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 Berio ─ try to figure out we're meant to be together

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But baby running after you is like chasing the clouds
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► date d'inscription : 02/02/2013
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MessageSujet: Berio ─ try to figure out we're meant to be together   Dim 3 Nov - 7:15




Berio
Samedi, huit heures approximativement

Nerio mâchonnait distraitement sa brioche, suivant docilement Benjamin dans les couloirs. C’était assez comique d’ailleurs, cette soudaine docilité qu’il avait. Si il faisait l’analyse de la situation, là tout de suite, il aurait éclaté d’un rire ironique. Il était en train de suivre un garçon, qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, ou seulement selon des rumeurs et des "on dit" qu’il avait saisit de ci de là dans les conversations de ses compères qu’il détestait, soit disant en passant, dans un château qui lui était encore presque totalement inconnu, sauf les endroits les plus importants et intéressants, et en plus, il sautait l’occasion d’un bon petit déjeuner. Ce que tu ferais pas pour … Ne vas pas au bout de ta pensée, Conscience, ou je m’énerve. Ça aurait pu être mieux, en gros. Mais, parce que oui, il y a toujours un mais, tous ces petits détails étaient balayés par la personne qui l’accompagnait. Surtout son physique en fait. Donc, tout en engloutissant son pain au lait sucré, avec un peu de classe, tout de même, l’italien jetait de fréquents coups d’œil au Serdaigle, se faisant une joie de le détailler, mais tout ceci de façon discrète. Il n’allait pas prendre le risque de passer pour une petite pucelle en chaleur, comme il en existait beaucoup de ce putain de château. Mais tu es une petite pucelle en chaleur, Nerio. J’aimerais que ces mots n’aient jamais passés la barrière de tes lèvres imaginaires, tu es au courant de ça ? Mais c’est vrai, mon cher petit ! Mais tais toi donc un peu, tu veux ! On s’en fou de ma vie sexuelle là ! Ah ouais ? Mais là, en fait, explique moi Nerio, pourquoi tu t’approches de Benjamin et tu y attaches autant d’importance à ce garçon ? C’est pas juste un manque de ce côté-là ? Non mais… Non ! Arrête de dire ça ! C’est faux ! Mais bien sûûûr ! Je te crois pas, l’italien !

Il passa négligemment une main dans ses cheveux, qu’il avait prit soin de laquer et de mettre en forme ce matin, histoire de ne pas se retrouver avec un nid sur la tête. Pas glamour pour un sou. Faut dire que la douche et les shampooings tous les jours ne l’aidaient pas franchement à avoir une coupe sexy à la sortie de la cabine. C’était plutôt dans le genre guerre mondiale avec bombe nucléaire ou comme si troupeau de vaches lui était passé dans les cheveux. La technique du «  je passe ma main dans mes cheveux pour faire style je suis un bad boy » était plutôt sa méthode infaillible pour savoir si il était toujours correctement coiffé en fait, et n‘avait pas pour but, à la base, de paraître ténébreux et torturé auprès de tout le monde. Oui, une fille lui avait fait cette remarque dernièrement, elle lui avait dit que tout le monde, - souvent là ce tout le monde à son goût, peut-être même trop, pouvait deviner qu‘il était ténébreux et torturé et qu‘il n‘avait pas besoin d‘accentuer ce côté-là de sa personne. Il lui avait ri au nez, sans pouvoir s’arrêter. Un espèce de rire nerveux incontrôlable.  Ténébreux et torturé… Tu es plutôt une petite licorne rose et pleine de vie, Nerio ! Elle a vu ça où, la gamine ? J’en sais rien, mais je suis pas une licorne rose. Non, c’est vrai, t’es le vilain petit canard. Oh, non, mieux ! Tu es jars ! Si j’en suis un, t’en es un aussi et je vais te tordre le cou si tu fermes pas ta gueule trente secondes d’affilées.

Pour faire bonne mesure et histoire que ça lui serve quand même un peu cette balade matinale dans les couloirs de l’école, le jaune prit la peine de regarder à droite à gauche quelques fois. Au cas où. Faudrait pas se perdre ici plus tard et se faire repêcher par Benjamin. Il aurait l’air d’un crétin fini. Mais peut-être qu’il avait déjà l’air d’un crétin fini à fouiller désespérément dans ses poches à la recherche d’un mouchoir pour s’essuyer les doigts. C’était pas spécialement son truc, le sucre collant qui irait, justement, se coller partout, sur sa robe - ouais, il portait un bout de tissu informe qu’on osait en plus appelé une robe, de sorcier, mais une robe quand même -, ses livres, ses parchemins, sa plume et toutes les autres affaires qui pourraient potentiellement passées entre ses mains collantes plus tard. Beurk. Fronçant le nez, déjà ennuyé de ne pas trouver un seul mouchoir en papier, en tissu, un bout de nappe, de drap, n’importe quoi en somme qui pourrait lui sauver la mise, il fallu qu’en plus du reste, se dresse sur son chemin une pierre qui semblait avoir jurer sa mort, en étant un peu plus surélevée que les autres. Trop absorbé dans ses recherches infructueuses de tissus, Nerio n’eut pas l’occasion, ni la chance d’ailleurs, de la repérer, et, avec la malchance qui semblait être sa meilleure compagne ces derniers temps, il se prit le pied droit dedans. Ça arrive, vous direz vous. Oui, bien sûr. Mais ça ne devrait pas arriver quand on est avec quelqu’un qu’on considère comme un futur copain. Parce que c’était une manière de se ridiculiser de façon pure et simple. Vacillant quelques instants sur son pied droit instable, il s’empressa de poser la gauche, de se rétablir sans tomber, de ne pas agripper le Serdaigle en couinant misérablement de surprise et de surtout, surtout pas s’étaler au sol comme une crêpe. Oui, ce fut ardu,  mais, par un miracle encore inexpliqué, le principe des miracles quoi, il y arriva. Tu devrais allumer un cierge à l’église. La prochaine fois que j’entre dans une église, je le fais. « Cazzo ! » Oui, parce que quand même, cette scène là sans juron, ce n’était pas possible.

Il se pinça l’arrête du nez, pour faire passer son énervement par rapport à sa stupidité, à cette maudite pierre qui avait eu le génie d’être là au bon moment et au bon endroit, avant de se rendre compte que, bien évidemment, il n’avait toujours pas résolu son soucis de sucre. « Putain de merde, ça commence à me les casser cette histoire là ! Merde ! » Ajoutez à cela un coup de pied dans la pauvre pierre à l’origine de ce drame, et vous aurez le parfait tableau du moment. Soufflant longuement, il fronça les sourcils avant de se rappeler que, oh merde, Benjamin était toujours là. Et qu’il devait passer pour un imbécile au yeux du préfet. Nerio serra les dents, se fit la réflexion que c’était assez mal parti cette histoire, et qu’il fallait vraiment qu’il fasse quelque chose pour ses mains poisseuses de sucre. Il sonda le couloir, cherchant une âme qui vive, et ô joie, une première année. Ce genre de mini, c’est obligé de se balader avec tout un attirail de survie hein ? Genre mouchoirs, bonbons, trousse de premiers secours, thermos, sac de couchage dans leurs poches ! Non Nerio, ce sont des premières années. Pas des boy scouts. Tant pis. Elle aura forcément un mouchoir, sinon je m’arrangerais pour qu’elle en ait toujours sur elle à l’avenir. Je croyais que tu traumatisais pas les enfants ? Je le croyais aussi. L’Angleterre, ça te change un homme, Conscience. « Attends moi trente seconde, je reviens. » Le basané ne prit même pas la peine de vérifier que Benjamin obtempérait à sa demande qu’il filait déjà vers la gosse. Non, il n’eut pas à la traumatiser, mais il ne garantirait pas ne pas l’avoir fait quand même, involontairement. Revenant sur ses pas en se frottant les mains, il se planta devant son interlocuteur, fourra le papier chiffonné dans une de ses poches, inspira un grand coup et lâcha un « on peut repartir, je te suis ! » très enthousiaste.

Après quelques minutes de silence, Nerio craqua et posa la question qui lui taraudait l’esprit depuis qu’ils avaient quittés la Grande Salle. « Benjamin, si tu n’es pas devenu préfet pour aider les nouveaux, pourquoi t’as accepté de l’être ? »




© charney

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