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 Quand l'oeuf voulu se battre contre un caillou... [Pv Nério ]

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MessageSujet: Quand l'oeuf voulu se battre contre un caillou... [Pv Nério ]   Dim 8 Fév - 3:05

Derek marchait d'un pas décidé, presque énervé, et le froid vif qui régnait dans le couloir n'arrangeait pas son humeur. Ses doigts étaient raides et le froid les rendait rouge vif. Il remonta le col de sa veste et resserra le cache- nez en laine noir et gris que lui avait tricoté Juliet autours de son cou.

La température avait perdu un bon nombre de degrés en quelques jours et cela devenait presque insupportable de se balader dans les couloirs. Il accéléra le pas, manquant de s'étaler sur une plaque de verglas qui s'était sournoisement formé à la faveur d'une fuite de canalisation, et pénétra dans la salle des duels.

Nerio était déjà là, fidèle à lui-même, c'est à dire : assis nonchalamment sur l'estrade, passablement débraillé et une cigarette au bec. L'orvet était allé trouver le jeune homme à la sortie d'un cours et l'avait presque supplié de lui accorder une demi-heure de son temps. Ils  avaient finalement convenus de se retrouver dans cette salle en fin d'après-midi. Si le vert et argent avait tellement insisté ce n'était pas pour rien, il ne se serait jamais permis de faire perdre son temps au septième année. Seulement, il avait besoin d'un professeur et Nerio était le seul à la hauteur du défi. En effet, Derek voulait apprendre à se battre, non pas avec une baguette, mais avec ses poings. Depuis quelques temps, il était devenu la cible favorite de Douglas Prewett.

Pour preuve, l'énorme coquard qu'il arborait depuis deux jours. Le jeune homme s’était tout simplement retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors qu’il renouait tranquillement son lacet, Douglas était passé à sa hauteur, avait négligemment fait glisser sa sacoche le long de son épaule et lui en avait assené un violent coup, s’arrangeant pour que l’orvet prenne le coin en plein dans l’œil.  

S'il aurait été capable de se défendre avec sa baguette contre le cinquième année,  le fils Brown avait décidé que ce n’était pas suffisant, qu'il ne resterait pas les bras ballants et que ce crétin méritait une bonne correction. Autant mettre toutes les chances de son côté.  En rejoignant Nerio sur l'estrade, Derek se remémora sa première rencontre avec Douglas.

C'était ce fameux jour, où il avait neigé tellement dru. Il avait partagé son après-midi entre roman d'aventures et parties d'échecs. D'ailleurs, Mahault venait de lui infliger une bonne rouste. Abasourdi, l'orvet en était encore à décortiquer ce coup bas qui l'avait mis échec et mat que la belle brune s'était déjà éclipsée. Derek prit quelques notes sur la manœuvre de son adversaire, afin de tirer profit de sa défaite, se leva, s'étira, déposa le livre sur la table basse et décida de rejoindre sa fée qui travaillait dans la bibliothèque. Il récupéra un gros gilet en laine verte dans son dortoir, accepta encore une tasse de chocolat chaud puis se mit en chemin.

En passant devant la salle d'histoire de la magie, un bruit le stoppa dans son élan. Une sorte de froissement suivi de murmures. Sa curiosité piquée au vif, il s'approcha très discrètement de la porte et jeta un coup d’œil à l'intérieur de la pièce. Deux personnes enlacées dans l'ombre. Derek se plaça contre le mur, de manière à pouvoir les espionner sans être vu. Comme tous les garçons de son âge, il était tiraillé de sentiments ambivalents concernant la bagatelle. A la fois impatient d'y être et aussi complètement terrifié par la perspective. Que celui qui n'avait jamais épier les ébats des aînés lui jette la première pierre. L'orvet s'accroupi et se plaqua au plus proche de la pierre, aussi petit qu'une souris. Quand le couple se déplaça et se retrouva en pleine lumière, il sentit son coeur se décrocher de sa cage thoracique et un goût amer se répandre dans sa bouche. Ewen et Mahault. Il bouillait de colère. Ainsi, l'aiglon lui avait mentit sur cela aussi. Il n'y avait rien entre eux ! Ben voyons ! Et les dragons pondent des oeufs en chocolat ! Quand il vit la main d'Ewen remonter le long de la cuisse de la serpentarde, se perdant dans les plis de sa jupe, et sa bouche s'écraser sur la sienne dans un baiser digne d'une comédie romantique, il aurait voulu détourner les yeux mais il en était incapable, complètement sidéré par la situation. Ils n'allaient quand même pas .. faire ça .. ici ? Il n'eut pas le loisir de connaitre la réponse à sa question. Une main s'écrasa sur sa bouche pour l'empêcher de crier, l'autre l'attrapant par le collet de sa chemise et une voix glaciale retenti à son oreille :

Alors, le têtard, on joue à tire quéquette en regardant les grands forniquer dans les salles de cours ?

C'était sa première rencontre avec Douglas Prewett. Elle s'était finie dans les toilettes, avec la tête dans la cuvette pour Derek et le souvenir cuisant de l'humiliation d'avoir été surpris dans cette situation. Depuis, le cinquième année ne manquait pas de malmener l'orvet. Bien que sa grand-mère lui ai toujours répéter que n'importe quel imbécile pouvait se lancer dans une bagarre et que seul les sages savaient les éviter, Derek en avait plus qu'assez. Il était tout aussi sot de vouloir user de la magie en dehors des cours depuis l'attaque du château, à moins de vouloir se retrouver soupçonné d'activités illégales, les solutions pour riposter étaient donc très limitées. Sans magie, il ne restait que les poings et c'est pour ça qu'il était là.

Salut Nerio, je suis content que tu sois venu ... J'ai besoin de ton aide. Voilà, j'aimerais que tu m'apprennes à me battre. Je suis actuellement confronté à la connerie d'un gros lourd et dès que je le croise c'est le début des ennuis ... Comme je n'ai pas envie de me terrer comme un lâche, ni de passer ma vie à l'éviter, que la magie est une mauvaise option en ce moment ... je crois qu'il ne me reste pas vraiment d'autres choix, bien que je sois ... contre ce genre de pratiques en temps normal ... Alors ... tu veux bien m'aider ?  S'il te plait ?
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MessageSujet: Re: Quand l'oeuf voulu se battre contre un caillou... [Pv Nério ]   Dim 22 Fév - 0:04




Quand l'oeuf a voulu se battre contre un caillou [Derio]

Seuls les cailloux ignorent la peur


« Ils nous ont dit que les rêves pouvaient devenir des réalités. Ils ont juste oublié de mentionner que les cauchemars pouvaient le devenir également. » C’était comme une litanie dans sa tête, la seule pensée cohérente qui avait réussi à faire son bout de chemin dans sa tête. Nerio tirait nerveusement sur sa cigarette, les yeux dans le vague. Il attendait Derek, le moustique vert qui lui avait sauté dessus à la fin d’un cours et qui l’avait supplié pour qu’il lui accorde un peu de son temps. Après coup, l’italien s’était demandé si l’autre se serait jeté à genoux si il l’avait laissé attendre un peu plus longtemps, avant de lui donner sa réponse. Il ne le saurait jamais maintenant; mais ça lui importait peu au final. Jamais il ne ferait s’agenouiller un homme, pas pour supplier.

Le bruit de sa montre résonnait dans ses oreilles, comme le contrepied du bruit de son cœur. Boum, tic, boum, tac. Et il n’y avait que ces deux bruits qui résonnaient dans sa tête, même ses pensées avaient finies par se taire. Bientôt le petit serait en retard. Bientôt, il ne serait plus l’heure. « Sois à l’heure, petit orvet, sois à l’heure », chuchota-t-il dans le noir. Ses deux prunelles ambrées se braquèrent sur la porte, tandis que l’aiguille des secondes filait à une vitesse folle rejoindre le petit symbole qui indiquerait le moment où l’autre serait officiellement en retard.

La porte s’ouvrit, laissant la lumière s’infiltrer dans la pièce, se couler jusqu’à lui, l’éclairer et l’exposer aux regards. Il papillonna des yeux un instant, avant d’amener sa clope jusqu’à ses lèvres, et d’inspirer dessus, légèrement, presque imperceptiblement. « Salut Nerio » Il lui répondit pas un bref mouvement de la tête « je suis content que tu sois venu » Il haussa un sourcil, content pourquoi ? Avait-il craint qu’il ne vienne pas ? Il lui avait pourtant donné sa parole, dans ses souvenirs.  « J'ai besoin de ton aide. Voilà, j'aimerais que tu m'apprennes à me battre. » Un fin sourire naquit sur les lèvres de l’italien. Amer. « Je suis actuellement confronté à la connerie d'un gros lourd et dès que je le croise c'est le début des ennuis ... Comme je n'ai pas envie de me terrer comme un lâche, ni de passer ma vie à l'éviter, que la magie est une mauvaise option en ce moment ... » Il opina vaguement, sans réelle conviction. C’est pas comme si un jour la magie avait été une bonne option hein. « je crois qu'il ne me reste pas vraiment d'autres choix, bien que je sois ... contre ce genre de pratiques en temps normal... »  Le sourire devint carrément cruel à ce moment-là, juste une fraction de seconde. Juste un tout petit moment. Juste le temps de rire de son comportement, avant de se ressaisir. « Alors ... tu veux bien m'aider ?  S'il te plait ? »  Qu’était-il censé lui répondre ? Oui, non ? Passe ton chemin, mon gars, c’est pas une bonne idée ? T’es pas fait pour ça, ton truc à toi, c’est te cacher derrière ta baguette ? L’idée s’imposa à lui, et il failli la laisser gagner, sortir et exploser à la tronche du gamin, dans une multitude de mots colorés et crus. Il n’en fit rien.

Il écrasa du bout de sa chaussure le mégot de sa cigarette avant de se lever et de faire le tour du Serpentard, lentement, presque au ralenti. Ça, c’était juste pour son plaisir à lui, ça lui rappelait de vieux films où les gars se faisaient juger d’un coup d’œil par leur supérieur, mais que le supérieur en question faisait quand même monter la pression en mentant en place tout un petit manège. Nerio se planta devant Derek, le bout de ses Rangers contre celui des ridiculement petites chaussures du garçon. Il le dominait d’une bonne tête et demi, mais ne l’écrasait pas. Ils n’étaient pas ennemis, pas encore. « J’ai quoi à y gagner, Moustique ? Dans l’histoire, moi je perds du temps, de l’énergie, de la crédibilité si tu te fais rétamer et qu’on sait que c’est moi qui t’aie appris plus ou moins à te défendre… Hormis le plaisir de te refaire le portrait sans que tu puisses me faire de réflexion et de passer mes nerfs sur quelqu’un, j’y gagne quoi ? »

Il n’était pas un salaud. Il n’était pas méchant, condescendant, ou quoi que ce soit d’autre. Il ne le provoquait pas par pure envie, ou par méchanceté. Il voulait le tester, observer ses limites. Comprendre à qui il avait à faire, voir si ce n’était pas Derek qui se montait le bourrichon tout seul et qui s’attirait les ennuis en montant trop vite au créneau. Mais ça, qui pouvait le comprendre ? Probablement pas Derek. « Et puis, sérieusement, ce genre de pratique… Péter la gueule à un mec, c’est juste lui casser trois dents, le nez, une côte ou deux si tu peux. Pas besoin d’en faire un drame, hein. Parce que si c’est juste pour que tu puisses te défendre » il insista bien le mot en faisant les guillemets avec ses doigts « sans ta précieuse baguette pendant trois semaines, je vais pas m’investir, faut pas rêver. Qu’est-ce qui me dit que quand la magie sera moins controversée, tu vas pas juste oublier tout ce que j’aurais pu t’apprendre ? Hein ? » Là, il commençait à se grandir, à l’écraser, un peu. Pour le tester, le juger, l’appréhender. Et au bout d’un moment, quelques minutes peut-être, à le regarder dans les yeux sans sourciller, à fouiller son regard, et les tréfonds de son âme - non ça c’était une connerie de chaman vaudou, faut pas déconner non plus -, Nerio sourit et sortit une nouvelle cigarette ainsi que son nouveau briquet, après avoir sortit l’ancien par habitude. Il alluma son tube et tapota du bout du doigt la montre à son poignée. « Première règle, Moustique. Sois toujours à l’heure. Sois même à l’avance, et attends si il faut. Un combat, ça a son moment. Tu peux être en avance et l’attendre, le voir arriver, le saisir, mais quand il est parti, quand c’est fini, c’est fini. Tu ne rattrapes pas le temps perdu. Après, tu subis. Et c‘est tout.»


love.disaster


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