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 ANDROU + That's why i smile

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MessageSujet: ANDROU + That's why i smile   Jeu 23 Oct - 7:25

you make me smile
lou & andréa



« Rha cette Swann. » Soupire le né-moldu en se tapant le ffront du revers de la main. Personne ne l’attendait, Icare et Wendy dormaient à poings fermés puisqu’ils ne sont pas venus les accueillir. Tout le monde dormait à poing fermé dans cette baraque d’ailleurs. Personne n’était dans les couloirs. Andréa se coucha de mauvaise humeur et ragea dans son lit. Swann avait réussi son coup, elle n’avait eu qu’une envie c’était l’embêter et l’empêcher de passer du bon temps avant de reprendre le boulot. Il la haïssait en cet instant, mais il se haïssait lui-même. Il avait encore tellement de choses à dire à Lou, elle lui avait posé des questions qui s’étaient gravé dans son esprit et il voulait lui répondre. Il en mourrait d’envie. Il voulait y répondre tout de suite, mais déjà le jour se levait et la demoiselle avait besoin de sommeil. Il se retourna dans son lit incapable de trouver le sommeil. Le jour le surprit dans la même position, les yeux toujours ouverts.

Pendant deux jours il travailla sans relâche. Les phénix avaient toujours besoin de son avis et son temps libre il le passait dans le restaurant où il travaillait à faire la plonge. Il n’avait plus le droit de s’absentait sinon il perdrait son travail. Il en pouvait plus. Et le soir lorsqu’il se couchait ses rêves étaient peuplés de cauchemar. C’était tantôt cette guerre qui lui enlevait Icare, puis c’était Lou qui mourrait dans un bain de sang à ses pieds, puis c’était Swann qui tuait Lou, puis c’était le Seigneur des Ténèbres qui le coupait en deux. Toujours des rêves à cause de cette guerre, toujours la même issue : la mort. Il se retournait et se réveillait en sueur. Et quand c’étaient des inconnus qui mourraient, ils étaient toujours roux. Bientôt Andréa sût qu’il ne pourrait plus dormir avant de devenir fou. Les journées devenaient de plus en plus longues. Ses cernes étaient de plus en plus marqués. Une fois il avait réussi à s’échapper quelques heures … et il n’avait pas réussi à retrouver le bar dans lequel la demoiselle travaillait, pourtant il avait refait toutes les rues, mais non. Un autre jour, il avait volé un balai et était allé l’attendre dans le parc, mais elle ne s’était pas montrée. Chaque fois qu’il avait l’occasion de sortir pour aller au boulot ou en revenir, il cherchait dans la rue la corps de la demoiselle. Une fois il l’avait attrapé par les épaules et d’un grand sourire l’avait retourné. Ce n’était pas elle. Il s’était mordu la lèvre  de rage et le sang avait coulé dans sa bouche. Il ne savait plus quoi faire. Il lui avait dit qu’il allait la recontacter mais il n’avait aucun moyen de la joindre.

Enfin, un jour, il jeta ses couvertures à ses pieds et quitta silencieusement la baraque. Tout était sombre et silencieux. Dans une salle, deux phénix travaillaient encore, il étouffa un bâillement et attrapa un des balais dans le local avant de s’enfuir. L’air frais de Londres finit de le réveiller et il vagabonda dans les rues. L’heure était similaire à celle de leur ancien rendez-vous, ce n’était pas conscient. Elle ne serait jamais réveillée. Il s’approcha de l’endroit où il l’avait déposée en balai, la première fois, mais il avait déjà écumé tous les noms des boîtes aux lettres alentours et nulle trace de « Lou Stanhope » Elle avait dû avoir peur de lui, peut être qu’elle le fuyait. Il ragea et frappa du pied contre le sol. Il se fit tellement mal qu’il hurla. Un bruit suspect se fit entendre sur la droite alors il enfourcha le balai et s’éloigna le plus rapidement possible. Il avait peur de tout maintenant, il angoissait à l’idée qu’il lui était arrivé quelque chose. Trois heures plus tard, il retourna dans la cachette des phénix et se faufila sous ses couvertures. Ses recherches ne menaient à rien, cela faisait deux semaines qu’il n’arrivait pas à la voir. Elle allait finir par le haïr si ce n’était pas déjà fait.

Un matin, au lieu de tourner à droite dans la rue pour rentrer directement du boulot, il tourna à gauche pour faire un détour. Il espérait toujours croiser Lou à chaque virage, mais ce matin il n’y croyait plus trop. Il avait ressenti comme un signe du destin qui lui disait qu’il fallait qu’il cesse, que c’était mort pour eux deux. C’est pourquoi il lui fallut quinze bonnes secondes pour remarquer la fille qui arrivait en face. La rousse, soucieuse, qui lisait un journal en marchant. Ses yeux s’écarquillèrent, son cœur battit plus vite dans sa poitrine, son pas s’accéléra ; un élan de bonheur fondit dans sa poitrine. « Lou, Merlin merci. Enfin. Je suis désolée, non ne parle pas, ne me frappe pas s’il te plaît écoute moi. J’ai tellement de choses à te dire. Tellement de choses à me faire pardonner. Ne m’en veux pas, écoute-moi. » Il avait le souffle court, puisqu’il avait couru avant de se lancer dans une tirade. Il lui tenait le bras, mais il la lâcha vite. Elle semblait gênée ou dégoutée. Lui était beaucoup trop heureux pour se rendre compte de sa gêne. Elle était enfin devant lui, il l’avait cherchée pendant si longtemps qu’il croyait rêver. La croiser, au détour d’une rue, en plein Londres, non, ça n’arrive que dans les films, ce n’est pas la vraie vie. Il se pinça et une grimace fulgurante de douleur traversa son faciès. Très vite remplacée par un grand sourire. Il était si heureux. Il inspira profondément. « Je suis désolé, cent mille fois désolé. Je t’ai abandonné comme ça, pendant une éternité, mais je te jure que je te cherche depuis deux semaines. Je n’ai pas retrouvé ton bar, je n’ai pas trouvé ton appart. J’écume les rues dès que j’ai le temps, je suis allé deux fois au parc. Je te promets que j’ai essayé de rentrer en contact avec toi plus tôt, mais j’ai pas réussi. Ce n’était pas de l’abandon, je te promets, je ne suis pas comme ça. » Il essayait de se justifier, mais rien ne pourrait faire avaler la pilule à Lou, elle devait être furieuse. Il se mordit la lèvre et se passa une main dans les cheveux, pas pour les recoiffer, mais plutôt à cause d’un tic nerveux. Il ne savait pas quoi faire de son corps, c’était limite s’il ne dansait pas d’un pied sur l’autre. Il se força à inspirer de nouveau profondément et à se calmer. Il n’avait plus quatorze ans, ce n’était plus un gamin gêné devant l’amour de sa vie. Il se devait d’agir comme un homme. « Oui je veux me battre, j’ai peur de ce que cela signifie, je vous vois tous morts durant mes nuits, mais pourtant je veux me battre. Je sais ce que cela veut dire et je veux récupérer mes droits, je veux que la justice explose. Je ne veux pas que les opprimés se taisent de nouveau, je ne veux pas que nous vivions dans cette peur sans lendemain, je ne veux plus me taire et me cacher. Je veux vivre et ce que je fais depuis que j’ai quatorze ans c’est survivre. Ça ne suffit plus. » Il s’était mis à parler à et répondre aux questions que la demoiselle lui avait posé deux semaines avant, il voulait lui donner une réponse, lui dire ce qu’il pensait, lui dire ce qu’il croyait être juste, il voulait qu’elle partage avec lui ses peurs et ses doutes, il voulait qu’ensemble ils les vainquent. « Oui, on a atteint un point de non-retour, mais je ne veux plus vivre dans le passé, je ne veux pas rêver du futur, je veux faire bouger le présent. Et c’est ce qu’ils font, ce qu’il va se passer. Ensemble nous allons y arriver, et je t’en prie, sois avec nous. Tu n’as rien à perdre et tout à gagner Lou. » Ses yeux se faisaient suppliant, il ne la voulait pas forcément dans les Phénix, il ne voulait pas qu’elle laisse sa peau sur le champ de bataille, non, il la voulait à ses côtés, il voulait qu’elle soit avec lui. Il était toujours gêné, un peu éloigné d’elle, comme pour ne pas lui faire peur. « Lou, je n’ai presque pas dormi depuis la dernière fois, parce que je me sentais coupable de t’avoir abandonné, mais je ne veux pas le faire. Je te protéger, te soutenir. Je ne suis pas un ami de passage dans ta vie, je te le promets. Lou. Je t’en supplie. » Il crevait d’amour pour elle, il le ressentait dans chacune des pores de sa peau, mais il n’osait le dire clairement. Il n’osait lui montrer ce qu’il ressentait. Il releva les yeux et leur regard se croisa pour la première fois de l’altercation. Et le temps se suspendit pendant cet instant. Rien ne vint le briser si ce n’est un souffle de vent qui remua légèrement les cheveux de la demoiselle. « Waouh, t’es vraiment belle. » Les mots se formèrent dans le cerveau du jeune homme, ils traversèrent sa gorge, tout cela au ralenti et pourtant il ne put les arrêter. Ce n’est qu’une fois hors de son gosier qu’il se rendit compte. « Merde c’est moi qui ait dit ça, euh, oublie. Je te drague pas, j’te jure. Je. Euh. Salut, ça va ? » Merde.
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c'est la guerre, personne n'est prêt, mais c'est parti. on doit donner nos vies pour nos frères, pour nos familles, pour les vivants, pour ceux qui méritent de vivre. northern lights


Dernière édition par Andréa A. Aschton le Jeu 13 Nov - 10:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Dim 2 Nov - 11:02





Il y a le bruissement de tes ailes
et les grands souffles qui nous appellent
à la longue.
Toujours des fleuves qui me remontent
et des vomissures qui me comptent
parmi elles.

la chose là *out*


Les yeux rivés sur le ciel, elle l’avait regardé s’éloigner comme s’éloigne un bateau sur la mer, voguant entre les mirages et les désillusions. Tel un oiseau, il avait pris son envol. Décollé pour fuir, albatros de la nuit. Les pupilles dilatées par la pénombre, elle l’avait regardé disparaitre à travers l’horizon bétonné. Elle n’avait pas bougé. Pendant de longues minutes son corps avait semblé être irrémédiablement aimanté par cet endroit. Et puis, elle s’était faite une raison. Elle n’avait plus la force de se battre, plus la force de se tenir debout seule face à ce monde, face à cette guerre. Depuis quelques temps, elle n’était tout simple plus rien. Une sorte de carcasse vide errant entre les buildings dans l’attente d’une fin prochaine. Un animal à l’agonie. Doucement, un soupire franchit la barrière que ses lèvres rosées formaient et elle détourna les yeux pour balayer les alentours. Tout était vide, si vide… Soudainement en proie à la froideur nocturne, elle croisa ses fins bras sur sa poitrine et se mit à trembler. Elle avait les nerfs à vif, horriblement à vif. En à peine un mois, elle était devenue tout ce qu’elle avait détesté durant sa courte vie. Une lâche. Une incapable juste bonne à pleurer sur son sort. En un rien de temps, ses valeurs avaient été balayées, piétinées, brûlées, déchirées, ne lui laissant que des morceaux de partition illisibles. Elle touchait le fond. Et pire encore, comme si cela ne suffisait pas, elle creusait encore. Elle creusait sa tombe pour amortir ses nombreuses chutes, pour la récupérer dans ce genre de situation, pour la récupérer le jour où on décidait de la jeter, de l’oublier. De l’abandonner. Une nouvelle fois. Elle fit vivement volte-face en sentant ses larmes remonter. Méritait-elle son sort ? Qui était-elle au final ? Secouée, elle se mit à courir à vivre allure vers son appartement. Elle n’était personne. Elle n’était plus personne.
Un simple corps de passage.


***


All the little pieces falling, shatter…


La tempe posée contre le mur délabré de son appartement, la jeune rousse regardait la porte entre ouverte de son habitat. Elle était rentrée chez elle à tâtons avant de s’écrouler dans un coin pour ne plus y bouger. Recroquevillée sur elle-même, la respiration difficile, elle ne pouvait déverrouiller son regard de cette porte entre ouverte. Aucune émotion ne se peignait sur son visage, aucun ressenti. On ne pouvait qu’apercevoir les stries salées sur ses joues, marques d’une bataille intérieure dévastatrice. Lou ne ressentait plus rien à part cet immense vide qui la consumait. Ni la douleur d’un jeun prolongé, ni la douleur de son ossature ankylosée, ni même celle de ses articulations. Elle percevait à peine le grondement de son ventre affrontant le silence, la sécheresse de sa langue, de ses yeux. Elle n’entendait que ce silence rythmé par les battements réguliers de son cœur tapant dans sa poitrine. Ces battements qui lui rappelaient qu’elle était encore en vie. Elle n’était plus que ça : un corps fait de chair et d’os nourrit par un cœur faisant circuler son sang, dirigé par une matière grise. Depuis combien de temps était-elle comme ça ? Une heure ? Cinq heures ? Un jour ? Deux peut être ? Cinq ? La jeune femme sentait ses lèvres scellées par un fin film de salive séchée. Elle avait complétement perdu la notion du temps.


All the little pieces falling, shatter
Shards of me too sharp to put back together


A quoi tu joues Lou ? La jeune femme sursauta et grimaça sous la violente douleur que ce geste déclencha en elle. Instinctivement, elle chercha du regard la source de cette nuisance sonore. Rien. Son appartement était tout ce qu’il y avait de plus vide. Alors qu’elle était sur le point de retourner dans sa torpeur, un grognement se fit entendre. Son cœur s’accéléra difficilement tandis que ses yeux clairs cherchaient l’invisible. Rien. Il fallut un second grognement pour que la jeune Anglaise comprenne que ce bruit provenait de son ventre affamé et mécontent. Elle reposa lentement sa tempe contre le mur froid et fit abstraction de son estomac révolté. Lui avait peut-être faim mais ce n’était pas son cas à elle. Son teint cadavérique, sa fatigue, son état et son haleine acétonique pouvaient en témoigner. N’importe quel imbécile aurait pu remarquer que cette femme était en train de tout abandonner. Tout.


All the little pieces falling, shatter
Shards of me too sharp to put back together
Too small to matter


A quoi tu joues Lou ? La jeune rousse sursauta une seconde fois avant de scruter les lieux. Elle ne dit rien, elle n’en avait pas la force. Lou se contenta de se redresser avec prudence et difficultés. Tu vois bien qu’il n’y a personne. Elle tourna la tête à droite puis à gauche dans l’espoir d’apercevoir ne serait-ce qu’un fragment de vie humaine. Mais il n’y avait rien. Ne sois pas si stupide. Si stupide ? Tu ne trouveras personne dans ton appartement, je suis dans ta tête. Lou eut un haut le cœur avant de ramper quelques centimètres sur le côté pour vérifier que personne n’avait eu la merveilleuse idée de se cacher derrière elle. Comme elle le craignait, elle était belle et bien seule. Regarde-toi… A quoi tu joues bon sang ?! A rien. Elle ne jouait à rien. Perturbée, la demoiselle marmonna de manière incompréhensible. Si je suis là c’est que tu as besoin de moi. Certainement pas. Elle n’avait besoin de personne. Per-sonne ! Arrête tes conneries Lou. De toute manière tu n’as pas le choix, je ne partirais pas. Ou sinon il va falloir que tu reprennes tes cachets mais vu où ils sont, ça m’étonnerait fortement que tu aies le courage de les chercher. Ce n’était pas faut… « Laisse-moi… » Non. « Laisse-moi ! » Continua-t-elle avec toutes les peines du monde. Non. « VAS T-EN ! » Elle avait hurlé tellement fort que l’air lui déchira les poumons et la força à tousser ses alvéoles. Certainement pas. Les larmes montèrent aux yeux de la demoiselle tandis que ses mains agrippaient sa tête douloureuse. « Vas-t-en, vas-t-en, vas-t-en, … » Elle répétait, martelait ces paroles d’une voix rauque tel le refrain d’un disque rayé, dans une cacophonie mentale.

Silence. C’est bon ? T’es calmée ? La jolie rousse était allongée sur le sol enfermée sur elle-même. Elle acquiesça, doucement. Bien. T’es coriace dis-donc. Elle resta de marbre face à cette remarque. « Qu’est-ce que tu veux ? » prononça-t-elle faiblement. Que tu vives. Elle aurait souri, avant. Mais elle ne savait plus comment faire. Les sourires avaient un goût amer, du café froid mélangé dans de l’eau stagnante. Lève-toi. Elle négativa de la tête et la voix s’intensifia dans son crâne l’obligeant à se relever. Elle capitula. Avec difficultés, Lou parvint tout juste à se mettre debout sur ses deux jambes avant de retourner à son niveau initial, sur le sol. Recommence. Elle ne voulait pas. Elle voulait simplement qu’on la laisse tranquille une bonne fois pour toute. Bon sang Lou, tu vas m’écouter bordel ! Tu vas lever ton cul tout de suite ! Tu penses que Liam serait fier de toi ? Son cœur se serra avec une force monstrueuse. « Ferme là… » Non. La vie t’attend dehors Lou. Des gens tiennent à toi, tu voudrais qu’ils vivent la même chose que tu es en train de vivre ? Comment as-tu fait pour tes parents ? Comment ?! Tu t’es relevé et tu le feras encore cette fois-ci ! Bats-toi ! Sois celle que tu as toujours voulu être et celle que tu as toujours été ! Tu vas te lever oui ?!


***


Lou avait abdiqué. Cette voix était bien trop forte pour elle et surtout bien trop agaçante. La jeune rousse avait fini par se lever, non sans mal, et écouter à la lettre ce que son propre cerveau lui disait. Elle avait bu, avait pris une douche. Elle avait mangé, pas tout de suite, mais elle avait fini par avaler quelque chose. Petit à petit, elle réapprenait à vivre, à survivre. Du moins, elle maintenait sa tête hors de l’eau ce qui n’était déjà pas si mal. Au cours de sa lente remontée vers la surface, un prénom s’était imposé à elle. Trois syllabes d’une douceur tranchante. Petit à petit, elle se souvenait. Elle se souvenait de lui à Poudlard, elle se souvenait de lui lors qu’ils furent renvoyés. Elle se souvenait de lui dans ce parc, de cette sensation qu’elle avait ressentie, de ces contacts imprévus entre leurs mains, de sa voix, de ses yeux. De ces papillons qu’elle avait sentis dans son ventre. Et puis… D’elle. De leurs regards, de ses paroles, de leurs sourires. Elle ne savait pas exactement ce qu’il y avait entre ces deux personnes mais une chose était certaine, ce n’était pas qu’une simple amitié et elle n’était pas une briseuse de couples. Elle se sentait surtout manipulée et trahie, oui ! Cet homme n’était qu’un beau parleur parmi tant d’autres. Lou nourrit une rancœur contre Andréa qui lui permit de se détacher peu à peu de Liam. On se reverra avait-il dit. Mais bien sûr ! Foutaises ! Les deux semaines qui passèrent prouvèrent à Lou qu’elle ne se trompait pas sur le compte d’Andréa. Il faut que tu sortes… Voilà une chose dont elle n’avait pas du tout envie. Va prendre l’air, aère-toi la tête. Et va changer tes médicaments, ils ne font plus effets. Je suis encore là. Ce n’était pas faux. Avec une lenteur déconcertante, elle alla se préparer, encore affaiblie. Sans vraiment savoir comment, Lou se retrouva dans une cabine téléphonique. Machinalement, elle composa le numéro des renseignements gravé devant elle et finit par obtenir plusieurs numéros qu’elle nota sur un morceau de journal oublié dans la cabine avant de reprendre le chemin du retour.

« Lou, Merlin merci. » La jeune femme stoppa net son avancée et releva le menton, inquiète. Était-ce encore cette voix dans sa tête ou… Lou comprit bien vite que la source sonore ne venait pas de sa tête en voyant une tête familière. « Enfin. Je suis désolée, non ne parle pas, ne me frappe pas s’il te plaît écoute moi. J’ai tellement de choses à te dire. Tellement de choses à me faire pardonner. Ne m’en veux pas, écoute-moi. » Elle sentit une main se resserrer sur son bras mais elle n’eut pas la force de se libérer. Sa main gauche tenait fermement sa boite de médicaments vides ainsi que le journal chiffonné. « Je suis désolé, cent mille fois désolé. Je t’ai abandonné comme ça, pendant une éternité, mais je te jure que je te cherche depuis deux semaines. Je n’ai pas retrouvé ton bar, je n’ai pas trouvé ton appart. J’écume les rues dès que j’ai le temps, je suis allé deux fois au parc. Je te promets que j’ai essayé de rentrer en contact avec toi plus tôt, mais j’ai pas réussi. Ce n’était pas de l’abandon, je te promets, je ne suis pas comme ça. » Elle n’y croyait pas. Elle n’avait pas la force de le croire. Et puis de toute manière, tout ceci n’était qu’un tissu de mensonges. Il semblait nerveux… Peut-être parce qu’il redoutait la réaction de la blonde lorsqu’elle apprendrait qu’il batifolait encore à droite et à gauche ? « Oui je veux me battre, j’ai peur de ce que cela signifie, je vous vois tous morts durant mes nuits, mais pourtant je veux me battre. Je sais ce que cela veut dire et je veux récupérer mes droits, je veux que la justice explose. Je ne veux pas que les opprimés se taisent de nouveau, je ne veux pas que nous vivions dans cette peur sans lendemain, je ne veux plus me taire et me cacher. Je veux vivre et ce que je fais depuis que j’ai quatorze ans c’est survivre. Ça ne suffit plus. » Elle ne comprenait pas ce qu’il disait mais la voix dans sa tête l’aida à comprendre. Lou voulut répondre mais Andréa ne lui laissa pas le temps d’en plaquer un. Il enchaina : « Oui, on a atteint un point de non-retour, mais je ne veux plus vivre dans le passé, je ne veux pas rêver du futur, je veux faire bouger le présent. Et c’est ce qu’ils font, ce qu’il va se passer. Ensemble nous allons y arriver, et je t’en prie, sois avec nous. Tu n’as rien à perdre et tout à gagner Lou. » Ensemble ? Il n’y avait pas d’ensemble qui pouvait tenir. Il en était hors de question. Elle était loin d’être prête. Surtout maintenant. Surtout avec ces fissures qu’elle tentait en vain de recoller. « Lou, je n’ai presque pas dormi depuis la dernière fois, parce que je me sentais coupable de t’avoir abandonné, mais je ne veux pas le faire. Je te protéger, te soutenir. Je ne suis pas un ami de passage dans ta vie, je te le promets. Lou. Je t’en supplie. » Foutaises. Elle détourna les yeux et ses doigts se resserrent sur le journal. Elle ne dit rien. Elle n’avait rien à dire. Surtout pas à lui. Et comme prévu, le silence s’installa entre leurs deux corps. Dérangeant. Elle sentit le vent jouer avec ses cheveux, entendit les passants au loin s’agiter. « Waouh, t’es vraiment belle. » Pardon ? La jeune rousse planta son regard dans celui du jeune homme. « Merde c’est moi qui ait dit ça, euh, oublie. Je te drague pas, j’te jure. Je. Euh. Salut, ça va ? »

La rousse resta bouche-bée devant lui quelque seconde avant que, sans prévenir, sa main libre vienne s’écraser avec violence contre sa joue. La claque raisonna et attira le regard de quelques passants. Elle sentit rapidement une intense chaleur envahir sa main suivie d’une douleur et de picotements. Ce geste était mérité. Il ne l’avait pas volé. « Tu te moques de moi ?! A quoi tu joues ? » La rage montait peu à peu dans le corps de la demoiselle, écrasant sa faiblesse et amplifiant sa peine. Elle était furieuse… Furieuse de le revoir, furieuse qu’il ose se comporter de la sorte avec elle. Tout devenait clair dans son esprit et l’adrénaline dans ses veines ranima son corps. Comme une tornade. « Tu débarques à mon travail, tu me fais traverser la moitié de la ville à pieds, la nuit pour te retrouver dans un parc. Tu me plantes dans une ruelle, tu disparais pendant des semaines et tu OSES te repointer avec la bouche en cœur ?! » Ses traits se crispèrent, déformés par la colère. Ça n’allait pas se passer comme ça. Surtout pas en ce moment avec son cœur brisé, sa douleur, sa peine, sa rage et son instabilité mentale. « Tu crois vraiment que je suis aussi stupide pour ne pas voir ton petit manège ? » Lou était essoufflée par cet énervement soudain. Ses nerfs prenaient encore un malin plaisir à mettre la zizanie dans son cerveau. « Ecoute, je m’en contre fiche de ce que vous comptez faire. Tu veux te sacrifier ? Très bien, sacrifie-toi. Mais laisse-moi en dehors de vos histoires, comme ça a toujours été le cas. » T’y vas peut être un peu fort là… « Non ! » Calme toi… « Tais toi ! » Elle reprit : «  J’ai vu assez de morts, assez de personnes que j’aimais mourir pour sauver le monde. Des dizaines d’innocents meurent ou sont torturées. Que feras-tu quand elle sera tuée ?! » La jeune femme s’arrêta quelque secondes pour reprendre son souffle. Ses mains étaient tellement crispées que ses jointures en devenaient blanches et elle sentait son cœur battre jusqu’au bout de ses doigts. Elle, elle le savait. Elle savait ce que ça faisait de perdre la personne qu’on aime. Personne ne pouvait imaginer cette peine sans l’avoir vécue. Pourquoi l’avait-elle mentionné déjà ? Pourquoi… Pourquoi éprouvait-elle cette gêne, ce malaise à l’évocation de cette femme ? Lentement, la tension retomba. « Pourquoi es-tu revenu Andréa ?... » Elle posa ses yeux sur son visage quelques secondes. Quelques secondes de trop. Elle finit par détourner les yeux. « Tu n’as rien à faire là. Rentre chez toi… Tu as d’autres personnes à t’occuper. » Du genre ta blondasse ! Lou se décala sur le côté pour le contourner, sans le regarder, le dépassa et se remit en marche pour rentrer chez elle, le cœur serré, sans jeter le moindre regard derrière elle.


Spoiler:
 

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Dernière édition par Lou J. Stanhope le Ven 7 Nov - 4:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Lun 3 Nov - 11:54

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C’était incroyable cette sensation au creux de son estomac. Ce sentiment que tout aurait dû être parfait et que pourtant … rien ne l’était. Comme s’il y avait une force qui l’empêchait de se réjouir totalement. Comme si cette force provenait du visage de Lou. Qui avait l’air si fatiguée et pourtant qui était si belle. Elle rayonnait dans le cœur du jeune homme, elle rayonnait sur la place. Oui, l’amour rendait aveugle, c’était un dicton qu’il connaissait bien, mais tout le monde devait bien admettre que Lou était réellement une pure bombe. Andréa souriait, tantôt heureux, tantôt gêné, mais ce sentiment dégoulinant s’étalait sur ses lèvres. Il l’avait retrouvée, il l’avait enfin retrouvée ! Pourtant il était si gêné, par son regard qui n’avait pas l’éclat de celui qu’il avait rencontré dans ce parc. Cette flamme paraissait éteinte. Son corps même paraissait éteint. Elle semblait molle, inerte.

Soudain elle se réveilla. C’était violent et la joue du jeune homme prit une teinte rougeâtre, mais au moins elle avait quitté sa torpeur. Lou n’avait jamais été docile, c’était ce qui lui avait plu en premier. Douce comme un agneau et forte comme un lion. Elle était forte, battante, douée. Elle n’était pas cette enfant peureuse qui se terrait dans un coin de la rue, qui évitait le soleil, qui ne parlait pas. Elle était celle qui hurlait. « Tu te moques de moi ?! A quoi tu joues ? » Mais pas celle qui remettait Andréa à sa place. Il se sentait déjà terriblement coupable, il n’avait pas besoin qu’elle en rajoute une couche. Seulement il était si loin de se rendre compte de ce qu’il lui avait causé, si loin de comprendre tout le mal qu’il avait pu faire. Il avait été un autre élément déclencheur du malheur. Il baissa les yeux. Lui qui était d’ordinaire fier, quitta sa posture de leader. Comme face à une mère qui le gronde.  « Tu débarques à mon travail, tu me fais traverser la moitié de la ville à pieds, la nuit pour te retrouver dans un parc. Tu me plantes dans une ruelle, tu disparais pendant des semaines et tu OSES te repointer avec la bouche en cœur ?! » Deux semaines, juste deux semaines. Il n’avait pas voulu. Il ne voulait pas. Il voulait lui dire que c’était son cœur et uniquement son cœur qui l’avait guidé. Il voulait la prendre dans ses bras. Il voulait lui montrer son amour. Il voulait qu’elle comprenne. Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle l’arrêta. C’était elle qui parlait maintenant, c’était elle qui le remettait à sa place. Il n’avait pas son mot à dire maintenant. Il avait écoulé ses dernières chances pour se justifier. « Tu crois vraiment que je suis aussi stupide pour ne pas voir ton petit manège ? » Cette fois-ci il fronça les sourcils. Son petit manège ? Mais pour qui le prenait-elle ? Pour un goujat de première ? Si seulement elle avait su, si seulement elle connaissait les rumeurs. Andréa était tout sauf un coureur de jupon. Il n’avait connu que très peu de fille et en était fier. Il n’aimait pas particulièrement les relations sans but et puis, il y avait eu une fille dans son esprit pendant presque dix ans, c’était difficile de penser à quelqu’un d’autre en même temps. Mais il ne pouvait pas le lui dire. Il allait passer pour un fou, un psychopathe. Elle allait avoir peur. De toute manière elle ne le laissait pas parler. « Ecoute, je m’en contre fiche de ce que vous comptez faire. Tu veux te sacrifier ? Très bien, sacrifie-toi. » Un coup de couteau dans le cœur qu’elle faisait valser. Elle ne semblait ni s’en amuser, ni s’en rendre compte. Pourtant chaque phrase frappait le cœur du brun avec force. Lou, pardonne-moi lui criait ses yeux. « Tais toi ! » Il haussa les épaules, il n’avait rien dit. Il aurait tellement voulu dire quelque chose, mais elle ne lui laissait pas le choix. Peut être qu’elle l’engueulait encore une fois parce qu’il avait osé ouvrit la bouche pour se faire pardonner. Bon sang Lou !

Seulement la rousse semblait déterminée à ne pas s’arrêter. Elle voulait encore lui cracher d’autres horreurs à la figure. Elle voulait le haïr avec encore plus de force. «  J’ai vu assez de morts, assez de personnes que j’aimais mourir pour sauver le monde. Des dizaines d’innocents meurent ou sont torturées. » Des images encore plus horribles, des pensées encore plus atroces. Elle savait de quoi elle parlait et cela terrifiait le jeune homme. Qui avait-elle vu mort pour en arriver à ces extrémités-là ? Il ne voulait pas le savoir, il avait peur de poser la question, peur de rouvrir des blessures. Il avait déjà fait suffisamment de mal. Et il se rendait compte qu’il n’avait pas du tout eu la même vie que la rousse. Il se sentait tellement coupable. «  Que feras-tu quand elle sera tuée ?! » Là il tiqua un court instant, en se demandant qui était ce elle. C’était Lou le seul ‘elle’ de sa vie. Enfin certes Swann et Wendy comptaient, certes il les aimait, mais il ne donnerait peut être pas sa vie pour elles comme pour Lou avait autant de facilité. Puis il pensa à autre chose, son esprit lui avait joué un tour en pensant qu’elle avait appuyé sur le pronom personnel exprès. « Pourquoi es-tu revenu Andréa ?... » Pour toi avait-il envie de crier. Son cœur le cria sûrement d’ailleurs parce qu’un frisson lui parcourut l’échine alors qu’il ne faisait que le penser. Comment pouvait-il lui expliquer cela ? Comment pouvait-elle le comprendre ? Il n’oserait jamais le lui dire. « Tu n’as rien à faire là. Rentre chez toi… Tu as d’autres personnes à t’occuper. »  C’était à son tour de rester bouche-bée. Elle partait comme ça. Etait-ce typiquement féminin ? Le désir de se faire courir après ? Sûrement.

Andréa lui courut après. Il se plaça devant elle. Il fit bien attention à ne pas la toucher, il avait bien vu sa première réaction, il ne referait pas la même bêtise. Seulement il n’avait rien à lui dire après ça. « Je… Lou pardon. Oui c’est tout ce que je peux te dire. Pardon. Je peux aussi te parler de moi pour que tu me comprennes mieux. Je ne suis pas un coureur de jupon, tu n’es pas une fille sur mon tableau de chasse, tu as bien vu que je suis nul pour draguer ou pour faire quoique ce soit. Je dis juste ce que je pense, ce qu’il se forme dans mon esprit. Je ne sais pas où tu as appris à douter de moi. Tu ne me connais pas, c’est vrai. On a été séparé à tes quinze ans et tu ne m’as plus jamais revu. Tu penses peut être que je suis un connard fini, mais sincèrement Lou, est-ce que je t’aurais couru après si j’avais juste eu envie de me vider les bourses ? Regarde-toi, tu es pâle et fatiguée, et pourtant je te trouve magnifique, sincèrement. Pendant un instant j’ai cru que tu avais perdu la lueur de ton regard combattant. Et puis je l’ai retrouvé quand tu m’as giflée. Tu es une battante Lou et je reconnais mériter cette gifle, mais tu ne te laisses pas abattre. Comment je le sais ? Pourquoi je le sais ? Parce que je t’ai observée pendant de nombreuses années. Je t’ai peut être idéalisée, mais quand je t’ai revue tu étais encore plus éclatante que dans mes souvenirs. Encore plus belle. Comment ça se fait que je t’ai reconnue au premier coup d’œil ? A ton avis. On ne s’est pas vus depuis quoi, dix ans ? Et je t’ai tout de suite reconnu. Pourtant tu as changé, je te l’assure. Mais ton regard ne me trompera pas. Ne me trompera jamais.  » Il manquait de tact, il se dévoilait, il était perdu. Il ne pouvait plus s’arrêter, il était sur sa lancée. Il voulait encore lui parler du cri de son cœur, mais normalement elle avait compris. Elle ne pouvait pas passer à côté. Alors il la regarda droit dans les yeux et soudain, il laissa parler son corps. Il abandonna ses défenses, il cessa de se contrôler et de tout penser avec son cerveau. Il arrêta d’être supérieur et rationnel. Il se pencha vers elle.

Il l’embrassa. Les papillons qui nageaient dans son cœur firent un feu d’artifice de joie. Il était heureux, si heureux. C’était bête et niais, il était comme un gamin, como un niño con nuevos zapatos disent les espagnols. Il n’avait pas le mot en français. Il ne pouvait pas l’avoir. Le contact avec les lèvres douces et sincères de la demoiselle lui firent le plus grand bien. Il ne se sentait pas coupable, pas encore. Il avait tant rêvé de se contact, dans tous ses rêves elle finissait dans ses bras. Pas forcément dans son lit, pas forcément à s’embrasser, mais juste heureux, tous les deux, ensemble. Et là il réalisait son rêve. Il se sentait pousser des ailes. Et il sut qu’il ne pourrait plus jamais s’arrêter. Ce n’était pas comme les lèvres de Swann qu’il avait embrassé, ni comme les lèvres d’une autre fille dont il avait oublié le nom. C’était différent. C’est comme si les lèvres de Lou avaient la taille et la forme idéales. Comme si tout était différent avec elle. Il avait toujours su qu’elle était unique, elle était su media naranja, son âme-sœur. Et c’était Lou. Il n’en avait que très peu douté, mais elle n’était pas sûre de l’admettre. Il le fallait pourtant. Andréa avait gardé les yeux fermés et le baiser n’avait pas duré plus de quelques secondes, mais le temps semblait suspendu autour d’eux. Il recula, le regard débordant d’amour, les lèvres encore demandeuses. Il ne pouvait pas lui expliquer plus clairement. Ses sentiments avaient pris le dessus de toute manière, il n’était pas le maître de son destin, ni le capitaine de son âme. Son cœur dirigeait à sa place. Mais pour une fois, il s’en moquait. Il était heureux et tout ce qu’il voulait, c’était rendre Lou heureuse à son tour.
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Dernière édition par Andréa A. Aschton le Jeu 13 Nov - 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Ven 7 Nov - 11:06





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Elle avançait. Elle avançait comme si sa vie en dépendait. Ses pieds se posaient l’un après l’autre solidaires dans la pénombre de son avenir, suivaient le fil invisible de sa vie à la recherche d’un bonheur perdu. Elle était un combattant abandonné en terrain ennemi, vagabondant dans un no man’s land vomissant irrationnellement des corps oubliés. Sa carte était faussée, trouée, brûlée mais peu importait, elle avançait dans ce brouillard asphyxiant. Il le fallait. On lui avait dit Avance, elle avait docilement écouté. Une chasse aux trésors sans trésors, sans vainqueur. L’effluve putride de la géhenne enveloppée d’une monochrome tristesse lui tirait au cœur. L’utopie s’était écroulée, avalée par l’océan d’injustices. Digérée. Au loin, il ne restait que de sombres fragments éparpillés, délavés de toute joie, de tout espoir. Elle les contemplait disparaître à la vitesse du temps pour, bientôt, n’être plus qu’une simple illusion tatouée dans son imaginaire. Son mécanisme ne voulait pourtant pas s’arrêter. Poupée désarticulée, maltraitée par le temps, au visage peint d’arabesques cicatricielles de déboires passés, elle sentait les rouages de sa vie soubresauter dans un crissement teinté de rouille. Il était trop tôt, trop tôt pour que les étoiles s’éteignent. Elle le savait, son heure n’était pas encore arrivée, quoi qu’elle puisse en penser. L’ordre était l’ordre. Un équilibre parfait entre l’éveil d’une âme et l’extinction d’une autre. Tout était contrôlé, protocolé, et c’était certainement ce pour quoi ses engrenages éraflaient encore incurablement les parois de son existence. Alors, machinalement, elle avançait. Elle avançait même si ses pieds s’écorchaient, même si son esprit sombrait dans des eaux troubles, même si les mots égaraient leur sens. Le soldat était blessé. Etranger dans un monde étrange. Un monde qui tournait encore et dans lequel le né-moldu se dressait. Il n’avait rien dit. Elle avait déversé son aversion, sa douleur, sa tristesse avec ardeur, démoli sa propre muraille à la force des mots ; son entité entière s’était fracassée sous la violence d’une énergie qui lui était inconnue et lui… Lui n’avait rien dit. Il avait essuyé la marée, encaissé les coups comme si cela devait arriver, terré dans un silence angoissant. Comme si ce n’était qu’une étape de plus à franchir pour que tout s’arrange. Comme si le vent allait cesser de torturer la cime des arbres. Son être, à elle, était meurtri, lacéré par le vide et la mort, enchainé par ses plus sombres cauchemars teintés de solitude et d’abandon. Son corps n’était qu’une proie. Elle se sentait vulnérable ; elle l’était. Elle se sentait fragile ; elle l’était. L’amertume courrait entre ses papilles tel le vent dans un champ de fleurs fanées. L’instinct de survie avait pris le dessus. Elle avait revêtu un masque, ce costume qui n’était pas elle. Son être entier s’était menti, trahi pour trouver la force et le cran d’être ce qu’elle n’avait jamais été. Elle avait voulu l’atteindre, le heurter, le léser, le blesser comme elle avait été blessée. Egoïstement, elle avait espéré ses propres ténèbres finiraient par l’abandonner. Elle avait voulu être l’incendiaire, l’étincelle qui aurait provoqué l’explosion mais elle n’avait été qu’un grain de sable jeté à la mer.

Le sol se mouva et les contours du jeune homme se dessinèrent devant ses yeux fatigués. Son corps s’immobilisa de justesse avant qu’elle ne heurte ce mur empli de vie et d’espoirs qui menaçait de la briser. Instinctivement, elle voulut sauter de son fil d’Ariane seulement elle sentait le murmure du vide prêt à accueillir sa chute caresser le creux de ses reins. Ses doigts se contractèrent insensiblement sur le journal froissé qu’elle tenait contre elle tandis que le froid mordait leurs semblables. Son cerveau ankylosé livrait de nouveau bataille pour décrypter ce qui se déroulait devant elle et censurer la violence qu’elle n’aurait su combattre. Elle n’était plus qu’une enfant vulnérable que son propre être s’acharnait à protéger. Elle sentait cette gêne lécher son âme face à la réaction de cette personne, face à sa traversée hasardeuse dans sa vie orageuse. Il semblait déterminé, résolu à ne pas la laisser filer entre ses doigts. Il s’excusait. Il s’excusait et Lou ne comprenait pas ce besoin de se faire pardonner. Elle voyait les mots se former au loin sur ce visage qu’elle avait toujours apprécié et elle se sentit soudainement bête. Elle avait tout faux. Tout faux depuis le début et elle ne l’acceptait pas. Alors, elle l’écoutait déverser à son tour ce qui avait muri dans son cœur depuis tant d’années. Maladroits, directs, chargés de sens, ses mots s’échouaient contre la carcasse éteinte de la jeune britannique qui luttait pour ne pas s’écrouler. C’était à son tour d’encaisser les coups, à son tour de se tenir debout alors que les balles traversaient son être. Et pourtant, ce n’était pas comparable. Rien n’était comparable. Elle était un déchet revenu aux sentiments primaires, à la nécessité primitive de manger pour ne pas mourir, de dormir pour reposer le corps et l’esprit. Il était un être vivant débordant de ressentis et dont l’avenir n’était pas si abstrait. Elle se sentait fourmi dans une étendue de sable. Il était une montagne dans un désert. « Comment ça se fait que je t’ai reconnue au premier coup d’œil ? A ton avis. On ne s’est pas vus depuis quoi, dix ans ? Et je t’ai tout de suite reconnue. Pourtant tu as changé, je te l’assure. Mais ton regard ne me trompera pas. Ne me trompera jamais. » Les mots se formaient, se déformaient sous la reptation sentimentale qui s’immisçait en elle. Elle voyait le brouillard se densifier dans son esprit, elle le sentait envelopper ses synapses malades au fur et à mesure que les mots recouvraient leur sens. Ils s’imprimaient dans tout son être, dévalaient l’arborescence veineuse qui parcourait son corps, imprégnaient le moindre tissu, la moindre cellule. Et Lou ne vit rien venir.

Une chaleur particulièrement rassurante embrasa la peau claire de la rousse. Elle ne comprenait pas. La situation refusait de prendre le moindre sens dans l’esprit de la jeune femme. Le sens s’évanouissait dans les airs et voguaient parmi les nuages de son désespoir. Balayés par le vent, ils finissaient par s’échouer un peu plus loin dans un désert. Et lorsque son esprit raccommoda les pièces du puzzle, ses jambes se mirent à chanceler dangereusement. Elle prenait brutalement conscience de la situation. Inconsciemment, sa main libre et glacée se referma délicatement sur le haut du brun. Elle y trouva un appui, un réconfort qu’elle n’avait plus depuis un long moment. Ses doigts paraissaient être capables de supporter le poids de son corps ainsi accrochés. Il semblait capable de la supporter, tout simplement. Le vertige était prenant, déstabilisant, elle le sentait l’envahir par tous les pores de sa peau et lui vomir sa faiblesse dans le cœur. Elle le sentait tenter de l’attirer à terre, en vain. A deux, ils étaient plus forts. Ils l’avaient toujours été. Ses paupières s’étaient fermées, doucement, sous la vague d’émotions qui venait de déferler en elle. Elle sentait cette douceur dérangeante braver ses barrières, elle se sentait envahie, bousculée dans sa zone de confort. Ses murailles fissurées venaient d’être franchies, son être menaçait d’être bouleversé. Elle sentait cette proximité lui arracher des larmes dénuées de signification qui s’évadèrent le long de ses joues froides. Ses nerfs à vifs raccordaient en elle des branchements illogiques, provoquaient en elle des réactions irrationnelles. L’océan de tristesse qu’elle était devenue depuis plusieurs semaines se déversait une nouvelle fois devant sa faiblesse. Et pourtant… Pourtant pour rien au monde elle n’aurait voulu changer cet instant. Pour rien au monde elle n’aurait voulu oublier l’explosion qu’Andréa venait de provoquer dans son si petit corps abattu. Ses lèvres avaient eu l’effet d’une bombe. Elle voyait la douleur et la tristesse tenter de lutter contre la marée d’adrénaline qui se déversait dans ses veines à contre-courant. Elle les voyait combattre, combattre pour mieux mettre un genou à terre. Son cœur s’était remis à battre, amorcé par une chaleur étrangère, par une vie qu’il ne connaissait pas si intimement. Ces quelques secondes avaient eu le goût de l’éternité, d’un instant privilégié suspendu dans cette course infernale. Et le temps reprit. Brusquement, elle desserra son emprise, chamboulée plus que jamais par ce qu’il venait de se passer. Lou se rendit compte à quel point il faisait froid (ou combien elle était déboussolée), son corps se mit à trembler.

Ses lèvres balbutièrent des syllabes, incompréhensibles, pendant qu’elle tentait d’effacer d’un revers de manche les méandres peintes sur ses joues. Malheureusement, son geste étala un peu plus sa douleur sur sa peau. Les mots n’avaient plus de sens, ils paraissaient vides, barbares, grossiers comparés au silence. La demoiselle finit par se taire devant sa soudaine incapacité à construire l’ossature d’une phrase. Elle était en proie à une énième vague d’émotions qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Maladroitement, elle tentait de fuir le regard de cette personne pour qui son cœur battait étrangement, elle tentait de cacher les larmes qui recommençaient à lui brûler les yeux mais elle le sentait se poser sur elle. Elle était terrifiée. Terrifiée par cette situation, terrifiée à l’idée de s’attacher de nouveau, terrifiée à l’idée d’être une nouvelle fois abandonnée à son sort. Le moment était mal choisi pour s’attacher à quelqu’un. Elle chercha sa respiration et tenta de se calmer. L’atmosphère était menaçante, oppressante. Il régnait une amertume perverse à la recherche des faiblesses de ses ennemis. Tapis dans l’ombre, ils attendaient le moment propice pour passer à l’attaque. Ils attendaient la brebis galeuse. Et elle n’avait pas envie de revivre ça une énième fois. Rien que l’évocation de ce dénouement lui donnait l’impression de recevoir un poignard en plein cœur. Alors, elle finit par prendre son courage à deux mains et murmurer : « Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée… » Elle aussi n'était pas très douée pour ce genre de situation. Elle se mentait une nouvelle fois à elle-même. La peur était plus forte, elle l’avait toujours été. Lou ne savait plus quoi dire. Elle était confuse, bouleversée au plus profond d’elle-même et elle sentait cette flamme au fond d’elle tenter de se raviver timidement. « Je… Je suis désolée pour la gifle Andréa… Vraiment. » Mais elle devait avouer que ça lui avait fait un bien fou. Surtout en ce moment. Surtout depuis… Lou se souvint soudainement ce qu’elle tenait dans sa main. Discrètement, elle tenta de le dissimuler du mieux qu’elle put. Elle ne voulait pas de questions, pas d’interrogations sur sa santé dégringolante. Ce n’était pas le moment. Pas le moment de réveiller le volcan qu’elle tentait de contenir. « Je me sens ridicule pour ce que je t’ai dit… mais… mais je ne veux pas qu’il y ait de nouveaux… blessés. » De nouveaux morts plutôt. « Pourquoi tu t’acharnes à courir au suicide ?... Pourquoi tu… » La jeune femme ferma les yeux et s’obligea à ne pas terminer sa phrase. Elle préféra se taire que de dire une quelconque chose qui aurait pu lui valoir de nombreuses questions. Elle ne savait plus quoi dire et elle n’avait surtout pas à lui faire la morale. Elle n’était plus ce qu’elle était, n’était plus la jeune femme combattante et pleine de vie qu’elle avait été. Elle n’allait lui apporter que des ennuis, elle en était certaine, et elle ne voulait pas. Elle était un champ de cendres attendant d’être reconstruit. Elle soupira doucement en attrapant son épaule gauche avec sa main droite comme si cela allait combler le vide qui s’installait à nouveau en elle.


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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Jeu 13 Nov - 10:33

you make me smile
lou & andréa



Il lui aurait parlé toute la nuit s’il l’avait fallu. Il n’avait rien à lui dire et pourtant les mots sortaient tous seuls, bon le politiquement correct n’était pas présent, les phrases n’avaient parfois aucun sens, mais l’idée principale c’était qu’il s’exprimait. D’habitude il était doué pour cela, il motivait les troupes, il donnait envie à ses amis de se battre, il leur donnait envie de le suivre. Et puis là, rien. Comme si en fait elle le bloquait. Sa présence aurait dû le rendre meilleur, normalement c’est ce que font les âmes-sœurs. Peut être, comme elle ne s’en rendait pas compte, elle lui bloquait son potentiel ? Vite, il fallait qu’elle découvre l’amour qu’elle éprouvait pour lui, car il était impossible que ce soit dans un sens unique. Depuis qu’il l’avait vue en première année, quand il avait croisé son regard, il avait su que tout serait différent. Bon, ok, il n’avait rien compris sur le coup. Il avait mis beaucoup de temps à comprendre, mais il y avait toujours eu cette étincelle. Cette flamme qui brûlait quand leurs regards se croisaient. Et ce n’était pas possible qu’elle ne ressente rien. Ou alors elle n’était pas humaine. Andréa parlait encore et encore. Dévoilant tout. Tant pis si, la seconde précédant sa tirade, il s’était dit qu’il ne tenterait rien. Tant pis. Il n’avait pas fait exprès, il ne se maîtrisait plus. Pas plus que son cœur non plus. Cette sensation de chaleur qui s’était répandue dans tout son corps était waouh, tout le monde devait découvrir cela. Il irradiait de bonheur et quand la demoiselle de ses rêves s’accrocha à lui, c’était l’apothéose. Elle ne le rejetait pas, elle ne se laissait pas faire sans rien dire -il n’y a rien de pire que l’indifférence-, elle ne le mordait pas, non rien de tout ça. Le méritait-il ? Après tout ce qu’il lui avait fait subir ? Lui avait-elle déjà pardonné ? Ce n’était pas l’heure des questions, c’était celle des baisers. Oui. C’était bien mieux. Les yeux fermés, il laissa ses autres sens le guider ; la pulsation rapide de son cœur, le frisson qui traversait son corps, l’odeur de ses cheveux secoués par le vent, oui tout était parfait. Même le temps qui semblait s’être arrêté pendant un instant délicieux.

Puis le temps s’arrêta. Cette fois-ci ce n’était pas bleu et rose, il n’y avait plus de papillon, il n’y avait qu’un silence oppressant. Elle était face à lui, tremblante -de froid sûrement-, hésitante, balbutiante. Ses lèvres s’ouvraient et se fermaient. Ses mains tremblaient. Des mots s’échappaient de sa gorge, mais pouvons-nous appeler cela des mots ? Seulement Andréa n’entendait rien, c’était comme un bourdonnement assourdissant qui valsait autour de ses oreilles, comme une fumée de brouillard qui lui cachait la vue. Il était perdu, elle était perdue et il ne pouvait être ensemble. Il suffoquait à l’intérieur de lui-même. Il voulait courir, la reprendre dans ses bras, il voulait l’embrasser de nouveau. Il voulait être fort pour deux. Mais il ne le pouvait. Pétrifié, cloitré, immobile. Le monde lui paraissait terne. Il allait faire un malaise. « Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée… » Soudain tout reprit vie. L’effet inverse se produisit. Il entendait tout, beaucoup trop de sons. Le klaxon dans la troisième rue sur la gauche, le pigeon qui survolait l’immeuble d’en face, les pas des passants. Et les couleurs semblaient si vives. Le soleil inexistant ou bien caché derrière les nuages lui brûlait les yeux. Oui. Il allait faire un malaise. Il serra les poings et ferma les yeux. Les mots, murmurés précédemment par Lou, lui vrillaient les tympans. Elle refusait, encore. Elle refusait toujours. Pourquoi ? Elle devait avoir peur. Il voulait lui montrer qu’elle ne devait pas avoir peur, pas quand il était là. Il était fort, assez pour les sauver tous les deux. Il l’aimait largement assez pour donner sa vie pour elle. Oui, il se sentait prêt à tout pour elle. C’était fou à dire, normalement les personnes font leur déclaration de la sorte une fois qu’ils sont ensemble depuis longtemps, qu’ils sont mariés et qu’ils partagent leur vie commune. Seulement lui n’était jamais sorti avec elle. Il n’avait fait qu’imaginer, idéaliser, rêver. Et pourtant il ressentait les choses comme si le destin lui avait parlé. Malgré son refus, malgré ses hésitations, malgré sa faiblesse apparente. Non, Andréa ne se laissait pas avoir par le physique, Lou n’était pas faible. Elle était bien plus que cela. Alors il serra plus fort ses poings, se mordit l’intérieur de la joue. Il tenta de retenir le cri de rage qui se préparait dans sa gorge, pour s’être laissé berné par quelques mots.

« Je… Je suis désolée pour la gifle Andréa… Vraiment. » Des pathétiques excuses, c’était la dernière chose qu’il voulait entendre. Putain, cette gifle il l’avait mérité, il l’avait déjà reconnu. Il ne lui en voulait pas le moins du monde. Cette gifle avait été le moment où, avec le baiser, elle avait été la plus vivante. Réveille-toi Lou. Agis. Il releva le regard vers elle. Son cri s’était tu dans sa gorge, ses poings s’étaient desserrés. Il était calme à l’extérieur. Enervé bien sûr, mais pacifique. Ce n’était pas contre elle qu’il laisserait exploser sa rage. Et voilà qu’elle s’excusait encore, à demi-mots, elle ne disait pas tout. Il fallait appeler les choses par leur nom. La peur d’un nom d’ailleurs, c’était pire. Qu’elle le dise. Qu’elle le rejette pour de bon. Son cœur était déjà blessé par son refus. Lui qui avait lu tout l’espoir du monde dans son baiser. Et il continuait d’y croire. C’est incroyable comment les optimistes possèdent cette capacité à rebondir sur la moindre trace positive. Lou avait les yeux brillants, elle tremblait, elle le rejetait à demi-mot, elle lui disait qu’ils allaient tous mourir et pourtant il continuait à la voir, magnifique, persévérante. Oui, cela frisait la bêtise, mais le cœur d’un jeune homme amoureux réserve bien plus que mystères que n’importe qui veut le croire. « Pourquoi tu t’acharnes à courir au suicide ?... Pourquoi tu… » Elle ne semblait pas assez sûre d’elle pour parler. Elle s’arrêtait entre chaque fois, comme si elle cherchait les bons sons. Andréa, patient, la laissait faire sans rien dire. Que pouvait-il dire ? Terminer ses phrases par des syntagmes mortuaires ? Non, vraiment très joyeux comme instant de retrouvailles. Il expira tout l’air de ses poumons et tenta de sourire. « Pourquoi je quoi ? » Oui, non, décidemment il n’était pas doué. Il se mordit la lèvre, une fois de plus et ferma les yeux en soupirant. Il se fit craquer les doigts des deux mains avant de replonger son regard dans le sien. La pureté de ses yeux le fit vaciller légèrement. « Lou, qu’est-ce que tu veux de moi ? Qu’est-ce que tu attends de plus ? Ce n’est pas le moment de quoi ? De vivre ? Regarde-toi dans quel état tu es, tu te caches ! Ne me mens pas, je me cache depuis assez longtemps pour reconnaître ceux qui font la même chose. Seulement tu ne fais pas que te cacher au monde, tu te caches aussi à toi-même. Je ne crois pas que cette jeune femme qui frissonne pour une brise légère ce soit ta réelle personnalité. » Outch, il était peut être un peu dur, mais elle devait réagir. Voulait-il encore une gifle ? Sûrement. Mais si cela la faisait prendre conscience qu’elle avait de la hargne à dépenser, c’était tant mieux. Il s’approcha d’elle, sans la toucher cependant. « Oui Lou, vis ! C’est ça qu’il faut faire. Tu ne me parles que de mort, que de suicides, que de fins désastreuses, mais qu’est-ce que tu en sais ? Et si les phénix étaient réellement bien préparés ? Et si, cette fois-ci, ça marchait ? Pourquoi tu ne veux pas voir qu’on a une chance de réussite, que certains pourraient vivre un monde meilleur. Que la vie EST devant nous. Regarder en arrière ne te fera pas avancer. Fuir ton passé non plus. Fais ton deuil si tu en as un à faire, mais merde, ressaisis-toi ! Il est grand temps de le faire maintenant. » Oui il était grand temps qu’elle avance. Et il la voulait à ses côtés. Il hésita à se pencher de nouveau vers elle, mais elle allait finir par le prendre pour un violeur et puis, ça ne marchait peut être qu’une seule fois. Il ne fallait pas trop jouer avec le destin. Il se contenta de la regarder et de tendre la main. Il voulait attraper la sienne, il voulait lui serrer les doigts, par une légère pression qui montrait qu’il était fort pour deux et surtout, qu’il serait là, quoiqu’il arrive. Lentement son bras s’approcha du sien, ses doigts frôlèrent son avant-bras et  la peau de la rousse réagit comme on réagit au froid. Puis il posa deux doigts sur le dos de sa main. Sans appuyer, il caressa sa main avant de s’enrouler autour de ses doigts. « Je ne te demande rien de plus qu’un peu de confiance. Il t’en reste encore ?  » murmura-t-il en serrant les doigts de la jeune femme.

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c'est la guerre, personne n'est prêt, mais c'est parti. on doit donner nos vies pour nos frères, pour nos familles, pour les vivants, pour ceux qui méritent de vivre. northern lights
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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Sam 29 Nov - 23:15





Ouch I have lost myself again
Lost myself and
I am nowhere to be found,
Yeah I think that I might break
I've lost myself again and I feel unsafe


La pression que ses fins doigts exerçaient sur sa propre épaule la rassurait légèrement. Si elle fermait les yeux, elle pouvait presque s’imaginer revenir à l’époque où il se dessinait encore devant elle. Majestueux, rassurant. Cette époque où il lui tenait encore l’épaule en lui murmurant de ne pas s’inquiéter, en lui chuchotant qu’il reviendrait. Cette époque où la mélodie de sa voix cajolait son cœur en cage, où le temps s’efforçait de les rapprocher pendant qu’eux se fuyaient. Elle le revoyait encore s’enfoncer dans les pénombres de l’avenir, se retourner calmement et lui sourire. Une énième fois. Une dernière fois. La neige avait fondu, le monde avait fleuri… puis les feuilles étaient tombées, le froid avait de nouveau régné et il n’était pas revenu. Avalé par la mer, englouti par l’oubli. L’attente avait fini par dépeindre son portrait et grignoter les souvenirs. Lessivé. Ils lui avaient volé ce sourire pour de futiles raisons. Ils le lui avaient enlevé, du jour au lendemain, sa principale raison de vivre et elle… Elle était seule dans la tempête à lutter pour se tenir debout alors que genou à terre avait déjà été posé. Elle l’avait attendu des heures durant, à l’abri derrière sa fenêtre. Elle avait surveillé l’horizon des jours durant, cherché le moindre bateau naviguant. Elle avait espéré des mois durant, elle y avait cru du plus profond de son être mais il n’était pas revenu. Il n’était jamais revenu. Elle le revoyait à la lueur du jour lui dire que tout irait bien, insouciant. Ce jour-là, encore, ils s’étaient tus ; comme deux idiots, ils avaient censurés leurs pensées estimant certainement qu’ils auraient le temps d’en parler un autre jour. Il n’y avait pas eu d’autre jour. Un au revoir. Un adieu. Ils n’avaient rien dit, rien, et elle s’en voulait terriblement. Il ne saurait jamais et elle non plus. Qu’avait-il pu y avoir entre ceux deux êtres ? Les mots suspendus au bord des lèvres rouillaient lentement. Il ne restait désormais plus que le parfum nauséabond d’une idylle agonisante. Une chose était certaine, cette erreur ne devait pas se reproduire. Sous aucun prétexte.

« Pourquoi je quoi ? » La jeune femme sursauta, surprise par la dureté involontaire que ces mots dégageaient. Il avait beau sourire, ses yeux le trahissaient. Soudainement prise de court, ses lèvres balbutièrent des sonorités lointaines qui s’échouèrent à mi-parcours. Ses yeux fatigués dansaient entre l’animation de la ruelle, Andréa et ses propres pieds devenus étrangement très intéressants. Elle l’entendit soupirer puis faire craquer ses doigts. Un coup de tonnerre dans le ciel chaotique de son univers et un frisson glacial dévala le long des courbures de sa colonne vertébrale. Elle n’était pas celle qu’il attendait. Elle n’était plus celle qu’il attendait. Timidement, elle se hasarda à le regarder, hésitante. Malheureusement, avant qu’elle ne puisse s’échapper une nouvelle fois, son regard la captura et la paralysa, évinçant toute tentative de fuite. « Lou, qu’est-ce que tu veux de moi ? Qu’est-ce que tu attends de plus ? » Que voulait-elle ? Elle-même ne le savait pas. Elle errerait entre deux mondes à la rechercher de réponses à des questions vaseuses et l’instabilité de son univers la prenait à la gorge. Que pouvait-elle bien attendre de lui ? Ce n’était pas elle qui était réapparue en pleine nuit dans ce bar, pas elle qui avait laissé un mot, pas elle qui lui avait demandé de la retrouver. Pas elle qui voulait se battre. Elle n’attendait rien. Elle avait peur d’attendre. « Ce n’est pas le moment de quoi ? De vivre ? Regarde-toi dans quel état tu es, tu te caches ! » La jeune rousse fut percutée de plein fouet par l’acidité de cette vérité. « Ne me mens pas, je me cache depuis assez longtemps pour reconnaître ceux qui font la même chose. Seulement tu ne fais pas que te cacher au monde, tu te caches aussi à toi-même. » Elle voulait courir, s’en aller d’ici avant que ses paroles n’atteignent ses tympans puis son cœur brisé. Elle n’était plus qu’une membrane fragile à la merci du vent et ses mots… Ses mots la déchiraient. Elle voulait s’enfuir d’ici avant que la bourrasque n’éparpille les cendres qu’elle gardait jalousement dans la paume de sa main, les cendres invisibles de son passé, d’un amour perdu. Pourtant elle ne bougeait pas. Son corps restait irrémédiablement cloué sur place. Peut-être attendait-elle la tempête ? L’ouragan qui viendrait noyer ses rivages, celui qui briserait son bateau naufragé. Peut-être attendait elle que la marée ne l’emporte... « Je ne crois pas que cette jeune femme qui frissonne pour une brise légère ce soit ta réelle personnalité. » Peut-être attendait elle que la marée ne l’emporte et la noie. Honteuse, elle baissa les yeux. Où en était-elle arrivée ? Jusqu’où était-elle tombée ? Le gouffre n’avait-il pas été assez profond pour qu’elle creuse encore ainsi sa propre tombe ? Est-ce qu’enterrer Liam n’avait pas été suffisant pour qu’elle s’enterre elle-même ?

« Oui Lou, vis ! C’est ça qu’il faut faire. » La jeune femme détourna les yeux vers la ruelle passante sans pour autant en détailler les contours. Elle ne voyait que des formes danser, que des couleurs se mélanger dans une harmonie qui lui donnait la nausée et l’obligèrent à resserrer un peu plus ses doigts sur son épaule. « Tu ne me parles que de mort, que de suicides, que de fins désastreuses, mais qu’est-ce que tu en sais ? » Ce qu’elle en savait ? Elle en savait que Liam avait été tué pour la résistance, elle en savait que des centaines de personnes pleuraient la mort d’un être aimé. Le monde qu’il tentait de lui dessiner n’était pas réel. Les contours, les couleurs, les motifs bavaient grossièrement une désillusion inavouée. Qui pouvait bien vaincre le plus puissant des sorciers ? Qui ?! « Et si les phénix étaient réellement bien préparés ? Et si, cette fois-ci, ça marchait ? » Elle aussi y avait cru jusqu’à se rendre compte de l’injustice de ce monde. Elle aussi avait espéré et ça avait fini par la réduire en miettes. « Pourquoi tu ne veux pas voir qu’on a une chance de réussite, que certains pourraient vivre un monde meilleur. Que la vie EST devant nous. Regarder en arrière ne te fera pas avancer. Fuir ton passé non plus. Fais ton deuil si tu en as un à faire, mais merde, ressaisis-toi ! Il est grand temps de le faire maintenant. » Ses paroles étaient violentes, dérangeantes, elles claquaient, crissaient tel des ongles sur un tableau. Chacun de ses mots était un coup de poing dans le ventre qui l’obligeait à regarder la réalité en face. Et elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas la voir. Elle se sentait secouée dans tous les sens, agressée par ces sentences, par ces lettres, qui se fracassaient contre son crâne malade et lésaient encore un peu plus son parenchyme cérébral. Le monde tournait, violemment. Dangereusement.

La caresse et la chaleur qu’elle sentit sur sa peau réorientèrent sa rose des vents biologique. Doucement, elle posa les yeux sur cette main qui frôlait son avant-bras jusqu’à sa main et qui donnait naissance à de nombreux frissons. Ses fins doigts se desserrèrent inconsciemment avant que ceux d’Andréa ne s’enroulent autour. Protecteurs. « Je ne te demande rien de plus qu’un peu de confiance. Il t’en reste encore ? » Ses pupilles balayent alternativement celles du né-moldu mais sa bouche, elle, restait irrémédiablement close. L’idée se frayait doucement un chemin dans son esprit torturé, elle y semait des graines sur un sol aride que temps et zéphyr malmenaient. Lou se sentait coupable. Horriblement coupable. Elle entendait cette voix marteler des immondices aux creux de son oreille, elle l’entendait tambouriner à un rythme frénétique qu’elle était en train de l’abandonner, qu’elle était en train de l’oublier, de le trahir. Traitresse. Elle ferma les yeux sous le froncement de ses sourcils et posa sa joue sur le dos de cette main étrangère qui capturait ses propres doigts échoués sur son épaule. Qu’était-elle en train de faire ?... Qu’était-elle en train de faire, bon sang ! Elle n’avait pas le droit de faire ça, pas à lui ! La rousse resserra mollement ses phalanges comme pour se persuader que tout ceci n’était pas réel. Pourtant tout était bien réel. Elle était là. Bel et bien plantée là devant cet homme que son cœur réclamait, que son corps repoussait. Bel et bien là à lutter contre ses démons, à vaciller comme une flamme. Les battements sourds de son cœur devenaient étouffants, dérangeants. Lou se sentait bête. Elle désirait plus que tout ôter ce scaphandre asphyxiant que le mécanisme du deuil avait apposé sur elle, plus que tout décoller le scotch noir qui la tirait vers le bas, plus que tout cisailler la corde qui enserrait son cou ; mais elle n’y arrivait pas. Elle se sentait prisonnière de sables mouvants. Peut-être qu’au fond, elle ne voulait pas, pas maintenant. Que voulait-elle vraiment ? Peut-être qu’au fond, elle attendait de voir une branche dépasser du rivage et lui tendre les bras pour qu’elle puisse s’y accrocher. Peut-être qu’au fond, elle avait besoin d’une allumette pour raviver sa flamme à l’agonie. Peut-être qu’au fond, elle avait besoin d’un sourire à apposer sur ses lèvres. Que voulait-elle vraiment ? Elle voulait le blanc, elle voulait le noir. Elle voulait la peur, elle voulait l’espoir. Échapper à la vie, lui courir après. Il n’était pas trop tard, il était trop tard. Se noyer, respirer. Rire, pleurer. Vivre, mourir. S’en aller. Rester. Que voulait-elle vraiment ? Elle-même ne savait pas. Elle fronça les sourcils un peu plus fort, perturbée par ses pensées désarticulées.  

Brusquement, Lou repoussa la main d’Andréa avec force et recula d’un pas en battant l’air, abandonnant le journal et la boite de médicaments vide à leur triste sort. Les gestes, les pensées, les mots prenaient des sens qui s’imposaient à elle, lentement tracés sur son miroir embué. « Je... Je… » Les traits de son visage se tirèrent l’un après l’autre tandis que sa poitrine se soulevait de plus en plus rapidement, de plus en plus difficilement. Sa respiration crochetait, se saccadait de plus en plus et un nuage de vapeur se dessina devant son visage irradiant de douleur. « Je ne peux pas ! » Ses petites mains froides s’affolaient frénétiquement autours de son visage, se posaient sur son front puis sur son nez, sur sa bouche, sur ses cheveux et encore sur sa bouche. Ces oiseaux osseux aux phalanges blanchies se crispaient et se décrispaient déformant l’enveloppe charnelle de cet arbre humain qu’elle était. « Il faut pas… Il faut pas ! S’il te plait… » Elle bredouillait, pour elle-même, pour lui, pour eux. Elle le repoussait, encore. Elle le repousserait, encore. Elle ne pouvait pas, c’était au-dessus de ses forces. Sentant les larmes lui monter aux yeux, elle recula de nouveau et lui tourna le dos pour se cacher sous le regard étonné des quelques passants. Ses yeux devenaient brûlants, sa respiration incontrôlable : il était trop tard. Cette fois-ci encore, elle n’arriverait pas à lutter contre ce torrent de sentiments. Elle revoyait Liam s’éloigner, elle revoyait Jeff lui annoncer sa mort, elle le revivait. Et tout menaçait de recommencer. La joie, la peine. L’attente, la peur, le déchirement. Tout. Instinctivement, elle referma ses bras en croix sur sa poitrine comme si cela pouvait calmer l’embryon de douleur qui grandissait dans son buste. Andréa ne devait certainement pas comprendre ce qu’il se passait, cet état dans lequel elle se trouvait. Tout cela n’avait aucune signification, aucune explication précise qui pouvait s’imposer à son esprit dans un éclair de génie. Il aurait pu partir, depuis longtemps. Il aurait pu la laisser, depuis longtemps. Mais il était là. Elle n’était pas seule, quoi qu’elle puisse en penser. Et malgré ses réticences, au fond, elle était soulagée.

Lentement, une larme dévala la pente de l’une de ses joues et Lou l’effaça d’un revers de main. « Et si tu perds la guerre ? Et si tu… » Une deuxième prit son élan avant de se jeter vers l’inconnu. « Et si tu… » puis une troisième « tu… », puis… La pluie. Le déluge. Les larmes semblaient avoir taillé leur chemin le long de sa peau depuis quelques semaines déjà. Elles étaient habituées. De vieilles canailles sillonnant les routes cabossées du grand canyon. Tout ceci ne lui ressemblait pas, ce n’était pas elle, ça ne l’avait jamais été. Elle prenait dangereusement conscience du déchet putréfiant qu’elle était devenue. Elle ne se reconnaissait pas. Ce corps sans vie, inerte, apeuré n’avait jamais été le sien. Ce cerveau brumeux, sombre et défaitiste n’était pas le sien. Elle était une étrangère dans son propre corps, une étrangère sans repères errant entre les rouages d’un organisme devenu hostile. Qui était-elle ? Que faisait-elle ? L’anglaise tenta de taire ses pleurs mais il les avait certainement remarqués. Tu es cette fille qui se tient debout dans un champ de ruine, celle qui sourit jour et nuit. Tu es cette fille qui croit en la vie, celle qui est persuadée que l’humanité n’est pas morte, celle qui lève le poing, celle qui crie haut et fort que cette guerre est injuste. Tu es cette fille qui regarde le monde s’écrouler et qui tente de le relever. Tu es cette fille abandonnée cajolée d’espoir. Tu es celle qui vie, celle qui respire, celle qui se bat et qui avance. Un oisillon qui volète paisiblement entre les tempêtes. Sans crier gare, la tête baissée pour dissimuler ses yeux larmoyants et bouffis, la jolie rousse se retourna, déboussolée, et alla se blottir maladroitement contre sa moitié insoupçonnée. Tremblante, hésitante, perdue, elle murmura : « Serre-moi… S’il te plait, serre-moi. » Serre-moi fort, étouffe moi. Serre-moi fort, ne m’abandonne pas. Serre-moi fort, plus fort, encore plus fort. Serre-moi jusqu’à me briser les côtes, jusqu’à ce que tes articulations te fassent mal. Serre-moi fort… Ne m’en veux pas, cette fille ce n’est pas moi. Qu’était-elle en train de faire ? Est-ce que tenter de vivre signifiait trahir le Blevins ? Est-ce que tenter de sortir la tête hors de l’eau faisait d’elle une coupable ? « Je ne sais pas qui je suis Andréa.. Cette fille, ce n’est pas moi. » Il était bercé d’illusions, elle était désillusionnée. Une enfant perdue. Ses murailles tombaient, une à une. « Je n’y arrive pas. Cette fois ci, je n’y arrive pas. J’ai toujours lutté, toujours gardé la tête haute et avancé mais cette fois-ci, je n’y arrive pas. Le monde s’écroule autours de moi, mon monde s’écroule. J’ai beau me persuader que non, que le sort ne s’acharne pas mais c’est faux. Je m’attache à des personnes et à des choses pour qu’au final… pour qu’au final elles me soient toutes arrachées. Mes parents, la magie, Poudlard, Liam… Liam. » Il était bercé d’illusions, elle était désillusionnée. Une enfant maltraitée. « On m’a tout pris Andréa... On m’a tout pris et je n’ai rien pu faire. C’est un cercle infini, une foutue spirale infernale qui recommence encore et encore et qui ne s’arrête pas. Cette fille ce n’est pas moi, c’est une étrangère. Je déraille Andréa, cette guerre me rend malade. » Du moins plus malade qu’elle ne l’était avant. Pouvait-il comprendre à quel point ça pouvait la rendre malade ? A quel point son cerveau délirait sévèrement, à quel point réalité et imaginaire se confondaient dans son esprit, à quel point ses crises devenaient de plus en plus fréquentes ? Pouvait-il comprendre cette maladie ? Cette chose dont le nom faisait peur comme son cousin, le mot cancer. « C’est ridicule. Tout ça, c’est ridicule. Je… Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi je t’impose tout ça… » Les yeux mi-clos, la jeune femme détailla ce monde penché qu’elle distinguait ainsi blottie contre lui. Les yeux perdus dans le vague, elle apercevait la ruelle qui se densifiait au fil du temps. Elle sentait les passants la frôler de plus en plus pour tenter de se frayer un passage et d’éviter ces deux personnes plantées en plein milieu de la rue. Bientôt, ils seraient bousculés, attaqués par des sacs. Son journal avait été piétiné et la boite avait reçu le même sort. Et elle s’en fichait. Éperdument. Lou desserra ses bras de contre sa propre poitrine et les laissa retomber le long de son corps. Ses pleurs s’étaient calmés ; sa respiration, apaisée. « Ne me rajoute pas un deuil supplémentaire à faire, je n’en aurai pas le courage. » ajouta-t-elle, à demi-mots. Une phrase qui ne voulait certainement dire qu’un simple Promets-moi de ne pas m’abandonner.


curieuse:
 

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MessageSujet: Re: ANDROU + That's why i smile   Mar 9 Déc - 12:03

you make me smile
lou & andréa



Chacun de ses gestes étaient brusques et violents. Comme si elle préférait toujours s’effacer et fuir plutôt qu’assumer, comme si la douceur n’avait pas lieu dans son cœur, comme si elle voulait être un bonhomme qui posait des distances au lieu d’être une femme qui les abolissait. Elle se protégeait, c’était bien normal, tout le monde devait se protéger en temps de guerre, seulement elle savait -il en était persuadé- qu’avec lui elle n’avait pas besoin de masques et de faux-semblants. Andréa ne se cachait pas, il ne se cachait plus. Pourtant Lou fuyait, elle quittait la chaleur de ses doigts, elle lâchait ses lèvres pleines de douceurs et d’envie, elle ne laissait pas ses mots couler le long de ses joues. Elle détournait presque le regard quand elle lui parlait. Andréa voulait tellement la rassurer, il avait presque tout tenté, les cris, les paroles douces, les insultes, les compliments et elle restait impassible. Refusait-elle d’écouter ou bien faisait-elle semblant de ne pas être touchée ? Andréa ne sait que penser, depuis si longtemps son cœur brûle et maintenant qu’il a conscience que la fin est peut être proche il veut tout tenter, il veut vivre quelque chose de beau avant que tout ne se termine. Il souhaite ardemment l’aimer au plus profond de son cœur et qu’elle le lui rende avant que cette guerre ne se termine pour l’un des deux. « Il faut pas… Il faut pas ! S’il te plait… » Elle refuse, elle s’éloigne, elle s’efface. Toujours, encore. Et le cœur d’Andréa saigne, brûle et s’enflamme. Il trépigne, mais il ne peut rien faire. Elle le rejette encore et toujours. Il sourit, il se mord les lèvres, mais elle ne change pas d’avis ni de position. Ah si, elle recule maintenant. Elle s’enfuit une fois de plus. Instinctivement tu tends les bras, tu veux la rattraper, sentir la caresse de sa peau contre la tienne, mais rien n’y fait. Rien n’y fera presque jamais. Tu restes-là, incertain, bloqué, perdu. Tu sais que tu devrais avancer, lui crier qu’elle peut avoir confiance en toi, mais tu sens que ce n’est pas le moment. Tu sens que tu n’es pas le maître de ce jeu-là. Qu’elle est bien trop supérieure à toi. Elle doit avoir besoin de temps, de beaucoup trop de temps, mais ce temps-là, il l’a déjà donné. Des années de trop. Pourtant il reste impassible à attendre. Il est blessé, choqué, éberlué. Que peut-il faire de plus quand il a déjà tout donné ? Il la regarde, ses pupilles sont expressives et traduisent ce qu’il ressent : l’amour, l’amour, l’amour et l’espérance. Bien sûr, la peur, le doute, la tristesse et la déception. Non, ces sentiments-là se doivent d’être caché, les hommes n’ont pas à les transmettre aux femmes. Ils ont à les rassurer, à les protéger et c’est ce qu’il fera. C’est ce qu’il fera toute sa vie. Pour Lou.

Puis elle se met à pleurer. Elle lâche tout ce qu’elle a sur le cœur par des larmes salées. Cette fois-ci, Andréa ne reste pas sans rien faire. Cette fois-ci il réagit. « Serre-moi… S’il te plait, serre-moi. » Elle avait réagi en même temps. Comme deux moitiés d’un même cœur qui se retrouvent par un même geste. Comme deux parties d’une même âme qui n’ont de repos tant qu’elles ne sont pas rejointes. Comme deux âmes-sœurs qui se retrouvent enfin. Et il la serre dans ses bras, aussi fort qu’il le peut sans l’étouffer, avec tout l’amour dont il est capable sans lui faire mal. Elle est faible et il est fort, ensemble ils forment un tout parfaitement ajusté. Elle est fatiguée, il n’a de repos que dans ses bras. Elle est fragile, il n’a de cesse que de la combler. Il ferme les yeux et pose ses lèvres sur son cuir chevelu. Lou, Lou, ma Lou, murmure avec force son cœur. Il veut la serrer dans ses bras pour l’éternité, oublier tout ce qu’il se passe autour d’eux, faire abstraction de l’horreur, il ne veut qu’elle et rien de plus. Alors il garde ses yeux clos et songe à ce qu’il gagne. A cet amour qui ne sera peut être jamais partagé, mais il lui offrira tout ce dont elle a besoin. « Je ne sais pas qui je suis Andréa.. Cette fille, ce n’est pas moi. » Il caresse ses cheveux avec douceur et baise le sommet de son crâne. Il ne veut pas l’effrayer. « Tu n’as pas à te justifier, shh, tu es celle que tu es. » murmure-t-il avec lenteur. Il n’a jamais eu les bons mots pour rassurer les gens, mais il a toujours voulu essayer. Pour voir le sourire généreux qui personnes qui se sont senties relevées et soutenues. « Je n’y arrive pas. Cette fois ci, je n’y arrive pas. J’ai toujours lutté, toujours gardé la tête haute et avancé mais cette fois-ci, je n’y arrive pas. Le monde s’écroule autours de moi, mon monde s’écroule. J’ai beau me persuader que non, que le sort ne s’acharne pas mais c’est faux. Je m’attache à des personnes et à des choses pour qu’au final… pour qu’au final elles me soient toutes arrachées. Mes parents, la magie, Poudlard, Liam… Liam. » Elle parlait enfin, elle lâchait les morceaux qu’elle avait toujours retenus, les mots qui blessaient, les noms qui lui brûlaient le cœur. Elle se dévoilait et Andréa avait l’impression que c’était la première fois depuis longtemps qu’elle osait sortir ses mots qui lui brûlait le cœur. Alors le jeune homme l’écoutait parler sans rien dire, sans l’interrompre. Ce n’était ni le lieu ni le moment. Elle était enfouie dans ses bras, c’était tout ce qui comptait. « On m’a tout pris Andréa... On m’a tout pris et je n’ai rien pu faire. C’est un cercle infini, une foutue spirale infernale qui recommence encore et encore et qui ne s’arrête pas. Cette fille ce n’est pas moi, c’est une étrangère. Je déraille Andréa, cette guerre me rend malade. » Son désespoir était immense et infini. Il voulait le porter avec elle, pour qu’ils partagent la douleur. Pour qu’ensemble ils puissent aller plus loin, pour qu’à deux ils construisent un chemin. Oui, ensemble tout était plus facile. Tous les problèmes étaient peut être multipliés par deux, mais ils étaient un de plus pour les résoudre. Il continuait à caresser sa longue chevelure avec douceur, à embrasser doucement son crâne. « C’est ridicule. Tout ça, c’est ridicule. Je… Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi je t’impose tout ça… » parce que tu m’aimes, un élan d’amour niais et cucul s’étira dans les pensées du jeune né-moldu. Il chassa bien vite ses paroles et se reconcentra sur sa main qui cherchait la sienne. Elle fermait les yeux elle aussi, perdue dans la grandeur du monde, voulant se recroqueviller dans la chaleur de leur deux corps. Oubliant la rue passante autour d’eux. « Ne me rajoute pas un deuil supplémentaire à faire, je n’en aurai pas le courage. » Pouvait-il réellement promettre l’impossible ? Promettre de rester en vie à ses côtés ? Bien sûr qu’il en rêvait, mais il était trop réaliste pour savoir que ce n’était pas possible, que c’était un rêve idyllique. Qui pouvait deviner l’avenir ? Andréa n’était même pas sûr que Merlin lui-même sache réellement quoique ce soit en rapport avec le futur.

« Lou, je te promet la seule chose que je peux te promettre : de rester à tes côtés tant que je vis. C’est pour ça que je suis là, c’est pour ça que je te cherche jours et nuits. Je serais là aussi longtemps que tu en auras envie, je te le promets. » Ses paroles sont douces et niaises, mais il est comme ça Andréa. Il se la joue peut être homme virile et rebelle, mais en réalité il a conservé son cœur d’enfant, ce cœur fragile et délicat. Il la décala légèrement pour qu’ils puissent échanger un regard, mais bien vite elle retrouva la chaleur de ses omoplates. « Lou, tu ne m’imposes rien, je t’écoute parce que j’ai envie de savoir. J’ai envie de te soutenir. Ce n’est peut être pas la bonne comparaison au bon moment, mais avec mes trois amis, on a décidé de dire dès que quelque chose nous touchait, dès qu’on avait un poids sur le cœur, pour le porter ensemble. Et j’ai remarqué que ça aidait tout le monde, je veux construire cela avec toi. Je veux te soutenir et t’aider, je veux être là quoiqu’il arrive. » Il la poussait à la confidence, mais il ne savait pas ce qu’il allait en résulter. Il ne voulait surtout pas la brusquer, mais il avait attendu ce moment avec tant de hâte qu’il n’arrivait pas à se réfréner, à calmer la cadence juste pour attendre. C’était trop dur pour lui, trop violent. « Je comprends, on m’a beaucoup pris aussi. Mais j’ai appris à garder ce qu’on ne pouvait me voler, comme la joie, l’envie de vivre, l’espoir. Avec des si on mettrait Poudlard en bouteille, mais avec une graine d’espoir, on peut rebâtir un monde. Et ce monde je le bâtirai avec toi. » Encore une énième parole d’amour niaise. Il en était désolé.

« Aïe, tain, z’êtes au milieu, dégagez. » Un coup de sac, une insulte, un homme qui ne saisissait pas la beauté du moment. Seulement la seule chose que fit Andréa c’est sourire. Sourire à pleines dents. Il baisa une fois de plus son front et lui attrapa la main. « Suis-moi. » Il attrapa le sac de la demoiselle qui attendait à ses pieds et l’emmena vers la rue suivante. Une rue vide car seuls les habitants empruntaient se chemin et il s’assit sur le perron d’une maison. Lou s’assit à ses côtés et il passa un bras autour de ses épaules. Le soleil qui brillait dans le ciel les éclairait et les réchauffait. « Tu sais ce qui est drôle dans ce quartier ? C’est là que j’ai grandi. Si on continue trois rues sur la gauche puis qu’on prend le tournant sombre sur la droite, on arrive dans mon lotissement. Une petite maison moldue qui ne paie pas de mine, mais qui est toujours debout. Bien sûr elle est vide. Mes parents sont partis, ils ont été forcés de quitter les lieux parce que les mangemorts auraient pu en avoir contre eux. J’ai perdu tous contacts avec eux, c’était volontaire, mais ça fait douloureusement mal, mais je sais que c’était le meilleur choix à faire. » Etait-ce l’instant confession ? Il voulait juste lui rendre la pareil, mais une fois qu’il l’eût dit, il se rendit compte que c’était peut être un peu violent. Il chercha un sujet pour calmer le jeu et tenter peut être de ne pas la mettre plus mal encore. Il remarqua le papier froissé qu’elle tenait toujours dans ses mains. Il l’avait intrigué au début, puis il l’avait oublié et maintenant sa curiosité remontait. Et puis, bôh, ça ne pouvait pas être pire que la disparition dans leurs vies de leurs parents après tout. « Donne-moi ça, c’est tout froissé. C’est quoi ? » Il tendit la main pour le récupérer et se confronta à la main forte de la demoiselle. Alors il serra ses doigts contre les siens. Peut être qu’il avait fait pire que juste mettre les pieds dans le plat en fait…



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