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 [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara

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MessageSujet: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Sam 13 Avr - 12:08






I WANT TO HIDE THE TRUTH I WANT TO SHELTER YOU BUT WITH THE BEAST
INSIDE, THERE'S NOWHERE WE CAN HIDE NO MATTER WHAT WE BREED, WE STILL
ARE MADE OF GREED, THIS IS MY KINGDOM COME, THIS IS MY KINGDOM COME
► demons, imagine dragons.

C’était là. C’était affiché depuis ce matin sur les murs du grand hall de Poudlard. Ils avaient été démasqués. Etait-ce vraiment une surprise ?

Tout était allé si vite, Albus en avait un peu perdu le fil. Ariel Edelweiss était une fille qu’il ne connaissait qu’assez peu, mais elle avait été assez maligne pour découvrir de pot aux roses et… c’est une Obscure, enfin. Elle leur avait fait un peu de chantage et puis avait finalement vendu la mèche, les révélant au grand jour. Les traîtres. Ceux à la botte du lâche. Les rebelles. Ils avaient été dénoncés au directeur, à savoir Voldemort en personne. Ils avaient été illico presto convoqués à son bureau… Collectivement, puis individuellement… Albus ne se sentait pas encore de taille à repenser à son propre entretien. C’était probablement l’expérience la plus humiliante qu’il n’ait jamais vécu. Mais ce n’était que le début.

Il était là, les mains dans les poches, au milieu de la foule qui venait de découvrir la nouvelle. Il n’osait pas lire ce bout de parchemin placardé, non, il n’osait pas s’avancer. Il restait là, droit comme un piquet, à analyser les diverses réactions, à l’arrière, plongé dans ses pensées sombres. Une rumeur grandit parmi les élèves, qui commençaient à s’attrouper autour de l’affiche. Trois élèves, puis dix, puis vingt, puis cinquante puis cent, puis… Un murmure paniqué, choqué, satisfait à la fois. Certains même ricanaient parfois, d’autres poussaient des petits cris effarés. Albus resta de marbre face au petit regard hautain et au sourire doucereux de Scorpius Malefoy et sa bande d’Obscurs plus débiles les uns que les autres. Il resta tout aussi impassible lorsque qu’un petit malin lui écrasa le pied avant de cracher juste devant lui. On le bousculait. On le regardait de haut. On jurait sur la tête d’Harry Potter. Albus ne daignait même pas de répondre aux insultes, aux moqueries. C’était puéril, et Albus n’allait pas s’abaisser à ça. Mais après tout, il fallait quand même avouer que c’était d’un côté parce qu’il n’avait pas grand-chose à leur répondre. La discrétion devait primer, désormais. Il ne devait plus se faire remarquer. Pour le moment. Merlin. Un peu plus et il se tirait une balle.


Le cauchemar recommençait. Il était presque redevenu ce garçon timide qui se faisait marcher sur les pieds, lors de ses toutes premières années à Poudlard. Tout ça à cause d’un nom. Non, ce n’était pas la même chose. Là, Albus assumait. Il gardait un minimum de fierté. Il était plein de regrets, mais ça, nul ne pouvait le voir à travers son attitude posée. Celui qui le défierait aurait vraiment chaud au derrière. Il était prêt à se battre, avec encore plus d’ardeur qu’avant. Il avait été blessé, humilié, rabaissé. Il ne supporterait pas d’être encore plus bas que ça. Et, avec les évènements de la veille, il pensait avoir tout vu. Plus rien à Poudlard ne pouvait lui faire peur. Mais tout de même, il n’avait pas encore tout perdu… Non, pas encore.

C’est là qu’il repéra le regard de Nara. Sa petite amie. C’est presque aussitôt qu’il détourna les yeux. Il aurait du mal à soutenir un regard aussi noir. Cependant, elle, elle l’avait bien vu. Lui qui avait eu le culot de se présenter ici, limite en tendant la batte pour qu’on le frappe. Nara n’avait été au courant de rien, depuis le début. Elle s’en était peut-être douté, mais en tout cas jamais elle n’avait fait part de ses soupçons à Albus. Il l’avait leurré. Non pas qu’il ne lui avait pas fait confiance… C’était différent, mais ça elle ne pouvait pas le savoir. Nara venait de tout découvrir, au même titre que les centaines d’autres élèves de Poudlard. Il y avait vraiment de quoi en être vexé, Albus ne pouvait pas le nier. Mais elle n’était pas la seule dans ce cas. Ni Blake, ni Rose, Pete et Lily d’ailleurs n’avaient su. Et tous ses autres amis, Résistants comme Impartiaux non plus. (ou Obscurs d’ailleurs, que le Code avait tout de même attaqué).  A voir sa tête, elle allait définitivement lui gueuler dessus. Il allait se faire passer un sacré savon, non seulement par elle, mais aussi par… Albus ne préférait ne pas y penser. Blake et Rose allaient surement ne plus vouloir lui adresser la parole jusqu’à la fin des temps. Pete serait probablement plus clément, il le comprendrait. Pete aussi en avait fait, des conneries. Peut-être il se sentirait frustré d’avoir été mis à l’écart, mais ils finiraient comme toujours par revenir l’un vers l’autre. Et puis Lily… C’était une autre histoire. Ca n’allait déjà pas top avant le Code Phénix. Tout cela n’allait que creuser des distances entre eux, les éloigner d’autant plus… Bon sang Albus, qu’as-tu fais ?

Il y avait beau avoir des centaines d’autres personnes, Albus ne voyait plus que Nara, qui se creusait lentement un passage depuis le panneau jusqu’à lui. Il ne se déroba pas, mais il se sentait petit à petit faillir. Alors qu’il avait affronté d’un regard dur les remarques des autres élèves, face à Nara, il se sentait soudainement complètement impuissant. A nu. Toutes ses faiblesses ressortaient. Il serra les poings. Il avait pensé à mille excuses, mille justifications. Pendant les périodes où il culpabilisait, tandis qu’il faisait ses petites affaires avec le reste du Code Phénix, il y avait longuement pensé. Depuis le début, il savait que ça ne pourrait pas durer éternellement. Après avoir évoqué le sujet avec Blake, il y a quelques jours et il avait encore plus commencé à douter sur le sujet. Il avait fait part de ses craintes au reste du groupe. Et puis, c’était devenu une certitude. Mais il avait été impossible de faire marche arrière. Ils s’étaient pris à leur propre piège, ils s’étaient laissés emportés comme dans des sables mouvants. Maintenant, il fallait supporter la douleur, le temps de la surmonter. C’était loin d’être la partie la plus simple de l’histoire.

Il recula d’un pas instinctivement, dans un geste presque défensif, tandis que l’espagnole s’avançait vers lui. Il connaissait ses colères, il en avait fait nombre de fois les frais. Il savait aussi qu’il fallait les redouter… Et qu’il allait passer un sale quart d’heure. « Je… Je peux tout t’expliquer. » Albus prit les poings de Nara. Il était sûr qu’elle était capable de le frapper, là, au milieu de toute la foule. Il sentait ses bras se dégonfler. Il ne pourrait pas canaliser toute la force et toute la colère de Nara. Il tenta de prendre une voix neutre, mais celle-ci paraissait beaucoup plus grave qu’il ne le voulait. Mais d’un autre côté, se comporter comme si de rien n’était… Ca aurait été déplacé. « Je crois qu’on devrait s’éloigner de là. Pour parler. » Ca y est, il l’avait dit. Il ne pourrait pas repousser la discutions, pas après lui avoir caché tout ça pendant toutes ces semaines. Albus la prit par la main pour la guider loin de tout ça. « Rejeton de Potter », « Fils à papa », « prétentieux », « naïf »… Sobriquets comme adjectifs fusaient dans tous les sens sur son passage pour commenter cette révélation. Il n’avait pas repéré les autres (Lucy, Hermès, Fred et Adrian) parmi la foule, mais ça l’étonnerait beaucoup qu’ils se présentent ici. Comme eux, il était sorti changé de sa conversation avec Voldemort. Mais il avait éprouvé le besoin de venir voir comment les élèves réceptionnaient la nouvelle. Et il regrettait d’être venu. Il avait espéré quoi ? Assister à la victoire des Obscurs et à la déception des siens n’avait rien de réconfortant. Cependant, il fallait qu’il vienne. En marchant dans les couloirs, perdu, il s’était dirigé naturellement vers ces lieux. A croire que malgré la douleur, sa curiosité ne s’était pas encore fait la malle.

Il attira Nara vers un détour de couloir. Si tout le hall était bondé, ce couloir était complètement vide. Il ne se sentait pas bien du tout, mais faisait des pieds et des mains pour ne pas le laisser transparaitre. C’était comme s’il était sur le point de faire des adieux, de perdre un être cher. Il était triste, parce qu’il avait l’impression qu’il connaissait déjà l’issue de la conversation. Il ne savait pas de quoi il avait le plus peur. Entre la colère de Nara et ses arguments qui ne tiendraient forcément pas la route… Il avait de quoi s’inquiéter. Mais ce qui lui faisait le plus mal, c’était qu’il savait que quoiqu’il puisse dire, il serait difficile de rester sur une relation solide, équilibrée, comme c’était le cas jusqu’à présent. Il n’y aurait certainement pas de happy ending. C’était peut-être même le début de la fin. Il ne lui lâcha pas la main, qu’il serrait fort, mais la regarda enfin dans les yeux, déterminé. Ils avaient, effectivement, des choses à se dire. C’était fini les promenades sur les toits du château. Les après-midi à flâner et trainasser l’un sur l’autre, dans le parc. La réalité avait fini par reprendre le dessus. Voldemort et toute sa clique gagnaient du terrain. Il n’y avait pas de place pour autant d’insouciance. A Albus maintenant de se montrer assez courageux pour affronter tout ça. Il s’apprêtait à présent à encaisser toute la colère de Nara. Vas y, lâche-toi ma grande. Ca m’apprendra à me montrer plus responsable. Moins aveugle. Moins stupide.


__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()


Dernière édition par Albus S. Potter le Mar 25 Juin - 11:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Sam 13 Avr - 13:59

⊹ I can't think about "always". All I can think about is right now.
« Oh ces mots qui me reviennent à ces rendez-vous, qui sera le plus mesquin, qui sera le plus fou ? Oh ces veines qui enflent pour cracher le venin ; On sait pourtant que ça ne mène à rien. Mais qui de nous fera le premier pas ? Parfois j'ai peur de nous quand on est aussi bas, quand un rien enflamme le tout, « me myself » par-dessus tout, on ne lâche pas, lâche pas, lâche pas ... Il y a comme une étincelle dans le ciel de ce soir. Je sens trembler la Terre, l'apocalypse est ce soir. On semble parti pour la guerre…On devrait prendre le temps de se calmer, d’aller prendre l’air…. » (c) Wild heart


Ça faisait des jours que ça n'allait pas. Quelques semaines peut-être. Les heures passaient, aussi lentement que dans une file d'attente. Les cours étaient interminables, les soirées finissaient comme les journées avaient débuté : en cogitant sur ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête d'Albus Potter. Naranja le trouvait changé depuis quelques temps. Et pas en bien. Elle le voyait beaucoup moins souvent, elle avait même parfois l'impression qu'il la fuyait, évitait son regard et faisait semblant de pas la voir lorsqu'ils se croisaient. Et à chaque fois, cela brisait le cœur de l'espagnole un peu plus. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait rien. Tout allait bien. Et d'un coup, rien n'allait plus. Nara n'avait pas vu venir ce brusque changement de comportement chez son petit-ami. Bon nombres d'étudiants l'avaient aussi remarqué au fils des jours, ce qui fit courir de nombreuses rumeurs sur leur couple. Au départ, la jeune Poufsouffle n'y avait pas prêté attention. On passait tous à un moment ou à un autre par des périodes difficiles – Nara la première - où la seule chose que nous avions envie de faire c'était d'être seul, et de penser, penser, penser, jusqu'à se demander si notre vie avait réellement un sens. Mais lorsque cette période de dépression passagère s'éternisait, cela ne présageait rien de bon. Et en voyant les jours défiler sur le calendrier, Nara s’inquiéta, et commença à imaginer des tas de scénarios. Albus devenait si distant qu'à un certain moment, elle y crut, à ces rumeurs lancées par des élèves. Celles qui affirmaient que son copain voyait d'autres filles. Ça lui avait fait tellement mal qu'elle en avait pleuré durant toute une nuit. Après grande réflexion, elle avait statué sur le sort d'Albus. Il avait peut-être des défauts, mais la lâcheté n'en faisait pas partie. Du moins, elle l'espérait. S'il ne voulait plus d'elle, Nara préférait autant qu'il ait la décence de lui dire en face, au lieu de s'éloigner progressivement, sans rien dire, sans prononcer un seul mot. Chez elle, ça se passait pas comme ça. On n'aurait jamais permis ça en Espagne. On abandonnait pas les gens comme on jette son tout premier chaudron. Et là, à cet instant précis, Nara se sentait bel et bien abandonnée. Le matin en se levant, elle avait l'impression que sa vie ressemblait à un roman de gare qui se terminait mal. Genre l'héroïne meurt dans un carambolage d'automobile ou d'un incendie, laissant derrière elle un mari et un enfant de deux semaines et demi. Elle se sentait si mal qu'elle en avait perdu l'appétit. Même l'envie de danser lui était passée. Cela ne lui était jamais arrivé de toute sa vie. La danse avait toujours eu un effet salvateur sur elle, cela lui avait permis de surmonter bien des épreuves, dont le divorce de ses parents, le départ de ses frères et sœur, son entrée à Poudlard... Elle avait toujours su se réfugier dans ses ballerines en exécutant mille arabesques pour ne plus penser à rien. Mais c'était peine perdue, elle n'y arrivait plus. Si seulement elle savait ce qu'il n'allait pas chez Albus... Elle serait plus à même de l'aider... Mais apparemment, de son aide, il n'en voulait pas. En tout cas, il ne l'avait pas sollicité pour cela. Finalement, c'était peut-être vrai, tout ce qu'on racontait.

Nara se leva de son lit, laissant derrière elle ses pensées, rien que pendant quelques minutes, le temps d'enfiler son uniforme et de se préparer rapidement. Elle allait se rendre à la bibliothèque pour finaliser un devoir lorsqu'un attroupement attira son attention. Une foule d'élèves était entassée devant un écriteau. Nara soupira. Encore un nouveau décret sans doute. Qu'allait-on leur interdire cette fois-ci ? De respirer ? Ces derniers temps, ça devenait quasi systématique. Dès que quelque chose rendait la vie des étudiants un peu plus belle, ce droit leur était retiré. Voldemort n'avait sans doute jamais été jeune. Nara allait continuer son chemin lorsque plusieurs élèves fit naître chez elle de la curiosité. Des réactions diverses se faisaient entendre. Certains étaient à la limite de l'évanouissement, d'autres semblaient prêts à entamer une danse de la joie. Intriguée, Nara n'eut pas d'autres choix que de se frayer un chemin jusqu'à l'affiche. Elle devait en avoir le cœur net. Qu'est-ce qui pouvait bien susciter tant d'émotions contradictoires chez les étudiants ? Elle joua des coudes, et au bout de quelques secondes, se trouva devant le parchemin. Elle le lut une première fois. Puis une deuxième fois. « Dios mío. » prononça-t-elle, plus pour elle-même que pour ceux qui l'entouraient. Le sang quitta son visage et elle se sentit blêmir. On la poussa, on l'écarta du chemin. Elle était en état de choc. Elle s'assit un instant pour retrouver ces émotions. La voilà, la raison. C'était donc ça. En bonne petite égoïste, elle se sentit soulagée durant deux secondes. Albus ne l'avait pas trompé. Enfin, peut-être. En fait, elle n'en savait rien. Après, elle prit pleinement conscience de ce que cela voulait dire.

Elle avait comme tout le monde entendu parler du Code Phenix. Celui-ci regroupait un petit nombre d'étudiants, sans doute résistants, et avait beaucoup fait coulé d'encre. On en parlait à chaque repas, aux intercours, et même pendant les cours. En effet, ce petit groupe d'élèves sévissait au château, enchaînant acte de rébellion sur acte de rébellion. Nara n'aurait jamais cru qu'Albus en ferait partie. Pourtant, tout s'expliquait maintenant. Ces absences à répétitions, ses longs silences éloquents, ses regards fuyants. Cela expliquait tout, certes, mais la jeune fille était perdue. Elle se releva avec difficulté, s'appuyant sur un deuxième année qui passait par là. Quelqu'un la bouscula, et elle tomba par terre. En levant la tête, elle croisa le sourire sarcastique et moqueur de sa sœur aînée, Anjelica, qui devait sans doute se ravir de cette nouvelle annonce. Nara lui fit face, et sans que la Serpentarde ne voit rien venir, elle la gifla. Elle n'était plus l'enfant qu'elle avait été. Elle avait grandi et s'était endurcie. Elle n'était plus la gamine qu'Anjie prenait plaisir à martyriser, à couper les cheveux et à insulter de moins que rien. Elle était beaucoup plus forte. Elle ne se laisserait plus faire. Naranja vit dans les yeux de sa sœur une lueur de surprise, mêlée à de la colère. Et une haine profonde aussi. Avant qu'elle ne sorte sa baguette ou qu'elle riposte, la jeune espagnole s'éclipsa dans la foule. Nara savait que cet acte ne resterait pas sans conséquences. Elle allait le payer cher, mais pour le moment, ça l'avait soulagé de bien des choses, et déchargé la boule de stress et d'aigreur qui avait élu domicile dans son ventre. Alors qu'elle tentait de rejoindre sa salle commune, elle le vit. Albus, adossé contre un mur. Elle resta là un bon moment, à le fixer, cherchant un moyen de l'aborder. Peut-être pour lui demander des comptes, pour lui crier dessus, pour lui donner la raclée de sa vie, pour le prendre dans ses bras et l'embrasser. Elle ne savait pas encore trop bien. Tout était trop flou dans sa tête. Elle était trop perdue pour savoir ce qu'il fallait faire.

Tout-à-coup, il croisa son regard et détourna des yeux. Déterminée, sans savoir ce qu'elle faisait, elle se fraya un chemin jusqu'à lui, non sans difficulté. Mais elle n'avait pas envie de se dépêcher. Il fallait qu'elle trouve quelque chose à lui dire, ou lui faire. Elle le vit reculer. Nara se demandait ce qu'il pouvait bien penser. Il devait sans doute chercher une parade pour l'éviter une fois de plus, ou pour lui dire que c'était une erreur, et qu'il n'avait rien à voir là-dedans. Mais la jeune femme ne se leurrait pas. Son comportement des dernières semaines parlait de lui-même. Elle était certaine que ce qui était écrit sur ce panneau était vrai. Elle se demandait même si Albus n'était pas l’instigateur de tout cela. Nara savait à quel point la vie du Gryffondor était difficile. Porter un nom comme le sien faisait parler. Et puis... qu'est-ce qu'elle en savait après tout. Elle ne le connaissait pas. Du moins, elle pensait le connaître jusqu'à maintenant. Elle avait l'impression de n'être qu'une étrangère à ses yeux. Nara avait pensé, bêtement, qu'il partageait ses sentiments. Qu'il l'aimait comme elle l'aimait. Désormais, elle n'en était plus vraiment persuadée. Toutes ses cachotteries, ses secrets, ses dissimulations montraient à quel point il n'avait pas confiance en elle. Certes, elle n'était qu'une petite impartiale sans grand intérêt. Mais elle était sa petite-amie non ? Les désillusions envahirent Nara à la vitesse de l'éclair. Elle se sentait tellement trahie. Elle arriva enfin face à lui, confuse. « Je… Je peux tout t’expliquer. » Il lui attrapa les poignées ce qui donna envie de pleurer à Nara. Son contact lui rappelait à quel point elle tenait à lui, et à ce moment précis, elle sentait que rien ne serait plus jamais comme avant entre eux. Ce n'était déjà plus pareil. Il avait tout gâché. Tentant de rester calme, elle plongea son regard dans ses yeux émeraude et ce qu'elle crut y percevoir la laissa sans voix. Tout expliquer... Expliquer quoi exactement ? Tout était clair à présent. Les nuages avaient laissé place au soleil et au ciel bleu. Il n'y avait rien à dire de son côté. Elle ignorait comment elle allait réussir à oublier ça. « Je crois qu’on devrait s’éloigner de là. Pour parler. » Il voulait parler. Il lui prit la main, et l'emmena plus loin. Nara ne prononçait toujours pas mots. Elle était trop choquée pour ouvrir la bouche, et elle tenait à ce qu'il lui parle en premier. Après tout, il était à l'origine de tout cela, à la dérive de leur couple, à la décadence de leur histoire, à ces actes rebelles contre les obscurs, les profs, le collège Poudlard en général. En somme, contre Voldemort et sa dictature.

Tandis qu'ils s'éloignaient tout deux de la foule, Nara entendit des remarques et sarcasmes concernant Albus. Au début, elle laissa couler. Puis, à un moment, en eut assez et fit même un doigt d'honneur à un Serpentard qui se moquait de son petit-ami. Le gars eut l'air surpris, Nara aussi. Elle n'en pouvait plus, et elle était prête à tout pour que cela s'arrête. Car malgré tout ce qu'Albus avait fait, elle restait de son côté. Toujours.

On aurait dit que tout Poudlard se trouvait dans le hall d'entrée car les couloirs étaient déserts. Il s'arrêtèrent. Nara le regarda, prête à tout entendre. Elle attendit, et attendit encore. Elle sentit la pression d'Albus dans sa main se faire plus forte, comme s'il craignait les mots qu'il allait prononcer. La jeune fille sentait que ça allait mal se terminer. Pour lui comme pour elle. Soudainement, leurs regards se croisèrent, et Nara put y déceler toute la détermination qu'il avait. Mais il ne parlait pas, et elle ne le supporta plus. Aussi froidement qu'elle le put, elle murmura : « T'es qu'un con. » Elle ne savait juste pas quoi dire d'autres. Il lui avait fait trop de mal. Pourtant, elle continuait à s'accrocher à lui comme une idiote. Oui, c'en était bien une. Une idiote de première. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

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Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.


Dernière édition par Naranja L. d'Alvarez le Ven 3 Mai - 12:19, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Sam 20 Avr - 8:20


WHEN YOU FEEL MY HEAT LOOK INTO MY EYES :
IT'S WHERE MY DEMONS HIDE, IT'S WHERE MY DEMONS HIDE.
► demons, imagine dragons.

Il s’attendait à devoir affronter une violente engueulade. Il s’attendait à devoir se défendre, à devoir encaisser une gifle, un sort, des larmes. Il s’attendait à devoir subir tout en sachant pertinemment qu’il avait tort sur toute la ligne.

Un long silence s’était installé. Comme si ni l’un ni l’autre ne savait que dire, comme si chacun attendait que l’autre commence, pour que ça soit plus facile de continuer après. Albus n’arrivait pas à trouver les mots, il n’arrivait pas à savoir par quel bout commencer sa phrase. Il ne savait pas quel ton utiliser non plus. Il était complètement dépassé. Il était conscient depuis le début que l’affrontement serait dur, mais il pensait qu’au moins il arriverait à se défendre dignement, pour que Nara comprenne. Or, il se retrouvait là, à attendre que sa petite amie –sûrement très contrariée- lui fasse des reproches. Il était prêt à encaisser, mais plus le temps passait, plus il sentait que ça allait chauffer pour lui. Et plus il s’inquiétait. Nara devait être au moins aussi perturbée que lui. Il ne l’avait pas mit dans une position facile, fallait dire.

Nara devait probablement se sentir tiraillée, rongée par la colère comme la déception, la tristesse et le dégoût... Albus se sentait vraiment mal, mais Nara l’était peut-être encore plus. Il l’avait trahie. Il lui avait menti. Dissimulé la vérité plutôt, mais ça revenait au même. Qui a dit que l’impartialité était une position facile ? Albus n’avait pas voulu l’impliquer dans toute cette histoire pour plein de raisons différentes. Pour la protéger en priorité, mais il n’y avait pas que ça. Avait-il vraiment eu confiance en Nara ? C’était difficile d’imaginer le contraire. Maintenant qu’il y pensait, il commençait à regretter d’avoir gardé le silence. Ils étaient en couple, il aurait du lui faire confiance, au moins sur l’existence du groupe. Mais au lieu de ça il avait gardé jalousement le secret du code phénix. Peut-être qu’au final, faire des choses dans le dos des autres avait ramené quelque part un peu de l’ancien Albus, le turbulent, l’espiègle, le joyeux. Celui qui se faisait coller toutes les semaines, qui jouait fièrement au poste d’attrapeur dans l’équipe de Quidditch de Gryffondor. Le fait qu’il n’y ait que des cousins et amis à lui dans la bande, dont Fred qui était la perfection incarnée pour Albus et Hermès, son grand pote de déconnade… Ca avait joué dans sa perception du Code Phénix. C’était une association des plus sérieuses, tout en ne l’étant pas. Non mais franchement, comment se prendre un minimum au sérieux dans un groupe dont les membres avaient pour pseudonyme des noms de lapin ? Peut-être qu’au final, il avait vraiment prit goût à ça. Il s’était laissé emporter par son imprudence, par sa volonté de fer et par son gout du danger et de l’aventure. Et bien sur, ça avait tout gâché.

« T’es qu’un con. » BOUM dans ta tronche Potter. Il aurait du se sentir rassuré qu’elle n’ait pas traduit ça en espagnol (c’était encore pire quand elle s’y mettait…), mais la tension était trop grande pour ça. Bien au contraire : il était d’autant plus méfiant vis-à-vis de ses propos. Si ça se trouvait, elle n’allait pas tarder à exploser et à se déchaîner contre lui. Mais enfin, il n’y avait aucune raison pour se sentir soulagé ! Elle ne lui avait juste pas crié dessus et n’avait visiblement pas l’intention de le faire comme Albus le redoutait. En revanche, elle lui en voulait. C’était plus que compréhensif. Le pire dans tout ça, c’était évidemment le ton glacial que Nara prit. Il lui fit l’effet d’un coup de couteau tant il était tranchant. Albus s’humecta les lèvres en détournant le regard. On aurait dit qu’elle avait mit toute sa rancœur, toute sa déception dans ces simples mots. Et c’était dur de garder les yeux rivés sur une personne dont on avait trahit la confiance. Elle avait manifestement trouvé l’adjectif qui caractérisait le mieux Albus. Il n’avait jamais été du genre à réfléchir avant d’agir, mais là il avait atteint le sommet. Il était aussi con qu’un ballon, ouais. Albus lâcha la main de Nara à ses mots. C’était comme s’il s’était fait électrocuter. Et là il avait l’impression qu’il ne méritait pas de tenir sa main plus longtemps.

« [color=firebrick]Je sais. » Murmura-t-il doucement. Elle le lui avait dit des centaines de fois déjà ! Mais jamais de cette même manière. Et certainement pas en de telles circonstances. L’insulte prenait une couleur toute autre. Nara ne voulait vraiment pas exprimer sa colère plus que ça ? Il se sentait dérouté tant le scénario de cette discussion qu’il s’était fait dans sa tête ne collait pas avec la réalité. Mais il ne savait pas exactement pourquoi elle lui en voulait le plus. A cause du Code Phénix en lui-même, son manquement à ses promesses ? A cause de son silence, sa trahison ? Il fit presque la plouf pour décider de ce qu’il devait dire en premier. Merlin, les excuses, ce n’était tellement pas son fort. Peut-être devait-il d’abord lui rappeler qui il était ? Il n’avait pas changé. En fait si, il avait un peu changé, mais depuis hier uniquement. Depuis son entretien avec Voldemort… Il préférait ne plus y penser. Albus s’était juste montré plus distant qu’à l’ordinaire avec les autres, nettement moins souriant. C’était normal : qui le serait à sa place ? Ca allait passer, bientôt il retrouverait sa joie de vivre… Du moins il l’espérait. D’abord, il lui fallait mettre les points sur les i avec tout le monde… S’il en trouvait la force. Albus sentait tout son courage partir rien qu’à l’idée de dizaines d’engueulades… « J’ai jamais voulu te cacher des choses… Tu sais comment je suis. Tu m’as accepté quand même. Il… » Il fallait s’y attendre, faillit-il rajouter. Mais non, ça serait vraiment de trop et puis ce n’était pas sa faute, elle n’avait rien à se reprocher. Il était l’unique coupable dans l’histoire. Albus voulait se persuader que Nara n’avait peut-être pas tant de raisons que ça de lui en vouloir. Il était vrai que malgré tous ses défauts et son caractère explosif, elle l’avait aimé tout comme lui l’avait aimée et l’aimait encore. Elle avait apprit à passer outre tout ça. Et pendant quelques mois, ils avaient été si bien… Mais les gens peuvent aussi changer. Il avait dit à Nara après son incident au bal qu’il ferait des efforts. Et il n’avait pas tenu parole, loin de là. Il repensa à leurs actions secrètes, contre les Obscurs. C’était vraiment quelque chose qui les avait tous emballés, au début. En se remémorant ces bons souvenirs, une lueur, comme d’avidité, s’alluma dans les yeux d’Albus. « On y était presque Nara. On était en train de prendre le dessus. Ce n’était pas un jeu. » Ca ne l’a jamais été. Son regard se fit plus intense, comme s’il espérait encore que leur idée avait encore ses chances. Il avait tant attendu du code phénix. Ils étaient à deux doigts de changer l’avenir du monde magique et ils avaient tout foiré. « Et petit à petit… On aurait pu étendre notre influence au-delà de Poudlard et sauver des milliers de vies. Virer Voldemort de là. Reprendre en main le monde magique. Et puis venger l’honneur de ma famille… C’était tentant. Mets-toi à ma place. » Sa voix était plate, sombre la plus neutre possible malgré ses propos aux allures optimistes. Il ne parvenait pas à mettre aucune couleur dans sa voix. C’était comme si quelque chose s’était éteint quelque par en lui, comme s’il n’était plus que le fantôme de lui-même. Albus n’était pas prêt de redevenir celui qui faisait des farces.

Il aurait bien aimé savoir ce qu’elle aurait fait, à sa place oui ! Elle qui avait une si grande famille, en Espagne. Là-bas, l’univers magique se portait bien mieux qu’ici. Pas de scandales, pas de dictateur aux pulsions meurtrières. Pas de clans. Pas de dictature. Comment aurait-elle fait si son monde volait d’un coup en éclat ? Si son père se retrouvait en prison ? Si sa famille s’éloignait petit à petit d’elle ? Si elle se retrouvait à jouer des seconds rôles alors qu’elle voudrait être en première ligne de front pour mieux se battre ? S’il se révélait que personne n’avait plus confiance en elle et la regardait en riant d’elle à son passage ? Bien évidemment, il ne lui souhaitait pas. Après tout, il détestait toute cette partie de sa vie. Même à son pire ennemi il ne souhaiterait pas de vivre ça. Mais il serait curieux de savoir comment l’espagnole, avec son caractère si fort et si aimant à la fois, aurait pu réagir. Elle était assez courageuse pour pouvoir envisager un tel stratagème : le Code Phénix. Or, elle bien trop futée pour le mettre en œuvre. Elle aurait tenu compte des risques. Elle aurait pesé le pour et le contre avant de se dire qu’elle avait trop à risquer et aurait abandonné. Et quand bien même elle l’aurait fait, elle n’aurait pas caché ça à ses frères et sœurs. Et à son petit ami.

Plus il y pensait, plus il se disait qu’il avait merdé comme jamais. Il donnerait tout pour un retourneur de temps… Histoire de tout réparer. De faire comme si rien ne s’était passé. De toute oublier.



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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Dim 21 Avr - 10:57

⊹ I can't believe I'm broken inside.
« Oh ces mots qui me reviennent à ces rendez-vous, qui sera le plus mesquin, qui sera le plus fou ? Oh ces veines qui enflent pour cracher le venin ; On sait pourtant que ça ne mène à rien. Mais qui de nous fera le premier pas ? Parfois j'ai peur de nous quand on est aussi bas, quand un rien enflamme le tout, « me myself » par-dessus tout, on ne lâche pas, lâche pas, lâche pas ... Il y a comme une étincelle dans le ciel de ce soir. Je sens trembler la Terre, l'apocalypse est ce soir. On semble parti pour la guerre…On devrait prendre le temps de se calmer, d’aller prendre l’air…. » (c) Wild heart



« Je sais. » murmura Albus si doucement que Naranja dut se pencher pour entendre ses deux mots. Elle se redressa lentement, lui faisant de nouveau face. En elle bouillonnait une colère monstre et en même temps, elle se sentait si perdue. Elle ne savait toujours pas comment réagir face au silence d'Albus. Fallait-il qu'elle décharge sur lui toute l'amertume et la déception qu'elle ressentait ? Elle était tellement déçue. Elle avait du mal à comprendre qu'il ait pu lui cacher un secret aussi énorme que celui-là. Nara pensait sincèrement que si elle avait été dans son cas, elle aurait su puiser un soutien certain en son petit ami, et lui aurait même demandé conseil. Mais Albus et Nara venaient de deux mondes différents. Lui avait grandi avec un nom bien difficile à porter, qui était sujet à de nombreuses moqueries ( pour certains, c'était aussi de l'admiration, mais ceux-là se faisaient plus discrets ). Elle, avait vécu dans un autre monde. En Espagne, le poids de la guerre était bien moins lourd. Elle se souvenait qu'étant enfant, elle n'avait que peu entendu parlé de Voldemort, des Potter, des professeurs mangemorts. La vie dans la péninsule ibérique était bien plus calme, et surtout moins bien périlleuse que l'île anglaise. On y coulait des jours paisibles. Enfin, c'était ce que Nara se souvenait. Seulement, à onze ans, était-on vraiment objectif ? De plus, il était bien probable que le cocon familial dans lequel elle avait toujours vécu l'avait protégé de tous les maux du monde. La guerre progressait. Partout. Pas qu'en Angleterre. Et à Poudlard, c'était encore bien plus différent depuis quelques temps, les choses changeaient, évoluaient, et Nara ne savait plus très bien où elle était. Depuis qu'elle sortait avec Albus, beaucoup de rumeurs avaient été lancé sur elle. Allait-elle changer de camp pour rejoindre celui de son petit ami ? Officieusement, la jeune Poufsouffle était contre la dictature du Seigneur des Ténèbres, la tyrannie par la peur et la souffrance. Parfois, la jeune femme rêvait d'un monde où les Né-Moldus ne seraient pas rejetés de la société, poursuivis et chassés, exterminés. Les Résistants étaient dans le vrai. Cette situation était malsaine et cela devait changer. Néanmoins, officiellement, Nara demeurait chez les impartiaux car c'était moins dangereux pour elle, de ne pas prendre position, même si le fait de sortir avec Albus l'avait poussé un peu plus d'un côté que de l'autre pour les autres élèves. Sur le coup, elle n'avait pas pensé à mal. Mais maintenant, elle ne pouvait plus reculer. Elle l'aimait, malgré tout ce qu'il avait fait. Pourtant, elle demeurait tiraillée entre deux positions, mélangeant déception et rancune. Pour Nara, le fait d'être en couple impliquait un soutien mutuel et une confiance absolue en l'autre. Désormais, elle doutait de tout. Avant cela, elle qui était si certaine que le jeune Potter avait des sentiments pour elle, n'en était plus vraiment persuadée. Elle avait peur. Peur qu'il lui dise qu'il ne voulait plus d'elle. Elle avait du mal à se faire à l'idée de redevenir célibataire. Ce qu'elle vivait avec Albus était sans précédent pour elle, elle n'avait jamais aimé avant comme elle aimait aujourd'hui le Gryffondor. Albus détournait son regard, ne semblant pas vouloir croiser celui de la jeune espagnole. Il lui lâcha la main. Nara eut aussitôt envie de la rattraper. Elle esquissa un mouvement pour le faire, puis, se ravisa. Elle se sentait déjà faiblir, et voulait déjà tout lui pardonner, mais elle se fit violence. Il était hors de question qu'il s'en tire sans aucune explication valable.

« J’ai jamais voulu te cacher des choses… » Nara ne comprit pas. S'il n'avait jamais voulu lui cacher le Code Phenix, pourquoi alors ne lui avait-il rien dit ? Il n'était pas très logique dans ses propos, et la jeune espagnole avait bien du mal à le suivre. « Pourtant, tu l'as fait. J'étais là, Al'. Tous les jours, j'étais là, à quelques mètres de toi. Je m'inquiétais. Tu me parlais plus. On était presque jamais ensemble, on se voyait en coup de vent, j'étais triste. Tu aurais pu me le dire. Pourquoi me le cacher ? Qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais le répéter au premier venu peut-être ?  » Il continua. « Tu sais comment je suis. Tu m’as accepté quand même. Il… » Certes, elle l'avait accepté comme il était. Mais au début, elle ne pensait pas que cela serait si difficile de sortir avec lui. « Oui, je sais... Mais je pensais que toi tu me connaissais suffisamment pour pouvoir me faire confiance... Tu peux pas savoir à quel point ça me fait mal de voir que ce n'est pas le cas pour toi. » Nara était tellement blessée dans son orgueil. Elle avait prononcé ces mots de manière totalement neutre. Elle serra pourtant les poings, sentant qu'elle allait exploser. Son sang bouillonnait de plus en plus, et c'était de plus en plus dur pour elle de se maîtriser et de refréner son dépit et son irritabilité. Elle voulait lui dire à quel point elle était effrayée. Albus avait mis bêtement sa vie en danger, et Nara ne le supportait pas.

Regardant Albus dans les yeux, elle put y lire une lueur étrange s'allumer dans ses iris. « On y était presque Nara. On était en train de prendre le dessus. Ce n’était pas un jeu. Et petit à petit… On aurait pu étendre notre influence au-delà de Poudlard et sauver des milliers de vies. Virer Voldemort de là. Reprendre en main le monde magique. Et puis venger l’honneur de ma famille… C’était tentant. Mets-toi à ma place. » Il la prenait pour une enfant. Une pauvre petite fille qui n'était pas capable de comprendre. Sa propre mère était une Moldue. Comment pouvait-il concevoir l'idée qu'elle ne comprenne pas ? Sans savoir pourquoi, elle le gifla. Des larmes apparurent au coin de ses yeux, regrettant déjà son geste. Mais elle continua, furieuse : « Et tu crois que c'est un jeu pour moi peut-être ? Tu crois que je comprends pas ce que tu vis au quotidien ? Oui, je ne suis pas toi, mais ce n'est pas une raison ! Tu penses peut-être que j'aimerais pas pouvoir le faire moi aussi ? Être certaine que ma mère soit en sécurité ? Elle a personne. Elle a pas de pouvoirs. Ça serait tellement facile pour eux de la tuer ! Et mon père, c'est limite s'il ne vit pas de la même manière. Moi aussi j'aimerais que ma famille vive dans un monde plus sûr ! Je... Je... Je... » Elle se tut, chassant une larme qui coulait doucement sur son visage. Repenser à eux lui rappeler à quel point ils lui manquaient. Les nouvelles étaient rares. Elle ne savait plus quoi faire, elle était trop perdue. « J'essaie Albus, j'essaie de me mettre à ta place, mais j'y arrive pas... Je te comprends pas... T'as pas le droit de me faire ça. » Les pensées de Nara se mélangeaient, et elle commençait à se perdre elle-même dans ses propos. Il ne devait pas bien comprendre ce à quoi elle faisait allusion, alors elle décida d'expliciter un peu plus ses idées. Doucement, elle lui prit la main et murmura : « T'as mis bêtement ta vie en danger, Al'. »

Cela lui avait glacé le sang lorsqu'elle avait lu le nom de son petit ami sur l'écriteau. Voldemort aurait pu tous les tuer, à la minute où il les avait démasqué. Le Code Phenix était le tout premier véritable acte de rébellion à l'école, depuis que Nara était à Poudlard. Les tuer, les torturer en public, tout cela aurait servi d'exemple. Cela aurait été une condamnation exemplaire pour d'éventuelles futures représailles, pour d'autres Albus, d'autres Fred, d'autres Lucy, Adrian et Hermès qui souhaitaient que la situation des réprimés évolue. « Je sais que tu crois pouvoir changer le monde, mais pas au détriment de ta propre vie... Je supporterais pas. » Nara se rendait bien compte à quel point elle était égoïste. Albus, lui, était prêt à tout pour rétablir l'ordre des choses, que son père soit réhabilité, que Voldemort soit enterré six pieds sous terre, que tous les Mangemorts soient enfermés dans des prisons lugubres et minables. Et elle, elle n'arrivait qu'à penser à sa propre personne. Et à Albus. Surtout à lui. Elle rajouta : « Et tout ceux qui t'aime non plus. » Levant de nouveau les yeux vers lui, elle remarqua la trace rouge laissée sur la joue de son petit ami. Elle regretta encore plus son geste. Doucement, elle frôla son visage de ses doigts, et la gorge serrée, elle murmura : « Je suis désolé. Vraiment. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. » Elle reprit à voix basse : « Si, je sais. J'ai peur. J'ai peur Albus. » Cela n'expliquait rien. Ni son accès de colère, ni même les larmes qui coulaient à présent sur ses joues. Elle baissa la tête, ne sachant plus quoi dire.

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Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Sam 11 Mai - 8:29



YOU HAVE BEEN THE ONE. YOU HAVE BEEN THE ONE FOR ME.
► goodbye my lover, james blunt.

Albus n’osa pas poser sa main sur sa joue à présent endolorie. Il la méritait amplement, cette gifle. Albus vit des larmes au coin de des yeux de sa petite amie. Sa gorge se serra. Il détestait faire pleurer qui que ce soit, alors Nara… Il baissa les yeux, alors que Nara semblait enfin lui dire les quatre vérités et lui déballer tout ce qu’elle avait sur le cœur, depuis tout ce temps. C’était plus dur à encaisser qu’il ne l’aurait imaginé.

Il essaya malgré tout de rattraper le coup, mais c’était peine perdue. « Et tu crois que c'est un jeu pour moi peut-être ? » « Non.» Reconnut-il. Or, elle ne semblait plus l’entendre. « Tu crois que je comprends pas ce que tu vis au quotidien ? » « Non plus mais… » « Oui, je ne suis pas toi, mais ce n'est pas une raison ! Tu penses peut-être que j'aimerais pas pouvoir le faire moi aussi ? Être certaine que ma mère soit en sécurité ? Elle a personne. Elle a pas de pouvoirs. Ça serait tellement facile pour eux de la tuer ! Et mon père, c'est limite s'il ne vit pas de la même manière. Moi aussi j'aimerais que ma famille vive dans un monde plus sûr ! Je... Je... Je... » Bien sûr qu’Albus savait que sa vie n’était pas facile non plus. Elle avait moins de responsabilités, mais pas plus en sécurité que la sienne. Une famille sorcière qui se comporte comme une famille moldue… C’était de la provocation à l’état pur pour Voldemort et ses sbires. Les d’Alvarez devaient être considérés comme pire que traitres à leur sang. Ce n’était rien comparé aux Weasley.

Mais il y avait pire. Nara n’aurait jamais du sortir avec Albus. Ils n’auraient jamais du devenir amis, puis tomber amoureux aussi innocemment. A cause de lui, en plus de la mettre en danger, il mettait faisait courir de grand risques à toute sa famille. Il n’osa rien ajouter de plus, tandis qu’il observait impuissant une larme perler sur la joue de Nara. Il fit un pas en avant, pour tenter de la lui essuyer du bout de son index, mais Nara fut plus rapide et Albus se ravisa. S’il s’en voulait de tout ce qu’il avait pu lui faire, la voir pleurer c’était pire que tout. « J'essaie Albus, j'essaie de me mettre à ta place, mais j'y arrive pas... Je te comprends pas... T'as pas le droit de me faire ça. » «Alors ne le fais pas. Je suis vraiment trop con. » Dit-il, confus. Je ne la mérite vraiment pas. Il n’avait pas eu le droit de lui mentir, de lui cacher ça. Maintenant, il avait l’impression d’avoir profité d’elle depuis le début. Elle devait surement penser qu’il ne l’avait pas aimé assez fort pour lui faire confiance… Elle avait de quoi. L’attitude d’Albus, peu importe ses motifs, ne pouvait être justifiée. Il avait tellement envie qu’elle lui pardonne. Mais c’était peut-être trop lui demander. « T'as mis bêtement ta vie en danger, Al'. Je sais que tu crois pouvoir changer le monde, mais pas au détriment de ta propre vie... Je supporterais pas. » Albus la regarda d’un air interloqué. Non, elle ne comprenait pas. Albus secoua la tête négativement. «Et tout ceux qui t'aime non plus. » Le contact de ses doigts sur la joue le firent frissonner, mais aussi un peu rougir. Albus n’en avait pas fini avec les anciennes habitudes… «Je suis désolé. Vraiment. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. » « Tu as raison. Je suis désolé. Je mérite même plus que de la violence moldue. Tu peux utiliser ma baguette, si tu veux. » Ces paroles a priori légères avaient été prononcées d’un ton sérieux pourtant. Il voulait la rassurer, lui dire que peu importe, tout cela ne recommencera plus jamais… Le pire, c’était qu’il savait que ce n’était pas fini. Et que ça venait à peine de commencer. Albus avait beau regretter amèrement le Code Phénix, il était évident qu’il n’avait pas fini de se mettre en danger. Il ne pouvait pas lui faire de promesses inutiles. Ca ne lui ferait que plus de mal. Plus doucement, elle reprit la parole : « Si, je sais. J'ai peur. J'ai peur Albus. » Nara baissa la tête en automatiquement Albus posa sa main sur son épaule. Il la regardait gravement. C’était tellement délicat comme situation. Il avait peur, lui aussi. Peur de lui faire encore plus mal. De la faire souffrir encore plus. Il la prit dans ses bras, enlaça son petit corps de danseuse si fragile. La tête de Nara était contre son épaule. Qu’est-ce qu’il se sentait mieux ainsi. Qu’est-ce qu’il aimait son contact. C’était comme le premier jour de leur relation. Leur premier baiser. Il était déjà amoureux d’elle depuis longtemps à ce moment là. Bon Dieu, qu’est-ce qu’il était égoïste. Elle venait de le gifler, et tout ce qu’il trouvait à faire, c’était l’enlacer comme ça ? Il espérait peut-être qu’elle changerait d’avis ? Il espérait vraiment que tout pouvait être oublié comme ça ? «Non. Il ne faut pas. » Il s’écarta d’elle légèrement et la contempla tristement. Des minutes passèrent, pendant lesquelles il garda ses mains enlacées dans les siennes. Albus ne trouvait plus rien à dire. Des mots plus absurde les uns que les autres se bousculaient dans sa tête. Devait-il vraiment révéler ses pensées les plus profondes ? Devait-il vraiment se lancer ? Albus en doutait de plus en plus. « Je pense que- » il s’interrompit. Il inspira profondément avant de se lancer. Comment le lui dire ? Albus qui n’avait jamais eu qu’une seule petite amie dans toute sa vie n’avait jamais donc été confronté à une telle situation. Il était obligé. Il n’y avait pas d’autre moyen. Albus, rien qu’à y penser se sentait faillir. Il se découragea à la dernière minute. Il avait eu la force de monter un groupe de Résistance, oui. Mais pas de rompre les liens avec elle. « Ce n’est pas bon, Nara. Pas bon du tout… Si t’as peur, on n’arrivera à rien. Tu sais, peu importe ce que tu pourras dire, je devrais toujours risquer ma vie. Je ne pourrais jamais m’arrêter, même si je le voulais. » Il n’avait jamais eu des tendances suicidaires, au contraire. Albus rêvait de vivre heureux, le plus normalement possible même… Mais, tout bien réfléchi, ce n’était qu’une vie parmi d’autres. Toute cause défendue nécessitait des sacrifices, même des gens les plus honnêtes. La défaite de Poudlard, vingt ans auparavant en était un bon exemple. Pourquoi Albus aurait-il plus le droit de vivre que son voisin ?

Tout cela avait été dit posément. Prenant son courage à deux mains, il ajouta, la regardant intensément. « On devrait s’en arrêter là, voilà. » Dit-il froidement. Et sache que cela ne veut pas dire que je ne t’aime pas pour autant. Ca y était. Il l’avait dit, sans réfléchir plus que ça. Il fallait qu’elle sache que c’était plus possible, plus pour le moment. Décidément Albus était destiné à tout foutre en l’air… Si la veille encore jamais cette pensée ne lui aurait traversé l’esprit, à présent c’était une évidence. En ayant des attaches aussi solides, il faisait du mal à tant de monde. Il avait longtemps détesté James pour avoir quitté Poudlard sans avoir fait de classe préparatoire, en menant sa vie de fugitif. A présent il comprenait que la solitude était le meilleur moyen pour affronter des forces aussi destructrices. Le meilleur moyen pour continuer à se battre sans heurter personne sur son passage. Il avait eu tort de le juger pour ça. Maintenant, c’était décidé. Albus allait redevenir le solitaire d’autre fois. Il allait arrêter d’être aussi égoïste, aussi peu soigneux de son comportement. Il était temps de prendre de bonnes résolutions, il fallait mettre un peu d’ordre dans ses priorités. Et le malheur de Nara n’en n’était certainement pas une. Albus avait prit la bonne décision. Il n’avait plus le droit de faire autant de mal, il n’avait plus le droit à l’amour. C’était fini, tout ça.

Plus le temps passait, et plus il se sentait minable. Il lâcha ses mains, et entreprit de faire les cent pas. Non, il ne pouvait pas rester immobile, il était bien trop perturbé pour ça. Il se sentait tellement faible à présent, tellement vulnérable. Nara était son soleil, et bientôt il ne vivrait plus que dans l’ombre.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Sam 11 Mai - 13:18

⊹ if anyone’s destined for greatness, it’s you.
« L’envie que je ressens si fort de te serrer dans mes bras, je ferai sans ; l’espoir de sentir près de moi ta présence et ta chaleur, je ferai sans ; je fais taire au fond de moi les mots d’amour comme on étouffe une rumeur, j’oublie l’avenir à contre-cœur, le présent je ne fais que l’oublier. Je ferai sans, je ferai semblant. Le courage que tu me révèles quand les forces m’abandonnent je ferai sans, tes appels et ta voix que j’entends, que j’attends constamment, je ferai sans, même si je m’applique à ne pas ignorer tes raisons tes arguments, ton souvenir à la force d’ un coup de poing que je prends en plein dedans... Je ferai sans, je ferai semblant. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, un seul être vous manque et tout est dispersé. Je m’agrippe à tout ce que je peux à défaut de m’agripper à tes doigts, je m’agrippe à tout ce que je peux, je m’agrippe à tout ce que je peux... Je ferai sans, je ferai semblant... » (c) Wild heart


Naranja sentait que cette conversation allait mal se terminer. Déjà qu'elle n'avait pas franchement bien commencé... Un mauvais pressentiment la hantait désormais, et elle n'attendait qu'une seule chose, qu'il lui révèle la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, qu'il dévoile enfin tous les secrets qu'il avait sur le cœur, qu'il se mette enfin à nu devant elle, pour qu'ils puissent repartir sur des bases saines. Les dernières semaines avaient été si dures pour Nara qu'elle avait bien hâte que toute cette histoire soit derrière eux, pour pouvoir l'oublier le plus rapidement possible. Néanmoins, elle savait bien que cela ne serait pas si simple. Albus compliquait toujours les choses entre eux, et ce, depuis le début. Elle croyait s'y être habituée, mais on ne s'accommodait jamais vraiment à ce genre de chose. Elle se souvenait à quel point elle s'était sentie démunie en voyant Albus s'éloigner d'elle toujours un peu plus chaque jour, à quel point la détresse l'avait envahi en décelant tous ces mystères dans ses yeux, et la douleur ressentie en lisant son nom sur ce fichu écriteau. Tout cela, c'était dur à encaisser. Jamais Nara n'aurait cru que sortir avec lui lui infligerait tant de peines. Elle n'était pas directement touchée dans cette affaire, mais Albus avait au fur et à mesure que le temps passait pris une place tellement importante dans sa vie que tout ce qui se rapportait de près ou de loin à lui impliquait aussi affectivement la jeune espagnole. Elle avait l'impression que toute la douleur qu'on lui infligeait se reportait aussi sur elle, que tout ce qu'il ressentait, elle le ressentait également. Elle était liée à lui dans toutes épreuves qu'il traversait, que cela lui plaise ou non. Il allait bien falloir qu'il comprenne un jour ou l'autre qu'elle l'aimait et qu'elle le soutiendrait toujours, qu'elle serait toujours à ses côtés. Des larmes traîtres et lâches coulaient toujours de temps à autres sur les joues rosies par la colère de l'espagnole. Un tas de sentiments contradictoires se déchirait au sein de sa poitrine : la rage, la colère, le désespoir, la tristesse, la passion, l'amour. Elle avait envie de la frapper, de toutes ses forces, avec ses petits poings pour le blesser autant qu'il l'avait fait. Et en même temps, une folle envie de le prendre dans ses bras, de le serrer, de l'embrasser la faisait chavirer. Elle écoutait les mots d'Albus sans vraiment les entendre, le dilemme qui la tourmentait était trop grand. « Tu as raison. Je suis désolé. Je mérite même plus que de la violence moldue. Tu peux utiliser ma baguette, si tu veux. » Elle haussa les sourcils. Comme si elle en était capable... Certes, Nara avait un caractère de feu quand on l'ennuyait. Elle savait se montrer teigneuse et impossible à gérer parfois, mais avec Albus elle devenait aussi malléable que de la guimauve et surtout dans l'impossibilité de le blesser. La gifle qu'elle lui avait donné était le maximum du mal qu'elle pouvait lui affliger, et de toute manière, à la seconde où elle l'avait fait, elle l'avait aussitôt regretté, même si c'était amplement mérité. « Sois pas stupide. »

Elle avait retrouvé l'usage de la parole, mais en même temps, elle se sentait si démunie... Elle ne savait plus comment réagir. Albus mit fin à son choix cornélien en la prenant dans ses bras. Naranja se sentit aussitôt faiblir et emprisonna le corps de son petit ami de ses bras. Son cœur s'emballa et elle ne sut plus quoi répondre. Cette étreinte sonnait faux. Pourtant elle s'y accrocha comme une forcenée, comme une folle. Elle huma avec délicatesse l'odeur suave et masculine d'Albus. Ce parfum lui faisait tourner la tête et lui faisait perdre la raison. Entre ses bras, elle se sentait chez elle, à l'abri de tout et même, sentiment dérisoire en vue de la situation, en sécurité. Les doigts gelés de sa main droite vinrent doucement effleurer sa nuque et ses cheveux, tandis que les autres glissèrent sous sa chemise pour toucher d'une caresse sa peau. Il frissonna à son contact mais elle n'en avait que faire. Elle eut l'impression durant une fraction de seconde qu'elle allait tout lui pardonner : lui pardonner de l'avoir laisser tomber durant des semaines, de s'être éloigné d'elle, de ne pas lui avoir fait confiance, et pour cela, il n'avait fallu qu'un geste de sa part. Un seul. Elle était loin la fière et forte espagnole. À ses côtés, elle était si faible. Pourtant, une fois de plus, il ne fallut qu'un mot pour la briser. «Non. Il ne faut pas. » Il s’écarta d’elle, Nara voulut de nouveau sentir son corps contre le sien mais les yeux d'Albus la dissuadèrent. La gorge sèche, elle demanda : « Il ne faut pas quoi ? » Pourtant, elle n'avait aucune envie de savoir ce qu'il ne fallait pas, car cela ne présageait rien de bon pour elle. L'air triste qui traversa les yeux d'Albus indiquait la tournure que les événements prendraient. Nara chercha à imaginer ce qu'il pouvait bien avoir de si dur ou difficile à lui avouer pour que son regard s'assombrisse à ce point et s'emplisse de nostalgie et de peine, mais elle ne trouva rien. Il semblait chercher ses mots, il commença une phrase et s'interrompit aussitôt. La jeune Poufsouffle prit peur. Elle s'agrippa à ses mains et vit ses jointures blanchirent sous le coup de la pression qu'elle exerçait. Elle redoutait le pire. « Albus ? » « Ce n’est pas bon, Nara. Pas bon du tout… Si t’as peur, on n’arrivera à rien. Tu sais, peu importe ce que tu pourras dire, je devrais toujours risquer ma vie. Je ne pourrais jamais m’arrêter, même si je le voulais. » « T'es pas obligé de le faire, Al'... On est encore jeune... » De toute manière, Nara savait bien qu'il n'en ferait qu'à sa tête, comme d'habitude. Il ne l'écoutait jamais, il n'allait pas commencer maintenant. « On devrait s’en arrêter là, voilà. »

Nara encaissa la nouvelle comme si qu'on lui avait enfoncé un couteau dans le cœur. Elle voulut rompre le contact avec Albus, lâcher ses mains, mais elle n'arrivait plus à bouger. Son esprit tentait de comprendre la véritable signification des mots qu'il venait de prononcer et d'intégrer la nouvelle. Son monde s'écroulait. Elle ne s'attendait vraiment pas à ça. Elle avait cru au contraire qu'ils surmonteraient cette épreuve ensemble, mais Albus en avait décidé tout autrement. Sa respiration se coupa, et elle se déconnecta de la réalité. Le sang quitta son visage, elle devint livide. Elle resta durant de longues secondes, peut-être des minutes, ouvrant la bouche de temps à autres pour la refermer aussitôt. Elle sentait qu'elle allait craquer. Son corps refusait de l'écouter, mais il mourait d'envie de se laisser tomber au sol et de se rouler en boule, qu'importe qu'elle soit au beau milieu d'un couloir. Cependant, elle releva doucement la tête, et le regarda droit dans les yeux, cherchant à y déceler la moindre once de regret ou de facétie, signe d'un canular. Il n'en était rien. Ses pupilles émeraudes ne reflétaient rien d'autre que de la détermination. Ainsi c'était ce qu'il voulait ? La quitter ? Elle n'arrivait pas à intégrer l'idée. Lorsqu'Albus lâcha ses mains, brisant le dernier lien qui subsistait entre eux, elle prit enfin conscience de la situation et des larmes coulèrent sur ses joues. Elle le regarda durant quelques secondes faire les cent pas non loin d'elle avant de dire finalement : « Bah, vas-y, quitte-moi. » Elle se détourna pour ne pas avoir à affronter son regard, et pour ne pas qu'il voie le torrent de chagrin qui inondait désormais ses yeux, ses joues, son visage. « Au moins, ça fera plaisir à ton pote. Il te trouvera une pauvre conne bien meilleure que moi. » Pete l'avait toujours détesté de toute manière. Amère dans ses mots, Nara perdait contrôle d'elle-même peu à peu. Elle avait abattu toutes ses cartes et jouait la dernière, celle de l'impassibilité et celle de l'insensibilité. Pourtant, son corps tout entier tremblait. Elle n'était pas très douée à ce jeu. Pourtant, elle s'y essayait souvent : feindre que tout allait bien, faire semblant que rien ne l'affectait, c'était toujours mieux que d'affronter la dure réalité, et cela, Albus en avait pleinement conscience. L'amour était le pire des fléaux. Elle était condamnée. Sans lui, elle ne savait plus trop qui elle était.

Sans crier garde, elle se retourna et se dirigea vers lui en criant : « Mais TU PEUX PAS ME FAIRE ÇA ! TU PEUX PAS ME FAIRE ÇA ALBUS ! T'AS PAS LE DROIT ! » Elle commença à parler en espagnol, signe que ses idées se brouillaient suffisamment pour qu'elle n'arrive plus à parler en anglais. Ses poings ouvrirent les hostilités en frappant la poitrine d'Albus avec faiblesse, car plus les larmes coulaient sur ses joues et plus elle sentait ses forces la quitter. Elle abandonna au bout de quelques secondes et se laissa tomber lentement au sol. Elle ferma les yeux, elle ne voulait pas y croire. Confuse, comme si cela expliquait tout, elle murmura dans sa langue natale : « Mais, moi, je t'aime... » Perdue, elle baissa la tête et fixa son regard sur les tapis qui ornaient le sol avant de ramener ses fines jambes tout contre elle et d'enfouir sa tête entre ses bras.

Spoiler:
 

__________
 
Ne pas faire l'impasse sur la douleur
Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Mar 18 Juin - 13:30



TELL THEM ALL I KNOW NOW SHOUT IT FROM THE ROOF TOPS
WRITE IT FROM THE SKY LINE ALL WE HAD IS GONE NOW
► impossible, james arthur.


Nara n’avait pas l’air de bien prendre la nouvelle… Elle était comme figée, et Albus détourna le regard pour ne pas avoir à assister à la décomposition de son visage. Il savait à quel point c’était difficile d’avoir le cœur brisé. Il avait tellement espéré ne jamais devoir faire ça à qui que ce soit. Et s’il avait craint tout au long de leur relation de lui faire du mal, à présent il n’avait plus vraiment le choix. C’était même l’objectif contraire… Il voulait justement tout sauf la voir souffrir ! Allait-elle vraiment mal le prendre ? En la voyant furieuse, Albus s’était presque attendu à ce que ça soit elle qui le laisse tomber avant même qu’il ne le lui propose. Mais Nara avait bon cœur. Malgré leurs nombreuses disputes, malgré leurs nombreux différents, ils s’étaient toujours réconciliés au final. En faisant un quelconque compromis, la plupart du temps. Ou parce que Nara avait bien voulu fermer les yeux sur les bêtises du Potter. En fait oui, Albus ne s’était jamais emporté contre Nara (il se serait fait casser la gueule par Kenneth aussi, enfin bon). Mais aujourd’hui c’était autre chose… Ils étaient si différents qu’il ne pouvait en être autrement.

Nara pardonne-moi, je suis débile, j’ai dis une connerie. Je ne pense pas une seconde ce que je viens de te dire… Il était encore temps de se racheter. Il était encore temps de faire marche arrière. Mais malgré son cœur qui lui hurlait de la rattraper, d’entrelacer ses petits doigts fragiles entre les siens, de poser ses lèvres sur les siennes, de tout oublier, sa raison l’empêchait d’agir. Il se forçait à se figer, à garder une expression neutre. C’était là quelque chose de nouveau pour Albus, de cacher ce qu’il ressentait vraiment. De se montrer autrement, de faire semblant d’être insensible. Albus n’avait jamais vraiment essayé de leurrer quelqu’un à ce point. Et jusqu’à présent, il n’avait jamais été aussi convaincant… Et encore, le résultat n’avait encore jamais été aussi proche de celui qui était attendu…

Albus s’arrêta en sentant son regard sur lui. C’était quelque chose qu’avec le temps il avait appris à reconnaitre…  « Bah, vas-y, quitte-moi.  »  Il s’efforça de rester de marbre pendant qu’elle encaissait la nouvelle.  « Au moins, ça fera plaisir à ton pote. Il te trouvera une pauvre conne bien meilleure que moi.  » Par pitié, en ce moment, il voulait tout sauf donner raison à Pete ! Il s’était tant de fois énervé contre lui au sujet de Nara. Combien de fois lui avait-il demandé de la larguer ? Trop de fois. Et Albus avait aussi trop de fois oublié toutes les atrocités qu’il avait dites sur sa copine… Il serra les poings pour canaliser un tant soit peu les sentiments contradictoires qui l’animaient. Colère, chagrin, regret. Tout cela semblait se bousculer dans sa tête pour le faire encore plus souffrir dans sa détresse. Il se taisait toute fois. Il connaissait Nara ; elle ne tarderait pas à donner sa propre conclusion à ses propos. Quand elle commençait à parler, elle ne s’arrêtait jamais. Et Merlin savait comme ça faisait mal, parfois.

Nara encore une fois semblait mal comprendre. Le problème n’était pas elle. Pas du tout. Ce n’est pas parce que ça ne marche pas avec elle que ça marchera avec d’autres. Le problème, c’était qu’Albus avait tellement de responsabilités sur le dos qu’il ne pouvait plus se permettre d’être avec quelqu’un. D’être avec quelqu’un qu’il doit faire souffrir. Nara avait passé l’éponge sur trop de choses. Comment réagirait-t-elle si un jour Albus décidait de participer à une opération suicide ? Est-ce qu’elle  n’essaierait pas de le dissuader ? Il ne devait pas perdre de vue son objectif. Et au fond, s’il regrettait le Code Phénix… Ca avait été une expérience nécessaire.

Albus ne s’étonna presque pas lorsqu’elle changea brusquement de ton et commença à l’engueuler : « Mais TU PEUX PAS ME FAIRE ÇA ! TU PEUX PAS ME FAIRE ÇA ALBUS ! T'AS PAS LE DROIT ! » Elle avait raison. Tout ce qu’il faisait là, c’était anticiper les souffrances à venir. « Prévenir pour mieux guérir », disait-on. Mais au fond, le mal était déjà fait. Ils s’étaient trop attachés l’un à l’autre. Albus ne broncha pas plus que ça. Il fallait qu’elle s’arrête, à la fin ! Bientôt il allait craquer. Il pensait à plein de choses à la fois.  Elle débitait un nombre impressionnant d’injures en espagnol à la minute. Albus en avait toujours été impressionné  et l’avait souvent regardé avec un petit sourire en coin quand elle faisait ça, pour se moquer. Après tout, c’était du charabia pour lui. Cependant, il était plus qu’incapable de prendre ça à la légère aujourd’hui. Non, aujourd’hui, c’était comme s’il comprenait chacun des mots qu’elle prononçait, et chacun était encore plus dur à encaisser que le précédent. Et il en était de même avec les coups qu’elle lui donnait, même s’ils semblaient au contraire de moins en moins puissants. Nara bouillonnait. Il ne l’avait jamais vu dans un tel état. . Et dans sa colère, elle était encore plus belle… Albus, YOUHOU ressaisis toi, t’es en train de la plaquer je te rappelle. Dire que tout ça était de sa faute… Si seulement les choses avaient été différentes. Albus avait beau chercher dans sa tête tous les scénarios possibles, aucun ne semblait convenir. Peut-être il aurait du se confier à quelqu’un. Mais à qui ? A Pete ? Laissez-moi rire. A Blake ? Elle voulait sa mort la fille. Il était plus que seul à présent.

Nara sembla enfin se calmer, au bout de quelques éternelles secondes, après s’être acharnée contre lui. Malheureusement, ça ne servira à rien. Albus était déterminé. Encore hésitant, mais il croyait le plus sincèrement du monde que c’était la meilleure solution… Elle se recroquevilla et s’appuya contre le mur. Albus n’avait pas bougé depuis qu’il avait arrêté de faire les cents pas. Il avait tenté tant bien que mal de ne réagir à aucune des paroles de la brune.

Pero yo, te quiero. S’il n’avait strictement rien compris au reste, elle lui avait assez dit ces mots en espagnol pour qu’il en saisisse le sens. Evidemment qu’il l’aimait en retour. Quand on décidait d’en finir dans une relation, c’était le plus souvent parce que l’un de deux n’aimait plus autant l’autre non ? Ici, c’était au contraire parce qu’ils s’aimaient trop. Il regrettait que seul lui trouvait leur rupture nécessaire. Il aurait tellement aimé que Nara voit les choses sous le même angle. C’aurait été tellement plus simple. Tellement moins douloureux. Ou peut-être que non… Il n’en saura jamais rien.

Il garda le silence, toutefois. Parler, lui montrer qu’il avait la gorge nouée ne ferait que de remuer le couteau dans la plaie. Ils finiraient l’un dans les bras de l’autre. Ce qui n’était absolument pas le but de cette conversation.

Alors Albus ? Que vas-tu faire ? Est-ce que tu vas jouer le sans cœur jusqu’au bout ? Est-ce que tu vas la prendre dans tes bras ? Est-ce que tu vas te dégonfler ? Est-ce que tu vas te la jouer lâche ? Est-ce que tu vas vraiment oublier tout ce que vous avez vécu ? Est-ce que t’es vraiment déterminé à ce point ? Est-ce que t’es vraiment prêt à mentir ainsi à Nara ? Est-ce que tu veux donner raison à Pete ? Est-ce que tu vas finalement faiblir ? Est-ce que tu vas la laisser comme ça dans son chagrin ? Est-ce que tu vas essayer de trouver un compromis ? Est-ce que tu vas essayer de la consoler ? Est-ce que tu vas l’abandonner ainsi ? Est-ce que tu vas la faire souffrir davantage ? Est-ce que tu vas la regarder dans les yeux ? Est-ce que tu vas t’expliquer un minimum ? Est-ce que tu vas lui montrer que tu vaux plus que ce qu’on dit ? Est-ce que tu vas lui demander de rester amis ? Est-ce que tu vas lui demander de l’oublier ? Est-ce que tu vas lui dire qu’elle mérite mieux ? Est-ce que tu vas lui REPONDRE  quand même ? Un petit « je t’aime aussi » de rien du tout, ça ne coûte pas la peau d’un troll ? Alors ? Ca y est Albus, enfin décidé ?

Albus ne lui jeta même pas un regard.

Quel sans cœur.

Il lui tourna dos. La mine sombre et infiniment triste, il s’éloigna doucement, les mains dans les poches.

Quel dégonflé.

Tu vois Nara, ce n’est vraiment plus possible. J’ai besoin d’un nouveau départ. Et ce départ, il est sans toi. Une larme d’impuissance, de tristesse et de frustration coula d’elle-même malgré lui.

Quel baratineur.

Et il ne dit rien. Pas un mot. On entendrait presque un ange passer.

Quel lâche ce Potter. Il est bien le digne fils de son père.

Il regagna le hall d’entrée.

Il partit, sans demander son reste. Laissant derrière lui tout ce qu’il avait été ces derniers mois. Déterminé à ne plus regarder en arrière. S’efforçant d’oublier. Simplement.

__________

Tide out, tide in, a flood of blood to the heart and the fear slipstreams ()
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MessageSujet: Re: [terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara   Mer 19 Juin - 9:54

⊹ Don't you know that you're toxic ?
It's getting late to give you up.
I took a sip from my devil cup.
Slowly, it's taking over me...


Nara encaissa le coup fatal qu'il venait de porter à son cœur. Mais avant même qu'elle ne puisse réagir, son propre corps répondit de la manière la plus adaptée qu'il soit : les larmes continuèrent de couler inlassablement sur ses joues, mais elle ne chercha plus à les arrêter. Cela ne servait à rien, car aussitôt qu'elle en essuyait une, d'autres réapparaissaient encore plus nombreuses à la commissure de ses yeux. Elle avait vraiment du mal à maîtriser les différents sentiments qui l'envahissaient peu à peu. Tout ça, c'était vraiment nouveau pour elle. Nara ne pleurait jamais. C'était tellement rare qu'elle n'avait plus du tout l'habitude. C'était comme ça depuis tellement longtemps. Nara était forte. Elle avait grandi avec quatre frères et deux sœurs, il y avait de quoi endurcir n'importe qui même si tous avaient toujours agi avec elle comme si elle était la plus belle chose qui existait sur terre. Enfin, tous, sauf une. C'était surtout d'avoir à subir les railleries, les moqueries, les maltraitances de sa sœur aînée qui l'avait convaincu de ne plus pleurer devant les autres, et encore moins devant elle. Anjelica prenait un malin plaisir à la voir souffrir parce qu'elle avait toujours été jalouse de l'attention donnée à la petite dernière des D'Alvarez, mais Nara avait vite appris à ne plus lui donner cette satisfaction... Bref, c'était donc depuis l'enfance qu'elle avait compris à quel point pleurer montrait aux autres ses propres faiblesses, les incertitudes qu'on ressentait, et le mal que l'autre nous faisait. Étant donné le torrent de larmes qui déferlait sur le visage de l'espagnole, on pouvait aisément en conclure qu'elle était faible devant lui. Albus l'avait rendu comme cela. Elle lui en voulait tellement... Elle serra les poings, tentant de se ressaisir, de reprendre pieds, de refaire surface. Elle inspira profondément, et se mordit les lèvres. La colère lui avait fait dire n'importe quoi. Elle l'aimait. Tellement. Au point qu'elle en souffrait atrocement. Elle n'avait jamais ressenti un pareil sentiment de toute sa vie. Son amour pour lui l'avait changé. Avec lui, elle avait eu l'impression d'être une meilleure personne. Il lui avait fait ressentir des choses que jamais personne n'aurait pu lui offrir sinon lui. Elle était amoureuse d'Albus, elle en était certaine et pleinement consciente. Et c'était ça le plus douloureux en réalité. C'était pour cela que la rupture lui faisait si mal. À cet instant précis, elle pouvait sentir son sang battre à tout rompre dans ses veines, signe que la colère qu'elle ressentait n'était pas vraiment sur le point de se tarir. Elle aurait voulu crier au monde entier qu'elle le détestait, mais elle n'arrivait pas vraiment à trouver ses mots. La décision prise par Albus lui restait en travers de la gorge. C'était si irréaliste. Certes, elle avait bel et bien senti le froid qui s'était installé sur leur désormais ex-couple, mais elle n'aurait jamais cru qu'il irait jusque là. Mais soudainement, tout devint clair. Elle se redressa et s'appuya contre le mur pour s'aider à se relever. Elle le regarda durant quelques secondes. Elle craignait de le perdre pour toujours. Elle demanda : « Et tu t'en vas ? Comme ça ? Ça te pose pas un p'tit problème de conscience de te casser sans rien dire ? » C'est vrai quoi, il la quittait, sans lui donner la moindre explication valable. Nara aurait préféré qu'il lui dise qu'il ne l'aimait plus, ou même pire, qu'il ne l'avait jamais aimé, plutôt que d'être confrontée au silence qu'il lui offrait. C'était insupportable. Elle aurait voulu qu'il soit sincère, au lieu d'éluder la question et de partir comme un lâche. Qu'avait-elle dit ? Qu'avait-elle fait pour mériter un tel traitement ? Elle n'arrivait pas à comprendre qu'il puisse à ce point rester passif. Peut-être que finalement, toute cette histoire à propos du Code Phénix n'était qu'un vulgaire prétexte ? Qu'en vérité, cela faisait déjà un bout de temps qu'il attendait une bonne opportunité à saisir pour la larguer ? Comment pouvait-elle le savoir ? Les hommes étaient si inconstants et imprévisibles. C'était aussi de grands enfoirés. Pourquoi Nara tombait-elle sur des garçons qui au final se fichaient d'elle ? Hermès qui aimait Lucy en secret et Albus qui disait qu'il l'aimait, qu'il voulait faire l'amour avec elle et qui la quittait quelques jours plus tard ? Finalement, il était bien comme tous les autres, lâche. Nara n'aurait jamais cru. Pourquoi les hommes ne pouvaient-ils pas se contenter de dire la vérité ? Ce n'était pourtant pas si compliqué...

« Bah t'es content maintenant, t'as trouvé ton putain de prétexte. Mais si tu voulais me quitter, fallait me le dire au lieu d'organiser cette mise en scène ridicule... MAIS PUTAIN ÉCOUTE MOI QUAND JE TE PARLE ! » Il lui tournait le dos, et commençait même à partir, comme s'il était sourd à tous ses appels. Nara retira sa chaussure et adroitement, la lui lança. Sous le choc, il s'arrêta et elle arriva à sa hauteur. Elle était tellement furieuse, tellement en colère, tellement malheureuse... Elle ne trouvait pas de mots pour expliquer les sentiments contradictoires qui se battaient au fond d'elle-même. La gorge sèche, elle regarda au plus profond de ses yeux verts et déclara : « Ne te la donne pas la peine de trouver une autre excuse minable & pathétique, parce que j'en ai marre ! J'me casse ouais. » Elle ramassa sa chaussure et, les yeux de nouveau emplis de larmes, le fixa intensément. Sans le voir venir, sans l'avoir prémédité, elle le gifla pour la deuxième fois de la journée. Il semblait presque abasourdi, alors elle cria : « Et crois pas que t'en mériterais pas une troisième ! SALE CONNARD ! » Sur ce, elle se retourna et marcha en direction de sa salle commune. Elle jeta un coup d’œil vers lui, mais il était hors de sa vision. Elle s'efforça de retrouver le chemin jusqu'à l'antre des Poufsouffle. Elle avait envie d'être seule. Elle tenta de dissimuler les larmes qui coulaient toujours mais c'était peine perdue. La douleur était trop grande. On venait de lui déchirer le cœur. Elle mettra sans doute un bon bout de temps à s'en remettre. Et il n'y avait qu'un seul responsable à cela : lui. Albus Severus Potter. Tout pouvait arriver dans la vie, et cette entrevue en était la preuve vivante. Jamais elle n'aurait cru autant souffrir avec lui. Elle avait toujours pensé que son inexpérience en matière de fille & sa gentillesse naturelle ferait de lui le petit ami parfait. Elle se trompait. Une fois de plus. Ça faisait mal. Trop mal. Elle en avait assez. L'amour n'apportait rien de bon dans la vie. Certes, au début, il égaye nos journées, mais au final, quand on y regarde d'un peu plus près, l'amour blesse, l'amour heurte, l'amour cause du préjudice à autrui, l'amour maltraite, l'amour mutile, l'amour offense, l'amour fait du tord, l'amour n'a rien de bon. Nara ferma son cœur, on ne l'y reprendra plus. C'était fini tout ça. Pour la première fois depuis des années, la jeune espagnole avait envie d'être chez elle. Sa terre natale lui manquait tous les jours, mais la présence de Ken, Madelyn, Maddison et Albus avait toujours rendu la vie de Nara plus agréable. Mais tourner la page sur son histoire avec  le jeune Potter, ce n'était pas seulement tourner une vulgaire page, c'était plutôt clore un chapitre douloureux de sa vie. Elle voulait même passer à un autre tome, celui où elle rentrerait en Espagne, où elle retrouverait sa mère, son père, ses frères et sa sœur, celui où les gens qui l'aimaient vraiment l'accueilleraient à bras ouverts, celui où personne n'osera plus jamais lui faire du mal. Encore un an à supporter. C'était long. Comment allait-elle bien pouvoir survivre durant toute une année sans lui ? Malgré tout ce qu'elle lui avait dit, malgré tout ce qu'elle lui avait fait, malgré tout cela, elle l'aimait. Sentiment stupide et déraisonné en vue des circonstances. Mais Nara n'était pas quelqu'un de foncièrement sensée, c'était même le contraire. C'était dit. ''L'amour'' qu'il lui portait, elle y avait cru parce que de son côté, ses sentiments pour lui étaient bien réels. Elle s'y était attachée comme une folle. Beaucoup trop vite d'ailleurs. En quelques semaines, il avait su la séduire sans vraiment le vouloir, il avait fait d'elle un vulgaire pantin en proie à des émotions fortes non contrôlées, et cela l'avait rendu si faible... La faille dans un système d'auto-protection bien rodée. Il fallait qu'elle peaufine les détails. Maintenant qu'entre eux deux, tout était fini, elle ignorait ce qu'elle allait bien pouvoir faire. En prenant du recul, elle avait l'impression que sa vie chaotique ne faisait que commencer. Albus... Putain. Il lui manquait déjà. Non, il ne devait pas lui manquer, c'était terminé, elle devait le haïr. L'antipathie était sans doute un des meilleurs moyens pour qu'elle oublie rapidement cette histoire. Seulement, elle ignorait si elle en était capable, et pire même, si elle le voulait réellement. Elle était perdue. Elle commença à courir, espérant que la vitesse annihile les mauvais souvenirs de cette matinée.  


Spoiler:
 

TERMINÉ

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[terminé] don't get too close, it's dark inside ∞ nara

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