Partagez | 
 

 [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


Guerra, caza, y amores, por un placer, mil dolores Modo
avatar


personal informations

► date d'inscription : 25/06/2012
► parchemins : 3968


MessageSujet: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Mer 26 Juin - 12:14

⊹ Falling out of love is hard, falling for betrayal is worst. Broken trust and broken hearts. ⊹
« I remember years ago someone told me I should take caution when it comes to love, I did, I did. And you were strong and I was not, my illusion, my mistake, I was careless, I forgot, I did. And now when all is done, there is nothing to say, you have gone and so effortlessly, you have won.  »


L'été approchait à grands pas. Le soleil se faisait de plus en plus présent dans le ciel d'Angleterre, ce qui était loin pour déplaire à Naranja. Elle détestait tellement l'hiver et le froid qu'elle attendait toujours avec impatience le retour du beau temps et des grandes chaleurs, même si les températures estivales du Royaume-Unie étaient loin d'égaler celles de l'Espagne. Elle s'en contentait pourtant bien. Au moins, cette météo plus clémente avait des effets bénéfiques sur son moral. Depuis quelques jours, elle reprenait du poil du dragon comme disaient les sorciers, et cela se voyait. Elle recommençait à sourire, et elle se sentait mieux. Tout allait bien. Enfin, du moins tant qu'on ne prononçait pas le prénom maudit qui commençait par A. Ce mot était désormais banni de son vocabulaire et elle ne voulait plus en entendre parler. Plus jamais. Quand on l'évoquait devant elle, elle faisait la sourde oreille ou s'en allait, c'était mieux comme ça. C'était beaucoup plus facile de fuir que d'affronter la réalité. Mais en vérité, le déni qu'elle avait elle-même mis en place, elle commençait à s'y habituer, et pourrait même très bien continuer jusqu'à la fin de sa scolarité à Poudlard. C'était pour bientôt. Encore un an. Dix mois. Ce n'était rien dans une vie. Pourtant, la jeune Nara avait hâte d'y être. Revoir sa famille était la raison principale qui la motivait à rentrer dans son pays natal, le seul lieu au monde où elle se sentait réellement chez elle. Néanmoins, après avoir vécu six ans entre ses murs, elle éprouvait certains pincements au cœur en pensant aux personnes qu'elle chérissait et qu'elle allait devoir laisser de côté en retournant sur la péninsule ibérique : Kenneth et les deux Maddie étaient en tête de liste. Elle essayait de s'imaginer rester ici, vivre en Angleterre. L'idée ne lui déplaisait pas. En fait, depuis quelques temps, elle songeait carrément à s'installer un pied dans chaque pays. Elle n'était plus seulement espagnole. En vivant ici, elle était aussi devenue anglaise, bien malgré elle, et même si le mal du pays se faisait sentir, elle savait qu'une fois de retour près de Barcelone, l'air froid et grisant du Nord lui manquerait. La vie était mal faite n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, avant cela, elle devrait affronter les ASPIC et tenter d'en obtenir un maximum. Ce n'était pas gagné pour Nara qui n'était pas vraiment la fille la plus intelligente de la classe, et ce n'était pas faute de travailler. Elle était sérieuse et motivée, mais les notes ne suivaient pas toujours. Parfois, elle désespérait lorsqu'elle recevait des Troll ou des Piètre sur des devoirs où elle avait bûché comme une folle. Mais c'était comme cela. D'ailleurs, Nara devait redoubler d'efforts ces derniers temps car les examens de fin d'années arrivaient au galop, et il était hors de question pour la jeune espagnole de ne pas passer en septième année comme le reste de sa promotion. Cela se sentait dans l'air que les épreuves approchaient car les professeurs devenaient de plus en plus insistants, les bombardant de devoirs, de parchemins toujours de plus en plus longs à rendre.

Nara regarda sa montre et se hâta. Le cours débutait dans quelques minutes et il était hors de question d'être en retard. Même si elle était nulle en Métamorphose, Nara faisait toujours de son mieux pour maintenir son niveau tout juste à la moyenne. Elle ne demandait pas la lune, elle se fichait bien d'avoir un Optimal, un Acceptable lui suffirait largement. Elle arriva devant la porte où plusieurs élèves attendaient déjà. Elle n'eut même pas le temps de commencer à discuter avec d'autres camarades car la porte s'ouvrit, et la foule de jeunes pénétra dans la pièce. Comme à son habitude, Nara se plaça près de Ken qui lui offrit au passage un large sourire, qu'elle lui rendit après lui avoir tiré la langue. Ce garçon la rendait toujours de meilleure humeur. En même temps, il était difficile de ne pas lui sourire alors que tout son être respirait la joie de vivre. Lorsqu'elle n'allait pas bien, il était toujours le premier à lui remonter le moral. Ce n'était pas son meilleur ami pour rien. Il la connaissait si bien qu'il savait toujours trouver les mots qu'il fallait pour qu'elle se sente mieux. C'était réellement un garçon en or. Ils n'eurent même pas le temps de parler car rapidement, le silence se fit dans la pièce. Leur professeur de métamorphose venait d'enter. Le cours commença aussitôt et Nara nota scrupuleusement tout ce qu'il disait durant toute l'heure. À la fin de celle-ci, l'enseignant s'arrêta et déclara : « Pour mercredi, vous aurez des exposés à faire. » On commença à protester d'un bout à l'autre de la salle. Nous étions lundi, le laps de temps était plutôt court pour un exposé. Lorsque le professeur de métamorphose leva sa baguette, le silence fut instantanément rétabli. Personne n'avait vraiment envie de recevoir un doloris ou un sortilège mal placé. « Vous serez par binômes, et bien sûr, je fixe les duos. » Il composa ainsi les paires d'élèves de la classe. Nara attendait son tour docilement, et espérait un sujet intéressant. Elle enviait déjà Ken et ses sortilèges de disparition. Elle avait le chic pour tomber sur les thèmes les plus barbants et les plus ennuyants. « D'Alvarez. » Elle releva la tête et regarda ses camarades. Pete n'avait pas encore été pris, Hermès, et Maddison non plus, et d'autres peut-être, elle n'avait pas vraiment fait attention. « Vous serez avec Potter sur l'apprentissage des métamorphoses humaines. » Potter + D'Alvarez sur un exposé, ça ne fit qu'un tour dans la tête de la jeune espagnole qui s'écria : « J'pourrais pas être avec Levingston plutôt s'il vous plaît ? » La classe entière retint son souffle. Nara qui ne levait jamais la main et ne participait jamais venait de contredire la décision d'un professeur mangemort. Nara qui avait toujours eu des relations conflictuelles avec Pete préférait être avec lui plutôt qu'avec Albus. Le monde ne tournait décidément pas rond aujourd'hui. À moitié surpris, le professeur releva les yeux vers elle et dit « Non non, avec Potter. » Elle se renfonça au fond de son siège, ça ne servait à rien de répliquer, sinon, elle allait se prendre une retenue, ce qu'elle ne voulait pas. Rien ne serait pire que de se prendre une colle à cause de cet abruti d'Albus. Elle bougonna dans son coin pendant que les derniers élèves se faisaient répartir. Kenneth chuchota à son oreille : « Arrête de bouder et calme-toi. Je sais que c'est qu'un petit con prétentieux, mais calme-toi quand même. Serre les poings.  » Nara vit rouge mais répondit néanmoins discrètement « Mais comment tu veux que je me calme ? Il y a trente élèves dans cette classe et il faut que je me coltine ce petit con ! » Bien sûr, elle ne pensait pas vraiment ce qu'elle disait. Elle savait qu'Albus était quelqu'un de bien au fond, mais leur rupture lui restait en travers de la gorge. « Allez, fais un effort. Montre-lui ce qu'il a perdu cet abruti. » Nara détourna le regard et croisa les bras autour de sa poitrine. Non, elle ne voulait pas faire d'efforts. Elle ne voulait plus. Des efforts, elle en avait suffisamment fait durant tout le temps où ils étaient ensemble. Elle avait vraiment tout essayé. Elle avait cherché à le comprendre et elle avait cru y arriver à un certain moment. Il fallait croire qu'elle avait tout faux finalement.

Il l'avait quitté comme on jette sa première chemise et ça, Nara n'était pas vraiment prête à l'oublier. Elle était en colère contre lui et cette fureur ne s'amenuisait pas les jours passant. Au contraire, elle avait l'impression qu'elle n'avait qu'une idée en tête : exploser. La salle de classe n'étant certainement pas le meilleur endroit pour cela, elle se maîtrisa. Heureusement pour elle, la sonnerie annonçant la fin de la journée libéra les élèves. Elle vit Albus s'approcher d'elle, sans doute pour parler du devoir. Elle l'ignora superbement et déclara à Ken : « Dis à mon binôme que je l'attends pour dix-sept heures dans la salle désaffectée du quatrième. » Moins elle lui parlerait, mieux elle se porterait. Elle avait des envies de meurtres qui l'envahissaient tout-à-coup... Elle sortit rapidement de la salle et se dirigea vers les toilettes des filles. Il fallait qu'elle se calme. Elle se sentait pas bien. Vraiment pas bien. Elle posa ses mains sur le lavabo et regarda le miroir en face d'elle. On aurait dit une folle. Des tremblements secouaient tous son corps. Elle appréhendait la rencontre. Ce serait la première fois qu'ils se retrouveraient depuis la rupture, et Nara aurait préféré que ce moment n'arrive, disons, jamais. En réalité, elle ne voulait plus avoir aucun contact avec lui. C'était plus simple comme cela. Sa seule vue la rendait complètement hystérique en fait. Cela n'allait pas être simple. Vraiment pas simple. Elle ouvrit le robinet et passa un peu d'eau sur son visage et sur sa nuque. Elle soupira et sortit des sanitaires. Maddison et Madelyn étaient devant. « Nara, ça va aller ? » demanda l'une. « Va bien falloir. » répondit la jeune espagnole. « Allez, te mine pas pour ça, pense au devoir, et pas à lui, ok ? » Nara hocha vaguement la tête, même si elle savait très bien que cela serait bien plus facile à dire qu'à faire. Elles l'accompagnèrent à la bibliothèque où Nara emprunta quelques livres concernant leur sujet, histoire de ne pas arriver les mains vides devant Albus et de passer pour une idiote. Puis, se rendit au point de rendez-vous qu'elle avait imposé. Il y avait plusieurs raisons à ce choix qui était en réalité mûrement réfléchi. Tout d'abord, elle avait pensé à travailler dans un endroit neutre comme la bibliothèque, mais elle y avait trouvé plusieurs désavantages. Petit un, Nara ne pourrait pas crier contre lui si l'occasion se présentait, et comme elle se présenterait sûrement, elle avait anticipé. Petit deux, la bibliothèque était un endroit indiscret où tout le monde laissait traîner ses oreilles. Et elle avait bien l'intention de régler ses comptes avec Albus en privé... Pas question qu'on les embête. Petit trois, peut-être qu'en étant seul tous les deux, il lui révélerait enfin la véritable raison pour laquelle il l'avait quitté... Nara avait très mal pris le fait qu'il la plaque comme ça, sans rien dire. Elle voulait savoir la vérité, quitte à ce qu'elle soit vraiment dure à entendre et à encaisser. Les non-dits, les sous-entendus implicites, les réponses inexprimées, elle avait assez donné.

Elle pénétra dans la pièce et s'installa sur une table. Elle sortit son Manuel de métamorphose avancée et commença à feuilleter les pages qui concernaient son sujet lorsque la porte s'ouvrit. Nara ne leva pas les yeux. Pas besoin de vous faire une dissertation sur le pourquoi du comment si ? Petit a, si elle le regardait, elle aurait sans doute envie de lui arracher la tête. Petit b, elle se rappellerait les bons moments passés avec lui et cela lui briserait d'autant plus le cœur. Petit c, si elle croisait son regard émeraude, elle n'était pas certaine de pouvoir se maîtriser. Elle avait beau avoir établi certaines nouvelles règles le concernant ( comme arrêter de le contempler à chaque heure du jour et de la nuit ), elle n'était plus sûre qu'elle pourrait les appliquer avec lui aussi près d'elle. Elle lui en voulait tant. Cependant, cela ne l'empêchait pas de ressentir encore et toujours un pincement au cœur lorsqu'elle l’apercevait. Ça, c'était immuable. Malgré le temps qui passait, cela ne changeait pas.

Elle se pencha et ramassa la pile de livres qu'elle avait posé par terre. « Bon, malheureusement pour toi tu vas devoir me supporter jusqu'à ce qu'on termine ce foutu devoir. J'espère que ça sera pas trop dur pour toi, mais bon, au pire, tu pourras toujours trouver une excuse minable pour m'abandonner dès la première occasion. Sinon, tu peux partir, je vais le faire toute seule, je m'en fiche. » Bam, prends-toi ça dans les dents Potter. Cela donnait le ton de la conversation.

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



living louder, fighting harder
avatar


personal informations

► date d'inscription : 13/06/2010
► parchemins : 1753


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Mar 16 Juil - 14:20





IT'S JUST A MOMENT OF CHANGE, ALL WE ARE,
ALL WE ARE IS EVERYTHING THAT'S RIGHT
► all we are, onerepublic.

« Pete, je suis foutu, mais alors là foutu de chez foutu » Dit Albus, alarmé. Son meilleur ami leva vers lui un œil interrogateur. « Si je continue comme ça, je vais redoubler. » Il se prit la tête dans les mains, les coudes sur la table. Ils étaient  en cours de métamorphose, et comme à son habitude, Albus était à côté de Pete tandis que Blake s’était éloignée pour se mettre près d’Isis dans ce cours qui était commun aux Gryffondor et aux Poufsouffle de sixième année. Albus avait fini de protester envers Blake et il n’était vraiment pas loin d’abandonner ... Il avait beau lui sortir toutes les excuses du monde, Blake ne voulait rien entendre. C’était une vraie trahison pour elle, et avec ce qui était arrivé à Marcus, elle le prenait contre elle. On aurait cru que les promesses qu’elle lui avait fait il y a près d’un mois n’avaient servi à rien. Blake s’était tout de même éloignés d’eux.  Et maintenant qu’il  pensait, Albus aurait du faire promettre la même chose à Pete, parce que c’était lui à présent qui ne voulait pas le laisser tomber. Il avait une copine, nom d’un nom, il n’avait qu’à aller la voir, la soutenir. Albus en voulait bien de cette solitude. D’un côté, il l’avait choisi, mais d’un autre elle s’était imposée à lui… Il n’avait pas besoin d’être soutenu. Aujourd’hui, il devait se débrouiller en solo. C’était loin de l’enchanter comme idée mais il fallait bien qu’il s’y fasse…

« Ecoute, t’avais qu’à bosser comme tout le monde hein… » Lui répondit Pete pour le rassurer. Sympa. En attendant, il oscillait entre P et A ces temps-ci et avec la fin du Code Phénix ses notes avaient vraiment dégringolées. Autant être clair : Albus était une merde, une merde qui s’assumer ; mais il faisait de son mieux, il ne voulait absolument pas redoubler ! Ca signifiait une année de plus à Poudlard, à attendre. Auparavant il s’en serait contrefiché mais désormais, il avait plus que hâte de passer à l’action, de rejoindre James, de libérer son père… Albus soupira et colla sa joue sur ses bras croisés sur la table, désespéré, sous le regard moqueur de Pete et de Rose, cette dernière étant assise à sa droite. La métamorphose était, en plus, loin d’être une matière dans laquelle il excellait…  La dernière fois, il avait transformé une pauvre souris en une monstrueuse créature pourvue de diarrhée… le cours avait été annulé (c’était la partie chouette) mais ça ne l’aiderait en rien pour les examens de fin d’année (c’était la partie moins chouette). Mais il gardait encore espoir : il avait bien obtenu ses BUSEs l’année dernière… Bien qu’il n’avait pas les trois quarts de Poudlard (Résistants comme Obscurs) qui voulaient sa peau à l’époque. Il n’avait ni ex copine, ni ex meilleure amie qui voulaient le voir pendu au milieu du hall de Poudlard. Il n’était pas encore en froid avec Lily. Son père n’était pas encore à Azkaban. Par Merlin, il n’avait vraiment aucune chance…

Son regard était fixe, mais il lui fallut un moment pour réaliser qu’il contemplait les mains halées d’une certaine espagnole. Il rougit puis releva brusquement sa tête avant de changer de côté. Rose pouffa –il lui jeta un regard noir. Bon sang, que le cours commence  là, et vite… « Prends bien des notes Rosie, je suis fatigué… » Déclara-t-il d’une voix somnolente. Eh oui, Albus commençait effectivement à se prendre en main et à faire des efforts côtés cours… Il ne lui en fallut pas plus pour s’assoupir. Il fut réveillé en sursaut par Pete qui frappa de son poing la table. « Hein ? Mais t’es mala- » « Tu devrais écouter, on parle de toi  » cracha-t-il en faisant un signe de la tête vers celle qu’il essayait désespérément d’éviter. « J'pourrais pas être avec Levingston plutôt s'il vous plaît ? » Pete fit ne grimace scandalisée, mais ne répliqua pas. Albus fit les gros yeux. Qu’est-ce qu’il pouvait bien se passer pour qu’il ne fasse pas un de ses fameux rires amers ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien se passer pour que Nara demande à être à côté de Levingston ? Histoire de remettre les pendules à l’heure, les deux se vouent une haine inconditionelle… Ken était à côté d’elle, c’était son meilleur ami, qu’il sache. Pete de son côté était très bizarre. Il devait être en train de se demander qu’elle était la meilleure option, parce que ni Nara ni Pete ne semblait vraiment content de la situation. Non, décidément Albus ne comprenait que dalle, encore une fois.  « Malgré toute ma bonne ma bonne volonté, il a fallut que ça soit un exposé de merde qui ruine tous mes efforts ! Satané hispanique, espèce de… » Pete continua de grommeler dans sa barbe tout le cours, pendant qu’Albus, réalisant ce qui se passait (enfin !) après que Rose le lui ait expliqué se demandait pourquoi le destin s’acharnait de la sorte sur lui.

A la sortie du cours de métamorphose, Albus trainait des pieds. Nara était sortie avant lui, l’ignorant majestueusement tandis qu’il ne pouvait regarder à la dérobée que son dos  et ses belles jambes de danseuse… « Devance moi, je pense pas que je vais aller en cours de potions, je manque de sommeil… » Lança-t-il à Pete en baillant. La vérité était qu’il avait besoin de réfléchir un petit peu à- SBAAAM. Il se retrouva soudainement prit par le col de sa chemise puis aplatit contre un mur. Une main s’était emparée de son cou. Albus ouvrit grand les yeux en suffoquant pour découvrir son agresseur. Il avait à peine eu le temps de réaliser ce qui se passait. Pas de panique, les gars. C’est un pote. En fait, Kenneth Shaun voulait tout simplement le tuer. « Ne t’avise plus de la regarder de la sorte. Elle n’est plus à toi. J’aurais déjà du te refaire le portrait à l’heure qu’il est. » Une  voix brutale, un visage rouge de colère. Nara avait du lui dire tellement de choix affreuses sur lui –qui n’étaient même pas vraies d’abord. Pas étonnant qu’il lui en veuille. Si Blake avait eu des ex, Albus n’aurait surement pas été copain avec eux… Après c’est vrai qu’Albus n’avait peut-être pas fait signifier à Nara que c’était mieux qu’ils se séparent de la meilleure manière qu’il soit. « Mais t’as un exposé à faire d’abord, Nara me tuerait... Si j’apprends que tu lui as ne serait-ce que touché un cheveux… » Kenneth grommelait des bouts de phrases. Il semblait lutter contre l’envie de lui écraser la tête comme une noix et celle de le laisser s’enfuir pour ne pas qu’il laisse Nara travailler seule. Il était clair qu’il désapprouvait au moins autant que Pete et Nara le choix du professeur. Albus essayait désespérément de lire autre chose dans son regard. Mais non. Aucune compassion. On n’aurait même pas dit que lui et Albus avaient été un jour amis. A ses yeux, Albus avait utilisé Nara puis l’avait jeté comme une chaussette. « Aucun contact physique. Tu te tiens à deux mètres. Pas un millimètre de moins. Je serais pas loin. Je t’observe le naze. » Albus ne comprenait pas ce qu’il voulait signifier par là. Il comptait le filer ? Ken défit un peu son emprise. Albus prit une grande bouffée d’air. Il n’osait rien dire. Le comportement de Shaun était justifié… Enfin bon, c’était surtout qu’il ne voulait pas se battre avec le meilleur ami de Nara. Quoi ? Vous vous demandez pourquoi il ne voudrait pas maintenant qu’ils n’étaient plus ensemble ? Mais de quoi on se mêle… « Moi au moins je respecte les femmes. Toi… » Il marqua une pause en le fusillant du regard. « Tu mérites… » Il frappa le mur à deux centimètres de la pauvre tête d’Albus qui déglutit. Ken n’avait pas besoin de continuer sa phrase. C’était déjà assez explicite comme ça. « Et avant que j’oublie, Nara te donne rendez-vous POUR TRAVAILLER dans la salle désaffectée du quatrième étage à dix-sept heures. » Il s’écarta de lui ; Albus eut du mal à reprendre son équilibre. « Ne lui pose pas encore un lapin ou je t’écrase pour de bon cette fois, microbe. » Albus hocha la tête avant de le regarder s’éloigner, le cœur plein de culpabilité. Il avait encore perdu un ami.

Albus se dit que ça ferait vraiment très mauvais genre d’arriver avec rien dans les mains. En attendant l’heure convenue, il fit quelques petites recherches de son côté, et Rose l’aida même un peu tant elle avait pitié de lui. Avant d’entrée dans la salle, il remarqua Kenneth qui l’attendait au coin du mur. Il jeta un œil à sa montre. Oui, il n’était pas en retard. Il soupira de soulagement. Il leva le pouce puis adressa un pauvre sourire à Ken avant de se précipiter dans la salle désaffectée. « Ahem Nara ? » Il s’avança pour s’installer à ses côtés. Bonne ou mauvaise idée ? Plus mauvaise que bonne.  Les paroles de Kenneth lui revirent en tête –il se sentit un peu nauséeux tout à coup, en réalisant qu’il ne devait pas être loin. De plus, il allait avoir vraiment du mal à se concentrer s’il était aussi proche d’elle… Mais non, Albus se décida tout de même à prendre place sur le même banc, en gardant une distance raisonnable.

« Bon, malheureusement pour toi tu vas devoir me supporter jusqu'à ce qu'on termine ce foutu devoir. J'espère que ça sera pas trop dur pour toi, mais bon, au pire, tu pourras toujours trouver une excuse minable pour m'abandonner dès la première occasion. Sinon, tu peux partir, je vais le faire toute seule, je m'en fiche. »

Par Merlin, est-ce qu’elle allait comprendre qu’il ne voulait pas être fâché avec elle ? Que ce n’était pas parce qu’ils avaient rompu qu’il la détestait pour autant ? Bon admettons, Nara devait le haïr à présent, mais lui il était toujours fou amoureux. Il faisait tout pour l’oublier. Il y mettait du cœur, sincèrement. Mais ce n’était pas aussi facile que ça pouvait le paraître. Le souvenir de Nara restait avec lui chaque jour, et c’était encore plus difficile de l’oublier quand il la croisait presque matin midi soir… Elle ne semblait pas être des plus heureuses, certes, mais elle était vraiment bien entourée et avait tout pour l’être. Sa rupture avec Albus n’était pas censé la rendre aussi maussade… non ? Albus n’était décidément pas encore prêt à y comprendre quelque chose aux relations amoureuses… Mais pour le moment, il n’avait nullement l’intention de demander pardon à Nara et de tenter de se remettre avec elle. Il fallait vraiment qu’ils s’éloignent l’un de l’autre. Albus était au moins sûr de ça.

« Arrête de dire des bêtises, je vais pas te laisser faire cet exposé toute seule » Lui dit-il simplement, un peu vexé. C’est vrai que c’était tout à fait son genre de laisse son partenaire se dépatouiller avec le boulot tandis que lui mettait un peu d’ambiance… Mais ce n’était pas la première fois qu’ils travaillaient ensemble. Elle devait au moins savoir que lorsqu’ils étaient en binôme, il faisait beaucoup plus d’efforts qu’à l’ordinaire… Bon d’accord, c’était uniquement lorsqu’il était avec Nara qu’il travaillait un minimum, même si c’était loin d’être fameux. Et puis, maintenant qu’ils n’étaient plus ensemble, ça n’allait pas changer. Les mots de Nara l’avaient un peu piqué au vif… il fallait l’avouer.
Un silence assez gênant se mit en place. Nara avait évidemment fait une légère allusion à la rupture. Avec du recul, même si ça avait semblé être la meilleure solution pour Albus sur le moment, ça n’avait pas vraiment été sympa de l’abandonner de la sorte. Et puis la gifle qui s’en était suivie (la deuxième surtout), il ne l’avait pas encore digérée… Mais pas question de faire des règlements de compte. Ils étaient là pour travailler, et Albus devait remonter sa moyenne. Point. Il posa un parchemin qui était parsemé de petites notes brouillonnes devant elle : « Alors regarde, j’ai essayé un peu de me renseigner. C’est bien sur les potions régénératrices ? »

Aucune allusion. Aujourd’hui, Albus était professionnel (si ce n’était pas beau ça!). Il était là pour du boulot et rien d’autre. Et oui, se tromper de matière, en confondant cet exposé avec celui qu’il faisait avec Adrian en potions était un bon début…

« Je propose qu’on divise les taches : chacun fait des recherches de son côté et on assemble tout après. » Moins ils auraient à parler, plus ça serait simple. Bon sang, qu’est-ce que c’était difficile d’être à ses côtés. Albus prit un livre, se détourna légèrement, pour ne pas l’avoir dans son champ de vision pendant qu’il était concentré. Enfin, pendant qu’il essayait d’être concentré. Nara sentait tellement bon. Rien que le fait de savoir qu’il était dans la même pièce qu’elle, tout seul… Il savait d’avance que sa productivité serait réduite de 70%.

__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Guerra, caza, y amores, por un placer, mil dolores Modo
avatar


personal informations

► date d'inscription : 25/06/2012
► parchemins : 3968


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Mer 17 Juil - 9:38

⊹ Falling out of love is hard, falling for betrayal is worst. Broken trust and broken hearts. ⊹
« I remember years ago someone told me I should take caution when it comes to love, I did, I did. And you were strong and I was not, my illusion, my mistake, I was careless, I forgot, I did. And now when all is done, there is nothing to say, you have gone and so effortlessly, you have won.  »


Le souffle court, Nara inspira, puis expira doucement. L'attente était difficile. Son cœur était compressé dans sa poitrine, elle ne se sentait pas très bien. Finalement, elle s'en voulait d'avoir donné rendez-vous à Albus pour l'exposé. Elle n'avait pas été très maline sur ce coup-là. Elle aurait bien mieux fait de régler ça par courrier. Enfin, par hibou quoi. Elle se serait occupée de la première partie, lui de la deuxième, ou l'inverse, et ils n'auraient pas eu besoin de se parler, et encore moins de se voir. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Quelle idiote ! En tout cas, aussi étrange que cela pouvait paraître, à cet instant, ne pas croiser Albus lui semblait une alternative plutôt bien trouvée. Elle s'apprêtait à se lever pour partir et lui poser un lapin lorsqu'il entra. Pour une fois, il était à l'heure. Tsss... Décidément, ces derniers jours, il faisait tout pour la contrarier, et ça sans même le vouloir. Il s'asseyait dans son champ de vision en cours, dans la Grande Salle, dans le Parc, bref partout. Il apparaissait au moment où elle ne le voulait pas. Il se débrouillait pour se retrouver avec elle pour un exposé. La jeune espagnole était maudite, c'était certain. Allez, elle souffla une fois de plus pour se donner un peu de contenance, et surtout, du courage. Mais Nara n'était pas à Gryffondor, du courage, elle n'en avait pas à la pelle. La preuve, elle osait même pas le regarder dans les yeux. C'était légitime. Si elle commençait à l'observer, elle n'arriverait plus à s'arrêter, c'était certain. Elle préféra continuer de lui jeter des coups d'oeil à la dérobée. « Ahem Nara ? » Elle murmura : « M'appelle pas comme ça. Tu t'abstiendras de toute forme de familiarité avec moi. Pour toi, ça sera D'Alvarez, ou Naranja. Pas Nara. Y a que mes amis qui m'appellent pas comme ça. T'en fais pas partie. » Nara la garce. Nara la méchante. Nara avait le cœur brisé. Toujours se cacher derrière un masque. Ne pas montrer ses émotions. C'était son lot quotidien depuis la rupture, et même bien avant... Elle ignorait si Albus tomberait dans le piège. Ils avaient été si proches à une époque... Mais celle-ci était révolue. Il fallait qu'elle en prenne conscience, et lui aussi.

Il s'assit près d'elle, et la torture débuta. On aurait presque dit que rien n'avait changé. Combien de temps avaient-ils passé tous les deux à travailler ? D'abord, dans l'optique des cours de drague, mais ensuite, surtout, pour les examens. Nara s'en souvenait que trop bien, et cela lui déchirait le cœur, une fois de plus. Pour marquer une rupture bien définitive entre eux, elle fut même tenter de se lever et de s'installer un peu plus loin, mais ce n'est pas cela qui facilitera leur échange, alors elle ne fit rien, même si l'envie s'en faisait sentir. La preuve, elle avait vaguement esquissé un geste pour le faire, et s'était même sans s'en rendre compte éloigné légèrement de lui. Autant de signes qui montraient qu'elle n'avait aucune envie d'être là. Sa présence lui était devenue insupportable. Le professeur en avait fait exprès, c'était sur. Il lui en voulait, il l'avait prise en grippe, il voulait qu'elle souffre ou quoi ? Parce que oui, sous ses airs de guerrière espagnole, Nara n'en menait pas large. Elle n'était plus aussi forte qu'elle l'avait été, et tout cela, c'était à cause de lui. À l'intérieur, tout était brisé, mais en public, il fallait faire bonne figure, et elle s'évertuait à en convaincre les autres. Ses plus proches amis n'étaient pas dupes, mais ils ne faisaient pas de commentaires et elle en était reconnaissante. De toute manière, elle leur avait bien fait comprendre qu'elle ne voulait plus qu'on aborde le sujet et ils respectaient plutôt bien sa volonté jusqu'à présent. Cela l'aidait beaucoup, même si elle sentait qu'elle commençait tout doucement à s'engouffrer dans un déni complet. Feindre que tout allait bien, c'était vraiment bien plus simple. Affronter la réalité était trop difficile, et aussi également bien trop douloureux. Nier l'évidence faisait moins mal.

« Arrête de dire des bêtises, je vais pas te laisser faire cet exposé toute seule. » Nara soupira de nouveau, et contrariée, ajouta : « Ah ouais, et pourquoi pas d'abord ? Tu crois que je suis trop débile pour y arriver toute seule peut-être ? » Mauvaise foi quand tu nous tiens... Orgueilleuse, Nara ne l'était pas vraiment d'ordinaire, mais à cet instant précis, il lui semblait nécessaire de lui montrer qu'elle n'avait absolument pas besoin de lui, que ce soit dans sa vie sentimentale que dans sa vie d'étudiante. Même si c'était absolument faux. Depuis la rupture, elle se sentait vraiment seule, même si elle était entourée de ses amis. Cela l'énervait de demeurer aussi dépendante de lui alors qu'il avait rompu. Voilà une raison de plus pour le détester un peu plus. Mais elle n'y arrivait pas. Son cerveau lui intimait de ne pas se décourager, de prendre sur elle et de commencer une nouvelle vie où il ne ferait pas partie, mais son cœur disait tout le contraire. Son cœur voulait être près de lui C'était pas bien compliqué non ? Elle continua : « Ah bah oui, c'est vrai, si je suis trop conne pour qu'on me fournisse des explications, je le suis forcément aussi pour boucler un exposé par moi-même. » Nara n'était pas de bon poil. Ça se voyait non ? Ça se sentait non ? Chaque mot qu'elle prononçait était une attaque personnelle contre lui. Chaque mot était soigneusement choisi pour lui rappeler qu'il l'avait largué comme une vieille chaussette sans la moindre justification, sans la moindre excuse. Elle s'en fichait pas mal de l'exposé au final. Elle voulait parler, elle voulait la vérité. Qu'il lui dise pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Mais pas tout de suite. Plus tard. Après. Quand le devoir sera terminé. Quand elle pourra lui gueuler dessus sans que cela n'entrave le travail qu'il devait rendre. Prenant sur elle, elle dit : « Bon, on s'y met. » Un silence s'installa entre eux. Ça, c'était nouveau. D'habitude, Nara monopolisait pas mal la parole, Albus écoutait, intervenait parfois – souvent -. Mais aujourd'hui, Nara n'était pas d'humeur, pas du tout même. Elle évitait soigneusement son regard depuis qu'il était arrivé. Il ne fallait pas qu'elle succombe. C'était vital. Si elle le faisait, elle n'était pas certaine de pouvoir retenir les larmes qui ne tarderaient pas à apparaître aux commissures de ses yeux. Bref. Pour éviter cela, il suffisait de ne pas s'abandonner à la tentation destructrice qui lui demandait ardemment de capituler. Elle ne pouvait pas, elle ne devait pas.

Elle continuait de chercher le meilleur moyen d'écourter leur rendez-vous lorsqu'il posa un parchemin froissé devant elle en disant : « Alors regarde, j’ai essayé un peu de me renseigner. C’est bien sur les potions régénératrices ? » Nara releva brusquement la tête. Il se foutait de sa gueule là. Il était sérieux ? Elle comprit rapidement que oui lorsqu'il rajouta : « Je propose qu’on divise les taches : chacun fait des recherches de son côté et on assemble tout après. » Elle poussa un juron en espagnol, marmonna quelques mots, se prit la tête entre les mains et murmura, tout en sachant qu'il ne comprendrait certainement pas. « Joder ! Es estúpido. Estúpido. Estúpido. No comprendo. Imbécil. » Elle se frotta la nuque, pour ne pas succomber à l'envie d'extraire la stupidité de son cerveau en ouvrant sa cervelle de moineau. « T'as l'air vachement impliqué, c'est sûr. Vraiment trop. Bon, pour toi, je vais faire une petite mise au point. Notre sujet, c'est l'apprentissage des métamorphoses humaines. T'as saisis ? Tu veux que je répète, je sais pas ? En potions, t'es avec Adrian. En méta, avec moi. C'est pourtant pas compliqué. » Bien sûr qu'elle faisait attention au moindre de ces faits et gestes... Bien sûr qu'elle surveillait tout ce qu'il faisait, à chaque heure, à chaque minute, à chaque seconde. Elle commençait à haïr toutes les filles qui l'approchaient de près ou de loin, et à les maudire, à pestiférer contre elles, à en vouloir à Albus de leur sourire gentiment alors qu'il ne daignait même pas la regarder elle. Tout était prétexte pour se plaindre de lui et déblatérer des atrocités sur son compte.

Elle lui balança à la figure ses propres recherches. Elle au moins, avait travaillé sérieusement avant de venir. « Lis. » ordonna-t-elle, sèchement. Son ton autoritaire la surprit elle-même. Qu'est-ce que cela lui ressemblait pas de jouer au petit chef... Elle n'aimait pas du tout. Elle se détesta aussitôt et rajouta doucement en baissant la tête : « Enfin, si tu veux quoi, c'est ce que j'ai trouvé... » Elle ferma les yeux, prête à craquer. Elle attendit un retour qui tardait à venir sur ce qu'elle avait déjà écrit. Ça ne venait pas, alors elle se leva sans faire de bruit, et commença à regarder par la fenêtre. Être dans la même pièce que lui, seul à seule, c'était un exercice qu'elle n'appréciait pas du tout. Finalement, elle aurait du choisir la bibliothèque. Elle voulait lui hurler dessus, lui dire ses quatre vérités, et elle n'y arrivait pas. Il l'énervait au plus haut point. Il se foutait de sa gueule. Il la plaquait. Il se trompait sur l'exposé qu'ils devaient faire ensemble. Et elle continuer à l'aimer désespérément. Bêtement. C'était ridicule. Stupide. Absurde. Elle commença à taper du pied nerveusement, se tritura les mains, et finalement retourna s'asseoir. « Bon, alors ? » Soit il savait plus lire, soit... bah il savait plus lire. « QUOI ? T'AS PERDU TA LANGUE OU QUOI MERDE. » dit elle, haussant la voix. Lunatique la jeune espagnole ? C'était bien possible. Elle ne comprenait plus rien. Elle repoussa le banc sur lequel elle était assise depuis deux secondes à peine et se releva brusquement, se détournant de lui. Il devait la prendre pour une cinglée, ce qu'elle était sans doute à cet instant précis. Plus rien ne comptait, elle était comme déconnectée de la réalité. Elle supportait plus. Passant avec rage ses mains dans ses longs cheveux, elle fut surprise que plusieurs mèches ne s'arrachent pas, tant ses gestes étaient vifs et rapides. Elle allait exploser. Elle pouvait pas, elle pouvait plus. « DÉGAGE. » Le ton était sans appel. Elle sentait les larmes monter. Non, elle ne voulait pas. Elle ne voulait plus pleurer pour lui, ça serait lui accorder trop d'importance. « Je t'en prie, Al. Pars. » Cela ressemblait plus à une requête tout-à-coup. « Tant pis, on s'en fout. Je passerais à Ken ma partie, tu verras avec lui. J'peux pas moi. Désolé, j'peux pas. » En fait, elle ignorait totalement les menaces que son meilleur ami avait prodigué à l'encontre de son ex petit ami. Mais si elle l'avait su, cela lui aurait complètement égal. Il n'avait qu'à se débrouiller. Elle avait cru qu'elle pourrait supporter sa présence, mais en fait, elle n'était pas assez forte. Tout son être lui intimait des réactions et sentiments totalement contradictoires. Perdue, on pouvait vraiment dire qu'elle l'était. Tout ça à cause de ce petit con de Potter. « J'peux pas rester là près de toi, c'est pas possible, c'est plus possible. Nan, je peux pas, vraiment pas. » Elle se répétait mais elle s'en fichait. Elle avait joué la carte de la sincérité. Elle ne supportait plus sa présence, c'était aussi simple que ça. Elle ajouta : « Désolé. » Elle dodelina de la tête, luttant pour que les larmes traitres ne trahissent pas ses émotions. Rien n'allait plus. Les barrières qu'elle croyait avoir fièrement établies autour d'elle s'étaient brisées dès qu'elle l'avait vu. Elle passait du coq à l'âne en cinq secondes chrono depuis qu'il était entré dans la pièce. Tout était confus dans la tête de Nara, mais n'importe quelle autre personne pouvait comprendre que ses pensées chaotiques et illogiques montraient à quel point son cœur balançait entre deux positions opposées, et qu'il n'arrivait pas à départager les deux camps. L'amour. La haine. On ne savait plus trop bien. La jeune fille elle-même l'ignorait. Tout se mélangeait.  


Spoiler:
 

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



living louder, fighting harder
avatar


personal informations

► date d'inscription : 13/06/2010
► parchemins : 1753


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Ven 19 Juil - 8:22





IT'S JUST A MOMENT OF CHANGE, ALL WE ARE,
ALL WE ARE IS EVERYTHING THAT'S RIGHT
► all we are, onerepublic.

Albus sentit le rouge lui monter au visage lorsqu’elle lui annonça qu’il ne devait plus l’appeler Nara. Mais n’importe quoi, avant même qu’ils soient amis il l’appelait comme ça. Ca faisait mal c’était clair, mais c’était légitime… probablement. Il ne savait quoi en penser. Ce dont il était certain, c’était qu’il n’aimait pas. Il hocha la tête, lentement. C’était les inconnus qu’il appelait par leur nom de famille, ou les gens qu’il n’aimait pas. Or c’était loin d’être le cas pour « d’Alvarez ». Mais il pouvait au moins respecter ça. Il n’avait surement pas du être très réglo la dernière fois qu’ils s’étaient parlé… Albus faisait encore des rêves où l’issue du moment de leur rupture était différente. Il la prenait dans ses bras, lui séchait ses larmes, lui disait qu’il ne l’abandonnerait jamais, lui disait qu’il l’aimait… Tout ça c’était fini. Au fond il se disait que, si le destin avait voulu qu’il ait autant de mal à trouver l’amour, ce n’était peut-être pas pour rien. C’était triste, mais ça voulait sûrement dire que ce n’était pas pour lui, tout ça –du moins que ça n’était pas pour maintenant. Pas tant que les clans seraient en guerre. Pas tant que les proches d’Albus seraient menacés. Lord Voldemort le lui avait bien fait comprendre. « Je peux torturer qui je veux, quand je veux, où je veux. Je sais qui sont tes proches. Ce n’est pas un vulgaire rejeton de Potter qui va m’en empêcher. » Voldemort n’avait aucune limite. Il l’avait montré nombre de fois… Au bal, comme durant la séance de torture publique… Il aimait trop Nara pour risquer sa vie. Elle connaissait trop de choses sur lui qui pourraient lui porter préjudice (à Nara, pas lui –lui il s’en foutait).

Plus le temps passait sans Nara, puis il réalisait l’ampleur de la place que cette jeune fille avait prit dans sa vie. Plus il réalisait que tenter de l’oublier relevait de l’impossible. Elle avait été tellement présente ces derniers mois dans sa vie… S’il s’était aperçut plus tôt qu’il ne lui apporterait jamais rien de bon, il aurait pu limiter la casse.

Albus était quand même un peu fier de lui proposer un plan de travail. Hé ouais, vous croyez quoi, Al il peut être grave sérieux quand il veut. Mais vu les jurons que Nara proliférait en espagnol, celle ci ne semblait pas trop apprécier l’Albus travailleur. Pas qu’il comprenne quoique ce soit  l’espagnol, mais « estupido » ressemblait étrangement à « stupide » -enfin, c’était ce qui lui semblait. Ne sous estimez pas les prouesses intellectuelles de ce jeune homme, please. Il est beaucoup moins con que vous pourriez l’imaginer (on ne demande qu’à voir ça…). Albus se risqua à un regard vers l’espagnole. Elle semblait vraiment désespérée. Quoi ? Elle n’appréciait pas qu’Albus fasse preuve de bonne volonté ? C’était vraiment pas sympa. Il croisa les bras en fronçant les sourcils.

« T'as l'air vachement impliqué, c'est sûr. Vraiment trop. Bon, pour toi, je vais faire une petite mise au point. Notre sujet, c'est l'apprentissage des métamorphoses humaines. T'as saisis ? Tu veux que je répète, je sais pas ? En potions, t'es avec Adrian. En méta, avec moi. C'est pourtant pas compliqué. »

BAM, la claque. Fallait pas trop lui en demander hein ! Estime toi heureuse qu’il ait fait des recherches (c’est Adrian qui va être content tiens, lui qui avait prévu de le laisser se dépatouiller…). Ce n’était pas tous les jours qu’il se mettait au boulot, alors on y va doucement… Intérieurement, il se maudissait d’avoir fait une telle bêtise. Elle devait surement penser qu’il l’avait fait exprès, tout ça pour rien faire au final. Albus réceptionna avec surprise les recherches qu’elle lui avait violement jeté. Elle lui en voulait vraiment tant que ça ? Albus se sentait de plus en plus malheureux à cette idée. D’un ton des plus déplaisants, elle lui ordonna de lire –il s’exécuta, non sans difficulté. Il y avait bien trop de mots ! et puis… Nara était là, et ça changeait tout. Elle lui en voulait. Est-ce que… Elle l’aimait encore ? C’était vraiment égoïste de penser ça, mais il se tuerait si ce n’était plus le cas… C’était lui non, qui avait voulu qu’ils s’en arrêtent là ? C’était lui qui voulait que Nara l’oublie. C’était lui qui voulait oublier Nara, également. Pourtant… au fond de lui, il voulait tellement se rassurer. Il voulait tellement se dire qu’il s’était passé quelque chose, que Nara ne pouvait pas l’oublier aussi facilement. Que ça n’était pas encore fini, qu’il y avait encore de l’espoir pour que dans un futur lointain quand il n’aurait plus à risquer sa vie et quand Nara sera en sureté… Il ne pouvait pas la laisser le détester comme ça !

Il n’y avait aucune trace d’amour dans ses propos. Que de la haine. Albus confus, ne savait plus quoi dire. « Enfin, si tu veux quoi, c'est ce que j'ai trouvé... » Il releva la tête aussitôt, espérant croiser un regard doux… Mais non, elle avait à son tour baissé la tête. Peut être qu’elle ne me déteste pas tant que ça au final. Cette pensée eut le mérite de le rassurer un peu, et il put commencer tranquillement la lecture des travaux de Nara.

Difficile de rester concentré quand votre ex que vous aimez toujours est là, juste près de vous, en train d’attendre que vous émettez un commentaire intelligent sur son travail alors que vous, vous ne connaissez strictement rien au sujet. Albus commençait sérieusement à se poser des questions sur la valeur de son QI. Et puis Nara s’était levé, il se demandait plus à quoi elle pouvait bien penser qu’il ne lisait. Il leva les yeux. Sa chevelure brune étincelait au soleil. Elle était mignonne quand elle était énervée. Même si elle l’était plus quand elle n’était pas énervée. Un peu moins quand elle pleurait (c’était rare), mais tout de même. Tout compte fait, elle était tout le temps mignonne. Lorsqu’il la vit bouger pour reprendre sa place, Albus se ressaisit et reporta un regard sérieux vers le parchemin qu’il tenait en main. « Bon, alors ? » Il n’avait pas été plus loin que le titre. Albus lui adressa un sourire gêné avant de faire semblant de continuer sa lecture. Bon sang, à quoi il jouait ? Nara allait bientôt penser qu’il n’avait pas envie de travailler (ce qui n’était pas loin de la réalité, cela dit). « QUOI ? T'AS PERDU TA LANGUE OU QUOI MERDE. » Albus recula brusquement, surpris du ton. Il ne s’était pas attendu à ça. Nara était vraiment au moins aussi tendue que lui. « Ho calmos, j’ai pas fini » Se défendit-il. Il se mit sérieusement à lire. Si c’était quelqu’un d’autre que Nara… Il ne se serait pas gêné pour répliquer. Là, il était impuissant. Prisonnier de ses sentiments. Il froissa légèrement le papier tant il le serrait fort. Les Animagi sont de nos jours les exemples les plus pertinents de… « DÉGAGE. »  Albus la contempla, dépassé. Il était loin d’être doué, on pouvait l’admettre, mais là il donnerait sa main au dragon s’il avait fait quoi que ce soit qui méritait un tel ton. « Qu’est-ce qu’il y a Nara… anja ? » Il avait toujours eu du mal à prononcer le j, la jota espagnole. Il détestait l’idée d’écorcher son prénom, et pourtant il n’avait plus tellement le choix. Il se refusait de l’appeler par son nom de famille.
Il savait très bien ce qui se passait, mais il ne s’était pas attendu à ce que Nara exige même qu’il parte. Nara était forte d’ordinaire. Albus n’était pas son premier ex. Elle pouvait aller au delà de ça non ? Bon certes, il ne l’avait jamais vu parler à Hermès mais… « Je t'en prie, Al. Pars. » Oh Merlin. Comment résister à un ton pareil ? Albus secoua la tête de gauche à droite. Ca sentait pas bon.

« Tant pis, on s'en fout. Je passerais à Ken ma partie, tu verras avec lui. J'peux pas moi. Désolé, j'peux pas. » Ken, la grosse blague. Il lui avait bien fait comprendre tout à l’heure que s’il n’y avait pas eu ce foutu exposé, il lui aurait démoli le portrait. Hors de question qu’il lui adresse la parole tant que… Tant que quoi ? Ken ne pourra plus jamais être son ami vu que Nara ne semblait pas prête à l’oublier. « J'peux pas rester là près de toi, c'est pas possible, c'est plus possible. Nan, je peux pas, vraiment pas. » Albus était perdu. Il fallait qu’elle se reprenne en main, sinon lui aussi allait craquer. Pour vous dire là où il en était : il se retenait de lui prendre la main pour la rassurer, se retenait de la prendre dans ses bras. Désormais, ce genre de geste me sont interdits. « Désolé. » Albus ferma les yeux et tenta de se concentrer sur l’essentiel. Nara voulait qu’il parte… Et puis quoi encore ? « Désolé » Répondit-il en écho, en pensant sincèrement ce mot. Mais il y avait autre chose. Elle me gifle parce que je l’ai laissé seule dans un couloir et maintenant elle veut que je la laisse seule encore. Décidément, il n’y comprendrait jamais rien au cerveau féminin ou alors il était vraiment con –la deuxième option étant la plus probable. Albus se sentait vraiment vexé, il en avait marre que tout le monde se monte contre lui. A un moment il fallait arrêter quoi. Nara exagérait.

Albus lui répondit, beaucoup plus froid qu’à l’ordinaire, autoritaire: « Je partirais pas. On est là pour travailler. Fais avec. » Il n’avait pas envie qu’elle parte. Il voulait encore profiter de quelques regards volés, de quelques mots qu’ils pourraient s’échanger, même si ce n’était plus vraiment des mots d’amour. Il ne voulait pas de sa haine, mais s’il devait choisir entre ça et son amour, alors il n’avait pas le choix. Il préfèrerait qu’ils se comportent comme des camarades de travail. Ca devait pas être bien compliqué non ? De laisser tout derrière eux, le temps d’une heure ? D’oublier l’espace de soixante minutes à quel point ça faisait mal de se dire que c’était terminé ? De, pendant trois mille six cent secondes faire semblant de s’entendre ?

A tout ça s’ajoutait le fait qu’il n’accepterait pas de jouer au lâche une nouvelle fois. Il avait passé son temps à la fuir, il l’avait abandonné. Il serait peut-être mieux que les rôles s’inversent au moins une fois. Histoire que Nara ne lui reproche plus ça.

Albus réfléchissait. Nara souffrait de sa compagnie, c’était évident. Il avait l’impression d’être le mal incarné. « Visiblement c’est toi qui a du mal à rester concentrée. C’est toi qui devrais partir plutôt. Je fais l’exposé tout seul. Je demanderais de l’aide à Rose si tu préfère, je suis sur qu’elle a déjà fini son exposé, ça la dérangera pas. » En disant ces mots, il se détourna d’elle pour ne pas avoir à croiser un regard qui le ferait fléchir. Dur ? Peut-être, m ais ça commençait à bien faire. Il n’y était absolument pour rien, il ne voyait pas pourquoi Nara s’acharnait sur lui, en ce moment du moins. Albus était orgueilleux. Nara, même dans leurs anciens cours de drague ne s’était jamais adressée à lui de la sorte. Marre d’être le con de service. Fallait arrêter de se foutre de sa gueule à un moment. Quand il est pas là, elle est pas d’accord, et quand il est là, elle n’est pas non plus d’accord…

« C’est dur pour toi, mais crois pas que ça ne l’est pas pour moi aussi alors arrête de te plaindre, ça n’arrange rien. » Ajouta-t-il sans toutefois oser la regarder.

Il lui tendit ses notes, se demandant si elle comptait les reprendre malgré tout. Elles lui seraient utiles, vu qu’il s’était trompé de sujet. Sinon il n’avait plus qu’à aller à la bibliothèque chercher de quoi s’instruire.




__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Guerra, caza, y amores, por un placer, mil dolores Modo
avatar


personal informations

► date d'inscription : 25/06/2012
► parchemins : 3968


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Sam 20 Juil - 14:04

⊹ Now and then I think of when we were together
Like when you said you felt so happy you could die ⊹
« I remember years ago someone told me I should take caution when it comes to love, I did, I did. And you were strong and I was not, my illusion, my mistake, I was careless, I forgot, I did. And now when all is done, there is nothing to say, you have gone and so effortlessly, you have won.  »


Ça bouillonnait de partout dans le corps de Nara. Elle sentait le passage de chaque goutte de sang tambouriner avec force dans ses veines et ça lui donnait un mal de tête affreux. S'ajoutait à ceux tous les tracas qu'elle devait gérer au quotidien. La vie de la jeune espagnole était loin d'être facile, même si au fond, elle savait qu'il y avait bien pire qu'elle. Il fallait qu'elle cesse de se comporter en parfaite égoiste, et qu'elle pense aux autres un peu. Mais penser aux autres, c'était difficile lorsque tout son cœur ne réclamait que lui. Albus. Elle s'évertuait à tout faire pour l'oublier, mais le moindre petit détail le lui rappelait. Que ce soit la couleur de ses draps, la taille de ses robes ou les livres qu'elle lisait, il y avait toujours quelque chose qui la ramenait inlassablement vers le jeune Potter. Potter, c'était un aimant vachement collant, dont elle n'arrivait pas à se débarrasser. Les premiers temps, après leur rupture, elle s'était mise en tête d'essayer de le faire changer d'avis, parce qu'il fallait qu'il change d'avis mais après avoir compris que c'était peine perdue, elle était passée par un stade qui ne lui ressemblait pas : la colère. Mais la colère, chez Nara, cela englobait pas mal de chose qui ne lui correspondait pas. Déjà, elle avait l'impression de devenir plus sauvage, plus méchante, plus comme Anjelica, et cela la perturbait beaucoup. Finalement, elle se disait qu'il n'avait suffit d'un rien pour qu'elle devienne lunatique. Nara avait toujours le sourire avant Albus. Nara riait pour un rien avant Albus. Nara ne pleurait jamais avant Albus. Tout cela, c'était de l'histoire ancienne. La jeune espagnole avait même l'impression d'avoir pris dix ans dans la tête. Elle ne comprenait rien. Elle avait vu des tas de filles se faire plaquer, et aucune n'avait réagi comme elle réagissait à sa rupture. Certes, les premiers temps, certaines étaient peinées, mais rapidement, elles retrouvaient le goût de la vie, batifolaient avec d'autres garçons. Mais la Poufsouffle avait l'impression que si cela n'avait pas marché avec Albus, ça ne marcherait avec aucun autre, et ça, c'était dur à concevoir à seize ans. À seize ans, on voulait s'amuser, profiter de la vie. Le grand amour, on y croyait, mais on ne pensait pas le trouver avant au moins cinq ou dix ans, une fois installé dans la vie active. Pourtant, pour Nara, l'amour lui était tombé dessus par hasard. Et à peine avait-elle eu le temps de profiter de ce bonheur qu'on lui offrait, on lui avait violemment arraché. Comprenez qu'elle en veuille à l'autre imbécile qui l'avait plaqué. Nara savait qu'elle était mauvaise avec lui. Albus n'avait pas une vie facile, et s'il n'était pas heureux et comblé avec elle, elle pouvait concevoir qu'il avait préféré en rester là. Cependant, ce n'était guère facile à accepter. S'énerver contre lui était plus facile. Même si elle s'en voulait. « Qu’est-ce qu’il y a Nara… anja ? » Elle déglutit doucement, lui tournant toujours le dos. Dieu du ciel, que c'était dur de résister à ça. Albus l'avait rarement appelé par son véritable prénom lorsqu'ils étaient ensemble, parce qu'en réalité, pratiquement toute l'école la surnommait Nara, et ce, depuis toujours. Mais elle avait toujours aimé la manière dont son nom sonnait bien dans sa bouche. Et l'entendre dire à nouveau, c'était comme si on lui enfonçait pour la centième fois un couteau dans le cœur, et qu'on remuait la chaire à vif, pour que jamais elles ne se referment.

« Désolé » déclara-t-il après son accès de folie. Oui, c'était bel et bien de la folie qui avait animé la bouche de la jeune espagnole. Elle ne se sentait plus vraiment maître de ses émotions. Elle se sentait seule, et incroyablement délaissée. Pourquoi il lui disait désolé d'abord ? Désolé qu'elle soit triste et malheureuse au point de ne plus supporter sa présence, ou désolé parce qu'il n'en avait rien à faire de ce qu'elle pouvait bien ressentir au fond ? Elle espérait que cela soit plutôt la première solution, la deuxième aurait été trop cruelle. Mais c'était un fait, Albus lui avait fait mal comme personne d'autre ne l'avait blessé. Même Anjelica n'avait pas réussi à dépasser le seuil, la limite que Nara pouvait supporter. Là, c'était simple, c'était intenable. Même si depuis quelques jours, elle sentait qu'elle allait un peu mieux, dès qu'elle le voyait, cela repartait de plus belle. C'était plus facile lorsqu'il n'était pas là, voilà pourquoi Nara n'avait qu'une idée en tête, finir ses études au plus vite pour se barrer de Poudlard, quitter l'Angleterre et ne plus jamais y remettre les pieds. Pour cela, elle devait bosser et avoir des bonnes notes. Guère évident lorsque la personne à cause de qui elle voulait absolument partir était aussi  celle qui devait l'aider à attendre cet objectif. Albus. Ce petit con, cet enfoiré, ce lâche. Elle ignorait comment faire pour survivre sans le voir, sans le toucher, sans l'embrasser. Mais à cet instant, elle voulait qu'il parte. Ce qu'il n'avait pas l'air décidé à faire. Il le lui fit bien comprendre, en disant qu'ils étaient tous les deux là pour travailler, et qu'elle n'avait qu'à s'en accommoder. Nara eut aussi l'envie de lui hurler dessus. On aurait dit que lui n'en avait que faire d'être là avec elle, et que cela aurait Nara ou bien une autre, cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Pourtant, Nara, cela lui coûtait d'être dans la même pièce que lui. Comprendre que ce n'était pas le cas pour le jeune Potter lui fit plus de mal qu'elle ne le pensait. Il n'en avait rien à faire d'elle. Il s'en fichait. Elle avait l'impression qu'elle était la seule des deux à morfler comme une dingue de leur rupture. Mais en même temps, c'était tout à fait normal, c'était lui qui l'avait plaqué, et non pas l'inverse.

« Visiblement c’est toi qui a du mal à rester concentrée. C’est toi qui devrais partir plutôt. Je fais l’exposé tout seul. Je demanderais de l’aide à Rose si tu préfère, je suis sur qu’elle a déjà fini son exposé, ça la dérangera pas. » Nara le regarda de biais, et elle le vit se détourner légèrement. Son regard se fixa sur sa nuque, celle qu'elle avait tant aimé caressé autrefois...  Nara, reconcentre-toi ! Lui insuffla sa petite conscience. Elle secoua la tête. Elle savait que le devoir serait sans doute mieux fait par Rose seule que par Albus et elle réunis, mais tout de même, elle ne le voulait pas. C'était son devoir, et c'était à elle de le faire. Il était hors de question que Rose travaille pour elle. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais il fut plus rapide. « C’est dur pour toi, mais crois pas que ça ne l’est pas pour moi aussi alors arrête de te plaindre, ça n’arrange rien. » Elle vit rouge et ferma la bouche. Vexée, elle se rassit près de lui et se tut pendant quelques secondes, tentant de remettre un peu d'ordre dans ses idées. Sa dernière phrase restait suspendue dans l'air. ''mais crois pas que ça ne l'est pas pour moi aussi''. Pourquoi avait-il dit ça ? Souffrait-il aussi de la rupture ? Non, c'était stupide. Il avait mis fin à leur histoire, il l'avait ignoré depuis leur rupture, la traitant comme si elle n'était rien, comme si ils n'avaient jamais rien vécu ensemble, comme si elle n'était qu'une étrangère. Pas un regard, pas un sourire, pas un mot. Rien. Nada, comme on disait chez elle. Elle répliqua d'une voix plus calme : « J'ai des raisons de me plaindre quand mon ex petit-ami se fout de ma gueule. » Elle secoua la tête et continua : « Ouais, finalement, je ne te ferais pas le plaisir de partir. » Elle attrapa ses notes qu'il lui tendait, tout en continuant à l'ignorer. Puis finalement, les lui rendit. « T'as toujours pas lu. J'ai besoin de ton avis. » Elle lissa ses notes devant eux, et préféra prendre la parole et tout dire d'un seul coup, pour éviter d'ouvrir la bouche de nouveau : « Comme tu as vu, enfin, non, t'as pas vu, étant donné que t'as pas encore lu, mais bon, j'ai divisé le devoir en deux parties, pour que ça soit plus simple à répartir. J'ai déjà pas mal avancé sur le premier point de mon côté, alors je me disais que je pouvais prendre celui là, et pour toi, j'ai déjà trouvé pas mal d'infos sur le deuxième dans ce bouquin là... » Elle se pencha pour attraper le manuel qu'elle avait emprunté quelques heures plus tôt. Elle retrouva la page rapidement, elle y avait mis un post-it rose. Comme toujours. Nara mettait du rose partout dans sa vie lorsqu'elle le pouvait. Elle lui passa le livre et repoussa ses cheveux derrière son épaule. Qu'est-ce qu'il faisait chaud... Elle ignorait si c'était la météo qui lui procurait cette drôle de sensation ou la personne qui était près d'elle... Elle avait la désagréable impression que c'était plutôt à cause d'Albus... « Tu peux regarder si tu veux. J'ai annoté les pages quelque part par ici... » Elle souleva deux trois parchemins. Nara, c'était sans doute aucun la personne la plus désordonnée qu'il existait. Mais bon, ça Albus était habitué. « Là, j'ai trouvé, page quarante, cinquante-trois, et de soixante à soixante-cinq. » Elle avança sa main pour tourner les pages jusqu'à trouver la bonne au moment où Albus fit de même. Leurs mains se touchèrent et son contact l'électrocuta. Cela la surprit tellement qu'elle releva les yeux vers lui et croisa ses prunelles émeraude. Merde. Elle serra les dents, certaine de plus réussir à se détacher de ses iris. Qu'est-ce qu'ils lui avaient manqué... Ses yeux, c'était ce qui avait directement plu à Nara, avant même qu'elle ne tombe amoureuse de lui. Leur éclat était sans précédent, et Nara avait toujours eu extrêmement de mal à s'en détacher. Elle ouvrit la bouche doucement et murmura « Al'... ». Puis baissa la tête, rompant le contact. La gorge serrée, et elle ne savait plus quoi dire. Pourtant, il le fallait. Il fallait qu'elle sache. Maintenant. « Pourquoi ? » demanda-t-elle. « Pourquoi tu m'as fait ça ? Tu disais que je ne risquais rien avec toi... » C'est ce qu'il avait dit. Maintenant, c'était fini. « Tu disais que tu m'aimais. » Elle n'osait pas relever la tête. Elle n'osait plus. « Je comprends rien. » Oui, ça, elle en était certaine. Elle était totalement perdue.   « Tu disais que tu voulais... enfin, que toi et moi, on le fasse, tu disais que ... » Elle soupira.  « Enfin, tu m'as dit plein de chose au final. Non, c'est bon, cherche pas, j'ai compris. T'as tourné la page. » Elle ferma les yeux. Le dire à voix haute, c'était comme l'accepter un peu plus. C'était affreux. Il lui avait fait tant de promesses qu'il n'avait finalement pas tenu, et Nara était déçue. D'un autre côté, elle avait du mal à ne plus être avec lui, de ne plus lui parler. Et même si elle n'était pas du tout prête à lui pardonner, elle espérait tout de même qu'un jour, ils se retrouveraient. En toute amitié bien sûr. Enfin, du côté de Nara, c'était toujours l'amour fou et déraisonné qui habitait son cœur. Mais cet amour, elle devait l'oublier, elle devait le faire taire. Puisqu'il ne ressentait pas la même chose pour elle. Mais perdre cet amour c'était comme fermer son cœur à tous les autres hommes. Ce n'était guère évident. Surtout lorsqu'il était à ses côtés. Nara releva la tête, et fixa un vieux tableau où des traces de craies subsistaient. Il fallait qu'elle pose la question. Rien qu'une fois. Juste pour être sûr.  « Tu m'aimes plus ? » Elle se retourna et le scruta attentivement, redoutant sa réponse. L'entendre, ça ferait sans doute plus mal qu'autre chose, mais elle en avait besoin si elle voulait avancer. Tant que demeurerait un infime espoir, elle continuerait à croire en eux.

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



living louder, fighting harder
avatar


personal informations

► date d'inscription : 13/06/2010
► parchemins : 1753


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Jeu 25 Juil - 6:22




I REMEMBER TEARS STREMIN' DOWN YOUR FACE
WHEN I SAID I'D NEVER LET YOU GO
► safe & sound, taylor swift.

Albus avait décidément la poisse. Allez faire comprendre à Nara qu’il serait mieux pour tout le monde qu’ils se mettent tranquillement à travailler. Et Albus n’était clairement pas le mieux placé pour le lui dire. Quand bien même c’était son ex, ils devaient travailler ensemble. Albus avait fait des efforts, et même s’il s’était trompé de sujet, on ne pouvait pas le nier. Albus aurait beau être le plus grand salaud comme le plus docile des hiboux de la terre, ça ne changerait probablement rien pour elle. C ‘était une situation bien trop tendue ; la tension était presque palpable. Nom d’une chocogrenouille. Il ne demandait quelqu’une chose : qu’elle se calme, en même temps que les battements de son cœur d’ailleurs. « J'ai des raisons de me plaindre quand mon ex petit-ami se fout de ma gueule. » « mon ex petit-ami » C’était la première fois qu’il entendait de sa bouche utiliser cette expression pour le désigner, lui. Albus se sentit tout petit. Il protesta aussitôt.« Je me fous pas de ta gueule. » Donc tu n’as aucune raison de te plaindre. Mais n’importe quoi oui. Il ne faisait rien, c’était elle qui s’emportait pour rien. Albus ne l’avait jamais vue les nerfs aussi à vif. Fallait croire que c’était de sa faute. Mais aujourd’hui, il était innocent. Il lui demandait de faire comme si rien ne s’était passé. Etait-ce trop demandé ? Peut-être que oui. Albus n’arrivait pas à se mettre à sa place, il n’arrivait pas, malgré tous ses efforts à comprendre avec quelle logique le cerveau de Nara fonctionnait. Il avait cru pourtant la connaître par cœur, il y a quelques semaines seulement. Il ne savait pas non plus comment lui aurait réagit dans la situation inverse. Si ç’avait été Nara qui l’avait laissé tombé sans plus d’explications que ça… Il aurait insisté. Il aurait lutté pour la récupérer. Il n’aurait pas abandonné aussi facilement. Albus, honteux, baissa la tête. « Ouais, finalement, je ne te ferais pas le plaisir de partir. » Intérieurement, Albus se sentit soulagé -et il se maudit de l’être. Depuis le début, c’était plus fort que lui, il voulait passer un peu de temps avec Nara, tenter de lui décrocher un de ses rares sourires (c’était un peu égoïste, mais il n’y pouvait rien).  Il avait de moins en moins d’espoir quant à ça à présent, mais tout de même, il ne pouvait s’empêcher d’espérer entrevoir une ombre de leur complicité passée. (Et puis, mis à part ça, ça aurait été mine de rien difficile de continuer le boulot sans elle. Ouais. Il avait beau affirmer le contraire, il n’était pas sûr que Rose accepterait de l’aider à faire un exposé entier à quelques semaines des examens. ) « T'as toujours pas lu. J'ai besoin de ton avis. » Certes, certes. Il reprit les parchemins qu’elle lui tendait, un peu déçu mais il n’en montra rien. Eh oui, le pauvre loulou, il avait tout de même un peu espéré pouvoir s’en tirer comme ça… On ne le changera pas. Nara dut se dire que les choses iraient plus vite si elle lui faisait la lecture ou si elle lui expliquait un minimum en quoi consistaient ces notes. Albus hochait la tête au rythme de ses dires, pour lui faire signifier qu’il suivait un minimum. « Comme tu as vu, enfin, non, t'as pas vu, étant donné que t'as pas encore lu, mais bon, j'ai divisé le devoir en deux parties, pour que ça soit plus simple à répartir. J'ai déjà pas mal avancé sur le premier point de mon côté, alors je me disais que je pouvais prendre celui là, et pour toi, j'ai déjà trouvé pas mal d'infos sur le deuxième dans ce bouquin là... » Elle lui tendit un livre ; Albus fut content d’apprendre qu’il n’aurait pas à le lire en entier. Albus observait du coin de l’œil Nara tandis qu’elle ramenait ses cheveux derrière son épaule. « Tu peux regarder si tu veux. » Albus sursauta. Quoi ? « J'ai annoté les pages quelque part par ici... » Ah d’accord. Incapable de se focaliser sur ses paroles, il la regardait toujours à la dérobée pendant qu’elle fouillait parmi ses parchemins et leva les yeux juste à temps. « Là, j'ai trouvé, page quarante, cinquante-trois, et de soixante à soixante-cinq. » Là, Albus eut une illumination. Nara allait enfin le prendre au sérieux s’il se mettait à participer un minimum à ses explications. Fier de son idée, il se mit à tourner les pages pendant qu’elle parlait, puis il rencontra la main de Nara. La pire idée qu’Albus n’ait jamais eut par la suite fut de lever ses yeux pour rencontrer le regard chocolat de l’espagnole. Et encore si ça avait été bref. Non, il avait été insistant. Peut être même avide ? En tous cas, il ne voulait pas détacher son regard. C’était comme si ce simple regard lui permettait de revivre leurs baisers, leurs caresses, leurs plus beaux moments. Et elle, qu’est-ce qu’elle trouvait dans ses yeux ? Pourquoi ne détournait-elle pas le regard ? Albus crut y voir avec soulagement des yeux amoureux –à moins que ce ne soit de l’incrédulité. Elle devait y voir la même chose. Bon sang qu’est-ce qu’il foutait ? Ce n’était pas comme ça, en la regardant désespérément qu’elle allait lui faire oublier son ex minable.  Et ce n’était pas comme ça que lui non plus allait l’oublier. Bien sûr c’était chose impossible de son côté. Lui, il n’avait qu’à vivre avec la douleur d’un amour impossible et espérer que Nara trouve quelqu’un de bien (juste après lui avoir refait le portrait, mais ça c’était une autre histoire). Et puis, ce n’était pas en se perdant dans ses yeux qu’ils allaient avancer dans ce foutu devoir ! Le retour à la réalité fut dur lorsque Nara baissa les yeux. Qu’est-ce qu’il avait espéré ? Qu’ils passeraient le restant de l’heure à se fixer amoureusement comme ça ? Il sentait dangereusement venir la série de questions gênanted. Albus soupira silencieusement et tenta de se concentrer sur le livre (ce qui était loin d’être facile et relevait même de l’impossible).

« Al'...  Pourquoi ?  Pourquoi tu m'as fait ça ? Tu disais que je ne risquais rien avec toi...  Tu disais que tu m'aimais.  Je comprends rien.  Tu disais que tu voulais... enfin, que toi et moi, on le fasse, tu disais que ...  Enfin, tu m'as dit plein de chose au final. Non, c'est bon, cherche pas, j'ai compris. T'as tourné la page. » Nara ferma les yeux. Ca lui faisait vraiment mal de la voir dans cet état. De la voir aussi frustrée. C’était vrai. Il lui avait dit qu’il l’aimait. Il lui avait dit qu’à part elle il n’avait jamais eu d’autre petite amie et qu’il comptait bien garder celle-ci. Qu’il voulait faire durer cette relation le plus longtemps possible. Pour toujours peut-être. C’était naïf, candide, enfantin, tout ce que vous voulez, mais il l’aimait suffisamment pour y avoir cru. C’était vrai également qu’il avait eu envie d’elle, envie de partager avec elle une nuit d’amour. Tout cela était loin maintenant. Cependant, elle avait tort sur une chose : il n’avait pas encore tourné la page.


Nara lui lança un regard attentif ; elle sembler redouter quelque chose. « Tu m’aimes plus ? » « Bien sûr que si ! » Répondit-il sans plus réfléchir en fronçant les sourcils, vexé. Il ne réalisa qu’après coup ce qu’il venait de lui répondre et fut soudainement absorbé par la contemplation du pot à encre posé sur le bureau en face de lui. Il baissa les yeux, confus. « Je veux dire, c’est pas la question. On s’en fout des sentiments non ? On n’est pas faits pour être ensemble. » La réponse avait été tellement évidente, même s’il aurait aimé que ça ne soit plus le cas. Ca aurait été bien plus simple. Il ne l’aimait pas,  non, il était juste fou d’elle. Il pensait encore à elle. Tous les jours. Il rêvait d’elle, d’eux, d’une quelconque réconciliation. Il passait la plupart de son temps libre à imaginer, malgré lui, ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait au moins accepté de garder Nara à ses côtés. Il aurait tout donné pour ne plus avoir autant de responsabilités, et pour pouvoir vivre cet amour innocent. Albus se détestait de vivre autant dans le passé et dans un conditionnel qui n’existera jamais. Il avait toujours rit de ces personnes qui préféraient réfléchir plutôt qu’agir, et aujourd’hui, paradoxalement, il se retrouvait à faire de même.

Suivant son cœur et contrant sa raison, il lui attrapa la main et se mit à la caresser doucement avec le pouce. Il répondit d’une voix calme : « Tu as raison. Je te dois des explications. Mais tu dois me promettre de, malgré tout, ne pas t’opposer à… mon choix. »  Il ne savait pas s’il prenait la bonne décision en acceptant de lui dire le pourquoi du comment. S’il devait écouter les questionnements incessants de sa tête, il serait déjà parti lorsqu’elle le lui avait ordonné. Il savait que lorsqu’il laissait faire son instinct, il faisait rarement des miracles. Mais là, il avait envie de lui faire confiance et en avait marre de jouer la carte du lâche, de celui qui évite la confrontation. Il était peut-être temps de mettre les points sur les i. Peut-être qu’au final, Nara comprendrait. Peut-être qu’elle serait moins agressive, moins triste. En tous cas, tenir la main de Nara le calmait, et il se sentait plus fort. Il ne la regardait plus cependant, de peur de commettre la même erreur que précédemment.

« Je t’ai ai dis plein de choses que je pensais réellement. Et j’ai tout fait pour que ça soit possible. » Il était sincère. Il avait tout fait, mais il s’était également  laissé emporté par le fil de l’action. Il lui avait menti, au final. Est-ce qu’on pouvait dire pour autant qu’il avait fait tout son possible ?« Mais j’ai voulu être trop gourmand et tu sais bien qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie. » Il pensait au Code Phénix, à la Résistance. Il pensait à ses proches dont il s’était plus ou moins volontairement éloigné, et dont l’absence se ressentait chaque jour un peu plus. Il pensait à la vie et aux drames qui l’attendaient après Poudlard. Et peut-être même avant sa sortie du collège. S’il savait encore ce qui l’attendait… Il ne croyait pas si bien dire.

« Et puis j’ai réalisé que je m’étais trompé de voie depuis le début et qu’il serait mieux pour nous deux d’arrêter de nous voir. » Comme pour illustrer ses propos, il lâcha sa main. Il avait un goût amer dans la bouche. Il avait regretté d’avoir laissé tombé Nara à la minute même où il avait prononcé les mots fatidiques. Et il continuait encore de regretter. Bien qu’au fond il savait que ça avait été la bonne décision. Ses explications étaient loin d’être claires, mais il ne voyait pas comment il pourrait le lui faire signifier autrement. Il lui disait la vérité, mais il avait peur qu’elle le prenne mal. Il ne voulait pas qu’elle comprenne par là qu’il regrettait d’être sorti avec elle. C’était loin d’être le cas. C’était juste les répercutions de cette relation qui étaient plus graves. « C’est pas parce qu’on n’est plus ensemble que je ne tiens plus à toi. »  Il ne la regardait pas. Il avait la sale impression de lui donner une leçon de morale. Pire : il était sur le point de l’embrasser.  Ce ne serait pas la chose la plus judicieuse à faire là. Non, il était juste un peu en train de lui expliquait pourquoi il l’avait largué… Sérieusement, en ce moment, il n’avait envie que de ça. Retrouver le contact de ses lèvres, les caresser doucement du bout des siennes. Il lui restait juste assez de bon sens pour se retenir. « T’as le droit de me détester, m’insulter, me frapper, me haïr, fais ce que tu veux, je m’en fous. » Il ajouta, plus difficilement : « Mais je te demande qu’une chose en contrepartie » Il leva vers elle un regard dur qu’il tenta de dénuer de tout sentiment, de toute émotion. « Oublie moi. »

[/color]

__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Guerra, caza, y amores, por un placer, mil dolores Modo
avatar


personal informations

► date d'inscription : 25/06/2012
► parchemins : 3968


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Dim 28 Juil - 4:20

⊹ J'aurais aimé que mon chagrin
ne dure qu'un instant. ⊹
« Tu sais que j'ai du mal encore à parler de toi. Il parait que c'est normal, il n'y a pas de règles dans ces jeux là. Tu sais j'ai la voix qui se serre quand je te croise dans les photos, tu sais j'ai le coeœur qui se perd, je crois qu'il te pense un peu trop. J'aurais aimé tenir ta main, un peu plus longtemps…, j'aurais aimé tenir ta main, un peu plus longtemps…. J'aurais aimé que mon chagrin ne dure qu'un instant. Et tu sais j'espère au moins, que tu m'entends. »


Ça devenait de plus en plus difficile de rester là, assise, à jouer, à faire semblant, alors qu'il se trouvait tout près d'elle, à quelques centimètres seulement. Nara devenait totalement folle. Elle n'y arrivait plus, pourtant, elle s'évertuait à tout faire pour garder son sang-froid si durement retrouvé. La jeune espagnole n'était pas le genre de personne qui s'énervait facilement, pourtant, elle avait bel et bien pété les plombs face à Albus. Et tout cela à cause d'un fichu exposé... Il devait sans doute être très étonné de la voir ainsi. Même après le bal du Lord, même après toutes les conneries qu'il avait bien pu faire, il n'avait jamais eu à voir cette facette de la personnalité de Nara qu'elle n'affectionnait pas du tout. Être en colère, éclater, perdre le contrôle d'elle-même, c'était plutôt rare de la voir ainsi. Mais là, ça allait un peu mieux. Elle avait réussi à se maîtriser et à se calmer. Même si la tension était vraiment palpable, tout risquait d'exploser au moindre petit pic mal placé. Elle avait même du mal à respirer. Elle n'arrêtait pas de penser et de se répéter dans sa tête 'inspire, expire' pour mieux se contenir et aussi pour se donner plus de contenance. Surtout que depuis qu'elle avait croisé ses yeux émeraude, elle se sentait faiblir à chaque instant qui passait. Son contact l'avait électrocuté, rencontrer ses yeux l'avait trop troublé. D'un seul coup, en une fraction de secondes, tous les bons moments passés avec lui avaient resurgi dans sa mémoire, et toutes ses bonnes résolutions étaient passées à la trappe. Naranja savait très bien qu'elle avait sans doute l'air d'une pauvre fille qui était encore folle amoureuse de son ex mais faire semblant de ne rien ressentir face à lui, c'était vraiment mission impossible. Nara s'en voulait terriblement de ne pas réussir à garder le contrôle. Qu'est-ce qui le différenciait des autres garçons avaient qui elle était sortie ? Elle n'en savait rien, mais il avait ce truc en plus qu'elle détestait. Ce truc qui faisait qu'elle était devenue faible. Et stupide aussi. La preuve. Lui demander s'il l'aimait encore était une question idiote.

« Bien sûr que si ! » Nara releva la tête si brusquement qu'elle sentit les os de son cou craquer. « Quoi ? » s'exclama-t-elle d'une voix aiguë et étranglée. Il avait l'air confus, et la jeune espagnole l'était tout autant, si ce n'était plus. Perdue, voilà ce qu'elle était. Au même moment, un espoir fou et déraisonné commença rapidement à naître en elle et se propagea dans son corps encore plus vite que la colère ne l'avait fait quelques secondes plus tôt. Il fallait l'avouer, ce n'était pas du tout la réponse à laquelle elle s'attendait. Sa réaction à sa question, elle l'avait prévu, elle l'avait anticipé et elle s'était même mentalement préparée à encaisser le choc mais il l'avait prise de court. Entendre de sa bouche, indirectement mais il l'avait tout de même dit, qu'il l'aimait encore, c'était exactement tout ce que Nara ne pouvait concevoir. Tout cela n'avait aucun sens. Aucun. Dans l'esprit de la Poufsouffle, on ne quittait pas les gens qu'on aimait. C'était contre-nature. Albus était devenu fou. Cinglé. Ou alors, il n'avait pas compris ce qu'elle lui avait dit. Pourtant, c'était simple comme bonjour. C'était impossible. Tout se bousculait dans la tête de Nara. Ses pensées défilaient à une vitesse folle, certaines lui intimaient de lui sauter dessus, de l'embrasser et de lui dire qu'elle l'aimait et à quel point il lui avait manqué, et d'autres la mettaient en garde. Les hommes étaient si inconstants. À un moment ils pouvaient vous murmurer des mots doux, et l'instant d'après vous renvoyaient dans les profondeurs abyssales, seule, désespérément seule. Nara qui croyait tout savoir d'Albus, à ce moment précis, était bien trop stupéfaite pour réagir et lui répondre. « Je veux dire, c’est pas la question. On s’en fout des sentiments non ? On n’est pas faits pour être ensemble. » Nara leva les yeux vers lui. « Quoi ? Pourquoi ? » répéta-t-elle, dans un murmure. Comment pouvait-on vivre sans sentiments ? C'était inconcevable. Nara fut de nouveau surprise par les hommes et leur imprévisibilité. Elle était tellement occupée à le scruter pour comprendre qu'elle ne le vit pas approcher sa main pour attraper la sienne. Son regard passa sur ses doigts, puis de nouveau sur son visage, puis de nouveau sur ses doigts. Nara déglutit doucement, et se rendit compte à quel point son contact lui avait manqué, et à quel point il lui était vital. Elle appréciait chacune de ses caresses, sachant que c'était sans doute la dernière. Pourquoi lui infligeait-il cette douce torture ? Il devait sans doute encore avoir une idée derrière la tête, et Nara était certaine qu'elle n'allait pas apprécier. Néanmoins, elle préféra se taire. Elle voulait l'écouter jusqu'au bout. Pour le moment. « Tu as raison. Je te dois des explications. Mais tu dois me promettre de, malgré tout, ne pas t’opposer à… mon choix. »  « Je vais essayer. » répondit-elle, même si elle savait qu'importe le choix qu'il ferait, elle serait contre si cela impliquait qu'il devait de nouveau la quitter. « Je t’ai dis plein de choses que je pensais réellement. Et j’ai tout fait pour que ça soit possible. Mais j’ai voulu être trop gourmand et tu sais bien qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie. » Nara haussa doucement les sourcils, ne comprenant pas. « Et puis j’ai réalisé que je m’étais trompé de voie depuis le début et qu’il serait mieux pour nous deux d’arrêter de nous voir. » Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais aucun mot ne parvint à sortir. Comment pouvait-il dire cela ? Comment pouvait-il croire que c'était la meilleure solution ? Nara n'était pas d'accord. Pas du tout. « C'est mieux pour nous ? Pour nous ? En fait, c'est surtout mieux pour toi, parce que moi, ça me fait plus de mal qu'autre chose. » Il fallait qu'il sache qu'il la faisait souffrir, qu'elle pensait à lui toutes les nuits, qu'elle rêvait de lui, qu'elle se languissait en attendant le moment où elle pourrait de nouveau être avec lui ( si ce moment venait un jour... ), qu'elle n'arrivait pas à se concentrer car tout, tout, tout la ramenait encore et toujours à lui. « C’est pas parce qu’on n’est plus ensemble que je ne tiens plus à toi. » Alors il l'aimait toujours... Son regard était lointain, évasif, et Nara se demandait même comment elle avait pu croire une seule seconde qu'il ne tenait plus à elle. Chacun de ses gestes semblaient démontrer le contraire. Mais la jeune espagnole n'était pas très perspicace dès qu'il s'agissait de lui. Elle sentit son cœur se gonfler d'espoir et elle se sentit rassurée, même si elle savait qu'il ne changerait pas d'avis. « T’as le droit de me détester, m’insulter, me frapper, me haïr, fais ce que tu veux, je m’en fous. Mais je te demande qu’une chose en contrepartie. Oublie moi. » Nara croisa son regard dur et sec, elle ricana bêtement et lâcha sa main. « Albus, t'es vraiment le mec le plus stupide que je connaisse, et crois-moi, je pèse mes mots. » Il fallait qu'il sache. « Je suis désolé, ça va pas être possible. Je vais te contre-dire, tu vas pas aimer, j'vais m'opposer à ton soit-disant choix, parce qu'à mon avis, tu te plantes. » Elle ferma doucement les yeux, et passa sa main dans sa chevelure, tentant d'organiser quelque peu le discours qu'elle allait bientôt lui servir. « Tu dis que tu peux pas tout avoir dans la vie, mais tu m'avais moi. J'étais là, tous les jours, et oui, je suis peut-être égoïste, mais moi, ça me suffisait. J'avais pas besoin d'autre chose, j'avais juste besoin de toi, et j'ai toujours besoin de toi, c'est pas parce que tu crois t'être trompé sur nous que je dois en faire autant. C'est faux Albus, et tu le sais très bien. Tu te trompes. Tu as tord. On serait plus fort ensemble. Si tu dois t'isoler de tout le monde, c'est ton droit, après tout c'est ta vie, mais c'est comme ça que tu perdras tout. Et je te parle pas seulement de moi, mais de tout le reste. À force de faire l'imbécile comme tu sais si bien le faire, tu vas t'enfoncer dans un truc bien plus fort que toi, et là, quand tu seras au fond du trou, tu regretteras d'avoir tourné le dos à ceux qui tenaient à toi. Oui, je tiens à toi Al, et je te le répète. T'as tord. » Elle reprit sa respiration. C'était pas si facile que ça de parler à cœur ouvert. Pourtant, avant, avec lui, parler, cela lui avait toujours paru d'une extrême simplicité... Mais tant de chose avait changé depuis. Nara s'en fichait pas mal de tout cela, car tout ce qu'elle voulait, c'était qu'il lui revienne, qu'importe le reste. Elle savait pertinemment qu'elle agissait en parfaite petite égoïste, et que le monde ne tournait pas autour d'elle, mais elle avait trop besoin de lui pour le laisser partir. Encore. « J'ai essayé de te détester. Je te jure. J'ai essayé. Je n'y arrive pas. C'est pas évident. Ouais, tout-à-l'heure, les mots dépassaient mes pensées, mais je suis comme ça moi, et au fond... » Nara marqua une légère pause, hésitant à le dire. « Je t'aime Albus. Je t'aime, et j'y peux rien, c'est plus fort que moi. C'est pas de ma faute... » Elle baissa la tête et regarda fixement les rayures dues à l'usure de la table. Elle se sentait coupable même si en vérité, ses propres sentiments la dépassaient. Bien sûr qu'elle l'aimait. Et c'était parce qu'elle l'aimait qu'elle avait réagi de la sorte. Elle se retourna vers lui, posa doucement sa main contre sa joue, comme elle faisait souvent lorsqu'ils étaient ensemble et caressa du bout des doigts sa peau. Les battements de son cœur se faisaient plus insistants, et elle mourrait d'envie de l'embrasser. Pourtant, elle ignorait comment réagir. Il lui disait qu'il tenait toujours à elle, mais qu'ils ne devaient plus espérer à un avenir ensemble. Quelle était la bonne décision à prendre ? Nara soupira doucement et ses yeux tristes regardaient Albus avec tout l'amour qu'elle pouvait lui transmettre. Décidément, elle ne le comprendrait jamais. Sa dernière phrase lui revint à l'esprit. « Je t'oublierais quand tu m'oublieras. » C'était simple et concis. Pas besoin d'en faire des tonnes. Et s'il tenait à elle autant qu'elle tenait à lui, c'était évident que ce moment n'arriverait pas de si tôt. Les jours sans lui lui avait paru longs et horriblement tristes et vides de sens. C'était peut-être une maigre consolation à avoir, mais elle se sentait mieux. Le secret était levé, elle avait eu ses explications. Elle ne lui en voulait plus autant qu'auparavant, même si elle désapprouvait ses choix. Elle imagina ce que serait sa vie demain. Espérer qu'il lui revienne un jour n'était pas si improbable que cela, mais pourrait-elle attendre ? Elle avait sans doute passé les pires journées de sa vie alors combien de temps pourrait-elle tenir ? Pour le moment, elle ne préférait pas y penser. Elle croisa ses yeux verts, et sans pouvoir s'en empêcher, son cœur fut plus fort que tout, elle se jeta à son cou. Serrant ses bras frêles autour de sa nuque et enfuit sa tête contre son épaule, profitant rapidement de son contact avant qu'il ne la repousse. Machinalement, ses doigts caressèrent ses cheveux, et elle se sentit comme revivre. Elle avait presque l'impression d'être enfin en paix avec elle-même. Même si cela la brisait, même si elle savait qu'une fois qu'ils sortiraient d'ici, le retour à la réalité serait brusque, pour le moment, il fallait qu'elle profite. Il avait été clair. Peu importe les arguments qu'elle avait avancés. C'était fini entre eux. Albus n'en faisait toujours qu'à sa tête. Toujours.

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



living louder, fighting harder
avatar


personal informations

► date d'inscription : 13/06/2010
► parchemins : 1753


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Jeu 8 Aoû - 11:22




YOU MAKE ME SO NERVOUS THAT I JUST CAN'T HOLD YOUR HAND
YOU MAKE ME GLOW BUT I COVER UP, WON'T LET IT SHOW

► heartattack, demi lovato.

Albus aurait peut-être du ne pas répondre. Tout ce qu’il faisait c’était de lui donner des espoirs, et de s’en donner, lui aussi. Il ne savait pas vraiment s’y prendre dans les relations amoureuses, il avait toujours été un maladroit des sentiments. Il avait toujours foncé bête baissée sans réfléchir, sans penser aux conséquences. Il était temps de penser un peu, à présent. Là, il changeait de face comme de chemise. Tantôt impassible, tantôt amoureux, tantôt en colère… Il allait finir par perdre la tête. Le pire dans tout ça, c’était Nara. Elle était encore pire que lui. Il n’osait pas imaginer ce qu’elle devait penser de son comportement. Ca le faisait sentir d’autant plus coupable.

Nara lâcha sa main. Albus culpabilisa. Ce contact n’avait sûrement pas du faciliter les choses. Ce n’étaient pas le genre de choses que faisaient des ex qui tentaient de couper tout contact. « Albus, t'es vraiment le mec le plus stupide que je connaisse, et crois-moi, je pèse mes mots. .  » Euh… merci ? Mais tu m’apprends rien là. « T’inquiètes, je le prends pas trop mal… enfin je crois… .  » Albus émit un rire gêné. Que répondre à ça ? En se rendant ici, il s’était attendu à tellement pire. Il avait eu le pressentiment qu’elle lui sauterait au cou et lui arracherait les yeux à l’instant même où il avait osé les poser sur elle. En l’insultant de la sorte, elle lui offrait limite des caramels, là. « Je suis désolé, ça va pas être possible. Je vais te contre-dire, tu vas pas aimer, j'vais m'opposer à ton soit-disant choix, parce qu'à mon avis, tu te plantes. .   » Albus la regardait en silence. Effectivement, il sentait très mal ce qui allait suivre. Nara n’avait toujours pas comprit qu’il faisait tout ça pour elle. « Tu dis que tu peux pas tout avoir dans la vie, mais tu m'avais moi. J'étais là, tous les jours, et oui, je suis peut-être égoïste, mais moi, ça me suffisait. .  » Albus répliqua : « T’as plein d’amis. Je suis pas censée être une grande perte dans ta vie. Tu l’as dis toi-même, je suis le gars le plus stupide que tu connaisses. .  » Nara continua : « J'avais pas besoin d'autre chose, j'avais juste besoin de toi, et j'ai toujours besoin de toi, c'est pas parce que tu crois t'être trompé sur nous que je dois en faire autant. C'est faux Albus, et tu le sais très bien. Tu te trompes. Tu as tord. On serait plus fort ensemble. Si tu dois t'isoler de tout le monde, c'est ton droit, après tout c'est ta vie, mais c'est comme ça que tu perdras tout. Et je te parle pas seulement de moi, mais de tout le reste. À force de faire l'imbécile comme tu sais si bien le faire, tu vas t'enfoncer dans un truc bien plus fort que toi, et là, quand tu seras au fond du trou, tu regretteras d'avoir tourné le dos à ceux qui tenaient à toi. Oui, je tiens à toi Al, et je te le répète. T'as tord. .  » Tout le long de sa tirade, il avait gardé les yeux baissé sur la table. Elle avait raison quelque part. Pour l’instant, il n’avait besoin de personne, mais il ne pouvait pas rester seul pour toujours. A un moment ou à un autre, il lui faudrait du soutient. Il ne dirait pas non à celui de sa famille. Après tout, ils étaient tous dans la même galère. Il ne dirait pas non non plus à celui de ses deux meilleurs amis engagés et avec qui ils avaient déjà tant affronté. Mais il dirait non à une petite amie de quelques mois qu’il entrainait dans une guerre qui ne la concernait pas, et dans laquelle elle risquait tout. Il ne pouvait pas l’obliger à le suivre, et elle n’était pas encore prête à le voir s’y lancer corps et âme. Il l’aimait trop pour la voir subir ça. « J’ai jamais dis que j’avais raison. J’ai même surement tort. Mais je te l’ai dis, je ne changerais pas d’avis, Nara. .   » Pas maintenant, en tous cas. Qu’est-ce qu’elle était têtue. Mais qu’est-ce qu’il l’aimait pour ça. « J'ai essayé de te détester. Je te jure. J'ai essayé. Je n'y arrive pas. C'est pas évident. Ouais, tout-à-l'heure, les mots dépassaient mes pensées, mais je suis comme ça moi. .  » Il était content qu’il ne la déteste pas. Bien plus qu’il n’aurait du l’être. Il n’avait jamais voulu de sa haine. Il l’avait mérité, certes, et il la méritait encore. Il n’avait pas encore été tout à fait réglo avec elle. Si elle pouvait tout simplement le rayer de son existence… Ce serait juste parfait. Mais si elle le haïssait, il ne pouvait pas lui en vouloir. Tout compte fait, ce serait peut-être mieux, au final. Oublier un être qu’on trouve odieux était toujours plus facile qu’un être aimé. C’est quelqu’un qu’on veut zapper de sa vie.« Et au fond... Je t'aime Albus. Je t'aime, et j'y peux rien, c'est plus fort que moi. C'est pas de ma faute... .  » Ces mots lui firent l’effet d’un baume au cœur. L’espace d’une fraction de seconde, il se revit sur les toits de Poudlard, sur lesquels Nara lui avait avoué son amour pour la première fois. Nara lui caressa la joue… Non. Il revint bien assez vite à la réalité. Albus se sentait juste minable face à la fille qu’il aimait et qui l’aimait en retour. Dans un autre contexte, ils auraient été tellement bien ensemble. Il n’osa plus rien ajouter. Elle enchaîna : « Je t'oublierais quand tu m'oublieras. .  » Albus prit ces mots en pleine poire. Il resta interdit… Son comportement était compréhensible. A sa place, Albus aurait surement dit la même chose à sa place. Il fallait être aveugle pour ne pas voir à quel point ils s’aimaient. Nara le regardait tristement, et cette tristesse lui fit plus mal encore. C’était beaucoup plus compliqué qu’il ne l’aurait souhaité. Il ne faisait pas les choses à moitié. Il s’était trop attaché à elle. Il s’était déjà vu dans quelques années, ensemble, peut-être sous le même toit, peut-être même mariés. L’oublier signifier ignorer ces quelques mois de pur bonheur qu’ils avaient vécu. Or, il était incapable d’oublier ça, il devait vivre avec.



Nara se jeta soudainement à son cou. Elle lui caressa les cheveux tendrement. Il se figea. Une vague de chaleur se propageait en lui, au rythme des caresses de la brune. Il avait un très mauvais pressentiment… Si ça ne tenait qu’à lui, il l’aurait déjà prit dans ses bras depuis des lustres. En même temps, il ne pouvait pas rester comme ça et la tenir tout contre elle, profiter de la situation en sachant que c’était fini entre eux. Il ne devait pas céder. Il n’avait plus le droit à l’erreur.

Albus fermait les yeux le plus fort possible. Comme si ne pas voir lui permettait d’ignorer le parfum de Nara, la chaleur de sa peau, les battements de son cœur qui s’accéléraient… Tout cela, c’était trop bon, mais ce n’était pas bon. « Lâche-moi. S’il te plait. » Lui implora-t-il doucement, en articulant chaque syllabe. Ses cordes vocales obéissaient à ses pensées. Son corps tout entier ne demandait que de désobéir. Ses lèvres frôlèrent les cheveux de la brune. Il la gardait contre lui, malgré tout. Ils restèrent plusieurs minutes ainsi. Des pensées positives déferlaient dans l’esprit d’Albus. Il se maudissait d’apprécier ce moment. Il se maudissait d’être incapable d’obéir à sa conscience. Il se maudissait d’avoir un cœur plus faible que sa raison. « Je vais t’oublier. Si c’est ce qu’il faut pour que tu m’oublies… Alors t’as gagné. .  » Il se défit de l’emprise de Nara, plus qu’à contre cœur. Il se leva histoire de marquer la séparation et la contempla avec tristesse. Donne ma partie à Kenneth. Je peux pas rester ici. Il prit une grande inspiration. « Je suis incapable de rester avec toi sans repenser à nous. Quand je te vois, quand je t’entrevois à travers une fenêtre, mon cœur s’emballe, et il ne s’arrête plus. Je fais des rêves d’avenirs impossibles avec toi.  Je continue d’espérer naïvement qu’un jour, toi et moi… .  »  La douceur s’envolait peu à peu de ses propos. Il commença à s’emporter. « Mais comment tu veux que je fasse hein ? Tu sais ce que ça me coûte au moins ? J’espère que tu comprends un minimum pourquoi je t’ai laissé ? .  »  Il pensa soudainement à la menace qui pesait sur tous ses proches. A ce qu’il devait « NON tu réalises pas ! Arrête de faire ton égoïste ! .  » Son orgueil reprenait le dessus. Tout n’était pas uniquement de sa faute non ? Nara ne l’aidait vraiment pas ! Il lui avait bien fait comprendre qu’il l’aimait encore et que c’était plus que malgré lui qu’il l’avait quitté non ? Elle ne comprenait donc pas ? Il s’arracha violemment de la vue de Nara, lui faisant dos et posa brutalement ses mains sur la table la plus proche. Il souffla « Si tu savais comme je regrette tout ça. Prends tes affaires. File ma partie à Shaun, fais ce que tu veux. Il va venir me casser la gueule mais ça on s’en fout, je sais me défendre. .  » Mensonges. Il ne regrettait rien. Absolument rien. Il ne lui faisait toujours pas face. Il avait le visage rouge et crispé. Il luttait pour ne pas s’énerver pour de bon. « Je t’oublierais, tu peux me faire confiance. Je vais t’oublier. .  » Je t’oublierais pour toi, pour nous. Je ferais le nécessaire pour qu’il ne reste plus rien de ce qu’on a vécu. Cela ne sert à rien de ressasser le passé. Il fallait aller de l’avant. Il savait pourtant qu’au fond c’était impossible. Nara devait forcément l’aimer moins que lui ne l’aimait non ? Ca ne devait pas être si difficile de l’oublier. Surtout après qu’il l’ait déçu comme ça. Parce que oui, Albus l’avait déçu, trahi, menti, mais ça, la Poufsouffle semblait l’oublier ! « Pars maintenant, continue cet exposé sans moi, j’abandonne.  » C’était pas très logique ce qu’il lui demandait, ni très galant, mais là il s’en foutait. Il était plus que déçu des paroles qu’ils s’étaient échangés. Mais bon, Nara n’était pas obligée de savoir qu’il ne comptait pas l’oublier. Ils tournaient en rond, et ce cercle vicieux n’était pas près de se stopper. Pour la pure et simple raison qu’aucun des deux ne semblait prêt à arrêter d’aimer l’autre.


__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Guerra, caza, y amores, por un placer, mil dolores Modo
avatar


personal informations

► date d'inscription : 25/06/2012
► parchemins : 3968


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Dim 25 Aoû - 10:22

⊹ you'll always be my thunder ⊹
« I tried to read between the lines, I tried to look in your eyes, I want a simple explanation for what I'm feeling inside. I gotta find a way out, maybe there's a way out. Your voice was the soundtrack of my summer, do you know you're unlike any other ? You'll always be my thunder, and I said, your eyes are the brightest of all the colors. I don't wanna ever love another, you'll always be my thunder, so bring on the rain and bring on the thunder. »


Nara ne put s'empêcher de se jeter à son cou. Son amour inconditionnel pour Albus la rendait trop fébrile et trop faible pour penser et réfléchir correctement. Tout avec lui n'était que sensations et incertitudes et en ce moment, les mots n'avaient plus vraiment d'importance puisque de toute manière, il ne l'écoutait que très rarement. Du moins, lorsqu'ils discutaient sérieusement. Albus, c'était quelqu'un de tellement complexe que parfois, elle se sentait vraiment dépassée par cet homme, dépassée par ses réactions et par ses décisions. Elle profitait de chaque seconde à son contact, attendant avec hantise le moment où il réagirait enfin et où il la repousserait. Mais il ne faisait rien, comme s'il était figé, et Nara ignorait si c'était bon signe ou non. Cela n'avait peu d'importance pour le moment. Son pauvre petit cœur battait à tout rompre sans vouloir se calmer, elle pouvait sentir ses veines tambouriner chaque parcelle de sa peau. Cela faisait trop longtemps qu'elle attendait ça. Inconsciemment, elle le désirait depuis qu'il était entré dans la pièce. Comme tout à l'heure, le tumulte de ses sentiments se mélangeait en elle et elle ne savait plus quoi penser. Elle l'aimait, elle le détestait pour tout ce qu'il lui avait fait. Enfin... Il l'avait simplement quitté, puis ignoré durant des jours alors qu'elle était au plus mal. Mais ce qui importait réellement dans tout cela, c'était qu'elle avait mis tout son cœur dans cette relation qui au final s'était soldée par un échec monumental. Elle avait désormais tellement peur de se réinvestir dans une autre histoire, de se faire de nouveaux espoirs car elle se sentait trop démunie pour ça. Mais elle espérait toujours qu'il lui revienne, qu'il se rende compte qu'elle lui manquait beaucoup trop, quelque chose dans ce style là... Mais pour le moment, elle avait la très nette impression qu'elle était la seule à se soucier d'eux, que pour lui, entre eux, c'était bel et bien fini, point. Fin de l'histoire. Finito, comme disait les italiens.  « Lâche-moi. S’il te plait. » la supplia-t-il. Mais elle n'avait pas envie d'arrêter, pas encore, pas maintenant. C'était trop tôt. « Non. Je ne veux pas. » murmura-t-elle à son oreille, doucement, mais d'une voix ferme. Pourquoi fallait-il toujours qu'il complexifie les choses ? Ne pouvait-il pas se contenter de l'aimer comme un adolescent ordinaire ? Le problème résidait dans le fait qu'Albus était loin d'être ordinaire. Il ne faisait jamais rien comme tout le monde, et Nara ne pouvait le blâmer, parce qu'elle aussi réagissait souvent de manière totalement incompréhensible et surtout de manière imprévisible. Tantôt elle voulait lui arracher les yeux pour se venger de lui, tantôt elle souhaitait se réfugier dans ses bras, comme pour s'assurer qu'il était toujours là, qu'il ne lui échappait pas totalement... Même si elle sentait bien que quelque chose s'était comme brisé entre eux deux, même s'il prétendait qu'il l'aimait toujours. Encore une situation compliquée à gérer. Les sentiments de Nara étaient mis à rude épreuve, c'était difficile à encaisser, difficile à comprendre. On ne quitte pas les gens qu'on aime, selon Nara, quelques en soient les raisons et les motivations. Nara sentit soudainement les lèvres d'Albus frôler sa chevelure, et un frisson traversa tout son corps de la racine de ses cheveux jusqu'à ses orteils. Ciel, que son contact lui donnait l'impression de revivre... Chaque minute loin de lui avait été un calvaire, et maintenant que la colère était retombée, elle semblait enfin comprendre que peu importait les sentiments qu'il éprouvait pour elle, car elle, était certaine qu'elle l'aimait. Et ça lui faisait mal. Elle se sentait coupable de le désirer ardemment alors qu'il lui avait bel et bien fait comprendre que rien ne serait plus jamais possible entre eux. Et pourtant, il répondait à son étreinte, ne la repoussant pas, ne prononçant pas un seul mot... Nara en était d'autant plus perdue. Mais elle avait cessé de réfléchir pour profiter de ce moment, sans doute le dernier d'ailleurs. Elle savait qu'il n'allait pas tarder à la repousser, il lui avait demandé de le lâcher...

« Je vais t’oublier. Si c’est ce qu’il faut pour que tu m’oublies… Alors t’as gagné. .  » Nara haussa les sourcils, les larmes lui montant aux yeux, et instinctivement, resserra son étreinte. Mais elle sentit presque aussitôt qu'Albus voulait se détacher d'elle, alors elle le laissa faire. Il se leva, et le cœur de Nara se disloqua, brisé une fois de plus par cet homme qui ne voulait plus d'elle. Pourquoi s'était-elle éprise de lui ? Il était mauvais pour elle. Au début, elle avait béni leur rencontre, mais maintenant qu'elle souffrait de son absence, elle commençait à penser qu'il aurait peut-être mieux valu pour eux deux que jamais leurs destins ne se croisent. Mais dans ce cas-là, jamais elle n'aurait compris ce qu'était le véritable amour... Elle baissa la tête, encaissant le coup fatal qui lui portait. « Parce que toi t'es capable de m'oublier, je vois... » murmura-t-elle tellement bas, plus pour elle-même que pour lui. Il ne devait pas ressentir pour elle ce qu'elle ressentait pour lui, parce que la jeune espagnole avait fait tout son possible pour ''oublier'', sans aucun succès, car même en le détestant, elle n'avait fait que de masquer la douleur qui l'habitait en réalité. « Je suis incapable de rester avec toi sans repenser à nous. Quand je te vois, quand je t’entrevois à travers une fenêtre, mon cœur s’emballe, et il ne s’arrête plus. Je fais des rêves d’avenirs impossibles avec toi.  Je continue d’espérer naïvement qu’un jour, toi et moi…  » Une fois de plus, Nara fut surprise par ses propos. Il changeait de ton et d'avis comme on changeait de chemise. Mais il pensait encore à elle, il avait le même pincement qu'elle en apercevant l'autre... « Mais alors, arrête de lutter merde... Moi aussi c'est ce que je veux... Je te veux toi... » Mais Albus ne l'écouta pas, ou alors, que d'une seule oreille, car il s'agita brusquement. Encore un virage à cent quatre-vingt dix degrés. Ce garçon allait la rendre folle. Totalement cinglée.  « Mais comment tu veux que je fasse hein ? Tu sais ce que ça me coûte au moins ? J’espère que tu comprends un minimum pourquoi je t’ai laissé ? NON tu réalises pas ! Arrête de faire ton égoïste ! .  » Merde, Albus lui criait dessus. Cela n'était jamais arrivé. Jamais. Cela fit un tel choc à la jeune espagnole qu'elle se tut durant quelques secondes, ouvrant la bouche, puis la refermant sans rien dire. Puis, elle se reprit rapidement, et secoua la tête, passant une main dans sa longue chevelure, tentant d'y remettre un peu d'ordre : « NON JE NE COMPRENDS RIEN ! Parce que de toute manière, t'as pris l'habitude maintenant de me cacher et de me dissimuler des choses ! J'croyais que notre relation se basait sur la confiance ! Pas sur les non-dits et les mensonges ! Pourquoi tu peux pas juste être clair pour une fois ! Au lieu d'éluder toujours les questions ! Ouais, j'suis conne parce que je comprends rien ! Ouais, j'suis égoïste, et j'en ai rien à foutre des autres parce que c'est toi qui compte MERDE ! » Oui, elle en avait marre de toujours devoir se justifier. Oui, elle souhaitait être avec lui plus que n'importe quoi. Peu importait les conséquences.

Elle le regarda s'éloigner encore plus d'elle, un air furieux sur le visage, se détourner d'elle, posant brutalement ses mains sur une table. « Si tu savais comme je regrette tout ça. Prends tes affaires. File ma partie à Shaun, fais ce que tu veux. Il va venir me casser la gueule mais ça on s’en fout, je sais me défendre. Je t’oublierais, tu peux me faire confiance. Je vais t’oublier. Pars maintenant, continue cet exposé sans moi, j’abandonne.  » Tout à coup, tout devint clair dans l'esprit de Nara. Ce n'était pas l'amour qui motivait ses choix, c'était une toute autre émotion qui contrôlait son esprit : la peur. Résolue, elle déclara : « Ouais, t'as raison, je vais partir. » Nara rassembla ses affaires, toutes ses affaires, ses livres, ses plumes, ses parchemins. Tranquillement, prenant tout son temps, donnant à Albus la chance ou le temps de la retenir. Elle jeta son sac sur son épaule, et fit face au jeune Potter, les idées claires. « J'ai compris. » Ces quelques mots simples sortirent de sa bouche dans un murmure. « Tu m'as quitté parce que j'avais peur. Mais en fait, c'est le contraire, c'est toi qui a peur. » Elle pointa durement son torse, et répéta : « TOI. » Nara soupira doucement, déçue d'elle-même. Dire qu'elle avait mis tant de temps à s'en rendre compte. Ce garçon l'aimait comme elle l'aimait, et ils tournaient en rond tous les deux, pris de court par leurs sentiments, leurs envies, leurs craintes. Ils n'avanceraient pas comme ça. « T'as peur de ce qu'il pourrait nous faire, nous autres. Moi, tes proches. Mais au final, tu perdras tout à jouer à ce jeu là. S'il veut nous tuer, ce n'est pas en te détournant de moi qu'il ne le fera pas. Et au lieu d'en profiter, tu préfères t'éloigner de ceux qui t'aiment. Je sais pas comment te faire comprendre que c'est pas la bonne solution... Mais bon. Je sais pas si tu crois que comme ça, ça fera moins mal, enfin, j'en sais rien parce que j'arrive plus à te comprendre. Je crois bien qu'on est arrivé au point de non-retour. » Troublée, son discours n'était pas très organisé, et pas très compréhensible non plus, mais bon. Elle avait perdu ses mots, et à plusieurs reprises, l'espagnol avait failli s'imposer en elle. Elle ferma les yeux. Puis posa doucement sa main contre sa joue, plongea ses yeux dans ses prunelles émeraudes. Sa gorge se serra. Elle s'approcha lentement, et posa ses lèvres sur les siennes, chastement. Le goût sucrée des lèvres d'Albus la transporta durant quelques secondes dans un autre monde, mais elle rompit rapidement le contact. Haussant les épaules, comme pour signifier qu'elle n'avait absolument aucun remord, qu'elle pensait tout ce qu'elle avait dit, elle ajouta simplement : « On se verra en cours. Prends soin de toi. »

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



living louder, fighting harder
avatar


personal informations

► date d'inscription : 13/06/2010
► parchemins : 1753


MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   Mer 18 Sep - 7:16




SO HERE WE ARE, FIGHTING AND TRYING TO HIDE THE SCARS
I'LL BE HOME TONIGHT, TAKE A BREATH AND SOFTLY SAY GOODBYE
THE LONELY ROAD, THE ONE THAT I SHOULD TRY TO WALK ALONE
I'LL BE HOME TONIGHT, TAKE A BREATH AND SOFTLY SAY GOODBYE


► here we are, breaking benjamin.

Il l’aimait. Elle l’aimait C’était aussi simple que ça. Et pourtant… Ils ne pouvaient pas vivre « simplement » ensemble. C’était décidé : ce soir, Albus ne flancherait pas. Peu importe ce qu’elle dirait, il répondrait par la négative. Vous croyiez connaître un Albus têtu ? Vous n’avez encore rien vu.  Mais Nara l’était au moins autant que lui. Il n’avait jamais su rien lui refuser. C’était là une grande première, et à chaque fois qu’il la contredisait, à chaque fois qu’il voyait une larme sur sa joue, il prenait une claque en pleine gueule. Et, malgré son apparente colère, malgré toute la volonté du pauvre jeune homme, il n’arrivait pas à détacher son regard d’elle.

Lui dire tout ça, voir son visage se décomposer à ses paroles, ça lui coutait. Vraiment.  Nara répliquait, leur conversation montait en température, et à présent ils se criaient presque dessus. Il fallait que ça s’arrête : Albus abandonna. Il fit encore une fois preuve de lâcheté, il salit encore une fois le nom des Potter… Car de peur d’affronter Nara, de peur de fléchir, il lui avait demandé de partir. Pire encore : il la laissait se débrouiller seule. Digne d’un gentleman. Même pas il lui tenait la porte en sortant. A peine ces mots furent prononcés qu’il sentit leur poids lui retomber dessus. Il culpabilisait déjà. Il avait beau savoir que Nara accepterait de partir, il ne se sentait pas plus léger pour autant. Il l’abandonnait une nouvelle fois. Il avait l’impression de subir sans pouvoir rien faire pour changer les choses. Ce n’était pas dans ses habitudes… Enfin, dans ses anciennes habitudes.

Nara sembla se faire une raison : « Ouais, t'as raison, je vais partir.  » Albus tentait de ne pas ciller. Non, il ne la retiendrait plus. C’était fini. Toute bonne chose aune fin. Lui-même l’avait dit à Nara. C’était pourtant tellement dur à accepter. Naa murmura :  « J'ai compris. Tu m'as quitté parce que j'avais peur. Mais en fait, c'est le contraire, c'est toi qui a peur.  » Albus ne put se retenir s’écarquiller les yeux. Que voulait-elle dire par là ? Ça n’avait aucun sens.  « TOI. » Insista-t-elle en posant un doigt sur son torse. C’était vrai ce qu’elle disait, il ne voulait pas qu’elle ait peur. Il ne voulait pas qu’elle souffre à cause de lui, qu’elle se ronge les sangs parce qu’Albus était constamment en danger. Et par-dessus tout, il ne voulait pas qu’elle soit elle-même mise en danger par sa faute. Au final, effectivement, c’était lui qui avait peur. Il était terrorisé à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose. « Ecoute Nara… » Commença-t-il vaguement, sans savoir que répondre. Mais en fait, il savait qu’elle avait raison, au fond. « T'as peur de ce qu'il pourrait nous faire, nous autres. Moi, tes proches. Mais au final, tu perdras tout à jouer à ce jeu là. S'il veut nous tuer, ce n'est pas en te détournant de moi qu'il ne le fera pas. Et au lieu d'en profiter, tu préfères t'éloigner de ceux qui t'aiment. Je sais pas comment te faire comprendre que c'est pas la bonne solution... Mais bon. Je sais pas si tu crois que comme ça, ça fera moins mal, enfin, j'en sais rien parce que j'arrive plus à te comprendre. Je crois bien qu'on est arrivé au point de non-retour.  » Albus gardait ses yeux rivés sur elle, mais ne disait rien. Il ne trouvait rien à répondre. Elle avait compris, enfin, mais il ne s’en sentait pas soulagé pour autant. L’entendre prononcer ces mots lui faisait réaliser que c’était fini pour de bon. Ses paroles sonnaient définitivement le glas de leur relation. Et puis, elle mettait en avant une chose à laquelle il n’avait pas encore pensé : C’était sûr que Voldemort était capable de tout. Il avait bien tué Jenny Adster, qui était une Obscure convaincue. Jusqu’à preuve du contraire, elle n’avait jamais fait preuve de désobéissance à son égard. Qui était réellement en sécurité ici ? Albus pensait pouvoir encore une fois tout régler. C’était presque « égoïste » de se dire que qu’il était l’unique cible de Voldemort et que sans lui, Nara ne craignait rien. Elle craignait moins, certes, mais il y avait toujours une part d’aléatoire. Voldemort était imprévisible. Tout ce qu’il pouvait faire pour Nara, c’était tenter de l’exposer le moins possible. De lui dire de se faire discrète. Mais en fait, il n’y pouvait rien. Qu’ils soient ensemble ou pas, Impartiale ou pas, Nara restait une cible éventuelle, comme tout le monde.

Nara trainait. Trop. Dangereusement. Ça faisait bien trop longtemps qu’elle avait annoncé son départ. Elle le regarda dans les yeux. Albus savait qu’il fallait qu’il s’éloigne. Quand elle le regardait ainsi, c’était qu’elle allait…. Nara posa ses doucement ses lèvres sur les siennes. Un léger frisson le parcourut tandis qu’il se dégageait. Mais le mal était fait : elle avait laissé sur ses lèvres un goût exotique, un mélange de miel, d’abricot et de soleil. C’était aussi doux que dans son souvenir. Cependant moins agréable, parce qu’il y avait trop de choses qui faisait qu’il ne pouvait pas y répondre. Albus se fit violence pour ne pas réagir, mais c’était loin d’être facile. Il recula. « Tu n’aurais pas dû. » Laissa-t-il échapper sans trop y croire, encore un peu étourdi. Il regrettait que ce baiser n’ait pas été plus prolongé, qu’il ait été si éphémère. Nara haussa les épaules. Comme si de rien n’était. Comment faisait-elle ?  « On se verra en cours. Prends soin de toi.  » Elle s’apprêtait à s’en aller. Il fallait qu’il agisse, et vite. « Nara, attends ! » Que pouvait-il dire ? Il ne voulait pas qu’elle parte. Il voulait la retenir, mais il ne trouvait plus d’excuse. Il cherchait de quoi lui voler encore quelques secondes, lors desquelles il aurait le « droit » de poser librement les yeux sur elle. « Tu as oublié une feuille. » Dit-il simplement en lui tendant une des siennes sur les potions. Un ange passa, silence gêné. Il ne voulait plus la quitter des yeux. « A la prochaine. » Dit-il en se tournant pour lui faire dos. Il était temps d’en finir. Un déclic se fit entendre, elle était partie. Albus était désormais seul pour méditer à tout ça. Il avait eu raison de mettre fin à leur relation, n’est-ce pas ? C’était la meilleure solution, non? S’il en avait été certain avant, désormais il commençait à douter. Nara était prête à le pardonner, elle ne lui en voulait visiblement plus. De fil en aiguille on était passé de répliques cinglantes à un « prend soin de toi ». Pas mal. Ils avaient au moins réussi à calmer la tension entre eux… D’une certaine manière. Parce que même si elle ne s’était jamais éteinte, cette petite heure ensemble n’avait fait que raviver de plus belle la flamme dans le cœur d’Albus. Mais au moins elle avait compris ses intentions. Enfin, ce n’était pas ce qu’elle affirmait, mais l’idée était là. Il ignorait comment elle réagirait la prochaine fois qu’ils se croiseraient. Tout ce qu’il savait, c’est que pour sa part il devait tout faire pour l’oublier, comme il le lui avait promis. Ca promettait d’être long…


__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



personal informations



MessageSujet: Re: [terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus   

Revenir en haut Aller en bas
 

[terminé] Compte pas sur moi pour avoir une bonne note ✘ Narabus

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
D i s s e n d i u m :: POU DU LARD DU POUDLARD :: « ETAGES » :: « QUATRIEME ETAGE » :: salle désaffectée-