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 Prueole + Welcome to the inner workings of my mind.

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MessageSujet: Prueole + Welcome to the inner workings of my mind.   Mar 8 Juil - 3:20

Welcome to the inner workings of my mind.
Des échos de douleur bourdonnaient contre les parois de ta boîte crânienne mais ne plus penser à lui semblait apaiser tes rétines et calmer les pulsations frénétiques de ton muscle moteur. Tes idées comateuses agissaient comme de la morphine et floutaient ta lucidité. Tu marchais en double-jeu, en double-je, laissant miroiter tes espoirs sur la peau diaphane de Samaël. Toi-même, tu ne sais plus où tu en es et l'hésitation scarifie tes mouvements. Tu te contemples dans ce brouillard indistinct, dans ces nuits pleines d'ivresse sans point d'interrogation car ce qui te reliait au brun semblait intouchable et invincible, avant. Faux. Les lendemains pourtant étaient frêles et tremblaient sous le poids des complications. Dans ton étouffant chaos, il est cette brise fraîche qui s'évapore à la moindre secousse. Son corps a la fragilité d'une poupée de porcelaine et l'image du bout de tes doigts sur sa peau ne faisait que te fissurer davantage. Pourtant, tu ne parviens pas à t'en défaire. De ces pensées. C'est terrible de savoir que tu l'as perdu. Que c'est lui qui t'a quitté. Avant, tu le respirais comme on respirait de l'opium et tu t'évanouissais face à ses courbes ; tatouées en ton esprit. Des vagues poussiéreuses t'emportent et des souvenirs comateux se réveillent après des années de silence. Tu perds le fil conducteur de ton insensibilité car tu revois des images que tu croyais pourtant enterrées depuis des années. Tu revois le sourire innocent d'une gamine qui, à cette époque, savait comment aimer et donner sans conditions. Tes nerfs s'effritent avec des suppositions grotesques et une nostalgie pathétique. Prue était comme un fantôme, qui possédait en elle tes innocences les plus secrètes, tes faiblesses. En clair, tout ce que tu as appris à laisser derrière toi. Prendre la décision de la revoir était comme te confronter à celle que tu as abandonnée, enterrée au plus profond de ton être pour laisser vivre le monstre que tu es devenue. Qu'elle aussi est devenue. La confusion crisse contre les parois de ta boîte crânienne mais tu as ce désir profondément ancré dans tes utopies éphémères d'assumer, de faire le point malgré toutes les contusions qui se sont dessinées sur ton échine depuis la dernière fois que tu as croisé son regard. Tu ne sais pas vraiment si tu l'apprécies. Mais tu sais qu'il te faut assurer tes arrières. Prue est un second reflet dans le miroir. Le reste d'un féminin malmené ; parfois brutalisé, d'autres fois écorché vif. Elle est cet autre. Ton autre. Traits confondus et esprits gémeaux. Dans le paradoxe, tu avais tendance à cracher sur cette ressemblance autant que tu étais capable de l'aduler. Vos bas instincts étaient frères, que tu le désires ou non. La Norvégienne représentait l'humain corrosif dans toute sa splendeur. Le menteur, le vicieux, le charmeur et le destructeur. Elle est toi, tu es elle et de temps à autre, tu oses t'y perdre. Tu fonces droit dans le mur de vos aspirations emmêlées. Il vous arrivait de caresser les autres avec la promesse, tatouée sur le bout des lèvres, de noircir les pages blanches de leur vie monotone. C'était votre distraction. La marque laissée après votre passage. Ce qui te reliait à cette femme ne pouvait pas être compris par tout le monde. Pour ça, il fallait avoir grandi dans une matrice imbibée de démence, d'instabilité si subtile qu'il était facile pour vous de vous mêler à ces gens ; comparés la plupart du temps à de simples insectes. Des nuisibles. Des parasites. Les prunelles de Prue autant que les tiennes ne perçoivent toujours que le profit et plus particulièrement, le profit jusqu'à l'abus, jusqu'à l'épuisement de l'être comme s'il s'agissait d'une proie prise en chasse car au fond, parmi tous ceux que vous haïssiez, l'ennui s'était greffé à votre échine. Vous ne faisiez que survivre dans une société qui n'était pas encore prête à vous accepter. L'impulsivité te faisait parfois lâcher la prise solide que tu as construite sur la réalité. Tes angoisses cachées s'entremêlaient avec les furies rageuses qui te tenaient par les tripes. Tu oublies que tu es humaine. Tu oublies que tu vis et tu continues à marcher comme si ton corps ne valait rien. Ne représentait rien. Comme un souvenir parasité à ta peau et dont tu ne pouvais te défaire, il reste coincé dans ton esprit. Tes incertitudes ne possèdent aucun fondement. Elles polluent ton air, intoxiquent ta lucidité. Je n'ai plus rien à perdre. Je n'ai plus rien à perdre depuis des années, à vrai dire. Tu avais son adresse en tête depuis quelques jours. Elle s'était imprimée contre les tissus malades de ton cerveau. Et tu l'avais écrite sur un morceau de papier, à l'encre noire, avec nervosité et imprudence. Comme pour être sûre qu'elle ne disparaisse pas, que ta capacité à enregistrer une information ne te fasse pas défaut. Tu t'es décidée à sortir, à transplaner en direction de l'allée des embrumes. Durant le trajet, certains moments repassent comme un vieux film devant tes prunelles arrachées par la fatigue et un léger sourire se dessine sur tes lèvres sans même que tu ne le remarques. Ta froideur et toutes les morsures que tu étais capable d'infliger ne te viennent pas à l'esprit pour une fois. Peut-être car ces choses-là, cette salope que tu étais avec tous les autres, ne faisaient pas le poids face à quelqu'un comme elle, qui a connu la petite fille. La fragilité. Il est tard, la nuit est déjà tombée depuis plusieurs heures et peut-être qu'elle ne t'ouvrira pas mais au fond, peu importe. Tu avances jusqu'à la porte pour appuyer sur la sonnette avec l'impatience qui te ronge. L'adrénaline bloque toutes les autres émotions. À vrai dire, tu peines à croire qu'elles vivent encore.
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MessageSujet: Re: Prueole + Welcome to the inner workings of my mind.   Ven 11 Juil - 8:33




Elle glisse. Lentement. Joliment. Dangereusement. Elle glisse avec assurance, avec aisance, sur la faïence usée en prenant le soin de laisser derrière elle une trainée de souvenirs brûlants. Elle peint des cris, dessine des peurs, contourne le bonheur, dans de multiples rayures. Au fusain, elle esquisse dans le vice des courbures infâmes de nombreux drames. Son rôle est le même, il n’a pas changé. Il ne changera. Elle cherche la sortie, elle a peur elle aussi. Elle glisse. La fin est proche. Elle se décharge, elle s’épuise. Son parcours s’achève et pourtant, elle est poursuivie. Elle le sait, sa sœur est proche. Proche de la fin, proche du chaos, bientôt elle déversera elle aussi ses peurs, chose que tu n’as jamais sur faire. Tu les regardes avidement, ces quelques gouttes de sang qui glissent de leur perchoir. Elles sont belles. Elles miroitent avec puissance, elles tranchent de ce blanc si blanc. Tes yeux suivent leur trajet, leurs trainées, tandis qu’entre tes fines mains trône leur géniteur. Toi, tu n’as pas peur. Tu n’as jamais eu peur. Un sentiment vulgaire que tu as bien vite banni de tes ressentis. Une souffrance que tu n’as pas voulu t’infliger. Edifier les murailles, renforcer les remparts. Ô jamais, ô grand jamais ce mur ne tomberait, tu te l’étais juré. Tu essuyas consciencieusement ce liquide rouge qui dérangeait ton lavabo. Un peu d’eau et le crime disparaissait. Envolé comme une nuée de papillons. Tu essuyas rapidement la lame sur ton jean troué avant de reloger la lame dans l’emplacement prévu de ta bottine. Furtivement, tes yeux océans se lèvent vers leur frère devenu sombre. Il est tard, beaucoup trop tard. Les étoiles ont pris le relais depuis bien longtemps. Tu n’as jamais aimé les étoiles. La lumière dans l’obscurité. Le blanc sur le noir. Tu n’as jamais aimé ce traitre qui trônait en évidence dans les airs. Un espoir indétrônable qui te rendait malade. Tu avais réussi à souffler de nombreuses flammes mais celle-là, tu n’avais jamais pu y toucher.

Ton corps fit volte-face dans un mouvement souple et fluide puis avança vers ce mur que tu avais condamné. Des photos. Des dizaines et des dizaines de photo punaisées, scotchées, gribouillées, raturées. Des notes, des post-it, des objets, des fils. Tu contemplas ton chef d’œuvre avec fierté. Celui-là, tu l’avais aussi coincé. Tu les avais tous eu. Tous. Ils pouvaient courir, ils pouvaient se cacher, ils pouvaient transplaner, tu finissais toujours par les retrouver. Une machine à tuer. Tu n’es qu’une machine à tuer. Tu avais fait de la traque ton seul plaisir, ton seul défouloir. Justice devait être faite et c’est toi, dans ton habit sombre qui allait jouer les exécuteurs. Tes lèvres s’étirèrent légèrement. Tu finirais par la venger. Alors, avec une habitude déconcertante, tes mains se mirent à griffer le mur arrachant les visages, déchirant les rouages de ton raisonnement. Les papiers tombèrent sur le sol tels des feuilles mortes. « Incendio. » murmuras-tu du bout des lèvres. Tu regardas les flammes s’emparer des détritus dans de magnifiques volutes dorées éphémères où tes yeux se perdaient. Lorsque le festin termina de se consumer, tu écrasas ton pied dessus. Affaire classée.

Cela faisait déjà de nombreuses minutes que tu revêtais ton mur de photos froissées, de nombreuses minutes que tu retraçais avec précision les moindres faits et gestes connus de ta future mission, de nombreuses minutes que tu passais seule, terrée dans ce silence familier. A vrai dire, il avait dû se passer plus d’une bonne heure avant que quelque chose ne vienne perturber ce doux silence. Lorsque la sonnette retentit, tu te précipitas à la fenêtre pour tenter d’apercevoir l’auteur de ce dérangement. Et tu le voyais, ce trouble-fête. Cette chevelure rousse. Cela ne pouvait être qu’elle. Tu soupiras. Que faisait-elle là à cette heure si tardive ? Que faisait-elle là, tout simplement. Vous vous étiez perdues de vue depuis de trop longues journées. Elle t’avait glissé entre les doigts comme du sable. Elle avait filé à l’anglaise. Une brise traversant la prairie. Tu t’étais sentie trahie, délaissée, abandonnée. Tu l’avais recueillie à son arrivée, tu l’avais guidé, conseillé, et pourtant, elle avait filé. Ils te fuient tous comme la peste. Pourtant tu t’étais acharnée à détruire ce que tu avais si rudement construit. Tu t’étais acharnée à percer ce mur malgré tes réticences. Tu l’avais vu en elle. Juhde. Tu l’avais sentie en elle. Elles étaient différentes, bien différentes, mais tu ne pouvais t’empêcher de ressentir cette impuissance. Une nouvelle fois. Tu le sentais courir dans tes veines, ce besoin de protection. Tu le sentais grignoter ta muraille. Tu le sentais ronger tes entrailles. Eole était une faiblesse. L’acide sur la craie, l’eau sur la terre… L’amour dans le cœur des Hommes. Tu la détestais autant que tu l’aimais. La contradiction et le paradoxe réunis en une seule et même personne. Tu n’ouvrirais pas. Tu ne voulais pas lui ouvrir. Elle était la faucheuse qui rendait visite à ses futurs malheureux élus. Elle pouvait dangereusement entrainer ta chute. Et pourtant, une petite voix dans ta tête malade te poussa à descendre silencieusement les marches de ton étrange appartement jusqu’à la porte d’entrée. Tu vérifias rapidement dans le judas puis un fil invisible guida ta main vers les multiples verrous. Un sortilège plus tard et la porte s’entrouvrit. La cage était ouverte. Laissez entrer les lions. Ce monde est fou. Tu passas tes doigts manucurés de noir dans l’entrebâillement de la porte et l’ouvrit. Elle était là. En chair et en os devant toi. Aussi belle et aussi cruelle qu’une rose. Tu ne cillas pas. Statue de marbre, tu la dévisageas sauvagement. Elle dehors. Toi dedans. La séparation. « Je m’étais faite à l’idée de ta disparition. » Non. Non, tu n’allais pas lui dire à quel point elle avait hanté ton esprit. Tu n’allais pas lui avouer que ton sang ne faisait qu’un tour lorsque tu voyais des marques sur sa peau. Non. Tu n’allais pas lui avouer que tu pouvais, potentiellement, tenir à elle. Il en était hors de question. Ton cerveau ne voulait pas ancrer cette nouvelle. Il la vomirait jusqu’à ce que tes pieds l’écrasent. Il la bannirait jusqu’à ce que tes yeux s’humidifient par la trahison. Il la détruirait tant qu’il pourrait. La faiblesse était humaine et tu avais bannie l’humanité depuis des années.

Et pourtant… Pourtant tu ne pus te résigner à lui claquer la porte au nez. Tu regardas les alentours avec nonchalance avant de te décaler pour qu’elle puisse entrer. Tu étais fatiguée ce soir et jouer aux plus bornées n’était pas dans tes projets. Sans prendre la peine de l’attendre, tu la devanças sans te retourner et tu te réfugias dans ton salon où de simples bougies régnaient en maitre. Tu n’allais pas parler, ce n’était pas à toi de faire cet effort. Pas ce soir. De toute manière, tu te doutais bien qu’elle n’était pas là juste pour décorer.


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MessageSujet: Re: Prueole + Welcome to the inner workings of my mind.   Dim 13 Juil - 3:06

Welcome to the inner workings of my mind.
Les nuances de la désillusion te laissaient perplexe. Toujours. Tu ne réalisais pas encore l'ampleur des dommages, la métamorphose que cette rencontre allait provoquer en toi. La surcharge d'humanité te déstabilisait. Tu es devenue funambule, égarée sur le fil d'une inconscience naïve. Sur la surface miroitante des rétroviseurs, tu ne reconnais plus ton propre reflet. Tes rétines dévisagent une inconnue, une fille à la pâleur cadavérique et dans ton estomac, tu ne peux ressentir que les effluves d'une colère naissante. Elle t'irradie avec une lenteur étrange, voilée par la compassion, la pitié, la déception et le dégoût. Je m’étais faite à l’idée de ta disparition. Prue et ses charmes ténébreux, ses sourires aux caresses veloutées et son être tout entier sont la raison de ta déchéance. Ton aveuglement absorbe ta raison, tout disparaît. Et toi la première. La conclusion de vos chimères se fanera entre quatre murs. Moi aussi, je pense. Je m'étais faite à ma disparition. Ton regard à nouveau vissé au sien, tu restes impassible. Vidée de toutes émotions. Saccagée beaucoup plus intérieurement que physiquement. Elle ne saisirait pas ton chaos car tu ne diras rien. Tu avales la douleur en silence, tu meurs sous les supplications vomitives des êtres inutiles ; tout ça pour satisfaire cette putain de tranquillité aux allures d'illusion. À cet instant précis, l'affreuse vérité se perd en échos dans l'étendue désertique de ton intérieur. Les minutes qui longent ta colonne vertébrale ne font que t'ouvrir les paupières davantage. Nous nagions en plein délire, elle et moi. Au bout de ce tunnel, je voyais la lueur morbide de notre fin. Ton instinct assassin germe en silence tandis que tu peux comprendre aisément l'affliction au creux de ses iris immenses. Ses mouvements s'enchaînent face à toi sans que tu ne les comprennes. Sans que tu ne puisses poser de mots sur eux. Allait-elle te claquer la porte au nez ? Non. Elle la laisse ouverte alors que tu la vois retourner à l'intérieur. Tu entres. Ton regard se pose sur le mur. Celui où se trouvent les photos. Ses trophées. L'air que tu inspires brûle ta trachée et tu as retiré ton masque à gaz depuis trop longtemps pour qu'il te préserve. La confiance que tu avais laissée en Prue t'apparaissait comme une erreur. Les événements pour toi n'avaient plus aucune logique et l'euphorie abominable qui s'en dégageait te rendait impuissante. Tu avais accordé ta confiance une seule et unique fois. Pour lui, pour la possibilité qu'un jour vous puissiez être. Simplement être et tu t'es retrouvée à genoux, mendiante, transpercée successivement par ses coups de poignard. Tu es restée silencieuse tout au long du massacre, tu as enterré ta fierté pour du vent et à présent, elle apparaissait brusquement. Déchargeant son attention, alimentant ces faux espoirs corrosifs qui anéantissaient toujours un peu plus tes débuts idylliques. L'histoire se répétait comme un cauchemar dans ton esprit, tiraillant tes organes jusqu'à t'en faire vomir l’écœurement que son absence a créé dans ton abdomen. Vous n'étiez qu'une flamme, vacillante et perturbée par les souffles incontrôlables des autres et toi, tu te sentais lâcher prise. Tu ne voulais plus être dépendante. De personne. Elle n'est qu'un pion sur ton échiquier, tu te raccroches à cette idée. Te battre pour quelques miettes, pour des hallucinations arrachées. Te perdre et perdre cette main tendue qui t'a aidé et t'aide toujours à marcher. Risquer ta guérison pour quelques sourires échangés et des centaines de calamités. Vraiment ? Ça m'étonne que je ne sois pas déjà sur ce mur. Tu ne souris pas. C'est tout sauf drôle. Dans le silence de l'appartement, l'obscurité devient ta perfusion. Tu écoutes la trotteuse de l'horloge crisser dans le désert qui t'entoure étrangement. Tu laisses l'ennui saccager ta sérénité et les impossibles naviguent au creux de tes néants. Le temps t'absorbe dans sa monotonie. C'est un peu sans le savoir que tu t'approches d'elle. De ton ombre. De ta peur. Ton plus grand frisson. Dans votre noirceur, vos émotions hallucinées berçaient votre quotidien. Tout ça pour finir enterrée sous la masse opaque de votre atrocité. Les vibrations qui vous relient portent en elles des secrets muets et invisibles pour les autres. Vous êtes les seules à connaître les méandres abîmés qui parsèment l'Histoire. Toutes pensées éteintes, toutes envies détruites. Vide ou engloutie par le néant. Tu es en colère. Une colère lancinante que tu ne comprends pas et dont tu n'arrives pas à te défaire. Tu avais simplement l'impression d'être prise pour une idiote sans que tu ne puisses expliquer pour quelle raison. Et pourtant, ton silence te rend condamnée. Parler pourquoi ? Pour l'entendre te dire ce que tu sais pertinemment. Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je mentirai si je te disais que je suis désolée. Ce n'est pas le cas, et je ne veux pas te mentir. Pas à toi. Je mens déjà assez aux autres. Je ne suis plus rien d'autre qu'une coquille vide, emportée par une tempête que je n'ai jamais désirée.


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MessageSujet: Re: Prueole + Welcome to the inner workings of my mind.   Sam 9 Aoû - 0:38




Le jugement est tombé. L’édifice est détruit, rongé par l’acidité des mensonges et de l’ignorance. Ce château, cette muraille que vous aviez bâti à la sueur de votre front s’effrite, se craquelle, se morcelle sans qu’aucun ciment ne puisse le soutenir. Peu à peu, les pierres tombent, découvrent des entrailles pourrissantes, des souvenirs enfermés et réduits à silence. Rires écorchés, futurs torturés. Les tours tombent. Le Roi est mort. La moindre trace de vie a disparu dans ce royaume qui était votre. Il ne reste que les cadavres de vos corps en décomposition. Il ne reste que l’ombre de deux corps encore debout après la bataille. Votre lien est malade, il saigne de devoir supporter les blessures que vous vous infligez. Il répand en ces murs une odeur nauséabonde de souffrance, de colère, de fierté et d’incompréhension. Cette odeur qui griffe et se tapisse dans la pénombre des non-dits. Elle est là, elle rode, menaçante, asphyxiante. Explosive. Nul ne sait quand la bombe finira par s’activer. Mais elle est là, elle le restera. Elle le restera jusqu’à ce que l’une de vous deux mette un genou à terre, jusqu’à ce que l’une de vous deux soit rongée de l’intérieur. Ça sera elle ou toi. Si les choses ne changent pas, ça sera elle ou toi. Tes yeux d’une profondeur impressionnante suivent patiemment la jolie rousse que tu as laissé entrer chez toi. Cette rousse qui est entrée dans ta vie, entrée dans ton château bien gardé, entrée dans les méandres de ta cervelle délabrée. A certains moments, tu regrettais presque de lui avoir tendu la main lorsqu’elle semblait égarée parmi les fauves de l’humanité et de la sorcellerie. Et pourtant, il était trop tard. « Ça m'étonne que je ne sois pas déjà sur ce mur. » Tu griffes silencieusement le bar qui te soutient pendant que ton esprit peint avec impertinence un sourire en coin sur ton visage porcelaine. Tes yeux roulent lentement vers le ciel, ce ciel qui ne t’a jamais aidé et ne t’aidera jamais. Ce ciel qui n’aidera jamais personne. Tu en étais persuadée, justice ne pouvait être faite que par soi-même. Il fallait se salir les mains. « Il n’est jamais trop tard. » répliques-tu en murmurant. Ta voix se brise dans ce silence oppressant qui est tien sous le poids de la vérité. Les gens savent que tu en es capable. Et tu le sais aussi. Tu sais pertinemment que, s’il le fallait, Andromaque Eole Irae pouvait finir sur ce mur. Et pourtant, à l’évocation de cette idée, tes entrailles se resserrent silencieusement. Au fond de toi, tu espérais fortement que ce jour n’arrive pas. Il était difficile pour toi de te l’avoir mais Andromaque avait gravé son nom sur ta chair. Au fer rouge.

Tu la regardes se rapprocher de toi en silence, alourdie par le poids du secret. Tu les vois trainer par terre, ces boulets qui l’empêchent de s’envoler, qui la clouent au sol et lui rappellent que sa vie est cruelle. « Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je mentirai si je te disais que je suis désolée. Ce n'est pas le cas, et je ne veux pas te mentir. Pas à toi. Je mens déjà assez aux autres. » Tu ne dis rien, tu hésites entre le rejet et le réconfort, entre le pardon et la rancœur. Elle qui est si jeune, elle qui ne se rend pas compte que le monde menace de s’écrouler. Elle semble empotée comme une enfant. Réduite à l’intérêt de ses seuls faits et gestes, de ses seuls ressentis. L’égoïsme maladroit d’une enfant. L’insolence à l’état pur à la limite du tolérable. « Qu’est-ce que tu veux Eole ? » Tu ne comprends pas. Cette fois ci, tu ne comprends pas. « Tu disparais pendant des mois et je retrouve ta carcasse devant ma porte ce soir. J’ai du mal à saisir. » Tu ne veux pas être dure avec elle mais tu as ton caractère, c’est plus fort que toi. Tu tentes de tempérer tes propos car la brusquer de vous mènerait à rien. Ton corps fait rapidement volteface dans un geste aérien et se glisse avec aisance jusque derrière le bar. Tu sors machinalement deux verres mais tu n’en remplis qu’un avec la bouteille transparente qui traine à portée de main. Tu regardes ce liquide translucide, alcoolisé au possible, miroiter dans ton verre circulaire avant de l’avaler d’une traite. Cul sec. Tu allais en avoir besoin. Vraiment besoin. Fermement, tu refermes ta main sur le goulot de la bouteille avant de fixer la demoiselle. « J’avais cru comprendre que tu avais refusé la main que je t’avais tendue. » Tu plisses les yeux, dubitative. Elle était pire qu’une girouette, incapable de savoir où donner de la tête. Son horloge interne semblait brisée, anéanti par une chose que tu ignorais. Adroitement, tu déposas la bouteille devant elle.


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