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 If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]

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MessageSujet: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Mer 10 Sep - 10:42

Une nouvelle vie commence aujourd'hui
lou & andréa
Ce matin de novembre paraissait parfait pour une attaque, mais encore une fois la date avait été repoussée. Rha, c’était bien typique des phénix ça plus tard, il manque une pièce du plan ou l’abominable nous ne sommes pas prêt ! Quelle horreur, à ce rythme-là personne ne serait jamais prêt et la guerre pourrait continuer pendant des siècles ! Andréa se passa la main sur le visage et recula pour retourner dans l’ombre. Wendy tricotait des bonnets pour parer l’hivers qu’elle disait et Swan soupirait toutes les deux minutes parce qu’elle détestait être enfermée pendant qu’Icare faisait des mots croisés alors qu’il ne connaissait même pas les définitions. « J’aime pas être enfermé. » lâcha la jeune fille. Tout de suite Andréa sourit, en temps normal il aurait dû la remotiver, l’aider à comprendre pourquoi c’était une bonne chose. S’il n’avait pas été leur leader, il l’aurait soutenu et se serait plein avec elle. Seulement aujourd’hui il en avait décidé autrement. « Et si … on leur faussait compagnie ? » chuchota-t-il d’un air malicieux. Les yeux de Swan s’agrandirent tout de suite, tandis que Wendy semblait partagée. D’habitude c’était Andréa qui freinait les choses, ce n’était pas son rôle à elle, pourtant elle se demandait si ce n’était pas de la folie pure. C’est Icare pourtant qui convainc le groupe avec son grand sourire et ses yeux pétillants toujours prêt à l’aventure. « Ok alors j’ai un plan. » Et pendant que le gamin leur expliquait un peu à tous ce qu’il comptait faire -il avait parcouru les lieux de nombreuses fois et même si les phénix ne leur faisait pas totalement confiance il avait réussi à repérer plusieurs passages secrets- et les entraîna à sa suite.

« Que voulez-vous faire maintenant ? »  Ils avaient déboulé dans le côté moldu de Londres, juste à côté du chemin de traverse. En réalité Andréa ne voulait pas sortir par ce chemin-là, mais ce que ses amis ignorent ne pourront pas leur faire de mal.  Il étendit les bras et serra Wendy dans ses bras. « Merci de ne pas avoir opposé de résistance. » chuchota-t-il à son oreille pendant l’embrassade soudaine. « Eh oh, touche pas trop à ma copine. » marmonna Icare, plus par habitude que par réel doute sur les intentions de son meilleur ami. Ils étaient comme ça, tous les quatre un peu timbrés, tous les quatre un peu déjantés et pourtant, tous les quatre amis pour la vie. « Bon les amoureux, finit de vous faire des papouilles ? On peut aller faire les magasins ? » Une des choses que la petite princesse aime par-dessus tout, c’est bien s’acheter des nouvelles paires de chaussures, alors il était évident qu’elle allait les emmener par là-bas. Andréa haussa les épaules. « J’vous laisse entre fille, moi j’vais aller boire un coup avec mon poto de toujours. » lança le jeune homme en se retournant vers le pub le plus proche. « Euh, j’parlais pas d’toi Icarounet, toi t’étais compris dans les filles.  » précisa-t-il en voyant Icare le suivre. Puis il éclata de rire à sa tête et le prit dans ses bras. Il ne se lasserait jamais de le taquiner, rien que pour voir son regard déçu, ou son incompréhension face à la farce. « On vous laisse une demi-heure et on se retrouve à cette adresse-là ensuite, si quelqu’un n’est pas là à l’heure précise, on part sans lui, tant pis. Nous sommes nés-moldus, et j’espère que nos têtes sont toujours mises à prix, mais faut faire gaffe. Les filles, n’hésitez pas à changer de coiffure plusieurs fois. » Il gardait toujours ce sentiment de chef qui veillait sur la bande. Même une sortie qui pouvait paraître anodine et une rébellion, il gardait la tête sur ses épaules et tout en s’avançant il sortit une fausse moustache de sa poche qu’il colla sur le visage de son ami.

« Deux brunes dans ce que tu as de meilleur, l’ami. » lança le jeune homme en s’essayant dans leur second bar. Il portait une jolie perruque rousse qu’il avait chipée dans un magasin en passant. Alors qu’il rigolait de la coïncidence -le serveur avait de long cheveux roux-, il manqua de s’étouffer. Le serveur était une fille. La serveuse était Lou Stanhope. Il la reconnu immédiatement. Il n’oublierait jamais son visage. Il resta là, quelques secondes à la contempler pendant qu’elle lui donnait les deux chopes. La rousse tendit la main pour recevoir l’argent et Andréa resta perplexe encore quelques secondes, finalement c’est Icare qui le sortit de sa rêverie avec un coup dans les côtes. « Voilà voilà. » marmonna-t-il sans réfléchir. Il n’osait lui parler en public, de peur d’être vu. Et puis, il n’avait pas envie qu’Icare soit là, c’était égoïste, mais c’était un des rares détails qu’il ne partageait pas avec son ami : les filles. Même si Icare était avec Wendy depuis toujours, cela lui semblait bizarre de discuter de cela avec lui, alors il n’en parlait pas, de toute manière il respectait bien trop les filles quand il était enfant et après il était bien trop souvent en cavale pour y penser… mais Lou avait toujours allumé une étincelle dans son regard. Il se retourna pour parler de tout et de rien avec Icare, mais il ne put s’empêcher d’être déçu qu’elle ne l’ait pas reconnu. Lui, il l’aurait reconnu entre mille. Profitant des quelques minutes d’absence d’Icare pour cause de toilettes, il retourna le dessous de verre et inscrit une adresse, une heure et un petit moi ‘rejoins-y moi Lou Stanhop, s’il te plait’ avant de se retrouver vers le bar. « Barmaid ? » L’appela-t-il pour la faire venir. « Un pourboire. » annonça-t-il avec un sourire charmeur en tendant la main. Il déposa entre ses jolis doigts ce qu’il avait préparé et lui lança un regard doux et suppliant. Elle ne devait pas croire qu’il était psychopathe, mais elle ne devait rien dire. « C’est parti mon kiki. » lança Icare en arrivant face à son ami et tous deux quittèrent le bar.

Huit heures plus tard, vêtu de sa cape noire, le jeune homme quitta la chambre sans un bruit. Le soleil n’allait pas tarder à se lever, mais il avait bien une bonne heure devant lui. Il courut sans bruit dans les couloirs et sortit du quartier général des phénix avec un immense sourire. Il connaissait le chemin par cœur, il l’avait étudié sur une carte plus tôt dans la soirée si bien qu’il se retrouva à l’adresse prévue avec dix minutes d’avances. C’était un petit square, fermé pour cause de l’heure matinale, mais dans l’après-midi les enfants venaient jouer sur les toboggans. Amusé, il s’assit sur la balançoire qui grinça sous son poids et attendit qu’elle arrive. Il en avait rêvé de cette fille et sa plus grande déception était de ne pas l’avoir vue chez les phénix. Il avait supposé qu’elle y serait, mais que nenni. Il n’avait pas osé poser trop de questions de peur de se faire rembarrer et même ses plus proches amis ne connaissaient pas la nature de son affection pour la demoiselle. Il attendit encore, mais elle ne vint pas. Etait-il trop tôt ? Dormait-elle profondément ? Avait-elle eu peur ? Le jeune homme ne savait que penser. « Lou, s’il te plaît, sois là. Je ne te veux aucun mal. » supplia-t-il avec douceur. Il fallait qu’elle lui réponde, il le voulait !
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Dernière édition par Andréa A. Aschton le Dim 14 Sep - 8:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 11 Sep - 5:01





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« Bouge-toi Stanhope ! J’te paie pas à rien faire ! » La rousse regarda son patron du coin de l’œil avant de se remettre à astiquer les tables avec la mollesse d’un invertébré. Elle regardait ce chiffon jaune parcourir la surface de la table dans un va et viens monotone. A la télé, les présentateurs annonçaient d’un ton habitué la dizaine de morts qu’un accident de train venait de faire de l’autre côté de l’Atlantique. Ils avaient l’habitude de ce genre d’information. C’étaient eux le vecteur du malheur, les messagers de la faucheuse. Plus le temps passait et plus les informations se ressemblaient : des morts, des morts, des blessés et encore des morts. Aucune information joyeuse ne filtrait de cette boîte noire, aucun sourire sur les visages des présentateurs. Au fond, elle ne s’étonnait pas que certaines personnes perdent goût à la vie en entendant toutes ces atrocités. Elle comprenait. Sans s’en rendre compte, elle se perdit dans la monstruosité d’une information. Des centaines de blessés, un homme fou avec une arme dans un cinéma, du sang, des pleurs. Son cœur se serra. L’humain pouvait-il avoir un si mauvais fond ? Pouvait-il …. « STANHOPE ! » Il tapa du poing sur comptoir du bar fraichement nettoyé. Rapidement, elle le vit apparaitre dans son champ de vision, les sourcils froncés par l’inquiétude. « Bon sang Lou, qu’est ce qui t’arrive ? » Lentement, elle baissa les yeux, consciente que son état ne passait pas inaperçu. « Faut se ressaisir mon p’tit ! Je sais que je ne suis pas toujours simple comme patron mais si c’est moi qui… » Elle le coupa, étonnée par la douceur qu’il pouvait être capable d’exprimer. « Ce n’est pas vous, ne vous inquiétez pas. » Lou croisa son regard inquiet qu’elle se pressa de fuir. Jamais elle n’avait vu son patron se soucier d’elle, jamais. Peut-être qu’au fond, il n’était pas si pourri que les autres, peut-être était-il juste un homme avec une carapace pour se protéger des aléas de la vie. « Bon… Bon. Très bien. Mais je vois bien que tu n’es pas dans ton assiette. Tu devrais peut-être prendre quelques jours de repos ? » L’idée de se retrouver seule dans son appartement serra le cœur de la belle rousse. Elle ne voulait pas se retrouver seule. Elle voulait travailler, elle devait s’occuper l’esprit. Lorsqu’elle rentrerait chez elle, dans la froideur de ce monde détruit, tout le travail sur elle-même de la journée sera jeté au sol, piétiné. Il faudra alors recommencer, inlassablement. Jusqu’à baisser les bras. Jusqu’à s’avouer vaincue. Vaincue et seule. A jamais. Cette image dansante devant les yeux, ces visages se floutant avec le temps et ces souvenirs dilués. « Lou ? » La demoiselle revint à elle. Un peu ailleurs, elle refusa maladroitement son offre et se remit à ses mouvements automatiques. L’homme soupira en la regardant. Il ne connaissait certainement pas la cause de l’état de sa serveuse mais une chose était sure, il comprenait. « Comme tu voudras. » dit-il en se retournant, résigné. « N’oublie pas de préparer les bières pour ce soir, c’est Irlande – Angleterre, il risque d’y avoir du monde. » D’un geste assuré, il changea la chaine de la télé. Désormais, une dizaine de personnes s’affrontaient dans un bassin rempli d’eau d’un bleu envoutant. Intérieurement, elle remercia son patron d’avoir changé de chaîne pour elle.

Voilà déjà cinq bonnes heures que la jolie rousse arpentait la salle comble pour servir les clients. Inquiet, son patron avait eu la merveilleuse idée d’appeler une serveuse supplémentaire à la rescousse : Chloé. Chloé qui, comme à son habitude, trainait dans l’arrière salle pour se préparer. Elle devait se remettre du rouge à lèvres, Lou l’aurait parié. Agacée et débordée, la rousse s’autorisa un détour vers l’arrière salle pour la chercher. « Chloé, dépêche-toi, j’ai besoin de toi en salle ! » Elle hasarda sa tête dans l’entrebâillement de la porte pour l’apercevoir en train… de se remaquiller. « Allez viens, tu es très bien comme ça. » Comme à son habitude, la jeune femme ronchonna. « Tu sais pas c’que c’est toi de te faire belle, hein ? » La rousse leva les yeux au ciel. « Il faudra que je t’apprenne, c’est quand même la base de tout ! Tu es une femme, il faut savoir te mettre en valeur. Franchement regarde ta tête ! T’as dormi dehors ou quoi Lou ? » Peut-être. Qui sait. « Ramène-toi. » se contenta-t-elle de dire en retournant dans la salle principale. Machinalement, elle se plaça derrière le bar et prépara les commandes qu’on venait de lui passer le temps que Chloé daigne sortir son arrière-train de là. Chose qui semblait prendre du temps. Pour tout le monde. « Elle est où la p’tite blonde mon p’tit ? » lui demanda un vieil homme apparemment saoul. « Elle est là ! » répondit l’intéressée en souriant de manière provocante. « Voilà, elle est là. » murmura Lou en soupirant. Elle regarda la blonde s’enfuir avec les plateaux remplis et déambuler entre les tables pleines. Des sourires, des rires, une petite tape sur la fesse, une jupe un peu courte. Il n’y avait pas à dire, elle comprenait que les hommes de ce bar l’attendaient avec impatience. Elle jouait de sa beauté, de son peps et ils adoraient ça. Peut-être qu’au fond, ils faisaient le plein de vitalité avant de retourner voir leur maison vide ou leur femme dépressive ou… on ne sait quoi. Chacun avait son échappatoire. Comme ils pouvaient.

« Deux brunes dans ce que tu as de meilleur, l’ami. » Sans regarder l’auteur de la demande, la rousse s’exécuta et remplit deux chopes de leur meilleure brune. Habituée, elle se retourna vers l’endroit où elle avait entendu le bruit et posa les chopes sur le bar devant eux. Un faible sourire sans vie se dessina sur son visage d’une blancheur à faire pâlir les morts et elle tendit machinalement la main en récitant le prix. Voyant que ça ne venait pas, son regard clair remonta vers le visage de l’intéressé. Des intéressés. Deux hommes, un roux et un avec une moustache. Jamais vus ici. Lou ne dit rien, elle n’avait pas envie de parler. L’un des deux finirait bien par réagir. Bingo. Le moustachu secoua le roux qui se mit à l’action. Lorsque les pièces tombèrent dans la paume de sa main, elle les remercia et se dirigea vers la caisse. « Un whisky chérie. » L’Anglaise reprit sa monotonie et servit les piliers de bar qui devenaient de moins en moins frais.  « Barmaid ? » L’intéressée se dirigea vers l’auteur de la demande. « Un pourboire. » La main de l’homme s’avança vers elle, un sourire sur les lèvres. Surprise, Lou ne bougea pas pendant une fraction de seconde puis avança sa main vers la sienne dans laquelle il y déposa un dessous de verre plié. Sans qu’elle n’eut le temps de réagir et paralysée par l’intérêt soudain que quelqu’un pouvait lui porter, Lou se contenta de les regarder quitter le bar, la main encore tendue. « Stanhope ? Oh-oh, Stanhope ? » Lou secoua la tête et vit la blonde devant elle lui faire signe de la main. « Trois blondes ! » Et elle reprit sa monotonie après avoir fourré le carton dans la poche de son jeans.

Sur le chemin du retour, la jeune née-moldue se souvint du dessous de verre plié par cet inconnu. Curieuse, elle s’arrêta sous un lampadaire et attrapa le bout de carton du bout des doigts pour le déplier lentement. Un lieu, une heure et ‘rejoins-y moi Lou Stanhop, s’il te plait’. Lou regarda autour d’elle pour vérifier que personne ne l’observait. Lorsqu’elle fut rassurée, elle reporta son attention sur le carton. Comment cet inconnu connaissait-il son prénom ? Lui ne lui disait rien, absolument rien. Elle s’en voulut de ne pas l’avoir reconnu. Etrange. La jeune femme referma sa paume de main et se remit à marcher jusqu’à chez elle. Une fois là-bas, elle se contenta de laisser son sac dans un coin et de prendre un second pull, trop large, qui ne lui appartenait pas. C’était à… Lou serra les poings et inspira profondément. Allez, courage ! Quelque peu rassurée et consolée par l’odeur familière de ce vêtement, la jeune rousse enfila de vieilles converses ne sentant pas l’alcool et abandonna une nouvelle fois son logement.

Le lieu de rendez-vous se trouvait loin de l’endroit où elle habitait. Lou avait dû traverser la ville pour se rendre au square du dit-rendez-vous. Et, forcément, elle était un peu en retard. Pas qu’elle n’ait pas pris assez de temps pour venir, non. Lou était en retard car plusieurs fois sur le chemin, elle s’était surprise à faire demi-tour et à vouloir rentrer chez elle. Une fois devant les grilles métalliques, elle avait fini par abandonner sa fuite. Le petit portillon sur la droite était entre-ouvert. Inconsciente, elle s’y aventura, le cœur battant. Liam lui avait toujours interdit de se balader dans les rues la nuit ou même au petit matin, surtout seule. Le Blevins lui avait tout bonnement interdit de rentrer dans les square, par cet autre espace fermé et boisé de ce genre. Conseils qu’elle n’avait jamais écoutés, évidemment. Lou sursauta lorsqu’une branche craqua sur sa droite. « Y’a quelqu’un ? » demanda-t-elle quelque peu apeurée. Mais oui Lou, vas-y ! Tu penses qu’un tueur va te répondre « Non, y’a personne ! » ? La rousse fit volteface et foula rapidement les cailloux du petit chemin qui s’aventurait dans le parc. Après quelques secondes dans le noir, elle finit par tomber sur un espace un peu plus dégagé où se trouvait des jeux pour les enfants. Un homme se trouvait assis sur une balançoire. Un homme avec une cape, et ça c’était mauvais. Comment savoir si ce n’était pas un mangemort qui lui tendait un piège ? Après tout, qu’avait-elle à perdre ? Elle qui avait déjà tout perdu. Naïvement, Lou s’avança vers l’inconnu en sortant le dessous de verre déplié. Faiblement, elle lui lança : « Vous avez oublié un e… Il y a un e à ‘Stanhope’ » Elle avançait toujours. « Enfin passons… » murmura-t-elle pour elle-même. Lou se stoppa à une distance qu’elle estimait raisonnable. Soudain allergique à la noirceur, elle s’arrêta sous la lumière protectrice et rassurante d’un lampadaire. « Qui êtes-vous ? » La rousse regarda autour d’elle. « Comment me connaissez-vous ? » C’est vrai ça, comment la connaissait-il ?

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Dernière édition par Lou J. Stanhope le Jeu 11 Sep - 7:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 11 Sep - 5:52

Une nouvelle vie commence aujourd'hui
lou & andréa


Alors qu’il était à deux doigts de désespérer en se disant qu’elle ne viendrait pas -quelle fille sensée viendrait sur ordre d’un bout de papier au beau milieu de la nuit ?- un bruit de branche craqua. Elle était venue, elle qui n’avait rien à gagner. Peut être l’avait-elle reconnu ! Un sourire immense s’étira sur les lèvres du jeune homme, car lorsqu’il l’avait vu plus tôt dans la matinée, elle n’avait pas l’air très heureuse. Elle broyait du noir, même. Et puis son regard semblait si fatigué, si déprimé. Andréa était si heureux de la voir là, devant lui, malgré tout. Soudain, elle apparut. Belle comme la lune d’un ciel sans nuage. Elle rayonnait malgré elle. Malgré sa fatigue, malgré ses doutes, malgré son visage soucieux, elle rayonnait dans le cœur d’Andréa. « Vous avez oublié un e… Il y a un e à ‘Stanhope’ » Le jeune homme lui fit un clin d’œil. « C’était fait exprès, parce qu’un serial killer n’aurait pas fait de faute, il te connaissait et traquait trop bien. Moi je voulais que tu t’interroges et puis… je connais ton nom à l’oral peut être mieux qu’à l’écrit ! » C’était faux, il connaissait parfaitement son nom à l’écrit, il avait juste fait une faute tellement il avait été perturbée par la vision soudaine de la demoiselle dans ce bar où il ne pensait voir personne. Il sourit encore, histoire de faire passer sa bourde pour une tactique prévue. Qu’est-ce qu’il n’inventerait pas tout de même… Il lui sourit encore, il voulait voir apparaître sur ces lèvres un délicieux sourire, mais sa juvénile joie semblait avoir disparue. C’était comme si elle était accablée par les horreurs de la guerre. Comme si elle se laissait abattre. Peut être avait-elle vécu des choses horribles. Il se donna pour mission de lui faire retrouver son si beau sourire. Il allait y arriver, foi de cocher, mais cela ne risquerait pas d’être simple. Il se balança inconsciemment et le grincement le ramena à la réalité. Un sourire d’excuse se forma sur ses lèvres pendant qu’il stoppait la balançoire avec ses pieds. « Enfin passons… » Elle s’arrêta d’avancer vers lui et se mordit les lèvres. Elle réfléchissait, elle cherchait à trouver la bonne manière d’agir. Il fallait dire qu’elle était courageuse de rester-là sans broncher. De s’avancer, oh pas trop près, mais de s’avancer tout de même. Il la regarda faire quelque pas de plus.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle avec douceur, pendant que le grincement de la balançoire surgissait de nouveau. Mince, il allait falloir qu’il fasse un peu plus gaffe. « Comment me connaissez-vous ? » Ah, enfin la question qui lui tournait autour des lèvres depuis un bon bout de temps. Cependant le visage du jeune homme s’assombrit, elle ne l’avait réellement pas reconnu. Il se forma une petite moue empreinte de tristesse sur le visage et la regarda avec ses yeux de biche maltraitée. « Bon non, apparemment tu ne me reconnais pas. » lâcha-t-il après quelques longues secondes ridicules, qu’il avait pourtant espéré de tout cœur utiles. « Ca ne te dérange pas que je te tutoie hein ? On a juste un an d’écart, ça me dérange un peu d’être vouvoyé… » continua-t-il toujours sur son ton charmeur. Il n’avait pas tout à fait envie de lui dire la vérité et qui il était, il trouvait cela trop simple. Il réfléchit, pesa le pour et le contre avant de prendre une décision. « Ok, on va jouer. Puisque tu es venue ici à cette heure-là de la nuit, sans personne pour te protéger et pour retrouver un inconnu, je suppose que tu es joueuse. J’ai raison ? » lança le jeune homme en s’armant de courage pour que cela tombe juste. Il ne voulait pas l’effrayer, mais il était trop joueur pour la laisser gagner comme cela. Après tout, ils avaient au moins une heure devant eux et une fois qu’il aurait donné son nom, il y avait de fortes chances qu’elle s’en aille. Que pouvait-elle bien gagner à être son amie ? Et puis, au fond de lui, il y avait toujours le risque, l’abominable doute, qu’elle soit dans l’autre camp. Même sans baguette. Mouais, les risques étaient faibles. Et puis pas Lou quoi. Il croisa les mains sur sa poitrine -faisant encore grincer la balançoire- et lui demanda. « Ok alors je te propose trois énigmes, à chaque bonne réponse, je te donne un indice sur ma personnalité, ok ? » Le jeune homme venait d’inventer cela sur le coup, il était très nul en énigme en plus, comment allait-il s’en sortir ? Pourquoi était-ce cette idée-là qui lui était venue. Sur TOUS les jeux possibles et inimaginables, il fallait que ce soit les énigmes. Trop tard pour reculer maintenant. Il ferma les yeux quelques instants, se balança en arrière. RHA. « J’en peux plus de cette balançoire, azy, j’suis pas si gros. » dit-il en sautant de la balançoire. Il se mit la main devant la bouche et regarda ses pieds. Il en avait presque oubliée la présence de Lou et si elle n’avait pas peur, elle ne tarderait pas à s’effrayer pour de bon. Il fallait qu’il se calme et se concentre. Il soupira et ferma les yeux pour se concentrer. Ah. Lueur d’espoir, il en avait une. «Qu’est-ce qui reste toujours à l’intérieur et qui pourtant est toujours mouillé ? » lança le jeune homme avec un regard conquérant. Pourquoi ? Sûrement parce qu’il était cinglé ou alors parce qu’il avait mis des jours à trouver cette énigme alors qu’elle était toute bidon. Plusieurs possibilités de réponse. Après tout il n’avait pas été  à Serdaigle, on ne pouvait pas lui en vouloir de penser avec son cœur avant de penser avec son encéphale. Le jeune homme - maintenant debout- ne savait plus comment se tenir et se glissa les mains dans les poches, avant de choisir plutôt de les croiser sur sa poitrine, pour finalement les serrer dans son dos.

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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 11 Sep - 9:04





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A bien y réfléchir, la situation dans laquelle la rousse s’était – encore – fourrée était assez insolite. Un rendez-vous griffonné sur du papier, un sourire fugace et l’espoir d’une rencontre prochaine. Tout était parti d’un simple morceau de papier plié en quatre d’un inconnu, peut-être pas si inconnu que ça, lui avait glissé dans la main avant de partir. Et elle, idiote de première, joueuse et curieuse au possible, avait sauté à pieds joints dans le piège qu’on aurait pu lui tendre. Voilà comment Lou Stanhope, l’innocence personnifiée, s’était retrouvée ici dans ce square, seule et sans défense, dans le noir, près de ce lampadaire, un soir / matinée froide dans un recoin de Londres. Là dans son trop large pull auquel elle tenait et qu’elle tenait du bout des doigts pour se rassurer. Là à écouter le discours enjoué d’un inconnu. Là, tout simplement. Et debout. Chose assez rare depuis quelques temps pour la jeune femme. D’ailleurs, Lou n’avait pas relevé la blague ou du moins la pointe d’humeur que l’inconnu avait pu mettre dans ses propos. Son visage pourtant si expressif était resté de marbre devant cet homme, fatigué de devoir faire semblant. A quoi tout ce cinéma servait-il après tout ? Il n’y avait plus personne à impressionner, plus personne à qui redonner le sourire, plus personne à épauler, à écouter. Plus personne. Un immense désert jonché de débris, de détritus de souvenirs en décomposition. Sa vie n’était plus qu’un vaste champ de bataille que cette guerre entre le bien et le mal avait piétiné, éraflé, atomisé laissant quelques arbres morts de ci, de là. Bercée par le grincement effrayant de la balançoire rouillée, Lou se perdait dangereusement dans ses pensées les plus intimes. Elle se fichait bien de savoir si l’homme qui se trouvait en face d’elle était un psychopathe ou pas. A vrai dire, ça l’aiderait peut être à penser à autre chose. Surprise par la pensée qu’elle venait d’avoir, la jeune rousse secoua la tête et se reconcentra sur l’individu qui lui faisait face. Un fin nuage se formait devant leurs lèvres, résultats de la condensation du souffle chaud sortant de leurs poumons et de l’atmosphère fraiche. Lou avait toujours aimé ce nuage que les matinées glaciales dessinaient devant son visage. C’était un phénomène qui, avec la rosée, l’avait toujours émerveillée.

L’homme, lui, semblait s’en ficher puisqu’il lui jeta un regard qu’elle ne sut interpréter. Une sorte de… de fausse tristesse et de compassion mélangée, une mixture de gentillesse et de taquinerie. Lou n’aurait su le dire. « Bon non, apparemment tu ne me reconnais pas. » L’Anglaise écarquilla les yeux. Bien sûr qu’elle ne le connaissait pas ! Il manquerait plus que sa mémoire lui fasse défaut. Le silence retomba entre les deux corps, pensant. La rousse tira machinalement sur les manches de son pull comme si cela pouvait combler le vide. « Ca ne te dérange pas que je te tutoie hein ? On a juste un an d’écart, ça me dérange un peu d’être vouvoyé… » A ce moment, Lou se sentit bête. Tellement bête. Enfermée dans sa tristesse et sa routine, elle n’avait même pas détaillé son visage et de si loin, elle ne pouvait pas le faire. Un an de plus ? Un an de moins ? Gênée, elle bredouilla quelques mots avant de réussir à faire une phrase complète possédant un quelconque sens. « Je… suis désolée. Ça ne me dérange pas, j’ai l’habitude. » Hé ma chérie, apporte moi deux pintes. Hé ma jolie, magne toi le cul. Elle avait l’habitude. En fait, elle avait l’habitude du manque de respect que le tutoiement à son égard exprimait et ce n’était pas le cas ici. Juste un simple tutoiement. D’égal à égal. « Ok, on va jouer. Puisque tu es venue ici à cette heure-là de la nuit, sans personne pour te protéger et pour retrouver un inconnu, je suppose que tu es joueuse. J’ai raison ? » L’inconnu avait repris le dessus sur la conversation et sa voix, sa voix si… envoutante, résonnait paisiblement dans les oreilles attentives de la jeune Anglaise. Jouer ? Elle adorait jouer. Quelques mois plus tôt, elle aurait certainement sauté de joie et courut jusqu’à lui en sautillant. Oui mais voilà, Lou ne bougea pas et se contenta de répondre sans froideur ni chaleur : « Ce n’est pas faux ». La balançoire grinça une nouvelle fois ce qui mit les sens de Lou en alerte. « Ok alors je te propose trois énigmes, à chaque bonne réponse, je te donne un indice sur ma personnalité, ok ? » Pourquoi pas ? Après tout, là se trouvait peut être le moyen de penser à autre chose pendant quelques minutes ? Et puis les énigmes, elle avait toujours adoré ça ! Un infime sourire étira faiblement le coin de ses lèvres avant de retomber. La jeune femme commençait à apprécier le tournant que prenait la conversation. Leur rencontre était différente des autres, il y avait ce quelque chose de spécial qu’elle adorait tant, ce quelque chose qui lui prouvait qu’elle n’était pas la seule à brûler de joie et d’espoirs.

Nouveau grincement. Lou sursauta, prise de court. « J’en peux plus de cette balançoire, azy, j’suis pas si gros. » Elle voulut rire mais son cœur n’en avait pas le courage éteignant alors son rire avant même qu’il ne puisse naître. « Qu’est-ce qui reste toujours à l’intérieur et qui pourtant est toujours mouillé ? » Lou planta ses yeux clairs sur la silhouette qui se trouvait un peu plus loin d’elle. Les entrailles ? Mauvaise réponse Lou, mauvaise réponse. Ce n’est pas toi. Non ceci n’a jamais été toi. Faiblement, sa voix perça le silence qui s’était installé. Quelques mots au hasard dans la jungle d’atomes qui les séparait. « La… langue ? » Ses yeux détaillèrent la silhouette qui se mit debout et glissa ses mains dans ses poches. Ah non, sur la poitrine… ou peut être dans le dos… Lou se détendit. Cet inconnu n’avait rien de méchant, c’était écrit en lui. Peinant à cacher son impatience, la jeune femme revint à la charge. « Mon indice ! Enfin… Tu me dois un indice… » Lou mourrait d’envie de se rapprocher pour détailler son visage, elle mourrait d’envie de voir à qui elle avait à faire mais la pénombre la repoussait avec haine. Allez Lou, elle ne va pas te manger. Peu confiante, la demoiselle fit quelques pas dans sa direction avant de s’arrêter à la frontière de la lumière et de l’obscurité. Lentement, elle balaya les environs du regard avant de sursauter en entendant le souffle s’énerver sur les feuilles mortes et une banche craquer. La tristesse la rendait instable moralement. Un coup battante et prête à remonter la pente, un coup au fond du gouffre à creuser sa tombe. Elle se résigna et fit un pas en arrière. Déçue d’elle-même, elle baissa la tête et retourna vers la lumière rassurante que le lampadaire pouvait lui offrir. La balançoire désormais vide et légère se mit à grincer, bercée par le vent. « Le prochain indice ? »


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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 11 Sep - 10:05

Une nouvelle vie commence aujourd'hui
lou & andréa


Andréa n’aimait pas la voir comme ça, il savait que ce n’était pas son état normal. Il n’avait pas passé quelques années à Poudlard à l’observer pour rien. Seulement la guerre l’avait atteinte, beaucoup plus que lui apparemment. Andréa rêverait de comprendre pourquoi elle était comme cela, mais il n’osait le demander, il savait que cela ne se faisait pas. Si elle avait besoin de se confier, elle le ferait à un ami, pas au premier inconnu. Alors il se promit de la faire sourire et de lui faire oublier ce qui la tracassait, pour une matinée du moins. Il ferait son maximum pour elle, elle le méritait. Un sourire s’écarta sur ses lèvres quand il la regarda. Même dans l’ombre, même loin de lui, il la trouvait belle. Il ferma les yeux pour voir ses cheveux roux éclatant volant au vent, pour voir sa fine silhouette s’avancer, mais quand il les rouvrit ; elle n’avait pas bougé. Il agrippa la balançoire et s’enfonça les ongles dans la peau de sa paume. Il était bien trop désireux, il allait bien trop vite. Elle devait avoir l’habitude d’être accostée, puisqu’elle travaillait dans un bar. « Je… suis désolée. Ça ne me dérange pas, j’ai l’habitude. » Sa voix était si douce et pourtant empreinte de douleur, du moins ce qu’en devina le jeune homme. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire de se calmer, que tout irait bien, mais il ne bougea pas. Il se contenta de serrer ses mains sur ses avant-bras. Incapable. Indécis. Mais pas lâche, non. Il ne voulait pas l’effrayer, elle semblait l’être déjà bien suffisamment. Il souriait de toutes ses dents, car un jour on lui avait dit que son rire était communicatif, il espérait alors que son sourire l’était aussi. Il voulait la voir reprendre vie. Il rêvait de la voir rire de tout son cœur.

« Ce n’est pas faux » Elle avait repris un ton neutre, comme si elle subissait les choses sans réellement les vouloir, sans réellement les stopper. Mais où donc était passée sa force ? Cette même force qui l’avait fait se battre dans Poudlard, qui l’avait fait quitter le château en gardant la tête bien haute. Oh, ça vie avait dû être réellement dure pour qu’elle se laisse atteindre de la sorte. Andréa continue de sourire même s’il en a de moins en moins envie de le faire. Il commence à s’imaginer ce qu’elle a pu vivre et cela l’empêche de faire le fanfaron. Pourtant il se rappelle ce qu’il a proposé. C’était son idée de jouer, il faut qu’il aille jusqu’au bout. Il pense à Icare, son meilleur ami, celui qui rit tout le temps et qui arrive à remonter le moral à n’importe qui. Bah tiens, Andréa pense à lui et tout de suite il retrouve le sourire. La magie de ce mec va bien au-delà de tout ce que le mage noir ne pourra jamais faire. Bien fait sale chef des mangemorts. Prends-en de la graine ! Andréa laisse un sourire malicieux vagabonder sur ses lèvres et lance la première énigme. « La… langue ? »  Elle était bien trop rapide, cette fille est réellement trop forte, mais c’était merveilleux : elle se prenait au jeu. « Exact. » Capitula le garçon à contrecœur. Il était content qu’elle joue, mais triste de se sentir nul en devinette face à elle. Heureusement que c’était lui qui les posait et non l’inverse. Ils seraient bloqués dans ce square sans jamais se connaître l’un l’autre. Perdu dans ses pensées, le jeune homme oublia de donner la suite.

« Mon indice ! Enfin… Tu me dois un indice… » Et mieux, pendant un quart de seconde, Andréa sembla déceler une étincelle dans sa voix, comme si elle avait réussi à abandonner ses démons pour se concentrer sur le -beau- visage du né-moldu face à elle.  Seulement quand elle s’était reprise, elle avait récupéré son ton neutre. Comme si elle ne devait pas être heureuse, comme si elle n’en n’avait pas le droit. Il fronça les sourcils, quand il vit qu’elle s’avancer avant de se reculer. Pourquoi ? Avait-elle peur de lui ? Qu’avait-il fait de mal pour qu’elle doute de la sorte. « Le prochain indice ? » Non, elle était trop loin, trop sombre, sa voix semblait devoir traverser des kilomètres d’obscurité avant d’atteindre les oreilles du jeune homme. « Tu sais, tu peux t’approcher, je ne vais pas te manger… Et puis dans la lumière la nuit est moins sombre.  » Il s’arrêta de parler un instant. « C’est beau ce que j’ai dit là non ? » répliqua-t-il en riant légèrement. Il ne se connaissait pas cette âme de poète. Il espérait la détendre, la rassurer. Qu’elle vienne à lui, dans la lumière. Il voulait l’admirer encore. Tiens, comme cette chanson de Notre Dame de Paris, celle où on demande de voir encore une dernière fois. Lui ce serait une première fois. « Ne t’impatiente pas, ça arrive. Hum, on va dire qu’on me surnomme « triple A ». » Ce surnom était connu à Poudlard, mais pas de tous. C’était un jeu de lettres avec ses initiales : Andréa Arthur Aschton. Le triple A, mais se souviendrait-elle de cela ? En avait-elle déjà entendu parler un jour ? C’était possible, tout comme l’inverse aussi. Après, cela faisait bien longtemps qu’elle avait quitté Poudlard, avec un peu de chance elle croirait que c’était un gamin dans un gang. Après tout ‘triple A’ ça peut faire peur non ? Un pseudonyme de la sorte … Comme elle ne disait rien, il se permit d’y croire encore -et qu’elle ne faisait pas semblant de ne pas trouver juste pour lui faire plaisir- et il prononça l’énigme suivante. « Un homme habitant au 32ème étage d'un immeuble prend l'ascenseur tous les matins pour sortir de chez lui. Le soir, quand il revient du boulot, il prend l'ascenseur jusqu'au 25ème étage et fini le reste à pied, sauf quand il est accompagné dans ce même ascenseur. » Maintenant, à toi de jouer mademoiselle l’experte…

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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 11 Sep - 21:53





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L’inconnu semblait déçu que Lou ait trouvé si rapidement la réponse à son énigme. Il avait peut-être pensé qu’elle ne trouverait pas si facilement, que le petit jeu qu’il avait lancé durerait de longues minutes mais c’était mal connaître la joueuse. Il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Lou avait toujours adoré les jeux. Depuis sa plus tendre enfance, les jeux, les blagues, les fantaisies faisaient partis de son quotidien alors autant dire que sa devinette, elle ne cassait pas trois pattes à un canard. S’il voulait lui poser une colle, il allait devoir être bien plus imaginatif que ça et Lou l’attendait impatiemment. Doucement – mais surement – la jolie rousse se prenait à l’étrange jeu que cet étrange personne bâtissait dans cet étrange lieu. Les devinettes, les mots, les sourires asséchaient gentiment les larmes d’un monde détruit. Un à un, les neurones blessés se concentraient sur autre chose. Battement par battement, son cœur luttait plus fort contre le poison que la nouvelle avait déversée dans ses veines. A lui seul, il repeignait une à une les façades d’une ville intérieure noircie par la suie et les ténèbres du désespoir. Peintre de l’espoir. Il savait comment elle fonctionnait. Il se savait. Ce n’était pas anodin. Rien n’était anodin. Tous ces morts, tous ces pleurs, toute cette douleur… Tout ceci n’était pas anodin. En cette fin de nuit, Lou espérait qu’un jour cette catastrophe humaine prendrait fin, qu’un jour elle n’aurait plus peur de mettre un pied dehors le soir, qu’un jour elle n’aurait plus peur de ces silhouettes en noir qui la rendaient malade.

« Tu sais, tu peux t’approcher, je ne vais pas te manger… Et puis dans la lumière la nuit est moins sombre.  » Justement, elle se trouvait bien, à l’abri, sous ce petit lampadaire reculé. Le contact du métal glacé contre sa peau était rassurant. « C’est beau ce que j’ai dit là non ? » Et un rire traversa l’univers. L’élixir de l’espoir, de la vie. Lou releva son visage fatigué vers lui. Absorbée par ses paroles, elle n’avait pas remarqué que la lumière de son protecteur de métal avait faibli. Petit à petit l’oiseau fait son nid ! pardon pardon, c’était tellement tentant !. Petit à petit, la jeune rousse se sentait en proie aux ténèbres. La peur primaire d’être agressée par un mangemort la prit au cou. Etouffante. Lou se souvenait de cette nuit lorsqu’elle était rentrée chez elle, elle se souvenait de cette nuit comme si c’était hier. Sa clé ne voulait plus ouvrir la porte de son immeuble, indéniablement, elle refusait. Et elle, elle restait seule dans le froid, dans le noir. Seule jusqu’à ce que cette mangemorte passe dans le coin. Le souvenir de cette agression la poussa à avancer dans le noir. D’abord hasardeuse et piétant sur place, la demoiselle finit soudainement par presser le pas. Pas qu’elle était pressée de se retrouver face à cet inconnu aussi dérangé qu’elle, non non. Lou voulait simplement arriver dans ce cercle de lumière.

« Ne t’impatiente pas, ça arrive. Hum, on va dire qu’on me surnomme « triple A ». » Lou releva la tête et détailla l’endroit où elle se trouvait. Apeurée par cette obscurité, elle en avait fermé les yeux sur les derniers mètres. Le soulagement l’envahie lorsqu’elle constata qu’elle était bien arrivée, saine et sauve. Dans sa course folle, une mèche de cheveux était venue barrer sa vue. Mèche que, normalement, Lou aurait remise à sa place. Mais elle n’en fit rien. Cela n’avait plus d’importance. « Un homme habitant au 32ème étage d'un immeuble prend l'ascenseur tous les matins pour sortir de chez lui. Le soir, quand il revient du boulot, il prend l'ascenseur jusqu'au 25ème étage et fini le reste à pied, sauf quand il est accompagné dans ce même ascenseur. » Elle fut coupée dans sa chute morale. Décidément, il ne comptait pas la laisser broyer du noir. « Triple A ? » murmura-t-elle pensivement, plus pour elle-même que pour l’inconnu. « C’est un code ? » Ses yeux se posèrent sur la silhouette qui se trouvait un peu plus loin vers la balançoire. Décidément, ce Triple A ne lui disait rien. A vrai dire, Lou ne fit même pas le rapprochement avec Poudlard. Cette histoire était tellement ancienne qu’elle peinait à croire que ses anciens camarades se souvenaient d’elle. La magie était si loin désormais qu’à l’orée de ce halo lumineux, la jeune femme en avait presque oublié qu’elle existait. Elle fit mine de réfléchir. Que pouvait bien signifier ce Triple A ? « Je sais ! Tu fais partie d’une secte c’est ça ? » conclu-t-elle. « Ou alors… D’un gang ? » Elle porta sa main à son front puis à ses lèvres. Là, elle ne connaissait pas la réponse. « C’est pas ça… hein ? » Lou était triste de ne pas trouver la réponse à cette énigme, elle qui les adorait tant. Intriguée par cet étranger atypique, Lou s’avança lentement vers lui. Bientôt, son corps se retrouva près de la structure métallique de la grande balançoire. Elle semblait si grande, si vaillante plantée là dans cette terre depuis tant d’années. Tellement grande que la jolie rousse en eut le vertige. Pensivement, elle murmura quelques mots, quelques phrases pour elle-même. « Tous les matins, l’ascenseur, jusqu’en bas. Pourquoi pas le soir ? Pourquoi… Pourquoi il s’arrête au 25eme étage ? Pourquoi l’ascenseur s’arrête, déjà ? » Lou encercla entre ses fins bras le pied métallique de la grande balançoire et y posa sa joue. « Pour-… A moins qu’il appuie sur le 25eme bouton. » Et pourquoi donc appuierait-il sur le 25eme bouton et pas le trentième ?! Soudainement, Lou se rappela de l’époque où, enfant, on l’avait amené dans le grand building administratif du nouveau Londres. Dans ce grand ascenseur, elle s’était émerveillée devant la multitude de boutons parfaitement disposés en colonne. Là où elle avait eu du mal à atteindre le numéro quinze avec ses petits doigts. Les enfants…. Le souvenir de ce petit garçon sautant pour atteindre l’interphone de chez lui, le souvenir de cette petite fille sur la pointe des pieds pour appuyer sur le bouton qui ferait passer les feus du carrefour au rouge. La taille. « La taille… » Lou posa ses yeux sur l’inconnu. « La solution est la taille ! Sois c’est un enfant, soit une personne très petite ! Je pencherai plutôt pour l’homme très petit. Il ne peut pas atteindre le bouton de son étage car il se trouve trop haut. Mais quand un de ses voisins l’accompagne, le problème est résolu ! » Fière d’elle, Lou se mit à sourire timidement avant de revêtir son masque protecteur. Elle venait de résoudre deux indices sur trois. Il lui en manquait un… Elle n’allait pas connaitre son identité à cette allure là… « J’ai le droit à un autre indice ?... » s’osa-t-elle à dire.

Rapidement, une pensée s’imposa à elle. En se rapprochant, Lou n’avait pas remarqué la longue cape qu’il portait mais désormais, plantée et collée contre le pied de la balançoire, elle la voyait parfaitement. Si longue, trainant sur ses chevilles, aussi noire que les ténèbres. Il n’était pas moldu, non. Il faisait partie de l’autre clan, c’était une évidence. « Tu es… Tu n’es pas comme eux, n’est ce pas ? » Lou désigna du menton les hautes tours des HLM qui se trouvaient non loin du square. Elle n’avait pas voulu prononcer ce mot de moldu ni même sorcier. S’il était un sorcier, il comprendrait. « Personne, ici, ne porte de cape aussi sombre et aussi longue depuis longtemps. » Parfois, Lou se demandait ce qui pouvait bien passer par la tête de ces sorciers. Ils pensaient vraiment que la cape leur permettait de passer inaperçu ? Il n’y avait qu’eux ici pour se vêtir ainsi. Ce n’était pas le meilleur moyen pour se fondre dans la foule, vraiment pas.



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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Ven 12 Sep - 3:30

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Elle s’approchait de lui et plus rien d’autre ne comptait. Elle tremblait de haut en bas, elle hésitait, bougeait rapidement, comme si elle était toujours sur ses gardes, mais elle venait. Et lui restait aussi immobile que possible, faisant semblant de s’intéresser aux devinettes alors que la seule chose qui importait c’était qu’elle se rapproche, c’était qu’il la voit. Il observait avec délice chacun de ses mouvements, du moins ce que l’obscurité du lieu n’arrivait pas à lui cacher. Il lui sourit encore et toujours. Il avait tellement hâte de la retrouver, mais il ne voulait pas faire les choses trop vite. Et si elle le rejetait ? Et si elle avait cessé tout contact avec la magie et qu’elle en avait peur ? Elle arriva enfin à la lumière, devant ses yeux. Une jolie mèche rousse sur le visage, le jeune homme se retint d’aller à la remettre à sa place, derrière l’oreille. Il serra les poings sous sa cape noire qui balayait le sol et imperturbable annonça l’énigme suivante. Alors qu’elle ouvrait la bouche, comme pour répondre, le jeune homme se mordit la lèvre. Bon sang, elle était trop douée. « C’est un code ? » Malgré lui, un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres, elle se questionnait sur lui, plutôt que sur l’énigme. Et mieux encore, elle n’avait pas trouvé qui il était. Il n’arrivait pas à en être heureux. En fait il était triste. Etait-il réellement si insignifiant ? Ses amis l’avaient élevé au rang de leader, de chef et voilà qu’elle n’avait pas aucune idée sur son identité. Il était bien trop habitué à être connu et reconnu. Et celle dont il avait rêvé ne se souvenait même pas du moindre détail le concernant. « Je sais ! Tu fais partie d’une secte c’est ça ? Ou alors… D’un gang ? » Un éclat de rire quitta la bouche du jeune homme. « Je préfère parler de pseudonyme. Et, ah ah, non pas un gang on ressemble plus à un groupe de pote qu’un gang, mais je leur proposerais cette idée. »  Il aimait la voir réfléchir comme ça et chercher de toute ses forces la solution.

Cette fois-ci elle était dans la lumière, pas très loin de lui. En fait ils étaient face à face, elle à droite du portique et lui à gauche. Et il voyait ses yeux qui reflétaient la lumière du réverbère. Il voyait l’étincelle d’amusement, celle de la victoire et celle de l’envie d’aller plus loin. Elle se battait pour trouver, elle ne souriait pas encore, mais elle n’était plus la jeune femme passive au bar qui vivaient ses gestes par automatisme. Alors qu’il la contemplait, elle ouvrit la bouche pour réfléchir à voix haute. Le jeune homme avait souvent utilisé cette méthode, cela permet de mieux réfléchir, mais il avait dû l’abandonner quand on l’avait nommé chef du groupe. Les murs ont des oreilles, il fallait éviter de dévoiler ses plans d’attaques à l’ennemi, mais voir qu’ils agissaient de la même manière passa un baume dans le cœur du né-moldu. « La taille… » Elle avait enfin terminé son explication et pour ce faire, elle plongea son regard dans celui du jeune homme. Ils partagèrent une seconde folle que rien de concret ne peut d’écrire. Et elle coupa court à cela en donnant l’explication complète. « Exact, pour la seconde fois. Tu es bien trop douée. » complimenta le garçon. Il croisa de nouveau ses bras sur sa poitrine afin de trouver un nouvel indice qui ne le trahissait pas trop vite. Il gardait le troisième, trop évident et trop facile, pour la fin. « J’ai le droit à un autre indice ?... » Elle était pressée, elle avait envie de savoir … et de jouer encore ? Andréa aimait à penser cela. Il lui sourit et acquiesça. Elle savait qu’il allait le lui donner, il l’avait promis, mais la voir demander comme ça le rendait si heureux. Elle allait finir par sourire.

Alors qu’il avait presque trouvé, la demoiselle le prit de court. « Tu es… Tu n’es pas comme eux, n’est ce pas ? » Il tomba de haut. Qu’est-ce qui l’avait trahi ? Pourquoi soudainement avait-elle compris ? Qu’est-ce qui lui avait mis la puce à l’oreille ? Il allait se récrier pour se justifier, mais elle reprit. « Personne, ici, ne porte de cape aussi sombre et aussi longue depuis longtemps. »  La cape. Merde. Comment avait-il pu se rendre aussi négligeant ? C’était le fait d’avoir retrouvé les phénix qui lui avait fait perdre ses bonnes habitudes et puis aussi le fait d’avoir vu la rousse dans l’après-midi qui lui avait fait perdre la tête. Depuis qu’il avait quitté Poudlard il n’avait porté que des vêtements moldus, mais il devait reconnaître qu’avec les Phénix ils avaient récupéré quelques bonnes habitudes des sorciers. Même si ce n’est pas discret, c’est très pratique. « Et bien figure-toi que pour avoir chaud et voyager discrètement dans la nuit, c’est très pratique cette cape. » Ouais, non en fait. Cette fois-ci son excuse ne marchait plus vraiment. Il soupira. Si près du but. Comment avait-il fait pour rater son coup SI PRES DU BUT. Il tendit la main vers l’épaule de Lou, comme pour la rattraper si elle songeait à fuir, mais il vit qu’elle ne fit rien. Il avait l’air con avec la main tendue, qu’il remit bien vite dans sa poche. « Euh, désolée, j’ai cru que tu allais partir et j’allais te rattraper. » s’excusa-t-il. Elle allait finir par le prendre pour un dingue, alors qu’en temps normal il était plutôt mesuré, ce n’était pas de sa faute s’il était perdu. Il plongea son regard dans le sien et prit une profonde inspiration pour dire la vérité. « Je ne suis pas comme eux Lou, ni comme les autres, mais je suis comme toi. » Un né-moldu, un rejeté, un banni, un sans-baguette, un oublié, un humilié. Tout cela à la fois. Il savait par quoi elle était passée et il pouvait la comprendre et il savait qu’ils étaient peu nombreux. Il fallait lui laisser quelques secondes pour reprendre le choc, elle ne devait pas s’y attendre. « Tu ne te souviens toujours pas moi ? Andréa Arthur Aschton, soit triple A. J’étais à Poudlard avec toi, tout comme mon ‘groupe’ ou ‘gang’ » rajouta-t-il pour tenter de détendre l’atmosphère. « Icare -que tu as vu tout à l’heure, celui à la moustache-, Wendy et Swan. On avait un an de moins que toi, mais ils nous ont pris notre baguette aussi. Nous avons dû fuir tout comme toi. Je ne prétends pas tout savoir, mais je suis là parce que je peux comprendre ce que tu as sur le cœur. » Il n’avait pas prévu de dire cela, il ne voulait pas que ses anciens démons reviennent la hanter, c’était con. Elle allait se refermer. Il avait tout raté. Elle allait être déçue et elle allait bientôt partir, mais cette fois-ci il l’en empêcherait. A quatorze ans, il avait été trop jeune pour la rattraper, à vingt et un ans, il lui courrait après. Foi d’Aschton.

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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Sam 13 Sep - 5:10





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Leur regard s’étaient croisés. Une seconde. Une fraction de seconde. Une si infime fraction temporelle qui avait pourtant suffis à provoquer un raté dans le battement régulier du cœur de la demoiselle. Ils s’étaient croisés dans un silence, dans ce silence qui les avait enveloppés. L’un protecteur, l’autre ailleurs. L’un avait ouvert ses bras et l’autre s’y était réfugié. Dans cette bulle de lumière, ils auraient pu se croire invincibles. Ils auraient pu s’imaginer en sécurité. Un moment qui n’appartenait qu’à eux où même le vent n’avait plus sa place. Un moment éphémère si précieux qui laisserait des traces de son passage dans le cerveau des deux individus. Nul besoin de parole, nul besoin de contact, leurs yeux s’étaient trouvés et Lou n’en était que plus perturbée. Vaincue par sa timidité, elle avait fini par détourner les yeux vers ses pieds en resserrant la barre métallique contre son corps. Etrangement, ce soir ce froid glacial la rassurait. Elle avait peur. Peur de tout ça. Peur de cette guerre, de la mort, de la douleur. Peur de la perte et de l’abandon. Peur de l’avenir, tout simplement. Chaque rencontre était pour elle une épreuve abominable. Elle qui bâtissait des montagnes à l’aide de ses petites mains, elle qui la voyait détruite par les bombes de cette guerre. Un jour à rire, le lendemain à pleurer. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que demain, elle ne reverrait peut-être pas cet inconnu. Une vie est si fragile, si volage. Elle voulait vivre au jour le jour, vivre comme si demain n’existait pas. Comme si ces instants qu’elle aimait tant n’allaient jamais mourir. Elle voulait sortir de cette prison de béton que le Ministère lui avait construit. Sortir de cet endroit étouffant et hostile, parcourir le monde et s’y perdre. Il n’y avait rien de pire que de se sentir libre et pourtant si prisonnière. C’était tout simplement injuste. « Exact, pour la seconde fois. Tu es bien trop douée. » Ses lèvres s’étirèrent timidement sous quelques mèches que le vent balayait.

« Et bien figure-toi que pour avoir chaud et voyager discrètement dans la nuit, c’est très pratique cette cape. » Lou ne le croyait pas. La cape n’avait jamais rien eu de discret. Elle était tellement longue que le drapé bruissait vulgairement à chaque mouvement. Elle allait répliquer à sa remarque mais le son de sa voix mourut dans un souffle en voyant la main de l’inconnu s’avancer vers elle. Surprise, elle sursauta avant de reculer d’un pas, ne sachant pas à qui elle avait à faire. « Euh, désolé, j’ai cru que tu allais partir et j’allais te rattraper. » Elle le regarda, plantée là, les bas ballants. Elle ne comptait pas partir, non. Elle ne comptait pas bouger de là avant un moment. Elle était venue, elle avait surmonté ses démons et il était hors de question qu’elle rentre maintenant. Et elle voulait encore moins rentrer depuis ce qu’il venait de dire. C’était étrange, cette sensation, ce sentiment que l’on pouvait ressentir après que quelqu’un ait tenté de vous retenir. Cette sensation d’exister, ce sentiment d’importance aux yeux de quelqu’un. Même d’un illustre inconnu. Personne ne pouvait rester indifférent face à ce geste. Personne et surtout pas la jolie rousse. Lou sentait son regard posé sur elle. Elle tritura timidement l’une des manches de son pull. « Je ne suis pas comme eux Lou, ni comme les autres, mais je suis comme toi. » Instantanément, la née-moldue releva son visage vers lui. Comme elle ? « Tu ne te souviens toujours pas moi ? Andréa Arthur Aschton, soit triple A. J’étais à Poudlard avec toi, tout comme mon ‘groupe’ ou ‘gang’ » Et au fur et à mesure qu’il parlait, les souvenirs remontèrent lentement à la mémoire de la jeune femme. Aschton... Elle avait déjà entendu ce nom, déjà entendu résonner dans les couloirs de Poudlard dans les murmures et les messes-basses, déjà entendu lors de la descente des mangemorts, déjà entendu récité dans la cours de Poudlard. Son cœur se serra. Ils étaient des dizaines, des dizaines privés de magie, des dizaines détruits. « Je me souviens… » Murmura-t-elle doucement désormais perdue dans l’espoir et la vie qu’émanaient les yeux de cet homme. Oui, elle se souvenait. Elle se souvenait de ce visage croisé dans les couloirs, de cette voix entendue dans la salle commune de Gryffondor. C’était une voix que l’on n’oubliait et Lou se sentit soudainement bête de ne pas l’avoir reconnu plus tôt. Elle le revoyait là, non loin d’elle lors de l’annonce de leur expulsion de Poudlard. Elle le revoyait aussi abattu qu’elle lorsque sa baguette fut brisée. Lui et ses amis. Des nés-moldus, tout comme elle. « Je… Je t’ai croisé dans les couloirs, dans la salle commune. Et puis… Tu étais là, aussi, quand… quand… quand… » Inutile de remuer le couteau dans la plaie, il savait qu’elle savait. Elle préféra enchainer sur autre chose : « Quand… on me marchait sur les pieds. Je m’en souviens. » Bonjour, preux chevalier, êtes-vous libre ce soir ? Elle est où la donzelle à sauver ? Enchainons. « J’ai toujours pensé que tu… enfin… C’est bête mais j’ai toujours cru que tu étais un sang pur. » Bim. Lou et sa maladresse légendaire. L’infamie suprême. « Nan mais pas que.. enfin… » Elle soupira. « Je m’enterre… » Conclut-elle, désespérée. Oui. Après tout, s’il était sympa, il allait peut-être te refiler une pelle pour creuser ta tombe. Ou t’assommer, à voir. « Je suis désolée, ce n’est pas ce que je voulais dire… » Un peu quand même. Lou l’avait toujours vu trainer en bande. Lui était accompagné, elle était seule. Lui résistait, elle se laissait marcher sur les pieds. Il était grand et fort, elle était petite et frêle. Jamais elle n’aurait pensé qu’il était un né-moldu. Jamais jusqu’à ce qu’elle le voit ce fameux jour. « Qu’est ce qui t’amène ici ? » A ton avis, bécasse ? « Enfin, je sais que vous êtes cloitrés ici aussi… » Mais encore ? « Du coup ma question est débile… » Voilà. « … Je m’enterre encore, c’est ça ? » Non, du tout ! Elle cessa de parler en espérant qu’il prendrait le relais. Timidité et maladresse n’avaient jamais fait bon ménage. Et pourtant, elle en avait presque oublié l’immense tristesse qui s’était emparée de son corps.


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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Lun 22 Sep - 10:36

Une nouvelle vie commence aujourd'hui
lou & andréa




« Je me souviens… » Trois petits mots mais qui pourtant firent bondir le joie le cœur du jeune homme. Elle se souvenait de lui, elle se rappelait les galères qu’ils avaient vécues ensemble mais séparément. C’était si étrange de parler de cela maintenant et pourtant c’était ce qu’il voulait ce qu’il attendait ! Il mourrait d’envie de la serrer dans ses bras et de lui montrer que lui ne l’avait jamais oublié, mais il savait qu’il n’allait que l’effrayer un peu plus. Il se contenta de serrer ses doigts dans ses poings. Il la regarda chercher ses souvenirs et baisser les yeux. Elle murmurait, elle était dans ses pensées, elle ne voulait pas plonger son si beau regard dans ses yeux, comme si elle avait peur de lui et de ce qu’il pourrait lui apporter. Andréa ne savait pas comment faire, il voulait lui prouver qu’il était à ses côtés et qu’il se battrait pour elle. Oui, il donnerait sa vie pour elle si elle le lui demandait et pourtant il ne savait pas comment faire. Il n’avait jamais aimé une fille de la sorte, personne ne l’avait autant intrigué, personne ne lui avait jamais retourné les pensées de la sorte. Elle, la si petite et si forte Lou. Il sourit, parce qu’il ne pouvait lui offrir que cela pour l’instant, il ne pouvait pas faire mieux.

« Je… Je t’ai croisé dans les couloirs, dans la salle commune. Et puis… Tu étais là, aussi, quand… quand… quand… Quand… on me marchait sur les pieds. Je m’en souviens. » Un sourire plus grand encore se dessina sur ses lèvres. Il se souvenait tellement de ce jour-là, elle l’avait repoussé parce qu’elle préférait agir seule, comme toujours, mais au moins elle l’avait remarqué. Il en oublia la profonde blessure dans son orgueil, lui qui se croyait un chevalier servant parfait, car elle avait guéri quand elle avait posé son regard sur lui. Un simple regard reconnaissant. Malgré ce que disaient ses mots, elle ne le haïssait pas. Elle était obligée de jouer un rôle, parce que les né-moldus étaient traqués et haït. Elle était obligée et il comprenait. « J’ai toujours pensé que tu… enfin… C’est bête mais j’ai toujours cru que tu étais un sang pur. » … Andréa cligna des yeux plusieurs fois. Un sang-pur ? « Tu m’insultes là ou .. ? » Lequel des deux étaient le plus maladroit ? On le verrait par la suite. Les mots s’étaient à peine formés dans le cerveau du beau-gosse tatoué qu’ils avaient franchi ses lèvres… et déjà il les regrettait. En fait cela changeait totalement la vision qu’elle avait de lui et il en ressentit une grande honte. Si elle était une née-moldue : tout le monde le savait, même les araignées dans le château étaient au courant. Et qu’elle l’ignore de lui !, mais qu’est-ce que cela signifiait ? Qu’il s’était caché ? Qu’ils avaient joué un faux rôle ? Alors que Lou était comme lui. Un frisson parcourut son corps, il se sentait coupable de pas l’avoir défendu, de ne pas avoir parlé avec elle, de ne pas lui avoir montré qui il était, de ne pas s’être battu à ses côtés. « Nan mais pas que.. enfin… » Elle soupira en même temps qu’il le fit, même si cela ne signifiait pas la même chose pour eux deux. Il voulait juste qu’elle se rende compte qu’elle avait raison, elle n’était peut être pas très fine, mais lui aussi était bien loin de l’être, et puis c’était de sa faute, il n’avait qu’à pas être comme ça quand il était plus jeune -et con. « Je suis désolée, ce n’est pas ce que je voulais dire… » Il sourit tristement. Il se sentait faible et déplacé. Qu’est-ce qu’il était venu chercher ici ? Une jeune fille qui s’excusait alors qu’il lui avait causé du tort ? Sûrement pas, mais elle ne semblait pas contrôler ses paroles… depuis quand n’avait-elle pas pu parler librement ? Il ferma les yeux et tenta d’imaginer sa vie. En réalité, il ne pouvait pas comprendre, lui avait eu trois amis avec qui il pouvait tout partager. Elle n’avait pas eu cette chance, quel imbécile ! Il croyait qu’il pouvait débarquer comme cela dans sa vie et lui montrer que tout était beau ? Il était bien trop naïf. C’était normal qu’elle le blesse, même involontairement, il le méritait. « Qu’est ce qui t’amène ici ? Enfin, je sais que vous êtes cloitrés ici aussi… Du coup ma question est débile… Je m’enterre encore, c’est ça ? » Elle s’arrêtait tous les quatre mots et tentait de se reprendre à chaque fois. Elle était si mignonne, une fois qu’elle laissait tomber la peur. Son cœur se serra une fois de plus, il n’avait rien à faire dans sa vie. Il n’avait pas le droit d’apparaître comme ça après toutes ces années alors qu’elle avait sûrement vécu des milliers de choses atroces et elle, elle les avait vécu seule.

Après un temps de silence, Andréa opta pour reprendre la parole. « Tu sais, tu n’es pas obligée. » Soupira-t-il. C’était plus fort que lui, il était souvent optimiste, mais cette fois-ci il était tellement gêné, qu’il avait l’impression de gêner Lou… « Même si je suis très heureux que tu me parles et me répondes, que tu tentes de relancer la conversation, que tu sois venue à cette heure tardive… tu n’es pas obligée de faire semblant de t’intéresser à moi. Je … je ne sais pas ce qui m’a pris. Quand je t’ai vu dans ce bar, j’ai eu un sursaut d’espoir. Je t’avais retrouvé, toi la petite Lou si forte qui m’avait tant marqué à Poudlard. Et j’ai foncé, mais c’était con de ma part. Tu vies ta vie, maintenant, tu as l’air intégrée dans ton travail, dans la vie moldue… moi j’ai cru … j’ai cru qu’on avait traversé les mêmes choses, mais je me rends compte que j’ai baigné dans un cocon, si tu n’avais pas même su que j’étais un né-moldu à Poudlard … putain j’ai honte ! J’en suis fier de mon sang, je suis fier de mes parents, fuck le régime du mage Noir ! » Il tenta de sourire, mais il n’osait plus. Il se sentait déplacé, mal à l’aise. Il aurait voulu lui crier qu’il avait besoin d’elle, mais il se sentait si nul à ses côtés. Elle était bien trop haute pour lui, elle était bien trop bien. Il avala sa salive avec difficulté et repris. « Fin, j’arrête-là mes conneries. Je te ramène chez toi pour que tu puisses profiter d’une bonne nuit de sommeil et promis je ne t’embêterai plus après. » Il sortit sa jambe, comme pour marcher avant de s’arrêter, il ne savait même pas où elle habitait et pire encore, il se rendit compte qu’il l’avait fait marcher dans la nuit noire, à travers la ville. Quel con. « Non.» C’était sa voix, à ne pas en douter. Et elle avait repris son assurance, elle avait repris quelque chose de la Lou forte, pas celle qui essuyait des verres sans rien regarder autour d’elle. Ce ‘non’ lui fit l’effet d’une douche froide et pourtant une douche salvatrice. Elle ne voulait pas qu’il s’en aille ? Elle méritait peut être qu’il avait le droit de rester un peu plus ? Qu’il n’était pas si nul … fin si, il l’était, mais elle refusait de voir la vérité ? Un immense sourire lui s’installa sur ses lèvres. Bordel, qui était-elle pour lui faire remuer tous ces sentiments en si peu de temps ? « Euh, ok. Je… suis hyper mal à l’aise. J’avoue que je traîne H24 avec des filles depuis … hum sept ans !, et pourtant je ne suis toujours pas habitué aux autres femmes. Je sais pas trop comment réagir. Je parle trop. Je vais répondre à tes questions et j’irai m’enterrer avec toi. Quoique non, ces blagues ne sont pas très drôle vu le nombre de morts en ce moment… » Si seulement tu avais vu la boulette venir avant de le dire mon pauvre Andréa. Le jeune homme pourtant ne vit rien et se contenta de fermer les yeux pour tenter de se souvenir des questions. « Bah nous on était caché dans une maison abandonnée en bordure de Londres de nos 17 ans à nos 20 ans. Et puis là on a découvert -enfin- les Phénix alors on se prépare à la bagarre du siècle, on est cloitré chez eux, ils ne nous donnent pas des masses de responsabilités, mais comme ils sont obligés de nous faire confiance -bah quoi on est des né-moldus, si on doit suspecter des traitres, on est bien les seuls hors de causes- et ça les embête et nous on en profite. Que dire d’autre ? Je crois pas que le Lord nous recherche trop, il a dû nous oublier depuis, ou alors on est trop insignifiant. » Il s’arrêta un quart de seconde. Oui, il était bien passé du mec tout tristounet à l’adolescent pipelet. « Et euh toi … ? Tu euh, es engagée dans la résistance ? » demanda-t-il innocemment, sans savoir réellement pourquoi. Il savait qu’elle ne l’était pas, mais c’était une demande sûrement habitée d’un besoin irrépressible de l’avoir à ses côtés.


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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Jeu 9 Oct - 7:13





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La jolie rousse avait enfin fini par affronter sa timidité légendaire mais de la manière la plus invisible possible. Il ne fallait pas exagérer non plus, elle ne comptait pas se planter devant lui et ouvrir grand ses yeux pour le détailler. Discrètement, ses pupilles claires osèrent se poser sur le visage de son interlocuteur, détaillant avec attention le moindre relief et la moindre couleur. Étrangement, il avait quelque chose de réconfortant. Quelque chose qui murmurait lentement Ne t’inquiète pas, tu n’es plus seule. Ce n’était pas la première fois qu’elle rencontrait ce genre de visage. Elle avait vu passer plusieurs moldus avec la même expression et jamais il ne l’avait laissé indifférente. Des mères, des jeunes femmes, des hommes, des personnes âgées, … Elle le savait, l’humanité vivait encore. Au fond d’elle, elle était certaine que ce visage allait rester gravé dans sa mémoire. Un jour, dans le noir, elle réussirait à redessiner ses traits et à les colorier comme elle l’avait fait pour ses parents, étant petite, jusqu’à ce que le temps dilue ses souvenirs. Sa mémoire n’était plus qu’une vieille pellicule rongée par le soleil et l’oxygène où les couleurs des souvenirs s’étalaient avec désespoir comme une goutte d’encre sur du papier. Peu à peu, les contours s’effaçaient jusqu’à totalement disparaitre. Peu à peu la tristesse, la haine et la douleur se mélangeaient dans un immense ballet de renonciation. Et pourtant, pourtant le bleu de ces yeux là n’allait pas s’effacer. Qui pouvait bien rayer de sa mémoire le visage d’une personne qui vous donne rendez-vous dans un parc, seule, alors que la menace rode parmi les ombres ? Personne. Surtout pas Lou. Elle était de ces personnes sensibles et attachées aux détails, si attentives à la moindre chose que leur mémoire menaçait d’exploser sous le trop plein d’informations. Elle était de ces gens qui fermaient les yeux et tentaient de redessiner un visage, de se remémorer une odeur, la caresse d’une main sur leur joue. Elle était ce genre de fille à se battre contre le temps et les effets de l’éloignement. Au fond, elle avait peur de ne plus pouvoir se souvenir de la couleur des yeux d’une personne importante. De Liam. Peur de ne plus se remémorer l’odeur et la chaleur de Liam, son sourire, son rire. Il vivait encore, enfoui dans sa mémoire, bien à l’abri des mangemorts enragés. Il vivait là, près d’elle, et le temps était déterminé à s’en emparer. Lou constatait déjà avec horreur qu’elle était condamnée à être perdante. Déjà, des zones floues se dessinaient sur son visage. Déjà, son odeur s’était envolée. Lorsque l’eau se serra propagée entièrement, elle perdra. Et lui... Lui sera bel et bien mort.

« Tu sais, tu n’es pas obligée. » L’Anglaise revint rapidement à elle. Ses sourcils se froncèrent sous l’incompréhension mais avant qu’elle n’ait eu le temps de le questionner, Andréa reprit la parole. Elle n’avait pas remarqué qu’un silence s’était imposé entre leurs deux corps après sa dernière question. Elle était partie, lentement mais surement, rejoindre ses pensées. Encore une fois depuis ce tragique évènement, elle s’était perdue dans son cerveau à la recherche de questions auxquelles elle ne trouverait jamais de réponses. Et lorsqu’il étala le fond de sa pensée, Lou se sentit mal à l’aise.  Tu n’es pas obligée de faire semblant de t’intéresser à moi. Abattue par cette remarque, elle sentit son cœur s’alourdir et menacer de lui voler un haut-le-cœur. Pourtant elle ne détourna pas les yeux. Son regard était planté dans le sien, déterminé à déceler une once de mensonge. Mais il n’y avait rien de cela. Il réprimait quelque chose qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Et elle s’en voulait. Elle n’avait pas le courage de se battre. Elle ne l’avait plus. Ils étaient partis avec. Elle n’avait plus envie de se battre, plus envie de relever la tête, de respirer une nouvelle fois pour mieux se noyer. Elle n’avait pas la force se battre pour elle, pour lui, alors elle se taisait et écoutait. Elle l’écoutait se culpabiliser, elle l’écoutait lui montrer qu’elle avait été totalement à côté de la plaque à Poudlard. Alors, lorsqu’il voulut la ramener chez elle, le sang de la jeune fille ne fit qu’un tour dans son être. Sans vraiment qu’elle ne sache pourquoi, sa main s’élança automatiquement vers l’épaule d’Andréa et ses doigts se refermèrent sur sa cape sombre. « Non. » Le cœur battant, le souffle court sous le pic d’adrénaline qui s’était déversé dans ses veines, elle bredouilla : « Attends… » Attendre quoi ? Ses jointures lui faisaient mal tellement ses doigts étaient crispés sur le vêtement du jeune homme. Alors, Lou, attendre quoi ? Soudainement intimidée par son propre geste, elle desserra sa prise et ramena sa main vers sa propre épaule en soupirant profondément. « Je ne suis pas venue ici pour que tu me plantes après cinq minutes. » Lou se sentait bête. Tellement bête. Elle n’avait qu’une envie : disparaitre dans milles pieds sous terre. En même temps, lui non plus ne semblait pas à l’aise. « Euh, ok. Je… suis hyper mal à l’aise. J’avoue que je traîne H24 avec des filles depuis … hum sept ans !, et pourtant je ne suis toujours pas habitué aux autres femmes. Je sais pas trop comment réagir. Je parle trop. Je vais répondre à tes questions et j’irai m’enterrer avec toi. Quoique non, ces blagues ne sont pas très drôle vu le nombre de morts en ce moment… » Et voilà. Le poignard était lancé. Tout son être se révolta alors qu’Andréa ferma les yeux. Les larmes montèrent rapidement aux yeux de la jeune femme qui se fit violence pour les ravaler. Ses mains, ses jambes se mirent à trembler. Il ne fallait pas qu’elle se laisse abattre, pas maintenant. Pas maintenant ! Et pourtant, la douleur était si forte, si destructrice qu’elle eut du mal à tenir sur ses jambes vacillantes. Andréa ne devait pas constater son état. Non, il devait rester dans l’ignorance. C’était mieux pour tout le monde. Lou essuya un haut le cœur avant de se concentrer sur le flot de paroles que déversait le né-moldu. La fine brise qui effleurait sa peau et jouait dans ses cheveux l’aida à reprendre le dessus sur ses émotions. Peu à peu, elle finit par oublier le prodrome acide de ses crises d’angoisses. A ce qu’il disait, il avait réussi à échapper aux griffes du Ministère et du Lord. Un coup de chance. Elle, n’avait pas été si intelligente pour tenter de se cacher. Et puis vint la question de son allégeance.

« Tu penses vraiment qu’il peut être vaincu ? Tu crois vraiment qu’un jour tout ça s’arrêtera ? Regarde-nous… On ère dans une ville où dominent l’insécurité et la menace. Ils sont partout. D’ailleurs ça m’étonne qu’on ne se soit pas encore fait surprendre. Il a mis ses pions partout et même les meilleurs tombent. » Son cœur se serra. Elle détourna son visage vers l’obscurité. « J’ai l’impression qu’on a atteint un point de non-retour. » Un soupire brisa la barrière que ses lèvres venaient de former. « Toi… Toi tu voudrais te battre, ça se voit. Mais voudrais-tu y laisser ta vie ? » Lou n’était pas certaine de vouloir entendre la réponse. Tous ces morts autour d’elle avaient développés chez elle une angoisse qu’elle peinait à contrôler. Elle ne voulait plus s’attacher. Elle ne voulait plus voir ceux qu’elle aimait lui être enlevés. « Ils nous ont tout pris… Tout. Tu voudrais aussi leur donner ta vie ? » Elle était révoltée. Triste. Désillusionnée. La guerre n’avait jamais été faite pour elle. Jamais. « Que feras-tu lorsque ton meilleur ami se fera tuer sous tes yeux, Andréa ? » Ce soir, et comme depuis de bien trop nombreux soirs, Lou était d’une lucidité beaucoup trop délétère. La rousse allait continuer à poser ses questions lorsque le craquement d’une branche morte la fit sursauter. Tendue comme un arc, elle se retourna vers la source sonore en faisant un bon en arrière. Son dos percuta Andréa ce qui lui arracha un spasme respiratoire. Une furtive excuse balayée par le vent, elle conclut, aux aguets : « T’as entendu ? » Ses yeux scrutèrent la pénombre à la recherche d’une forme quelconque. Devenait-elle paranoïaque ? Elle était persuadée que non. Sans crier gare, elle se retourna pour faire face à Andréa, appuya ses deux mains sur son torse et l’obligea à reculer vers le centre du cercle lumineux dans lequel ils se trouvaient. Une fois fait, elle se retourna de nouveau, à l’écoute. S’il n’y avait rien, elle allait vraiment passer pour l’idiote de service. Vraiment. Elle allait finir par s’écrouler.




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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Mer 15 Oct - 6:56

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Elle restait. Ce n’avait été qu’un simple « non » en apparence, mais dans le corps du jeune homme cela avait été beaucoup plus. Comme si une violente vague avait balayait le peu de doute qu’il lui restait avant de faire place à la douceur d’un coucher de soleil dans son cœur. Elle restait. C’était l’espoir qui renaissait, c’était l’amour qui le faisait agir. Il ne pouvait plus détacher son regard d’elle, il ne pouvait plus entendre les bruits aux alentours, il ne pouvait plus penser. Elle restait. Et même mieux, elle voulait rester. Un large sourire s’étala sur les lèvres du brun avant de se retirer. Il devait rester sérieux, il ne devait pas l’effrayer, elle ne savait presque rien de lui, elle l’avait oublié, comment pouvait-il arriver et la regarder en souriant de la sorte ? Il n’avait plus qu’à sortir une bague et la demander en mariage. Non, il ne pouvait pas faire cela, il avait trop peur de la perdre. Pourtant elle lui faisait tourner la tête, elle le faisait oublier sa prudence. Il l’avait invité dans un endroit sombre et désert. Pourquoi ? Parce qu’il était fou. Fou de cette fille-là. Il baissa les yeux et la regarda s’avancer lentement vers lui. Elle n’était pas assurée, mais elle restait. Il mourrait d’envie de la prendre dans ses bras, mais il retint sa pulsion du mieux qu’il le put et serra ses bras contre son torse.

Alors il se mit à parler, de tout, de rien, de choses et d’autres, la seule chose dont il était sûr, c’est qu’il ne pourrait pas répéter. Les mots sortaient tout seul parce qu’il savait qu’il devait parler, ce serait trop glauque si en plus un blanc s’installait (un silence hein, pas un humain) entre les deux. Andréa sentait les mots se former dans son esprit et jaillir de sa bouche, son appareil auditif par contre n’était plus en marche. Ses pensées n’étaient concentrées que sur la faible lumière qui illuminait la rousse. Merlin qu’elle était belle. Soudain le silence s’installa malgré lui, alors il sut qu’il devait se concentrer de nouveau, il n’avait plus rien à dire et elle, en bonne jeune femme bien élevée, avait sûrement attendu que l’adolescente pipelette qu’il était devenu se taise. Il la regarda avec douceur et ses épaules se relâchèrent, comme si une pression qui l’habitait venait de se détendre. Il n’avait pas peur quand il était avec elle, mais il ressentait le besoin de la protéger. Or elle n’en avait pas besoin. « Tu penses vraiment qu’il peut être vaincu ? Tu crois vraiment qu’un jour tout ça s’arrêtera ? Regarde-nous… On ère dans une ville où dominent l’insécurité et la menace. Ils sont partout. D’ailleurs ça m’étonne qu’on ne se soit pas encore fait surprendre. Il a mis ses pions partout et même les meilleurs tombent. » Il refusa de détacher son regard de la rousse, mais un frisson lui parcouru l’échine. Oui, c’était possible qu’ils soient déjà là. Et dans ce cas-là il se sentirait bien bête, lui qui était tout prêt, qui avait toujours un coup d’avance, qui leur avait échappé pendant de nombreuses années, aurait pu être pris à cause d’une merveilleuse boulette. Malgré lui, un faible sourire se forma sur ses lèvres. Même s’ils se faisaient arrêter maintenant et qu’il avait le choix de recommencer, il l’aurait refait. Pour passer quelques secondes avec Lou, car oui, parler avec elle, valait plus que toutes les libertés du monde. « Toi… Toi tu voudrais te battre, ça se voit. Mais voudrais-tu y laisser ta vie ? Ils nous ont tout pris… Tout. Tu voudrais aussi leur donner ta vie ? » Les questions de la demoiselle étaient des questions de rhétorique, comme si elle n’attendait pas de réponse. Comme si elle voulait juste faire jaillir cette étincelle de vie en lui, pour le remettre sur pied, pour le forcer à aller de l’avant et pour abandonner derrière lui cette vie. Seulement, il savait qu’il en était incapable, il voulait se venger, il voulait montrer au Seigneur des Ténèbres et à ses sbires qui il était. Il voulait que tous sache qu’il allait se battre et les tuer. Oui, il voulait tuer. C’était une idée de vengeance, une idée bien trop noire, mais dans ce monde personne n’était tout blanc. Encore moins lui. Comment un sorcier pourrait-il comprendre ce qu’il a vécu ? Comment la honte dans laquelle il s’était retrouvé pourrait-elle être réparée ? Rien ni personne ne pourrait rétablir son honneur blessé. Il ferm a les yeux. « Que feras-tu lorsque ton meilleur ami se fera tuer sous tes yeux, Andréa ? » L’image d’Icare étendu sur le sol, les bras en croix, les yeux fermés, lui fit mal au cœur. Jamais il ne voudrait voir cela, il le défendrait corps et âme. Il se battrait pour ses trois amis. Il était le leader, c’était son rôle. Jamais il ne leur arriverait rien. Son œil pourtant le piquait. Comme si une larme salée voulait s’en échapper. Il savait ce qu’était la guerre et surtout, il savait qu’ils n’étaient pas prêt. Personne n’était prêt. Jamais. Il se mordit la lèvre, comment lui répondre ?

Le corps de la demoiselle rebondit sur lui. « T’as entendu ? » Et ses mains s’agrippèrent à sa poitrine. Il aurait voulu qu’elle ne les lâche pas. Sans bien savoir ce qu’il faisait, il lui attrapa les mains et les serra délicatement. Signifiant par cette poussée qu’il était là pour la protéger s’il le fallait. Malheureusement non, il n’avait pas entendu. Il était trop concentré dans ses pensées. ET MERDE. Voilà qu’ils allaient se faire attraper et qu’il n’avait rien pu faire. Qu’il avait oublié d’être sur ses gardes. Alors, sans savoir pourquoi, il l’attira à elle et ils reculèrent dans la pénombre. Oui, elle venait de les mener au centre de la lumière, mais il fit l’inverse. Le plus discrètement possible, toujours en tenant ses mains. C’était sûrement déjà trop tard s’il y avait quelqu’un, mais bon… Il attendit quelques secondes que ses yeux s’habituent à l’obscurité, puis il détacha sa cape qu’il mit sur elle. Voilà, là elle était invisible. « Shut. » mima-t-il en posant un doigt sur la bouche de la demoiselle. Et patiemment ils attendirent. Pourquoi n’avait-il pas pensé à prendre un balai ? Pourquoi était-il complètement cinglé et fou ? Toujours aucun bruit sinon celui de son cœur qui battait de plus en plus vite. Soudain, il l’entendit. Un bruit de pas, vers la gauche. Il tourna la tête. « Oh putain bordel de merde, ça fait une heure que je te cherche ! » Le soupir de soulagement qu’il lâcha en reconnaissait la voix le détendit complètement. Puis il éclata de rire, un rire totalement nerveux. « Non, mais rigole pas ! T’imagine même pas ce que j’ai dû faire pour arriver là et … OK J’AVOUE. Je t’ai suivi et j’suis tellement dégoûtée que cette branche se soit cassée. » Le regard du brun se fit choqué. Il attrapa la main de Lou, puis la relâcha se sentant bête. « 20 ans qu’on se connaît And’, et voilà que maintenant tu me fais des infidélités et que tu vas voir une autre fille. Sympa. » Andréa n’arrivait pas à en caser une, quand Swann se mettait à parler, c’était fini. Personne ne pouvait plus en caser une. « Swann, stop ! Calme toi. » Il l’attrapa par le bras. « Tu m’espionnais ? Mais putain Swann. » Le jeune homme était vert de rage, qu’est-ce que Swann était en train de lui faire ? Elle s’ennuyait tant que cela pour la faire chier ? « Qu’est-ce que tu me fais-là ? » Seulement quand la jeune femme a décidé de quelque chose, il est presque impossible de la faire changer d’avis. Et surtout de la couper avant qu’elle n’est terminé tout ce qu’elle avait à dire. « Non mais bouge, ils vont pas être content de voir que t’es pas là. DEPECHE TOI J’ATTENDS PAS. » L’ancienne serpentard jette un regard mauvais à Lou, sûrement pas fait exprès, puis s’en va sur le balai qu’elle tenait en main. Il en reste un second sur le côté. « Euh, Lou, je suis désolée. Elle est complètement tarée, mais c’est une fille bien, je t’assure. Je sais pas trop quoi te dire, c’est vrai qu’ils ne sont pas aimer si je rentre trop tard. J’ai encore plein de choses à te dire, mais je ne sais pas trop. Je crois qu’il faut que j’y aille. Je … on reparlera une autre fois. Enfin, d’abord je te ramène non ? » Et sans lui laisser le choix, Andréa lui attrape la main et la pose sur le balai. « On peut largement y aller à deux. Tu sais conduire un balai non ? » Et sans lui laisser le choix, il s’assoit devant et attend qu’elle se mette derrière. Ils sont prêts pour une virée entre amis.

« Je te laisse-là donc ? » Et alors qu’elle acquiesçait d’un signe de tête, il lui attrapa la main et déposa une léger baiser sur la joue. « On se voit bientôt hein ? » Avant de s’envoler vers chez lui.



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MessageSujet: Re: If we're hold on together. (Androu, la force du fruit) [Terminé]   Sam 18 Oct - 6:12





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Ses questions s’échouèrent contre un mur à la manière d’une vague déferlant sur le sable. Les mots avaient été prononcés. Durs. Réalistes. Ils avaient vogués entre leurs deux âmes à la recherche de leur réponse. En vain. Il n’y avait plus que le silence pour les accueillir, plus que des non-dits étouffants qui régnaient en maître dans ce parc plongé dans l’obscurité. Qu’avait-elle espérée au fond ? Ses interrogations n’avaient appelées aucune réponse orale, aucune phrase construire, aucun fil conducteur. Elles avaient été balancées là, comme ça, dans le vent. Jetées comme une pierre à la mer, à qui voudrait bien les rattraper. Elles avaient sombrées. Sombrées comme elle sombrait en ce moment. Un vieux navire abandonné dans les bras salés de l’océan d’une vie. Elles avaient sombrées mais personne ne les avait rattrapées. Mais elle, elle avait vu cet homme les regarder couler, cet homme qui se dressait devant elle. Elle l’avait vu ses blessures. Elle le savait, il avait entendu ce que jamais il n’avait voulu confronter. Elle les voyait sur son visage et dans ses yeux, les stigmates, les rayures de ses projectiles verbaux. Il cachait quelque chose dans le sol sablonneux de sa mémoire et elle… Elle ne saurait certainement jamais son identité. L’inconnu dans le désert. Encore un Homme qui tentait de combattre l’invincible animé par ses démons intérieurs. Encore un qui allait donner sa vie à l’ennemi. De la chair fraîche révoltée prête à tout pour assouvir son besoin de vengeance. Pour se sentir vivant. Et peu importe si pour cela, il fallait faire partie de l’échiquier de cette guerre dominée par l’injustice, le pouvoir et l’égo.

A l’instant où elle posa ses mains sur le torse d’Andréa, ses propres mains furent emprisonnées et son corps encore malade fut tiré puis repoussé dans deux trajectoires opposées. Incapable de se défendre, elle se laissa faire tel un pantin désarticulé tentant d’accuser la cinétique. Peu à peu, la lumière s’éloigna et le froid nocturne lui arracha un frisson. La jeune femme était sur ses gardes, prête à courir pour sauver sa peau, du moins ce qu’il en restait. Mais Andréa ne semblait pas du même avis qu’elle. Rapidement, Lou se retrouva avec sa cape sur ses épaules et avant qu’elle n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche, il posa son doigts sur ses lèvres pour l’en empêcher. La respiration de la rousse s’affola. Son cœur aussi, étrangement. Qu’est ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour accepter ce rendez-vous ? Pourquoi n’avait-elle tout simplement pas jeté le papier et oublié ? Elle serra les poings, les muscles bandés dans un silence des plus pesants. Jusqu’à ces bruits de pas. Elle n’avait donc pas imaginé ces bruits. Elle n’était pas encore totalement folle. « Oh putain bordel de merde, ça fait une heure que je te cherche ! » Lou posa son regard sur la jeune femme qui émergeait de la pénombre puis sur Andréa. Ils se connaissaient donc ? Aux vues de son soupir puis de son rire, il fallait croire que oui. « Non, mais rigole pas ! T’imagine même pas ce que j’ai dû faire pour arriver là et … OK J’AVOUE. Je t’ai suivi et j’suis tellement dégoûtée que cette branche se soit cassée. » Apparemment, ça ne plaisait pas à Andréa. Doucement, la rousse fit glisser la cape sur ses épaules jusqu’à ce qu’Andréa attrapa sa main ballante. Surprise, elle planta son regard sur lui mais il ne la regardait pas. Non. Ses yeux étaient trop occupés à détailler cette brune aux courbes parfaites. « 20 ans qu’on se connaît And’, et voilà que maintenant tu me fais des infidélités et que tu vas voir une autre fille. Sympa. » 20 ans. Lou fut étonnée. Un lien très fort devait unir ces deux êtres. Qui était-elle pour s’interposer ? Elle arracha rapidement sa main de l’emprise qu’avait le brun et se débarrassa de la cape qu’elle avait sur les épaules. Elle se sentait mal, gênée. Machinalement, elle tira sur les manches de son large pull et tenta de disparaitre. Raté. Une personne ne peut disparaitre en fermant les yeux, Lou. Qu’elle avait été bête. Tellement bête. Bête de croire que quelqu’un pouvait un être un tantinet honnête avec elle. Tout ça n’était que de bonnes paroles, des mots écrits sur le sable et ravalés par l’océan. Lou resta impassible, en retrait. Elle le regarda tenter de la raison, elle le regarda lui attraper le bras, la stopper, se soucier d’elle. Soudain, tout s’éclaira dans son esprit. Il se comportait comme… Comme une âme sœur le ferait. La rousse se sentait comme la cinquième roue du carrosse. Elle s’en voulait. Elle lui en voulait. Alors, la dénommée Swann posa son regard dédaigneux sur son corps amaigri avant de s’en aller. Un simple regard qui la rabaissa plus bas que terre. Elle était furieuse et Lou y était pour quelque chose. « Euh, Lou, je suis désolé. Elle est complètement tarée, mais c’est une fille bien, je t’assure. Je sais pas trop quoi te dire, c’est vrai qu’ils ne vont pas aimer si je rentre trop tard. J’ai encore plein de choses à te dire, mais je ne sais pas trop. Je crois qu’il faut que j’y aille. Je … on reparlera une autre fois. Enfin, d’abord je te ramène non ? » Elle posa doucement ses yeux sur lui, encore secouée par cette rencontre désagréable. Elle ne dit rien, ne releva même pas la dernière question qu’il venait de lui poser. Lou était en colère et blessée. En colère qu’il l’ait fait venir ici pour se moquer ouvertement d’elle et la laisser en plan sans la moindre justification qui tienne la route. Pour qui se prenait-il ? Si ce n’était pas du sang pur qui coulait dans ses veines, il était quand même corrompu.

Elle allait refuser son offre, elle allait l’envoyer balader mais il ne lui laissa pas la moindre seconde pour réagir. Elle préférait encore rentrer à pieds plutôt que de monter sur ce balai avec lui et provoquer les foudres de sa majesté la reine. Malheureusement, elle n’eut pas le choix. […] « Je te laisse-là donc ? » Elle acquiesça simplement de la tête sans le regarder. Bientôt, elle mit pied à terre. Machinalement, ses bras se refermèrent contre sa propre poitrine. S’en était terminé. Qu’il s’en aille avec elle au lieu de jouer les infidèles. Elle voyait clair dans son jeu. Alors qu’il tenta de l’embrasser sur la joue, Lou tourna son visage sur le côté pour l’esquiver en reculant. Il en était hors de question. Elle n’avait pas le cœur à ça. « On se voit bientôt hein ? » Une nouvelle fois, elle se terra dans un silence inhabituel et se contenta de le regarder s’envoler. Elle se sentait blessée, manipulée. La plaie béante qui régnait à la place de son cœur s’était réouverte. Une ombre dans la nuit.



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