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 Can I help you ? | shanis

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► date d'inscription : 22/03/2014
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MessageSujet: Can I help you ? | shanis    Dim 1 Juin - 6:38

We sometimes encounter people, even perfect strangers, who begin to interest us at first sight, somehow suddenly, all at once, before a word has been spoken.
Shane et Alexis

Tu enfiles une tenue plus confortable et te brosses les cheveux avant de sortir des vestiaires du bar dans lequel tu travailles. Tu troques tes talons aiguilles pour des chaussures compensées et attrapes ta veste. Le temps se dégrade jour après jour, mais malgré ça, tu as du mal à te résoudre à mettre un pantalon, car cela te rapprocherait encore un peu plus de la saison froide. Tu détestes tellement l'hiver pour ses basses températures, le manque de soleil et la morosité des gens. Mais il fait nuit, et tu ne peux te soustraire à la lumière de la lune qui irradie le ciel sans nuage. Tu resserres ta cape et tu coinces ta baguette dans une poche secrète, juste au dessus de ton avant bras droit. Très pratique pour l'attraper rapidement en cas d'attaque. Et puis, tu aimes la sentir tout contre ta peau, tu préfères... Tu ne dirais pas que tu te méfies de tout, mais si, tu te méfies de tout. Tu n'as plus confiance en rien ni en personne, hormis une poignée d'amis sur lequel tu sais que tu peux compter. Sinon, pour le reste, tu sais que tu ne peux te fier qu'à toi même. Les hommes avec un grand H ne sont pas dignes de confiances, on ne peut que difficilement croire en eux et en leur honnêteté. Toi-même, qui te croyait si pure, si intouchable, si convenable, une gentille fille de bonne famille, tu te dégoûtes parfois, te retrouvant à servir de pute à des Mangemorts pour le bien de l'humanité, pour qu'un jour, le futur soit peut-être un peu meilleur et supportable qu'aujourd'hui. Tu risques ta vie chaque matin que Dieu fait, mais malgré tout, tu es prête à encourir ce risque, quelques qu'en soient les conséquences. Parfois, tu te demandes si toute cette guerre, ces batailles, ces violences gratuites, ces massacres, ces condamnations et arrestations, si tout cela a véritablement un sens. Tu te persuades que oui, que celui qu'on appelle le Seigneur des Ténèbres n'est en vérité qu'un monstre méprisant qu'il faudrait tuer sans attendre une seconde. Mais sa puissance et sa suprématie dépassent de loin l'entendement, et ton faible et ridicule champ d'action ne risque pas de faire bouger les choses. Mais tu t'imagines dans cinq ans, dans dix ans : tu t'imagines dans une grande demeure non loin de la mer, tu t'imagines la bague au doigt, surveillant deux enfants sur la plage sans que la crainte qu'on ne les tue parce que leur sang n'était pas assez pur ne t'atteigne, tu t'imagines ce monde paisible où le dîner à préparer serait la seule chose dont tu aurais besoin de te préoccuper. Tu soupires. Ce monde idyllique n'existe pas encore, et n'existera peut-être jamais. Pourtant, tu oses prétendre à un avenir meilleur, à des jours meilleurs. Tu aimes à penser que tes efforts conjugués à ceux des autres Phenix finiront pas porter leurs fruits et que l'égalité, la parité et la tolérance régneront de nouveau sur Poudlard, sur le monde magique et le monde entier. Tu le sais fort bien, tu es trop idéaliste. Pourtant, tu continues de croire qu'un jour, les mentalités évolueront et que l'homme se rendra enfin compte qu'autrui est son égal, qu'importe le sang, qu'importe la couleur de peau, qu'importe la race, la religion, les croyances ou n'importe quoi d'autres. Tu portes soudainement ta main à ton cou, et tes doigts touchent ton collier. C'est une petite croix en or que tu tiens de ta grand-mère et qui t'accompagne presque partout où tu vas. Ça te fait du bien de l'avoir, ça te donne la force et le courage de continuer à te battre pour ton idéal, et pour tes convictions. Jamais après Poudlard tu n'aurais cru qu'un jour, tu en arriveras à de telles extrémités. Pourtant, ceci est désormais ta vie : tu mens, tu triches, tu trompes, tu manipules. C'est ton lot quotidien. Tu n'arrêtes pas de penser à ce que tu vaux vraiment, tu te le répètes indéfiniment, pour tenter de te convaincre qu'au fond de toi-même, tu es toujours là même qu'auparavant, même si tu sais pertinemment que c'est un mensonge. Tu te caches derrière de fausses excuses pour ne pas y réfléchir davantage. D'ailleurs, tu balayes tes soucis d'un revers de la main, et tu te redresses, la tête haute et droite. Tu t'élances d'un pas assuré mais sans pour autant te faire remarquer. Tu détestes tellement marcher seule lorsque la nuit est tombée. Mais tu n'as guère le choix, il faut bien rentrer chez soi. Et tu ne peux pas constamment avoir peur des ténèbres, et tu ne peux décemment pas toujours demander à Jeff de venir te chercher pour te raccompagner. Il n'a pas que ça à faire, et puis, il a bien d'autres problèmes à s'occuper que les tiens. Des biens plus graves si tu pouvais juger. Tu gardes tes vieilles frayeurs au fond de toi, les refoules et tu t'armes de courage. Tu es forte et tu es vaillante, te répètes-tu dans ta tête, comme une litanie sans fin, tentant de t'en persuader toi-même, alors que tu sais pertinemment que ça ne marche pas vraiment. Tu t'en fiches. Tant que ça t'aide à mettre un pas devant l'autre, c'est bien le principal.

Tu tournes à l'angle de la rue qui borde le canal. Dans quatre minutes au maximum, tu seras chez toi. Tu as bien hâte de te frayer un chemin jusqu'à la tiédeur de tes draps, de te faire bouillir un thé et de regarder un peu la télé, pour t'aider à t'endormir. Tu as beau être une sorcière, certaines vieilles habitudes ont la peau dure, et jamais tu n'aurais renoncé à tes séries Z, même si culturellement parlant, ce n'était pas vraiment enrichissant. Mais cela faisait toujours du bien de pouvoir se détendre sans forcément penser à la magie... Une légère bise se lève, ébouriffant tes cheveux, et tu presses le pas. Tu n'es plus qu'à deux rues de chez toi. Tu plonges déjà la main dans la poche de ta veste et le contact rassurant de tes clés t'incite à aller un peu plus vite. Tu passes au milieu d'une ruelle sombre et tu détestes ça. Mais c'est un raccourci. Plus vite tu seras chez toi, mieux ça sera. Tu déboules sur le quartier où se situe ton appartement. Enfin. Réjouie, tu avances rapidement. Tu fronces les sourcils, tu t'arrêtes soudainement. Tu recules d'un pas, jettes un coup d'œil derrière toi. Une masse difforme se distingue sur le banc près de la poste. Tu plisses les yeux. Il n'y a vraiment de sans abris dans ce quartier, tu crains qu'il y ait un problème. Tu t'approches doucement, tout en glissant ta main sur ta baguette magique. Il fait sombre, tu n'y vois pas très clair, et le minuscule lampadaire n'est d'aucune utilité car tu es trop loin. Téméraire, tu fais quelques pas de plus. Tu reconnais la silhouette d'un homme, à première vue pas plus âgé que toi. Tu demandes doucement : « Est-ce que ça va ? » Tu n'es plus qu'à quelques mètres de lui, et sans réfléchir, tu combles la distance qui vous sépare. Tu n’aperçois de lui que ses cheveux, et ça t'est suffisant pour comprendre qu'il n'a pas l'air d'un dangereux criminel prêt à te sauter dessus pour te tuer, ni d'un sans domicile fixe. Ses vêtements sont propres même s'ils ont l'air froissé. Tu poses délicatement ta main sur son épaule pour ne pas l'effrayer, tu te demandes s'il dort. « Monsieur, est-ce que tout va bien ? » Tu commences à le secouer doucement, mais rien ne bouge vraiment. Une crainte t'assaille. Et s'il était... Mort ? Ta main se fraye lentement un chemin vers sa carotide où tu perçois un faible battement. Enfin faible, t'en sais rien, t'es pas médecin. L’irrésistible envie d'aller chercher Jeff t'obsède soudainement. Tu as toujours été comme ça. Mais à toujours vouloir sauver la veuve et l'orphelin, tu t'embrigades parfois dans de drôles de situations. Mais tu es prévoyante et prudente cette fois-ci. On ne sait jamais sur qui on peut tomber, après tout. « Vous voulez de l'aide ? » Tu te sens nulle, mais qu'est-ce que tu peux vraiment faire d'autres ? Pas grand chose en réalité. Juste attendre qu'il daigne te répondre, s'il en a la force, le courage, mais surtout l'envie. Tu ignores pourquoi tu restes là, debout comme une pauvre poire. Tu as une impression de déjà vu, pourtant, tu ne le reconnais pas car la nuit le dérobe à ton regard. Cependant, il t'est réellement familier. Tu n'es pas physionomiste, voilà ton plus grand défaut. Mais tu es certaine de l'avoir déjà croisé. Il suffirait d'un mot, d'une parole, du son de sa voix, et peut-être alors que les brides de souvenirs te reviendraient. Tu n'en as aucune idée. Tu t'accroupis doucement à ses côtés, et tu attends. Tu as l'air bien stupide comme ça. Mais tu t'en fiches. Tu jettes un coup d'oeil derrière vous. Il n'y a pas le moindre bruit, pas la moindre silhouette à l'horizon. Vous êtes seuls.

Spoiler:
 
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now we have to fight
Our Father in heaven, hallowed be your name. Your kingdom come, your will be done, on earth, as it is in heaven. Give us this day our daily bread, and forgive us our debts, as we also have forgiven our debtors. And lead us not into temptation, but deliver us from evil › © alaska.  

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