute réponse, Aleksei se contraignit au calme, puisant dans sa réserve de patience pour reprendre d’une voie égale, justifiant le doloris qu’il n’avait pas jeté, l’intervention qu’il n’avait pas eu, son immobilisme lorsqu’elle s’était écroulée sous la douleur. Pendant quelques secondes, le silence reprit ses droits et leurs regards se croisèrent pour ne pas se quitter. Si elle voulait jouer à ça, et bien soit. Il n’était pas un gamin, il était un Sang Pur éduqué selon un mode de vide suranné qui mettait l’apparence et la lignée au premier plan. L’impatience et l’impulsivité n’y avaient guère leur place, il était prêt à attendre le temps qu’il allait falloir pour qu’elle daigne parler. Un, deux, trois, se surprit il à compter dans son esprit sur un rythme ternaire pour décompter les secondes. четыре, пять, шесть, poursuivit il en russe, le plus naturellement du monde. Il en était à quelques douzaines lorsqu’une voix rompit la trêve établie. « Je voulais juste voir mon père. » Le Russe fronça les sourcils. Ce fut sa seule réaction face aux mots prononcés. « On s’était donné rendez-vous à chaque sortie à Pré-au-Lard mais j’arrive jamais à le voir et maintenant, il faut qu’on reste en groupe... » Le Mangemort tiqua sur les contraintes posées sur les études à Poudlard, et surtout sur la critique de la jeune sorcière. Plus amusé qu’en colère, plus compréhensif que le contraire, si Aleksei réagissait c’était plus par réflexe qu’autre chose. « Comment est-ce que vous l’auriez fait ? Pour me punir. Comment est-ce que vous pouvez les laisser faire à coté de vous si vous êtes contre ? Vous avez aussi peur de leur réaction ? Moi de toute façon, ça fait bien longtemps que j’ai retenu la leçon. » Les pauses, il les avait fait disparaître d’un clignement d’œil, restant encore et toujours silencieux lorsqu’elle hésitait avant de reprendre. Chacun de ses Vous lui avait, au final, glacé le sang. Ce qu’il aurait fait ? Le nécessaire.

Encore. Toujours. Encore cette question qui le taraudait un peu plus tôt et qu’il était si satisfait d’avoir résolue. Aleksei prit le temps de respirer, de s’écouter respirer surtout, se réinstallant sur son siège, comme si c’était primordial avant de répondre. Et dans un sens, ça l’était. D’un geste du poignet, une théière brûlante importée des cuisines de l’hôpital se déposa sur un support invisible, se pencha sur des verres matérialisés dans un même temps, les remplit pour mieux repartir dans un coin de la pièce. Le Médicomage soufflant sur le thé, déposa la tasse à côté de Juliet, attrapa la deuxième tasse pour la poser sur l’accoudoir. « La question ne se pose plus, Juliet. Je t’aurai puni, sévèrement. Tu aurais eu mal et même si je n’aurai très certainement pas utilisé un doloris, tu aurais retenu la leçon tout autant, fais moi confiance. » Les sortilèges douloureux ne s’apparentant pas aux impardonnables, il y en avait quantité. Et tous les rejetons de sang purs et de vieilles lignées comme les Black, les Malefoy, les Moldavski, tous ceux là les connaissaient pour avoir grandi avec au moindre faux pas. Ce n’était pas nécessairement des sorts cruels, mais la sensation de brûlure qu’un parent pouvait appliquer sur ton bras sans qu’aucune trace autre que psychologique n’en subsiste… c’était bien plus marquant que toutes les gifles que l’on pouvait imaginer. Un frisson parcourut le Russe qui préféra ne pas s’attarder sur la question. « Tu sais, si vous devez vous promener en groupe, c’est parce que d’autres personnes que toi ont essayé aussi d’enfreindre les règles. Tu payes leur désobéissance et bientôt, si les règles se durcissent, les autres payeront la tienne. C’est un cercle vicieux et j’aurai pensé qu’une métamorphomage comme toi aurait été suffisamment futée pour ne pas se laisser prendre au piège. Alors je pense que la leçon, tu ne l’as pas apprise. » Ce n’était peut être pas à lui de faire la leçon, mais il préférait expliquer à l’élève en quoi sa réaction avait été stupide plutôt que de la lui faire payer sans daigner le lui faire comprendre. Et il fallait aussi dire qu’il ignorait comment réagir aux sous-entendus lourds de sens que portait chacune de ses phrases. « Et tu t’égares en disant que je suis contre. Contre quoi, contre qui ? La méthode n’est pas la mienne, l’objectif en revanche est le même que moi ? J’aurai fait autrement, ce n’est pas pour autant que j’interviens lorsqu’un autre adulte se positionne. C’est ridicule. Tu t’égares en parlant de peur, Juliet… » L’emploi du prénom de la gamine lui était venu tout seul, finalement. Ce n’était pas qu’il s’attachait à elle, le sortilège d’amnésie lui brûlait les lèvres à présent qu’elle semblait capable de marcher sans aide. C’était plus le côté social des médicomages qui ressortait, indépendamment de la volonté de l’ancien Serdaigle. « C’est de la maturité, de la responsabilité, bien autre chose. Si j’avais peur, je ne serais pas venu te chercher après pour te faire boire ces potions. Un homme effrayé est irrationnel. Un homme qui sait ce qu’il est et où il va en revanche, ne s’égare pas. Alors la prochaine fois, je te conseille de ne pas t’égarer toi non plus. » D’un mouvement de bras, il désigna le thé et sortit du chocolat de sa poche pour le lui tendre. « Allez, mange ça, bois ça, et je te ramène à Poudlard où tu seras punie par tes enseignants pour ton retard. » Et sûrement pour l’incapacité qu’elle aura à raconter les dernières heures qui les séparaient, à présent, de Pré-au-Lard.

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