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 « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]

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MessageSujet: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Jeu 24 Avr - 21:04


La première chose qu’Anthony nota, en reprenant conscience, c’était qu’il avait la bouche pâteuse. Sèche. Gonflée. Il comprit instantanément ce que ça signifiait. Il avait l’habitude, dans un sens, de ce genre de réveil. Il savait à quoi s’attendre : il allait devoir ouvrir les yeux, les poser sur des murs immaculés et aveuglants lorsqu’illuminés par la lumière naturelle. A sa droite, il allait y avoir des flacons de potion. Un antidouleur, à prendre au compte goutte. Une potion de force, pour raviver la flamme de ses muscles endoloris. Une potion pour faire se détendre lesdits muscles crispés sous la crise allergique qui n’avait pas du manquer de faire pour se retrouver ainsi à Ste Mangouste. Dans un grognement léger, le Serpentard fit bouger ses doigts gourds, s’humecta les lèvres pour essayer de produire un peu de salive avant d’ouvrir lentement les paupières, avec sa prudence caractéristique. Et seulement là, il essaya de voir ce dont il se souvenait. Malgré les années, il lui arrivait encore bien trop souvent d’atterrir ici après avoir ingéré une quantité trop grande de menthe, cet aliment moldu qui lui était mortel. Une simple dragée de Bertie Crochue suffisait à l’envoyer à l’infirmerie, s’il s’est contenté de la suçoter du bout de la langue, et carrément à Ste Mangouste s’il avait fait l’erreur de l’ingérer directement. Alors ce n’était pas étonnant que malgré toutes ses précautions, il se retrouve une nouvelle fois dans ce lit blanc, dans cette chambre vide, à partir dans une quinte de toux, qui le força à se redresser sur son lit. A ce mouvement rapide, un vertige le prit. « Monsieur Roberson, vous voilà conscient ! » Anthony plissa les yeux sous la lumière avant de tourner la tête en direction de la porte, et de la médicomage qui venait d’en passer le pas. Il essaya de parler, mais seul un coassement s’échappa de ses lèvres. « De toute évidence, madame » peina-t-il donc à articuler en se prenant la tête entre les mains, rajoutant après une pause un « Combien de temps cette fois-ci ? » Curieux. La médicomage ignora sa question en se concentrant sur des nouvelles potions qu’elle fit apparaître d’un fin mouvement de baguette. Anthony, silencieux, en profita alors pour se redresser totalement et s’asseoir en tailleur, tentant d’arrêter la quinte de toux qui venait de se saisir à nouveau de lui. « Comment vous sentez vous ? Groggy, nauséeux… ? » Elle lui tendit un verre, rempli d’une substance noirâtre et peu convaincante qu’Anthony observa avec circonspection. Son éducation ne lui permit pas de faire abstraction des questions de l’adulte, cependant, et il s’entendit répondre sans y penser. « Les deux. Et épuisé aussi. » avant de poursuivre sur sa curiosité. « Je ne la connais pas celle là. Je ne l’ai pas eue la dernière fois » fit-il en désignant la potion. La voix autoritaire de la médicomage, « Bois là et ne pose pas de questions. » le fit obtempérer et l’obligea à se satisfaire de l’absence de réponse. Tandis qu’il buvait en grimaçant le liquide épais et amer, il l’observa pointer sa baguette dans sa direction, murmurer des sorts et prendre des notes. Depuis ses huit ans, il venait régulièrement ici. Les médicomages avaient mis quelques années à comprendre que les violentes réactions qu’il faisait et qui l’amenaient si souvent aux portes de la mort étaient du à la menthe, et cette allergie peu commune – et il fallait se le dire, totalement ridicule – avait permis à son beau père de trouver une raison supplémentaire de le détester. Anthony connaissait bien les lieux, connaissait bien les symptômes, et savait ce qui l’attendait dans les heures à venir. Une demi journée de repos, une potion à prendre pendant deux semaines pour contrôler l’inflammation de toute sa trachée, et des gouttes de solution de force pour lui permettre de marcher. La menthe ne se contentait pas d’enflammer chaque partie de son corps en contact avec elle, elle déclenchait aussi des crampes dans le moindre de ses muscles, le tétanisant et l’empêchant presque de respirer. Compte tenu de la raideur de ses membres, Anthony estima qu’il avait été inconscient un peu plus de quarante huit heures, ce qui était dans sa moyenne. « Tu as terminé ta potion ? Rallonge toi donc, mais ne t’endors pas, un autre médicomage va venir te faire faire des examens complémentaires. » Il acquiesça sans un mot, dépliant avec précaution ses jambes déjà engourdies. Il ne lui venait pas à l’esprit de ne pas obtempérer, de toute manière. Elle sortit de la pièce, et Anthony se mit à compter les secondes pour tuer le temps. D’un naturel patient, le fait d’ignorer depuis combien de temps il était là avait tendance à émousser pourtant son calme inébranlable. Ses yeux gris dérivèrent sur sa table de chevet, où l’attendaient les potions habituelles, et un livre de cours, certainement déposé à son intention. Pas vraiment de courrier, pas vraiment de confiseries, ses amis devaient savoir d’ailleurs que ces dernières allaient lui être interdites pendant un temps. Petite leçon poussée de Runes anciennes. Intrigué, Anthony se plongea dans la lecture du livre de cours, qui était d’un niveau bien plus élevé que celui de simple septième année, mais abordable par le Serpentard. Il n’entendit pas la porte s’ouvrir, trop concentré pour déchiffrer les runes.

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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Jeu 22 Mai - 14:07

Anthony & Jefferson
Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade
Rapidement, Jefferson remonta les lunettes qui menaçaient de tomber sur son nez et se mit sitôt fait à gratter de nouveau son calepin. Son esprit n’est focalisé que sur une seule chose, les lèvres du titulaire qui lui explique à lui et trois autres internes, la façon dont il compte procéder pour soigner le patient face à eux. Apparemment passionné de botanique, ce dernier a essayé de créer sa propre plante à partir de boutures de mandragore et d’aconit. Une idée pas si stupide en soit, si lui-même avait eu la main verte, il aurait probablement essayé de les assembler. Certes, elles sont toutes les deux délicates à manipuler et peuvent, comme dans ce cas-ci créer de graves blessures mais si accouplées, ces deux plantes pourraient également être un formidable ingrédient à utiliser dans la fabrication de remèdes. Durant quelques secondes, son esprit se mit à divaguer face aux multitudes options qui pourraient s’ouvrir à eux, futurs et actuels guérisseurs. Tant et si bien qu’il n’entendit pas la question de son supérieur. Quelques mois auparavant, il aurait été gêné et il aurait certainement pris la couleur d’une tomate trop mûre. Auparavant. « Désolé docteur, je réfléchissais aux propriétés qui se dégageraient d’une mandragore et d’un aconit. » Il continua sur sa lancée voyant qu’il avait éveillé la curiosité d’un auditoire. « Nous savons tous que le pus de la première permet de remédier à une pétrification et que s’il l’on fait macérer le second il s’agit d’un ingrédient majeur dans la potion tue-loup. Imaginons que l’on arrive à combiner les deux en une seule et même plante. Il se pourrait parfaitement que l’on trouve une sorte de vaccin permanent contre la pétrification. Bien sûr ce n’est qu’une simple théorie et elle mérite bien plus d’approfondissement mais… » « Mais vous n’êtes pas dans un laboratoire ici Blevins. Revenons-en aux faits. Est-ce que quelqu’un de plus attentif que votre collègue peut répondre à ma question initiale ? » Il poussa un léger soupir, agacé par le manque de dédication du personnel, et resta silencieux jusqu’à que tous ne quittent la pièce vers leur prochaine étude de cas. Ce faisant, il se fit intercepter par la médicomage Griffith qui demanda à son professeur s’il pouvait être dispensé pour une petite heure.

Jefferson aurait dû se sentir satisfait de l’intervention de sa supérieure. Elle était l’une des rares employées à Sainte-Mangouste qui avait un tant soit peu montrer de l’intérêt à ses recherches et lui avait permis de se servir du laboratoire afin de mener des expérimentations. Lorsqu’elle était venue à sa rencontre l’an passé, il s’était senti honoré et passait le plus clair de son temps-libre à travailler sur de nouveaux remèdes. Naïf, stupide, il n’avait pas réalisé qu’elle se servait de lui sans aucune déontologie. Elle venait récemment de se faire promouvoir en présentant au conseil général de l’hôpital l’un de ses travaux et en s’en attribuant tous les mérites. Certes, cela avait permis à la branche de la recherche d’avoir un budget un peu plus conséquent. Certes, il n’était toujours qu’un médicomage en formation, un bleu, et avoir l’occasion de faire partager ses idées était plus que ce que n’importe qui pouvait espérer. Il n’en était pas moins amer. Il se moquait bien des récompenses matérielles que son travail pouvait apporter. Etre promu, toucher plus d’argent, avoir un article dans la Gazette, tout cela ne le touchait pas. Il était simplement agacé par ce manque d’honnêteté. Cela n’aurait guère dû le surprendre. Après tout, elle arborait fièrement la marque des ténèbres sur son avant-bras. Silencieux, il la suivit devinant qu’elle lui ferait part de ce qu’elle attendait de lui. Il se rendit rapidement compte qu’elle le dirigeait vers la chambre dans laquelle reposait Roberson et devina avant même qu’elle ne lui dise qu’elle lui avait servi le remède qu’il essayait de mettre au point depuis des mois. Une potion capable d’atténuer les symptômes allergiques que ce soit avant ou après y avoir été exposé. Le gallois eut envie d’exploser. Le serpentard n’était pas un objet d’études et Jefferson n’avait jamais eu l’intention de le transformer en un énième cobaye. Le remède avait eu des effets plutôt concluant sur les premiers sujets, mais ils ne partageaient que peu de points communs avec Roberson. Leurs allergies étaient d’une part bien  moins sévères et d’autre part de nature complètement différente.

Elle le laissa devant la porte lui imposant des instructions qui étaient inutiles. Il savait d’ores et déjà ce qu’il devait observer et ce qu’il devait noter.  Serrant les dents pour ne pas laisser échapper le venin qu’il rêvait de lui cracher au visage, il pénétra dans la pièce et trouva, sans surprise, son ancien camarade en pleine lecture. « Tu sais que tu es sensé te reposer ? » Le gallois s’approcha du lit alors que son patient particulier fermait son livre. Sans aucune autre introduction il porta ses doigts sur la gorge d’Anthony et la palpa de haut en bas afin d’en évaluer l’approximative grosseur. Il fit le tour du lit et recommença de l’autre côté de la gorge. Une fois fait il nota les détails sur son calepin. « Désolé, il fallait que je fasse ça vite afin de voir si la potion a un effet ou pas. Je vais devoir rester une petite heure avec toi et toucher ta gorge environ toutes les cinq minutes. Est-ce que tu te sens un peu mieux depuis que tu l’as prise ou toujours aussi nauséeux ? » Jefferson se saisit de ses lunettes et les posa au sommet de son crâne avant de se masser l’arête nasale. Il se leva et baissa les stores de la chambre qui donnent sur le couloir, s’assurant par la même occasion que sa supérieure est bien partie. « Je n’ai pas une minute pensé qu’elle allait te traiter comme un cobaye. Pour le moment on n’a testé le remède que sur des allergies visibles. Les résultats étaient plutôt concluants, mais j’ignore si les effets seront les mêmes avec toi. Il va falloir que tu répondes consciencieusement à mes questions. D’ici un quart d’heure je te donnerai à boire, normalement tu devrais pouvoir la garder, mais on a déjà eu quelques patients qui ont vomi dans les secondes qui ont suivi. Juste pour te prévenir. » Jefferson se rassit et se saisit du livre sur les runes, le feuilleta. « Charmants moments en perspective n’est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Sam 7 Juin - 3:28



Le goût amer de la potion restait sur la langue d’Anthony qui aurait bien aimé avoir quelque chose d’autre à boire. S’il n’était pas du genre à se plaindre – perte de temps et d’énergie selon lui – ce n’était pas pour autant qu’il appréciait rester dans l’incertitude. Il ne connaissait ni la médicomage, ni la potion, et il détestait ça. Tout comme le sentiment de ne rien contrôlé, malgré la familiarité de sa situation. Allongé dans son lit, il peinait à se concentrer sur les runes, pourtant l’un de ses sujets de prédilection. Il aimait tout particulièrement ce sentiment de puissance lorsqu’il parvenait à aller au bout d’une traduction d’un niveau bien supérieur à celui des ASPICs, un sentiment autre que celui qui l’envahissait à chaque nouveau sort appris, nouveau sort jeté, nouveau sort effectué à la perfection. Parce que ses dons innés en magie étaient naturels. Son savoir runique, lui, avait été acquis à force de travail, et de ça, le Serpentard en était immanquablement fier. Finalement, au bout de quelques minutes, il parvint à chasser de son esprit l’amertume trop présente au goût de ses papilles, les vagues de somnolence qui le prenaient et cette sensation étrange d’avoir l’œsophage en feu, pour se concentrer pleinement à son livre.

« Tu sais que tu es censé te reposer ? » Anthony sursauta, en laissant tomber son livre. Le temps qu’il le ferme, et qu’il comprenne que la personne qui venait de le surprendre n’était autre que Jeff, l’apprenti médicomage était déjà en train de lui palper la gorge, laissant Anthony se raidit sous le toucher. Le Serpentard ne supportait pas les contacts, ou alors qu’avec peine, mais ne pouvait pas non plus se permettre de faire une scène au beau milieu de Ste Mangouste. Julius Dresdn ne le lui pardonnerait jamais. Finalement, il observa en silence son ancien camarade prendre des notes sur un calepin. Si le Serpentard avait des questions ? Une foule. Une foule qui se massait aux abords de son esprit depuis l’entrée de Blevins dans la pièce. Une foule qui allait certainement rester sans réponse, vu l’étanchéité du corps médical. « Désolé, il fallait que je fasse ça vite afin de voir si la potion a un effet ou pas. Je vais devoir rester une petite heure avec toi et toucher ta gorge environ toutes les cinq minutes. Est-ce que tu te sens un peu mieux depuis que tu l’as prise ou toujours aussi nauséeux ? » Anthony fronça les sourcils. si la potion a un effet ou pas. Il se sentit blêmir, se rasseyant en tailleur pour être plus à son aise. « Si je comprends bien… la politique de l’établissement a changé : vous préférez nous tuer plutôt que nous soigner ? » C’eut été un autre médicomage devant lui, Anthony ne se serait pas permis d’ignorer d’une telle manière toutes les convenances et le respect qu’il devait à des adultes. Mais sa voix douce, non moins tranchante et sarcastique par ailleurs, ne laissait aucun doute à la colère qui couvait. Lui, un cobaye ? Sans son accord ? Il était certes encore à Poudlard, mais sa majorité acquise à la rentrée aurait du le placer en tête de liste des personnes à avertir dans ce genre de cas. Anthony n’avait aucun doute quant au fait que son beau père, voire sa mère, n’avait pas du hésiter une seconde avant de donner leur accord, mais il avait pensé que ses dix sept ans révolus l’auraient protégé d’une certaine manière de ce genre de surprise. Grossière, amère erreur, de toute évidence, renforcée par le goût du liquide noirâtre qui refusait de quitter ses papilles. « Je n’ai pas une minute pensé qu’elle allait te traiter comme un cobaye. Pour le moment on n’a testé le remède que sur des allergies visibles. Les résultats étaient plutôt concluants, mais j’ignore si les effets seront les mêmes avec toi. Il va falloir que tu répondes consciencieusement à mes questions. D’ici un quart d’heure je te donnerai à boire, normalement tu devrais pouvoir la garder, mais on a déjà eu quelques patients qui ont vomi dans les secondes qui ont suivi. Juste pour te prévenir. Charmants moments en perspective n’est-ce pas ? » Anthony haussa les sourcils, restant silencieux pendant plusieurs minutes, le temps d’assimiler le contenu explicite et implicite des propos de l’apprenti médicomage. Elle. La médicomage. Qu’il ne connaissait pas. Qui était suffisamment sûre de sa potion pour la tester sur des allergies qui n’auraient pas du être traitées par elle. Finalement, Anthony sortit de son mutisme pour concéder un « Si tu pouvais me donner à boire maintenant, ça m’arrangerait. » à Blevins, qui feuilletait le livre de runes. Anthony retint une toux rauque, avant de reprendre : « J’ai l’impression que ça n’a aucun effet pour le moment. C’est toi qui l’as faite, ou la médicomage ? » Anthony savait que son allergie, si ridicule, peu commune et pourtant si mortelle, représentait comme un défi pour l’apprenti médicomage ; il ne pouvait que le comprendre, d’ailleurs. Comment résister à l’appel d’un tel problème insoluble et incompréhensible ? Le défi intellectuel, voilà qui motivait Anthony dans une certaine mesure, et voilà une ambition qu’il pouvait comprendre, derrière sa retenue et sa soumission naturelles. Anthony inspira lentement, ce qui déclencha une violente quinte de toux qui le laissa à bout de souffle. « Il y a quoi dedans ? » Le défi intellectuel. Si l’héritier Roberson était excellent dans toutes les matières magiques, et tout autant dans les matières nécessitant un sérieux qu’il possédait sans nul doute, il était parfaitement conscient qu’il ne sera jamais un brillant concepteur. Il n’avait pas la fibre pour cela, et ne pouvant toucher, respirer, manipuler de la menthe, il partait déjà avec un lourd handicap. Mais sur le plan théorique, sa capacité d’analyse lui avait permis, pendant ses années communes à Poudlard avec Blevins, de commencer à étudier les composants d’une potion qui pourrait régler son… problème. « C’est le prototype avec le duo bézoard – jacinthe dont on avait parlé ? »

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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Sam 2 Aoû - 2:51

Anthony & Jefferson
Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade
Le gallois n’avait jamais été réellement attiré par les rhunes, mais il s’était tout de même saisi du livre. Il savait qu’il faudrait quelques précieuses secondes avant que le serpentard n’assimile ce qu’il venait de lui dire et soit en mesure de retenir son amertume. Il ne lui en voulait pas une minute. Lui-même était plus qu’agacé par la décision de sa supérieure et il n’était pas celui qui venait d’être traité comme un rat de laboratoire. Il pouvait lui passer quelques remarques cinglantes et quelques sarcasmes. Jefferson se demanda brièvement si un tel évènement se serait passé il y a quelques décennies lorsque le monde magique n’était pas « gouverné » par un psychopathe au visage aplati. Probablement pas. Il devait certainement y avoir des tonnes de paperasse afin d’obtenir le consentement d’un patient. Des rendez-vous avec divers spécialistes pour leur expliquer de quoi il en était. Ce devait certainement être un temps ou les humains étaient plus important que la rentabilité. Un temps qui était définitivement révolu. L’apprenti fit tourner quelques pages entre ses doigts essayant de trouver quelque chose un minimum compréhensible afin de s’occuper. Il n’avait pas même lu une ligne lorsqu’Antony se décida à parler. « Si tu pouvais me donner à boire maintenant, ça m’arrangerait. » Il se contenta de sourire et de secouer la tête de manière négative. Les quinze minutes qu’il avait présentées n’étaient pas une alternative, il devait attendre avant de boire quoi que ce soit. La toux sèche qui prenait son patient cependant lui fit relever la tête. Le serpentard avait apparemment laissé sa rancune de côté et décidé de se concentrer sur ce qu’il venait d’avaler. Ça n’était pas une surprise. Après tout, excepté ses responsables, Anthony était l’unique sorcier à recevoir les avancées de ses recherches. Jefferson le laissa reprendre son souffle et sans un mot lui fit signe de se relever. Il plaça les oreillers de façon à ce que son patient temporaire soit positionné de façon semi-allongée. Le médicomage l’avait déjà vu dans un sale état et avait même été présent un jour où il avait perdu conscience, mais il ne se souvenait pas de l’avoir entendu tousser de la sorte. Soit il avait pris une sacré cartouche avant d’être transféré à Sainte-Mangouste, soit la potion n’avait pas l’effet escompter. Ce qui était fort probable et ce qui inquiétait quelque peu le gallois. Il ne montra cependant pas son anxiété et leva simplement ses index et majeurs pour indiquer à Anthony qu’il allait à nouveau lui tâter la gorge. Lorsqu’il eut son approbation il lui redonna son manuel sur les rhunes et se pencha vers lui. Ce faisant, il commença à répondre à ses questions. « Je ne sais pas qui l’a concoctée. Nous sommes plusieurs à travailler sur ce projet, j’ai fait quelques potions, des collègues en ont fait d’autre. Mais tu peux être certain qu’elle n’a pas taillé une racine de mandragore. Non pas qu’il y en ait dans la potion, mais c’est simplement pour te donner une image. » Il se rassit et nota ses découvertes dans son calepin. Cinq minutes après ingestion de potion, gorge toujours enflée. Peu changements. Grosses difficultés à respirer. Les jurons traversèrent le crâne de Jefferson abondamment et son inquiétude venait d’augmenter d’un ou deux bons niveaux. Il était contre la police de l’établissement de partager les doutes du corps médical avec leurs patients et les habitudes se faisaient dures, il mit quelques secondes avant de se décider à briser le protocole. « Je ne devrais rien te dire mais il semblerait que la potion ne fonctionne pas aussi bien que sur nos patients précédents. Je trouve ta toux bien trop violente alors que tu as déjà ingéré le verre il y a cinq minutes. » Nouvelle vague de jurons qui menaça de quitter ses lèvres. Il était persuadé que le Serpentard ne s’en formaliserait pas, mais préféra éviter de laisser libre-court à son agacement de peur qu’un responsable ne passe. « La bonne nouvelle c’est que ta gorge n’a pas enflée d’avantage, donc tu ne me fais pas un rejet du soin. Si ça peut te rassurer un peu. En parlant de ça, laisse-moi regarder une nouvelle fois.»

Après une bonne minute à tâter le cou de son patient le gallois soupira. « Toujours aucun changement. » Il quitta sa place et se leva afin d’observer le couloir extérieur. Assuré que personne ne soit dans les parages il revint près d’Anthony et tira une capsule de sa poche extérieure. En son intérieur quelques pastilles de gerbe qu’il utilise lorsqu’il n’est pas assez frais en arrivant sur son lieu de travail. Il en glissa deux à l’intérieur de sa paume et s’expliqua en suivant. « Franchement, je ne sais pas si cette potion risque d’avoir un effet négatif ou pas sur toi. Je te laisse le choix, on peut essayer de pousser la science un peu plus loin ou tu peux te forcer à la faire quitter ton système. On aura qu’à dire que c’est l’eau que je t’ai donné qui te l’a fait rejeter. Je te dirai la composition de notre potion quand tu auras fait ton choix. Tu peux me faire confiance, si je vois que ça commence à mal tourner je saurais te garder en vie.»


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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Lun 1 Sep - 10:17



On pouvait dire bien des choses sur Anthony, mais il y avait un terme, parmi tant d'autres, à ne pas le qualifier le moins du monde, c'était bien l'adjectif courageux. Courageux, il ne l'était pas. La fuite, la lâcheté, les mensonges et l'hypocrisie, ça, il connaissait bien. Tout comme la manipulation, la perfidie, la discrétion, et tout ce qui lui permettait d'accéder au plus haut niveau et de tirer les ficelles. Mais de courage, non, il n’en avait pas et n’avait jamais voulu en posséder plus que ce qu’il lui suffisait pour dévier de May la colère de son beau-père. Et encore, était-ce vraiment du courage ? Anthony ne le pensait pas. C’était bien trop narcissique pour en être, non ? Après tout, s’il défendait May, c’était pour ne pas perdre sa seule raison de vivre, pour ne pas se retrouver seul face à son beau-père, face au monde, face à la vie qui se déployait devant lui comme un chemin balisé par les souhaits de son nom et de son sang, de son argent et de la magie qui coulait dans ses veines. Alors non, Anthony n’était pas courageux. Et il ne comptait pas le devenir en acceptant d’être le cobaye d’une expérience douteuse d’une médicomage corrompue et suffisamment imbue d’elle-même pour oublier à qui elle avait à faire, ce qu’il fit d’ailleurs remarquer à Jefferson, en s’étonnant lui-même d’être aussi acerbe fasse à un adulte auquel il était supposé devoir déférence et respect selon son éduction et de sang-pur, et de fils héritier. Dans une déglutition douloureuse, Anthony se cantonna à un mutisme réfléchi, en écoutant les excuses de l’apprenti médicomage. C’était inadmissible qu’on le considère ainsi comme un botruc de laboratoire. L’arrogance et le narcissisme prétentieux d’Anthony n’avaient pas de limite, encore moins dans de telles circonstances. Il s’entendit demander finalement dans une toux qui le laissa circonspect un peu d’eau à l’autre sorcier, mais n’eut qu’un retour négatif qui lui arracha un soupir défait. La potion n’avait aucun effet pour le moment, c’était clair. Il avait même l’impression qu’elle avait empiré ses symptômes, même si cette sensation devait être biaisée par l’amertume râpeuse du liquide qu’il venait d’ingérer. Vraiment, les potions étaient un domaine dans lequel la recherche n’avait pas atteint ses limites, surtout sur le plan du goût desdites potions. Vraiment. Il se releva à la demande de Jefferson, qui réajusta dans un même mouvement les oreillers.

Cette fois, lorsque le Gallois voulut tâter à nouveau sa carotide, il demanda au Serpentard son assentiment qu’il reçut sans attendre. Dans tous les cas, il n’avait pas le choix. Et Jefferson devait être le seul médicomage à avoir ce qu’on pouvait appeler sa confiance, même si on devait être très loin de la confiance aveugle imaginée par tous les Gryffondor et les Poufsouffle. Dans l’échange, Anthony récupéra son livre de runes et résista à la tentation de le consulter à nouveau. Jefferson répondait à ses questions, ce n’était pas le moment de laisser s’étioler sa concentration. « Je ne sais pas qui l’a concoctée. Nous sommes plusieurs à travailler sur ce projet, j’ai fait quelques potions, des collègues en ont fait d’autres. Mais tu peux être certain qu’elle n’a pas taillé une racine de mandragore. Non pas qu’il y en ait dans la potion, mais c’est simplement pour te donner une image. » Anthony fronça les sourcils. Heureusement qu’il n’y avait pas de racines de mangragore, c’était une substance incroyablement instable et à manipuler avec grand soin dans de tels potions, et mélangée à… Non. Il devait se concentrer. Ne pas tousser, aussi, alors que l’envie de s’éclaircir les voies respiratoires se faisait de plus en plus pressante. D’ailleurs, en parlant de voies respiratoires… Anthony avait de plus en plus de mal à respirer. Comme si depuis son réveil, les symptômes d’une ingestion de menthe étaient de retour. L’irlandais hésita un instant, avant de partir dans une quinte de toux, à demander à Jefferson si tout était normal bien qu’honnêtement, il avait une idée assez précise de la réponse… Dans tous les cas, il n’eut pas à hésiter longtemps. Outre la toux qui l’empêcha et de respirer, et de parler, Jefferson prit les devants, rompant très certainement ces codes stupides qui interdisaient plus ou moins à dire au patient qu’il allait crever dans son vomi d’ici quelques minutes. Ce qu’Anthony espérait ne pas être son cas.

« Je ne devrais rien te dire mais il semblerait que la potion ne fonctionne pas aussi bien que sur nos patients précédents. Je trouve ta toux bien trop violente alors que tu as déjà ingéré le verre il y a cinq minutes. La bonne nouvelle c’est que ta gorge n’a pas enflée d’avantage, donc tu ne me fais pas un rejet du soin. Si ça peut te rassurer un peu. En parlant de ça, laisse-moi regarder une nouvelle fois.» Si ça pouvait le rassurer ? Anthony était persuadé du contraire, et ça ne le rassurait pas le moins du monde. Crispé, il sentit une troisième fois le contact des doigts de Jeff sur son cou, et resta silencieux – de toute manière, que pouvait-il bien dire ? – en attendait le verdict. « Toujours aucun changement. » Le Serpentard secoua la tête de dénégation. I cherchait déjà une explication à ce qu’il se passait. « Tu ne sais vraiment pas ce qu’il y a dans la potion ? » peina-t-il à articuler, en repoussant les couvertures pour se redresser davantage. Chaque seconde égrenée le laissait un peu plus inquiet quant à ce qu’il se passait. Le manège de Jefferson y contribuait beaucoup, d’ailleurs. Le fait qu’il se lève pour aller observer le couloir n’arrangea rien. « Qu’est ce qu’il se passe, Jeff ? » Etait-ce vraiment lui qui venait d’émettre ce couinement ? Anthony en doutait, parce que ce n’était vraiment pas dans sa nature que de s’inquiéter aussi ouvertement. Très, trop introverti pour ça, il restait en général plongé dans un mutisme observateur plutôt que de parler. A croire que son angoisse le rendait curieux et bavard, deux adjectifs qui allaient rejoindre courageux à la liste des mots tout à fait inconcevable en temps normal pour le décrire.

Jefferson finit par revenir auprès du Serpentard, et lui tendit des bonbons qu’Anthony reconnut au premier coup d’œil, de telles pastilles étaient mornilles courantes à Poudlard. Il arqua un sourcil interrogateur. « Franchement, je ne sais pas si cette potion risque d’avoir un effet négatif ou pas sur toi. Je te laisse le choix, on peut essayer de pousser la science un peu plus loin ou tu peux te forcer à la faire quitter ton système. On aura qu’à dire que c’est l’eau que je t’ai donné qui te l’a fait rejeter. Je te dirai la composition de notre potion quand tu auras fait ton choix. Tu peux me faire confiance, si je vois que ça commence à mal tourner je saurais te garder en vie.» Anthony récupéra l’une des pastilles de gerbe dans le creux de sa paume, la faisant rouler entre son pouce et son index. Ainsi, Jeff était réellement en train de penser que tout cela pouvait mal tourner ? Le courage… le voilà qu’il revenait sur le tapis ; Et pas plus qu’il y avait déjà de cela une dizaine de minutes, Anthony n’était ni avait envie d’être quelqu’un de courageux. « Désolé pour ton expérience mais pas question que je laisse cette potion m’affaiblir davantage. » Pas question, non. Anthony avala la pastille de gerbe avant que Jeff puisse répondre quoique ce soit pour l’en dissuader. Si la déglutition en elle-même fut difficile, ingérer la pastille, qui réagit aussitôt avec son organisme pour lui faire régurgiter tout le reste, fut plus que douloureux. Bien plus. Anthony fut rapidement pris de haut-le-cœur, et se pencha sur le côté pour recracher l’intégralité de la potion et ce qu’il pouvait rester de menthe dans son organisme, le tout mêlé d’un sang rouge, opaque et bien plus dense que ce qu’on pouvait escompter de la part du fluide vital qui parcourait ses veines – et n’était d’ailleurs pas supposé en sortir. Les yeux inquiets d’Anthony cherchèrent ceux de Jeff. Il n’avait plus rien du sang pur, plus rien du jeune aristocrate que tout son être était, plus rien du sorcier de dix-sept ans fier et hautain qu’il pouvait être à Poudlard et même dans la vie de tous les jours, dans son comportement naturel, dans toute sa façon d’être. Rien qu’un lâche, rien qu’un trouillard. « Jeff… » Voilà que cela faisait deux fois qu’il utiliser le surnom et non le nom complet ni la fonction du médicomage pour le nommer, ce qui était en soi un réel signal d’alarme tiré par la panique du Serpentard. « Jeff, c’est normal ça ? » Non, ça ne l’était pas. D’ailleurs, ce n’était pas non plus normal qu’il commence déjà à suer à grandes gouttes. Oh non. Non. Ce n’était pas possible d’être aussi malchanceux non ? Les pastilles de gerbe n’avaient tout de même pas de menthe dans leur composition, hein ? Anthony n’en savait rien, mais le seul fait d’imaginer que ce puisse être le cas influençait déjà sur sa réaction. Provoquée par la panique, par les a priori ou par un quelconque réel effet du cumulé des diverses potions, l’important c’était que la réaction commençait à s’amplifier. Anthony s’agrippa à l’épaule de Jefferson, pâle comme un cadavre. « Dis… y’avait quoi dans la potion ? »

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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Mar 2 Sep - 4:35

Anthony & Jefferson
Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade
Et lui ? Que ferait-il s’il avait le choix ? Jefferson avait le beau rôle dans cet histoire. Il apparaissait comme le sauveur, le héros masqué qui venait tirer un élève des méchantes griffes d’une médicomage appâtée par le gain. Il n’avait pas tellement de soucis à se faire. Soit sa proposition était acceptée, soit elle était refusée, peu lui importait le choix à dire vrai du moment où Anthony s’en sortait. Et il allait s’en sortir quoi qu’il se passe. Le gallois avait beau être dans sa seconde année d’internat, il avait confiance en lui et aujourd’hui contrairement à bien d’autres jours passés, il était arrivé complètement sobre sur son lieu de travail. Alors oui, pour lui la situation n’avait rien de très embarrassant ou de très compliqué. Il était le gentil qui donnait le choix. Mais si les rôles étaient inversés ? Il était bien incapable de dire s’il aurait préféré continué l’expérience ou se serait jeté sur les pilules. Il essayait pourtant de se mette dans les baskets du Serpentard, mais il ne parvenait pas à deviner ce qu’il pouvait bien se demander. Il n’y parviendrait sans doute jamais. Il n’avait pas jamais été dans une telle douleur physique, il n’était pas celui qui ressentait les effets du soin qui lui avaient été maladroitement prodigués. Il observa son patient rester silencieux de longues secondes, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir décider. « Désolé pour ton expérience mais pas question que je laisse cette potion m’affaiblir davantage. » Jefferson haussa les épaules. Il n’en était pas le moins du monde offusqué. Sûrement aurait-il fait pareil. Ce qui l’ennuyait en revanche c’est que juste avant d’enfourner les pastilles de gerbe, Anthony ait évoqué le fait d’être affaibli. Ça n’était arrivé avec aucun des autres patients. Ils étaient restés nauséeux, mais pas dans un état encore plus déplorable que lorsqu’ils avaient ingérés la potion. Et il y avait quelques changements positifs. Disparition de l’acné, rougeurs se rosissant… Bien entendu il ne pouvait pas observer ce genre d’amélioration chez le Serpentard puisqu’il ne s’agissait aucunement de ses symptômes mais de là à ce qu’il se sente d’avantage malade… Il y avait tout un monde. Un monde rempli d’incertitudes qui commençaient à inquiéter le gallois.

Bien que médecin en devenir, il y avait toujours des petites choses qui pouvaient dégoûter Jefferson. La vue d’organes sanguinolents qui sortent d’un corps animé, l’odeur de la chair brûlée mais également regarder des malades régurgiter devant lui. L’entendre, puis le sentir était d’ores et déjà désagréable mais l’observer avait le don de lui créer l’envie de les imiter. Aussi, il détourna les yeux lorsqu’Anthony vomit le peu de choses qu’il avait dans l’estomac. Il voulut attendre la fin du mauvais moment avant de reporter son attention sur le Serpentard, mais après avoir entendu trois régurgitations, il se rendit bien compte que quelque chose n’allait pas. « Jeff… » La voix flaibarde qui l’appelait et l’incapacité que son patient avait de prononcer son nom entier confirmèrent cette théorie. Le futur-médicomage prit une discrète inspiration avant d’observer l’intérieur de la bassine qui était désormais bien remplie. Trop remplie. Et surtout bien trop rougeâtre. « Jeff, c’est normal ça ? » La réponse était évidente. Non ça n’était pas normal. Absolument pas. La rage bouillona d’un seul coup. Le gallois eut envie de quitter la pièce avec ce qu’il tenait dans les mains afin de le balancer à la tronche de cette salope de guérisseuse –en-chef. Ainsi elle pourrait goûter aux conséquences de ses actes. Il rêvait de l’insulter avec tous les noms qui lui traversaient le crâne en cet instant précis. Peut-être qu’il le ferait. Il perdrait son travail, mais le voulait-il toujours après avoir assisté à ce genre de choses ? Il ferait mieux de s’instruire seul et d’ouvrir son propre cabinet comme le faisaient les moldus. Une tempête coléreuse avait beau se déchaîner en son for intérieur, il tenta de garder un visage impassible. Les tremblements dans la voix d’Anthony trahissaient sa nervosité et il n’avait pas besoin que la personne chargée de le guérir y ajoute la sienne. Jefferson s’approcha de lui et essaya de le recoucher, de le mettre sous une grosse épaisseur de couvertures. Même si c’est désagréable, il s’agissait toujours de la meilleure façon de traiter une montée de fièvre qui à en juger les gouttes de sueurs qui perlaient sur le front du Serpentard était belle et bien en train de se produire. Cependant, alors qu’il tente de s’éloigner, la main de son patient lui saisit l’épaule avec plus de force que ce qu’il aurait pu penser. « Dis… y’avait quoi dans la potion ? »

Le cri du désespoir. Enfin au sens figuré, parce que la voix qui s’est exprimée est à peine audible. Cette fois-ci, c’est le médicomage qui est face à un dilemme. Etre sincère ou pas. On ne peut pas réellement dire que les deux jeunes hommes sont amis, mais il est vrai qu’il a une certaine affinité pour l’élève et cela trouble son jugement. Tout son être lui crie d’être sincère, mais il se retient quelques secondes. Il ne doit pas penser en termes d’affection, mais en termes de santé. Le plus judicieux serait donc de cacher la composition complète de la potion. Il ne connait pas très bien le Serpentard, mais il a la sensation que dire l’entière vérité ne serait pas lui rendre service. Il l’aide à s’allonger et va vider la bassine dans les toilettes privées de sa chambre. La nettoie à grands jets d’eau et au savon pour enlever l’odeur écœurante qui s’en échappait, oubliant ses rêves de vengeance. Une fois les mains lavées et désinfectées, il ramène la couverture et pose sa main sur le front d’Anthony qui n’est pas aussi chaud que ce qu’il aurait pensé. Il n’a peut-être transpiré que par l’effort qui lui a été demandé lorsqu’il a vomi ses tripes. « Nous avons effectivement gardé le béozard comme ingrédient principal de la potion ce qui était une excellente idée. De ta part si mes souvenirs sont exacts. Par contre, nous l’avons couplé avec de l’armoise et des dards séchés de Billywig. Je te passe, les détails de la préparation mais en gros, les trois produits mélangés, sont sensés créer une sorte de baume qui fonctionne depuis l’intérieur et finit par protéger nos patients de leurs allergies depuis l’extérieur. C’était une théorie un peu tirée par les cheveux, mais elle a plus ou moins fonctionné selon les cas. » Il pourrait en rester là. Se contenter de passer sur le but des sortilèges prononcés après ingestion ou encore des effets observés chez les patients ; de tenter de rassurer au maximum Anthony. Le problème, c’est que Jefferson n’est pas un menteur très doué et qu’on peut apercevoir presque dans l’immédiat lorsqu’il vous cache quelque chose. Il reste silencieux un peu trop longtemps, si bien qu’il voit le doute s’installer dans le regard de son patient. Il sait qu’il ne devrait pas lui dire la vérité, qu’il risque de faire une crise d’angoisse à l’idée de ce qu’il vient de se passer. Mais cela vaut peut-être mieux qu’une crise d’anxiété non ? S’il se doute qu’il est en train de lui cacher quelque chose ce ne sera guère mieux. Sûrement pire. Il créera ses propres théories et s’angoissera d’avantage. Rassuré par son raisonnement logique, le médicomage reprend la parole. Il se retient de le ménager ce qui ne ferait qu’aggraver la situation. « Tu connais cette expression moldue guérir le feu par le feu ? Nous l’avons utilisé au pied de la lettre. Chaque potion est individualisée, dans chacune d’elle nous avons ajouté la cause de l’allergie du patient. Nous le faisons auparavant macérer avec du cranson officinal ce qui lui enlève la majeure partie de ses effets négatifs. Ainsi, le corps étranger, responsable des allergies se mélange au système immunitaire du patient qui s’en retrouve protégé. Nous avons quelques sorciers avec qui cela fonctionne à merveille, à condition qu’ils en boivent un peu chaque jour. » Après avoir repris son souffle, Jefferson se rend compte qu’il a noyé Anthony sous ses explications afin d’éviter de lui dire noir sur blanc ce qui composait la potion. Il ne sait pas dans quel état se trouve le Serpentard, s’il est à même de l’avoir compris ou pas. Il a toujours sale mine. Tant qu’à pousser l’honnêteté, il formule à voix haute ce qu’il avait sous-entendu. « En gros, il y avait de la menthe dans ta potion. » Et à partir de là, il se prépare à toute réaction possible. Colère, dégoût. Hurlements ou vomissements. Evanouissement également.


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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   Mer 12 Nov - 22:54



Même ne l’avouerait pour rien au monde, Anthony était terrifié. Il connaissait l’hôpital depuis son plus jeune âge, avant fréquenté bien plus souvent qu’aucun autre élève de Poudlard autant celui d’Irlande que celui d’Angleterre, et avait visité chaque étage bien minutieusement en tant que patient, mais jamais il n’avait eu aussi peur qu’à cet instant. Parce que s’il connaissait parfaitement tous les symptômes d’une ingestion ou inhalation de menthe, jamais au grand jamais il n’avait vomi du sang. Jamais. Sa voix suppliante se tourna vers Jefferson, dans une question plus que rhétorique. La réaction de l’apprenti médicomage, loin de le rassurer, l’inquiéta davantage encore si c’était possible. Ce n’était ni au programme, ni envisagé. C’était pire que tout parce que ni le Serpentard, ni le médicomage n’avaient ce qu’il se passait sous contrôle. Et Anthony n’aimait pas ne pas maîtriser – ou savoir que personne ne maîtrisait – la situation. Encore moins lorsqu’il était celui qui était en danger de mort ou quelque chose s’y apparentant dans une moindre mesure. La respiration accélérée, Anthony partit dans une quinte de toux, se sentant de plus en plus nauséeux et en sueur. Il faisait bien trop chaud dans cette pièce. Bien trop pour lui. Anthony rejeta les couvertures, le teint de plus en plus cadavérique. Saisissant l’épaule du médicomage, il lui demanda désespéré ce qu’il y avait dans cette fichue potion. C’était soudainement devenu vital pour lui. Parce qu’il devait impérativement savoir ce qu’il venait d’ingérer, ce qui avait réagi avec les pastilles de gerbe, ce qui était à présent dans son organisme, ce qu’il venait de régurgiter. Parce que s’il venait d’ingérer de la menthe, il devait le savoir. Parce que, enfin, Anthony n’avait pas l’intention de mourir étouffé dans son vomi après avoir été un vulgaire cobaye pour des sorciers si peu scrupuleux qu’ils testaient leurs expériences directement sur des patients non consentants et, pire, non avertis.

Un soupir, donc. Juste un soupir. La voix d’Anthony n’était rien de plus qu’un soupir désespéré qui était parvenu à se frayer un chemin dans une gorge gonflée et une souffrance psychologique croissante à l’idée de ne pas comprendre – ou d’avoir peur de comprendre ce qui revenait au même – ce qu’il se passait. Loin de répondre à cette supplique, Jefferson l’aida à se rallonger, sans s’attarder sur les tremblements de terreur qui commençaient à se propager dans ses membres. « Nous avons effectivement gardé le bézoard comme ingrédient principal de la potion ce qui était une excellente idée. De ta part si mes souvenirs sont exacts. Par contre, nous l’avons couplé avec de l’armoise et des dards séchés de Billywig. Je te passe, les détails de la préparation mais en gros, les trois produits mélangés, sont sensés créer une sorte de baume qui fonctionne depuis l’intérieur et finit par protéger nos patients de leurs allergies depuis l’extérieur. C’était une théorie un peu tirée par les cheveux, mais elle a plus ou moins fonctionné selon les cas. » Anthony se concentra sur le son de la voix de Jefferson pour rester attentif et conscient. Quant à rester lucide et comprendre tout ce qu’il était en train de dire, c’était une autre paire de manche. Bézoard, armoise, billywig. C’étaient les ingrédients de la potion mais aucun d’eux n’évoquait quoique ce soit de particulièrement dangereux au Serpentard. Un baume pour protéger, disait-il. Un baume pour protéger depuis l’intérieur. Ca semblait logique après tout, si la potion était supposée régler définitivement les allergies. Mais ce qui troublait Anthony, c’était surtout la précision apportée par Jefferson à la fin de sa phrase. finit par protéger nos patients de leurs allergies depuis l’extérieur. Une image fraya son chemin dans les pensées d’un Anthony silencieux. Sans qu’il ne veuille la croire. Jefferson lui épargna la peine de réfléchir davantage en poursuivant. « Tu connais cette expression moldue guérir le feu par le feu ? Nous l’avons utilisé au pied de la lettre. Chaque potion est individualisée, dans chacune d’elle nous avons ajouté la cause de l’allergie du patient. Nous le faisons auparavant macérer avec du cranson officinal ce qui lui enlève la majeure partie de ses effets négatifs. Ainsi, le corps étranger, responsable des allergies se mélange au système immunitaire du patient qui s’en retrouve protégé. Nous avons quelques sorciers avec qui cela fonctionne à merveille, à condition qu’ils en boivent un peu chaque jour. » Il tournait autour du pot. Anthony refusait d’ailleurs de voir le pot, se contentant de suivre les mots de Jefferson, comme des mouches qui hésitaient à s’aventurer sur le pot de miel. A plusieurs reprises lorsque Jefferson reprit sa respiration, le Serpentard hésita à l’interrompre. A terminer lui-même l’explication, à chercher à provoquer lui-même ce qui allait fini par être dit. Et ce ne fut que lorsque Jefferson concéda « En gros, il y avait de la menthe dans ta potion. » qu’Anthony murmura dans un même temps un « Il y avait de la menthe… » blafard, les yeux perdus sur le côté.

Le silence étira ses tentacules dans sa pièce les enserrant tous les deux sans égard pour leur respiration. Trop hébété pour réfléchir, l’Irlandais déglutit avec peine, cessant petit à petit de trembler. Il se mordilla la lèvre, ne sachant comment réagir. Accuser le coup et accepter le tout comme le lui conseillerait son beau-père, pour ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer, ne pas attirer la honte sur la famille en étant ouvertement malpoli et insolent envers un sang plus pur que le sien, ou réagir comme lui murmurait la rage croissante dans ses tripes. Il n’avait jamais piqué une vraie colère. Il avait toujours été posé, toujours été respectueux, toujours été celui qu’attendait ses parents. Il n’avait jamais exprimé autre chose que ce qu’on attendait de lui, modulo cette panique qui le prenait maintenant. Cette panique qui grandissait au même rythme que sa colère. Cette panique qui lui murmurait à son tour de lâcher prise. Les mains crispées sur la couverture, Anthony s’entendit commencer. « Pourquoi ? Pourquoi avez-vous cru que ça allait marcher ? » Sa voix, maîtrisée, échappa rapidement à son contrôle. D’une certaine manière, il avait l’impression de ne pas se reconnaître dans cette colère qui suintait de lui et qui aurait mieux convenu à un Gryffondor. « Vous êtes ridicule, vous êtes stupides. C’est marqué dans mon dossier médical que mon allergie est plus violente et plus radicale qu’aucune allergie connue ou référencée à ce jour. Une feuille de menthe peut me tuer, une simple feuille de menthe me fout dans le coma si je l’ingère et la digère ! » Depuis quand son vocabulaire était il si… relâché ? Anthony n’y prêta pas attention, se redressant dans le lit pour envoyer les couvertures balader et partir dans une nouvelle quinte de toux. Une quinte de toux qui projeta de dangereuses gouttelettes de sang dans sa main. « Vous savez tout ça, vous le savez et vous vous en fichez ? Vous me foutez de la menthe sciemment alors que vous savez pertinemment que je vais crever, que ça ne va pas marcher ? En plus d’être ridicule, cette allergie est bien plus virulente que toutes celles que vous connaissez, b#rdel ! » Des larmes coulaient à présent sur les joues d’Anthony, peu habitué à cela mais ne s’y attardant pas, encore une fois. « N’avez-vous aucune p#tain de considération pour le sang-pur que vous tuez ? N’avez-vous aucune p#tain de considération pour… pour… pour ce que je suis, pour ce que je veux, pour ce qui est marqué dans ce fichu dossier qui me suit depuis dix sept ans ! » La voix du Serpentard augmenta d’un ton encore lorsqu’il commença à crier. « Vous êtes supposés soigner les gens, pas les tuer ! »

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MessageSujet: Re: « Le malade prend l'avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade. » [pv Erbin Jefferson Blevins]   

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