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 Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski

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MessageSujet: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Lun 23 Juin - 18:43


Répare moi !

Libre. Ce mot résonnait dans la tête de Fred, mais il n’avait pas encore conscience de ce qui venait de se produire. Sienna venait de transplaner, l’entrainant avec elle. Si dans Azkaban lorsqu’ils étaient arrivés, il avait pu sembler en pleine possession de ses moyens, ce n’était pas le cas. ce devait être l’adrénaline qui lui avait permis de faire tout ça. Il s’effondra aussitôt. Il ne vit même pas le lieu où il se trouvait. Il entendait uniquement des brides de conversations. Au loin, des voix lui parvenaient, mais c’était de très loin. Et il entendit des cris. Dans sa torpeur, il ne compris pas que c’était James qui venait d’arrivé à moitié découpé. Il y eut des cris de douleur, lancés par cette même personne. Fred ne sentait même pas son bras brisé, en fait, il ne sentait et ne ressentait plus rien. Il était comme vide. On le transporta, le mis au chaud. Il n’avait aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler la pièce dans laquelle il se trouvait. Il entendait des voix. Mais c’était faible. Il comprit alors que la porte avait dû être fermée. Il ne chercha même pas à comprendre, il s’endormit.
 
 Il se réveilla un peu plus tard en hurlant. Il venait de faire un cauchemar. Il était encore là-bas, leur mission avait échoué et ils avaient réussi à tuer la plupart des fugitifs, James y comprit. Des larmes coulaient le long de ses joues. La porte s’ouvrit et une lumière vive éclaira toute la pièce, éblouissant Fred au passage. Il ferma les yeux. Il n’était plus habitué à la lumière après avoir vécu des semaines dans des pièces mal éclairées. Peu à peu ses yeux s’habituèrent et il vit enfin où il se trouvait. La pièce était petite, un peu vielle mais au moins il était au sec, au chaud et au propre. Devant lui se tenaient Sienna et un homme qu’il ne connaissait pas. Certainement un membre de l’Ordre du Phénix sous polynectar. Après tout, il valait mieux que personne n’apprenne leur véritable identité et c’était si facile pour Voldemort de rentrer dans les pensées. Ils ne dirent rien, ils avaient compris. Compris que si eux pouvaient faire des cauchemars, ce n’était rien part rapport au véritable cauchemar qu’il avait pu vivre depuis la fin du Code Phénix, le début des assassinats de sa famille et son emprisonnement. Bien qu’ils avaient peut-être aussi vécus des moments difficiles. Mais le pire d’entre tous avait été Azkaban, cet endroit sans joie où de toute la vie on ne cesse de se repasser en boucle les pires moments. Où l’on craint de devenir fou, où l’on se voit dépérir, où l’on sent la déprime arrivée de plus en plus de jours en jours sans pouvoir rien faire. Le rouquin ne savait du lieu où il se trouvait que l’état de cette pièce. Il ne connaissait pas la localisation, les autres personnes qui s’y trouvaient. Il ne savait pas non plus quelle heure du jour et de la nuit il était, depuis combien de temps il dormait. Il était encore dans un état un peu second. Il tenta de se lever mais ses jambes lâchèrent sous la faiblesse. Ça faisait des semaines qu’il n’avait pas mangé à sa faim. Ça faisait des semaines qu’il n’avait pas marché, marché pour de vrai également. Il retomba assit sur le lit. Mais dans sa chute il se rattrapa sur son bras. Il étouffa un cri de douleur tandis que celle-ci irradiait son bras de son poignet jusqu’à son épaule. Il se prit le bras de l’autre main. Sienna vint le voir. Elle ne jeta qu’un léger coup d’œil et comprit directement à l’angle de faisait son avant-bras que celui-ci était brisé. « On a plus le choix, il faut aussi le transférer à Ste Mangouste. » Ste Mangouste, mais étaient-ils malades ? avaient-ils oublié qu’ils étaient tous recherchés ? Même avec une partie de sa tête en moins Fred était capable de s’en rendre compte… Aussi… Aussi ? Qui d’autre était là-bas ? Fred n’entendit pas la suite de la conversation, il s’était de nouveau endormi, ou évanoui sous l’effet de la douleur et du manque de sommeil.
 
Lorsqu’il se réveilla pour la seconde fois, il vit que c’était le jour. De la lumière filtrait par une petite fenêtre. La pièce était blanche, toute blanche, comme ses draps d’ailleurs. Il se redressa avec peine. A coté de lui, il y avait une assiette remplie de choses qui semblaient plutôt bonnes à manger. Où était-il ? Ce n’était tout de même pas Ste Mangouste ? Il n’y avait jamais été de toute sa vie. Le seul hôpital ou ce qui s’en rapproche le plus où il avait fait plusieurs tours étaient l’infirmerie de Poudlard. Cet endroit qui était alors dirigé d’une main de fer par Ted Lupin et Victoire Weasley. Il y avait toujours fait de belles rencontres ou discussion bien qu’on pourrait croire le contraire. La pièce était petite mais extrêmement propre. Il était seul et semblait être au plus haut du bâtiment. Le plafond était en effet penché comme lorsque l’on est sous les combles. La fenêtre était vraiment minuscule à la réflexion.
 
Le regard de l’évadé se posa alors sur la nourriture qui était à ses cotés. L’odeur était si intense, si enivrante. Il prit une bouchée, puis deux… Il ne mit pas bien longtemps à terminer son assiette. Il n’essaya même pas de bouger son bras meurtri. Il sentait des pics qui le lançaient dans tout celui-ci dès qu’il bougeait un peu, alors il ne fallait pas exagérer. Il se recoucha et le sommeil le prit de nouveau.
 
Un endroit sombre, un endroit froid, un endroit humide. Des lumières fusaient de tous cotés. Tu entends des cris, des cris de douleur, de désespoir. Et tu la vois, droit devant lui. Elle parait immense pour toi qui avances à moitié recourbé à cause de ta séance de torture de la veille. Elle a un sourire mauvais. Un éclat de lumière t’aveugle alors que tu tombes au sol, le bras comme arraché et hurlant de douleur. Le pire, c’est que tu la connais et qu’elle n’a pas hésité la moindre seconde avant de lancer son sortilège. Taylor Kensington, une simple pionne. Comment se peut-il que ce soit une simple pionne de Poudlard qui soit en charge d’Azkaban ce soir-là ? Tu sais que c’est une mangemorte, qu’elle n’a aucun scrupule, mais tu se rappelles le regard malsain qu’elle t’a lancé une fois que tu t’es retrouvé à terre après son premier sort. Un regard de tueur. Pourtant ne vous étiez-vous pas toujours bien amusés à deux lorsque tu étais en retenu ? Cette belle amitié, c’était ça pour elle ? Elle se rapproche, comme au ralentit, mais tu es pris au piège, sans aucun moyen de te défendre, le bras réduit en miette qui te fait atrocement souffrir. Tu essayes de te relever sans y parvenir et elle est toujours plus près, elle se rapproche de toi. Et soudain, elle disparait. A moins que ce ne soit toi. Et ce fut le noir. Tu ne cesses de revoir en boucle son regard, elle qui se rapproche, toi essayant de te lever sans y parvenir. C’est l’image la plus terrible de ta libération. De ce qu’il t’en reste. Le rêve prend un autre tournant. Elle est toujours debout devant toi, s’approche toujours au ralenti. Elle lève sa baguette, ses lèvres s’entrouvrent, un jet de lumière verte sort de cette baguette. Tu chutes. Tu as l’impression que cette chute ne s’arrêtera jamais. Tu voudrais hurler mais tu ne peux pas. Tu voudrais te réveiller mais tu ne peux pas. Et dans le ciel au dessus de toi, il y avait ce regard qui te suit.
 
Et il y eut des bruits étranges. Des voix lointaines, de la lumière, des bruits de pas. Tout ça semblait si lointain mais si réel. C’était différentes voix, un murmure. Un bruit de porte. Des pas se rapprochant. Et il y eu un souffle. Un souffle léger. Des bruits de métal et de verre s’entrechoquant. Des pas, toujours des pas, mais qui s’éloignent cette fois. Est-ce un rêve ? Est-ce la réalité ? Fred ne sait pas, Fred ne sait plus. Il entend de nouveaux pas. Ils sont lourds, pesants, ce sont des pas d’homme. Ils se rapprochent. Il a une respiration lente et forte. Qui est-il ? Que veut-il ? Est-ce un médecin ? Un mangemort ? James ? Mais il n’arrive pas à ouvrir les yeux pour le savoir. Il sait bien que c’est la réalité. Que ce doit être dans sa chambre blanche d’hôpital que tout ceci se passe. Et puis, il sent le souffle chaud de la respiration de cet homme se rapprocher de sa tête. Il sent aussi la main attraper sa couette. L’air froid s’engouffre et il tremble légèrement. La couette ne recouvre plus le bas de la tête du rouquin comme avant. Et la main se rapproche de son cou. Il sent qu’on lui appuie sur le cou, qu’on lui enserre celui-ci.
 

Il se réveille d’un bond. Attrape la main d’un geste vif. Pourtant jamais il n’aurait cru avoir encore cette vivacité. C’est l’adrénaline. Son cœur bat à tout va. « Me touchez pas. » C’est un hurlement. Un hurlement de terreur. On voulait le tuer, l’étrangler.  Sa main heurte la joue de son agresseur. Il se débat alors qu’on tente de le maitriser. On lui attrape les mains, il ne peut plus rien faire, il est immobilisé, trop faible pour avoir une chance de s’en sortir même s’il essaie encore de leur échapper. Le rouquin se met à trembler. Des larmes se mettent à couler le long de ses joues alors qu’il reconnut petit à petit en face de lui la tête de l’homme, puis sa blouse. Un médecin.
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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Ven 4 Juil - 9:45




« Vous plaisantez j’espère ? Comment ça, échappés ? Le Maître est au courant ? » Aleksei semblait réellement osciller entre la consternation et la colère face aux deux hommmmes venus le déranger en pleine consultation. D’un naturel susceptible et intransigeant, il ne supportait pas qu’on le dérange lorsqu’il travaillait, surtout comme à l’instant, alors qu’il préparait une potion bien spécifique pour un patient donné. Alors qu’on se permette de le faire sans la moindre discrétion, ou respect, pour une nouvelle aussi insignifiante pour le Mangemort… Les yeux  clairs du Russe devinrent de neige lorsqu’ils fixèrent le plus jeune des deux hommes venus le déranger. S’ils s’ombrageaient rapidement, ils avaient cette fois une pâleur exacerbée par sa colère. Des prisonniers échappés, des résistants dans la nature… c’était le Seigneur des Ténèbres qu’il fallait prévenir, pas lui. Il n’était qu’un Médicomage, et il n’en avait rien à faire des déboires politiques d’un homme qui n’avait aucune considération pour l’humanité des êtres qu’il songeait à fouler du pied sans scrupules. Son travail à lui était de sauver des vies, pas de les condamner à la dégénérescence dans des cachots humides et corrompues par le désespoir…

Car oui, la colère du Russe n’était pas dirigée vers les fugitifs, ni vers la rage noire qui allait s’emaprer du Lord lorsqu’il allait être mis au courant de la débâcle. Des années après la défaite de Potter, le noyau de résistance refusait de s’éteindre malgré leurs pertes et l’oppression constante des Mangemorts sur les Sorciers restant. Et tout vendu à la cause du Seigneur des Ténèbres, comme l’était officiellement Aleksei, ne pouvait que saisir l’ampleur des conséquences à venir d’une telle évasion. Ce n’étaient peut être que quelques sorciers minables et en mauvaise santé, c’était une branche de bois sec jeté sur un foyer mourant. C’était un fétu de paille qui allait donner un sursis aux Phénix. La Résistance allait reprendre espoir, c’était couru d’avance. La colère du Russe, donc, n’avait ainsi rien à voir avec tout cela. En soi, cette évasion, malgré son double jeu, ne lui procurait pas plus de joie que celle de savoir mis en échec le système du Lord. Peut être un rire moqueur et sarcastique, mais rien de plus. Une demi-douzaine de fuyards, ce n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan des hommes et des femmes qui agonisaient parce qu’ils n’étaient pas conformes aux désirs d’un Mégalomane. Si le Médicomage était conscient de la supériorité de son sang, pur depuis des dizaines de génération, s’il n’avait qu’un mépris léger envers les moldus qu’il considérait comme des êtres amorphes et privés de la seule chose qui rendait les êtres humains intéressants – ce lien indéfectible avec la magie que pouvaient avoir les sorciers – ce n’était pas pour autant qu’il pouvait tolérer un massacre en règle. Ils étaient certes infirmes, ces moldus, et les sang-de-bourbes n’étaient rien d’autres que des anomalies, mais ce n’était pas une raison pour se réjouir de leurs agonies, comme beaucoup de ses collègues pouvaient le faire. Aleksei, loin d’être aussi naïf et candide que d’autres Phénix, considérait les moldus, les cracmols, les sang-de-bourbes et autres curiosités écœurantes comme des êtres dépendants de son attention et sur lesquels il fallait veiller. Mais ce n’était pas le moment de se perdre ainsi dans des considérations infertiles. Les deux mangemorts attendaient qu’il les suive pour aller porter les premiers soins à des patients décrétés prioritaires pour la simple raison qu’ils portaient tous un tatouage magique sur l’avant bras. Ecœurant, ça aussi. Désolant. Pathétique. La colère d’Aleksei augmenta d’un cran encore, sans que la raison de ce trouble ne perce son visage. D’une voix sèche, il ordonna à l’un des apprentis de maintenir la potion en état de stase, sans tenter même de l’avancer – il ne lui faisait pas confiance à ce point – le temps qu’il perde deux heures à soigner des entorses et autres échardes. Et qu’il aille, aussi, s’occuper des fuyards.

Un hurlement. Aleksei se leva instantanément du fauteuil dans lequel il était avachi depuis une bonne demi-heure. Comme prévu, après la venue des deux mangemorts, il avait du s’occuper des blessés graves avant d’être libéré. Et loin d’aller terminer la potion qu’il préparait avant leur irruption dans la salle de soin, son transplannage l’avait directement mené dans une planque de l’Ordre du Phénix où l’attendaient de véritables blessés. Des héros, très certainement, aux yeux de beaucoup. De simples patients pour le Russe qui, dessous ses multitudes de carapaces et armures, restait l’enfant de sept ans sensible à toute trace de souffrance chez un être vivant. Des patients, comme celui qui venait de se réveiller dans un hurlement à glacer le sang du Médicomage. En quelques pas, il fut dans la pièce, des sortilèges déjà lancés pour se donner une idée de l’état de l’ex-prisonnier. D’un mouvement de poignet, il atténua la lumière de la pièce, rendant dans un murmure compte à Sienna des premiers retours de ses sorts d’auscultation. Des coups, des lésions, une sous alimentation sévère et nombres de carences. Une volonté à toute épreuve, aussi, vu que, déjà, il tentait de se lever. Aleksei resta en retrait, le faible sortilège de métamorphose qu’il avait appliqué à son visage ne lui permettant pas de risquer d’être reconnu. Son murmure rauque porta cependant suffisamment. « On a plus le choix, il faut aussi le transférer à Ste Mangouste. » Au premier abord, il avait espéré pouvoir se passer d’un nouveau transfert, les premiers résultats dès qu’ils l’avaient récupéré lui ayant semblé plutôt positif. Mais dans cette petite planque, il lui manquait bien trop d’ingrédients, bien trop de matériel, pour pouvoir le soigner. Et pour pouvoir soigner l’hémorragie interne que ses yeux d’expert voyaient venir.

Deux jours plus tard, Weasley revint enfin à lui pour la deuxième fois. A Ste Mangouste. Dans des locaux cachés qu’Aleksei avait passé des mois à organiser pour ne rien laisser filtrer. Aucun accès réel, par fenêtre ou cheminée. Seul le transplannage vers la pièce était possible, et il était le seul non blessé à connaître suffisamment la pièce pour ne pas se désartibuler en chemin. Une sécurité paranoïaque ? Certes. Mais ça pouvait toujours lui sauver la vie. Et ça sauvait la vie de suffisamment de personnes et d’inconnus qu’il relâchait, vivants et en bonne santé, amnésiques. Une simple fenêtre magique donnait une illusion sommaire d’espace et atténuait le sentiment de cloisonnement que la petite pièce pouvait induire. Fermées, sous les combles… ce n’était pas le plus agréable pour la panthère qu’Aleksei hébergeait dans son âme et son corps, mais elle devait bien s’y faire. Alerté par des sortilèges posés sur la pièce du réveil de son patient, donc, Aleksei apparut dans un coin de la pièce en silence, pour observer les premiers réflexes de l’ancien étudiant.

La veille se poursuivit jour après jour, et ce ne fut que lorsque le Russe fut certain que Weasley allait rester conscient qu’il prit le risque de dévoiler son visage. La plupart des carences étaient en bonne voie de disparition, le bras brisé était à présent un vieux souvenir, et l’hémorragie interne n’était qu’un cauchemar lointain. Ce qui inquiétait encore le Médicomage, c’étaient les restes de potions qu’il avait trouvé dans l’organisme du Phénix. Des potions dont il ignorait la nature, mais qui étaient à coup sûr apparentées à des poisons. Des potions dont il ignorait, aussi, les conséquences. S’approchant du malade dans un demi-songe, Aleksei effleurant sa gorge pour faire état du rythme cardiaque de son patient. S’il y avait des sortilèges pour le savoir, le Russe était plutôt traditionnel, préférant s’assurer de lui-même, sans l’intermédiaire de la magie, de ce qu’il pouvait vérifier. « Me touchez pas. » Il ne s’attendait pas à une réaction comme celle-ci, et réagit avec un temps de retard, d’une voix sèche et autoritaire ; à son image. « Calmez vous tout de suite, Weasley, sinon c’est moi qui vous calme ! » Il ne plaisantait pas. Un hurlement, il pouvait se le permettre lorsqu’il était loin du plus grand centre de soin d’Angleterre, un centre peuplé de Mangemorts, peuplés de ses pires ennemis. Malgré l’insonorisation de la pièce, Aleksei restait méfiant et prudent. Sans vouloir changer son comportement. Trop de prudence n’avait jamais tué, et le risque zéro n’existait pas suffisamment souvent pour s’y fier. Avisant les larmes sur les joues du rouquin, la voix du Russe se réchauffa légèrement, attirant vers lui une chaise sur laquelle s’asseoir. « Vous êtes en sécurité, Weasley. Nous sommes dans le même camp, vous n’êtes plus à Azkaban, et vous n’êtes plus, pour le moment, en danger de mort. » Un soupir. « Vous m’entendez, Weasley ? Fred ? » Les yeux clairs du Russe se fixèrent dans ceux du rouquin. « Vous comprenez ? Vous êtes en sécurité. »

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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Jeu 10 Juil - 18:19



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Libre mais brisé. Les pensées joyeuses de Fred, ses rêves heureux passaient tels des étoiles filantes. Il y avait trop de choses dans son esprit, il ne pouvait se concentrer sur les intéressantes. Seules les pensées cauchemardesques restaient fixées dans sa tête. Il ne pouvait s’en débarrasser même lorsqu’il tentait. C’était cauchemar sur cauchemar. Il ne savait pas que ça faisait déjà plusieurs jours qu’il délirait. Il n’avait conscience de rien. Il ne savait même pas qu’il s’était réveillé plusieurs fois. Il n’avait conscience du poison circulant dans ses veines tel un serpent. Il se déplaçait lentement en lui, le changeant petit à petit. Il n’avait pas encore pris conscience et le découvrirait dans les semaines qui suivaient. Lui qui pensait ne pas être devenu fou à Azkaban, quel naïf. C’était une illusion.

Pendant tout ce temps, alors qu’il divaguait dans le flot des ses pensées, emporté par le sommeil qui lui avait manqué pendant cinq mois, on s’afférait autour de lui. La douleur qu’il avait auparavant dans son bras avait disparu en même temps que son os se ressoudait. Elle n’était plus présente que dans ses souvenirs, dans ses mauvais souvenirs. Son sang était retourné là où il aurait dû rester. Il coulait à présent uniquement dans ses veines. Son ventre n’était plus vide, il était au chaud. Et pourtant, il souffrait, il avait mal, son bras lui faisait mal, la fatigue restait. Si son corps avait guéri, ce n’était pas le cas de son esprit. Malmené par les détraqueurs, par les mangemorts, par tout ce qui avait pu lui arriver avant. Son esprit ne correspondait plus à la personne qu’il avait pu être ou qu’il voulait être. Des pensées tristes, pas de joie, pas de blagues, le bonheur avait disparu peu à peu au fur et à mesure des passages des détraqueurs devant la porte de sa cellule. Ils avaient absorbés sa joie petit à petit et il n’avait pas pu la reconstruire. Si grâce à Juyne, qui lui avait permis de ne pas perdre pied. Et surtout avec le projet de l’évasion, ce projet lui avait permis de ne pas se perdre. Il savait que sa famille, les autres détenus, ils comptaient sur cette future évasion, et lui aussi à vrai dire. Savoir que de sa santé dépend quelque chose aide vraiment. Malheureusement, il allait avoir le retour du bâton une fois sorti et en sécurité. Et ce n’était pas un bâton, c’était un tronc d’arbre qu’il allait se prendre en pleine figure. Une grande claque lorsqu’il se rendrait compte des véritables dommages.

Sa main venait de heurter avec force le visage de la personne qui avait tenté de l’étrangler. Sa bouche s’était ouverte dans un hurlement de terreur. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il était en train de faire. Il ne se rendait pas compte du danger qu’il mettait sur les épaules du médecin se tenant face à lui. Il se rendait uniquement compte du danger qu’il représentait pour lui. C’était un ennemi, il avait tenté de l’étrangler, de le tuer. Il ne fallait pas qu’il se laisse faire. Il tremblait alors qu’il avait réussi à le maitriser mais il se débattait malgré tout. Jamais il ne tomberait sans se battre. « Calmez vous tout de suite, Weasley, sinon c’est moi qui vous calme ! » La voix était forte autoritaire. Elle lui faisait peur. Le Weasley était sec, trop sec pour Fred. Des larmes coulèrent le long de ses joues. Elles redoublèrent lorsqu’il s’aperçut que ce n’était qu’un médecin. Il avait cru qu’il allait le tuer, un médecin. A travers ses larmes, il étudia son visage. Il avait l’impression de l’avoir déjà vu quelque part mais il n’arrivait pas à savoir où. Il n’avait jamais été à Ste Mangouste avant, ce n’était pas à Poudlard. Alors où ? « Vous êtes en sécurité, Weasley. Nous sommes dans le même camp, vous n’êtes plus à Azkaban, et vous n’êtes plus, pour le moment, en danger de mort. » La voix avait changé, elle était plus douce, plus sympathique. Il ne comprenait pas vraiment ce qui se disait. Il était perdu. Mais ses tremblements se calmèrent à l’écoute de la voix de l’homme. Mais il était toujours sous le choc. Il entendait la voix mais ne saisissait pas le sens des mots. Seul Weasley ressortait de la phrase. Personne mis à part les professeurs en colère ne l’appelait comme ça. C’était étrange. Au mot Azkaban, des flashs refirent surface et avec les tremblements revinrent. Il avait peur à entendre ce mot. Il représentait son cauchemar, la perte de son bonheur, de sa liberté. « Vous m’entendez, Weasley ? Fred ? » Ses yeux perdus dans le vague se tournèrent en direction du médecin. Il les plongea dans ses yeux. Ils étaient clairs. Il était sûr de les avoir déjà vus quelque part. Il fallait juste qu’il retrouve ce qui risquait de mettre du temps. « Vous comprenez ? Vous êtes en sécurité. » Il comprit enfin. Il ne comprenait juste pas encore tout ce que ça représentait. Il hocha légèrement la tête sans même un sourire. Il paraissait toujours perdu, complètement déboussolé. Ses yeux se posèrent sur la fenêtre et plongèrent à l’extérieur. Et pour la première fois, un sourire se dessina sur ses lèvres. Combien de temps resta-t-il ainsi, silencieux, fixant l’extérieur ? Longtemps. Le soleil brillait. Le soleil, même si ça avait été de la pluie il aurait été heureux de la voir. Une vraie lumière, ça faisait tellement de temps qu’il n’en avait pas vu.

Et puis ses yeux se reposèrent sur l’homme assis sur une chaise en face de lui. Sa bouche s’entrouvrit légèrement. « James ? » C’était dit faiblement. Il voulait savoir. C’était la première personne à qui il pensait. Son cousin, il avait besoin de savoir qu’il était en vie. Il devait être sûr. Il ne pourrait pas se passer de lui, il lui était trop indispensable. C’était son double, une des personnes comptant le plus dans la vie du rouquin. Qu’est-ce qu’il ferait s’il n’était plus là. A cette pensée, il frissonna. Et si… Non, pas lui, pas James, jamais il n’aurait pu. Pas son cousin préféré.
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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Sam 19 Juil - 0:15




Aleksei commençait à sentir la fatigue poindre, à ainsi veiller sur son patient clandestin. Il devait jongler depuis un nombre de jours qu’il avait arrêté de compter entre s’occuper du jeune Weasley et assurer ses fonctions de Médicomage en Chef sans que cela ne soit visible des autres employés de l’Hôpital, et cela grappillait bien naturellement sur ses heures de sommeil. Et tout homme, même aussi endurant sur le plan physique, qu’Aleksei avait ses limites. Lorsqu’une nouvelle fois, les alarmes posées sur le malade s’agitèrent et le tirèrent vers le lit qui hébergeait le rescapé, Aleksei prit son temps pour se lever, observer les réflexes du jeune garçon, et enfin s’avancer. Les cernes et la fatigue n’étaient rien comparés à son inquiétude pour son patient. S’il était fatigué ? Ce n’était pas le moment de se poser la question, après tout. L’important, c’était de savoir ce qu’il allait advenir du jeune Weasley. L’important, surtout, c’était de le soigner ; la santé du Russe venait après. Etrange de la part d’un Mangemort, encore plus de la part d’un Sang-Pur, voire d’un Moldavski tout simplement. Si Gregory, son père, entendait ses pensées… Aleksei effaça l’ombre de sourire qui voulut naître sur ses lèvres à cette idée. Gregory Moldavski l’aurait bien évidemment catalogué aussitôt parmi les elfes de maison, voire les cancrelats, pour mieux le considérer comme un cobaye sur lequel expérimenter de nouveaux sorts de torture, ou simplement recycler des sorts de base de la façon la plus créative possible pour les faire devenir des sorts de torture. Aleksei faisait amplement confiance à son père et aux gènes qu’ils partageaient pour cela. Ainsi donc, l’éducation stricte et narcissique du Russe n’avait pas réussi à lui donner l’impression qu’il devait d’abord penser à lui, puis aux autres. Médicomage par réelle vocation, médecin jusqu’au bout des ongles, il avait beau être un arrogant prétentieux, il se souciait en priorité de ceux dont il avait la charge. Quelle que soit la pureté de son sang, quelle que soit leur origine. Quelle que soit leur famille, aussi. Et les Weasley ne faisaient pas exception, aussi étrange que cela puisse paraître. Des traitres à leur sang, des presque-cracmols, des rebus de la société magique, ils n’avaient pas grand-chose pour eux, et Aleksei avait peine à leur trouver de quoi les apprécier – autre bien sûr que leur Résistance face au Lord – mais ils étaient tout de même des êtres vivants, et s’il ne pouvait supporter laisser mourir un cracmol, il ne pouvait pas faire d’exception. Même pour eux.

La main du médicomage effleura la gorge de son patient, pour essayer d’en saisir le pouls, mais la réaction brutale de Weasley l’en empêcha. Aussitôt, un duel d’un genre étrange vit le jour. La voix d’Aleksei ordonnait à l’ancien Gryffondor de se calmer, sans se vouloir rassurante dans un premier temps. Les larmes du jeune adulte ne parvenaient pas à émouvoir le Russe qui ne voyait, ne sentait, que son état de santé inquiétant. On pouvait le croire sans cœur à des instants comme celui là, mais il avait passé bien trop d’années à se protéger de sa douceur naturelle pour être aussi exubérant et extraverti que les Gryffondor. Calmez vous. Il fallait impérativement qu’il se calme, Aleksei n’avait pas la moindre envie de devoir gérer une crise de panique. Vous êtes en sécurité. Oh, oui. En sécurité au sein de l’hôpital principal de la communauté sorcière d’Angleterre, au sein du troisième refuge de Mangemort derrière le Ministère et Poudlard. En sécurité auprès d’un Mangemort. Mais, aussi étonnant que cela pouvait paraître, le ton calme du soigneur sembla avoir de l’effet. Le sourire qui se dessina que les lèvres de Weasley était loin de rassurer Aleksei. En plus d’être en vie, se pouvait-il que le rescapé soit devenu totalement timbré ? Ce ne serait pas une première qu’Azkaban n’ôtait pas seulement la joie de vivre de ses invités, mais le Russe ne voulait pas avoir risqué sa couverture pour un taré. Même s’il n’avait pas été à Serpentard, il n’avait pas été à Gryffondor non plus, et son côté Serdaigle le poussait bien évidemment à réfléchir au choix le plus évident avant de prendre celui qui allait soit consister à se préserver, soit foncer dans le tas. La réflexion avant tout, l’action ensuite. Et les conséquences, quelles qu’elles soient venaient après. Vous êtes en sécurité. D’une certaine manière, ce n’était pas un mensonge. « James ? » Aleksei prit son temps avant de répondre. James. James Potter bien sûr. « Nous vous avons transféré ici parce que votre cas était préoccupant et que je suis le plus à même de vous sauver. » Le Russe prenait son temps, tant pour articuler que pour choisir ses mots. « Vous pouvez vous redresser un peu, si vous le souhaitez, mais il n’est pas question que vous vous leviez. » Un soupir, et le Médicomage fit venir à lui une demi-douzaine de fioles, le temps de considérer leur couleur, odeur et consistance. Des potions : le cœur de métier du personnel soignant. Mais ce n’était pas ce qui faisait d’un homme un excellent médicomage pour autant, sinon tous les maîtres des potions seraient à même de prodiguer des soins, ce qui était ridicule. Non, ce qui rendait Aleksei plus que doué dans son métier, c’était cette façon de mêler avec une maîtrise des plus parfaites les potions avec des dosages adaptés entrecoupés de sorts plus complexes les uns que les autres. Incapable de lancer un patronus corporel pendant plus d’un quart de minutes, Aleksei pouvait en revanche faire un diagnostic complet de ses patients sans un mouvement de baguette. Mais voilà qu’il digressait à nouveau. Et Weasley devait attendre avec une impatience déplorable des nouvelles de son précieux cousin. « Votre cousin est en vie, aux dernières nouvelles. Son cas n’était pas aussi grave que le vôtre, il a pu rester dans un milieu plus… neutre. » D’un coup de baguette, le lit se redressa partiellement d’un côté, pour que Weasley ne soit plus totalement allongé, et Aleksei se mit à mélanger quelques potions, y saupoudrant quelques ingrédients pour stabiliser les concoctions. Il hésita une fraction de seconde avant de rajouter une feuille de menthe au mélange qu’il tendit à son patient. « Buvez. C’est infâme, ça va vous donner envie de vomir – donc pensez à vous tourner de l’autre côté quand ce sera le cas – mais buvez. Gorgée après gorgée, pas tout d’un coup. » Le Russe renvoya son assortiment de fioles de l’autre côté de la pièce sans quitter du regard le rescapé. « Pendant ce temps, je vais vous poser quelques questions. Prenez votre temps pour répondre. On va commencer par le plus simple. » Une plume et un parchemin s’élevèrent dans les airs, prêts respectivement à prendre des notes et à les recevoir. « Comment vous appelez vous, quel âge avez-vous. Et savez vous qui je suis ? » Une autre formulation pour demander au Weasley s’il était encore un peu sain d’esprit. Et une mesure, aussi, pour essayer de trouver où le poison qu’il avait détecté, et dont il n’avait pas encore parlé au Gryffondor, agissait.

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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Ven 1 Aoû - 2:04



Répare moi !

Fred vit le soleil et il fut heureux. Ca lui avait manqué. C’était dur d’expliquer ce qu’il ressentait mais même s’il n’était pas dans le meilleur des états, voir cette balle lumineuse dans le ciel le rendit heureux. Combien de temps resta-t-il à le contempler, souriant béatement ? Longtemps certainement mais il ne s’en rendit pas compte. Il était ailleurs, il était sauvé. Il comprenait enfin ce qu’il se passait, il réalisait doucement. Mais il ne se rendait compte que de sa liberté retrouvée. Et pourtant, il y avait d’autres choses qu’il allait très bientôt découvrir. Mais malgré qu’il soit libre, qu’Azkaban ne soit plus qu’un mauvais souvenir, il avait peur. Il ne put s’empêcher de penser à son cousin. James. Il l’avait délivré, ils avaient planifié ça à deux. Il avait besoin de savoir que rien ne lui était arrivé. La réponse ne vint pas directement.

Pendant ce temps, Fred essaya de regarder ce qui était advenu de lui. Pour la première fois depuis qu’il était à Azkaban il s’aperçut que la faim avait eu de réels impacts sur son corps. Ses bras étaient maigres. Alors qu’il était plutôt fort et musclé avant, il voyait désormais ses os apparaitre sous sa peau, une nouveauté pour lui. Mais tandis qu’il était encore en prison, ce n’était pas le genre de choses dont il s’était préoccupées. Il ne se préoccupait que de la faim, de son manque de sommeil, de sa tristesse, de sa terreur et de son évasion. « Nous vous avons transféré ici parce que votre cas était préoccupant et que je suis le plus à même de vous sauver. » Fred posa son regard sur le médecin. Il n’arrivait toujours pas à remettre un nom sur ce visage. Il ne voyait en lui que son médecin pour le moment. Et il avait désormais du mal à l’imaginer mangemort. Ou pourquoi le soignerait-il ? Et il lui avait dit être dans le même clan que lui, mais quelque chose clochait. En attendant, quel que soit son camp, il n’avait pas répondu à la question du rouquin. Il ne voulait pas savoir pourquoi il était là, il le savait très bien. Il lui avait dit qu’il était en sécurité, mais il aurait désormais aimé savoir vraiment où il se trouvait, où était son cousin et tous les membres de l’expédition.

En attendant, Fred réfléchissait à cet homme se tenant devant lui. S’il était vraiment de l’Ordre, il se demandait si c’était son vrai visage. Après tout, les Phénix étaient souvent sous polynectar. Il savait qu’il était là depuis longtemps désormais et que son bras avait été guéri, mais il y avait quelque chose bizarre dans le regard de l’homme blond qui lui faisait face. Il se souvenait avoir déjà vu ce regard clair et insistant quelque part. Si seulement il pouvait se souvenir du lieu ou du moment. « Vous pouvez vous redresser un peu, si vous le souhaitez, mais il n’est pas question que vous vous leviez. » Fred tenta de se redresser. Son corps le faisait souffrir. Il sentait les courbatures présentes dans chacun de ses muscles diminués. L’évadé regarda ensuite les fioles voler dans la pièce en direction de son médecin. C’était de la belle magie. Elle n’avait rien d’extraordinaire en soi, mais elle n’avait pas pour but de faire du mal. Fred sourit en regardant les six fioles traverser la pièce. Leurs couleurs, leurs textures étaient toutes différentes. Le fils Weasley pensa alors à ses cours de potions. Des souvenirs resurgirent dans sa mémoire avec l’image de Juyne et l’air énervé de leur professeur. Il aimait tellement faire des potions et des explosions. Il ne pensait pas qu’il s’en souvenait mais c’était bien le cas. Peut-être parce qu’il avait revu Juyne régulièrement, empêchant ainsi les détraqueurs d’enlever son image de sa mémoire.

« Votre cousin est en vie, aux dernières nouvelles. Son cas n’était pas aussi grave que le vôtre, il a pu rester dans un milieu plus… neutre. » La joie que ressentie Fred à ses paroles fut intense. Il était si soulagé. Il avait eu si peur qu’il lui soit arrivé quelque chose de grave durant l’évasion, qu’il n’ait pas survécu. Il savait qu’il ne se le serait jamais pardonné. C’était son idée à la base même s’ils avaient planifié le reste à deux. Le rouquin étouffa un gémissement de douleur alors que le lit se redressait légèrement sous les ordres du blond. Il le regarda mélanger rapidement des potions, ajouter différentes poudres et y placer une feuille de menthe. Il attrapa le mélange final qui n’avait pas une magnifique couleur malgré la feuille de menthe qui ajouter un peu de couleur au mélange. « Buvez. C’est infâme, ça va vous donner envie de vomir – donc pensez à vous tourner de l’autre côté quand ce sera le cas – mais buvez. Gorgée après gorgée, pas tout d’un coup. » Ca donnait envie dit donc ! Il but une première gorgée et grimaça. C’est vrai que c’était vraiment ignoble. Le goût restait sur la bouche. C’était pire que la pire des dragées surprises de Bertie Crochue que Fred avait pu manger. Et ce n’était pas rien ! Il regarda les fioles repartirent en avalant avec difficulté une deuxième gorgée. Qui aurait pris cette potion tout d’un coup ? « Pendant ce temps, je vais vous poser quelques questions. Prenez votre temps pour répondre. On va commencer par le plus simple. » La plume s’agitait déjà dans les airs. Le malade sourit. Il s’était toujours demandé pourquoi ils n’avaient pas le droit d’utiliser ce sortilège lors de leur examen. Ca allait tellement plus vite et faisait tellement moins mal au poignet. « Comment vous appelez vous, quel âge avez-vous. Et savez vous qui je suis ? » Tellement simple. « Fred Weasley, 19 ans. » Son anniversaire avait eu lieu alors qu’il était derrière les barreaux. Et il n’avait même pas eu le droit à un cadeau ! Pas très sympa de la part des mangemorts… Mais la dernière question. Pas si simple que ça… Il n’en avait aucune idée. Il savait qu’il le connaissait de quelque part mais il était incapable de dire d’où. Un article dans un journal ? Il l’avait croisé dans la rue un jour ? Une personne présente au cours d’une soirée arrosée ? Aucune idée. C’était le blanc total dans l’esprit du rouquin. Il prit une autre gorgée de la potion. Son estomac se retourna et il se tourna de l’autre coté alors qu’il rejetait tout ce qu’il avait avalé et son précédent repas. Au moins il n’avait pas l’estomac vide. Et Fred qui détestait plus que tout la gastro et être malade. Désormais, ça le rendait malade de guérir. Répugnant ! Il attrapa le verre d’eau qui était posé à coté de son lit et en avala une gorgée. Ses yeux se posèrent sur la fiole. Heureusement, il n’y en avait plus beaucoup à avaler. Puis ils se tournèrent vers le médecin. Qu’allait-il bien pouvoir répondre à cette question ? « Je sais pas qui vous êtes, mais je sais que je vous aie déjà vu quelque part. » Il se tut, réfléchissant quelques instants. « Je dirais que c’était dans le journal mais jamais en vrai. » Son regard se perdit dans la fenêtre alors qu’il attendait le verdict. Et dire qu’il n’avait même pas été capable de répondre à la question simple.


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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Mar 26 Aoû - 10:28



Aleksei était peut être un bon médicomage – en toute modestie, ce n’était pas pour rien qu’il était Médicomage en chef – et avait peut être un bon contact avec les patients mais lorsqu’il sentait que ce n’était pas nécessaire il ne s’embarrassait guère de faux-semblants. Encore plus avec les membres de l’Ordre du Phénix, qu’ils sachent ou non son véritable camp. Aussi ne tenta-t-il même pas de convaincre Weasley de boire la potion en lui faisant croire qu’elle avait bon goût, et la lui présenta le plus franchement possible comme ce qu’elle était : immonde. D’ailleurs, c’était bien le propre de toutes les potions de guérison, non ? Il n’y avait guère que les poisons pour être goûtu et savoureux, comme la Mort se drapant dans des vêtements de soie pour être douce et élégante et amoindrir notre vigilance. Immonde donc. Et Aleksei préféra préciser à Weasley que si un haut-le-cœur le prenait, ou plutôt quand il allait le surprendre, il valait mieux pour lui que ce soit le seau qui récupère la bile plutôt que sa robe de médicomage. Ce n’était qu’un conseil s’il ne voulait pas s’être échappé d’Azkaban pour terminer tuer par un médicomage énervé. Juste un conseil. Reçu ou non, dans tous les cas, le Russe renvoya les fioles et ingrédients de l’autre côté de la pièce d’un petit coup de baguette, avant d’entamer les questions. Après tout… il devait vérifier la santé mentale du roux, l’impact possible du poison sur ses facultés et accessoirement ce que l’ancien Gryffondor pouvait bien savoir. Après tout, il était Moldavski, fils héritier des Moldavski, prince de Serdaigle à son époque, Mangemort, descendant d’une famille de Sang aussi pur que leur Magie noire. S’il en était fier ? Aleksei n’en savait que trop rien. Fier, il l’était de la pureté de son sang, il l’était de son nom et de ses capacités. De ses parents en revanche… ils le dégoûtaient, ils le répugnaient. Et savoir que les années passaient en accentuant la ressemblance qu’il avait avec eux, physiquement du moins, lui était insupportable.

Le Médicomage inspira lentement, chassant ces sombres préoccupations pour prêter plus d’attention aux réponses de son patient. « Fred Weasley, 19 ans. » Jusque là, tout était bon. Dix-neuf ans ? Si jeune ? Oui, cela paraissait logique mais… Aleksei se revit aussitôt à dix-neuf ans. Fraichement diplômé de Poudlard, il avait choisi de rester en Angleterre pour entrer en apprentissage de Médicomagie. Premier pas contre ses parents, il était loin cependant d’être un homme aussi impliqué que pouvait l’être le Weasley. Futur mangemort, l’un des meilleurs sorciers de sa promotion, c’était tout. Mais il fallait qu’il cesse de se disperser de cette manière, il devait poursuivre ses questions, pour tenter d’en apprendre le plus possible. Les questions dans un premier temps, puis lorsque les mouvements seraient moins pénibles à son patient, il testera les réflexes. Devant l’absence de réponse à sa dernière question, Aleksei fronça les sourcils, restant silencieux. Il pouvait voir d’où il était le Gryffondor chercher dans sa mémoire. Il pouvait voir, aussi, sur ses traits l’action des potions qu’il venait de lui faire ingérer et dans un petit moment de recul se prépara à voir ses habits salis. Fort heureusement ses avertissements avaient atteint leur cible, et le Gryffondor rendit la moitié de ce qu’il venait d’ingérer dans la bassine apparue à cet effet. D’un geste du poignet, Aleksei fit disparaitre l’odeur envisageable et apparaître un verre d’eau que Weasley ingéra en quelques gorgées, avec un regard noir en direction de la fiole. « Terminez là tout de suite, ce sera ça de fait… » conseilla le Russe d’une voix douce teintée d’amusement. Et répondez à ma question se retint il d’ajouter. Outre les divers potions et les procédures à respecter, ne pas presser un patient était l’une des premières choses qu’il avait apprises à l’école de Médicomagie. Un patient stressé ne vaut rien. Un patient stressé se rend malade. La guérison venait dans un climat de confiance et de détente. C’était un principe de base, bien malmené par l’angoisse qui s’abattait chaque jour sur Ste Mangouste de part la présence de ces capes noires et de ces masques argentés. Après un temps qui lui parut infini, le Weasley recommença à parler. « Je sais pas qui vous êtes, mais je sais que je vous aie déjà vu quelque part. Je dirais que c’était dans le journal mais jamais en vrai. » Un fin sourire s’étira aussitôt sur les lèvres du Russe qui murmura brièvement à destination de sa plume enchantée : « Bonne capacité de concentration. Mémoire  sans signe évident de dispersion. » avant de reporter son attention sur le roux dont le regard s’était perdu vers la fenêtre magique. Ce n’était qu’une illusion, une illusion de liberté. Il n’y avait rien dans cette pièce qui pouvait permettre au Weasley de partir, rien qui pouvait permettre à de tierces personnes de venir si elles ignoraient la présence de cette chambre gardée secrète. Ce n’était qu’une annexe de son bureau, mais jusque là personne en dehors de ses patients occasionnels soumis à l’oubliette n’en avait connaissance. Et c’était très bien ainsi. Aleksei se leva brusquement, repoussant son fauteuil dans un même mouvement. « Vous ne vous trompez pas, nous n’avons pas eu l’occasion d’être personnellement présentés avec votre incarcération et pendant votre perte de conscience qui a suivi votre évasion. Toutefois… je tiens à ce que cela soit clair entre vous et moi : je suis un membre du même ordre que le vôtre. Il n’y a et il n’y aura jamais de doute à ce sujet. » C’était un fait dont Weasley ne devait jamais venir à douter, malgré toutes les incertitudes qui pouvaient faire trembler les convictions du médicomage. Il avait été imprudent de ne pas changer ses traits avant de se présenter à l’ancien Gryffondor, et si jamais ce dernier venait à le penser agent double… Aleksei mit de côté toutes les alertes bruyantes qui résonnaient à ses oreilles. Il ne devait pas y penser, pour se concentrer sur le principal. D’un coup de baguette, il lança à nouveau un sort de diagnostic sur Weasley, reportant les résultats sur un parchemin. Ce n’était pas urgent, il les consultera plus tard. L’important, c’était de poursuivre les tests qu’il avait débuté à l’insu de l’évadé. « Ceci étant mis au clair, vous pouvez m’appeler Greg. Et poursuivons mes petites questions. Si jamais vous commencez à avoir mal quelque part, à la tête, à quelque partie de votre corps, interrompez moi. Compris ? » Le poison n’était pas la seule inconnue à l’équation. La différence entre la médecine moldue et la médecine magique, pour ce qu’en savait Aleksei, résidait principalement dans les maléfices qui n’avaient pas de symptômes visibles. Ils en existaient qui se déclenchaient à une simple pensée, à un mot, s’apparentant à l’hypnose des sans-magie. Il y en avait aussi qui scellaient certaines parties de l’âme et ne sachant pas ce que les sorciers incarcérés pouvaient réellement subir dans l’enceinte d’Azkaban depuis la prise de pouvoir du Seigneur des Ténèbres, Aleksei préférait y aller à tâtons et avec prudence. « Cela dit… racontez moi le premier souvenir que vous avez avant aujourd’hui. Puis essayez de remonter dans le temps, jusqu’au moment où vous avez quitté Azkaban. » Pas question de lui demander de raconter toute l’évasion, il était bien trop tôt. Aleksei voulait seulement forcer le rouquin à se concentrer sur des souvenirs, pour voir jusqu’où allait sa concentration et sa patience face à un exercice compliqué. Et si c’était encore trop simple, le Russe comptait bien compliquer les choses. Encore et encore. Pour voir où se situer le point de rupture dans la patience et l’effet de la potion calmante qu’il avait joint à la potion revigorante et celle anti-douleur qu’il venait de lui donner. Un philtre apaisant était toujours une aide pour le médicomage. C’était l’une de celles qu’il maîtrisait le mieux à présent, à force d’en faire et d’en refaire. D’ailleurs, en parlant des limites de la potion calmante… D’une voix amusée, il rajouta :  « Ne forcez pas, surtout. Prenez votre temps, nous allons y aller graduellement et… »

Un silence. Aleksei se concentra pour ne pas se départir de son sourire et de sa voix douce lorsqu’il acheva prématurément « Je vous écoute. » Il l’écoutait, oui, mais que d’une oreille. Une alarme raisonnait dans son esprit ; une alarme stressante de l’urgence qui en émanait. Quelque chose dans l’organisme de Weasley s’attaquait à la potion. Rien de grave, mais la sensibilité magique du médicomage et la dizaine de sorts qu’il avait apposé sur son patient rendait le tiraillement de l’alarme presque douloureux. Le Russe fronça les sourcils, auscultant du regard le jeune homme face à lui. Sentait-il quelque chose ou était-ce trop discret pour son organisme ?

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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Sam 13 Sep - 10:01



Répare moi !

La potion était immonde mais Fred la but quand même. Après en avoir rendu la moitié de ce qu’il venait d’avaler, il suivit le conseil que venait de lui donner le médicomage se tenant en face de lui. « Terminez là tout de suite, ce sera ça de fait… » Il avala le plus vite possible ce qu’il restait au fond de son verre. Ce n’avait pas un meilleur goût que la première fois mais il savait plus à quoi s’attendre que la première fois. En même temps, il répondait aux questions que lui avait posées son médecin. Elles semblaient si simples et pourtant, il n’avait pas la réponse à la deuxième. Aurait-il dû savoir cette réponse ? Avait-il oublié qui il était ? « Bonne capacité de concentration. Mémoire  sans signe évident de dispersion. » Le rouquin recommença à respirer à cette phrase. Elle ne lui était pas destinée. Il regarda la plume magique se déplacer le long des lignes du calepin posé à coté du médecin. Il était rassuré. Il n’avait pas oublié quelque chose qu’il était censé connaitre, il n’avait pas dit une mauvaise réponse.
 
Son regard se perdit alors vers le ciel, cette liberté qui n’était plus qu’à quelques mètres de lui. Le soleil, celui qu’il n’avait pas vu depuis des mois, ce ciel dans lequel il adorait tellement voler. Dans peu de temps, il pourrait de nouveau être sur un balai à parcourir le ciel, à sentir le vent dans ses cheveux, lui fouettant le visage. Son regard resta longtemps fixé sur la fenêtre et le ciel bleu et ensoleillé qu’il voyait à travers. Ce fut le bruit du fauteuil étant brutalement déplacé qui le sortit de ses pensées. Le médecin étant à présent debout en face de lui. Cela donna l’envie à Fred de se lever, mais son corps affaibli le rappela à la raison. Les douleurs étaient encore très fortes. « Vous ne vous trompez pas, nous n’avons pas eu l’occasion d’être personnellement présentés avec votre incarcération et pendant votre perte de conscience qui a suivi votre évasion. Toutefois… je tiens à ce que cela soit clair entre vous et moi : je suis un membre du même ordre que le vôtre. Il n’y a et il n’y aura jamais de doute à ce sujet. » Fred tiqua sur la fin du discours que venait de lui faire l’homme blond. Pourquoi aurait-il pu se poser des questions à son sujet. Il ne comprenait pas trop ce qu’il se passait. Il savait qu’il l’avait déjà vu, si seulement il pouvait retrouver la mémoire sur cette personne. Il était désormais confus. Il ne voyait pas vraiment où l’homme voulait en venir. Il aurait pu être plus clair ou ne rien dire du tout, ça aurait été plus clair. « Ceci étant mis au clair, vous pouvez m’appeler Greg. Et poursuivons mes petites questions. Si jamais vous commencez à avoir mal quelque part, à la tête, à quelque partie de votre corps, interrompez-moi. Compris ? » Fred hocha la tête. Il n’osait pas déjà l’interrompre mais il avait mal depuis qu’il s’était réveillé. Mais le degré de douleur était supportable pour le rouquin, si bien qu’il ne le pensait pas important. Et puis, ce n’était certainement que des courbatures. C’était normal après tout ce qu’il avait traversé, non ? Il reporta son regard sur Greg. Il était étonné qu’il le laisse l’appeler par son surnom. Greg venait certainement de Gregory. Il passa en revue toutes les personnes qui avait pour prénom Greg mais il n’y eut pas grand monde qui lui vint à l’esprit. Le fils Weasley ne se sentait plus très bien. Il sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Il ne comprenait pas pourquoi le médecin avait si peur qu’il est soudainement mal quelque part. Il était sauvé, il n’avait plus de raison d’avoir de nouveau mal quelque part. Greg avait-il oublié de lui dire quelque chose lorsqu’il lui avait dit qu’il n’avait plus à avoir peur, qu’il était sauvé, qu’il l’avait soigné ?
 
« Cela dit… racontez moi le premier souvenir que vous avez avant aujourd’hui. Puis essayez de remonter dans le temps, jusqu’au moment où vous avez quitté Azkaban. » Fred se concentra sur ses souvenirs. Il était un peu confus. Il ne se souvenait pas de grand-chose. Il se souvenait de la nourriture qu’ils lui avaient servie. De pas dans la chambre, des bruits de verre, des respirations. Tout était si confus, dans quel ordre tout cela avait-il eu lieu… Il essayait de se rappeler de l’ordre. Il se souvenait de choses mais il n’avait aucune idée de l’ordre dans lequel ses souvenirs étaient censé s’agencer. « Ne forcez pas, surtout. Prenez votre temps, nous allons y aller graduellement et… » Le docteur semblait être amusé par quelque chose qui échapper à Fred. Mais il ne chercha même pas à comprendre, il était de nouveau en train de chercher ses souvenirs au milieu du fouillis présent dans son crane. Le silence qui s’était installé alors que le médecin n’avait pas fini sa phrase précédente fut brisé par celui-ci. « Je vous écoute. » Fred sortit de ses souvenirs. Il ne savait pas quoi dire, par où commençait, s’il ne se trompait pas. Et si c’était un piège… « Je sais pas, je me souviens me réveiller pour manger de la nourriture, des pas dans la chambre. Il y avait des gens, des verres qui s’entrechoquaient. » Il se tut quelques instants. Tout ça s’était produit à Ste Mangouste. « C’était à Ste Mangouste. Mais après je crois que je dormais, ou je me souviens plus m’être réveillé. » Il essaya de rassembler ses pensées d’avant. Entre l’évasion et son réveil dans l’hopital sorcier. « Je me rappelle la maison. Il y avait Sienna, elle est venue me rendre visite. Il y avait quelqu’un avec elle. Il faisait sombre. C’était un homme. J’avais mal au bras. Ils voulaient me transférer à Azkaban. » Tout était dans le désordre, c’était aussi mélangé que les pensées du rouquin. Il essaya de se concentrer sur ses souvenirs mais rien ne lui revint en mémoire. Il ne se souvenait plus des cris qui l’avaient légèrement sorti de sa torpeur lors de l’arrivée de James, des voix qu’il avait entendu à ce moment là, il ne se souvenait même pas avoir été transporté dans la maison. Il se souvenait seulement de la main de Sienna l’entrainant avec elle alors qu’elle transplanait hors de la prison. « Avant je me souviens de Sienna qui m’attrape pour transplaner. »
 
Il revit alors son regard. Son regard de tueuse. Il la voyait se rapprocher de lui, la baguette levée, ses lèvres s’entrouvrant pour prononcer un sort. Il voyait la méchanceté présente dans son regard, l’envie de faire du mal. Elle le dominait, elle était au dessus de lui. Le sol froid d’Azkaban était en dessous de lui. C’était de ce regard que Sienna l’avait sauvé. Il n’était plus à Ste Mangouste, il était à Azkaban. Il entendait les cris, sentait la douleur dans son bras. Il était à terre. Les sorts fusaient dans toutes les directions en des traits de lumière. Il leva sa main comme pour se protéger les yeux de ses rayons qui l’éblouissaient. Elle s’approchait de lui. C’était elle qui avait lancé le sort pour l’arrêter et elle s’apprêtait à en lancer un autre. Il se mit à trembler. Il n’arrivait plus à sortir de ses pensées. Taylor levait sa baguette, ses lèvres commençaient à murmurer le début d’un sort. Fred se mit à crier alors que les tremblements étaient de plus en plus forts. Ses yeux étaient fixés dans le vague sur ce personnage présent uniquement dans sa tête. Cette personne qui allait le tuer d’un moment à l’autre. A moins qu’on lui vienne en aide.


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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Dim 5 Oct - 8:24



Ce n’était pas qu’Aleksei était particulièrement paranoïaque ou méfiant, mais il tenait simplement à sa vie, et la protéger du mieux qu’il pouvait lui semblait extrêmement sensé et logique. Voilà ce qu’il répondait lorsqu’à des réunions de l’Ordre du Phénix avec les quelques qui connaissaient son identité et sa position délicate vis-à-vis des mangemorts, on lui reprochait d’être justement un peu trop prudent, tant dans ses décisions que dans ses choix lorsqu’il s’agissait d’évacuer des moldus et né-moldus blessés. Donc non, Aleksei n’était pas paranoïaque. Et c’était pour cette raison qu’il faisait suffisamment confiance à Weasley pour lui confier ce qui n’était rien de moins que le surnom correspondant à son deuxième prénom, en bref, une part certaine de son identité véridique. Quelque chose s’approchant d’une marque de confiance, non ? Une trace de sourire plana sur les lèvres du Médicomage lorsqu’il se présenta sous le prénom de Greg, donc. Le hochement de son patient lorsqu’il l’enjoignit à ne surtout pas garder de douleur silencieuse – ces traces de poison, ou plutôt de ce qu’il avait déterminé être un poison, continuant d’agacer fortement le Russe – lui donna l’autorisation de poursuivre dans ses questions. Réfléchissant rapidement, Aleksei décida d’y aller en douceur, en risquant au minimum la santé mentale de l’ancien Gryffondor. Si la concentration avait été testée avec succès quelques minutes plus tôt, il restait sceptique. Pour faire un bilan complet de leur mental et de ce qu’ils avaient pu subir à Azkaban, Aleksei aurait eu besoin de deux semaines de travail à temps plein avec chacun des évadés d’Azkaban récupéré par l’Ordre du Phénix, ce qui lui était bien évidemment inaccessible. S’il n’avait pas la formation d’un psychomage, le Russe avait longuement étudié en parallèle de sa formation de médicomage tout ce qui touchait à l’esprit humain et ce qui concernait les traumatismes que pouvait connaître un enfant, un adulte, un homme en bref, quelle que soit sa tranche d’âge. Et de livres en grimoire, il en avait dévié vers la mise en relation des potions jouant sur l’esprit et des maléfices les plus noirs connus. En un mot, Aleksei s’était approché en autodidacte du niveau d’expert dans tout ce qui relevait de la magie agissant sur l’esprit, quand bien même les bases de la legilimencie lui étaient et lui resteraient inaccessibles de toute évidence. Et de par ses lectures, le Russe savait donc à quel point il fallait être prudent et patient lorsqu’on cherchait chez un patient la moindre fêlure dans sa santé mentale, et dans ce qui constituait son flux de pensées. Le plus simple était donc de laisser le patient aller à son propre rythme, le laisser se confronter à d’éventuelles barrières sans le pousser à les franchir, sans le pousser à forcer des portes qui devaient rester closes, en lui faisant remonter le fil de ses souvenirs.

N’étant pas très à l’aise dans ce domaine de la médicomagie, Aleksei préféra prévenir le rouquin de ne surtout pas forcer, de rester attentif aux signaux de son corps, tout en cherchant à ne pas l’affoler. Lui taisant l’alarme sonore qui venait de le prendre aux tripes, accentuée par cette inquiétude croissante que le Russe avait à ne pas savoir où et d’où venait ce poison, il lui fit comprendre que c’était à son tour de parler. Je vous écoute, l’invita-t-il à répondre. Il voulait l’entendre parler de ce qui le rongeait petit à petit, de ce qui était auréolé d’un nuage si noir que même la plupart des sorts des Arts Sombres pourraient semblaient gris en comparaison ; il voulait l’entendre buter sur un mot, l’entendre lui donner un indice sur cette substance qu’on lui avait fait ingérer, ces maléfices qu’on lui avait lancé, pour qu’enfin il puisse être pleinement Médicomage, pour qu’enfin il puisse totalement le soigner. « Je sais pas, je me souviens me réveiller pour manger de la nourriture, des pas dans la chambre. Il y avait des gens, des verres qui s’entrechoquaient. » Aleksei était pleinement attentif, à regarder le Weasley avec cette intensité féline qui le prenait depuis qu’il était devenu animagus. La panthère lui offrait de sens plus fins, une acuité plus aigues, un instinct qui était en train de lui hurler que quelque chose était en train de se produire. Quelque part. Dans l’organisme de Fred Weasley, dans sa tête, quelque part. Des gens, des verres, de la nourriture… rien de concluant, rien d’exploitable. La patience du médicomage s’éroda sous son inquiétude croissante. « C’était à Ste Mangouste. Mais après je crois que je dormais, ou je me souviens plus m’être réveillé. Je me rappelle la maison. Il y avait Sienna, elle est venue me rendre visite. Il y avait quelqu’un avec elle. Il faisait sombre. C’était un homme. J’avais mal au bras. Ils voulaient me transférer à Azkaban. » Les sourcils de l’ancien Serdaigle se froncèrent. Le transférer à Azkaban ? Parce qu’il avait passé quelques temps à Ste Mangouste ? Sans que lui, le Guérisseur en Chef, ne soit au courant ? Un frisson d’appréhension remonta le long de sa colonne vertébrale. « Vous êtes sûr que… » Aleksei se gifla mentalement. C’était stupide d’interrompre un patient lorsqu’il partait dans ses explications, lorsqu’il répondait à une telle question. Surtout que Fred avait du mal, beaucoup de mal, à rassembler ses souvenirs. Ses hésitations, multiples, étaient assez éloquentes à ce sujet. « Avant je me souviens de Sienna qui m’attrape pour transplaner. » Sienna, voilà la clé. C’était avec elle qu’ils étaient, c’était elle qui les avait extraits d’Azkaban, dans la douleur. C’était l’une des rares qui connaissaient le véritable camp de l’héritier Moldavski. Et elle n’était certainement pas une traîtresse, l’orgueil du Russe refusant d’envisager cette possibilité, malgré sa méfiance naturelle. Donc… Weasley avait des troubles de la mémoire. Aleksei se mordit la lèvre, ne sachant que faire de cette observation. Et tout à ses réflexions, il faillit ne pas voir le regard fixe, le regard vide que Weasley posait sur le vide. Son immobilisme, cette peur qui raidissait ses membres, Aleksei jeta un regard rapide à l’ensemble de la pièce pour vérifier ce qu’il suspectait : trouble mnémosique. Attirant des potions, faisant nerveusement le tri entre les ingrédients, le Russe laissa la panthère contrôler ses mouvements lorsqu’il envoya le plateau valser, ne trouvant rien de concluant dans son matériel. Réduit à agir à la moldu, Aleksei gifla Fred pour tenter de le faire revenir à lui. « Weasley ! Fred, Frédéric, regardez moi ! » Il claqua des doigts sur le côté pour attirer l’attention de l’ancien Gryffondor. « Vous êtes au sein de l’Ordre, vous êtes en sécurité, regardez moi ! Parlez moi ! » Une nouvelle gifle résonna dans la pièce, le Russe étant de plus en plus nerveux au fur et à mesure que les alarmes posées sur le corps du sorcier et perceptibles seulement par lui, l’empêchant presque de respirer. « Vous êtes en sécurité, donc regardez moi, dites moi ce qu’il se passe, où vous avez mal, tout ce qu’il vous vient en tête que je puisse vous aider ! » Aleksei avait beau tenté de conserver son habituelle voix calme et posée, ses mots s’entrechoquaient de plus en plus rapidement dans un ton pressant.

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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Dim 26 Oct - 13:25



Répare moi !

Fred devait dire tout ce dont il se souvenait depuis son réveil jusqu’à son évasion. Malheureusement, même si plus tôt il s’était sentit en sécurité au sein de cet hôpital, cela était sur le point de prendre fin en même temps qu’il revivait le cauchemar de son évasion. Tout d’abord, ses pensées étant tellement occupées par la prison dont il avait réussi à s’évader et toute la souffrance qu’il avait vécue dans cet endroit, il se trompa de nom lorsqu’il parla d’un transfert. Bien entendu, il ne s’en aperçut même pas cherchant à rassembler ses nombreux autres souvenirs. Et il ne vit pas non plus qu’il inquiétait le docteur qui pensait qu’il devenait fou et avait des pertes de mémoire. Alors qu’en fait, c’est juste qu’il pensait tellement à Azkaban qu’il avait dit le nom de la prison plutôt que celui de Ste Mangouste, l’hôpital sorcier. Mais le mal était fait, sans même que le rouquin ne s’en soit aperçut. « Vous êtes sûr que… » La phrase sortit le patient de ses pensées pendant quelques instants. Mais voyant que son docteur ne continuait pas et semblait le laisser continuer, il fit ce qu’il lui disait silencieusement. Il n’avait pas comprit pourquoi il était intervenu d’un seul coup, mais il ne se posa même pas la question. Il se contenta de continuer de fouiller dans les vestiges de sa mémoire pour retracer toute son histoire jusqu’à son évasion. Et ce fut loin d’être simple.
 
Il perdit le contact. Lorsqu’il arriva non loin de l’évasion, lorsqu’il arriva au moment de l’évasion. Il se rappela du début et puis, il ne vit plus qu’elle. Celle qui n’était pour Fred qu’une pionne ordinaire à Poudlard. Enfin, surveillante mais mangemorte tout de même. celle qui était devenue pour lui une tueuse. Elle avait envie de le tuer, il l’avait lu dans son regard. Il s’était vu mourir à ce moment précis où elle avait levé sa baguette. Et puis, Sienna était intervenue. Mais ce n’était pas à Sienna qu’il pensait en ce moment précis. Non, c’était à Taylor et rien qu’à elle, il ne voyait plus que son regard. Elle semblait le suivre et il ne pouvait l’éviter. Il voyait sa main levée, sa baguette pointée vers lui. Il tremblait mais ne pouvait quitter ses pensées. Il était comme dans un état second, obligé de revivre ce moment terrifiant en continu. Il aurait tout donné pour le sortir de sa tête mais il ne pouvait pas. Il ne savait plus quoi faire, il voyait uniquement Mlle Kensington. Ses muscles étaient raidis, la peur avait pris le contrôle du fils Weasley. Il n’entendit même pas les plats que Greg – puisque c’est ainsi qu’il se faisait appeler auprès du rouquin – lançait d’énervement à travers la pièce. Pour lui, c’était uniquement des déflagrations dûes aux sortilèges lancés, aux explosions qui avaient eu lieu au cours de la bataille. Il était dans la bataille et chaque bruit en faisait parti.
 
La main du médecin en chef heurta brutalement la joue de Fred, le sortant à moitié de sa période de folie. « Weasley ! Fred, Frédéric, regardez moi ! » Ca ne suffit pas à sortir entièrement l’ancien poufsouffle de ses pensées et de son immobilisme mais ça l’y aida. Il entendit le claquement de doigt sur le coté, mais ne tourna pas la tête dans cette direction. Il avait toujours les yeux rivés dans ceux de la future femme de Jeremiah McGregor. « Vous êtes au sein de l’Ordre, vous êtes en sécurité, regardez moi ! Parlez moi ! » Fred entendait la voix, il voulait lui répondre, mais il ne pouvait tout simplement pas. Il était comme paralysé. Il ne pouvait pas bouger. Ses membres ne répondaient plus. Il avait peur, il tremblait, il voulait sortir de son cauchemar. Sa tête tourna violemment sous l’effet de la deuxième gifle du médecin. Cette fois-ci, l’ancien prisonnier ouvrit les yeux. Il était complètement désorienté. Il chercha du regard celui du médecin. Il ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. Il savait ce à quoi il avait pensé mais il n’arrivait pas à comprendre pour il n’avait pas pu bouger. Pourquoi il n’avait pas pu sortir de ses pensées et ceux même après une première claque.
 
« Vous êtes en sécurité, donc regardez moi, dites moi ce qu’il se passe, où vous avez mal, tout ce qu’il vous vient en tête que je puisse vous aider ! » Il tourna enfin ses yeux vers celui qui le soignait depuis quelques temps déjà. C’est bien parce que le rouquin était complètement ailleurs qu’il ne vit pas à l’intonation et au rythme de paroles d’Aleksei que celui-ci était inquiet. S’il tremblait toujours, Fred était au moins un minimum éveillé à présent. Mais malgré tout, il n’avait pas mal, il ne savait juste pas. Comment aurait-il pu ? Il ne sentait pas le poison qui coulait dans ses veines, celui qui était mêlé à son sang et le rendait vulnérable. S’il s’était échappé, il avait emmené avec lui une partie des tortures que l’on lui avait fait subir à Azkaban à l’extérieur de la prison. « Elle était dans ma tête. Taylor. Elle voulait me tuer, elle levait sa baguette. » Le rouquin eut le corps encore agité de quelques tremblements. Il venait de réaliser ce qui lui était arrivé quelques instants plus tôt. « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi j’arrivais pas à sortir de ma tête. C’était comme si elle me suivait sans que je puisse lui échapper. » Le choc avait certainement était beaucoup plus rude pour l’évadé au cours de cette bataille que le résultat final. La pionne l’avait terrorisé en se montrant capable de le tuer. Avant il n’avait été victime que de torture, jamais il ne s’était retrouvé face à la mort. Même dans le bureau de Voldemort à la fin du Code Phénix ça avait été différent. Il avait eu peur, mais pas peur de mourir et Voldemort même s’il avait prit du plaisir à le torturer ne s’était jamais montré prêt à le tuer.

Le poison coulait toujours dans ses veines, se diffusant progressivement dans l’ensemble de son corps sans que le rouquin ne se rende compte de quoi que ce soit. Et puis, il fit effet. Si la peur qu’il avait ressentie vis-à-vis de Taylor était uniquement due à son état de choc et à ses souvenirs, la douleur qui arriva dans le corps de Fred était définitivement le résultat du poison présent dans son organisme. Il hurla de douleur alors que son corps sembla prendre feu. C’était comme un sortilège du doloris si ce n’est que cette fois, il n’y avait personne pour le lancer et donc personne pour l’arrêter avant qu’il ne sombre dans l’inconscience. Pour avoir vécu des doloris par centaines, cette douleur était bien pire. Pire car elle n’était pas présente uniquement dans l’esprit, elle était partout. Peut-être était-il la victime d’un sorcier ayant une poupée vaudou à son effigie ? Son corps tout entier se arqua sous l’effet de la douleur. Il planta ses doigts dans ses draps et se mordit la langue. Il sentit le sang couler dans sa bouche. Ses yeux roulaient dans leur orbite à la recherche d’aide. Il sombra dans l’inconscience. Son corps retomba mollement sur son matelas alors que son visage et son corps étaient trempés de sueur. La douleur par contre ne le quitta pas.


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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Mar 25 Nov - 1:14



Une gifle. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour faire réagir Fred. Une gifle. Bon sang, et après ça, il se disait médicomage, il se disait ouvert, il se disait différent de son père qui avait le doloris si facile ! Aleksei serra les dents, cherchant à se justifier, cherchant surtout à faire abstraction de ses doutes pour mieux s'inquiéter quant à la santé de son patient. Une gifle, des cris maintenant, tous les moyens étaient vraisemblablement bons pour atteindre sur but. Un claquement de doigts, le russe hésita un instant à secouer l'ancien Gryffondor comme un Saule Cogneur, le gifler encore et encore jusqu'à avoir une réaction autre que cet immobilisme plus que dérangeant. Une nouvelle fois, sa main claqua la joue du Weasley, son cœur partit dans un affolement du autant à l’état de son patient qu’aux alarmes qui sonnaient et résonnaient à ses oreilles, de plus en plus fortes, de plus en plus pressantes, de plus en plus inquiétantes. Aleksei réfléchissait à toute vitesse, cherchant dans sa mémoire les potions, les sortilèges, les maléfices qui pouvaient se concrétiser par une telle attaque sans rien trouver. La magie était trop instable pour que tout sort ait une conséquence bien précise, et encore plus dans le domaine des maléfices. Une incantation pouvait se réaliser de vingt manières différentes, pouvait être modulée par une douzaine de facteurs, pouvait être déformée par un rien, un défaut d’élocution, une potion, une phase de la Lune. Sans savoir exactement ce qu’avait subi Fred ou du moins sans avoir de pistes quelconques, le Russe était totalement démuni : il n’était pas Briseur de Sorts, il n’était pas Auror, il était juste un médicomage impuissant. Et les yeux rivés sur lui du Gryffondor n’aidaient pas à faire accepter ce constat.

On pouvait reprocher bien des choses au Moldavski, s’il y avait une chose que l’on ne pouvait pas utiliser contre lui c’était bien sa conscience professionnelle qui le poussait à soigner tout malade, quelle que soit la nature de son sang ou de sa blessure. Magie noire, magie blanche, simple fracture voire maladie moldue, un être malade était un être à qui il fallait porter secours, sans juger. Sa place dans la société, c’était une autre affaire. Et si Aleksei n’était pas politicien, ce n’était pas pour rien. Une pointe de douleur frissonna dans son bras lorsque Weasley sembla se détendre, sembla sortir de cette crise de… de quelque chose, qui venait de le surprendre. Une pointe de douleur, matérialisation des divers sorts de suivi que le Russe avait posés sur son patient, une pointe de douleur qui l’informait d’un changement radical dans l’organisme. « Vous êtes en sécurité, donc regardez moi, dites moi ce qu’il se passe, où vous avez mal, tout ce qu’il vous vient en tête que je puisse vous aider ! » Quel magnifique mensonge, demi-mensonge, venait il de lui offrir ! En sécurité ? Toute relative.

La baguette de Médicomage glissa sur le corps de l’ancien prisonnier, preuve tangible de l’inquiétude d’Aleksei. Il devait relancer un sort de diagnostic, il devait refaire ses examens, il sentait au fond de ses tripes que quelque chose avait changé, qu’il y avait un problème dont le compte à rebours arrivait bientôt à terme. Et même s’il devait être concentré pour ne pas perdre le fil de l’auscultation, Aleksei tenta d’écouter les mots qu’articula péniblement son patient. « Elle était dans ma tête. Taylor. Elle voulait me tuer, elle levait sa baguette. » Sa baguette s’arrêta un bref instant, avant de reprendre son cheminement, ses arabesques, son ballet. Taylor. Mangemort. Légilimencie ? Echo mnémosique du aux Détraqueurs ? « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi j’arrivais pas à sortir de ma tête. C’était comme si elle me suivait sans que je puisse lui échapper. » Une nouvelle interruption, Aleksei passa sa main dans ses cheveux blonds pour faire disparaître une goutte de sueur et chercher s’il devait répondre maintenant à la question du rouquin ou s’il devait plutôt le laisser parler et terminer son analyse. Il allait choisir le silence lorsque l’hêtre et le crin de licorne qui composait sa baguette frémirent de concert en se heurtant à… « Poison » Un murmure, en russe, qui voulait tout dire. Un murmure, déclencheur potentiellement d’une nouvelle crispation dans le corps de Weasley. Un murmure, qui trouva sa confirmation dans le corps arqué de douleur, dans ce hurlement étouffé par une bulle de silence qu’Aleksei replaça sur eux comme par réflexe, dans ces doigts agrippés aux draps, dans l’inquiétude d’Aleksei qui se retranscrit à son tour par un hurlement. « WEASLEY ! »

Trop tard. De la souffrance, il venait de passer à l’inconscience. Un poison, vicieux, qui refusait certainement de se faire détecter et de se faire combattre par un téméraire médicomage. S’il n’avait pas eu un fond aussi arrogant, Aleksei se serait frappé à cet instant. Appelant à lui un couteau en argent, il incisa profondément dans la moindre hésitation le bras de Weasley pour en faire couler un peu de sang. Tout n’était qu’une question d’heure, voire de dizaines de minutes. Par son inconscience, par ses questions, par son inquiétude, il avait forcé le poison à se dévoiler : ce dernier n’allait à présent que vouloir ronger sa proie pour n’en laisser au final qu’une carcasse amorphe et bavante. Un sort, élémentaire, confirma les hypothèses du Médicomage quant au groupe sanguin du Gryffondor. A+ comme la majorité des sorciers, des humains. A+, comme lui. Ses doigts glissèrent vers la carotide du sorcier, prirent son pouls, faiblard, le délaissèrent quelques minutes le temps d’aller chercher des livres dans la bibliothèque de son bureau et de transformer le plus fidèlement possible – Aleksei bénit à cet instant ses capacités en transformation, aidées par sa forme d’animagus – des meubles en instruments outrageusement moldus. Dialyse, c’était ce qui lui semblait le plus radical pour filtrer un sang corrompu par un poison dont il ne connaissait la nature, mais qu’il savait profondément noir. Et qui mieux que les moldus pouvaient combattre une magie qui les méprisait ? Restait à savoir comment alimenter une machine qui fonctionnait à l’énergie moldue – limites des connaissances d’Aleksei en la matière.

Un peu d’eau sur le visage, le médicomage appela son elfe de maison, lui ordonna d’activement une pompe manuelle pour pallier au problème et s’installa dans le fauteuil le plus proche, autant sa blouse, sa robe de sorcier, sa chemise, laissant visible aux yeux inconscients du Phénix tant la marque noire que les cicatrices qui pouvaient serpenter sur son torse. Lèvres serrées, main miraculeusement assurée, l’Héritier Moldavski entreprit de monter une perfusion pour mieux offrir son sang au Weasley comptant les minutes qui allaient être nécessaire avant la mise en route de la dialyse. Pourquoi ne pas faire cette manœuvre plus tôt ? Parce qu’il ne connaissait pas le poison, parce qu’il ne savait pas ce qu’il allait devoir filtrer et surtout, parce qu’il y avait des risques qu’il échoue à un endroit et que loin de soigner Frederic, l’enchevêtrement de câbles et de perfusions et surtout de matériel moldu pouvait tout aussi bien tomber en morceaux et laisser le Gryffondor se vider de son sang… Un violent échec en perspective. Le ronronnement de la machine brisa rapidement le silence, et Aleksei se sentit partir dans un sommeil, conséquence direct des deux litres de sang qu’il venait de se prélever sans aucune préparation. Don du sang, dialyse, perfusion, ce n’étaient que des connaissances théoriques qu’il avait apprises illégalement en se renseignant, curiosité en tête, sur les méthodes de soin moldu. Jamais mises en pratique, jamais testées, peu convaincantes, c’était la seule idée qui lui était venue et il fallait l’avouer : il n’en était pas fier. Tentant de se concentrer sur la respiration de Weasley, Aleksei lutta contre la fatigue, rouvrit les yeux, cherchant à porter son attention sur les mouvements de l’elfe de maison, se laissa bercer par le tout et glissa dans un sommeil imprévu, qui ne pouvait que les laisser exposés, lui et sa marque, à une possible voire probable condamnation du Gryffondor.

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MessageSujet: Re: Docteur, c'est mauvais ? ♣ Weasldavski   Dim 8 Fév - 7:04



Répare moi !

Fred avait été réveillé par une gifle monumentale. C’était celle-ci qui avait réussi à le sortir de ses pensées et souvenirs dans lesquels il s’était retrouvé bloqué. Il ne voyait que le visage de la surveillante de Poudlard qui avait essayé de le tuer lors de son évasion. Il l’avait suivi, effrayant, dominant jusqu’à ce que Taylor ne le réveille. Cette gifle, elle l’avait tout d’abord effrayé. Il avait cru que c’était Taylor qui l’attaquait, il avait prit peur. Et puis, il avait enfin ouvert les yeux pour voir ceux inquiets du médicomage qui se tenait en face de lui. Il regarda sa baguette qui glissait lentement sur son corps affaibli. En même temps, il donna avec peine des explications sur ce qui venait de se produire dans sa tête. Parce que ça avait dû se produire dans sa tête. Fred avait peur, même si le ton du médicomage se voulait rassurant, le poufsouffle n’était pas idiot, il avait compris que ce qui lui arrivait n’était pas normal.
 
« Poison… » Fred eût seulement le temps d’entendre ce mot que déjà son corps se crispait. Il hurla tellement la douleur était puissante tandis que l’ensemble de son corps s’arquait sous l’effet du poison. Ses mains s’agrippaient aux draps tellement la souffrance était forte, son corps tout entier le brulait. « WEASLEY ! » fut le dernier mot que l’ancien prisonnier de la prison la plus horrible de Grande-Bretagne entendit avant de sombrer dans l’inconscience.
 
De tout ce qu’il se passa par la suite, Fred n’eut aucun souvenir. Il ne sentit aucune douleur lorsque le médicomage incisa son bras. Il ne sut d’ailleurs pas combien de temps il demeura dans l’inconscience. ce devait être long tout de même. Il ne sentit pas la main du médecin se posa sur son cou afin de prendre son pouls. Pouls qui n’était désormais plus régulier mais qui était surtout plus que faible.
 
Peu à peu, la transfusion qu’avait opérée Aleksei fit son effet, alors que le médicomage sombrait dans l’inconscience pour lui avoir donné son sang, le poison quittait peu à peu les veines du rouquin diluées par celui-ci. Petit à petit la respiration de l’ancien prisonnier redevint régulière, il en fut de même pour son pouls qui reprit un rythme régulier.
 
Le rouquin commença par entendre ce qu’il se passait autour de lui. Il entendait la respiration forte de celui qui avait dû le soigner, les pas légers de ce qui devait être son elfe de maison. Il sentit la chaleur du soleil sur sa peau, le rayon de celui-ci qui effleurait son visage. Il ne savait toujours pas que tout ceci était faux, pour lui c’était réel et c’était merveilleux. Il ouvrit les yeux. La douleur semblait avoir délaissé son corps. Il tenta de bouger mais son corps le rappela à l’ordre. Ce n’était qu’une impression. Celle-ci était toujours bien présente lorsqu’il tentait de bouger. Il avait l’impression que le poison avait disparu de son corps. Celui-ci avait arrêté de le bruler. Il se sentait presque bien. Peut-être pas tout à fait. Une certaine douleur était toujours présente mais elle était bien plus faible que celle qui l’avait poussé à l’inconscience.
 
Il réussit à se redresser non sans difficultés. Son regard se posa tout autour de lui, la pièce n’avait pas changé, seul l’état du médicomage. Greg était désormais assoupi dans un fauteuil. A moins qu’il ne soit inconscient ? Le fils Weasley comprit ce qu’il s’était passé. Il avait dû y avoir un transfert de sang entre celui qui le soignait depuis un petit moment et lui. Il venait de le sauver. Inconsciemment, Fred se leva pour vérifier qu’il allait bien. Il avait peur qu’il ne lui ait donné trop de sang. Mais alors qu’il s’approchait, il ne put s’empêcher de voir le tatouage ornant son avant-bras. Un tatouage que Fred n’aurait jamais cru voir sur cette personne. Il ne comprenait plus. Pourquoi le sauvait-il alors qu’il était un mangemort ? Il se disait qu’il était peut-être un espion mais il ne pouvait pas prendre le risque que ce ne soit pas le cas. Le rouquin posa son regard sur la table un peu plus loin, il y vit un scalpel. Cela lui serait suffisamment utile pour ce qu’il tentait de faire. Il le saisit et se retourna vers le blond. Il savait qu’il n’avait aucune chance au cours d’un combat qu’il soit physique ou magique mais il ne le laisserait pas sans séquelle en cas de combat important. Et puis, cela dissuaderait peut-être le médecin de faire des grands gestes. Il pourrait presque se tuer lui-même en cas de faux mouvement. Fred était persuader qu’il ne jouerait pas à l’idiot.
 
Il sentait que son corps commençait à souffrir. Un peu plus et il n’aurait pas ses réponses. Alors il plaça l’arme sur la gorge du mangemort. « Maintenant j’aimerai bien savoir qui vous êtes vraiment. Et plus de mensonge, j’ai vu la marque. »


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