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 Un petit oiseau en cage [Emily]

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MessageSujet: Un petit oiseau en cage [Emily]   Mer 17 Avr - 1:16


La fenêtre renvoyait de lui une image brouillée de pluie. Elle menaçait depuis le matin, dans un ciel lourd de nuages anthracites et tombait désormais impitoyable, frappant les carreaux. Proche de la salle sur demande, William s’était appuyé contre une alcôve, regardant le paysage tourmenté du parc, derrière la vitre. Les arbres agitaient leurs longs bras fantomatiques dans le vent, et l’horizon se confondait désormais avec le grand lac de Poudlard, en différentes teintes de gris, marquées uniquement par l’écume de vagues rageuses, venant s’écraser sur la promenade. Il aimait la violence du climat écossais, où le ciel pleurait si souvent, en accord avec son vague à l’âme presque constant. Tout en nuance, d’un éclat qui n’était que plus aveuglant encore, quand parfois, le bleu gagnait la partie, ce pays était tout de contradiction, comme lui, bien souvent.

Dans la poche intérieure de sa veste, la lettre qu’il venait d’écrire pour sa mère pesait contre lui. Au travers des lignes de sa dernières missives, l’Obscur avait décrypté tout le souci, qu’elle pouvait se faire pour lui. Elle ne l’exprimait jamais clairement, mais c’était comme ça. Elle le trouvait maussade et le peu de nouvelles qu’il donnait, ne la rassurait pas. Ils avaient leurs codes à eux, pour faire passer tout ce qu’il fallait taire. Pas de plan dangereux à transmettre, comme ces idiots de résistants, mais des sentiments à cacher, toujours, parce que les plus grandes passions devaient se dissimuler, parce que son père ne comprenait pas et que chaque mot entrant dans sa maison, passait toujours par lui. Cet homme, William l’admirait tout autant qu’il le craignait, encore aujourd’hui et s’il aspirait à lui ressembler, un part de lui ne pouvait s’empêcher de le redouter. Il y a toujours un enfant en vous, celui qu’il faut museler pour avancer, celui qu’il ne faut écouter que dans l’ombre de secrets silencieux. Sur le parchemin encore posé contre son cœur, Théodore Nott ne décèlerait rien de ce qui pouvait bouillonner, à l’intérieur de son fils, ni colère ni envie, ni passion ni déception.

Dans un soupir, il s’était redressé, s’arrachant avec difficulté à la contemplation envoutante, de la nature déchaînée. Il fallait qu’il rejoigne la volière pour confier sa lettre à ce stupide hibou, que ses parents lui avaient offert, au moment de son départ pour Poudlard, alors qu’il n’avait que 11 ans. Il ne s’y était jamais attaché d’aucune manière et se demandait franchement comment certains pouvaient le faire, allant jusqu’à leur donner un nom ridicule. Son grand duc n’en avait pas et sur la petite bague à sa patte, était seulement indiqué, qu’il appartenait à William A. Nott. Un seul objet, une commodité, ce volatile au regard vide n’était rien de plus.

Les cours étaient terminés depuis un bon moment et les couloirs s’étaient vidé rapidement. Le temps gris autant que les dernières directives de l’école, ne poussaient pas vraiment à la balade et la plupart des élèves avaient déjà du regagner leurs salles communes. Profitant de cette solitude inespérée et du calme sépulcrale du château, ce fut tout en flânant que William pris le chemin de la volière, faisant quelques détours pour emprunter les passages couverts et éviter les trombes d’eau. Ce fut la veste à peine humide, qu’il remonta l’escalier en colimaçon de l’endroit réservé aux oiseaux des élèves. La petite tourelle n’était cependant pas déserte et même de profil, il l’aurait reconnue au premier coup d’œil.

Emily était le genre de fille qui ne passait pas inaperçue, loin de là. Elle était belle, et elle le savait pertinemment, peut-être même trop, n’hésitant pas à jouer de ses charmes et à s’en amuser. Ces derniers mois, elle lui avait tourné autour avec une certaine insistance, teintée d’une assurance étonnante, qui avait fini par l’amuser… Mais depuis peu, les choses avait changé. Les rumeurs la disaient en couple… Et sérieuse ! Si l’information lui avait d’abord fait hausser les épaules, complètement indifférent, les attentions de la petite demoiselle avait commencé à lui manquer, un peu… Et cette relation, qu’elle avait entamée, ne lui inspirait que mépris. L’amour, c’était pour les faibles et les gens sans envergure. S’attacher s’était se mettre en péril. Aimer, c’était l’ennui assuré. La passion, il n’y avait que ça pour ravager le cœur, le seul sentiment à la hauteur de l’idée qu’il pouvait se faire de lui-même et son expression, une douleur agréable, dans tous les sens possibles et imaginables.

Il s’était approché d’elle à pas de loup. A l’extérieur, la tempête faisait rage, masquant ainsi chaque bruit de son avancée. Des gouttes égarées tentaient tant bien que mal de s’introduire dans l’abri, avant d’y voltiger comme une nuée de poussières cristallines. Le vent qui s’infiltrait par tous les interstices entre les vieilles pierres faisait doucement s’envoler les longs cheveux sombres d’Emily et arrêté juste derrière elle, William n’eut qu’à les repousser légèrement, pour effleurer de sa main froide, la gorge de la jeune fille.

- Il ne t’as même pas offert un joli collier, pour aller avec cette laisse que tu t’ai laissée passer…

Il s’était légèrement reculé, presque tout de suite, alors que sa main glissait sur la peau pâle, pour finalement l’abandonner. La voix de l’Obscur était railleuse, presque autant que les yeux qu’il posait désormais sur elle, un jugement sans concession. Un petit oiseau en cage, voilà ce qu’elle était devenue.

- Tu es amoureuse Emily, sérieusement ?

Ses sourcils s’étaient légèrement soulevé, alors que le ton était clairement passé du cynisme à la moquerie la plus crue. Comment s’appelait-il, déjà, son « petit-ami » ? Fisher-Baker… Un gosse ! Elle allait vraiment se contenter de ça, désormais ? Petite séductrice au rabais, elle aurait pourtant eu tellement mieux à faire. Le regard de William dévia vers son poignet, où s’affichait la rose noire. Les obscurs n’avaient que faire, des filles bien trop jolies, mais sans envergure. Et s’il pouvait la faire douter de son si précieux « petit-copain », il aurait peut-être la générosité de la récupérer dans ses filets, malgré sa passade sentimentale ridicule.


Spoiler:
 


Dernière édition par William A. Nott le Mar 23 Avr - 21:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un petit oiseau en cage [Emily]   Sam 20 Avr - 2:42



Perdre tout espoir, c'est cela la liberté.

Emily n'aimait pas les temps comme ceux-ci. C'était à se fracasser le crâne avec une batte de Quidditch. Le soleil, c'était mille fois mieux. Déjà, parce que ça mettait de bonne humeur, pour commencer. Ensuite, un soleil resplendissant avait la tendance de déteindre sur les gens, chose que la pluie faisait aussi, mais dans le mauvais sens du terme. L'eau qui dégoulinait au dehors rendait le ciel fade, si bien que l'on ne pouvait pas voir à plus de cent mètres à l'horizon. Emily se trouvait toujours bien au chaud dans son lit quand elle regarda au dehors. Certes, vu des cachots, le temps ne paraissait jamais très beau, mais ce jour-ci, il semblait carrément désastreux. Bon, ce qui était sûr et certain, c'était que la jeune verte n'avait strictement aucune envie de quitter son petit nid. Et pourtant, il le fallait. La jeune fille avait des cours ce matin, et pas des plus intéressants. Potions, soin aux créatures magiques, et enfin astronomie. Sérieusement, qui avait prévu un emploi du temps pareil ? Et des matières, pareilles ? Soit il était sado maso, soit il était fou à lier. L'un des deux obligatoirement. Sortant difficilement de son lit en baldaquins dont les rideaux qui l'entourait voletaient sous peu, la demoiselle enfila de grosse chaussettes avant d'aller farfouiller dans son armoire. Elle aurait pu mettre un pantalon, pour aller avec son uniforme aux couleurs de sa maison, aujourd'hui, mais elle avait tout de même opté pour une jupe. Jupe qu'elle, soit dit en passant, avait découpé en troisième année afin de lui faire perdre une bonne quinzaine de centimètres de longueur. La belle enfila ensuite une chemise blanche ainsi qu'une cravate verte et argent dont elle ne serra pas le nœud, puis elle descendit dans la Grande Salle, qui était déjà bondée de monde. « Spencer ! » cria une voix derrière la jeune fille, alors que celle-ci venait à peine de s'asseoir à un coin de table. La verte et argent tourna son cou à moitié et sourit en voyant qui l'avait appelé. Le jeune garçon s'assit temporairement à ses côtés tandis que la belle croquait dans sa pomme, et demanda « Dis donc, t'as le droit de t'asseoir ici toi ? » Le garçon plongea son regard dans le sien, avant de sourire. Si il avait le droit de s'asseoir ici ? Les deux jeunes gens savaient pertinemment que non. Et d'ailleurs, il avait tout intérêt à ne pas laisser traîner son derrière trop longtemps sur le banc des verts et argents si il ne voulait pas se faire éjecter avec force. Le garçon se contenta de répliquer « Nop. Mais je le fais quand même. » la belle éclata de rires avant de donner un petit coup dans l'épaule de son gryffon adoré. A eux deux, ils étaient les maîtres de l'univers, rien ne pouvait les séparer, ils étaient si complices et amis, qu'ils étaient plus forts que tous. La brunette envoya ses cheveux quelque peu en arrière avant de regarder le grand gaillard qui se trouvait face à elle, et de dire « Très drôle Demyan ! Alors, en quel honneur squattes-tu le banc des Serpentard ? » le beau lion sourit avant d'attirer Emily contre lui et de la serrer fortement entre ses bras. Elle allait mourir étouffée, par merlin ! Mais cela ne pouvait pas empêcher la verte et argent de sourire. Comme toujours. Spencer souriait en permanence, de toute manière. Le regard taquin de son ami s'accompagna finalement de quelques paroles, qu'Emily accepta avec joie « Ben je viens pour t'emmener en cours, pardi ! » Ah, ce Vladimrov.

« Emily Spencer, soyez plus attentive, je vous prie. » cailla la voix de la mangemort qui tentait tant bien que mal de faire avancer son cours. Ces derniers temps, tout le monde était un peu à cran à cause de l'ambiance morose et tendue du château, due aux interrogatoires. Et cela n'arrangeait pas vraiment les professeurs que de sentir une menace peser sur leur dos, à l'idée qu'on puisse les considérer comme des traîtres. Ainsi, si habituellement, cette mangemort aurait hurlé sur Emily et n'aurait montré aucun signe de politesse, il était évident que sa pseudo-sympathie en ce moment-même relevait du fait qu'Emily était une obscure affirmée, et que cette professeur pensait peut-être qu'en s'opposant à la belle verte et argent, on risque de l'accuser d'être la traître. La Serpentard n'était pas bête, elle s'en était rendue compte, et il fallait dire qu'elle en profitait grandement. Qui ne l'aurait pas fait, à sa place ? Lorsque son dernière cours de la matinée s'acheva, la brunette fut heureuse d'être passée au travers de ces matières exubérantes. Cela n'avait pas été facile, et elle avait sérieusement songé à se jeter par la fenêtre à plusieurs reprises. Mais au final, elle avait réussi à survivre, et elle en était plutôt fière, pour dire vrai. Sortant de la salle d'astronomie - un des cours les plus inutiles de ce château, assurément - la jeune fille se détacha de son groupe d'amis pour se diriger vers la volière. En effet, cela faisait deux jours qu'elle se trimbalait de partout dans le château avec une grande lettre destinée à ses parents, et elle n'avait toujours pas trouvé le moyen de la faire envoyer. Maintenant qu'elle se trouvait au septième étage, c'était un peu l'occasion ou jamais. Ce n'était pas comme si elle montait si haut dans le château tous les jours. Là-bas, elle resta quelques instants à caresser une chouette, avant d'enfin lui remettre son bien. La jeune fille donnait des nouvelles et des réponses à ses parents. Ces derniers, tous deux des mangemorts, étaient tenus au courant de la situation au château, et il souhaitait en savoir un peu plus. Cependant, la dernière qui avait été adressée à la verte et argent ne parlait que deux lignes durant d'affaires, et tout le reste du parchemin demandait de ses nouvelles, espérant que tout allait bien pour elle. Comment quelque chose aurait pu aller mal pour la jeune fille ? Elle était Emily Spencer, une fille qui avait à peu près tout pour elle, et qui était solaire. Lorsque la belle vit la chouette s'envoler, elle pria intérieurement pour qu'aucun éclair ou temps plus acharné vienne porter préjudice au sort de son morceau de parchemin. Elle espérait également que l'encre ne coulerait pas à cause de cette flotte. Peut-être aurait-elle du envoyer une beuglante, qui sait. Enfin, il était trop tard pour cela, de toute manière.

La cinquième année avait les yeux rivés sur les carreaux de la fenêtre. Elle essayait d'apercevoir tant bien que mal la chouette qui volait. Le brouillard ne l'aidait pas vraiment, et il fallait dire qu'elle ne se sentait pas très confiante. La verte était fortement concentré lorsque, sortant de nulle part, une main se posa dans son cou. Sursautant à souhait, la jeune fille poussa une forte intonation, avant de faire face au mauvais blagueur qui l'avait pris par surprise. Il lui dit « Il ne t’a même pas offert un joli collier, pour aller avec cette laisse que tu t’ai laissée passer… » William Nott se trouvait face à elle. Quelle surprise ! Que faisait-il là ? L'avait-il suivi ? Non parce que Emily n'était pas en cours d'astronomie avec lui, à sa connaissance, et qui plus est, elle ne l'avait strictement pas entendu arriver. La jeune fille porta une main sur son cœur, afin de calmer les battements qui avaient été provoqué par la frayeur qu'elle avait eût quelques secondes auparavant. « Non mais ça ne va pas bien, Nott ! » piailla la jeune fille, en durcissant ses traits. Elle aurait pu faire une crise cardiaque, par merlin. Cependant, Emily avait toujours bien apprécié William, enfin, c'était beaucoup dire, elle s'amusait excessivement à le draguer, lui faire du charme, avant. Cela faisait un bon moment désormais qu'elle ne l'avait pas croisé, et encore moins parlait. Elle était une fille rangée maintenant, et aucun écart n'était permis. Ce n'était pas une règle, mais cela était juste le retour normal des choses, d'après elle. La belle planta ses yeux de biches bleutés dans ceux du brun et demanda, avec suspicion « De qui tu parles ? » Très franchement, elle ne voyait pas. Elle devrait ? Parce qu'en ce moment, pour elle, ce n'était pas la chose la plus évidente qui soit. La belle attendit de comprendre un peu mieux, et elle espérait bien que William se montrerait plus clair. « Tu es amoureuse Emily, sérieusement ? » lâcha un peu plus tard le jeune homme. Et son visage empli de dégoût n'échappa pas à la jeune fille. Non mais, de quoi se mêlait-il ? Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire, à lui ? La brunette n'avait pas à répondre à une question pareille, c'étaient des choses qui la regardait à elle, cela. Arquant un sourcil, la belle lâcha « Et en quoi cela te regarde-t-il, au juste, William ? » dit-elle en accentuant le prénom de son interlocuteur. Elle continua de fixer les prunelles du vert et argent qu'elle avait souvent côtoyé, et reprit « Ce sont mes affaires. Je ne vois pas en quoi le fait que je sois amoureuse ou pas influe d'une quelconque manière sur toi. » L'air qu'arborait le Serpentard déplaisait fortement à la belle. Il semblait vouloir dire qu'elle n'avait rien à faire avec Ellio, et cela interloquait la verte et argent. Quoi, il était jaloux, peut-être ? La brunette replaça ses cheveux sur ses épaules avant de demander au jeune homme « Mais je t'écoute, exprime-toi, tu as l'air d'avoir des choses à dire. » elle était loin de la jeune fille qui aguichait auparavant le jeune homme. Elle n'en restait pas moins une séductrice et une femme fatale. Une bombe. Et elle savait que William comme les autres ne pouvaient pas rester indifférents face à elle.

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C'est drôle, je me dis souvent que tu es assez fort pour me retenir et assez intelligent pour me laisser filer...
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MessageSujet: Re: Un petit oiseau en cage [Emily]   Mar 23 Avr - 21:29



Elle avait sursauté en sentant ses doigts sur sa gorge et finalement, s’était récriée contre son toupet. Oh, mais c’est que c’était une grosse colère ça ! Et William ne put s’empêcher de sourire, amusé de la voir aussi furieuse pour pas grand-chose. Les effleurements, c’était quelque chose qu’elle connaissait, pourtant, avant. Fortuits ou savamment calculés. Tout comme les regards qu’elle coulait désormais dans sa direction, feignant l’innocence de ses grands yeux. Elle ne voyait pas de qui il voulait parler ? A d’autre.

« Mais de ton… "petit-ami" évidemment… Pourquoi, j’ai été mal informé ? Il n’y en aurait pas qu’un ? »

Sa voix était clairement railleuse, tout comme l’accent qu’il avait mis en prononçant les mots petit-ami. Rien que l’appellation était déjà ridicule. Si elle avait déjà besoin qu’il en donne une description pour le situer dans son paysage, le pauvre bougre risquait fort de tomber de très haut… Et tant mieux ! Les belles chutes étaient toujours plus agréables à observer. C’était bien de son gentil petit amoureux qu’il était question et elle, elle l’était, amoureuse ? Rien que l’idée le révulsait et ça devait clairement transparaître sur ses trait et dans la moue moqueuse, qui avait accompagné sa question. C’était du gâchis, pour une fille comme elle, de se limiter à ce point, surtout pour un type aussi médiocre. Et au final, c’était presque vexant qu’elle se soit intéressée à un Obscur de sa trempe à lui, même vaguement, avant de se faire passer une grosse corde, autour de son cou si frêle.

Il s’était déjà détourné pour appeler son hibou, quand elle lui demanda en quoi ses sentiments pouvaient bien la regarder. Alors que le grand duc descendait de son perchoir, pour aller se poser tout près de William, se dernier tourna la tête en direction d’Emily, un sourire amusé étirant ses lèvres. Il l’avait détaillée des pieds à la tête, s’arrêtant plus particulièrement sur ses jambes, à la lisière de cette jupe bien trop courte pour être réglementaire, avant d’arquer un sourcil et d’accorder à nouveau son attention au hibou.

« Mais parce que je suis désespérément amoureux de toi Emily… »

Il avait pouffée de rire, sarcastique à l’extrême, avant de se saisir d’un tube métallique, réceptacle bien plus prudent pour les lettres, par un temps pareil. Alors qu’il dévissait le bouchon protecteur, derrière lui, le petit oiseau en cage s’agitait. Tout ça, c’était ses affaires à elle et elle ne voyait pas du tout en quoi le fait qu’elle soit amoureuse pouvait changer quoi que ce soit pour lui. Ok, il avait eut sa confirmation, elle était bien éprise de ce crétin et comptait jouer les petites-copines bien sages, désormais. Pathétique ! Et si l’occasion se présentait, il prendrait beaucoup de plaisir a tué dans l’œuf cette jolie petite idylle… Juste pour l’amusement que cela lui procurerait. Dans un soupir, il avait sorti la lettre destinée à sa mère, l’avait roulée soigneusement et s’était contenté de hausser les épaules, quand Emily l’avait finalement invité à s’exprimer sur la question, puisqu’il avait tant de chose à dire sur le sujet…

Primo, il n’avait pas besoin de permission et surement pas de la sienne, pour s’exprimer sur tout ce qui ne le regardait pas du tout… Soit-disant !

Et deuxio, elle attendrait qu’il ait terminé son envoi. Parce qu’il était William Nott et que dans leur clan, il était clairement son supérieur… Et que l’envie de poser ses mains sur son cou pâle et de serrer très fort commençait à le chatouiller, alors qu’il s’escrimait à faire entrer correctement le parchemin, dans son tube protecteur. Finalement, il put l’arrimer solidement à la patte de son petit messager et après lui avoir ordonné de se rendre au manoir familiale, il se tourna enfin vers Emily, frottant ses mains l’une contre l’autre, dégouté par le simple contact de ce stupide volatile.

« Peut-être que je trouve seulement dommage que tu te limites à ce point… »

Il avait fait quelques pas dans sa direction. A l’extérieur de la petite tour, la tempête battait son plein et le vent frôlait les vieilles pierres en sifflant, méprisant. L’air était humide tout autour d’eux et quelques rares gouttes de pluies parvenaient même à s’infiltrer entre les fenêtres étroites de la volière.

« Peut-être que je ne le trouve pas assez bien pour toi…»

Nonchalant, il s’était appuyé contre le mur, non loin d’elle, coulant sur elle un regard à la fois amusé et intéressé. Jeune mais sûre d’elle, elle jouait les séductrices mais dans le fond, ce n’était qu’une gamine. Amoureuse… Elle n’avait pas encore compris que ce n’était que faiblesse, que de s’accrocher comme ça à quelqu’un d’autre ? Et tellement ennuyeux ! Elle ne s’en satisferait jamais, à la longue, il en était déjà presque persuadé… Et si elle devait souffrir, autant qu’il y prenne part, d’une manière ou d’une autre. La faire revenir sur la terre ferme serait un véritable plaisir !

« Peut-être que ça me manque, que tu essaies de me faire flancher…»

Il avait levé sa main pour emprisonner entre ses doigts, une longue mèche de cheveux bruns, qui retombait sur son visage, effleurant sa peau au passage. Pensif, il l’avait lissée entre deux doigts jusqu’à la pointe, avant de la relâcher. Elle était jolie, aucun doute là-dessus… Et provocante et bien plus amusante, quand elle ne jouait pas les romantiques à deux noises.

« Ou peut-être que je n’aime tout simplement pas qu’on mette en cage les jolis petits oiseaux… »

A nouveau moqueur, il avait affiché un sourire en coin, qui ne laissait présager aucune espèce de considération, pour ce pseudo couple, qu’elle formait avec Fisher-Baker. Lui aussi, ce n’était qu’un gamin et pas non plus le plus prometteur ! Briser cette jolie petit union lui rendrait service à elle aussi, avant qu’elle ne se corrompe complètement dans cette mièvrerie écœurante, qui ne seyait pas du tout à un Obscur digne de ce nom. Amoureuse, à quoi pouvait-elle bien leur servir ? A rien !

« T’as qu’à choisir la possibilité qui te plait le plus. »

Ca n’avait pas grande importance pour lui, qu’elle veuille s’expliquer son comportement avec elle et le pourquoi de tout le mépris, que son petit couple pouvait lui inspirer. En ces temps troublés, il n’y a qu’à la cause, qu’elle devrait être profondément liée, et certainement pas à un petit crétin, dont elle se croyait amoureuse… Et si vraiment elle se sentait le besoin de sauter dans un lit prochainement, elle n’avait qu’à venir dans le sien ? L’afficher clairement devant Fisher-Baker lui ferait sans doute passé un très bon moment aussi.

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MessageSujet: Re: Un petit oiseau en cage [Emily]   Sam 27 Avr - 2:17



Perdre tout espoir, c'est cela la liberté.

Il ne faisait pas beau, au dehors, et il fallait dire que la journée ne s'annonçait pas fameuse, pour la jeune fille. Mais la verte et argent ne perdait pas espoir, elle gardait toujours le sourire collé à ses lèvres, et se fut son ami Demyan qui vint lui éclairer sa matinée. Et il fallait dire que la jeune fille en aurait besoin, car si elle ne le savait pas encore, sa rencontre dans la volière avec William n'allait pas être des plus charmantes, au premier abord. En effet, pour commencer, le Serpentard avait littéralement fait peur à la cinquième année, en surgissant de nulle part, sans avoir fait l'ombre d'un bruit, et il avait posé une main glaciale dans le coup de la jeune fille. Elle aimait les surprises, certes, mais il ne fallait pas en abuser, tout de même. Et puis, il ne semblait pas se trouver ici pour échanger des courtoisies. Rapidement, d'ailleurs, il enclencha le début de la conversation, qu'il semblait avoir préparé longuement dans sa tête. Emily était surprise, lui parlait-il bien de Ellio, son petit-ami ? Et le Nott ne semblait guère enchanté, pas ravi du tout, même. La belle verte ne comprenait pas. Qu'est-ce que son petit-ami venait faire dans les histoires de William, au juste ? Il n'en fallut pas une, pas deux, à la cinquième année pour poser en paroles toutes ses pensées. Que William arrête son petit jeu et lui explique clairement ce qu'il souhaitait, et ce dont il voulait parler. Le serpent ne mit lui non plus pas longtemps pour répondre à la Spencer. « Mais de ton… "petit-ami" évidemment… Pourquoi, j’ai été mal informé ? Il n’y en aurait pas qu’un ? » Sa voix était à la fois ironique et railleuse, il semblait penser bien plus qu'il n'en disait. Emily n'aimait pas les cachoteries, ou les pensées à sens caché, elle préférait être franche, claire, droite, et que les gens le soient aussi, et ne passent pas par mille chemins, comme était en train de le faire le vert et argent. Oh et puis, très drôle, comme si le Nott ignorait qu'Emily était désormais dans une relation sérieuse, au sens propre du terme, c'est-à-dire qu'elle était fidèle, et à un seul homme. Si il lui en parlait, cela prouvait bien qu'il le savait au fond. Mais mettre son égo de côté et lui parler directement, il semblait que William n'était clairement pas prêt à le faire. Le jeune homme se détourna pour transmettre une lettre à son hibou. Ben bien sûr, te gênes pas, comme si Emily avait que ça à faire d'attendre. Le garçon se retourna vers elle, comme si il avait entendu ces pensées. Puis il la déshabilla littéralement du regard, ne manquant aucune partie de son sublime corps, et s'arrêtant plus particulièrement sur ses jambes de gazelles. Habituellement Emily aurait adoré cela, sentir le regard d'un homme sur elle, avoir la preuve plus encore que son corps de déesse était objet de désir mais là, dans la situation présente, elle avait plutôt envie de coller son poing dans la figure du jeune homme. Bah tiens, fallait pas se gêner. La scrutant toujours, le vert lâcha « Mais parce que je suis désespérément amoureux de toi Emily… » ben voyons. C'est qu'il avait le sens de l'humour, aujourd'hui, ce Nott. Emily secoua la tête, le jeune homme avait rit, et si il voulait rire, elle aussi elle allait rire. Un immense sourire se forma sur les lèvres de la vipère qui, s'approchant du jeune homme, alla glisser à son oreille « Apprend moi des choses que je ne sais pas. » l'audace, ce n'était pas ce qu'il lui manquait. Et William le savait clairement. Tout autant que la repartie. Et dire au jeune vert qu'elle savait déjà qu'il était amoureux d'elle, d'une façon sensuelle et amusante, c'était du Spencer tout craché.

La belle s'éloigna et retrouva sa place normale tandis que le jeune homme dépatouillait toujours avec son animal pour envoyer sa fichue lettre. Vu la galère, Emily espérait qu'elle comportait au moins des choses intéressantes, parce que là. Lorsqu'il eût finit, le serpent s'essuya les mains l'une contre l'autre, un air de dégoût occupant son visage, et Emily ne put s'empêcher de rire. Ça voulait jouer les forts mais dès que ça touchait un peu de saleté, y avait plus personne. William parla, se tournant vers la jeune fille. « Peut-être que je trouve seulement dommage que tu te limites à ce point… » Se limiter ? Avec Ellio ? Les choses commençaient à devenir intéressantes. La verte et argent était bien curieuse de savoir comme son compère pensait qu'elle se limitait. Non parce que Ellio était beau, intelligent, obscur, manipulateur, tendre, elle voulait bien savoir ce qu'elle aurait du lui reprocher. Si c'était l'année de différence qu'elle avait avec lui, il fallait dire que William en avait carrément plus avec elle. Ce dernier s'approcha d'elle, et Emily n'aimait guère cela, elle pressentait qu'il allait se rapprocher plus qu'il n'en convenait, après tout, cela aurait été cela qu'elle aurait fait, elle aussi, avant. Il reprit la parole « Peut-être que je ne le trouve pas assez bien pour toi… » blablabla. Ce discours était ennuyant à mourir. Emily était une fille parfaite, il n'y avait rien à redire là-dessus, mais Ellio était très beau, ce n'était pas comme si elle avait choisi de ce caser avec le laideron du coin. William s'appuya contre un mur bien trop proche d'Emily, et la regarda toujours. Il continua « Peut-être que ça me manque, que tu essaies de me faire flancher… » ah, là, ça devenait plus clair. Enfin la vraie raison de toute cette mascarade. Le jeu de séduction qu'il avait toujours voulu faire croire qu'il ne l'intéressait pas, lui manquait donc, finalement. En même temps, la belle aurait du s'en douter. Quel beau jeune homme n'aimait pas être courtisé par une véritable bombe ? Aucun. Et non, Emily n'était pas narcissique, juste réaliste, c'était différent. La verte et argent afficha un immense sourire, satisfait.

William avait attrapé entre ses doigts une mèche des cheveux d'Emily, sa main avait frôlé sa joue, et il relâcha la mèche une fois qu'il eût atteint son bout. « Ou peut-être que je n’aime tout simplement pas qu’on mette en cage les jolis petits oiseaux… » En cage ? Jamais Emily ne serait ou n'accepterait d'être mise en cage. Sa liberté, c'était une des choses les plus précieuses qu'elle avait. Jamais au grand jamais elle ne se la laisserait enlever, et certainement pas par un garçon. Non, Ellio ne lui enlevait assurément pas sa liberté. William avait un brouillard devant les yeux, pour voir tout de travers, ou bien ? Il conclut « T’as qu’à choisir la possibilité qui te plait le plus. » Oh, il lui laissait le choix, comme c'était gentil. Le rire d'Emily se fit à son tour railleur. Eh, elle était assez grande pour choisir ce qu'elle voulait faire, comment elle voulait le faire, et avec qui. Or l'intervention du jeune Nott déplaisait assurément à la verte et argent. Venir ainsi et lui balancer de but en blanc qu'elle méritait bien mieux qu'un gars qu'il ne connaissait même pas, bah dis donc, Nott, on est jaloux ? Apparemment, sinon pourquoi se donner tant de mal pour agir de la sorte, on se le demande. Bien, c'était au tour d'Emily, de parler. Elle dit « Oh tu me laisses la possibilité de choisir ? Arrête, je vais rougir. » lâcha ironiquement la belle brune. Non mais sérieusement, elle aurait vraiment vu de tout, dans ce château, et pourtant, elle avait toujours bien apprécié William. Et il était clair qu'elle considérait le temps où elle le draguait éperdument comme le bon temps, mais de toute évidence, elle avait prit de la maturité, et pas lui. « C'est donc pour cela, que tu as fais toute cette mise en scène ? Pour venir me dire que tu trouvais mon petit-ami trop bas comparaît à moi. Comme c'est touchant, on pourrait presque croire que tu t'inquiètes pour moi. » La belle marqua une pause, statique. Elle était lancée, et elle en avait, des choses à dire. Elle posa ses prunelles bleutées dans celles du jeune homme, et reprit « Heureusement, je te connais. C'est donc si difficile d'avouer que tu es jaloux ? Et qu'au final, celui qui voulait résister à mes charmes, les regrettent amplement ? » ce n'étaient pas des questions, juste des affirmations. Un constat, plus exactement, Emily constatait, comme elle savait si bien le faire. Emily s'approcha doucement de lui et dit d'une voix sensuelle « Tu sais, si ça t'intéresses toujours, on peut régler ça tout de suite, ici. » la belle s'approcha encore et posa ses mains sur le torse du jeune homme, un air plus aguicheur que jamais. Elle jouait, surjouait. Mais elle était très belle, et sa voix sensuelle ne pouvait pas laisser le jeune homme indifférent, tout autant que ses doigts qui se baladaient sur le torse du jeune homme pour finalement en détacher les boutons de sa chemise. Lorsqu'elle fut complètement ouverte, la jeune fille s'éloigna et rit sarcastiquement. Belle mise en scène, n'est-ce pas ? Pensait-il réellement qu'elle allait lui offrir cette chance, là, tout de suite, maintenant ? Il ne fallait pas rêver, elle était en couple, et si l'ancienne Emily l'aurait fait, là, en l’occurrence, elle ironisait plutôt les propos du vert et argent, qui lui avait quelque peu déplut. Retrouvant sa place normale, et sa posture normale, la belle lâcha avec dédain « Grandis un peu, William. » elle sourit davantage. Un sourire qu'elle savait si bien faire.

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MessageSujet: Re: Un petit oiseau en cage [Emily]   Mer 1 Mai - 22:28


Le souffle d’Emily était venu caresser sa peau, quand elle s’était approchée de lui, à la première raison qu’il lui avait énoncée, à savoir, qu’il était fou amoureux d’elle, plus railleur tu meurs ! L’audace de la jeune femme attira un sourire aux lèvres de l’héritier Nott… Ses manières piquantes et provocantes, c’était tout ce qu’il avait toujours préféré chez elle et plus qu’amusé, il l’avait regardée s’éloigner, sans esquisser le moindre geste pour la garder près de lui, terminant de fixer sa lettre à la patte de l’animal, avant d’énumérer les différentes possibilités de son intérêt pour la situation sentimentale de la petite brune, sans se départir une seule seconde de son calme olympien, ou de son air un brin moqueur. Des filles comme elle, il en avait eues des tas et il lui en faudrait certainement bien plus pour emballer le jeu, quoi qu’elle puisse s’imaginer ou penser de lui.

Qu’elle rit, qu’elle rougisse ou mieux encore, qu’elle le détrompe, si elle ne pensait pas que cette relation pouvait l’entraver en quoi que ce soit ! N’avait-elle pas juré fidélité à son petit… Petit-ami ? Parce qu’en plus, ce n’était qu’un gosse ! Elle avait beau jouer les grandes filles qui s’assument, elle n’en était pas moins tombée dans le piège d’une relation débile, en y sautant des deux pieds joints. Et si elle ne comprenait pas à quel point elle allait probablement tomber de très haut, William était tout à fait prêt à l’y aider.

Un nouveau rire lui avait échappé, alors qu’elle s’émouvait faussement de l’intérêt qu’il lui portait. Evidemment que son petit-ami n’était pas à sa hauteur, il suffisait d’ouvrir les yeux un tant soit peu pour en être convaincu, aussi Obscur et adorable puisse-t-il être.

- Evidemment que je m’inquiète !

Et ce qu’il pouvait avoir l’air perturbé ! Indolent, indifférent, en train de regarder ses ongles, pendant qu’elle lui parlait. Si elle voulait attirer son attention, vraiment attirer son attention, qu’elle agisse plutôt que de parler dans le vide. Elle le connaissait bien assez pour le savoir, non ? Selon elle, oui, mais William laissa quand même un soupir amusé passer la barrière de ses lèvres, alors que sa main retombait le long de son corps. Elle le croyait jaloux ? Emily ne manquait pas d’estime d’elle-même, c’était le moins que l’on puisse dire, mais elle se trompait sur toute la ligne, ou presque. Il n’était pas jaloux, seulement possessif… La faute de ses parents, certainement, qui avaient décidé de n’avoir qu’un seul enfant. Il avait toujours détesté que d’autres posent la main sur SES jouets… Et la situation, aujourd’hui, n’était pas vraiment si différente, qu’à l’époque où il n’était qu’un gosse capricieux.

La belle Serpentard s’était approchée, féline et William avait légèrement penché sa tête vers son visage, alors que si proche, le souffle de ses mots venaient frôler sa peau. S’il était toujours intéressé, elle proposait de régler les choses là, tout de suite et l’Obscur ne lui répondit que par un sourire, alors qu’il suivait du regard, les mouvements des petites mains d’Emily sur son torse. Taquine, elle avait déboutonné sa chemise et il l’avait laissé faire, amusé et impatient de voir jusqu’où elle pousserait la provocation, malgré son statut de jolie prisonnière. Dans l’opération, ses doigts avaient effleuré sa peau et William avait exhalé un soupir inconscient, gagné à la partie. Ca faisait bien trop longtemps qu’ils jouaient à ça, tous les deux et ses envies prenaient presque la pas sur sa raison ou sur la perfidie de ses mots. Et puis…

Et puis elle avait ri et s’était éloignée comme un petit démon bien trop content de son petit tour. Les mâchoires de L’Obscur s’était contractées et il s’était appuyé nonchalamment contre le mur de pierre, derrière lui, ne prenant même pas la peine de refermer sa chemise. Elle lui disait de grandir un peu et cette fois, le rire soupiré qui lui échappa, n’avait strictement rien d’amusé, tout de sarcasme et peut-être, un peu, de frustration.

- Que moi je grandisse, Emily ? T’y crois vraiment, à ton histoire d’amour débile ?

Il avait levé les yeux au plafond, presque agacé. Est-ce qu’elle pouvait être stupide à ce point ? Pour s’imaginer que ce soit possible ?

- L’amour ça n’existe que dans les romans pour petites pucelles écervelées.

Le plaisir, la passion, peut-être, d’accord, mais l’amour ? Ce n’était qu’un conte de fée pour donner bonne conscience aux imbéciles, qui ne pouvait pas prendre ce qu’il voulait, sans avoir d’état d’âme puériles et stupides. Alors quoi, elle avait décidé de se ranger dans cette catégorie, désormais ? De s’entraver et de se mettre des chaînes aux chevilles ? De traîner son gros boulet de petit-ami derrière elle ? William s’était approché d’elle tout aussi doucement qu’elle l’avait fait tout à l’heure, mais son geste n’avait rien eu de tendre, quand il avait pris son menton entre ses doigts, pour la forcer à lever son regard vers lui.

- Ce n’est rien d’autre qu’une faiblesse... Et à ta place, j’essaierais de ne pas l’oublier.

Plus elle tomberait sous le charme de cette comédie romantique, plus elle tomberait de haut ! Et chez les Obscurs, on avait que faire des gamines en miettes ! Inutilisables, aussi jolies soient-elles !

- Comme tu ne devrais pas oublier qu’il y a des jeux qu’on ne commence pas, quand on est pas assuré de pouvoir terminer la partie.

Il l’avait relâchée dans un geste dédaigneux, sans la lâcher des yeux, avant de commencer à reboutonner calmement sa chemise. Qu’elle le prenne pour une menace si ça pouvait lui chanter, de toute manière, ça en était une. Qu’il laisse sa petite histoire se déliter d’elle-même ou qu’il se charge d’enfoncer le clou, il était certain, de toute manière, que son petit-ami ne le serait pas très longtemps. Ils n’étaient que des gamins dans un monde qui ne toléraient pas les faibles et ceux qui en étaient les esclaves. Et lui, William lui n’avait aucune pitié pour les gens qui le décevait.

Elle voulait le convaincre qu’elle avait trouvé le grand amour et que tout ça avait un sens ? Qu’elle essaie, ça l’amusait d’avance. Quant à ses jolies ailes, cette histoire ne pouvait que les briser, qu’elle en soit persuadée ou non. Ses envies… Parce qu’elle reviendrait, qu’elles en soient assurées… Elle allait devoir sacrément les brimer et rien que pour ça, le spectacle en vaudrait peut-être la peine. L’empathie était un sentiment que William Nott ne réservait qu’aux gens qui la méritait et ils se comptaient sur les doigts d’une seule main.

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Un petit oiseau en cage [Emily]

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