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 TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.

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MessageSujet: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Jeu 30 Oct - 7:49

Say, you wanna know me and try to let it out.
« Putain de bordel de merde. » Voilà le hurlement qui traverse l’appartement de Jeremiah de bon matin. La tête dans les chiottes en même temps, tu as raison de te plaindre. C’est quoi ces sortilèges qui n’agissent pas, tu n’étais pas censées ressentir de nausées, ni même être dérangée par le poids qui commence déjà à tirer sur ton dos. Tu jures avec violence car tu n’as pas voulu de cet enfant, mais comme c’est celui de Jeremiah tu le gardes. Tu jures car tu n’as pas voulu des encombrements, mais bizarrement tu es incapable de t’en séparer. C’est étrange comment marche le cœur d’une femme, tu as tué des êtres par milliers, tu as égorgé des enfants, tu as incinéré des chatons, tu as commis des horreurs sans une once de dégoût et là, tu te passes la main sur le ventre pour vérifier qu’il est toujours là. Tu l’appelles le parasite, mais tu refuses de le laisser partir. Tu lui en veux et pourtant tu sais que tu vas tout faire pour qu’il naisse dans de bonnes conditions. Tu te demandes si tu n’es pas bipolaire à certains moments. Jeremiah est en train de se préparer et il passe la tête à travers la porte de la salle de bain. Tu lui jettes un regard noir pendant que tu tires la chasse avant d’aller te brosser les dents. Eurk. Vraiment tu te dégoûtes pour cela. Quel paradoxe.

A peine arrivée à Poudlard, tu sais que tu ne vas pas faire long feu. Tu te passes une main fraiche sur la tête et te masse le dos. Le transplanage n’a pas été agréable  ce matin. Tu refuses d’aller en cours dans cet état-là, tu fonces en salle des profs et annonce au professeur de potion, le seul présent que tu n’assisteras pas en cours aujourd’hui, que tu te diriges vers Sainte Mangouste et que tu reviendras ce soir, tu lui indiques ton emploi du temps et le remercie chaleureusement de prévenir les élèves avant de t’en aller. Nouveau transplanage. Nouveau mal au ventre. Tu arrives au cœur de Londres et tu enlèves ton manteau. Tu as grossi, tu ne sais plus comment le cacher, tu espères que les élèves n’ont pas trop de doutes, tu ne veux pas voir courir les rumeurs, tu détesterais cela. Tu ne veux pas voir les regards envieux des filles. Tu ne veux pas voir les regards méprisants des autres. Tu détestes qu’on te regarde pour quelque chose que tu n’as pas maîtrisé. Oh, bien sûr, cet enfant n’est pas une honte, tu as ton fiancé à tes côtés, mais tout de même. Tu montes les escaliers en grognant. Pourquoi n’ont-ils pas fait au plus simple, sont cons parfois. Et tu arrives devant le seul bureau que tu connais. Celui qui t’a annoncé la catastrophe, tu ne veux pas dévoiler ton problème plus que nécessaire. Ceux qui savent sont déjà trop nombreux. Tu toques à la porte et … ce n’était pas bon. Tu valses de bureau en bureau.  D’étages en étages. Tu commences à être en colère, ton instinct de violence commence à remonter. Au moment où tu sors ta baguette, prête à t’énerver pour de bon, la porte du bureau s’ouvre et une demoiselle t’accueille avec un grand sourire. Dommage, tu aurais bien mutilé quelqu’un par pur plaisir. Tu t’assois, extenuée, dans un des fauteuil et commence à raconter tes malheurs.

Deux heures plus tard, tu ouvres la porte du bureau soulagée. Tu es parée pour la semaine, voire le mois. Les soins qu’elle t’a prodigué sont revigorants, les potions qu’elle t’a prescrites te feront du bien. Tu n’as déjà plus mal nulle part. Tu es presque prête à attaquer cette nouvelle semaine. Tu fermes la porte et t’adosse contre cette dernière pour souffler. Retrouver le monde et son brouhaha incessant ne te tente pas vraiment. Retrouver ces élèves plus cons les uns que les autres non plus d’ailleurs. Tu soupires, mais tu descends les étages. Arrivé au rez-de-chaussée, alors que tu t’apprêtes à sortir de là pour retrouver tes mioches biens aimés -tu pourras même assister au cours de l’après-midi, ô joie- tu tombes sur une personne que tu n’avais pas prévu de voir. Qu’est-ce qu’il fout là. Instinctivement tu enlèves ta main qui était sur ton ventre et tu serres ton manteau contre toi. Il ne doit pas savoir, il ne faut pas. Tu ne sais pas trop pourquoi il ne faut pas, mais tu le ressens en toi. C’est encore comme un secret que tu ne veux pas partager. « Raphaël Kensington ? Mais et tes cours ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? Non mais. » Ebahie. Etonnée. Perplexe. Tu ne sais pas comment réagir, tu ne sais pas si tu veux bien réagir. Pourquoi est-il ici alors qu’il  l’air en pleine forme ? Il y a une infirmerie à Poudlard, que fait-il ici bon sang. Est-ce par rapport à toi ? Tu te poses trop de questions, tu doutes. Merde.


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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Jeu 30 Oct - 8:52

Say, you wanna know me and try to let it out.
(sɛʁ.pɑ̃.tɛs). - Toucher les précipices inconnus avec la rapidité de la vitesse de la lumière, le venin saccagé jouant entre tes veines gelées. La froideur comme rideau qui dissimule le plus souvent des jeux de connivences étranglant. Des murs s’élevant comme des murailles. Des phases empiriques éclatées entre deux eaux. Observer, regarder et laisser ses rétines s’éclater sur les sphinx de la réalité. Le rationnel, le logique coupe avec le paradoxe de ton inconscience et de tes violences impulsive. Enfant Homme libre, enfant homme de pensées, enfant homme de l’ombre. Aspirant le plus profondément à cette érudition en religion. Décapiter les mouvements lancinants de la divination, s’accrocher aux atomes et transformer l’alchimie des sens dans une fossilisation anonyme. Les témoignages de ta rencontre avec ta soeur, sur la plage, sont passé sous silence, comme promis, étouffer les blessures, abolir le sang déversé, damné les bruissements qui cognent dans l’entre de ton cerveau et s’enchanter des lignes nouvelles qui prennent feu rapidement. Ta soeur (cette soeur) te fait redécouvrir une âme presque morte. Déstructuration des habitudes veilles de treize ans, dans un long coma stérile humainement, un pirate vivant dans un château avec ses enfants (Odin mais pas de Taylor ; un fils mais pas de fille... pourquoi ?). Ils ont supporté les tendances calfeutrées d’un cadavre serpentaire. Il y a cette détestable liqueur de psyché qui monte et qui mélange les chiffres dans le désordre et qui t’attache aux apparences. Être un autre, n’être rien qu’un homme enfant endormit sous les bombes atomiques de l’humanité nécrophage. Les sonates te transforment, les cycles t'emmènent dans leurs lianes et tu chéris le voyage comme un fait éternel qui t'emmène dans les vallées oubliées dans ce que tu as toujours rejeté au loin, par prudence (mais par habitude aussi, bien-sûr, par habitude et par lâcheté). La cristallisation de la pureté qui éclot entre tes doigts, inattendu changement. L’hiver avait forgé dans ton thorax le détachement et des stalactites autour de tes émotions, autour de ton coeur. Tu apparais comme un homme en rééducation ou souriant discrètement envers les pulsations nouvelles qui retentissent à travers toi, pour elles (Églantine, et Taylor -tu crois vraiment qu'elle va entrer dans ta vie, Raphaël, mais en a-t-elle envie, elle ?). Kensington, ta soeur est souffrante. Elle est à Ste Mangouste, je t'y emmène si tu veux. Elle te réclame. Et la claque. Le bonheur tant attendu enlevé par une simple phrase. Un simple mot. Trois syllabes. Par un rien. Tu l'as suivi, le professeur de potions. Évidemment. Le coeur au bord des lèvres. Sans poser de questions. Docile comme jamais. C'est pour ça que maintenant tu marches dans les couloirs, en pressant le pas, n'est-ce pas ? Tu t'inquiètes pour elle. Elle te réclame, c'est grave. Forcément. Des épisodes éloquents de diverses tendances, de tout bruissement. Divers électrons, des déchirures tout aussi puissantes l’une que l’autre que ça soit dans le berceau de ton enfance ou de ta vie à Poudlard. Tout cela maintenant est derrière toi. Elles créent seules les reliefs de ce nouveau chapitre tout en te rappelant les navires qui t’ont fait chavirer. Bien que ton paternel t’ait été arraché, tu aimerais qu’il sache que son prénom scintille à travers les oracles de ta dévotion, de ton engagement et de tes pulsions. Dans leurs yeux, à elles, tu vois les années qui s’allongent devant toi, tu te prends à espérer une famille et te laisses guider sous ses rires et tu t’attaches à tes propres questions en t'apportant des réponses imagées et dérisoires. Inutiles. Les brumes construiront les vagues, détruiront quelques villages aux bords de mer sans doute, mais tu es enfin prêt à vivre de nouvelles choses avec différents hymnes qui se joueront dans les espaces (enfin tu l'espères). Raphaël Kensington ? Mais et tes cours ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? Non mais. Elle. Devant toi. Elle serre son manteau entre ses mains, sur la défensive. Je suis venu aussi vite que j'ai pu. Le professeur de potions m'a dispensé de cours mais je... Tu vas bien ? Tu demandes, essoufflé d'avoir couru pour la rejoindre.


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XLII - Je suis libre: il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres… Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.


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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Jeu 30 Oct - 10:32

Say, you wanna know me and try to let it out.
Vous étiez là tous les deux. Comme deux âmes perdues au milieu de la foule. Il te regardait avec un sourire attendrit. Comme s’il s’était inquiété pour toi. Comme si tu avais risqué ta vie. Tu fronces les sourcils. Tu ne comprends pas. Tu lui poses la question avec un air étonné. « Je suis venu aussi vite que j'ai pu. Le professeur de potions m'a dispensé de cours mais je... Tu vas bien ? » Sourcils froncés. Yeux qui clignent. Sourire choqué. Tu restes deux secondes devant lui avant de faire le lien. Ce professeur t’a trahi. Pourquoi ? Que lui as-tu fait de mal ? Tu essaies de comprendre. Etait-ce une blague ? Une boutade ? Une moquerie ? Une envie de te descendre ? De te rappeler qu’il était supérieur à toi ? De te montrer qu’il valait mieux que toi ? Une fois tu lui avais fait une farce ? Est-ce une manière de se venger ? Pourtant tu ne lui avais jamais rien fait de méchant. Du moins pas dans ton souvenir. Tu te masses le front avec deux doigts en soupirant. Comment arranger cela ? Maintenant que ton frère était là, est-ce qu’il ne fallait pas en profiter ? Après tout, tu n’avais aucune envie de retourner à Poudlard pour enseigner des choses inintéressantes à des gamins qui n’en avaient strictement rien à faire. Et puis ton frère séchait les cours, couvert par le professeur de potion qui t’avait trahi. Et puis vous n’aviez pas fini votre discussion de l’autre fois. Oui, autant en profiter. « Ok, je crois qu’il faut qu’on aille prendre un café. » Tu as lâché cette phrase. Tu avais fait un choix. Et tant pis pour les conséquences qui vont suivre.

Vous montez les escaliers un peu timide. Sans trop savoir quoi dire. Tu évites de parler, tu n’as pas envie de combler le temps de banalités. Tu n’as pas envie de faire semblant. Tu n’as jamais aimé cela, mais avec Raphaël cela te paraît encore moins naturel. Les escaliers sont infinissables, vraiment l’ingénieur qui a installé la cafet au dernier étage, sûrement un mec bien intelligent. Tu soupires de soulagement quand enfin les escaliers se terminent. La porte entrouverte t’attire bien vite et vous rentrez. Une table. La première qui arrive. Tu t’en fiches. Tu poses ton postérieur sur un fauteuil. Ah merde, faut se lever pour aller chercher quelque chose. Tu soupires et sors ta monnaie. Tu vois ton petite frère esquisser un geste. « Non, non, j’y vais. Je te prends un jus de citrouille ? » Tu te lèves et rapporte les deux boissons. Bon, il fallait cesser le silence. Tu bois une gorgée et repose ton café sur la table. « Bon, alors je ne sais pas pourquoi tu t’es inquiété. Enfin si je sais, c’est à cause de Carl, mais je n’ai rien du tout. Ce n’est qu’une visite de routine, je t’assure. » C’est plus fort que toi, tu ressens ce besoin de le rassurer. Tu ne veux pas lui dire. Tu rages intérieurement. Un combat intérieur t’habite. Tu as besoin de te confier, d’en parler, c’est le bon endroit. Tu n’as que très peu d’amies, donc pour toi c’est d’autant plus difficile que tu es obligée de rester seule. Puis tu réagis. « Mais attends, il t’a dit quoi Carl pour que tu accoures ici en réalité ? » Tu te poses sincèrement la question, parce que tu n'aurais peut être pas accouru de la sorte toi. Enfin si, peut être, si on t'avait dit qu'il était sur son lit de mort.

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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Ven 31 Oct - 23:27

Say, you wanna know me and try to let it out.
Ok, je crois qu’il faut qu’on aille prendre un café. Dans le passé, ton esprit était une de ces combustions volatiles, miroitant dans les sarcophages des rythmes en feu et tout ça t’avait épuisé, mentalement, physiquement. Avec les années, tu croyais avoir appris la sagesse, mais celle-ci s’apprend tous les jours. Tu regardes Taylor en te disant des tas de choses qui défilent dans ton cerveau comme des bruissements qui raisonnent dans tes nerfs, les messages effilochés dans les passages électriques. Tu as toujours pensé que la peur montrait le désir, dans le sens où elle est facile, déterminante de ce qu’on aime le plus profondément en soi Ce qui est instinctif, ce qui nourrit nos entrailles. Ce n’était pas pour rien que tu avais peur de la perdre. Le peu de complicité acquise pouvait s'envoler du jour au lendemain. C’est tout simplement que tu l’aimais beaucoup plus que tu ne pourrais jamais le définir, ni le montrer, aussi stupide que cela puisse paraître. Que cela puisse te paraître. Alors cette peur inconsciente travaille dans tes neurones comme des marteaux piqueurs. La seule unité existant dans les éléments de base est le temps. Le temps. Maître incontestable alors finalement c’est le plus important. Le temps que vous possédez ensemble. Les objectifs avant d’être atteints, ont pour but d’avoir la motivation d’aller de l’avant. Non, non, j’y vais. Je te prends un jus de citrouille ? Quand elle revient, le verre dans les mains, tu la remercies. Tu la regardes simplement parce que même malade tu la trouves belle. Oui vraiment très belle. D'une beauté singulière. C’est étrange la vie, vraiment très étrange, ou alors c’est nous qui le sommes, tout simplement. L’humain par définition est une étrangeté. Tout comme les comportements humains, tout comme les sentiments. Bon, alors je ne sais pas pourquoi tu t’es inquiété. Enfin si je sais, c’est à cause de Carl, mais je n’ai rien du tout. Ce n’est qu’une visite de routine, je t’assure. Ses mots résonnent dans ta tête une visite de routine, je t’assure., tu n'es pas certain : est-ce que c’est ce que tu as voulu entendre ou est-ce qu'elle l’a vraiment dit ? Tu as du mal à y croire. Tes yeux s’accrochent aux siens. Ton coeur accélère dans ton thorax de façon conséquente. Tes mots ne sortent pas réellement et puis dans ta tête défilent les mots cancer, maladie, incurable... mort ? Une visite de routine... je ne comprends pas. Tu es malade ? Lorsque les paroles ne correspondent pas aux actes, le doute diffuse en toi des hécatombes meurtrières. Être là sans l'être. N'exister qu'au travers d'illusions frivoles, inutiles et sans conséquence. L'observer et te demander comment tu en es arrivé là. Retracer le chemin dans ton esprit, les déchirures, les disputes. Les angoisses, les adieux. La mélancolie figée dans tes poumons compressés. Tu essayais de trouver des réponses dans l'étendue azurée de ses iris mais tu étais aveuglée. Par ta déception. Par tes colères. Par les injustices et l'égoïsme de la vie. Les mots sont sortis, la vérité était dehors et c'est tout ce qui t'importait réellement. Les troubles humains saccagent et forment l'endurance, la maturité. La sagesse. Tu as toujours aimé les flammes sans craindre leur morsure. Alors pourquoi tant de drame ? Pourquoi tant de complexité. Accepter, juste laisser s'enfuir les rêves brisés. Et apprendre à vivre avec les distances. Tu as fini de courir, après eux. Après toi. Après lui aussi. Tant pis si rien de tout cela ne suffit. Défaitiste parce qu'on t'impose de l'être. Tu as pris une tempête pour un soleil. Tu as cru à la douceur des premiers instants pour la voir lentement se perdre dans la continuité des autres. Bien sûr, tu te sentais stupide. Naïf aussi mais c'est trop tard et toi, tu es fatiguée. Tu ne peux rien faire d'autre que penser. À ces choses qui tournent incessamment dans ton esprit comme pour te rappeler que non. Ce n'est pas vrai. Tu n'as pas droit au bonheur. Couper l'élan, endurcir ce que tu avais pourtant réussi à attendrir quelques heures plus tôt. Tu étais troublée. Heureux d'être ici, avec elle, peiné aussi. Tes émotions se mélangeaient et tu ne pouvais pas expliquer comment cela se faisait. Tu as fermé les portes, les as verrouillées à double-tour. Oui, ça se passerait bien. Confirmation feutrée. Et ta stupidité qui ne faisait qu'amplifier tes craintes. Les débordements, les kilomètres après les limites et ton imagination qui brûle les lueurs. Mais attends, il t’a dit quoi Carl pour que tu accoures ici en réalité ? Il fallait que tu oublies un peu, que tu apprennes à effacer les mots qui blessent. Et tout ce qu'on dit mais qui n'existe pas. Ne pas réfléchir. Éteindre les lumières et retourner dormir car c'est tout ce dont tu avais réellement envie à présent. J'ai le droit de savoir, Taylor. J'ai le droit de savoir. Je vais aller dormir. La seule stabilité. L'étreinte inconsciente d'un ailleurs que tu n'arrives pas à saisir. Tes prunelles l'observent un moment sans savoir quoi dire d'autre. Ça va bien se passer, peut-être, ça va bien se passer parce qu’on est ensemble, même si la peur, inconsciente, monstre vorace et sans coeur, tourne autour de nous. Même si le meilleur moyen de vaincre une peur reste de l’affronter et de la tourner en dérision. Rien. Simplement que tu m'avais réclamé. Et c'est la seule chose qui t'avait importé. Ta soeur avait demandé après toi.

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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Mar 4 Nov - 10:03

Say, you wanna know me and try to let it out.
Une visite de routine... je ne comprends pas. Tu es malade ? Tu avais utilisé ce mot, pourquoi ? Tu n’avais pas réfléchi et tu l’avais laissé faire. Routine. Un mot qui cache tellement de choses, plus même que tu ne pourrais en deviner le sens. Et pourtant tu l’as dit. Tu le lui as dit. Tu te masses le crâne avec deux doigts et regarder ton frère. C’est trop tard pour toi, tu en as trop dit. Tu t’es trop attachée à lui, comme à ce parasite en ton ventre. Tu voudrais soupirer mais tu sais que tu ne peux pas le faire, car cela reviendrait à te trahir. A montrer qu’il a touché un point sensible. Des tas de pensées te traversent l’esprit et tu es incapable de prendre une décision. C’est une des premières fois depuis si longtemps. Avant tu ne réfléchissais pas. Tu agissais. Tu obéissais. Pourquoi s’encombrer d’un cerveau quand on peut faire sans ? Tu ne sais réellement pas quoi choisir comme solution, aucune ne te semble correcte. J'ai le droit de savoir, Taylor. J'ai le droit de savoir. [/b] Non, tu n’as pas le droit. C’est ta vie, tu as le droit de choisir ce que tu confies et à qui. Mais comment pourrais-tu le lui expliquer. Tu vas avoir un neveu, c’est ça que tu veux entendre ? C’est ça que tu ne peux lui dire. S’il doit l’apprendre c’est uniquement parce qu’il a découvert. Tu radotes. Tu t’énerves toi-même. Rien. Simplement que tu m'avais réclamé. Tu écarquilles les yeux. Carl est un réel connard. Tu as envie de casser quelque chose, sûrement les hormones en toi qui augmentent ta rage. Alors tu la laisses exploser. « C’est vraiment un petit con. Il s’invente une vie, à longueur de temps. Je ne t’ai jamais demandé. Rha, c’est toujours la même chose avec lui. C’est à cause de ce petit con d’ailleurs que les élèves ont su pour la lycanthropie de…  » Tu fronces les sourcils, tu perds la boule, tu parles trop. Tu dessers tes poings, relève la tête, baisse tes épaules, calme ta respiration, perds ce regard brûlant.


Tu l’as blessé et tu le sens. C’est rare pour toi de sentir ce genre de sensation pour toi, mais cette fois-ci tu le sais vraiment. « Non, enfin ce n’était pas ce que je voulais dire. » Trop tard, tu l’as dit. Les mots ont franchi tes lèvres et tu as posé cette pierre au fond de son cœur. Le peu de relation que vous aviez réussi à construire tu venais de le détruire. Il avait accouru quand tu l’avais -soi-disant- appelé à ton chevet et toi, tu n’es même pas prête à le remercier. Tu l’enfonces encore plus. Tu n’as tellement pas l’habitude de jouer la sœur douce et aimante. Et puis ce putain de parasite qui bouge dans ton ventre, il ne faisait pas ça avant. Tu donnes un coup de poing sur la table, puis secoue ta main parce que tu t’es fait mal. Rha. Tu sais que ce n’est pas avant le cinquième mois normalement et même si tu es bien avancé dans ton quatrième ce n’est pas une raison. Tu soupires. « Excuse mes sautes d’humeurs, c’est en parti pour ça que je suis venue. OK, j’admets, j’étais mal ce matin, alors j’ai dit à Carl que je n’assisterais pas à mes cours… » Tu fermes les yeux et te sens que c’est le moment de rajouter. « Et je lui ai dit de te prévenir si jamais il m’arrivait quelque chose, mais il n’était pas censé t’envoyer ici comme ça. » Tu mens. Tu ne lui as jamais dit ça, mais tu veux que ton frère le croit, qu’il sache qu’il compte pour toi. Tu n’as pas vraiment compris comment il était arrivé à rentrer dans ton cœur, mais c’était fait. Tu n’ouvres toujours pas les yeux. Tes poings se sont resserrés de nouveaux. Tu dois lui dire plus encore. « Mais je ne suis pas malade dans le sens où tu l’entends, je n’ai pas de cancer, de bipolarité, de dépression ou tout autre maladie grave. Je me porte comme un charme. » Deuxième coup, cette fois-ci tu ne peux pas dire que tu l’as inventé. Sincèrement. Pourquoi toutes les femmes s’extasient devant les mouvements de leur monstre ? Sincèrement. Instinctivement tu as posé ta main sur ton ventre. Vite tu l’enlèves. Trop tard, ton geste était trop brusque, tu tentes d’attraper ton verre comme si le geste était prévu. « Mais ça me touche en tout cas que tu te soucies de moi. » Ouh, grande première.

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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Lun 22 Déc - 4:21

Say, you wanna know me and try to let it out.
Saint-John Perse et ses mots s’accrochent à tes rétines, déplient les sourcils en un accent circonflexe à l’envers. L’abstraction se mêle et emmêle les phrases et tes efforts pour tirer du fatras des métaphores un sens qui me rendrait la lumière à la sombre page, mais c’est toi qui saccage le texte, le blasphème de ta voix d’ignorant, lâchant dans l’air l’espoir vain de mieux comprendre, accouplé à ces mots dont la beauté s’éclipse à prendre la forme de ton timbre sans ton. Au cœur de l’homme, solitude. Etrange l’homme sans rivage, près de la femme, riveraine. Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d’or mêlé, que j’aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d’argile – femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre…  Dire cela avec le ton rêveur des baigneurs du Bateau ivre, en entrant dans le poème de la mer… moi, je n’y arrive pas. Les yeux cherchent la couleur de l’eau pour comprendre les transports et tressaillements de la plume, qui a un jour enfanté la tournure de ces roulis poétiques. Eclipsée la simplicité des courbes de ces lettres qui cachent dans leur parure la clé de leur beauté sacrée, sucrée, celle qui se profile dans la forme au fond des vers que tu cites. La lumière glisse et glisse l’ouvrage des mains qui se replient sur la couverture, abandonnant. Victoire des cicatrices du gosse qui n’a jamais su lire entre les lignes, celui qui doit réussir, celui que son père pousse à réussir. Le mur de pierre est là, il ne t’a pas quitté. Barrière qui crève un regard trop brut sur la beauté d’un monde inaccessible… et les vagues te narguent en couvant, mères jalouses, leur secret. ou bien… ou bien n’est-ce peut-être pas les vagues. T'as l'air le même air que l'autre, quand elle répète ses sermons. Les mots qui lui sortent de la bouche mais elle les comprend pas. T'es pareil. Ça donne l'air idiot... Peut-être que tu es idiot au fond. Plane la présence plus fort que l’odeur de sel, ombre diaprée dans le blanc du ciel sur la falaise, celle qui maraude aux orages le secret de leur courroux. Grince son rire à la surface de l’eau, je la vois se froisser ; c’est peut-être tes pages, tes pages qu’elle emballe d’un ourlet de son rire, qu’elle jette là-bas, contre la roche, ici bas, oui, tout bas, les mots qui giclent de non-sens contre ton palet. femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre… Les anneaux d’argile sont les roulements veloutés du serpent qui caresse froidement la peau du cou qu’il étrangle en silence. Frôlement visqueux, douceur vicieuse, mais rien de trompeur dans le regard. Elle perce encore quand tu te tournes, la glace d’ironie, le presque burlesque, la raillerie dans ses yeux ; le dédain qui te recouvre. C’est le même qu’entre les branches de l’arbre, quand elle t’aurait presque jeté tout en bas toi aussi, juste pour ça, pour les reflets dorés du soleil sur le feuillage frissonnant de sa cachette, sa cachette à elle ; pour l’empiècement rugueux sous les pieds nus, les branchages de sa nature sauvage. Blanc neige la robe, blanc neige la peau — une douceur vierge, immaculée, sous un torrent de cheveux noirs, les mèches dans les yeux, les yeux dansant, volcaniques, gluants, engluant les tiens et ton sourire. Tu as tourné la tête vers sa beauté mystique. Elle a cassé ta funeste diction de sa voix railleuse, et pourtant le sourire ponctionne tes traits. Pas moqueur. Amusé. Amusé, doucement, légèrement, de cette façon qu’elle a de dire le vrai sous son couvert d’hostilité, l’intérêt pour cette grande enfant en filigrane dans les yeux, un intérêt sincère. Qui de ceux qui pénètrent ces lieux de leur présence depuis leur premier soupir peuvent se prétendre semblable à elle ? Comprendre : le souhait intrépide, improbable, un peu fou, mais le souhait, c’est certain. et mer moi-même à ton orient… Tu vois d’ici la surprise : elle respire par tous ses pores, à la vue des coins de ton sourire, et puis quand tu acquiesces, et quand sans te lever tu tends l’ouvrage de toutes ses pages, le sourire aussi dans ta voix, oui, la voix sourit aussi quand tu dis : essaye, pour voir : lis, un peu ? Tu crois qu’elle va te planter là et s’envoler de la même façon qu’elle a semblé se poser, venue de nulle part, sur le bord d’une falaise où tu te trouvais par hasard ; mais tu sais, aussi, tu sais qu’elle veut te comprendre autant que tu le veux pour elle. Comprendre pourquoi tu es comme ça, pourquoi tu ne la prends pas pour une folle. Pourquoi, tout ça. comme à ton sable d’or mêlé… Tu as rouvert au hasard. Tu lis, c’est monotone, et volontairement, cette fois. Guide-moi, sur les chemins de toute mer ; au frémissement de toute brise où s’alerte l’instant, comme l’oiseau vêtu de son vêtement d’ailes…  Tu ne me quitteras pas, hein ? Dis-moi que tu resteras avec moi Beth. Tu guériras. Pour moi. Une seule et longue phrase sans césure ; à jamais inintelligible. Souhait lancé dans le vent. Souhait noyé dans la mer.

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tout, mais terriblement. Le vent l’a emportée, il l’a capturée dans ses mouvements qui éclatent maintenant loin de toi. Dans un endroit, où tu ne mettras jamais les pieds sans doute. Tu ne souriras plus avec moi. Tes pupilles s’effacent de ma mémoire, Beth. Mon corps semble rester stoïque, l’espace d’un instant, la situation dont je suis incapable de dévier par un tour de passe passe.. C’est un poison dont j’essaie d’avorter. Les sanglots imaginaires qui croupissent à l’intérieur deviennent un ricanement nerveux, une merveille dans les vagues. Nos souvenirs m’étranglent, les années m’explosent dans la tête comme des balles qu’on tire. On meurt bien dans la houle, dans le nid intérieur de ses ondulations salées. Il y a cette tristesse qu’on croit mourir au bout de quelques jours, sous les rires spartiates et incandescents. Malgré tout on se force à avancer, quand bien même on se lance dans les crépitements insalubres de ce squelette. J’essaie de me soigner à travers son rictus mal placé et parfois bourré d’incompréhension. Comme si c’était possible de s’enfuir à travers une articulation fugace. Profondément, j’aurais aimé t'avoir à mes côtés. Sans que je ne puisse expliquer comment, ni pourquoi, tu me manques de façon incompréhensible et irréparable. Taylor te ressemble. Aujourd'hui en face de moi, elle te ressemble tellement. Et je ne veux pas la perdre. Je ne veux pas devoir perdre quelqu'un encore une fois. C’est vraiment un petit con. Il s’invente une vie, à longueur de temps. Je ne t’ai jamais demandé. Rha, c’est toujours la même chose avec lui. C’est à cause de ce petit con d’ailleurs que les élèves ont su pour la lycanthropie de… Je ne t'ai jamais demandé. Tu encaisses le coup, blessé. Mais tu t'attendais à quoi Odin ? Patient, tu veux qu'elle s'exprime réellement, laissant ainsi de côté les inutilités pour gagner du temps. Ta curiosité, quant à elle, était bien présente actuellement. Dans ce genre de situation. Sa présence n'était pas là par amusement. Excuse mes sautes d’humeur, c’est en parti pour ça que je suis venue. OK, j’admets, j’étais mal ce matin, alors j’ai dit à Carl que je n’assisterais pas à mes cours… Et je lui ai dit de te prévenir si jamais il m’arrivait quelque chose, mais il n’était pas censé t’envoyer ici comme ça. C'est sans doute la raison pour laquelle tu acceptais cette conversation. Je comprends. Tu dis, peut-être pour la déculpabiliser un peu. Peut-être pour te rassurer, toi-même. Mais je ne suis pas malade dans le sens où tu l’entends, je n’ai pas de cancer, de bipolarité, de dépression ou tout autre maladie grave. Je me porte comme un charme. Tu entends la voix de Taylor qui dit qu'elle se porte comme un charme, et tu entends son poing s'abattre sur la table. Comme un rappel à la réalité. Taylor ? Ca va ? Tu esquisses un geste vers elle mais renonces. Pas encore. Un jour, peut-être. Mais ça me touche en tout cas que tu te soucies de moi. Elle aussi, elle avait besoin d'être rassurée ? De savoir qu'elle pouvait compter sur un frère ? Cette relation était aussi nouvelle pour elle que pour toi... Pourquoi je ne me soucierais pas de toi ? Tu es la seule famille qu'il me reste avec maman, et tu sais comment elle est... Enfin... Mais pourquoi tu es là alors ? Tu n'es quand même pas enceinte ? Tu imagines l'horreur ? Un être mi-toi mi-Jeremiah. Tu ris franchement amusé à cette idée. Non, sérieusement, tu es venue voir quelqu'un ? Tu peux me le dire, je sais garder un secret. Tu dis reprenant ton souffle.
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XLII - Je suis libre: il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres… Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.


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MessageSujet: Re: TAYLORAËL + Say, you wanna know me and try to let it out.   Lun 22 Déc - 7:34

Say, you wanna know me and try to let it out.


Une idée, un mot, une parole. Les choses vont dans ce sens-là, normalement. En règle générale, la vie suit son cours et tout va crescendo, on commence à vivre à notre naissance, on est incapable de tout ; puis on grandit, on évolue, on s’améliore ; vers la fin on regrette, on apprend de nos erreurs, on enseigne aux plus jeunes. Et toi, tu ne sais pas où te situer. Tu as fait tellement d’erreurs, tu as placés des priorités là où il n’y en avait pas, tu as donné de l’importance à des futilités et tu as détruit la place de l’amour. Comment penses-tu te rattraper ? Tu sais que c’est impossible, que tu t’es trop engagée et que le retour n’est plus. Pourtant tu aimerais connaître la vérité, connaître cette vérité qui brisera ton cœur : ton père est un connard. C’est tout. Tu refuses de l’admettre car tu veux en garder une bonne image, tu veux croire qu’il était un homme juste, un bon homme. Pourtant tu sais, tu as vécu à ses côtés et de par sa mort tu as appris à l’admirer. Oh, tu en as pris des coups, des humiliations, des trahisons. Tu en as bavé et pourtant tu as suivi son chemin, tête baissée, sans en demander ton reste. Et aujourd’hui tu doutes. Voilà où tu en es arrivés. Aujourd’hui, alors que tu es enceinte, alors que tu as retrouvé Alvin, alors que ton frère est demandeur de ta douceur : tu laisses le doute t’envahir. C’était tellement plus facile quand il n’y avait que Jeremiah avec toi. Lui seul te comble entièrement, il te suffit puisqu’il est de ton avis. Seulement il est comme toi : brisé par la vie injuste. Personne ne devient foncièrement méchant sans raison. Personne ne redevient totalement gentil sans aide. Tu regardes la pâle silhouette de ton frère et tu ne sais que penser. Il est là, il est revenu, pour toi, sur tes ordres que tu n’as pas posé, sur ta demande que tu n’as pas formulée. Et pourtant il a accouru. Tu devrais prendre exemple de cette simplicité, de cette naïveté, de cette beauté enfantine. Tu as tout perdu à la mort de ton père, tu as cru pouvoir sceller ton cœur pour toujours. Naïve grande mangemorte. Faible jeune femme. Tu le regardes et ton cœur s’adoucit. C’est un mécanisme douloureux, tu n’as pas l’habitude et pourtant tu sens que c’est de la bonne douleur. Pas comme celles des coups de ton feu père, pas comme celles des blessures infligées par ton cher Jeremiah. C’est autre chose, c’est salvateur, réparateur. Un jour, on t’a parlé des remords, on t’a dit qu’un bon mangemort ne devait pas en éprouver. Aujourd’hui, malgré toi, tu en éprouves. Tu ressens le mal que tu as fait, celui que tu n’aurais jamais dû faire. Celui qui a brisé des familles comme la tienne. Et la présence de ton petit frère te fait tellement de bien. Comment a-t-il fait pour vaincre tout cela ? Pour rester après toutes ces souffrances, toutes ces douleurs ? Comment a-t-il pu te faire confiance ? Tu n’aurais jamais de réponses à cela, mais, au fond de toi, tu l’admires. Et peut être qu’un jour tu oseras le lui dire ?

Encore une fois il fait mieux que toi. En plus de rester et en plus de te regarder, il te répond qu’il comprend. Souvent ce genre de mots sonnent faux, juste pour faire plaisir, juste pour que l’autre se taise. On lance des paroles de la sorte pour rassurer l’autre. Et cette fois-ci, tu te sens touchée, il fait l’effort de comprendre, de t’écouter. Tu l’as blessé, tu l’as remis à sa place, avec ta dureté habituelle et pourtant il n’est pas parti en courant, il te n’a pas insulté, il ne t’a pas regardé avec un regard noir. Il a juste compris. Quel ange sur terre. Comment as-tu osé le rabaisser, le terroriser, l’envoyer en retenue ? Comment as-tu pu l’humilier, le critiquer, le huer ? Tu ne comprends que maintenant la place qu’il a dans ta vie, le rôle qu’il doit avoir à jouer. Puis, après t’avoir compris, il prend des nouvelles. Il s’inquiète, il se rassure, il te rassure. Toujours avec douceur et simplicité. Il n’en fait pas des tonnes, il te montre sa présence. C’est nouveau pour toi, bien trop nouveau. Bien trop humain. Tu es touchée. « Pourquoi je ne me soucierais pas de toi ? Tu es la seule famille qu'il me reste avec maman, et tu sais comment elle est... Enfin... » Tu baisses les yeux. Oui, tu es sa seule famille, il est aussi perdu que toi. Tu l’as haï car il en avait une, car il était choyé et aimé. En réalité il était encore moins chanceux que toi. Tu avais connu ton père toi au moins. Tu avais été élevée par tes deux parents, au moins jusqu’à tes sept ans. Tu continues de fixer tes mains, tu n’oses rien dire, car tu viens juste de comprendre. Comment as-tu pu être aveuglée de la sorte ? « Parce que, moi, je ne me suis pas souciée de toi. » lâches-tu dans un murmure. La vérité te brûle les lèvres. Et pourtant un poids se dégage de ton cœur, tu te sens plus légère. Tu avoues ta faiblesse, tu reconnais tes torts. C’est le début d’un chemin de pardon sur lequel tu t’engages, un chemin que Raphaël lui a bien emprunté. Il est bien loin devant toi. Encore une fois. « Mais pourquoi tu es là alors ? Tu n'es quand même pas enceinte ? Tu imagines l'horreur ? Un être mi-toi mi-Jeremiah. » Il rit et tu blanchis. Cette réaction te trahit, mais c’est plus fort que toi, tu n’as pas le cœur à rire, tu voudrais t’envoler, comme son rire clair, tu aimerais voler de tes propres ailes avec lui, mais tu es trop accrochée à la terre. Alors sans comprendre pourquoi, sans trop savoir ce que tu fais, tu ouvres ton manteau. Tu dévoiles ton ventre, tes rondeurs. Tu avais chaud, trop chaud. Mais cette chaleur te garantissait la sûreté, le secret. Et là, devant le rire saint de l’enfant tu te laisses aller. « Si malheureusement si. » laisses-tu échapper, en un souffle rauque. Ta voix se perd dans ta gorge et ta main caresse ton ventre. Tu n’oses regarder ton frère dans les yeux, tu n’oses lui dire la vérité. Pourtant il le faut. « Je n’ai pas peur de ce que je suis, je n’ai pas honte, c’est juste que je ne veux pas de lui. » Tu exprimes ton dégoût pour l’enfant à naître. Pourtant tu l’as gardé, pourquoi ? Tu aurais très bien pu le tuer, tu aurais très bien pu t’en débarrasser. Tu as des relations et de l’argent, mais tu n’as pas eu le courage de faire cet énième meurtre. C’est étrange comment la vie se passe parfois. Comment un petit rien pour changer tout un homme. Et ce bébé va te changer, c’est certain, tu n’es juste pas encore prête à l’admettre. Les paroles que tu as dites à ton frère, tu les regrettes, mais c’est la première personne au courant et tu n’as pas su te retenir. Tu n’as pas pu t’expliquer.

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+ i'm addicted to you
La haine, le mépris, les blessures physiques et mentales, la passion, le rejet, la jalousie. oui, nous sommes passés par tout cela ... que nous réserve alors l'avenir ?© caius
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