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 Affectation (Aylen)

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MessageSujet: Affectation (Aylen)   Mer 10 Sep - 9:42


    Nouvelle affectation, comme Syrina l'avait souhaité. Enfin, elle n'avait pas vraiment souhaité être affectée dans les îles du clan de son ancienne compagne d'école. Elle avait simplement demandé au comité Mangemorts un poste un peu moins risqué et plus tranquille, tant que ses enfants étaient en bas âge. C'était donc une affectation temporaire. Tout semblait parfait aux yeux de ce cher Hockley, le mari de la jeune femme, qui jugeait l'endroit propice à l'épanouissement des enfants. Naturellement...c'était surtout pour être sûr que Syrina se retrouve bien isolée sans espoir de trouver un seul prétendant. Il était bien connu que même sans sentiments partagés, une femme se devait bien de devoir faire honneur à son mari. Quant aux enfants, ce n'était que du blabla. Bref, Syrina s'en moquait. De son côté, elle n'avait pas l'intention de s'isoler. Cependant, elle était forcée d'admettre que cette nouvelle situation l'effrayait un peu. Elle qui n'était pas sortie de sa maison familiale de Godric's Hollow depuis vingt ans...Bon, ce n'est pas comme si elle quittait beaucoup d'attaches étant donné qu'elle n'avait quasiment aucun ami là-bas. La meilleure chose était qu'elle allait s'éloigner un peu de son père, et cela ne lui ferait pas de mal. Malgré toutes ces années, depuis le décès de sa mère, Edward avait toujours autant d'emprise sur sa fille. Et celle-ci se sentait bien trop lâche et impuissante pour pouvoir se « rebeller ». Enfin bref. Les préparatifs allaient bon train. Enfin, Hockley s'occupait de rassembler leurs affaires. Syrina, quant à elle, était aux prises avec un petit garçon capricieux, qui refusait catégoriquement de déménager. Aidan venait de fêter ses neuf ans et ne voulait pas quitter tous ses copains. Mais l'autorité et le ton menaçant et tranchant de sa mère fit finalement son effet, et le jeune garçon aux allures de son père se décida finalement à aller terminer de préparer ses affaires, dont Syrina supervisa cet acte. Bon. Toute la famille est prête. Ce ne fut pas longtemps plus tard qu'ils se rendirent dans les îles. Syrina connaissait un petit peu cet endroit. Elle y était déjà venue...dans le plus grand des secrets, qu'elle gardait en elle depuis toujours, sans laisser rien paraître. Hockley n'était naturellement pas au courant. La jeune femme agit donc comme à son habitude. Elle se devait de garder une allure froide et hautaine de bourgeoise, signifiant bien aux deux émissaires venus les accueillir que son rang la plaçait naturellement au-dessus d'eux. Elle ne leur adressa d'ailleurs pas un mot. L'homme se chargea de toutes les formalités d'accueil, la politesse et tout ça. Syrina n'en avait que faire, elle tenait simplement la main de sa plus jeune enfant, en marchant. Julia allait fêter ses cinq ans et était le portrait craché de sa mère. Elle était d'ailleurs aussi douce et gentille que Syrina lorsqu'elle avait son âge. Aidan, au contraire, avait hérité des mêmes mauvais côtés que Syrina avait acquis en vieillissant. Mais bon, il se tenait bien sage aux côtés de ses parents. Quant à la plus jeune, elle essayait déjà de gambader partout. Certes, l'endroit était vraiment propice pour les enfants. Pour aller jouer et se dépenser dans la nature plutôt que de rester devant la télé. Mais Syrina reprit à plusieurs reprises sa fille en lui sommant de rester sage jusqu'à leur arrivée au château du clan. Une fois encore, la jeune femme connaissait cet endroit. Elle s'attendait à revoir Aylen. Depuis le temps, elle avait dû prendre la suite de ses parents. Lorsque les émissaires les conduisirent devant les portes imposantes de la demeure, Aylen se tenait effectivement là. Syrina, cachée derrière de grosses lunettes de soleil bien chères, alors que le temps était nuageux et loin d'être ensoleillé, l'avait reconnue tout de suite. Même si bien sûr, elle avait changé. Mais ce visage et cette allure ne s'oubliaient pas lorsqu'ils constituaient le premier amour. Seulement, tout cela était du passé, avec impossibilité de revenir en arrière. Ainsi, Syrina se comporta comme une étrangère et espérait qu'Aylen n'allait pas faire allusion devant son mari qu'elles se connaissent. Accompagnée d'un garçonnet, Aylen vint se présenter aux nouveaux arrivants. Hockley se chargea de les présenter sans que personne ne parle.« Bonjour. Je suis donc Adam Hockley Blake. Et voici ma femme, Syrina. Et nos enfants, Aidan et Julia. Pouvez-vous à présent nous conduire à notre nouvelle habitation je vous prie ? » fit-il, sur un ton aristocrate.Syrina n'ôta pas ses lunettes, observant Aylen discrètement derrière celles-ci. Elle ne prononça pas un seul mot, se contentant de la détailler en la regardant de haut, conservant un air hautain et fermé. Le garçonnet d'Aylen voulut aller parler à Aidan, mais celui-ci l'envoya promener bien comme il faut avec un juron. C'est seulement à ce moment que la Mangemort se décida à ouvrir la bouche.« Aidan. Sois poli. » sur un ton autoritaire. Puis, ils suivirent Aylen.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Jeu 11 Sep - 11:22

« Allen ! Allen ! Where the hell did he go ? »
Aylen lâcha un soupir en pensant aux problèmes qu'elle avait dû causer à ses parents, plus jeune. Combien de fois lui avaient-ils couru après ainsi ? Elle ne les comptait même plus. Elle n'était toutefois pas étonnée de découvrir jour après jour que son hériter était une véritable tête brûlée par moment. Finalement, elle le retrouva caché derrière une pile de livre chancelante qu'il amenait jusqu'à sa chambre. Une nouvelle chose qui ne la surprenait plus : le garçon était d'une curiosité maladive et il adorait apprendre de nouvelles choses. Et comme les réponses des adultes ne lui apportaient pas toujours une entière satisfaction, il allait lui-même chercher de quoi combler son esprit. Avec la bibliothèque des MacFusty, il pouvait bien se le permettre, il faut dire.
D'un geste vif, elle empêcha la pile de s'effondrer et prit une partie des ouvrage entre ses bras, passant une main dans les cheveux aussi noirs que les siens du garçon au passage, habile. « Be careful, I need you whole today. » Le gamin hocha la tête et Aylen l'aida à transporter les livres jusqu'à ses appartements. Elle quitta la pièce après avoir lancé au jeune pré-adolescent un « Be ready in an hour. »
En effet, les nouveaux émissaires mangemorts n'allaient pas tarder à arriver. En espérant que les deux homme qu'elle avait envoyé se retiendraient de les étriper. Elle avait choisi un Laird et son fils, et si elle avait confiance en le plus âgé pour gérer la situation avec calme et diplomatie, elle espérait que le plus jeune saurait prendre exemple. Elle savait que normalement oui, mais parfois les choses les plus imprévisibles pouvaient arriver.
Si elle savait à quel point elle avait raison...

Aylen vérifia une dernière fois la tenue d'Allen, puis la sienne. Contrairement à son garçon, et à la plupart des hommes du clan d'ailleurs, elle avait abandonné la tenue traditionnel des écossais au profit de quelque chose de plus confortable pour elle. Allié le pratique à l'agréable pour les yeux n'était pas toujours simple, surtout lorsqu'on devait jongler entre les soirées diplomatiques où une tenue plus que correcte était exigée à un travail plus physique au sein du clan (sans abandonner la diplomatie pour autant). Et là, elle avait dû trouver quelque chose entre le diplomatique et le pratique, peu désireuse d'abandonner son confort pour des sassenach, mangemorts de surcroit. Surtout que s'ils allaient vivre sur ces îles – l'idée lui faisait toujours un peu grincer des deux bien qu'elle n'en laissait rien paraître – ils allaient bien devoir s'y habituer. Mais elle avait fini par trouver, ajoutant par dessus le plaide replié en écharpe qui barrait son torse puis s'enroulait autour du bas de sa taille, évidemment.
Attendant devant l'entrée du château qui avait été construit en surplomb d'une haute falaise, Aylen vit les six silhouettes apparaître. Elle s'était laissée dire que la famille qui arrivait était constituée d'un couple et de deux enfants encore jeunes, dont un ayant à peu près l'âge d'Allen. Mais elle n'en savait pas plus. Les deux membres du clan arrivèrent en premier, portant le traditionnel kilt écossais, agrémenté du sporran, petit sac de cuir accroché à la ceinture large et noire. Les couleurs du kilt étaient les mêmes que celles portées par Aylen, bien qu'elles n'étaient pas réparties exactement de la même manière. Le tout était accompagné d'habits plus sobres, notamment d'une chemise blanche et d'une veste de costume. Habituellement, sur les îles, ils se contentaient de la simple chemise de lin beige large. Ce qu'ils verraient sans doute en descendant dans le village.
Arrivés au niveau d'Aylen, le laird s'inclina légèrement alors que son fils aidait avec les affaires de leurs nouveaux invités. Et c'est plus ou moins à cet instant que le temps s'arrêta pour la chef de clan dont les sourcils se haussèrent imperceptiblement. You gotta be kinddin' me fut plus ou moins la seule pensée qui traversa l'esprit de l'ancienne Gryffondor. Ainsi qu'une sans doute très large malédiction envers un Destin un peu trop joueur à son goût.
Les yeux bleus se posèrent sur la silhouette à la démarche plus si familière que ça, qui malgré tous les changements restait reconnaissable entre mille pour elle. Un amour comme celui-ci ne s'oubliait pas, il n'avait pas besoin d'être un quelconque premier pour ça. Inspirant profondément, elle s'avança d'un pas pour se présenter à l'homme.
« Bienvenue à vous. Je suis Aylen MacFusty of MacFusty, chef du clan MacFusty, gardiens des dragons. Plus simplement et traditionnellement vous pouvez m'appeler MacFusty. » Cela marquait qu'elle était la chef du clan, portant donc le nom MacFusty of MacFusty, contrairement aux septs du clan qui eux étaient traditionnellement désignés par leur nom de famille accolé à un of MacFusty au sein du clan, même s'il était d'usage à l'extérieur de n'utilise que le premier. Mais elle poursuivit sans vraiment s'interrompre. « Et voici mon fils, Allen. »
Après quoi l'homme se présenta, ainsi que sa femme et ses enfants. Evidemment, Aylen s'abstint de tout commentaire et pinça à peine les lèvres au ton un peu trop impérieux du fameux Adam. D'ailleurs, le laird qui les avait amené failli le reprendre, mais elle n'eut qu'à lui lancer un regard pour qu'il se stoppe. Et une distraction bienvenue les interrompit, de toute façon.

L'insulte du jeune anglais faillit provoquer un incident diplomatique, une étincelle de rébellion s'allumant au fond du regard du jeune MacFusty. Il fut toutefois très vite interrompu, Aylen intervenant en gaélique très rapidement. « Allen, not now. »
Finalement, le calme revenu, et un regard en biais lancé à Syrina, elle fit jouer un peu ses doigts. « Bien sûr, je vais vous guider jusqu'à votre demeure. » Un faux sourire plus tard, les voilà qui avançaient sur le chemin, les deux homme les ayant accompagné suivant le mouvement, toujours pour aider avec les bagages.
Aylen fit exprès de se détourner entièrement de Syrina pour se placer aux côtés de son mari, ne pensant pas un seul instant qu'elle serait celle à superviser les autres mangemorts présents et à surveiller les MacFusty.
« Pour des raisons pratiques, vous n'avez pas été placé dans le village même, pour vous éloigner des enclos des dragons. C'est qu'ils sont sensibles aux odeurs, et ceux présents ici étant blessés souvent, ils peuvent s'avérer dangereux. Ils sont bien sûr entièrement sous contrôle, mais un accident et si vite arrivé. Bien qu'aucun ne soit survenu depuis longtemps. Rien ne concernant les braves hommes de notre Lord, il va sans dire. Evidemment, la plupart du matériel utilitaire est fourni avec la maison. » Voilà pour les informations pratiques. Allen suivait la chef de près, laissant le reste de la famille Blake à l'arrière.
Aylen ignorait ostensiblement Syrina, les deux hommes les accompagnant parlaient en gaélique entre eux, les isolant d'autant plus. Bien qu'encore loin des enclos, des rugissements pouvaient se faire entendre venant de derrière le village. Aylen les conduisit jusqu'au centre de celui-ci, puis bifurqua sur la droite. Comme par le passé, des enfants jouaient là, s'amusaient, certains allant chercher un portoloin pour disparaître sur une île lointaine par rapport à la principale. Rien qui n'inquiète Aylen. Quelques vieillards et jeunes adultes se trouvant là observèrent passer le petit cortège, un ou deux fixèrent Syrina avec une certaine assistance, murmurant entre eux en gaélique.
Il fallait s'y attendre.
Certains avaient une excellente mémoire.

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« If you have to look along the shaft of an arrow from the wrong end, if a man has you entirely at his mercy, then hope like hell that man is an evil man. Because the evil like power, power over people, and they want to see you in fear. They want you to know you're going to die. So they'll talk. They'll gloat. They'll watch you squirm. They'll put off the moment of murder like another man will put off a good cigar. So hope like hell your captor is an evil man. A good man will kill you with hardly a word. »
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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Ven 12 Sep - 10:48

    Affreuse ironie du sort que celle de devoir revoir son premier amour d'école après presque vingt ans sans n'avoir aucune nouvelle. Et pourtant, Syrina s'était psychologiquement préparée à ces retrouvailles suite à son affectation. Cela ne lui paraissait pas vraiment difficile. Depuis qu'elle avait commencé cette nouvelle vie, elle était petit à petit devenue une autre personne. Du moins, c'était l'image qu'elle se donnait. Elle était devenue une femme froide, hautaine et antipathique, tel que son rang de Mangemort bourgeoise le lui ordonnait. Une carapace qui n'avait jusque là jamais été brisée. La jeune femme était partagée entre bien des sentiments. D'un côté, cela lui ferait plaisir de revoir son ancienne compagne. Elle devait bien s'attendre à ce qu'Aylen ait refait sa vie, certes, mais elle aussi l'avait fait. Même si cela relevait d'une union forcée, et une vie qu'elle n'avait jamais voulu, Syrina s'était résignée et ne vivait désormais que pour suivre les ordres de son père, pour qui elle n'avait jamais existé jusqu'au décès de sa mère et son goût récent pour la magie noire. Mais de l'autre côté, la jeune latina avait peur. Elle ne l'avouerait jamais, bien sûr. Cette peur était simplement dû au fait que la présence d'Aylen était susceptible de lui faire ressasser bien des choses. Et, de ce fait, pouvait risquer de briser cette carapace. Car, contrairement à Hockley, la chef du clan McFusty avait connu Syrina bien avant, et savait qu'à l'époque elle n'avait rien à voir avec la femme qu'elle est aujourd'hui devenue. La Mangemort était consciente de ce risque. Ainsi, elle ne pouvait pas se permettre de laisser Aylen revenir mettre le bazar dans son cœur. D'où le fait que la jeune femme ne lui avait pas adressé la parole. Hockley s'était chargé des formalités tandis que Syrina s'était simplement contentée de réprimander son enfant. Aylen l'ignora autant qu'elle l'avait ignorée, les conduisant jusqu'à leur nouvelle demeure, tout en reprenant également son garçonnet. Et bien, ces deux petits garçons n'allaient visiblement pas très bien s'entendre. La brune marchait derrière avec Aidan, lui faisant une brève leçon de morale sur la façon de se tenir avec les autres enfants ici. Hockley marchait devant avec Julia et la chef de clan, qui parlait des dragons. Ah, les dragons...que de souvenirs. Ce village tout entier, d'ailleurs. Les mains dans les poches de son long manteau noir, Syrina esquissait discrètement un léger sourire en se remémorant tout ça. Elle se souvenait bien de la fois où elle s'était approchée d'un dragon et qu'Aylen avait dû intervenir pour ne pas qu'elle se fasse bouffer. Et le puits, là-bas. Et ce banc...son adolescence semblait comme lui sauter à la gorge. Syrina regardait tout autour d'elle, comme la première fois qu'elle était venue ici. Elle avait remarqué que quelques personnes les regardaient intensément. Sans doute le fait de voir des inconnus. La jeune femme n'aurait jamais imaginé que quelqu'un ici se souvienne d'elle il y a vingt-ans. Et pourtant, ce fut le cas. Une jeune femme aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus, se précipita vers Syrina.

    « Oh ! I remember you ! Twenty eight years ago at the old woman's fire story ! You are the english girl, right ?! »

    Le corps change, mais le visage reste toujours reconnaissable. Syrina resta un moment face à la jeune femme, l'air froid et hautain. Mais derrière ses lunettes de soleil, ses yeux s'étaient écarquillés. Comment l'oublierait-elle, cette petite fille qui l'avait pris pour sa maman ou une grande sœur le soir du conte raconté par l'Ancienne. Elle devait avoir au moins vingt-cinq ans maintenant. Heureusement qu'elle avait parlé en gaélique, Hockley n'avait pas dû comprendre. Syrina non plus, d'ailleurs, mais elle se doutait bien de quoi il s'agissait. Elle fit donc mine de s'offusquer et chasse la jeune blondinette.

    « Mais je ne comprends rien à ce que vous dîtes, fichez-moi le camp. »

    Hockley se retourna donc vers sa femme, personne n'avait dû rien manqué de la scène. La petite Julia s'agita également dans un « c'était qui, maman ? » suivit de Hockley « Qu'est-ce qu'elle te voulait, Chérie ? ». Syrina vint alors au niveau de son mari et celui-ci lui saisit le bras.

    « Je ne sais pas, j'ai pas compris. Sans doute voulait-elle savoir où j'ai acheté mon manteau. »

    Ignorant toujours superbement Aylen, la petite troupe arriva devant la nouvelle demeure temporaire des Blake. Les deux hommes qui accompagnaient la famille allèrent y déposer leurs bagages. Naturellement, Syrina était celle qui en avait le plus ! Puis, Hockley exigea une visite des lieux. La Mangemort, quant à elle, resta silencieuse. Un peu déboussolée par le fait que cette petite fille l'ait reconnue après tant d'années. Si son mari découvrait que Syrina était déjà venue ici et qu'elle avait connu Aylen, les choses se passeraient mal. Car Hockley était lié de près au père de la jeune femme, et ce dernier savait qui était Aylen et ce qu'il s'était passé entre elles. Alors, le moindre faux pas de Syrina, si son mari s'en rendait compte et en relatait au paternel, les conséquences seraient fortes à payer.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Sam 13 Sep - 10:22


Aylen se souvenait parfaitement avoir dit des années plus tôt à Syrina qu'elle serait la bienvenue. Elle ne pensait pas que la femme croirait un seul instant que ces mots seraient encore valables. Pas après ce qu'elle lui avait fait. Evidemment, elle se doutait bien que sa venue ici n'était pas entièrement de son fait, néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle aurait sans doute pu reste là-bas, à Godric Hollow. N'avait-elle pas sa mère après tout ? Quoique maintenant qu'elle était mariée... Un souvenir rampa jusque dans sa mémoire, lui rappelant avoir entendu bien des années auparavant la nouvelle de la mort de la femme. Sans doute Syrina aurait pu saisir cette occasion pour fuir le domicile familial. Mais non, apparemment pas... Ou en tout cas elle semblait être passée sous la coupe d'un autre mâle. Et quelque part, Aylen ressentait ça comme une trahison douloureuse. Après plus de quinze ans, alors que la femme n'était pas réellement quelqu'un de particulièrement rancunière. Il y avait à ses yeux trop à vivre pour se perdre en haine inutile. C'était en partie pour ça qu'elle ne pouvait supporter les idéaux de sang. C'était d'une stupidité sans nom à ses yeux.
Et puis surtout c'était un élitisme qui ne marchait pas. Il suffisait de réfléchir plus de cinq secondes pour s'en rendre compte. Déjà, n'importe quel idiot un peu bon en histoire saurait que les idéologies de sang-pur n'existaient pratiquement pas avant l'instauration de l'acte de protection du secret magique international (que tous les pays n'avaient pas signés en même temps d'ailleurs, soyons un peu réaliste), au delà de quelques illuminés (no offense Salazard). Ce qui faisait qu'il suffisait de fouiller réellement dans la généalogie avant ça pour voir les trous des familles de sang-pur, en dehors de quelques fanatiques une fois encore. Puis ensuite cela provoquait bien trop de problèmes de consanguinité, ainsi que d'extinction – si on pouvait appeler ça ainsi – de la 'race pure'. Et pour Aylen c'était un problème qui était évident, visible comme le nez au milieu d'une figure, puisqu'elle vivait au sein d'un clan insulaire, qui avait accueilli au fil des siècles de nombreux sorciers (sang-pur, mêlé ou né-moldu) étrangers au clan pour éviter la consanguinité (et également par amour, c'est évident), voire même des moldus par moment. Et c'était sans doute ce qui avait permis au clan de produire des générations de talentueux sorciers en plus de les sauver d'une disparition certaine.
Pas besoin d'être Merlin pour s'en rendre compte tout de même.

Ceci dit, ce qui devait arriver arriva. Une jeune femme d'une vingtaine d'année – vingt-quatre pour être précis – s'approcha de Syrina. Heureusement qu'elle ne parlait pas vraiment anglais, préférant s'adresser à elle en gaélique. Sans doute se souvenait-elle que Syrina l'avait plus ou moins comprise le soir de la veillée, et avait-elle pensé qu'elle parlait, ou au moins comprenait la langue employée ici.
Mais cette fois-ci sa réaction ne fut pas tendre comme elle avait pu l'être des années plus tôt. Aylen ne parvint pas à voir si Syrina avait reconnu la gamine, même si son instinct le lui hurlait. Elle pinça les lèvres à la réaction de rejet et s'approcha de la jeune femme, posant une main sur son épaule, lui murmurant quelques mots en gaélique qu'elle seule dû entendre, avant de reprendre la marche.
« Veuillez excuser Saoirse, elle peut être très enthousiaste quand de nouvelles personnes arrivent. Peu ici quittent les terres du clan un jour en dehors des enfants des membres importants... »

Après cette bref altercation où ils laissèrent Saoirse retourner à sa propre enfant qui s'interrogeait également sur ce qu'il s'était passé, le petit groupe arriva devant la future demeure des Blake. Celle-ci était basse, construite dans la roche et de plain pied, et un petit escalier descendait, indiquant que les fondations étaient creusées et non surélevées. Des jardinières en pierre bordaient les fenêtres, et de belles fleurs colorées s'y prélassaient au gré du vent, répandant autour d'elles une odeur agréable ainsi qu'un léger chant des plus harmonieux, qui cessait avec le vent. Au dessus, des fenêtres assez grandes laissaient passer la lumière à l'intérieur qu'on pouvait apercevoir, et au dessus un toit pentu prévu pour résister à la pluie de la région, qui pouvait être des plus violentes.
Sur la porte se trouvait une petite fenêtre en forme de losange, centrée vers le haut, permettant de voir qui se présentait à l'entrée, et juste en dessous un petit bouquet de chardon – fleur emblématique du pays – avait été accroché.
Aylen laissa passer le laird avec son fils pour qu'ils déposent les bagages à l'intérieur.
« Well... Comme vous pouvez voir il s'agit d'une maison, avec ici la porte d'entrée. Je déconseille de décrocher les chardons, c'est censé porter chance et éloigner les dragons. Comme vous pouvez vous douter, c'est à cause d'eux également que les maisons sont construites basses. »
Elle entra donc à son tour tranquillement, arrivant dans une entrée plutôt classique, comportant un ameublement simple avec porte manteau, meuble pour poser ses clefs, ranger les chaussures. Evidemment, comme dans la plupart des maisons sorcières, l'intérieur était plus grand que l'extérieur, et Aylen s'avança vers l'ouverture qui donnait sur une grande pièce. « A lors ici vous avez la pièce principale, avec un salon. » Elle désigna un agencement de meubles confortables agencés autour d'une cheminée, une table basse et de quoi éclairer, avec une bibliothèque qui prenait une partie du pan du mur non loin. « Là-bas un espace salle à manger, avec la cuisine non loin. » Aylen s'approcha alors de la table de la salle à manger où un petit cahier trône fièrement. « Ce carnet est à conserver : dedans vous avez toutes les indications pour modifier les meubles, changer les agencements, rajouter des murs pour rendre quelque chose de plus personnel. Ensuite... » Elle s'avança vers une ouverture donnant sur un long couloir. « Traditionnellement nous ajoutons un étage dans les combles avec un accès par varappe, avec des fenêtre dans les toits, mais comme tout le monde ne sait pas grimper nous avons simplement agrandit la surface au sol. Donc vous avez la chambre maîtresse ici, des chambres pour les enfants là, une salle de bain, des toilettes séparées et un bureau. Le carnet est toujours là pour tout changement, et au pire en cas de problème venez me voir, j'en référerais à notre architecte. »

Aylen avait évidemment profité d'avoir à faire visiter pour bien éviter de regarder Syrina. C'était plus simple quand on se concentrait sur ce qu'il y avait devant elle, c'est à dire le mobilier en l'occurrence. Un petit sourire naquit sur le visage de la femme alors qu'elle revenait vers le centre de la pièce principale.
« Je pense que vous avez l'essentiel pour bien vous installer. Divers services seront mis à votre disposition pour faciliter votre séjour : un traducteur, un guide, des gardes d'enfant...  et évidemment si jamais vous avez la moindre question, je reste disponible, bien qu'ayant une charge de travail assez conséquente. » Evidemment, même si Aylen restait particulièrement agréable et assez souriante, ce n'était que pour montrer patte blanche auprès des Mangemorts. Elle avait appris avec le temps à cacher son jeu, et dressa automatiquement ses barrières mentales pour qu'on croit plus facilement à son mensonge. Etrangement, l'occlumencie ne lui avait jamais été plus utile que depuis qu'elle avait pris sa place de chef de clan. Devoir mentir et louvoyer les hommes du lord noir demandait beaucoup d'habileté mental, et ça lui était d'une grande aide. « Bien sûr, n'importe quel membre du clan sera ravi de vous apporter son aide. Mais pour ça avoir un traducteur avec vous sera effectivement d'une plus grande aide, puisque la majeure partie du clan parle gaélique. » Et c'était le moyen le plus efficace du monde de surveiller les faits et gestes de Mangemorts.
Enfin.
« Donc tout est dit. Aussi, vous êtes cordialement invités à venir dîner ce soir au château. Il est plus agréable de connaître les personne avec qui nous travaillons, ne pensez-vous pas ? »
Elle rassemble ses mains pour les frotter entre elle brièvement avant de les lier, comme si elle venait de conclure une affaire. Son regard n'avait pas pu s'empêcher de glisser jusqu'à Syrina, et elle dû faire des efforts monumentales pour ne pas lui offrir un sourire en coin provocateur. Elle s'humecta brièvement les lèvres en revenant très rapidement au patriarche de la famille anglaise. Le sous-entendu était évident, et si le ton était cordial, l'ironie sous-jacente était clairement présente quand on savait la lire.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Dim 14 Sep - 4:39

    Ces jeunes gaéliques des îles semblaient décidément avoir une mémoire d'éléphant. Syrina, songeuse, ne put s'empêcher de repenser quelques minutes à cette petite fille blonde avec qui elle avait sympathisé ce fameux soir de la veillée. C'était il y a trop longtemps, mais aussitôt avoir posé les pieds sur cette île, la jeune femme se souvenait des moindres détails de ce week-end passé ici lorsqu'elle était adolescente. L'Ancienne, une vieille femme rabougrie qui savait tout de même très bien conter les histoires et qui pouvait faire des merveilles de ses mains avec le feu. Elle devait sans doute être morte depuis le temps. Ou peut-être pas, après tout certains sorciers peuvent vivre très vieux. Syrina l'espérait en tout cas. Sans doute une autre Ancienne avait dû prendre le relais. La petite blondinette avait ceci dit bien grandit. La Mangemort se souviendrait probablement toujours de son premier réel contact avec une enfant. Ce visage innocent et angélique. Elle qui ne voulait pas de descendance ne se serait jamais pensée devenir maman à cette époque-là. Et pourtant, Aidan et Julia représentaient désormais sa plus grande fierté et apportaient une petite once de lumière dans son monde à présent ternit par l'ombre, une once de bonheur dans son cœur ô combien vide.
    Après cet incident avec la blondinette, Aylen apporta une autre explication à Hockley concernant l'attitude des jeunes du « clan ». Syrina ne put s'empêcher d'inspirer discrètement. C'était déjà une bonne chose que son ancienne amie ne dénonce rien. Il ne manquerait plus que ça.

    La petite famille, Aylen et les deux hommes porteurs des bagages arrivèrent finalement devant ce qui ressemblait plus à une grotte d'homme de cavernes plutôt qu'à une maison. Enfin, façon de parler. Ainsi construite dans la roche, la maison ne ressemblait en rien à celle de Godric's Hollow. Elle était déjà plus petite. Du moins, c'est ce qu'elle paraissait être. Les deux hommes gaéliques entrèrent en premier pour déposer les bagages, d'ailleurs ils n'en semblaient pas mécontents. Suite à l'exigence de visite d'Hockley, ils entrèrent à la suite d'Aylen, aussitôt le petit conseil sur les chardons donné. Syrina laissa un instant sa voix grave se faire entendre :

    « Vous avez bien compris, les enfants ? Ne touchez pas aux chardons ou ça ira mal. »

    Le ton tranchant et autoritaire fit une nouvelle fois son effet, les deux petits acquiescèrent bien gentiment. Et Aylen commença la visite. Le salon était assez grand, et ressemblait de près à celui des Blake, en plus rustique et campagnard. Puis, la cuisine, les chambres, la salle de bain etc. Comme Syrina s'y était attendue, l'agencement de la maison était bien différente de leur maison à Godric's Hollow et rien que cette pensée la fit râler intérieurement. Et encore, heureusement que la chambre des enfants étaient relativement proche de celle des adultes. La Mangemort aurait refusé de prendre la maison si sa chambre était trop éloignée de celle des enfants. L'ancienne Gryffondor leur expliqua ensuite le fonctionnement de ce fameux « carnet » qui trônait là sur une table, sans vraiment savoir pourquoi. Syrina attrapa le carnet et commença à le feuilleter, en rouspétant.

    « Un guide pour modifier l'agencement. Foutaise, si je veux changer quelque chose là-dedans je le ferais comme il me plaira. »

    Hockley sembla pousser un soupire. Il connaissait sans doute suffisamment sa femme, Aylen probablement également, que quand elle était agacée de quelque chose, elle ne pouvait s'empêcher de tout critiquer et de faire des remarques déplaisantes. Le plus jeune des deux hommes, comprenant l'anglais, s'adressa alors à Syrina : « Mais vous devriez relever vos lunettes de soleil, vous y verriez plus clair, je vous assure que ce carnet est très pratique. » Naturellement, la jeune femme prit aussitôt la mouche et se tourna vers le jeune homme, lui lançant d'un air froid et hautain :

    « Ce sont des lunettes de vue, espèce d'impertinent. Et je ne vous permets pas de vous adresser à moi de cette façon, révisez votre rang d'abord. Rendez-vous donc utile et montez nos valises dans les chambres. » acheva-t-elle en claquant des doigts en direction des chambres.

    Syrina était encore plus agacée maintenant. Les enfants ricanaient discrètement, la trouvant drôle. Les deux hommes finirent par s'exécuter en marmonnant en gaélique, probablement des insultes à l'égard de la Mangemort, qui s'en fichait. Elle était très tendue en présence d'Aylen dans la même pièce qu'elle et Hockley. Celui-ci s'adressa d'ailleurs à la chef du clan : « Veuillez excuser l'attitude de ma femme, ce déménagement et tant de changement doit la mettre de mauvais poil. Elle se calmera. » Syrina se contenta de lancer un regard noir à ce qui lui servait de mari, se retenant de faire une scène ici et maintenant. Pour qui se prenait-il, enfin. Bref.
    Après ce petit incident, Aylen acheva la visite en donnant au couple les dernières indications sur leur besoin d'éventuel guide, traducteur, garde d'enfants etc. Hockley fit de nouveau entendre sa voix en réclamant un traducteur, en effet cela ne ferait pas de mal. Les deux enfants obtinrent le droit d'aller dans leur chambre pour sortir leurs affaires et jouer. Aylen leur proposa alors de venir dîner ce soir au château principal. Syrina resta de marbre, se rappelant toutefois quelques souvenirs, lors de ce week-end secret qu'elle était venue passée ici, il y a bien longtemps. Le Mangemort accepta bien évidemment l'invitation, en souriant de manière hypocrite seulement pour paraître correct en présence d'Aylen. « Ce sera un plaisir, très chère. Vous pouvez compter sur nous. Nous serons là pour huit heures, cela conviendrait-il ? » L'ancienne Serpentard haussa un sourcil. Cela ressemblait bien à Hockley de prendre les décisions pour eux deux.

    « Et les enfants ? Sont-ils conviés aussi ou faudrait-il mieux les faire garder ? »

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mer 17 Sep - 5:38

Syrina avait déjà à l'époque un certain caractère, bien qu'il n'était pas aussi visible qu'aujourd'hui. Et Aylen n'arrivait pas vraiment à savoir si c'était à cause de la situation actuelle ou si elle était juste devenue comme ça, avec le temps. Peut-être un peu des deux, la chef de clan n'aurait su le dire, elle ne l'avait pas vu devenir réellement adulte après tout. La preuve, elle avait fini par se marier... Evidemment, la possibilité que ça soit à cause de la pression exercée par son père sur elle effleura l'esprit de l'adolescente, mais en repensant à leur rupture, elle ne savait pas trop quoi penser.
Ceci dit, elle n'apprécia guère la façon dont elle répondit au laird, qui était plus proche de la noblesse qu'elle le serait jamais, même avec son statut de sang, surtout sur les îles. En temps normal, ça se serait terminé en duel à mort, probablement. Mais actuellement, personne ne pouvait se le permettre. Elle avait préféré ignorer également la remarque sur le fait qu'elle ne ferait pas usage des sorts mis à sa disposition pour changer les meubles de place. Grand bien lui fasse, si elle tenait à faire exploser son salon...
Elle ne voulait pas d'aide, c'était son problème.

Adam s'excusa pour elle et Aylen secoua à peine la tête. « Ce n'est pas grave. Tout le monde ne peut pas bien prendre les changements brusques d'une vie. » L'accusation était à peine voilée. Elle faisait évidemment référence à leur rupture brusque que rien n'avait annoncée, et la façon dont elle-même l'avait pris. Même si Syrina ne devait pas tout savoir à ce sujet là.
Finalement, le sujet changea sur l'invitation qui fut acceptée par Adam au nom de toute la petite famille, le tout accompagné d'un sourire hypocrite qui n'échappa pas à l'Ecossaise qui une fois encore se tut. Désormais c'était ainsi que les choses se passaient. L'hypocrisie, le mensonge... La vie avait bien changé, et elle ne pouvait plus vraiment se permettre l'insouciance et la désinvolture qui l'avait si longtemps caractérisé. Le jeu n'en valait pas la chandelle, et provoquer un conflit n'était donc absolument pas dans son intérêt.
Malgré la prise de décision d'Adam, ce fut au tour de sa femme de poser une question.
« Evidemment, ils sont les bienvenues à ce dîner. Allen sera également présent. Toutefois si vous désirez les faire garder, c'est également possible, vous êtes libre de prendre une décision. » Après tout Aylen n'allait pas forcer les deux petits à rester parmi eux. Surtout que ce n'était pas à elle d'en décider, les deux sassenach pouvaient donc bien faire ce qu'ils désiraient.
Pour le moment le jeune garçon, quant à lui, attendait dehors que sa mère termine la visite. Il devait sans doute trouvé ennuyeux de voir une maison qui ne l'intéressait pas. Et puis rien ne pourrait l'intéresser à l'intérieur, après tout il vivait dans un château dont les pièces changeaient elles-mêmes de place.
« Concernant le traducteur, il sera mis à votre disposition dès que possible, sans doute dans l'après-midi ou demain, suivant s'il est actuellement en train de travailler sur une île. Ceci dit, je vais vous laisser vous installer et vous dire à ce soir, huit heure. »
Comme tout membre du clan, l'un de ceux chargé d'aider les mangemorts à communiquer avec la communauté des MacFusty avait sa part du travail à remplir afin de participer à la vie communautaire. Chacun avait déjà travaillé avec les dragons au moins une fois dans sa vie, ou encore dans les champs. Même les chefs du clan. Tout le monde devait mettre la main à la pâte afin que tout fonctionne, et c'était en ça que la vie au sein du clan était bien éloignée de celle du monde sorcier, ou même moldu pour dire la vérité. Le clan semblait parfois vraiment sorti droit du passé.

Aylen serra la main d'Adam, tendant la sienne paume vers le bas à ce moment là, sans prendre le temps de serrer fort et s'approcha de Syrina pour faire de même, afin de la saluer plus convenablement, avant de devoir partir. Ce n'était qu'une simple poignet de main après tout, qu'elle ferait sans doute légère, afin de ne pas trop s'engager longtemps, de ne pas toucher sa peau plus qu'il ne le fallait.
Elle chercha par automatisme le regard derrière les lunettes de soleil en tendant la main, paume droite, espérant sans doute apercevoir le regard sombre qui l'avait un jour regardé avec tant de chaleur, lui laissant le choix de la prendre ou non. Elle savait parfaitement que si elle la serrait, ça ne signifierait rien de plus qu'une politesse rendue. Peut-être le signe qu'elle était entièrement passée à autre chose...
Un léger sourire apparaissait sur le visage d'Aylen, bien différent sans doute de celui que Syrina avait pu connaître. Pas seulement à cause des fossettes plus prononcées, ou d'une légère cicatrice à peine visible au niveau de l'arcade, et sans doutes d'autres choses encore. Mais sans doute à cause de tout ce qui avait pu la marquer au cours de sa carrière d'auror, comme si la joie de vivre naturelle qu'elle avait toujours exposé s'était progressivement retiré de ses traits en grandissant.
Evidemment, ce n'était pas exactement le cas. C'était simplement qu'elle avait appris à les cacher. Mais cela faisait sans doute parti des changement que Syrina serait en mesure de remarquer, même durant simplement les quelques secondes que dureraient cette poignet de main.[justify]

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« If you have to look along the shaft of an arrow from the wrong end, if a man has you entirely at his mercy, then hope like hell that man is an evil man. Because the evil like power, power over people, and they want to see you in fear. They want you to know you're going to die. So they'll talk. They'll gloat. They'll watch you squirm. They'll put off the moment of murder like another man will put off a good cigar. So hope like hell your captor is an evil man. A good man will kill you with hardly a word. »
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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Ven 19 Sep - 10:54

    Naturellement, Syrina avait très bien compris l'insinuation d'Aylen concernant les soit disant changements dans une vie, mais elle s'était contentée de ronchonner un peu dans son coin en regardant ailleurs. Et cet imbécile d'Hockley qui acquiesçait simplement en appuyant les paroles de la chef de clan. Évidemment que Syrina avait pendant longtemps repensé à ce qu'avait pu ressentir Aylen quand elle avait mis fin à leur relation. Elle n'avait pas pu chercher à prendre de ses nouvelles. Dans son esprit, son ancienne compagne devait sûrement la détester. Donc à quoi bon...Même cette petite étincelle dans le cœur de la Mangemort, qui brillait secrètement pour l'ancienne Gryffondor, devait être une lubie. Bref, une fois cet incident « passé », les valises dans les chambres etc, Aylen répondit que les enfants étaient également conviés et qu'il n'était pas forcément nécessaire de les faire garder, mais le couple de Mangemorts n'allait sûrement pas avoir le même avis là-dessus. Syrina tourna alors la tête vers son mari, une expression sur les lèvres qui voulait tout dire. Ils allaient y réfléchir plus tard. Hockley hocha simplement la tête et répondit pour eux deux : « D'accord. Nous verrons cela. Si besoin est il de les faire garder, nous ferons le nécessaire. Merci pour les renseignements. » Cela valait sûrement également pour le traducteur. Suite à l'acceptation de l'invitation pour le dîner de ce soir, Adam remercia une nouvelle fois la chef du clan par une poignée de main, autant hypocrite que par politesse. Naturellement, Aylen tendit également la main à Syrina. Effectivement, cela ne voulait pas vraiment dire grand chose, ce n'était qu'une poignée de main par politesse, n'est-ce pas. Mais c'était quand même un contact physique. La Mangemort froide et hautaine refit alors de nouveau surface, car elle ne prit pas la main de son ancienne compagne et accompagna ses paroles sur un ton froid.

    « Je ne sers pas la main. Désolée. »

    Cette situation était pour le moins déplaisante. Indirectement, elle venait de faire comprendre à Aylen que lorsqu'elle avait choisit de couper le contact des années auparavant, son affectation sur l'île n'y changerait rien. Hockley sembla d'ailleurs un peu agacé par le manque de politesse de sa femme. Lorsqu'Aylen quitta ainsi la maison, les laissant seuls, les festivités venaient de commencer. « Franchement, tu exagères. Tu n'aurais pas pu faire un effort et te montrer correcte ?? Non, il faut toujours que tu me fasses honte. T'es vraiment chiante, Syrina. Tu as intérêt de te rattraper ce soir. » Une scène de ménage vint donc de commencer, car l'ancienne Serpentard n'était plus du genre à se laisser marcher sur les pieds. Enfin, dans un sens. Elle avait prit aussitôt la mouche, et au bout d'un petit ping pong verbal peu romantique, elle acheva par un :

    « De toute façon, je n'irais pas à ce dîner. Vas-y tout seul leur lécher les bottes si ça te fait plaisir. »

    Heureusement, Hockley était bien loin d'imaginer la véritable raison qui poussait Syrina à refuser d'aller au dîner. Lui devait penser que c'était juste un caprice sur le coup car elle avait été vexée. Mais en réalité, elle ne tenait pas spécialement à se retrouver en présence d'Aylen et des siens. Au village, elle avait eu la preuve que les gens d'ici avaient bonne mémoire. Et, mises à part la coupe de cheveux, les vêtements et quelques rides, Syrina n'avait pas vraiment changé de visage. Que se passerait-il si le Mangemort était mis au courant de la précédente venue de sa femme ici ? Et surtout, pour qui elle était venue. Bref. Tout cela effrayait la jeune femme, et elle préféra comme à son habitude la carte de la femme froide, sociopathe et capricieuse qu'elle était devenue, plutôt que d'avouer son véritable ressentit. Comme toujours, depuis le début de sa « nouvelle » vie. Le couple s'était ainsi évité un long moment. Syrina avait défait les valises et s'occupait des enfants. En ce qui concernait le dîner, Hockley avait décidé pour elle, que les enfants seraient gardés. Et que la brune y viendrait. Il lui avait promis que ce serait la seule fois où elle serait obligée d'y aller. Au moins pour faire bonne impression. Toutefois curieuse de revoir Aylen, Syrina avait finalement cédé. L'heure du dîner approchait, et la jeune femme était en train de se préparer dans la salle de bain. Elle avait enfilé une robe rouge, tailleur, lui arrivant jusqu'au dessus des genoux et légèrement décolletée. De toute façon, ce n'était pas comme si elle avait beaucoup à montrer de ce côté-là. Elle s'était bien recoiffée et lissé ses cheveux, elle s'était maquillée correctement, avait remplacé ses lunettes par des lentilles et avait enfilé des escarpins en velours noir. Pour finir, elle était en train d'enfiler ses boucles d'oreille, regardant son reflet dans le miroir de la salle de bain, l'air un peu ailleurs. Adam vint alors la chercher et enroula doucement ses bras autour de sa taille en lui glissant un baiser dans le cou. « Tu es ravissante, Chérie. Allons-y, c'est l'heure. » Syrina soupira discrètement et se contenta de le suivre. Après avoir donné les consignes à la babysitter et aux enfants, le couple quitta la maison bras dessus bras dessous. La jeune femme se contentait de regarder ses pieds, restant silencieuse, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à l'entrée du château. Hockley fit une remarque sur l'architecture, que sa femme ignora, hochant simplement la tête. La soirée allait être longue. Syrina n'avait pas l'intention de décrocher un mot si on ne lui parlait pas. Et elle espérait qu'on ne lui parlerait pas. Cependant, le couple avait été prévenu que le château était immense et qu'il était facile de se perdre quand on ne connaissait pas. Syrina ne le savait déjà. Un homme vêtu d'un costume traditionnel vint les accueillir.

    « Notre chef vient d'être prévenue de votre arrivée. Elle va venir vous accueillir et vous guider jusqu'au lieu de notre repas. »

    Hockley remercia brièvement l'homme, tandis que le couple attendait alors Aylen. L'ancienne Serpentard s'était finalement décidée à relever la tête, ceci dit ce n'est pas pour ça qu'elle décrocha un sourire. La chef de clan pourrait à présent croiser son regard.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mer 24 Sep - 10:28

Evidemment, il fallait s'y attendre. Néanmoins, Aylen ne pu empêcher un éclat blessé qui fila dans son regard l'espace d'un instant. Elle laissa sa main retomber le long de son corps et après avoir secoué la tête, elle se retira. Allen était en train de l'attendre, assis sur un rocher se trouvant non loin de la demeure. Il sauta sur ses pieds lorsque sa mère adoptive la rejoignit, et ils quittèrent les lieux.
Ils ne rejoignirent pas immédiatement le château, la femme ayant quelques consignes à transmettre aux villageois susceptibles de reconnaître Syrina. Puisque visiblement la femme ne désirait pas qu'on la reconnaisse, elle ferait en sorte que ça ne soit pas le cas. Ou du moins que l'information ne soit pas dévoilée. Ceci fait elle regagna l'enceinte de l'immense château familial, laissant Allen vaquer à ses occupations jusqu'à ce soir. Il irait sans doute retrouver des amis et se balader sur les îles pour revenir vers l'heure du goûter et lire ensuite tranquillement jusqu'à l'heure du dîner. Pour sa part, elle rejoignit son bureau et rassembla les fantômes vivant entre ces murs pour les informer également de la situation. Elle les connaissait, ils avaient une tendance à la gaffe et à l'indélicatesse. Ils pouvaient se le permettre après tout, ils étaient morts.
Elle les congédia ensuite, mais la cousine Emily resta un peu plus longtemps pour discuter avec elle de la situation. Elle voulait savoir notamment si sa descendante parviendrait à gérer la situation.
« You don't have to worry, Emi', I'm not a teenage girl anymore, and and it happened eighteen years ago. I'm going to be just fine. » Après tout, elle était une MacFsuty. Elle était même LA MacFusty, elle était donc largement en mesure de surpasser un événement arrivé il y avait si longtemps. Même si elle ne pouvait s'empêcher la venue de Syrina ici par le passé de défiler dans son esprit. Emily finit par la laisser tranquille, non sans pousser un soupir fantomatique à son départ. Elle était réellement inquiète.

L'heure arrivée, Aylen prête, elle s'orienta dans les couloirs du château tranquillement, sans se presser puisque les Blake n'étaient pas encore arrivés. Elle fit un petit détour par son ancienne chambre, s'arrêtant devant la porte sans l'ouvrir, la regardant simplement. Elle devrait tout laisser derrière, enfermé là, ce soir, et pour les jours à venir. Elle posa sa main sur la poignée, en caressa le métal froid, sentit une aspérité sous la pulpe de ses doigts qui lui était plus que familière. Elle reposa un instant son front contre le bois chaleureux de la porte, comme si elle voulait y transmettre ses souvenirs pour les oublier. Mais ça ne marchait pas, alors elle se contenta de fermer les yeux, et de se murer derrière ses barrières mentales. Tout se passerait bien.
Tout se passerait bien.

Allen la rejoignit dans le hall d'entrée, alors qu'une voix tonitruante retentissait derrière elle. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres, et elle se tourna pour voir son père, dont la chevelure flamboyante était désormais parsemée de quelques cheveux blancs, tout comme sa barbe qu'il avait visiblement taillé pour l'occasion. Il passa un bras autour de l'épaule de sa fille et la serra contre lui vigoureusement, la soulevant un peu du sol, également prêt à affronter ce qui les attendait. Une soirée d'hypocrisie et d'ennui profond.
L'homme ne vivait plus au château, maintenant que sa femme était morte. Il disait que c'était pour laisser à Aylen toute la place dont elle avait besoin pour construire sa propre famille. Elle savait parfaitement que c'était par crainte de croiser le fantôme de celle qu'il avait aimé toute sa vie, et pour échapper au poids écrasant de sa perte. De lui, elle avait hérité cette passion en amour et cet abandon pour l'être aimé. Aucun des deux ne faisait dans la demi-mesure, et à vrai dire Aylen n'aurait pas été étonnée de le voir dépérir de cette perte. Mais il était plus solide que ça, il avait encore beaucoup à donner au clan.
Rassurée par la présence de l'homme, la chef du clan se sentit mieux, plus apte à affronter ce qui l'attendait.
L'étreinte achevée, le père salua également son petit-fils, le soulevant sans le moindre problème en le prenant sous les aisselles au dessus de lui, dans des éclats de rire. Après quoi ils quittèrent le confort du château pour aller récupérer leurs deux invités.

Et évidemment, Syrina trichait à s'habiller ainsi ! Evidemment, Aylen l'avait déjà vu bien habillée, et portant des lentilles, et maquillée, et... mais c'était différent. Elle n'aurait pas vraiment su traduire le sentiment qu'elle ressentait en cet instant, étant bien moins en phase avec ce qu'elle ressentait que par le passé.
Pour sa part, le port de décolletés trop descendants était proscrit, à cause de sa cicatrice. Elle se retrouvait donc assez vite limité en terme de robes, bien qu'elle avait fait l'effort d'en porter une également, dans des teintes bien différentes de celles de Syrina. La brune s'avança vers la petite famille sans s'attarder sur son ancienne compagne, ayant déglutit en la voyant ainsi, pour finalement afficher un sourire de circonstance.
« Je vois que vous n'avez pas eu de mal à trouver le château. Je vous présente mon père, Eoin MacFusty. » Elle laissa les Blake se présenter à leur tour. Il s'avança pour tendre son immense main à Adam, lui broyant sans doute à moitié les doigts, et se contenta de s'incliner brièvement devant Syrina. « Madame. »
Ceci fait, elle leur indiqua de la suivre et les conduisit à l'intérieur du château. L'entrée n'avait que peu changée en presque vingt ans. Quelques fantômes les saluèrent rapidement, avec circonspection afin de ne pas faire de gaffe au regard de la précédente présence de l'ancienne Serpentard entre ces murs. Ca n'allait pas être simple, mais ça ne devrait pas poser de problèmes en théorie.
Aylen les orienta jusqu'à une double-porte qui s'ouvrit à leur arrivée, dévoilant la salle où ils allaient manger. Celle-ci était grande, voire immense considérant qu'ils ne seraient que cinq à y manger, et qu'elle pouvait facilement accueillir une quinzaine de convive, et même une vingtaine si ceux-ci se serraient un peu. Le sol parqueté était recouvert d'un épais tapis aux motifs celtiques, dont la complexité des détails indiquait un travail des plus raffinés. D'un côté se trouvaient des fenêtres donnant sur la mer, et de l'autre un mur abritant un immense foyer où un feu craquait, renvoyant de la chaleur dans toute la pièce. Des boiseries au plafond ressortait un lustre chatoyant, chassant plus efficacement l'obscurité de la nuit qui les guettait que le feu. Un tableau immense surplombait la cheminée, et les armoiries du clan l'entouraient. Syrina saurait sans doute reconnaître la mère d'Aylen.

« J'espère que vous saurez nous excuser une pièce aussi sommaire, notre salle à manger principale à décidé de prendre des vacances et s'est verrouillée d'elle-même avant de fuir dans un espace plus tranquille du château. Elle doit sans doute hiberner... » Sommaire n'était vraiment pas le mot à utiliser ceci dit, car malgré le discours d'Aylen, la pièce présentée restait particulièrement luxueuse, comme la brève description précédente le laissait deviner, et l'ameublement était loin d'être sommaire. Ce qui pouvait facilement laisser deviner à quoi devait ressembler la salle à manger capricieuse qui s'était enfuit d'elle-même pour l'hiver. « Mais installez-vous donc. Elle les enjoint à s'installer d'un geste de la main.
Installée en bout de table, son père était assis à sa droite, et à côté de lui Allen. Elle avait laissé Syrina et Adam s'installer à leur guise à sa gauche, devant les couverts déjà présentés.
« Alors, avez-vous pu vous installer comme vous le désiriez ? »

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Sam 27 Sep - 10:15

    Le couple Blake attendait ainsi que les maîtres du château viennent les chercher. Syrina était anxieuse, et tendue, et cela se voyait car elle n'arrêtait pas de repasser une main dans ses cheveux et de remettre sa robe en place. Adam s'en était aperçu et lui murmura : « Chérie, tu es sûre que ça va ? » puis la jeune femme prit aussitôt la mouche et lui renvoya, en rouspétant :

    « Mais oui, tout va bien rhooo. »

    Elle se tut immédiatement lorsqu'Aylen et son père firent leur apparition pour venir les accueillir. Syrina s'efforça de prendre une inspiration discrète, croisant un instant le regard de son ancienne compagne avant de tourner la tête vers le père et d'esquisser un léger sourire, en simple réponse à sa petite révérence. Mais elle ne dit rien de plus, comme à son habitude. Hockley reprit le bras de Syrina et tous deux entrèrent donc dans le château à la suite des MacFusty. La jeune femme regardait tout autour d'elle, toujours anxieuse, se pourrait-il que les fantômes qu'elle avait autrefois « fréquentés » se souvenaient d'elle ? Il y avait fort à parier que oui. Elle espérait ainsi que ces esprits ambulants tiennent ce qu'il leur restait de langue...Mais au final, tous se contentèrent de les saluer. Syrina avait trouvé cela étrange, mais elle ne s'en plaignait pas. Cela avait même réussit à l'apaiser un peu. Même si elle était très anxieuse. Sa gorge se nouait un peu plus à chaque pas qu'ils faisaient dans le château. En presque vingt ans, rien n'avait réellement changé. C'était comme si Syrina revivait ces moments de bonheur passés ici, sauf que cette fois-ci elle était enfermée dans une bulle qu'elle ne pouvait percer. Et semblait ne plus exister pour Aylen. Pourtant, la jeune femme s'arrêta un instant devant un couloir, qui partait à la perpendiculaire de celui qu'ils suivaient. Elle avait cru voir au bout du couloir une porte non méconnue. L'entrée de la bibliothèque. Cette si grande bibliothèque que détenait le château MacFusty et où Syrina avait passé des heures entières à fouiner dans les bouquins, avec Aylen. « Syrina ! Qu'est-ce que tu fais ? Dépêches-toi ! » la voix cinglante d'Hockley fit sortir la jeune femme de ses rêveries, car ils entrèrent à présent dans la salle à manger. Une immense pièce que Syrina ne connaissait pas, mais d'où elle reconnut sans mal le genre d'architecture et de décoration typiquement gaélique. Elle s'éloigna ainsi légèrement de son mari, s'attardant un instant sur le grand tableau qui trônait au-dessus de la table. Même si elle ne l'avait pas vue beaucoup, Syrina avait tout de même reconnu la mère d'Aylen. Pendant une seconde, la brune crut donc que le portrait dans le tableau l'avait fusillée du regard. Syrina arqua un sourcil et préféra ne pas s'attarder devant le portrait. Elle alla plutôt s'asseoir avec Adam, qui ne cessait de discuter avec le père d'Aylen et elle-même. « Et bien vous semblez avoir une salle à manger capricieuse. Nous n'en ferons rien, cette pièce est suffisamment à la hauteur de nos attentes. Et encore une fois c'est un immense honneur pour nous d'être reçus dignement ici. N'est-ce pas, Chérie ? » Syrina acquiesça simplement sans rien dire d'autre. Elle en avait assez d'entendre Hockley se pavaner et faire semblant d'être courtois, tant avec elle, qu'avec leurs hôtes. Ils parlèrent affaire, puis de tout et de rien, pendant une bonne partie du dîner. Sauf Syrina, qui n'avait pas ouvert la bouche une seule fois. Cela lui ressemblait bien. Aux dîners « d'affaires » de son mari, la jeune femme servait très souvent de décor. Jouer les hypocrites l'épuisait. De plus, elle n'avait pas eu beaucoup d'appétit. Cette atmosphère l'oppressait au plus haut point et elle se sentait terriblement mal à l'aise. Devoir faire semblant de rien était une véritable torture. Si bien qu'au bout d'un moment, Syrina se leva. « Chérie ? » fit Adam, étonné.

    « Je m'absente quelques minutes. Je sors prendre l'air, veuillez m'excuser. »

    Tout le monde à table sembla surpris. Mais la jeune femme ne fournit pas plus d'explications et s'éclipsa. Hockley sembla gêné et tenta de s'expliquer : « Oh, hmm...elle ne se sentait déjà pas très bien avant de venir. Je vous dis, ce déménagement doit l'avoir quelque peu troublée. Ça lui passera. »

    En réalité, Syrina avait eu un besoin à satisfaire et ne comptait pas sortir prendre l'air. Après avoir trouvé les toilettes et en être sortie, elle décida de retrouver la bibliothèque. En espérant qu'elle n'avait pas changé de place. En à peine une heure, cela aurait été étonnant. Sur son chemin, la jeune femme croisa un esprit non peu méconnu. « Tiens donc, voyez-vous ça. Le corbeau anorexique est de retour parmi nous. » Syrina écarquilla légèrement les yeux, se retournant vers la tante Nansaidh, se reconnaissant naturellement à cette insulte. La jeune femme la pointa du doigt en lui jetant un regard noir.

    « Oh vous je me passerais bien de vos commentaires de morte ! Ouste, fichez-moi le camp espèce de sale esprit délavé. »

    D'après Aylen, cette fameuse tante n'avait jamais aimé personne. Une vieille aigrie... « C'est à toi de débarrasser le plancher. Tu n'es plus la bienvenue ici, vieille garce de Mangemort. » et passons. La tante n'en eut pas finit avec cette simple phrase concernant Syrina, mais cette dernière soupira et finit par s'en aller. La bibliothèque n'avait pas bougé. Se gardant bien de se souvenir des avertissements de son ancienne compagne concernant le labyrinthe de la bibliothèque, la Mangemort s'engouffra dans les longues allées de livres. Émerveillée, elle retrouvait à présent un certain nombre de plaisirs qu'elle avait eu lors de son séjour il y a dix huit ans. Comme au bon vieux temps, elle ne pu s'empêcher de sortir un livre et de le feuilleter. Puis, finalement, elle se retrouva prise dedans et s'assit dos à l'étagère, pour lire le bouquin.

    En attendant, à table, Hockley commençait à s'impatienter de ne pas voir revenir Syrina, alors qu'ils n'allaient pas tarder à en arriver au dessert. L'homme semblait mal à l'aise, gêné par la « honte » que lui mettait sa femme en ne voulant plus se montrer. « Qu'est-ce qu'elle fait donc ? Ça fait bientôt une demi-heure...Vous pensez que ma femme s'est perdue ? »

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Sam 4 Oct - 6:08

Les conversations polies, ce n'était pas exactement la tasse de thé d'Aylen. Ca ne l'avait jamais été. Cela l'avait toujours plongé dans un état de somnolence avancé. Bien que, désormais plus qu'entraînée, elle s'était faite une raison et s'employait à trouver son compte dans les discussions qu'elle pouvait ainsi avoir. L'avantage étant qu'elle pouvait généralement parler d'une de ses passions sans paraître rude ou même lourde : les dragons. Pourquoi ? Car il s'agissait sans doute de la raison pour laquelle le clan vivait encore et était si fameux dans le monde sorcier. Néanmoins, pour une fois, elle choisit de s'en abstenir. Etrangement, elle doutait qu'Adam veuille en entendre parler, sans même évoquer Syrina qui devait s'en fiche comme de sa première paire de chaussettes.
Ceci dit, la tension qu'il existait dans la pièce ne dérangea pas vraiment l'ancienne auror qui ne s'en formalisa pas, parfaitement consciente que la situation était loin d'être confortable pour les uns comme pour les autres. Elle évitait de poser son regard sur Syrina, faisait tout pour l'ignorer. C'était sans doute la meilleure chose à faire pour elles. Elle se dit vaguement à un moment qu'elle aurait dû prendre un bon verre de whisky avant de les recevoir, avant de se dire que ça n'aurait sans doute pas été une bonne idée. Surtout qu'ils buvaient déjà du vin pendant le repas. Si Aylen avait sortit une belle bouteille pour sa part, elle n'y avait presque pas touché, ne buvant pas plus d'un verre d'alcool de tout le repas. Elle voulait garder l'esprit clair, même si elle savait que comme la plupart des membres du clans, ils avaient une excellente résistance à l'alcool. Ils étaient écossais après tout.
Mais la paix relative du repas ne dura pas, car Syrina finit par se lever de table pour s'éclipser en prétextant vouloir prendre l'air. Un froncement de sourcil vint s'abattre sur le visage de la brune qui regardait son ancienne compagne les quitter, avant d'échanger un regard avec son père, secouant la tête alors qu'Adam s'excusait pour elle.
« C'est parfaitement compréhensible, ne vous inquiétez pas. »
Aylen inspira profondément, puis le repas reprit son cours sans que la chef de clan puisse empêcher son esprit de rester à la soudaine disparition de Syrina.

Les trente minutes écoulées avaient semblé durer une éternité à la jeune femme qui trouvait que le sujet de conversation n'était pas des plus intéressants. Sincèrement, elle se fichait pas mal du travail qu'exerçait Adam, ce n'était pas comme s'il était réellement important. Surtout que hiérarchiquement, l'homme se trouvait plus bas qu'elle, peu importe ce qu'il faisait. Beaucoup plus bas qu'elle. Quoique le fait qu'il soit Mangemort rééquilibrait les choses, mais pas suffisamment. Aylen n'avait pas commenté sur le fait qu'elle ne pensait pas que ce serait Syrina qui resterait sur l'île comme elle pouvait ainsi le deviner, mais ça n'avait pas d'importance.
Il fit finalement remarquer que sa femme ne revenant toujours pas, elle s'était probablement perdue. Pinçant les lèvres, Aylen se leva tranquillement.
« Aye. Je vais aller voir si je la retrouve, et si elle va bien. » Elle s'était abstenue d'ajouter qu'elle connaissait déjà les lieux, et avait donc moins de chances que le commun des mortels de se perdre avec difficulté. Elle s'éloigna ainsi d'une démarche souple, ne s'inquientant pas de la capacité qu'aurait son père à converser poliment avec l'homme.
Les couloirs du château étaient éclairés par des globes accrochés aux murs aux teintes luminescentes, permettant d'illuminer bien plus efficacement les lieux que des bougies. Avançant d'un pas tranquille, Aylen alla en premier lieu regarder dehors et, ne trouvant pas Syrina, retourna rapidement à l'intérieur avant de tomber sur le fantôme de Nansaidh. La chef la salua en gaélique, avant de lui demander si elle n'avait pas vu passer leur invité. Le fantôme rechigna, mais finit par lui avouer que si, et qu'elle l'avait vu prendre la direction de la bibliothèque.
Seriously ?
Elle serra la mâchoire et les poings, se demandant bien ce que la femme allait faire là-bas, avant de s'y diriger.

Le lieu n'avait que peu changé par rapport au précédent passage de Syrina. L'antichambre demeurait la même, mais certains escaliers dans le reste de la bibliothèque s'étaient réorganisés, des étagères avaient été changés, des fauteuils changés de places en même temps que des intersections. Elle se souvenait parfaitement que la première fois qu'elle était venue avec Syrina ici, cette dernière s'était retrouvée la tête à l'envers à cause de la dynamique étrange des lieux et avait paniqué. Il fallait espérer que ça ne lui arriverait pas à nouveau.
Retrouver l'anglais au sein de la bibliothèque ne fut pas une mince affaire, mais elle y parvint au final, habituée à devoir aller rechercher Allen au fond de la bibliothèque, caché dans un coin, perdu dans un livre. Un futur Serdaigle, ce petit. Ou Gryffondor, comme sa mère après tout. Difficile de savoir. Enfin... S'il se rendait à Poudlard.

Dans tous les cas, Aylen arriva entre les étagères où se trouvait Syrina, et elle s'arrêta au bout de l'allée, observant l'ancienne verte et argent. Elle avait changé, sans réellement être différente. Physiquement du moins. Elle ne portait plus ses lunettes, se maquillait... ses cheveux non plus n'étaient plus les mêmes. Tout comme ses traits qui s'étaient durcis. Un voile de regret traversa le visage de la femme durant son observation silencieuse, à l'abri derrière une des bibliothèque. Elle était certaine, malgré tout, de voir en elle celle qu'elle avait connu. Sa concentration sur le livre avait détendu ses traits, et créait un équilibre différent de ce qu'elle avait pu voir depuis son arrivée ici, plus harmonieux et tranquille, moins sur la défensive.
Elle dû faire un effort monumental pour ne pas poursuivre son observation silencieuse.
Elle secoua la tête et se redressa, lissant sa robe nerveusement, comme elle aurait pu le faire des années auparavant, avant de s'approcher d'un pas qui se voulait tranquille, ses talons se faisant silencieux sur le parquet. Elle s'arrêta à côté d'elle, et croisa les bras, adoptant ainsi une position bien peu ouverte et quelque peu défensive.
« On ne t'a jamais dit que ce n'était pas poli de fouiller chez les gens ? » Oui, elle lui faisait une leçon de politesse. Assez peu désireuse de se retrouver trop longtemps seule avec elle, pour des raisons évidentes, elle secoua la tête et inspira profondément. « Ca fait quarante-cinq minutes que tu es partie, il serait temps de retourner là-bas. Je comprends que tu n'en ais pas envie, mais ce n'est pas plus une partie de plaisir pour toi que pour moi, et j'aimerais donc que ça se termine vite. Tu peux vraiment être pénible des fois... »
Voilà, ça, c'était dit.
Aylen attendait ainsi qu'elle se décide à ranger son livre, le regard fermé, presque antipathique quand elle observait son ancienne petite amie. Difficile de déceler la douleur qui y brillait, et la douce nostalgie qu'elle y réprimait.
Pourtant...

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mar 7 Oct - 1:16

    Cette bibliothèque représentait mine de rien une part importante de l'adolescence de Syrina. Elle n'y avait passé que quelques week-end lorsqu'elle était étudiante à Poudlard, mais à l'époque les îles écossaises avaient été son seul voyage, les seules fois où la jeune fille avait quitté la routine de l'école et la pression de ses parents à Godric's hollow. Syrina ne se rendait jamais compte du temps qu'elle passait ici, entre ces murs remplis de ces centaines de livres. Mais, associale de nature, la lecture était une manière pour l'ancienne Serpentard de se plonger dans une sorte d'autre vie. C'était l'un de ses loisirs favoris, un loisir qui la faisait sortir de ses tourments habituels. Et ce soir, Syrina en avait bien besoin. Se retrouver ici, dans un tout autre contexte, avec sa nouvelle famille et une ancienne compagne à qui elle ne se rendait sûrement pas compte de tout le mal qu'elle avait fait, et qui l'ignorait aujourd'hui...elle n'avait pas été mécontente de s'éloigner de ce dîner oppressant pour aller se plonger un moment dans son adolescence. Une pensée l'avait effleurée en venant ici, un souvenir lointain mais toujours présent, lorsqu'elle était entrée ici pour la première fois. Les murs n'en faisaient qu'à leur tête et Syrina, adolescente, s'était retrouvée perchée au plafond, la tête en bas. Aylen, du même âge à l'époque, avait dû venir la tirer de là avant que Syrina se rende vraiment compte de là où elle avait atterrit. Amusant. En y repensant, Aylen l'avait souvent tirée de nombreuses situations, plus ou moins dangereuses. Elle avait prit soin d'elle. Et puis, depuis leur rupture, Syrina s'était retrouvée livrée à elle-même, et, peureuse et lâche de nature, elle avait fait de nombreux mauvais choix qui l'avait conduite à une nouvelle vie qu'elle n'aurait jamais souhaité. Ce qui est fait est fait, et désormais la jeune femme devait vivre avec.

    Une seule chose vint alors la tirer de ses pensées profondes de lecture, le bruit de pas sur le parquet. Même silencieuse, Syrina se doutait de qui il s'agissait, de qui venait la sortir de son livre. Aylen, sans aucun doute. Mais la Mangemorte ne releva pas les yeux. Elle faisait juste semblant de lire, car elle avait perdu toute concentration. Elle était redevenue tendue, et s'était encore plus endurcie aux paroles de son ancienne compagne. Syrina avait toujours aimé fouiné un peu partout quand elle se retrouvait dans un environnement connu, ou non, et Aylen le savait. La jeune femme fronça les sourcils, sans répondre ni relever la tête. Elle était simplement un peu vexée de la manière dont Aylen s'adressait à elle, et Syrina ne discernait aucun autre sentiment dans ses paroles que de la haine à son égard. Car ce n'était plus que ça qui venait à l'esprit de la Mangemort, après toutes ces années d'endurcissement, elle était devenue un brin paranoïaque et pensait que tout le monde ne lui voulait que du mal ou la mépriser. Ainsi, Syrina était constamment sur la défensive, et paraissait toujours haineuse également. Elle laissa son ancienne amie continuer de parler, jusqu'à ce que finalement, la jeune femme décida de lever les yeux vers Aylen, le regard noir et dur.

    « Je ne t'ai pas demandée de venir me chercher, je fais ce qu'il me plaît. Puisque je suis si pénible que ça, retourne donc là-bas et laisse-moi tranquille. » lança-t-elle froidement. Ceci dit, Syrina finit par se relever, fermer son livre et le remettre machinalement sur l'étagère. Puis, la gorge un peu serrée, elle ne jeta à peine un autre regard à Aylen et commença à s'agacer toute seule.

    « Oh et puis de toute façon ces vieux bouquins ne m'intéressent plus. Ça m'a l'air d'être devenu d'un ennui affligeant ici. »

    Syrina prit alors la direction de la sortie toute seule, sans s'adresser à Aylen. Si elle disait vrai et que ça faisait effectivement 45 minutes qu'elle était partie, mieux valait revenir avant qu'Hockley ne s'énerve également. Sauf que la jeune femme, pensant retrouver la sortie, se retrouva devant un mur fermé, alors qu'elle était sûre d'être entrée par ici. Elle prit une grande inspiration et se retourna alors vers Aylen, qui était arrivée depuis peu derrière elle.

    « Ne me dis pas que la porte s'en est allée ailleurs... » fit-elle en râlant.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mar 14 Oct - 6:54

Aylen croisa les bras sur sa poitrine et regarda Syrina longuement alors que celle-ci lui disait qu'elle ne lui avait rien demandé. Bien sûr que non, et encore heureux, autrement elle lui aurait certainement dit de se débrouiller toute seule comme une grande. Après tout, elle n'était pas son larbin non plus, et elle avait d'autres choses d'autant plus importantes à faire que de lui passer tous ses caprices désormais. Surtout qu'au final, elle n'eut même pas besoin d'insister, elle reposa le livre d'elle-même, fit un commentaire qui se voulait cassant mais qui ne fit que blaser d'autant plus la chef de clan qui n'avait pas le temps pour ces enfantillages, puis elle décida qu'il était temps pour son illustre personne de se retirer.
Parfait. Ca lui épargnerait d'avoir à argumenter.
Elle se contenta ainsi d'avancer un « Si tu le dis. » lorsqu'elle avança que les lieux étaient devenus ennuyeux, prête à lui emboîter le pas en décroisant les bras pour avancer.
Mais évidemment, les choses ne devaient jamais aller comme elles le voulaient, n'est-ce pas ?

Aylen avait l'habitude de vivre dans un espace capricieux, aussi elle ne fut guère surprise de voir qu'un des murs avaient décidé de bouger, leur barrant la route. Dire qu'elles avaient marché jusque là pour rien. Réfléchissant un instant, la propriétaire des lieux établit rapidement un plan mentalement, alors que comme à son habitude, la Mangemort s'efforçait de rendre la vie des autres impossible en râlant contre le mobilier. Elle essaya de ne pas penser au fait que cela signifiait qu'elles allaient devoir passer encore plus de temps ensemble, seules entre ces murs, comme elles avaient pu le faire par le passé. Elle ne voulait pas y repenser, à ces baisers volés entre deux livres, ces étreintes chaleureuses, ce corps contre le sien... Elle ferma les yeux un instant. Elle était certaine que ça n'arriverait plus, de toute façon. Après tout, Syrina était une femme mariée désormais.

« Il semblerait bien. On va faire demi-tour et trouver la sortie, ça ne devrait pas prendre trop longtemps, si tu arrêtes d'insulter les lieux. A croire que tu n'as pas évolué en dix-huit ans. » Elle s'abstint d'ajouter le nombre de mois et de jours, ne voulait pas qu'elle sache qu'elle ne s'était jamais vraiment remise. Après tout jusque là elle parvenait à faire bonne figure.
Durant un instant, son regard dévia alors jusqu'à la main de Syrina. Elle se souvenait parfaitement que des années plus tôt, elle la lui aurait tendue sans l'ombre d'une hésitation, et elles auraient marchés côté à côté pour sortir de là tranquillement, en plaisantant un peu sans doute. Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle la fixait peut être un peu, elle détourna le regard, haussa les épaules comme si de rien était et commença à vouloir avancé avant de changer d'avis et de se retourner vers elle, ses cheveux suivant le mouvement en volant autour de ses épaules, les boucles retombant souplement sur sa peau à peine hâlée, toujours un peu pâle tout de même.
Petite sourire en coin des plus amusé, regard pétillant. Ah ça, on pouvait déjà deviner qu'Aylen pensait tirer profit de la situation, s'approchant dès lors de Syrina.
« En fait... Avant qu'on y aille, j'aimerai te poser une question. Tu n'es évidemment pas obligée d'y répondre, puisque tu n'as en rien besoin de moi pour retrouver la sortie j'en suis sûre. Mais si tu réponds je pourrais te l'indiquer. Qu'en penses-tu ? »
A dire vrai, elle n'attendait pas réellement de réponse de sa part. Elle s'avança encore vers Syrina, réduisant la distance entre elles de façon à devoir baisser les yeux pour accrocher son regard, prenant le pas pour la dominer ainsi légèrement.

« Ca fait quoi de tomber si bas que tu en viennes à épouser un type pareil ? » Le sourire se retrousse, moqueur caustique, suite à sa question. Cette question sous-entendait tellement de choses, et était clairement prononcée de façon à ce que Syrina en saisisse les pans les plus douloureux.
Que la soudaine proximité ne la trompe surtout pas sur les intentions d'Aylen.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Sam 18 Oct - 9:50

    Syrina savait qu'à cause de cette affectation, les choses seraient loin d'être faciles pour elle. Son mari avait pensé que changer d'air leur ferait le plus grand bien à tous, mais en réalité c'était tout le contraire. Pourtant, Syrina s'était sentie un brin heureuse à l'idée de revoir Aylen, mais la tournure des évènements lui déplaisaient fortement. Naturellement, qu'allais-tu imaginer, Syrina Blake. Que ton ancienne compagne t'accueillerait à bras ouverts en te couvrant de baisers et de câlins après dix-huit ans, dix-huit ans après l'avoir sortie de ta vie sans scrupules et de manière définitive. Cela n'aurait pas été dans la logique des choses. La jeune femme ne se rendait juste pas tout à fait compte de la peine qu'elle avait infligée. Après tout, elle avait commis tellement d'actes ignobles et criminels que cela lui paraissait bien moindre à côté. Pourtant, bien loin l'idée de Syrina de se séparer de son père. Elle avait dû faire ça en pensant protéger Aylen, mais forcément cette dernière ne pouvait pas le savoir. Et étant donné la manière de McFusty de s'adresser à elle, la Mangemort n'allait pas le lui dire. De toute façon, elle la détestait. Et Syrina était une femme mariée à présent. Un retour en arrière s'avérait tout à fait impossible. Cela dit, l'ancienne Serpentard l'avait imaginé bêtement, tel un rêve d'une histoire impossible d'adolescente encore trop naïve. À ce stade, même une « amitié » paraissait impossible. Car Syrina se sentait agressée, rajoutons à cela son propre mal-être concernant Aylen, ainsi que sa vie privée en général, tout cela la rendait profondément grincheuse et elle se contrariait pour rien. Alors que pourtant, cette bibliothèque avait tellement de potentiel...Syrina réprima un soupire nostalgique, se remémorant leurs aventures passées ici il y a dix-huit ans. Qui avaient été bien différentes de maintenant. Se courir après entre les étagères, passer de longues minutes dans les bras l'une de l'autre à se câliner et s'embrasser. Tout cela était bien loin. À présent, ça ressemblait d'avantage à un « je vais bien te faire sentir que je te déteste » de la part d'Aylen. Voilà pourquoi Syrina aurait souhaité partir rapidement d'ici avant que cela ne dégénère, à vrai dire elle n'avait pas très envie que son ancienne compagne profite de la situation pour lui demander des comptes. Mais naturellement, la porte s'en était allée ailleurs. Et Aylen accusait Syrina d'avoir insulté les lieux, que si elle s'arrêtait, la porte allait revenir. Qu'elle n'avait pas non plus évolué en dix-huit ans. La Mangemort se sentie blessée et jeta un regard noir à son ancienne compagne, plaçant les bras croisés sur sa poitrine. Elle lui répondit sur le même ton accusateur :

    « Visiblement toi tu as beaucoup changé, puisque tu commences sérieusement à m'agacer. »

    Après tout, Syrina n'avait pas vraiment cherché les ennuis la première, pour une fois. Ceci dit, elle n'allait pas rester toute seule ici, alors elle se décida à suivre Aylen. Sans elle, elle ne pourrait pas retrouver la porte de toute façon. Mais elle ne dit rien, gardant ses bras croisés sur sa poitrine. Jusqu'à ce que peu après être parties, Aylen se retourne vers elle. Syrina s'arrêta alors, écoutant son ancienne compagne qui désirait lui poser une question. La Mangemort hausse un sourcil, sans répondre, puisque visiblement la chef McFusty ne lui laissait pas le choix. Syrina la laisse ainsi réduire l'espace entre elles, mais le petit sourire de l'ancienne Gryffondor ne lui plaisait guère. Mais elle ne bougea pas et planta son regard dans le sien, même si Aylen la surpassait de quelques centimètres. Une fois encore, Syrina se sentie blessée, et oppressée par cette proximité. Elle ne le montra naturellement pas, se contentant de garder un air froid. Elle déglutit, hésitant un peu avant de répondre, puis finalement, elle décida de lui renvoyer la balle. Après tout, il n'y avait pas de raison qu'elle seule se fasse humilier. Syrina esquissa un rictus.

    « Hin hin. Parce que je l'aime, Lui. La seule vraie question à se poser est comment moi j'ai pu avoir une relation avec toi. C'est répugnant. » conclut-elle, l'air mauvais.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mar 28 Oct - 3:37

Elle commençait à l'agacer ? Vraiment ? C'était l'hôpital qui se moquait de la charité là. Parce que soyons francs, Syrina était beaucoup plus agaçante qu'Aylen. Bon, d'accord, la narratrice n'est pas vraiment objectif, mais tout de même ! Ce n'était pas Aylen la coincée qui passait son temps à râler pour tout et pour rien à la moindre contrariété. Et ce n'était pas elle qui avait larguée la fille avec qui elle était depuis un an du jour au lendemain sans plus d'explication que ça. Alors très sincèrement, ses remarques ne lui faisaient pas grand chose. Elle la trouvait agaçante ? Tant mieux, la femme en était plus que contente. Elle n'était pas nécessairement rancunière normalement, mais elle ne parvenait pas à pardonner à Syrina malgré tout. Sans doute parce que, bien qu'elle ne l'admettrait jamais, cette dernière avait laissé à son départ un trou dans son cœur qui n'avait jamais été véritablement comblé. Sans doute...
Ceci dit, et bien que l'ancienne Serpentard soit la seule fautive de ce qu'il était en train de se passer en cet instant car elle passait son temps à provoquer des catastrophes (les pensées d'Aylen, pas les miennes), elle ne se laissa pas faire pour autant. Et malgré l'air mauvais, les paroles blessantes, la chef de clan ne pu empêcher son sourire de s'agrandir. Oh ? Vraiment ? Elle l'aimait ? Ce sourire rappelait clairement celle qu'elle avait été dans son adolescence : malicieuse et terriblement retors quand elle le voulait. Un air dont il fallait se méfier donc, quand on savait qu'elle conservait ce sourire pour les occasions où... Well... Où elle se laissait entraîner par ses émotions. Autant dire que cela arrivait bien rarement depuis quelques années, se contentant bien souvent de jouer le jeu de la politesse et de la politique pour s'en tirer jusqu'au moment où le phénix renaîtrait.

En attendant, Aylen ne se défila pas. Bien sûr, elle se sentit atteinte par les mots de la femme en qui elle reconnaissait si peu celle qui avait été son amante, mais... elle ne voulait pas perdre la face. Alors elle allait riposter, jusqu'à ce qu'une des deux tombe, vaincue. Et elle pouvait jurer que ça ne serait pas elle.
Elle ne recule donc pas et avance même, regardant Syrina dans les yeux alors que c'est à son tour de jouer, d'essayer de faire craquer la mangemort qui se trouve face à elle afin de gagner un jeu qui ne fera que les blesser et les entraîner dans des eaux que ni l'une ni l'autre ne veulent vraiment atteindre. La voix se fait douce et amusée, moqueuse même.
« Oh, vraiment ? Pourtant je me rappelle très clairement de tes gémissements, comment c'était déjà ? » Et c'est là qu'Aylen, trente-cinq ans, retomba en adolescence au cours d'une magnifique mais courte imitation de Syrina. Oui, elle a osé. La vile. « Sans vouloir remettre tes talents d'actrice en doute, je t'imagine mal toi, la grande Syrina Blake, ressentir le besoin de faire semblant d'aimer quelqu'un et de prendre ton pied pendant un an. Surtout si ça te dégoûte tant que ça. »
Ouais, là on était retombé sur Aylen adolescente directement. Ca ne faisait aucun doute.
Oui, elle était fière d'elle.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Sam 1 Nov - 12:20

    En cet instant, Syrina était bien loin de l'adolescente qu'elle avait été. Ce qu'elle venait de dire à Aylen ressemblait bien au genre de remarque acerbe qu'elle avait l'habitude d'utiliser, depuis déjà quelques années. Mais à quoi jouait-elle ? La jeune femme se demandait bien pourquoi elle était rentrée dans le jeu de son ancienne compagne. Après tout, l'une comme l'autre n'étaient plus des adolescentes. Elles étaient toutes deux mère en plus, elles se devaient d'agir en adultes responsables. Pour Syrina, c'était stupide de régler des comptes de cette manière à leur âge. Et pourtant, la Mangemorte avait plutôt l'impression que l'une comme l'autre retombaient en enfance. À se chamailler tel un vieux couple d'adolescents qui réglaient leurs premières histoires. Le ressentit de Syrina concernant ce si bouleversant changement de « vie » n'aidait en rien les choses. La jeune femme avait appris à se contrôler, ne pas laisser paraître ses émotions et encore moins s'emporter face à une ancienne amie. Pourtant, il fallait bien reconnaître que Syrina se permettait ce genre de comportement qu'avec Hockley. Et avec Aylen. Déjà adolescente, la Serpentard était très introvertie, ne parlait quasiment jamais aux gens, et avait donc peu d'amis. Sans compter qu'elle avait eu également de gros problèmes relationnels au sein même de sa maison. Ayant été habituée à être « rejetée » et mal aimée, bien qu'elle s'infligeait à elle-même cette sentence, Syrina se sentait agressée en permanence. Mais comme elle ne parlait pas beaucoup aux gens, seule Aylen à cette époque savait qui était vraiment Syrina. Une râleuse accomplie, très susceptible, le genre à s'énerver et bouder très facilement, mais pas mauvaise. Qui utilisait le râle et l'agacement pour cacher sa gentillesse et son cœur tendre. Seule Aylen avait connu ce côté-là de Syrina. Et pire, seule Aylen avant Hockley l'avait initiée aux joies de la chose même si leur première fois n'était partie que d'un pari stupide. Pari que Syrina avait d'ailleurs toujours eu du mal à pardonner. Tout cela pour dire que même en cet instant, après dix-huit ans, la jeune femme avait pu se permettre de répondre comme ça à Aylen. Celle-ci avait d'ailleurs un comportement plus que puérile. Imiter Syrina en train de...mon dieu. De jouir. Sans chercher à réagir d'une autre manière, l'ancienne Serpentard s'offusqua immédiatement. Les yeux écarquillés et la bouche ouverte, prête à gober une mouche, Syrina réprima un « Haaan O.O », avant de froncer les sourcils et de s'énerver après Aylen, haussant le ton et la menaçant de son doigt pointé vers elle. Facile de savoir quand Syrina était énervée puisqu'alors la veine qui traversait son front devenait beaucoup plus saillante.

    « Comment oses-tu ! C'est d'un déplacé ! Et tu te permets de me dire que je n'ai pas changé en dix-huit ans ! Non mais tu ne t'es pas regardée, toi tu es d'une immaturité affligeante ! »

    Inutile d'ajouter que Syrina devenait beaucoup moins diplomate et classe dans ses propos lorsqu'elle s'énervait. Une manie d'adolescente qu'elle avait dû conserver, sûrement. Dans son élan d'agacement, la jeune femme qui avait été gênée d'une telle proximité et qui avait préféré s'éloigner légèrement, était revenue à la charge, leurs visages plus proches que jamais, son regard planté dans le sien. Dommage qu'Aylen, portant aussi des talons, la surpassait d'une demi-tête.

    « Et puis de toute façon tu m'imites très mal. Je n'ai jamais fait ça, tu as dû m'entendre faire ça dans ta tête parce que oui, tu me dégoûtes ! »

    La colère de Syrina l'avait emportée sur sa raison et elle allait sûrement le regretter à essayer de persuader Aylen d'une manière tout aussi puérile qu'elle n'avait jamais apprécié leur relation. Alors que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'elle était loin d'être crédible.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Dim 2 Nov - 8:18

La colère de la femme avait quelque chose de jouissif. Aylen se sentait triomphante face à elle, car l'agacement de Syrina ne voulait à ses yeux dire qu'une chose : cette dernière se savait parfaitement en tort, et plus que ça, prise à défaut. Autant dire que la chef de clan n'aimerait pas être à la place de sa vis à vis. Evidemment, celle-ci s'offusqua du comportement puéril de son ancienne compagne, pas de quoi surprendre la brune qui affichait un sourire plus que satisfait face à sa réaction. Elle se permit même se ricaner.
Ah ça, Syrina allait regretter d'être revenue sur les îles.
Mais malgré tout, la surprise déplaisante, le désir de ne pas la revoir, quelque part au fond d'elle, elle sentait que la situation avait quelque chose de libérateur. Elle n'avait jamais rien dit à personne au sujet de ce qu'il s'était vraiment passé avec Syrina, la façon dont elles avaient rompus, avait fait comme si tout allait bien au final à l'époque malgré une tristesse écrasante, mais maintenant... C'était différent, et quelque part elle se sentait soulagée de voir qu'elle parvenait toujours à la provoquer. Qu'elle ne la laissait pas indifférente.

Désireuse de mettre à profit la situation et d'en tirer parti tant qu'elle le pouvait, elle n'aurait sans doute pas pu malgré tout prédir ses prochaines actions. Les paroles de l'anglaise trouvèrent un certain écho chez elle, et elel haussa un sourcil. Elle la trouvait immature, et dégoûtante ? Très bien, c'était son choix. Mais alors...
« Alors pourquoi tu cherches ma proximité si je te dégoûte ? » Car oui, le rapprochement ne lui avait pas échappé, et un sourire narquois naquit sur les lèvres de l'ancienne auror.
A dire vrai, elle n'attendait pas réellement de réponse à sa question qui était plus rhétorique qu'autre chose, mais elle ne voulait pas la laisser s'éloigner pour lui prouver le contraire. Et elle désirait également la garder ainsi près d'elle, en un sens. Alors elle ne la laisse pas s'éloigner, ne le lui permet pas en passant un bras autour de sa taille. Elle l'avait détesté, mais avec les années, la haine lui avait parue si vaine qu'elle en était venue à se souvenir principalement des moments heureux de leur relation, de ce qu'elle ressentait auprès d'elle. Aylen était de ces gens qui n'oubliaient jamais un amour, et qui ressentait au delà du corps ou de l'esprit. Au delà des barrières imposées.

« Si vraiment tu dis vrai, tu n'as plus qu'à me le prouver. »
En cet instant précis, il n'y avait plus aucun doute sur ce qu'il allait se passer. Son regard descendit des yeux de Syrina pour aller jusqu'à ses lèvres qui l'appelaient délicieusement. Elle n'avait jamais vraiment oublié leur goût, la pulpe de cette fleur offerte qui ne demandait qu'à être cueillie. Et, être d'instinct, elle ne pouvait pas vraiment résister à cet appel. Pas après tant d'années. L'idée qu'elle aient changées lui effleura l'esprit.
Mais pas assez pour la retenir.

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« If you have to look along the shaft of an arrow from the wrong end, if a man has you entirely at his mercy, then hope like hell that man is an evil man. Because the evil like power, power over people, and they want to see you in fear. They want you to know you're going to die. So they'll talk. They'll gloat. They'll watch you squirm. They'll put off the moment of murder like another man will put off a good cigar. So hope like hell your captor is an evil man. A good man will kill you with hardly a word. »
Terry Pratchett

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mar 4 Nov - 11:00

    Malgré tout, cette pathétique imitation de la manière de « gémir » de Syrina, de la part d'Aylen, elle avait réveillé un certain nombre de souvenirs à l'esprit de la Mangemorte. Des souvenirs de jeunesse et malgré ses airs de bourgeoise coincée, Syrina était loin d'être naïve et innocente. À son âge c'était bien normal. Le plus douloureux dans tout ça était de penser qu'Aylen la détestait alors que son ancienne compagne avait sans aucun doute toujours des sentiments malgré tout. L'attirance, Syrina pouvait aisément la laisser de côté. L'écossaise était une belle femme, sans aucun doute. Elle n'avait pas perdu de son charme d'adolescente. Au contraire même, avec l'âge, elle avait quelque chose en plus. Ce petit quelque chose au fond des yeux, déclenchant chez Syrina de petits papillons au niveau du bas ventre. Gêne qu'elle n'avait que rarement ressentit en dehors de sa première relation avec cette brune aux yeux clairs. Parfois encore elle se demandait si son père n'avait pas fait exprès de la donner à Hockley rapidement après sa rupture avec Aylen. Il est fort possible qu'il se soit douté de la préférence de sa fille pour une personne du même sexe. Amour intolérable dans une famille de sang-purs. Mais Syrina avait été, et est toujours, trop lâche et peureuse pour oser s'opposer à son père. Résultat elle était malheureuse dans sa vie de petit couple posé, malgré sa bonne situation, il fallait le reconnaître qu'ils étaient plus qu'aisés. Heureusement cependant que la jeune femme avait ses enfants, bien que les choses devenaient de plus en plus compliquées avec Aidan. Bref, Syrina sentait que cette affectation allait la rendre encore plus malheureuse que jamais, sentant que son ancienne compagne la détestait et cherchait à lui faire payer ce qu'elle lui a fait subir. Pourtant, Aylen gardait sa proximité et son petit sourire provocateur. Syrina hausse un sourcil et penche légèrement la tête sur le côté, un peu étonnée de cette réaction. Elle l'insulte et elle sourit ? Se moquerait-elle d'elle? Comme la Gryffondor insolente qu'elle avait toujours été au fond d'elle, Aylen s'approcha encore d'avantage de Syrina, osa poser ses mains sur les hanches de la Mangemorte pour la ramener contre son corps. Loin d'elle l'idée de la repousser, Syrina ne fit qu'écarquiller un peu les yeux, un peu surprise. Pourquoi ? À quoi jouait-elle ? Sans perdre ce sourire ironique au coin des lèvres. Elle voulait que la Serpentard lui prouve quelque chose, si elle la dégoûtait vraiment ? Aylen était bien susceptible. Syrina haussa un sourcil de nouveau et réprima un râle.

    « Tsss ! Je peux savoir à quoi tu joues ? Lâches... »

    Mais avant qu'elle n'ait pu terminer, l'écossaise posa ses lèvres sur celles de l'anglaise, pour un baiser plus que sulfureux et fougueux. Aylen n'avait que rarement embrassé Syrina de la sorte, et cette dernière était mêlée par la surprise, l'incompréhension, et...l'envie qui grandissait en elle. La fierté de la Mangemorte lui aurait dit de ne pas se laisser faire. Mais...cette sensation était si agréable...mais il y avait Hockley ! Elle ne devait pas...Oh et puis tant pis. Syrina, même si elle est restée légèrement pétrifiée l'espace de quelques secondes après le geste d'Aylen, maintenant elle se faisait tout aussi fougueuse qu'elle. Sans chercher à rien savoir, Syrina retrouvait ses sensations et ses sentiments d'il y a dix-huit ans.

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Mer 5 Nov - 6:32

Evidemment, qui pouvait résister à ses baisers ? Certainement pas Syrina, qui se retrouvait prisonnière des bras de la chef de clan qui n'avait pas hésité un seul instant. Sa passion avait pris le dessus, ainsi que son désir. Oh, principalement son désir de prouver qu'elle avait raison, mais également quelque chose de plus profond, qui voulait visiblement rallumer un brasier étouffé par les cendres d'une relation consumée par le passé.
La femme redécouvrait en tout cas avec ce qui ressemblait à du soulagement les lèvres de son ancienne compagne, peut-être même avec une pointe de bonheur. Elle retrouvait sans mal les sensations qu'elle avait connu, dix-huit ans plus tôt avec elle, le chatouillis, le cœur qui bat erratiquement, la chaleur qui grandit.
Et elle se laisse emporter par ça lorsqu'elle sent la Mangemort répondre à son baiser. C'est plus fort qu'elle. Elle en ressent autant l'envie que le besoin soudain. Oh, elle n'est pas retombée amoureuse (quoiqu'elle n'ait jamais réellement cessé de l'être comme expliqué précédemment), mais son corps semble se rappeler de tout, et ça lui avait manqué. Une de ses mains se perd contre ses reins pour la rapprocher un peu plus d'elle, dans une étreinte ne cachant en rien ce qu'elle pouvait vouloir en cet instant, et son corps pivote pour piéger celui de son ancienne amante contre le bois d'une bibliothèque, sans trop de ménagement.

Le baiser se prolonge encore, et il faut quelques longues secondes à Aylen pour se rendre compte qu'elle tire trop de plaisir dans ce baiser, mais en même temps...
Elle finit par séparer leurs lèvres, juste à peine, refusant d'éloigner son corps du sien. Un sourire se dessine, victorieux et peut être un peu mesquin, avec une pointe d'arrogance qui la caractérise, alors qu'elle peut sentir le souffle chaud de Syrina contre sa peau.
« Tu vois... J'avais raison. Je suis loin de te dégoûter. » Un souffle amusé lui échappe alors qu'elle vole un nouveau baiser au goût de la victoire, très bref cette fois. « Très loin. » Et elle a terriblement envie de continuer à le lui prouver, oubliant totalement qu'on les attend à table et qu'elles prennent bien trop de temps à revenir.
Oh, son père aura sans doute pu expliquer qu'il était normal qu'elle mette tant de temps : le château était grand, se perdre facile, et quelques fantômes malicieux pouvaient avoir eu envie de compagnie et indiquaient un faux chemin à la femme pour discuter avec elle. C'est qu'on ne voyait pas souvent de mauvaise tête ici. Et encore, il ne parlait pas des cachots et des pièces qui se déplaçaient toutes seules. Bref, autant dire que Syrina avait largement de quoi se perdre.
Autant dire qu'Aylen est plus occupée à vouloir de nouveau venir effleurer les lèvres de Syrina – entre autre chose – que de s'occuper de ses devoirs d'hôte ce soir, malgré toute la bonne éducation qu'on a pu lui fournir. Et d'ailleurs sans protestation de la part de la concernée...

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MessageSujet: Re: Affectation (Aylen)   Dim 9 Nov - 12:08

    Dire que les baisers d'Aylen étaient irrésistibles était sûrement un peu fort à l'échelle de tous les individus, mais pour Syrina c'était différent. Cette femme avait été son premier amour et elle l'avait quittée, elle avait pris cette décision qui ne lui avait même pas appartenue. Aylen ne le savait pas, bien sûr. Et elle ne pouvait pas le savoir. Alors difficile d'oublier du jour au lendemain un amour si fort qui les avait unies. Bien sûr, cela faisait environ dix-huit ans, les premières années avaient été difficiles mais chacune avait fait son chemin et en autant de temps, Syrina avait pu oublier ses sentiments, à cause d'Hockley et de sa nouvelle vie. Cela ne l'avait pas empêchée d'y repenser de temps en temps, se demandant si elle n'aurait pas été plus heureuse ainsi. Mais ce qui était fait était fait, et Aylen avait sûrement dû l'oublier aussi. Jusqu'à aujourd'hui. Après avoir passé dix-huit ans sans se revoir, passer de l'adolescente à l'adulte, ce fut un choc. Au fond d'elle, Syrina avait eu peur. Elle n'avait su prédire comment leur rencontre aurait pu se dérouler. Elle avait pensé un instant que cela se serait déroulé comme à son arrivée, être indifférente à Aylen après tant d'années. Mais visiblement ce n'était pas le cas, et Syrina avait redouté ce qu'il était en train de se passer en ce moment. Lèvres contre lèvres, pendant ce baiser fougueux et laissant revenir les sensations et souvenirs d'il y a dix-huit ans, l'ancienne Serpentard se demandait ce qu'elle devait faire maintenant. Elle n'y avait pas songé au début, préférant se laisser envahir par ses anciennes émotions. Mais les temps avaient changé maintenant, elle n'était plus une adolescente naïve. Inutile de cacher que Syrina y avait songé, à ce baiser échangé. Elle s'était demandée comment elle aurait dû réagir si cela venait à se passer. Heureusement, Aylen mit fin au baiser, et Syrina prit alors une petite inspiration. Enfin elle pouvait avoir l'esprit clair et elle ouvrit doucement les yeux pour affronter de nouveau le regard de son ancienne compagne, les joues ayant pris une teinte rougie. Elle s'était retrouvée coincée entre une étagère et le corps d'Aylen qui n'avait pas l'air de vouloir la laisser partir malgré avoir interrompu le baiser. Syrina n'avait pas non plus envie de partir, et elle demeura indifférente au petit sourire mesquin de la chef de clan qui semblait être fière d'avoir pu franchir le cap. Mais la Mangemorte continuait de la regarder, la bouche entre ouverte et la confusion se lisait dans son regard. Syrina était perdue, complètement perdue, son corps lui disait de continuer et de se laisser faire jusqu'à complètement franchir les limites de l'indécence, son esprit aussi le lui disait, mais sa conscience lui disait stop. Elle savait très bien que si elle continuait, la cohabitation sur les îles se révèlerait d'autant plus difficile. Elle ne voulait pas prendre le risque de retomber pleinement amoureuse, même si elle ne pouvait pas y faire grand chose, mais si cela finissait par se savoir, elle aurait de gros ennuis.

    « Oui, tu as raison. » murmura Syrina, tandis qu'Aylen semblait vouloir continuer, approchant ses lèvres et laissant glisser ses mains un peu partout. Lorsque leurs lèvres se frôlèrent de nouveau, Syrina tourna alors la tête et posa ses mains sur les épaules d'Aylen.

    « Mais je ne peux pas. »

    L'anglaise repoussa alors doucement son ancienne compagne et se dégagea de son emprise. Lui tournant dos, elle remit correctement sa coiffure et remit en place sa robe nerveusement, les joues rouges et le souffle légèrement coupé, suite à l'interruption de cet échange qui aurait pu les mener loin. Syrina en mourrait d'envie bien sûr, mais elle devait tout arrêter avant que cela ne prenne des proportions qu'elle n'aurait pas pu contrôler par la suite. Prenant une grande inspiration, elle se retourna alors vers Aylen.

    « Je...suis mariée maintenant, Aylen. Je ne peux pas...Je ne peux plus. Désolée. »

    Cela lui faisait mal. Syrina avait la sensation de la quitter une deuxième fois.

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Affectation (Aylen)

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