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 Tu n'es plus l'enfant que j'ai connu [PV Taylor][Terminé]

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MessageSujet: Tu n'es plus l'enfant que j'ai connu [PV Taylor][Terminé]   Lun 9 Juin - 15:02


∞ Not a child anymore

taylor & alvin



Le bruit d’un doigt frappant frénétiquement la surface d’un bureau retentissait dans le vieil entrepôt désaffecté. L’air imbibé d’humidité semblait étouffant et une odeur de moisissure parsemait le parfum ambiant. Il était clair que ces lieux n’avaient pas été habités depuis longtemps, laissés à l’abandon  lorsque leur propriétaire avait mis verrou sous clé. Situé au beau milieu d’un quartier industriel moldu d’Écosse, nul ne viendrait interrompre ce qui allait suivre, probablement fort mouvementé, bien que pas comme il en aurait été entendu au départ. Alvin avait toujours eu l’œil pour repérer des endroits isolés, hors de la vue des indésirables, qui lui permettaient de survivre une nuit ou deux de plus ou bien d’attirer quelques poissons bien féroces qui mordaient trop facilement à l’hameçon qu’on leur jetait allègrement. Voilà plus d’onze années qu’il était en fuite, à parcourir entre l’Angleterre et ses frontières avoisinantes pour dénicher les cachettes les plus astucieuses auxquelles les mangemorts ne penseraient point, car il fallait pour cela avoir connu la vie des moldus, ce que l’ancien auror avait vécu durant onze ans, ainsi que tous les Noëls et les vacances d’été qu’il passait chez lui. Les métros, les voitures, les appareils électroniques et automatisés n’évoquaient aucun secret pour lui, de l’ordinateur portable au cellulaire, il savait faire usage de tout et plus qu’à son avantage. Ce fondre dans la masse des gens sans capacité magique était des plus aisés et repérer un de ces mages noirs malhabiles et inconfortables dans cet environnement était un véritable jeu d’enfant.

Depuis le temps qu’on le pourchassait, il connaissait amplement leur manège et le cruel manque de patience pour la plupart les laissait pantois à chaque tentative de lui mettre la main au collet. En cette nuit claire d’automne, en revanche, il avait laissé croire à l’un de ses poursuivants qu’il pouvait potentiellement avoir l’avantage, ce qui ne fut en aucun cas l’affaire pourtant, mais, tout de même, cette personne avait ardemment mordu à son stratagème. L’idée de laisser prétendre qu’il avait momentanément baissé sa garde, tel s’il se croyait à l’abri dans l’instant, avait fait son chemin dans l’esprit de celle qui l’épiait depuis un moment déjà. S’il avait remarqué ce détail lors de son arrivé en Écosse, il n’avait point reconnu sa tortionnaire dans l’immédiat et ce n’était qu’après coup, une fois ligotée, pieds et poings liés, qu’une fois qu’il put observer son visage de près à la lueur d’une lumière vacillante qu’Alvin réalisa à son plus grand damne qu’il connaissait l’identité de cette jeune femme. Taylor. Par quelle malchance, par quel hasard le destin avait-il choisi de mettre exactement elle sur son chemin, à ce moment précis où il avait pris la décision d’interroger l’un de ces fervents applicateurs de cette dictature malsaine ? Et pour compliquer davantage la situation, voilà qu’il l’avait malencontreusement blessée d’un coup suffisant à la tête pour lui avoir fait perdre connaissance. Si l’immobiliser en fut plus aisé de cette façon et de lui retirer sa baguette de même, cela n’apaiserait sans doute en rien ce qui éclaterait entre eux deux. Oui, car bien en sachant qui était cette sorcière, quelque chose lui disait qu’elle savait parfaitement qui elle poursuivait avec autant d’ardeur et de détermination et c’était pour ces raisons précises qu’il avait choisi de la laisser immobiliser, loin de la portée de son arme qu’il avait d’ailleurs pris soin de camoufler hors de sa vue.

Nombreux sortilèges protégeaient l’entrepôt où tous deux se situaient, repoussant systématiquement quiconque chercherait à y pénétrer, nul ne viendrait au secours de la demoiselle. La chance cependant lui souriait, car Alvin était loin d’être un homme violent, il ne lui ferait aucun mal et il la laisserait repartir après s’être assuré qu’elle ne pourrait pas suivre ses traces. Dans la pénombre de ce qui était un ancien bureau de contrôle de marchandises, le fugitif avait dégagé la pièce en entassant boites et différentes fournitures le long des murs, ne laissant qu’une simple chaise au centre où reposait la captive inconsciente et un bureau sur lequel il s’adossait en se mordant la lèvre inférieure en proie à une réflexion intense. Nombreuses questions assaillaient son esprit, mais la tâche de sang sur le front de Taylor située à l’endroit exacte où avait eu lieu l’impact de sa tête contre le plancher de béton ne cessait de troubler sa concentration. Une légère coulisse pourpre longeait son visage jusqu’à son menton, puis les gouttes allaient se rompre contre sa cuisse, s’imbibant dans son vêtement. Il revoyait encore la scène, lui qui l’avait mené jusqu’à ce lieu isolé. En pénétrant dans l’entrepôt, il avait disparu subitement de sa vue. Sans doute avait-elle réalisé son erreur à ce moment, mais trop tard pour agir, puisqu’une corde invisible lui avait enroulé les chevilles pour la suspendre dans les airs. Alvin prévoyait la désarmer au moment où elle dégainerait sa baguette pour se défaire du sortilège, si elle ne l’avait pas fait tomber au passage, mais dans sa manœuvre, il avait mal calculé ses distances et le crâne de la jeune femme s’était violemment heurté sur le sol en ciment craqué, lui faisant perdre connaissance sur le coup.

L’ancien auror soupira doucement en se grattant l’arrière de la tête d’un geste qui trahissait sa nervosité. Taylor semblait avoir terriblement changé depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, encore qu’une enfant à l’époque. Ainsi, ne sachant pas ce qu’elle avait vécu entre temps, ni même comment avait évolué son caractère, il lui faudrait être prudent. Mais, pour ce stade, il n’était pas inquiet, la prudence était un de ses domaines de prédilection. Après un moment qui lui sembla interminable, mais une heure s’était écoulée tout au plus, du mouvement se fit sentir de la part de la sorcière, elle revenait enfin à elle. Promptement, Alvin se redressa et lissa sa chemise blanche, ainsi que son pantalon noir comme s’il se devait de bien paraître pour ces retrouvailles et lui laissa le temps de prendre conscience de ce qui était advenu et de saisir la situation dans laquelle elle se trouvait. Position qui n’était certes pas à son avantage, car il lui avait fixé les bras sur les accoudoirs, seul ses doigts pouvaient se mouvoir moindrement, et ses jambes étaient liés aux pattes de la chaise, bien immobiles, le tout sous l’effet d’un sortilège. La fuite n’était pas envisageable. « Eum, hé bien… ce sont d’étranges circonstances pour des retrouvailles… » Pour un tortionnaire qui se devait d’interroger sérieusement sa prisonnière, on allait y repasser. Il parut hésiter un moment avant d’enchainer, cherchant quelque chose dans ses poches. « Tu t’es pris un sacré coup sur la tête, ce n’était vraiment pas prévu… » Il tourna en rond sur lui-même, toujours à la recherche de ce quelque chose qu’il ne trouvait pas, son regard fouillait frénétiquement partout sur lui, autour de lui, mais en vain. « Voyons, où est-ce que je l’ai foutu… ah ! voilà. » Alvin extirpa du fin fond de sa poche droite de pantalon un petit boîtier en métal qu’il ouvrit. À l’intérieur siégeait une fiole qui semblait vide à vue d’œil, mais lorsqu’il l’extirpa de son réceptacle, il fut possible d’apercevoir qu’un liquide transparent résidait au fond du flacon. Dévissant le couvercle, il recueillit les dernières gouttes restantes à l’intérieur d’une pipette. « Il faut refermer la plaie, je doute que le plancher de cet entrepôt soit particulièrement salubre… » Évitons les infections. L’ancien auror s’approcha et fit tomber le liquide sur la plaie pour la refermer. Puis, il remit le contenant maintenant vide à l’intérieur de la boite métallique avant de la faire de nouveau disparaître dans le fond de sa poche.


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It could have been you and me. It could have been us. Theses promesses that I could'nt hold are still standing, waiting for us to start back where we've left.
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MessageSujet: Re: Tu n'es plus l'enfant que j'ai connu [PV Taylor][Terminé]   Mer 11 Juin - 2:14


∞ no place for forgiveness here

taylor & alvin


Son cerveau se réveilla en premier. Plongée dans l’obscurité la mangemorte fit marcher ses autres sens avant d’ouvrir les yeux. Elle détestait être surprise et ne pas savoir ce qu’il se passait. Respirant le plus doucement possible pour ne pas faire élever sa poitrine, elle sentit une odeur de renfermé et de poussière. Son ouïe lui apprit ensuite qu’il n’y avait qu’une seule autre respiration dans la pièce. Enfin son touché lui montra qu’elle avait les poings et chevilles liés. La chaise sur laquelle elle reposait n’était pas confortable et, pire, sa baguette magique n’était pas à son emplacement habituel. Elle se sentit alors nue et dévoilée. La personne qui la retenait prisonnière en savait beaucoup sur elle. Un élan lui traversa la tête. C’est alors qu’elle sentit un mince filet gluant lui couler du front, le sang n’avait pas fini de sécher et la plaie sur son crâne restait bien douloureuse. Refusant toujours d’ouvrir les yeux, la demoiselle essaya de se rappeler tout ce qu’elle savait. Elle était tombée dans un piège, sa fierté et son habitude de toujours gagné lui avait porté préjudice et elle s’était fait avoir comme une novice. Et comme elle était toujours en vie, elle supposait que la torture pour lui retirer des informations n’allait pas tarder à suivre. Elle avala sa salive ce qui trahit sûrement son état d’éveil et, enfin, elle ouvrit les yeux. Elle fit cligner ses paupières plusieurs fois pour réussir à s’adapter à la lumière crue que le néon dispensait. D’un geste naturel elle s’humidifia les lèvres et sans bouger elle chercher à capter le regard de son agresseur. Les deux étant sous couverture, elle n’avait rien su de lui avant de sombrer dans un état proche du coma. Maintenant il ne risquerait pas de se dévoiler puisqu’elle était à sa merci, mais qui sait, on peut lire beaucoup de choses dans un regard. L’ancienne langue de plomb vit donc un homme entrer dans son champ de vision et son cœur rata un battement. C’était Alvin Keegan. Elle l’avait reconnu instantanément puisqu’il était dans l’âge mûr, celui où l’on est déjà formé et si on prend  cinq ans, cela ne se voit pas. Surtout qu’Alvin était très doué pour apparaître sous différent visage, mais Taylor préféré le vrai… Du moins celui qu’elle avait connu. Elle se força à respirer lentement et à garder un visage impassible, comme on le lui avait toujours appris. L’ennemi frappe s’il trouve la moindre faiblesse, mais en son for intérieur Taylor était chamboulée. Elle avait rencontré l’homme et sa femme de nombreuses fois, elle les avait aimés, ils l’avaient accueilli chez eux, ils l’avaient soignée et aimée. Puis il avait disparu, il avait quitté la région, laissant sa femme derrière lui, sans raison. Taylor était déjà à Poudlard à cet époque-là et l’avait déjà perdu de vue, mais parfois il lui envoyait des lettres d’encouragements car il savait que son père à elle ne ferait jamais ça. Oh oui, elle les avait aimés. Puis le temps avait passé et la vérité sur Alvin avait été dévoilée : c’était un sang-de-bourbe, un né-moldu infâme qui avait menti toute sa vie. Taylor disait aimer son vrai visage, mais elle n’était même pas sûre d’avoir connu le vrai homme. Il lui avait peut être menti depuis le début. Cette fuite avait coïncidé avec la mort de son feu père. Sa haine pour les moldus s’était amplifié, mais sa haine pour les né-moldus aussi. Elle le haïssait pourtant elle était mieux placée que n’importe qui pour comprendre la place des mensonges et des secrets. « Eum, hé bien… ce sont d’étranges circonstances pour des retrouvailles… » La blonde ne releva pas, mais nota tout ce qu’elle pouvait enregistrer. Il avait l’air mal à l’aise, finalement il n’était peut être pas aussi méchant qu’il le faisait croire. Elle devait jouer cette carte-là, celle de l’enfant qu’elle fut et non de la cruelle mangemorte qu’elle était devenue. Mais sans jouer trop son rôle sinon il le devinerait. Elle se retint donc un regard noir, celui qui lui était réservé car tous les mangemorts le recherchaient depuis un bon bout de temps, elle avait suivi activement sa recherche, Taylor aurait voulu l’attraper et le tuer pour tout ce qu’il avait brisé. Il était la dernière personne vivante à lui avoir apporté un havre de paix durant l’enfance… et à l’avoir détruit. Il méritait donc sa propre destruction. Son regard était bien trop noir, sa colère était trop forte, elle n’arrivait pas à se calmer, pourtant elle était si près du but. « Tu t’es pris un sacré coup sur la tête, ce n’était vraiment pas prévu… » Un regard interrogateur se forma dans les yeux de la demoiselle. La soigner pour mieux la torturer ? Quelle idée malsaine. Ce n’était pas digne d’un membre du camp adverse, mais bien digne des cruels mangemorts. Elle esquissa un sourire mauvais sur le visage. Cette rencontre fortuite ressemblait bien trop à leur première rencontre. En s’enfuyant de chez elle, elle s’était pris un pierre pointue sur la tête et s’était ouverte -très légèrement- le crâne, ce qui l’avait obligée à demander de l’aide, car si elle rentrait dans cet état Andrew ne risquerait pas de nourrir des soupçons. Après quelques secondes de silence total -Taylor se refusait d’ouvrir la bouche- l’homme chercha une fiole et s’approcha d’elle. Instinctivement elle eut un mouvement de recul. Elle ne voulait pas être touchée par cet homme et surtout, elle ne voulait pas être soignée de nouveau par ses pouvoirs. Voilà une autre manière de jouer tiens, les ‘gentils’ s’arrangeaient toujours pour qu’on leur doive quelque chose, pour qu’on les remercie plus tard en leur sauvant la vie. Taylor, comme toute personne normalement constituée, aurait ce poids de la culpabilité dans son cœur si jamais elle devrait le tuer. Elle sourit intérieurement, elle arriverait facilement à vivre avec. « Il faut refermer la plaie, je doute que le plancher de cet entrepôt soit particulièrement salubre… » expliqua-t-il d’une voix douce. La mangemorte se força à garder les yeux ouverts et à examiner l’ancien auror. Il avait vieillit, ce n’était plus le bon homme qui l’avait recueilli, ce n’était plus l’homme qu’elle avait aimé. Non. Elle ne devait pas céder à la tentation de lui pardonner. Elle le fixa son broncher et retint toutes les grimaces de douleur qu’elle aurait pu faire. Taylor était une habituée de la douleur sur son visage, Jeremiah lui avait déjà enfoncé des couteaux invisibles dans le crâne juste pour la faire souffrir, elle pouvait supporter facilement quelques gouttes d’alcool. Une fois son action terminée son ennemi rangea son matériel et se releva. Il semblait attendre qu’elle parle, elle semblait déterminée à ne pas desserrer les dents. Le combat risquerait d’être long vu la patience dont ils étaient tous deux dotés.

Quelques minutes plus tard, Taylor cessa de le fixer pour se replonger dans ses pensées. Trop de souvenirs se bousculaient dans son esprit et voir le visage de l’homme qui l’avait trahi -selon son jugement- ne l’aidait pas. Elle aurait tellement voulu savoir, le manque qu’elle avait ressenti lors de sa disparition était pire que la haine qui s’était formé après la découverte de la vérité. Taylor possédait un cœur déjà abîmé, mais un peu d’amour dans ce monde de brute aurait pu la faire changer. Le silence pesait sur eux et dans cette pièce moisie. Elle ne lui ferait pas l’affront de lui demander où ils étaient, il ne lui dirait pas et puis, elle n’avait aucune envie de parler de la pluie et du beau temps avec ce jeune homme. « Que me veux-tu ? » Son ton était froid, professionnel. Elle le tutoyait depuis la première fois, elle se souvint encore de son rire quand il avait dit « tu peux m’appeler Alvin, petite fleur, je ne suis pas si vieux. » en lui séchant ses larmes. Elle détourna le regard un quart de second avant de se forcer à replonger ses yeux dans les siens. Elle n’était pas faible, elle ne pouvait pas jouer ce rôle, elle détestait la faiblesse, elle en était incapable. « Tu parles d’étranges retrouvailles, mais ne me fais pas croire que tu ne sais rien sur moi. Nous avons les preuves que tu as attaqué l’aîné Nott il y a un mois. Tu n’es pas surpris de me voir, tu m’as tendu un piège. » cracha-t-elle entre les dents. Elle savait ce qu’elle avançait et était sûre d’elle, mais si elle n’avait jamais été une victime d’Alvin depuis le début des recherches c’était parce qu’elle s’était toujours arrangée pour ne pas être au premier plan. D’un certain côté elle avait hâte de le tuer, d’un autre elle connaissait sa force et n’avait pas envie d’être touchée, exactement comme ce qu’il venait de se passer. Elle se maudit intérieurement et reprit son souffle. « J’aurai pu me soigner seule, avec ma magie. » lâcha-t-elle en appuyant sur l’adjectif possessif. Taylor était une réelle sorcière, elle avait le droit d’utiliser la magie, lui n’était qu’un traitre, un moldu avec des gênes difformes, il n’avait pas le droit d’utiliser ce don. Or elle sentait bien que les liens qui la retenaient prisonnières en était, c’était pour cela qu’elle n’avait pas cherché à se débattre, elle se savait impuissante pour l’instant.

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