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 LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.

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MessageSujet: LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.   Ven 4 Juil - 9:23

On finit tous un jour par se croire immortel
sur le bord des falaises.
LIBRE

Et la petite fille jouait une nouvelle fois les équilibristes. Elle marchait sur une fine poutre avec la grâce d'une ballerine cherchant à émerveiller son public par son élégance. Un à un, elle posait ses petits pieds l'un en face de l'autre et transposait le poids de son corps de manière à avancer sans être tentée par le vide. Tanguant parfois dangereusement de droite à gauche, elle flirtait avec le vide dans l'insouciance de son enfance, se souciant guère de lui céder et de se faire mal. Les bras légèrement écartés pour se stabiliser, la petite fille s'amusait à avancer puis à reculer, à faire un demi tour et à faire un tour complet. Elle tournait... Tournait avec une aisance déconcertante. Tournait comme une figurine tournerait sur son présentoir, la posture droite, la tête haute dans cette peau porcelaine et une expression statique sur son visage. On aurait très bien pu croire que cette petite fille n'était autre qu'une poupée échappée de son magasin et des griffes de son présentoir en plastique. On aurait très bien pu croire qu'elle n'était animée qu'à l'aide de fils transparents vulgairement attachés à ses articulations fragiles... Et pourtant... La fluidité de ses mouvements prouvait bien sa réalité. A la différence d'une poupée, cette jeune fille était en fait une jeune femme. Sa longue chevelure blonde platine suivait paisiblement ses moindres mouvements. Flottant sur sa droite et revenant caresser ses épaules partiellement dénudées, elle ne contrastait pas énormément avec sa peau blafarde. Elle n'avait pas non plus vraiment le style d'une petite poupée... Elle portait une courte robe noire lui arrivant à mi-cuisses, une sorte de gilet beaucoup trop grand pour elle qui ne tenait jamais entièrement sur ses deux épaules, des bas résilles troués qui lui arrivaient un peu plus haut que les genoux. Ses fins poignets étaient chargés de multiples bracelets plus gros et divers les uns que les autres et qui produisaient un infernal boucan lorsqu'elle daignait bouger ses mains. De plus, la petite poupée aurait dû tournoyer sur une lame fixée au sol, une poutre simple... horizontale. Or... La demoiselle, elle, avait choisit la charpente délabrée d’une extension abandonnée de l’Hôpital Sainte Mangouste. Le précédant orage avait délabré une partie du toit pour y laisser un trou béant qui rendait visible cette ossature moisie. A vrai dire, Prue était persuadée qu’un sort avait dévié de sa trajectoire initiale et s’était échoué vulgairement à cet endroit. Elle se trouvait en ce moment même sur l'une de ses poutres fragilisées par le temps, et surtout la magie. Qui avait-il en dessous d'elle ? Et bien... Le vide. Une chute de quelques bons étages s'offrait à elle si elle perdait l'équilibre mais cela lui était parfaitement égal car elle ne le perdrait pas. De toute manière, la magie était là. Elle était toujours là et elle le serait toujours. Elle.

Perchée sur cette ossature vieillissante, la jeune femme était en proie au souffle du vent quelque peu énervé. Celui-ci venait s'engouffrer dans sa longue chevelure joliment ondulée et la faisait voleter dans tous les sens. Prue commençait à s'ennuyer. Cela faisait bien une heure qu'elle errait sur cette poutre moisie, une heure qu'elle tentait de tuer le temps et de capter le sommeil qui, décidément, la fuyait. Elle avait besoin de s’échapper, besoin de s’évader de cet univers cruel auquel elle appartenait. Elle s’était dit, dans les volutes nocturnes d’une soirée brumeuse, que quelques pas dehors ne lui feraient aucun mal. Ces quelques pas s’étaient transformés en milliers de pas. Multipliés, démultipliés. Lentement, elle referma les pans de son long gilet contre son être frêle et s'engagea sur une poutre plus fine puis une plus large pour retourner vers la petite fenêtre cassée par laquelle elle était atterrie ici. Agilement, elle se glissa à l'intérieur et se retrouva sous la soupente. Se courbant pour ne pas se cogner au plafond, la demoiselle enjamba les objets qui jonchaient le sol d'un pas décidé. Tourner en rond pour tuer le temps n'était pas son passe-temps préféré et il fallait qu'elle bouge ou qu'elle se pose dans un coin pour se forcer à dormir. Après tout, cette sortie avait ce but initial : dormir. Et, comme chaque soir, c’était une quête qui serait vaine. En tout cas, elle ne comptait pas rester là à jouer seule avec le vide. Prenant cet air détaché et inaccessible qui lui allait si bien, elle sortit de la soupente et se retrouva dans un étroit couloir plongé dans l'obscurité. Rapidement, elle observa les lieux dans l'espoir de n'y voir personne. Ses yeux océans se perdirent dans la pénombre et, à son grand soulagement, ne remarquèrent rien d'étrange ni âme qui vive. Un mince sourire se dessina sur son visage pâle et elle se mit à marcher vers la petite source de lumière qui se trouvait au bout du couloir. Là bas, il y avait un escalier qui lui permettrait de descendre les multiples étages et de retrouver la civilisation et l’agitation médicale. Là bas, elle descendrait une à une les marches pour se rapprocher un peu plus de l’euphorie et de la peur humaine. Elle les traverserait sans ciller, sans même se retourner. Ce soir et comme bon nombre de soir, elle allait mettre son nez dans des affaires qui ne la regardaient pas.

Dans la pénombre de ce couloir, bravant les ténèbres environnant, Prue marchait fièrement. Il n'y avait personne pour la regarder, personne à défier, mais c'était ainsi qu'elle était. Le dos droit, la démarche assurée, le regard fixé sur le halo lumineux, la demoiselle s'engouffrait de plus en plus vers cette lumière attrayante. Elle avait descendu ces marches, traversé ces nombreux services, essuyé les regards étonnés et outrés des individus pour, enfin, se réfugier dans la blancheur éclatante des couloirs mortuaires. Comme de nombreux soirs depuis quelques temps, elle avait tourné de nombreuses fois pour arriver à un bureau désert. Après avoir vérifié que personne ne l’avait remarqué, elle avait sorti une petite clé cachée dans son soutien-gorge. Une clé comme les autres qui lui donna accès à des informations dissimulées. Ses fins doigts manucurés avaient parcourus les centaines de dossiers avant de s’arrêter sur un nom en particulier. Du bout des doigts, elle l’avait feuilleté, enregistré mentalement puis avait refait la procédure inverse. Jusqu’à ce qu’un bruit perturbe ce silence rassurant.

Elle stoppa ses mouvements et tendit l'oreille, tous ses muscles en alerte. Le silence était retombé comme un voile, pesant et volage. Un long soupire brisa la barrière de ses lèvres et elle se remit en marche. Une porte s'ouvrit dans un grincement effrayant et attira son attention. Surprise, elle haussa un sourcil interrogateur. Machinalement, elle fit glisser ses doigts contre sa baguette fermement collée contre sa cuisse puis sur le révolver qu’elle avait soigneusement calé sur son autre cuisse. L'ouverture de cette porte inconnue avait projeté un pâle rayon lumineux sur le mur opposé. Prue se dirigea lentement vers la porte entre-ouverte. Lorsqu'elle fut devant elle, elle s'engouffra dans la petite ouverture sans difficultés. Une forte odeur de décomposition se jeta sur elle comme un chien enragé et elle dut se retenir au mur pour ne pas flancher. Même les corps qu'elle avait brûlé ne sentaient pas si forts ! Elle en avait commis des meurtres, elle en avait vu des boyaux mais ce n’était rien comparé à l’odeur pestilentielle qui se dégageait de ces quatre murs. Furtivement, elle jeta un regard derrière elle pour s’assurer que personne ne la suivait avant de s’engouffrer dans cette pièce qui la repoussait tant. Au départ, elle comptait faire demi tour mais cette odeur l’avait tellement dégoutée qu’elle s’était dit qu’il en serait de même pour toutes les autres personnes et que cette pièce allait certainement être son refuge nocturne. Attentivement, lentement, elle fit le tour de cette grande pièce, laissant trainer ses doigts sur les instruments souillés. Elle se trouvait dans une salle d’autopsie, elle en était certaine.  Prue était passée devant cette salle de nombreuses fois mais elle l’avait toujours trouvé close. Dans un élan puéril, elle sauta agilement pour se retrouver sur la table d’autopsie. De là, la jeune femme surplombait toute la pièce et lui donnait une vie imprenable sur le nombre incalculable de petites portes alignées. A vrai dire, elles jouaient le rôle de « mur ».  Non loin de là, au fond de la pièce se trouvait une porte en bois. Des dizaines d'objets plus insolites les uns que les autres agonisaient sur le sol poisseux. Elle aurait mis sa main à couper que cette salle n’était pas des plus officielles. Prue fit un pas en arrière et se retourna. Il n'y avait pas que les objets qui étaient recouverts de sang... Les murs comportaient des traces rouges qui soit s'étalaient, soit étaient très nettes. Elle recula une nouvelle fois et revint donc à sa place tout en baissant le regard. La table sur laquelle elle se trouvait était métallique. Elle comportait des marques d'usure comme rongée par le temps, bien que recouverte par des diverses substances qu'elle n'aurait pas su reconnaître. Un mélange de sang, de pétrole et... ? Prue releva la tête. Ce n’étaient pas ses affaires. Elle n’avait pas la tête à ca et pourtant, ce lieu l'attirait. Il semblait renfermer quelque chose qui la rendait joyeuse. Une souffrance ancrée en ces murs qui lui rappelaient que certains coupables recevaient la monnaie de leur pièce. Ou des innocents. Mais c’était autre chose. Glauque... C'était tellement glauque. Lentement, la demoiselle se mit à tourner sur elle-même en écartant les bras. Elle sentit un souffle glacer lui caresser la peau et elle se stoppa à nouveau. La Norvégienne n'avait pas remarqué à quel point cette pièce était froide. Si avec ça elle n'attrapait pas la crève... Elle aurait pu partir, elle aurait pu s'enfuir... Mais pourquoi faire ? Le danger ne semblait pas présent ici. Elle s'y sentait presque bien si on enlevait tout ce sang séché et cette odeur nauséabonde. Après tout, qui était assez suicidaire pour mettre un pied ici ? A part elle, bien sûr.

Prue frissonna. Il fallait qu'elle bouge pour se réchauffer. A croire qu'elle venait de trouver un passe temps jusqu'à ce que Morphée vienne la chercher mais... Elle était persuadée qu'elle ne viendrait pas la chercher cette nuit. Ou pas tout de suite en tout cas. Une foutue habitude. Cette nuit, elle allait encore passer son temps à s'occuper seule, comme elle l'avait toujours fait depuis sa disparition. Ses yeux se fermèrent. Oublier la douleur. Envolés les souvenirs. Un balayage révolutionnaire. Elle voulait la mort de ce qui vivait encore en elle. Oubliant petit à petit où elle se trouvait, elle se mit à tourner sur elle-même. Ne faisant guère attention à l'extinction de la lumière, ni même à ce souffle rodant dangereusement. Elle tournait, valsait et tournait encore en faisant voleter sa chevelure blonde. Ses paupières closes et recouvertes de poudre noire, elle laissait ses mains parcourir sensuellement l’atmosphère avant de replacer quelques mèches rebelles. Sa fine silhouette se déhanchait sans complexe, solitaire, dépendante. Et lentement… Sa petite voix s'éleva dans les airs pour fredonner au son de sa mélancolie rhabillée de rage, les faiblesses d’un monde qu’elle détestait tant. Folle. Elle était complètement folle. Jamais dans sa vie Prue n'avait su rester calme et impassible. Il avait toujours fallu qu'elle extériorise ce qui se passait en elle. La colère, l'envie, la joie, la haine. Elle voulait de l’action, elle voulait du frisson. Elle voulait de la peur et de la douleur. De la hargne et de la haine. Elle ne savait pas se retenir. Et surtout maintenant. Surtout après ce qu’elle venait de faire. Surtout depuis le moment où elle avait commencé à se détruire. Surtout depuis cette seconde où elle diluait son sang avec du poison. Surtout depuis cette fraction temporelle qui avait signé son arrêt de mort.

Noir.

A toi, mon amie extasie, je te lègue mon âme.
Fais-en bon usage, j’ai passé du temps à bâtir mon échafaud.
J’y ai laissé des heures et des larmes.
Des heures et des drames.
Des heures... et plus qu’il n’en faut.



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MessageSujet: Re: LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.   Lun 25 Aoû - 4:49

Ils étaient tous endormis, sauf Victoire et Sienna, dont c’était le tour de garde. Ils avaient trouvé pour la nuit un refuge près de l’hôpital sainte mangouste qu’ils avaient ensorcelé afin de le rendre invisible, enfin uniquement si l’on ne connaissait pas le mot de passe magique. Cela dit, comme à chaque fois, c’était un repère temporaire. Ils se devaient de changer régulièrement de cachette. Si on les voyait trop souvent rôder dans les parages on pourrait se poser des questions. Si au début Sienna avait eu énormément de mal à accepter sa condition de fugitive, elle commençait à se faire à leur « train train » quotidien –si on pouvait appeler ça comme ça. Chercher à manger, fuir, dormir, fuir, chercher à contacter l’ordre du phénix, fuir, avoir peur, fuir et ainsi de suite. Elle commençait même à se faire des amis parmi les fugitifs. James l’appréciait de mieux en mieux, Sid était toujours quelque peu méfiant mais désormais c’était bien le seul, et encore, il n’était bien moins qu’avant. Normal : Sienna avait aidé sans broncher à délivrer quatre prisonniers d’Azkaban. En tous cas, Fred, Dominique, Ted et Victoire n’avaient aucune raison de ne pas lui faire confiance. Fred en particulier avait été celui qui avait été le plus reconnaissant. Mais ça, Sienna avait encore du mal à l’accepter. Après tout, c’était bien la première fois qu’on se sentait redevable en sa faveur, elle qui n’avait jamais agi que pour elle-même.

Leur refuge prenait la forme d’une dent creuse assez étroite, entre le numéro 16 et 17 de la rue de Poppletown, non loin de l’hôpital ste mangouste. James avait réussi à ensorceler les lieux, après avoir fait quelques recherches, inspiré par les récits de son père au sujet d’un certain Square Grimmaud et aidé par le savoir de Dominique. Ce n’était qu’un espace vide qu’ils avaient « parasité », rien de bien compliqué. Mais étant donné que c’était en ville qu’ils avaient décidé de se réfugier, ce soir, ils se devaient d’être deux fois plus vigilants. Ce qui impliquait deux fois plus de gardiens. D’où le fait que Victoire ET Sienna étaient réveillées, ce soir-là, longtemps après minuit et jusqu’au petit matin.

Sienna angoissait, intérieurement. Elle n’avait pas l’habitude de voir des personnes passer devant elle sans devoir instinctivement se cacher. Ça faisait tout drôle. Victoire semblait quant à elle déjà plus détendue. « Le sortilège est sûr. Je fais confiance à 100% à Dominique pour ça. Elle n’était pas à Serdaigle pour rien, tu sais. » Dit la blonde avec douceur, comme pour la rassurer, comme si elle lisait dans les pensées de l’italienne. Sienna plissa les yeux. C’était à son tour d’être un peu méfiante, à présent. Victoire était demi-vélane, à ce qu’on lui avait dit. Elle était très bien capable de la manipuler… Non ? Et puis elle cherchait forcément à défendre l’honneur de sa sœur. Ah, la famille. Sienna avait depuis longtemps fait une croix dessus. Elle soupira et tenta de se détendre, mais rien n’y faisait. La nuit promettait d’être très longue. « Je vais faire une petite ronde dans les environs. Quand même. Sait-on jamais. » Dit-elle en se levant, d’un ton sans appel. Si ça se trouvait, un groupe de mangemorts les avaient repérés, un peu plus loin, et attendaient juste le bon moment pour les assaillir. Victoire haussa les épaules, mais ne s’opposa pas à la décision de Sienna. Un veilleur suffisait amplement de toute manière. Et, Sienna pensa, si je venais à disparaitre, ça ne serait pas une grosse perte. C’était bien la seule, avec Sid, à ne pas faire partie de l’énorme famille Weasley. Elle ne représentait absolument rien pour eux. C’est du moins ce qu’elle supposait. Et quoiqu’ils en disent, elle n’abandonnerait pas aussi facilement qu’ils ne pouvaient l’imaginer, elle se battrait jusqu’au bout pour sauver sa peau. Et si désormais elle errait sans but précis dans la vie, elle, elle avait toujours envie de vivre et n’était pas prête à y renoncer, peu importe si elle devait fuir toute sa vie. Elle avait l’impression qu’elle avait encore beaucoup de choses à prouver ; même si elle ne savait pas encore quoi ; même si ce n’était pas gagné.

Sienna resserra son emprise sur sa baguette avant de prononcer les mots justes pour sortir de leur « bulle ». A peine fut-elle dehors qu’elle se précipita sans bruit derrière une cabine téléphonique à la moldue et se mit à guetter tout bruit suspect. Quelques minutes passèrent. Seul le faible bourdonnement d’une radio allumée d’une habitation aux alentours semblait perturber le silence de la rue, ainsi qu’une bande de sorciers bourrés qui titubaient en riant quelques rues plus loin. Une telle tranquillité, ce n’était pas étonnant à cette heure tardive, surtout dans un quartier sorcier où les voitures n’existaient pas. Celui-ci était d’ailleurs loin d’être des plus peuplés de la ville -ce qui pouvait justifier l’emplacement de leur planque dont le choix était on ne pouvait plus judicieux.

Sienna se décida enfin à se bouger de sa planque, après s’être assuré qu’elle était vraiment vide. Mais ça n’allait pas tarder. Après tout, y avait toujours quelqu’un pour se promener, à n’importe quelle heure de la nuit.

Et elle avait raison de penser cela. « Hé, mamzelle ! » Sienna se crispa quelque peu, mais ne broncha pas face à l’inconnu. « C’est pas très prudent de se promener à cette heure ci. Toute seule. » Sienna accéléra le pas. Elle ne pipa mot ; l’ignorant royalement. «Mais si ça vous branche, on peut passer du temps ensemble, vous et moi… j’habite pas très loin… on attendra le matin, ça sera plus sûr. » Le cœur de la jeune fille battait à la chamade. Ce n’était vraiment pas le moment. Elle ignorait si l’homme l’avait reconnu et cherchait à la piéger ou s’il pensait réellement ce qu’il disait. Mais peu importe la possibilité, elle ne tenait pas vraiment à faire plus ample connaissance. Il fallait qu’elle le sème absolument. Il l’attrapa par le poignet. Sienna sentait de là à quel point il puait l’alcool. En se dégageant de son emprise elle se retourna et là il put voir plus nettement son visage. « Oh mais j’te reconnais toi ! t’es la p’tite Castelli ! La meuf des affiches ! » Bon bah au moins là elle était fixée. Sienna eut juste le temps de lui faire un coup de pied dans les bijoux de famille avant de prendre la fuite. « Oh la salope ! En plus elle a du caractère ! Si tu crois que tu vas t’en tirer comme ça ! » Sienna ne l’écoutait déjà plus. Elle savait que son coup de pied n’avait pas été très efficace. Elle était loin d’avoir de la force, et bien qu’elle courrait aussi vite qu’elle le pouvait, elle n’était pas rapide non plus. En quelques minutes, l’homme l’avait presque rattrapé. Elle n’avait pas trop le choix. Elle devait se planquer quelque part, attendant –en espérant- qu’il décide d’abandonner la poursuite. Elle décida alors de se réfugier non loin de la cachette du groupe de fugitif. Certes, c’était pas très malin, mais elle pourrait toujours les rejoindre rapidement plus tard, parce qu’elle n’avait pas vraiment le temps de faire le rituel d’ouverture de la cachette. Et puis, ils entendraient peut-être Sienna crier dans le pire des cas et viendraient à son secours. Non ? Sienna n’en doutait pas. Elle commençait à comprendre que les valeurs de ces gens là étaient vraiment éloignées des siennes. Quand quelqu’un appelle au secours, on va l’aider pour eux, peu importe le risque, peu importe la personne en question, peu importe ce que ça coûte. On ne réfléchit pas plus que ça aux conséquences des actes qui pourraient coûter bien plus cher que la perte de ladite personne.

Elle trouva un espace en ruine près de l’hôpital sainte mangouste, ou peut-être en construction. Elle bondit dans une fenêtre en lambeaux dénuée de vitre et continua à courir, baissant la tête à chaque poutre un peu trop basse, se prenant les pieds dans un seau abandonné dans un coin, dans un conduit d’évacuation non bouché ou trébuchant sur un tas de briques ou coffrages invisibles dans l’obscurité. Toussotant, les mains et genoux pleins de poussière, elle ne renonçait pas et voulait se persuader qu’elle finirait par le semer. Elle l’avait entendu la suivre dans les ruines, mais elle refusait de se dire qu’il n’y avait plus d’espoirs. Elle repéra un escalier en colimaçon en béton armé -d’où l’on percevait encore les fers qui dépassaient- au détour d’un couloir et se mit à le gravir frénétiquement, sautant les marches par trois au moyen de ses longues jambes. Elle ignorait si ça lui faisait gagner du temps ou si au contraire ça la ralentissait, or elle n’avait pas le temps d’y penser plus que ça. Au bout de l’étroit tuyau, elle se trouva face à une petite porte de secours qui semblait appartenir à la partie utilisée de l’hôpital. Sans plus réfléchir, elle murmura le sortilège d’ouverture des portes et se rua dans le couloir à la recherche d’un endroit où se cacher, son avant-bras porté à ses yeux pour se cacher de la lumière blanche qui l’aveuglait. « Tu vas me rendre riche, tu n’imagines même pas à quel point ma vie va changer grâce à toi! » L’homme ne renonçait pas. Non, il jubilait. Sienna était au bord des larmes. Elle était complètement perdue mais surtout coincée. L’hôpital, malgré l’heure tardive était habité. Il y avait des centaines de personnes qui pourraient la reconnaitre. Elle essaya toutefois de mémoriser son trajet afin de revenir sur ses pas au cas où elle aurait réussi –souhaitons le lui- à semer son agresseur. Elle courut tout droit -se faisant interpeller par quelques personnes au passage- jusqu’à un cul de sac où elle fut contrainte de prendre la porte de la première pièce à sa droite en priant de toutes ses forces qu’elle soit ouverte et (surtout) vide. Elle l’était. Mais ciel, qu’est-ce qu’elle sentait mauvais ! Et par dessus tout terrifiante avec tous ces objets tranchants et pas très orthodoxes qui jonchaient le sol. Sachant pertinemment qu’elle n’avait pas le droit de s’attarder sur ce genre de détails, et que trouver cette pièce était une chance inouïe, Sienna y pénétra non sans s’y boucher le nez et n’attendit pas longtemps avant de s’engouffrer dans le premier placard –déguisé en porte- qu’elle vit. Maintenant, il fallait attendre. Sienna s’autorisa une expiration, lente mais silencieuse. La peur et l’angoisse la rongeait toujours. Mais là elle était sûre que personne ne viendrait la chercher.

Malheureusement, son répit ne fut que de courte durée. Car elle avait oublié de fermer la porte d’entrée et elle put entendre distinctement les pas d’un suiveur. Mais ce n’était pas son poursuiveur, elle en était certaine. C’était une démarche beaucoup plus féminine. Mais aussi plus effrayante. Peut-être appartenait-elle au propriétaire de la salle ? Comment allait-elle s’en sortir maintenant qu’il y avait quelqu’un ? C’est alors qu’un chant s’éleva. Sienna eut beaucoup de difficulté à retenir un petit cri mais elle l’avala tout de même tant bien que mal. Elle n’avait jamais rien entendu de pareil. Terrorisée, figée par la peur, Sienna craignait même de respirer. Au moindre faux pas elle risquait la mort. Les pas de la personne laissèrent deviner à la brune qu’elle bougeait –non, dansait ! Comment pouvait-on danser dans un hôpital ?! Comment, par Merlin, pouvait-on danser dans une pièce aussi effrayante ?!

Ça serait du suicide de d’ouvrir la porte. Sienna en était parfaitement consciente et n’en n’avait aucunement l’intention. Une larme coula sur sa joue. Elle se savait piégée, aux mains d’une psychopathe, de quelqu’un de probablement bien plus fort qu’elle –elle qui avait toujours été minable en sortilèges et qui avait redoublé x fois… et avait même été renvoyée de Poudlard. Elle était foutue. Mais elle avait sa baguette, cachée dans sa botte. Elle la sortit et la serra si fort qu’elle aurait pu presque la briser. Elle se passait en boucle dans sa tête des sortilèges d’attaque et de défense, se visualisait tous les scénarios possibles et imaginables. Aujourd’hui était peut-être le jour où elle allait mourir. Alors autant se préparer à faire ça bien. Autant lutter jusqu’à la fin. Mais elle ne renoncerait pas pour autant. C’était plus fort qu’elle. C’était dans son sang. Il y avait toujours de l’espoir.
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MessageSujet: Re: LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.   Ven 12 Sep - 1:52




Ses yeux d’un bleu envoutant papillonnèrent quelques secondes avant de constater la noirceur qui recouvrait son corps. La pâleur de sa peau s’était fanée dans la noirceur d’une pièce fermée. Depuis combien de temps tournait-elle ? Depuis combien de temps ses bras caressaient-ils le vide ? Depuis combien de temps ses longues et fines jambes s’agitaient-elles en rythme ? Depuis combien de temps ? Depuis combien de temps la lumière s’était-elle éteindre ? La grande silhouette blonde cessa lentement de tourner. Mais sa voix, elle, ne vacilla pas sous la pénombre. Prue était le genre de fille totalement dérangée, le genre de fille à ne pas approcher. Le genre de fille que l’on n’arrivait pas à cerner car même elle ne se comprenait pas. Précautionneusement, Prue descendit de son piédestal en acier chirurgical. Son corps évolua parmi les ombres avec une agilité et une confiance déconcertantes avant d’arriver au niveau de l’interrupteur. Là, ses fins doigts glissèrent sur le bouton abimé par la maltraitance des hommes. Rien. La jeune femme hasarda un regard vers le couloir devenu étrangement sombre et sans vie. Il n’y avait pas la moindre trace humaine, pas la moindre trace de lumière factice. Seuls les rayons de la lune s’engouffraient au travers des soupiraux. Coupure d’électricité ? La ville ? Le bâtiment ? Le sous-sol ? Peu importe. Après tout, les ténèbres et elle ne faisaient qu’un depuis bien trop longtemps. Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres rosées. Dans cette pièce, seule âme qui vive, elle n’entendait que le doux bruit de sa respiration calme, ne sentait que la morsure de la froideur sur sa peau. Elle laissa tomber sa tête en arrière en fermant les yeux. C’était ce genre de moment que la blonde aimait : des moments de solitude, de silence. Dérangeants. Lugubres. Glauques. Elle fit glisser sa langue sur ses lèvres, provocante. Ces moments qu’un humain sain d’esprit fuyait, ces moments et ces endroits que les personnes évitaient. Elle, elle les cherchait car ici, personne ne la dérangeait. Personne. Lentement, elle fit volte-face et s’adossa au mur poisseux. Bien trop de gens la dérangeait. Elle rouvrit les yeux et rabaissa son menton. La pièce où elle était venue se réfugier était d’une étrangeté suprême. Elle se remémora la pièce mentalement. En face, un long pan de mur bariolé de portes, les tables non loin sur sa droite, des meubles sur sa gauche, une autre porte dans un recoin. Il était peut-être temps de visiter, non ?

La machine se mit en marche. L’un derrière l’autre, ses pieds se posèrent avec assurance sur le sol et avalèrent la distance qui les séparait du mur opposé. Prue ne commença pas par le bord du mur, non, elle n’avait pas envie. Elle allait commencer par le milieu, sans ordre précis. Elle ouvrit un placard au hasard et se décala pour que le peu de lumière qui émanait du couloir se répande dans cette salle sans fenêtre. Ses yeux océans détaillèrent des instruments de contention. Etrangement, la jolie blonde y aventura sa main pâle et fit glisser ses doigts sur le métal, le tissu, le sang. Elle avait raison tout à l’heure : il y avait, dans cet hôpital, un groupuscule peu orthodoxe. Prue referma le placard. Au moins, si elle voulait s’amuser un peu, elle savait où trouver du matériel. Elle se décala au placard suivant où elle reproduisit le même protocole. Néanmoins, ce qu’elle vit ne l’enchanta pas vraiment. Prue eut juste le temps de se décaler pour ne pas rester dans la trajectoire de l’arme qu’on venait de planter sur elle. Ses yeux s’étaient habitués et à l’obscurité et la faible lumière qui léchait les murs lui permettait d’avoir un minimum de vision. Une femme s’était cachée dans ce placard, une sorcière. Elle n’avait pas manqué de remarquer la baguette pointée sur elle. Elle était là depuis un certain moment, certainement, là depuis trop longtemps à en voir son état. Sans plus attendre, Prue attrapa l’arrière du cou de la femme et l’obligea à sortir de sa cachette avant qu’elle n’ait eu le temps de lui jeter un sort. « Merde. » jura-t-elle entre ses dents. La situation ne tournait pas comme elle l’aurait voulu. Elle n’avait pas prévu d’avoir de la visite. De son autre main libre, elle attrapa vivement la main de l’inconnue fermement serrée sur sa baguette. A l’aide de deux doigts, la Norvégienne appuya fortement sur un point sensible et stratégique de son poignet qui provoqua automatiquement l’ouverture de la pince de son adversaire. Adieu baguette ! Le morceau de bois s’écrasa sur le sol dans un léger fracas. Prue éloigna la baguette vers le fond de la salle d’un coup de pied avant de renforcer sa prise sur son cou. « T’es qui bordel ?! » La blonde la poussa avec force vers le recoin de la pièce, à l’opposé de l’endroit où elle venait de jeter sa baguette. « Qu’est-ce que tu fais là ? » cracha-t-elle. Elle entendait la respiration de l’inconnue, elle l’entendait parfaitement bien. Prue se concentra dessus pour la repérer. Silencieusement, sa fine carcasse se déplaça vers la table où elle était montée tout à l’heure, cette table qui supportait de nombreux scalpels souillés. Ses doigts coururent sur la surface gelée avant de se refermer sur le premier objet qu’ils rencontrèrent. Elle arma son bras, sur la défensive, en ré-avançant vers l’intruse afin de lui bloquer le chemin menant à son bien. Elle pouvait partir si elle voulait, elle pouvait s’enfuir oui. Prue le voulait. Mais il était hors de question qu’elle récupère sa fichue baguette. Dans un grincement strident, la lourde de porte se referma, plongeant la salle dans l’obscurité la plus totale. Manquait plus que ça. La fuite de l’inconnue était compromise…




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MessageSujet: Re: LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.   Sam 18 Oct - 6:55

[Juste pour dire que ce sujet retourne en sujet libre. Si quelqu'un veut poster derrière, qu'il ne se gène pas. On dira que Sienna a réussi à s'échapper.]

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MessageSujet: Re: LIBRE ❖ On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises.   Dim 2 Nov - 11:55


On finit tous un jour par se croire immortel sur le bord des falaises


June était de sortie. Bon, ce n’est pas très exceptionnel de la part de la jeune femme. Elle aime être en compagnie de personnes, elle aime se sentir aimé et désirée, elle aime tout simplement faire la fête. L’ancienne poufsouffle était de celle qui aimait se mêler à la foule et sympathiser avec des gens. Grande bavarde, elle trouvait toujours un sujet de conversation et si ce n’était pas le cas, c’est qu’elle n’avait pas à perdre son temps avec cette personne là. Ce soir là, sa jupe était courte et de nombreux regards dérivaient vers ses longues jambes parfaites. Oui, une fois de plus elle ne s’était pas trompée en s’habillant, sa tenue, son maquillage, tout faisait son effet. Elle attirait les hommes comme une lumière dans la nuit attire les insectes. Mais alors que tout allait pour le mieux, elle commença à se sentir mal. Elle était au milieu de la piste de danse, se rapprochant peu à peu de la personne qui était sa proie de la soirée quand elle fut heurtée de plein fouet. C’était un gros lourdaud, gras et laid. Elle eut le souffle coupée sous la force de l’impact. Elle se dirigea donc vers l’extérieur, il lui fallait un bol d’air frais. Dehors, un léger se leva faisant voler ses cheveux blonds détachés devant son visage. Un peu plus loin dans la rue, elle aperçut les lumières toujours allumées de Ste Mangouste.
 
Le coup lui avait soudainement coupé toute envie de continuer sa petite soirée. Elle se décida donc à rentrer chez elle. Plutôt que de transplaner, elle préféra marcher dans l’air agréable de cette nuit. Son appartement n’était pas loin, et elle pourrait profiter du chemin. De plus, ce n’était pas une rue exclusivement sorcière même si la plupart des édifices leur étaient destinés. Mais elle le savait mieux que quiconque qu’elle n’était pas à l’abri d’être surprise en train d’utiliser sa magie par un moldu. Et même si il y avait beaucoup de choses dont elle se moquait, être arrêtée et amenée devant la justice magique pour ça ne faisait pas partie de ses plans. Ce qu’elle ignorait était qu’un homme particulièrement alcoolisé se trouvait quelques dizaines de mètres plus loin dans la rue. Il n’avait pas réussi à attraper sa proie et était particulièrement en colère. Comment aurait-elle pu le savoir ? N’ayant peur de personne, elle n’avait même pas refermé son manteau en vue de cacher une partie de son décolleté. Personne n’allait l’attaquer quand même ! Lorsqu’elle le croisa, elle lui fit un léger sourire. Non, elle n’avait rien fait de mal, c’était sympa de sourire aux gens dans la rue. Elle n’aimait pas toutes ces personnes qui baissaient leur regard devant les autres. Elle, elle aimait croiser les regards des autres, avoir un peu de contact, ils étaient tous des humains ! Mais peut-être qu’en cette occasion, elle aurait pu s’abstenir. Car cet homme, en plus d’avoir bu plus qu’il n’aurait dû, venait de voir Sienna lui glisser entre les doigts. Il avait tenté de la rattraper mais sans succès. La jeune femme était donc une personne parfaite sur laquelle il pourrait se venger. Lorsqu’il s’approcha d’elle en changeant légèrement de direction, elle ne se posa même pas de questions. Surement voulait-il traverser un peu plus loin et devait passer devant elle. La fille Macnair sentit alors l’odeur qui se dégageait de lui. Mais qui était-elle pour juger ? Elle sortait elle aussi d’un bar, même si elle ne sentait certainement pas aussi fort l’alcool que lui. La différence résidait principalement dans le fait que la jeune fille n’avait presque pas bu elle. Mais peut-être s’était-il simplement fait renverser une boisson dessus. Ca arrivait tout de même assez régulièrement en soirée, non ?
 
Même lorsque l’homme l’attrapa par le poignet, elle crut que c’était juste pour l’arrêter et lui poser une question. « Oui ? » Il était peut-être perdu et il allait falloir qu’elle l’aide. Non, malgré ça, June continuait toujours de croire qu’il n’y avait pas de problème. Elle n’avait jamais été embêtée avant, c’était quelque chose qui n’arrivait qu’aux autres. Ce n’est que lorsqu’il approcha ses lèvres des siennes et qu’il glissa sa main sous sa jupe allant poser sa grosse patte au niveau du bas de ses fesses qu’elle comprit enfin, que ce n’était pas normal. Que devait-elle faire ? La fille Macnair commença à paniquer. Elle aurait voulu que Seth soit là pour mettre son poing dans la figure de son agresseur. Elle tenta de le repousser mais à une main, c’était peine perdue. De plus cela ne fit qu’accentuer ce que l’homme tenter de faire. Cette fois-ci, il lui tenait l’arrière-train à pleine main et se rapprocha d’elle pour se coller contre la jeune employée du ministère. Elle tenta d’attraper sa baguette magique mais celle-ci était du coté de la main  qu’il tenait toujours de plus en plus fermement. « Dégagez ! » Elle se débâtit mais la force de l’homme était trop importante. « C’est bon, ça se voit que tu en as envie. » Les larmes montèrent aux yeux de la blonde. Elle était sans défense. Elle se sentait souillée par cette main qu’il commençait désormais à glisser sous sa culotte sans qu’elle ne puisse rien faire contre. Elle tentait de réfléchir mais était tétanisée par ce qui était en train de lui arriver. Lorsqu’il lui lâcha le poignet pour la coller encore plus contre son corps, qu’elle sentit son haleine d’ivrogne encore plus proche d’elle que ce n’était déjà le cas et qu’il se pencha dans son cou pour y déposer un baiser gluant, cela lui fit un coup de fouet. Elle prit son courage à deux mains, réussit à se reculer un peu et projeta son genou dans la partie sensible de l’homme qui quelques instants plutôt était collée contre elle. Sous le choc l’homme desserra son emprise et elle réussit à se dégager. Elle commença à courir. Pourquoi courir alors qu’elle avait une baguette me direz-vous ? Et bien, dans ce cas précis, elle ne pensa même plus à se servir de sa magie, elle voulait juste mettre de la distance entre elle et l’homme.
 
Ses talons heurtaient les pavés avec force, l’air frais du soir fouettait son visage, les larmes embuaient son regard. Derrière elle, elle entendait les pas lourds de celui qui la suivait. Elle en était sûre. Elle ne se retourna même pas pour voir. Elle courrait. Chaque pas lui déchirait à présent l’arrière de la cheville. Ces chaussures n’étaient pas faites pour ce genre d’activité. Lorsqu’elle vit la ruine sur le coté, elle n’hésita pas. Elle s’engouffra dans le bâtiment. C’était sa seule chance. Ici, elle trouverait bien un moyen d’être en sécurité. C’était sombre et elle ne voyait pas très bien. Elle évita de justesse une poutre, puis une seconde après s’être retournée pour vérifier qu’elle avait bien distancé son adversaire. Dans l’obscurité du lieu, elle ne vit pas la pierre qui se tenait devant elle. Elle chuta. Elle chuta lourdement. Ses mains, ses hanches, un genou et le haut de son corps virent heurter le sol avec force. Elle se releva avec difficulté. Sa jambe la faisait atrocement souffrir, mais ce n’était rien comparé à ce qu’elle avait vécu quelques minutes plus tôt. L’adrénaline lui donnait des ailes, elle ne sentit même pas le sang qui commençait à glisser depuis sa plaie le long de son mollet. Elle continua de courir même si elle était désormais plus lente. Elle grimpa aussi vite qu’elle pouvait l’escalier en colimaçon qui se trouvait au bout de la pièce. En haut, elle vit de la lumière qui filtrait un peu plus loin et se dirigea vers cet endroit. Alors, elle se retrouva dans Ste Mangouste. Si ce n’était pas parfait ! La jeune femme espérait trouver des personnes dans le couloir qui allait pouvoir l’aider, parce qu’il y aurait bien quelqu’un. Ce qu’elle ne savait pas, c’était que tout le personnel de l’étage s’était rendu à l’étage inférieur à la recherche d’une fugitive qu’ils pensaient trouver là. Elle s’arrêta donc. Elle était en sécurité. Quelques larmes glissèrent le long de ses joues alors qu’elle tentait de reprendre ses esprits. Elle se sentait toujours mal. Elle avait juste envie de prendre une douche. Elle se sentait sale, souillée, elle avait l’impression que l’odeur de l’homme la suivait. « Eh ben voilà, je savais que je te retrouverais. » Le cœur de la blonde fit un bond dans sa poitrine alors que l’homme venait d’apparaitre au bout du couloir. Elle chercha du regard quelqu’un qui pourrait lui venir en aide sans voir personne. Toutes les portes étaient fermées. Elle courut jusqu’à l’autre bout du couloir. Elle courut jusqu’à se retrouver en face d’un mur. Elle se retourna, et le vit quelques dizaines de mètres plus loin. Un frisson courut le long de se colonne vertébrale. Elle était piégée.

Elle se jeta alors à travers la seule porte qui était ouverte et à une distance abordable. Quelle action pour la part de June Macnair ! L’adrénaline semblait avoir des effets particulièrement importants sur elle. D’un geste brusque elle referma la porte qui claqua lourdement. Elle était tranquille. Quelques larmes silencieuses terminèrent leur course le long de ses pommettes. Elle les essuya d’un revers de la main. Elle tremblait. Un bruit de transplanage et un juron la firent alors sursauter. Elle n’était pas seule… Elle prit à ce moment-là conscience de l’obscurité absolue de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Elle sortit sa baguette. « Lumos ! » Elle tentait de voir, mais s’il y avait quelqu’un il ne devait pas être situé dans la même partie de la pièce qu’elle. L’ancienne poufsouffle tremblait, sa lumière n’arrivait pas à rester fixe. Elle ne chercha même pas à bouger, trop effrayée par l’arrivée possible d’un nouveau danger auquel elle aurait à faire face. « Y a quelqu’un ? » Elle avait posé la question en étant sure de la réponse. « Vous êtes qui ? » C’était certainement mieux comme question. Au moins, elle aurait la réponse à quelque chose qu’elle ignorait. 

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