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 You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)

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    Sarah-fraîchit quand il fait chaud ♛ ADMIN
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► date d'inscription : 26/07/2010
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MessageSujet: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Jeu 11 Avr - 3:07


Tu as promis de garder les yeux ouverts pourtant lorsque tu te laisses balancée au grès du vent tu ne résistes que très difficilement et quand enfin vous sortez de la forêt, quand tu comprends que tu es sauvée tu arrêtes tout et bam tu t’évanouies. Alors le monde devient bleu, rose, vert, multicolore. Le monde s’enferme, tu ne vois plus rien, tu ne sens plus rien, mais tu es bien, tellement bien. Le monde pourrait s’arrêter de tourner que tu n’y verrais aucune objection. Tu ne demandes rien. Soudain une douleur se fait ressentir sur ta joue, puis quelque chose t’ouvre les yeux et de la lumière t’éblouie sans que tu ne vois rien, tu entends ensuite une voix t’appeler, mais tu n’as plus de force, tu veux juste t’abandonner, pourquoi est-ce si dur à comprendre ? « Elle est endormie mais elle est consciente, elle ne veut juste pas faire d’effort. » Eh ! Mais c’est de la triche, comment est-ce qu’elle sait ? Soudain tu prends pleinement conscience du lieu : tu es posée sur quelque chose de mou, il y a de l’agitation autour, des paroles qui sont chuchotées. Tu utilises ton odorat et tu sens quelque chose de particulier, une odeur que tu connais bien. « l’infezoihyjrfsk » dans ta tête cela voulait dire ‘l’infirmerie’ mais pas sûre que tout le monde ait bien compris, enfin de toute manière tu t’en fous, Janet t’aurais compris et cela suffit. Une source de chaleur pourtant douce touche ton bras, tu te demandes ce que c’est, mais tu refuses toujours d’ouvrir les yeux, même si tu es sauvée. « eden ? » murmures-tu en articulant du mieux que tu peux. Une voix te réponds, tu ne saisis pas tout mais apparemment ton amie, que dis-je le super-héros qui vient de te sauver la vie, est sortie. Tu soupires de soulagement, qu’elle te voit dans cet état-là de faiblesse ne te plaît pas, tu veux qu’elle voit combien tu es forte. Tu sursautes et tu laisses échapper un cri de douleur quand l’infirmière lave ton bras. « Bois-ça. » Elle te tends un verre et tu bois tout, immédiatement tu t’endors. Tu fais un drôle de rêve, il y a un gentil chien qui court après un papillon et toi tu le regardes en riant, il est mignon, tu aimerais bien l’adopter. Tu relèves ton fin visage vers Xander -qui est apparu soudainement- pour lui demander si vous pouvez l’adopter, ton amoureux acquiesce pour te faire plaisir et tu es la plus heureuse des jeunes filles de ce monde. Ton regard se perd dans le paysage qui se trouve en fond, tu y retrouves les montages de ton enfance, celles dans lesquelles tu partais marcher avec ton papa. En regardant vers la droite tu remarques un champ de pastèque, tu rougis en pensant aux cheveux de Ian qui sentent si bon la pastèque. Soudain le chien pousse un cri. Apeurée et triste pour ton nouvel animal de compagnie tu cours vers lui, sauf que le chien se transforme en un animal monstrueux, il est devenu énorme, il ressemble à un loup féroce. Tu commences à avoir peur. Tu veux courir, t’échapper, tu appelles Xander mais il a disparu. Le papillon grossi et commence à attaquer le loup qui saute sur toi. « NOOOOOOOON. » Tu ouvres les yeux, tu es en sueur et tu halètes. Tu veux rentrer chez toi, tu veux voir Xander, tu veux partir d’ici, vite avant que le chien revienne. Des larmes coulent le long de tes joues. Quelqu’un s’approche de toi, tu ne veux pas que ça soit le loup, il faut que tu t’enfuies d’ici le plus vite possible. C’est une fille qui prend ta main dans la sienne, cela te rassure déjà un peu. Tu ouvres tes yeux plus grands encore, pour essayer de voir quelque chose au travers de tes larmes, tu reconnais Eden. « Protège-moi du loup, me laisses-pas. » Tu pleures encore, plus fort cette fois-ci, pourtant tu ne voulais pas être faible, tu voulais être qu’Eden soit fière de toi, mais tu n’es qu’une enfant qui a toujours été surprotégée et qui besoin d’une mère. Tu renifles et de ta main gauche tu essuies tes larmes. Tu réalises soudainement que jamais tu n’utilises  ta main gauche, tu regardes donc vers la droite et ton bras est dans un plâtre. Qu’est-ce que tu fais à l’infirmerie ? Tu essaies de te remémorer mais plus rien ne se passe dans ta tête, le loup a pris possession de tous tes souvenirs. Pourtant tu ne voulais pas pleurer pour ne pas blesser Eden. Tu es perdue, des flashs traversent ton cerveau mais tu n’arrives pas à remettre tous les éléments en liens. Tu marches la forêt interdite. Tu regardes la pièce dans laquelle tu te trouves. Il fait noir, tu ne vois plus rien. La pièce est éclairée et te fait mal aux yeux. Tu avances seule, tu as peur. Eden te tiens la main, elle est là, toute proche. L’animal magique qui brille est près, juste devant toi, tu tends la main pour le toucher. Ton bras est immobilisé, tu ne sens plus rien et même si tu te forces tu ne sens pas tes doigts. La douleur est lancinante. Tu sursautes et tu pleures encore. Ton beau visages est souillé par tes larmes et tes yeux sont bouffis. « Le loup, il était vrai ? » Ta voix n’est qu’un murmure, mais dans ce souffle on peut y ressentir la peur, la douleur, la tristesse. Tu espères de tout cœur que ton amie va répondre qu’il était faux, que tu viens de le rêver, que tout va bien se passer, que tout est réglé, mais tu sens l’inverse. Tu es terrorisée, effrayée, paniquée. Des larmes coulent encore, Eden ne semble pas au paroxysme de sa forme non plus. « Qu’est-ce que j’ai fait ? » articules-tu du mieux que tu le peux au travers de tes larmes. Tu dois savoir, tu veux comprendre.

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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Lun 15 Avr - 9:52


Up late at night and I hurt
And I tried to fight and I cried to god
Oh please let it just work

Les événements qui viennent de se passer t’ont bouleversée, tu ne sais plus vraiment sur quel pied danser. Tu fermes les yeux et tu laisses la brise caresser ton visage. Tu entends le cri de Sarah, foudroyant, effrayant, au loin si loin que tu as de la peine à le discerner. Tu aimerais tendre les bras vers elle, la sauver, courir plus vite qu’elle ne t’as semé, lui dire que tu es là, que ce n’est qu’une mauvaise blague et que plus jamais tu ne recommenceras mais à chaque pas que tu fais, le cri semble se faire plus lointain, et encore, et encore, et encore. Tu cours. Tu cours du plus vite que tes maigres jambes te le permettent mais toute la bonne volonté que tu décides d’y mettre, tous tes efforts vains restent insatisfaits et elle s’éloigne, elle s’éloigne encore et encore. Tu t’es pourtant faite l’intime promesse de toujours veiller sur elle, de toujours la protéger parce que t’es convaincue que toute seule elle en est incapable. Combien de fois as-tu pris sa défense quand les autres, ayant trop peur d’assumer leurs actes, se contentaient de critiquer sa maladresse au détour d’un couloir ? Combien de fois as-tu sorti les crocs, pour elle, pour ne pas qu’elle entende tous ses abrutis parler d’elle aussi négativement. Au fond, tu ne sais pas trop pourquoi tu t’es autant attachée à ce petit bout de femme, pourquoi tu te sens autant obligée de veiller sur elle, à distance certes, mais de le faire quand même. Tu cours si vite cette fois que tu la vois, tu la vois s’éloigner, crier, s’enfoncer dans une spirale sans fin et tu tends les bras, mais c’est déjà trop tard, t’as été trop lente, le mal est déjà fait. Tu frappes dans le mur. Tu ressens une vive douleur remonter le long de tes phalanges, au final tu te seras fait plus de mal que tu en as fait à l’étendue de brique et, secouant ton poing dans les airs, tu ouvres les yeux et tires une latte sur ta cigarette à moitié consumée. Tu te souviens alors de tout ce qui s’est passé, de tout ce que tu as du faire pour vous sortir de ce pétrin, elle et toi et tu ne sais pas trop comment réagir à présent. Au fond de toi, tu as un peu honte. Honte de l’avoir laissée seule sur une terre qui lui était inconnue, honte de tes vilaines blagues qui se terminent souvent mal, honte de n’avoir pas été l’amie idéale, de ne pas avoir été fiable, de n’avoie été qu’une inconsciente, encore une fois. Inconsciente au fond, tu l’as toujours été et quand ça ne touche que toi, tu t’en fous de l’être un peu plus ou un peu moins, mais t’en as marre de faire du mal autour de toi, inconsciemment, involontairement. Combien de fois à cause de tes idées foireuses, Kit s’est-il fait mal ? Combien de fois t’avait-il reproché sur le ton de la plaisanterie de prendre trop de risques ? Tu le trouvais inconscient, totalement, parfois même bête, et pourtant…pourtant tu savais que vous en étiez au même niveau, que tous les deux, vous n’étiez que de grands gamins qui jamais ne grandiraient. C’était toi Eden, toi et ton monde à toi, t’avais pas le droit de prendre des risques pour els autres et t’aurais du prévoir les mouvements de Sarah, ses réactions. Après tout, tu la connais bien quand même. Mais t’étais tellement persuadée qu’elle resterait assise pendant des heures comme ça où tu l’avais laissée, qu’elle allait crier ton nom puis se taire et qu’après, elle se mettrait à pleurer. Tu voulais faire ta réapparition à ce moment là et rigoler d’elle, pas méchamment, mais rigoler pour lui montrer que dans la vie on ne peut pas toujours être rassurée, que des fois on a peur et que tout n’est pas accueillant et beau. Mais ça avait foiré putain, ça avait foiré. Tu regardes l’orée de la forêt interdite devant toi, elle qui s’étend à perte de vue, et tu sers les poings. Tu es arrêté avant même d’avoir pu vraiment enfoncer tes ongles dans ta chair, ta main droite te fait trop mal. C’est connu Eden, toi et tes excès de colère, ils te font bien plus de ma à toi qu’aux autres. Tu te masses doucement la main avec ta main valide et tu la regardes alors. Tes phalanges sont gonflées, t’en as même deux qui se sont ouvertes, l’une est entaillée plus profondément que l’autre. Tu jures par tous les Dieux que tu te vengeras contre le destin, que tu retrouveras cette créature et que tu te battras, en face à face cette fois, simplement parce qu’elle N’avait pas le droit. Pas le droit de faire du mal à Sarah. Tu finis ta cigarette et tu la lances le plus loin que tu peux, comme si tu faisais du lancé de poids, en moins puissant, bien évidemment. Tu hésites à remonter voir ton amie, tu ne sais pas trop comment elle va réagir en te voyant, si ça lui fera plaisir ou bien, si elle t’en voudra et à vrai dire t’es même pas sûre de tenir à le savoir. Tu masses ta main, comme tu le peux, et tu décides d’aller la passer un coup sous l’eau froide, peut-être que ça calmera la douleur. BINGO. Un sourire éclaire ton visage. Si elle n’est pas heureuse de te voir, insatisfaite de ta présence, tu auras qu’à dire que tu n’es venue à l’infirmerie que pour soigner ta main ensanglantée et que tu viens prendre rapidement de ses nouvelles, que tu n’as pas le temps. Tu ne veux pas te faire rejeter, pas par elle, par pour une foutue connerie de ce genre, ah ça non alors, ce serait bien trop dur à encaisser après tous ces efforts que tu as fait pour vous tirer d’affaire, toutes les deux. Parce que non t’as pas été égoïste, t’es pas partie en courant, tu l’as ramenée dans un endroit où tu savais qu’elle serait en sécurité. Tu hoches la tête. T’es con parfois. Encore heureux que tu l’aies fait. De quoi aurais-tu eu l’air si quelques jours plus tard, un gros titre était apparu dans les journaux contant la mort d’une élève des blaireaux dans la forêt interdite ? Aurais-tu encore pu te regarder en face dans une glace ? Non. Jamais.


Tu décides d’aller la rejoindre et qu’importe ce qu’elle pense de ta venue. Tu t’en fous. T’as besoin de lui montrer que si elle en a besoin, tu es là et que tu le resteras. Après tout, tes amis ne courent pas les rues Eden, t’en as pas forcément beaucoup et ce serait bien intelligent de garder les quelques rares que tu as véritablement. Tu gravis les quelques marches qui séparent le hall du premier étage et tu poses une main sur la porte de l’infirmerie. Malgré toutes tes bonnes résolutions, tu appréhendes un peu de rentrer. Et si Sarah était encore entrain de dormir, inconsciente comme lorsque tu l’as laissée entre les mains de l’infirmière ? Tu te souviens que si tu as préféré quitter la salle, c’est aussi parce que le spectacle d’éprouvait trop, que tu te sentais pas bien de la voir étendue là, sur ce lit, la voir elle d’habitude si vive inanimée. Ca t’a fait mal, presque brisée. Non. Tu espères que cette fois, elle aura eu le temps d’ouvrir ses yeux et qu’elle aura repris connaissance, sinon, tu ne feras qu’un bref allé-retour, si vite arrivée, si vite repartie. Ta culpabilité te ronge l’âme mais, tu prends ton courage à deux mains et décide de pénétrer dans cette salle blanche, propre, qui sent un peu trop les gens malades à ton goût. Non, tu n’as jamais vraiment apprécié ce lieu tout bonnement parce qu’il te rappelles trop l’hôpital dans lequel ta mère avait rendu l’âme. Ce jour était le pire de ta vie, il n’y a pas à déblatérer là-dessus. Tu te souviens du moindre détail, du moindre de tes mouvements de gamine qui ne comprenait rien à la situation, tu te souviens aussi de chacun des regards désolé, emplis de pitié et d’admiration que te lançaient ces saloperies de médecins. T’aurais voulu tous les tuer et courir rejoindre ta mère, mais t’en étais incapable, t’étais trop faible. Tu devais très certainement être dans le même état que Sarah aujourd’hui à ce moment là. Merde. Sarah. Tu es venue pour Sarah et non pas pour te lamenter sur les épisodes cruels pour une gamine de ton enfance. Tu étais venue pour la soutenir, lui montrer que tu es là, que tu es toujours présente. Tu entres dans l’infirmerie, mal à l’aise et tu fais un signe de la tête à l’infirmière pour lui dire que la blessure qui orne fièrement le devant de ta main n’est que superficielle et que tu préférerais t’en occuper plus tard, que pour l’instant, tu es là pour ton amie et non pas pour guérir tes petits bobos sans importance. Tu t’avances timidement et t’assieds sur le bord de son lit. Elle dort encore, elle semble agitée. Tu aimerais lui dire que tu es là mais tu as trop peur de la réveiller, au moins si elle dort, elle ne ressent pas la douleur lancinante qui doit très certainement s’être emparée de l’intégralité de son bras, malgré les calmants et les antidouleurs. « NOOOOOOOON. »Elle remue, donne des coups de pieds dans le vide, d’ailleurs, tu t’en prends même un vif en plein milieu du mollet et tu te retiens de jurer. Demain, tu aurais très certainement un bleu. Tant pis. Tu l’avais bien mérité, tu avais même mérité plus que ça, à cause de toi, ton amie avait failli perdre la vie. Parce que oui, ça aurait pu tourner encore plus au vinaigre, oui, la fin aurait pu être vraiment tragique si tu n’étais pas arrivée à temps. Mais tu es arrivée et ça a changé la donne. Mais tu es coupable, tout autant qu’elle d’avoir été naïve, tu es coupable, la principale même. Sarah ouvre alors les yeux, elle a de la peine à respirer, tu es inquiète, tu tournes ta tête en direction de l’infirmière pour qu’elle la soulage, qu’elle calme ses peurs, mais elle hoches la tête d’impuissance et te dit que ce n’est pas grave mais que c’est une étape à passer, qu’elle ne peut rien faire. Merde. T’aimes pas voir Sarah comme ça, la voir si vulnérable et pourtant tu en as l’habitude, ce n’est pas une dure, tu aurais du la protéger au final. Merde mais c’est qu’une enfant Eden, qu’est-ce qui a bien pu te traverser l’esprit pour la laisser seule sans surveillance ? Parce que oui, Sarah au fond, c’est encore une gamine qui a besoin que l’on s’occupe d’elle, qui a besoin d’une attention de chaque instant et toi, tu as faillis à la tâche, t’as échoué. Ton amie se met à pleurer. Il ne manquait plus que ça, ça te déchire le cœur même si tu aurais envie de lui crier dessus, de lui dire que pleurer c’est pour les faibles et qu’elle ne doit pas se montrer faible, pas se montrer vulnérable. Mais de quel droit ? Tu ne peux pas lui crier dessus, pas maintenant, pas après tout ce qu’elle a du subir, à cause de toi, en partie. « Protège-moi du loup, me laisses-pas. » Elle a l’air tellement effrayée que tu te sens encore plus mal que précédemment. T’as jamais été vraiment douée pour rassurer les gens, tu ferais pas une bonne mère Eden, pas du tout et ça tout le monde peut s’en douter. T’as pas de tact, t’es trop brusque, pas assez douce, c’est pas dans ta nature et même si vous en parlez parfois, avec Kit, tu es convaincue que même lui ne te voyait pas pouponner, qui ne croyait pas que tu puisses un jour faire preuve de patience avec un gamin. Tu sers sa main dans la tienne et t’essaies de prendre une voix douce, mais tu y’arrives pas vraiment : « Y’a pas de loup Sarah. Pas ici, en tout cas. Et c’est bon je reste, t’inquiètes pas, je pars pas. Pas pour le moment en tout cas. » Si t’avais voulu être rassurante, tu ne l’as pas véritablement été et ce n’est pas une surprise. Elle marque une pause, se calme, l’espace d’un instant, juste avant que tout son visage ne se décompose. Elle s’est enfin souvenue. C’est mort Eden, elle va te demander de partir, de la laisser seule, te dire que tout ce qui lui est arrivé est arrivé par ta faute et que tu n’es qu’une mauvaise amie. Elle va te dire tout ça, tu en es sure. En brisant toute ton anticipation de réponse préparée, elle te parle à nouveau du loup, te regarde de ses grands yeux bouffis : « Le loup, il était vrai ? » Tu souris timidement, difficilement et tu te grattes le crâne. Tu es embêtée, tu ne sais pas trop quoi répondre et totalement neutre, tu essaies de lui donner des réponses à ses questions : « Je suis pas vraiment sûre que ce machin était un loup, mais sinon ouai… » Tu te sens bête. Totalement bête. Elle a des questions et toi tu ne lui donnes des réponses qu’à moitié articulée, des réponses qui ne sont même pas complètes. Quelle idiote. « Qu’est-ce que j’ai fait ? » Tu respires un peu, tu cherches les mots, tu sais pas si tu es capable de tout restituer correctement, dans l’ordre, pour lui faire un résumé de ce qui s’est réellement passé. Au fond, tu ne sais même pas ce qu’elle a fait pendant ton absence, pendant ce laps de temps qui t’a semblé interminable durant lequel tu courrais pour la retrouver, durant lequel tu courrais de toutes tes forces en direction de cette maudite clairière où ton amie s’était arrêtée. « Je sais pas ce qui s’est passé Sarah…Je voulais te faire une blague… ouai je sais c’est totalement débile, c’est complètement bête mais je me suis cachée derrière un arbre pour te surprendre dès que tu passerais à sa hauteur. Tu t’es assise un moment, en pensant que j’allais revenir sûrement et moi je trouvais ça drôle de te regarder t’impatienter… Après tu t’es levée et j’ai eu un moment d’inattention, je t’ai perdue de vue. Tout ce dont je me souviens c’est que je t’ai entendu crier. Oh, si seulement tu savais à quel point ton cri m’a foutu les jetons, j’ai couru… j’ai couru le plus vite que je pouvais mais je savais pas où t’étais et quand je t’ai trouvée… le mal était déjà fait, j’ai pas compris pourquoi t’arrêtais pas de saigner, je savais pas quoi faire, pas où t’amener. J’ai fait ce que j’ai pu et on s’est retrouvées ici. Je pense que si je suis venue là, c’est plus par instinct que par réelle envie, j’en sais rien, je voulais pas tu sais… » Tu marques une pause et détournes le regard, tu te sens conne, débile. Tu comprendrais totalement que plus jamais elle ne veuille t’adresser la parole, qu’elle refuse de te voir à nouveau. Ce serait complétement compréhensible. Alors, sans vraiment oser lever le regard, tu ajoutes presque en un murmure : « Si tu veux que je partes, si tu veux plus me voir, je comprendrais. » Tu ne peux pas t’excuser mais ces mots en porte toute la signification. Elle devait comprendre ton malaise, toute ta culpabilité. Il le fallait. Non, parce que jamais tu ne serais en mesure de lui dire à quel point tu regrettes, à quel point tu es désolée de tout ce qui s’est passé pendant cette foutue soirée.

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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Mer 24 Avr - 4:49


« Y’a pas de loup Sarah. Pas ici, en tout cas. Et c’est bon je reste, t’inquiètes pas, je pars pas. Pas pour le moment en tout cas. » Pas de loup ? Tu ouvres délicatement tes petits yeux encore endormis et tu regardes encore une fois ce qu’il y a autour de toi. Tu es bien dans l’infirmerie du château, sur le troisième lit à droite après la loge des infirmiers, d’habitude ils te mettent de l’autre côté, c’est étrange. Tu essaieras de comprendre un peu plus tard, là ce qui t’intéresse c’est : pourquoi tu es allongée. Tu ne sais plus ce que tu fais là, bien sûr tu sens ton bras et tu vois le plâtre mais les détails t’ont échappés. Alors tu as demandé à Eden, tu as besoin de comprendre ce qu’il s’est passé, tu es perdue. Si elle te dit qu’il n’y a pas de loup, tu la crois. Tu soupires, très soulagée. Tu ne risques plus rien, car en plus d’être sauvée, tu es protégée. « Je suis pas vraiment sûre que ce machin était un loup, mais sinon ouais… » Non. Si elle disait ‘ce machin’ c’était donc qu’il était réel et qu’il s’était passé un quelque chose. Tu n’avais pas seulement rêvé ce loup, tu l’avais peut être remodelé et qu’il ne ressemblait plus tout à fait à celui que tu avais réellement vu, mais tu avais dû en voir un. Pourquoi est-ce que tu ne te souviens plus avec précision ? Ta respiration se fait courte une fois de plus, tu recommences à bouger dans tous les sens, sur ton petit lit. Tu as besoin de savoir et c’est une des premières fois que tu ressens ce besoin. En temps normal tu attends juste que les choses se passent et tu ne comprends rien, mais là c’est étrange, une soif du savoir que tu n’as jamais, ça serait bien si elle apparaissait pendant que tu travaillais, tu aurais peut être des meilleures notes. Tu relèves tes petits yeux interrogateurs vers ton amie et lui demande clairement ce que tu as besoin de savoir. Elle prend une grande et forte respiration, comme celle que tu prends quand tu as quelque chose d’important à dire alors que tu n’arrives pas à trouver tes mots. Seulement c’est Eden qui va parler alors tu n’as pas peur. Tu lui souris et lui prête l’oreille. « Je sais pas ce qui s’est passé Sarah…Je voulais te faire une blague… ouai je sais c’est totalement débile, c’est complètement bête mais je me suis cachée derrière un arbre pour te surprendre dès que tu passerais à sa hauteur. Tu t’es assise un moment, en pensant que j’allais revenir sûrement et moi je trouvais ça drôle de te regarder t’impatienter… Après tu t’es levée et j’ai eu un moment d’inattention, je t’ai perdue de vue. » Pendant qu’elle parle, tu entends revoit des images par des flashs puissant. Tu marches, gaiement, vers la forêt, Eden à côté de toi. c’était une blague tout depuis le début alors ou juste à la fin ? Tu ne comprends pas pourquoi Eden a l’air si mal, c’est drôle les blagues, ce n’est pas grave. Tu es assise dans la forêt, tu cherches le karma que dégagent les plantes pour te sauver, elles indiquent toujours le bon chemin. Tu rouvres les yeux, tu as hâte qu’elle reprenne la suite de l’histoire parce que tu y es presque, les morceaux se recollent peu à peu. Tu lui souris pour l’encourager, alors que c’est l’inverse qui devrait se produire, car si elle est mal à l’aise c’est uniquement de ta faute, dire que tu ne t’en rends pas compte. Tu es un cas d’étude, une personne unique sûrement. « Tout ce dont je me souviens c’est que je t’ai entendu crier. » Le cri dont elle parle te résonne dans les oreilles en même temps que la douleur se ravive. Oui, tu te souviens de ce moment, tu le revois, clair comme de l’eau de roche. Par reflexe tu te mets la main sur le bras, mais la douleur n’est que morale. « Oh, si seulement tu savais à quel point ton cri m’a foutu les jetons, j’ai couru… j’ai couru le plus vite que je pouvais mais je savais pas où t’étais et quand je t’ai trouvée… le mal était déjà fait, j’ai pas compris pourquoi t’arrêtais pas de saigner, je savais pas quoi faire, pas où t’amener. J’ai fait ce que j’ai pu et on s’est retrouvées ici. Je pense que si je suis venue là, c’est plus par instinct que par réelle envie, j’en sais rien, je voulais pas tu sais… » Tu ne comprends pas, tu aimerais la regarder dans les yeux, car tu sais que les yeux ne trahissent pas, c’est comme ça que tu as su que Xander était ton amoureux, c’est comme ça que tu as su qu’Emily serait ta pire ennemie, seulement Eden regarde par la fenêtre. Il doit y avoir un joli moineau. Tu regardes ta blessure, tu cherches quelque chose à dire, mais tu ne trouves pas. « Si tu veux que je partes, si tu veux plus me voir, je comprendrais. » Tu t’étouffes avec l’air de la pièce parce que tu ne t’y attendais pas. Comment est-ce qu’elle ose dire cela ? Tu ne peux pas la laisser partir, tu n’as plus de soutiens si elle n’est pas là, si elle t’abandonne tu es perdue, seule dans cette infirmerie. « NON. » tu as crié, en levant le bras vers elle. Tu as cru qu’elle s’était levée, qu’elle était en train de partir. Tu commences à avoir des images différentes de la réalité ? Alors, plus doucement tu répètes. « Non, reste. » Tu la supplies de tes yeux mouillés. « S’il te plait. » Tu as besoin de sa présence rassurante, tu as besoin de sa voix, tu as besoin de sa force. Elle est ton bouclier, elle est ton rempart, ton roc, ton rocher. Elle est ce dans quoi tu te caches et te réconfortes. La voix baisse, tu lui murmures un appel à l’aide. « Si tu pars le loup va revenir, je ne suis en sécurité qu’avec toi. » Tu n’as pas conscience que tes paroles peuvent la blesser, tu ne lui dis que ce que tu ressens. Tu inspires et reposes ta main contre ton corps. Elle reste, tu souris victorieuse. Puis tu la remercies, sincèrement. Elle ne doit pas se rendre compte ce qu’elle représente pour toi. Cette fille n’est pas n’importe qui.

« Je me souviens de la suite. » finis-tu par chuchoter. Tu ressens le besoin de raconter, le besoin de parler de ce qu’il vient se passer, peut être que ce n’est pas la chose à faire, mais tu n’as pas beaucoup d’autres idées. « J’étais dans la forêt noire, et la lumière est apparue, sur la droite. Non, sur la gauche. » Tu fermes les yeux et indiques le lieu en même temps que tu parles. « C’était une lumière rassurante et douce. J’ai couru vers elle. Je te cherchais et s’il y avait de la lumière je te verrais mieux. Je crois que c’est ce que je me suis dit. Et en fait ce n’était pas qu’une lumière, c’était un animal, j’ai essayé de le caressé, il était mignon. Mais je suis allée trop vite, j’ai brulé des étapes, normalement pour apprivoiser un animal on lui parle, on s’approche doucement, on se montre rassurant. D’habitude je sais si bien faire. J’adore les animaux. Et là, ça n’a pas marché.» Des larmes coulent le long de tes yeux, tu aurais aimé ramener cet espèce de chien avec toi, tu as déjà une tortue, un chat, une chouette, un lapin et une souris, et cela ne te suffit toujours pas. C’est un manque d’amour maternel peut être qui se transforme en un besoin excessif d’animaux. Heureusement que tu as Janet et Xander avec toi en réalité, sinon Poudlard deviendrait ton animalerie personnelle. Tu souris encore une fois à la gryffondor en face de toi. « Et là, tu m’as sauvée la vie. Merci. » Tes yeux sont encore embués de larmes, mais cette fois-ci ce sont des larmes de joies reconnaissantes, tu sais que la fin aurait pu être réelle, que tu ne t’en sors que grâce à la rapidité d’Eden et à l’efficacité des infirmiers. Tu reposes ta tête sur les oreillers et tu lâches une dernière parole. « Faudra qu’on retourne dans la forêt, parce que je veux l’apprivoiser pour de bon et après elle deviendra une gentille créature et je n’aurai plus peur des loups. » Tu délires complètement, heureusement d’ailleurs que tu as parlé de ce projet à Eden et non à Janet, car il aurait pu se réaliser sinon et bientôt des nouveaux morts viendront s’ajouter à la liste des tués à Poudlard. Mais évidemment tu ne t’en rends pas compte et tu relèves tes yeux brillants vers la jeune fille, tu attends son approbation, sûre que ton idée est bonne.

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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Mar 20 Aoû - 11:46


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And I tried to fight and I cried to god
Oh please let it just work

Tu te souviens maintenant pourquoi tu as toujours eu horreur des hôpitaux, des infirmeries et des permanences en scrutant les lieux d’un regard vide, désespéré. Tout est d’un blanc morbide, ça pue, mais qu’est-ce que ça pue « le malade ». Ouai, bon, tu ne sais pas vraiment ce que ça sent le malade mais tu sais qu’à cette odeur, tu ne t’y feras jamais. C’est mort. Quelques tableaux sont accrochés au mur. Sur celui du fond, tu discernes une côte, des vagues qui s’aplatissent brutalement sur des courroies rocheuses, t’aperçois l’écume provoquée par ce va et vient et, comme pour t’enfuir de cette réalité que tu aurais préféré éviter, tu t’imagines là-bas, les pieds dans l’eau, dans une contrée que tu ne connais pas, une contrée que tu n’as jamais connue. Tu te surprends à t’imaginer voyager. Tu t’y croirais presque. Ah ce que t’aimerais pouvoir lever l’ancre, partir au bout du monde en n’emportant dans ta valise que des provisions, et Kit aussi, parce que sans lui la nuit, il risquerait de faire froid. Tu détournes le regard et fixe un autre tableau. C’est un champ cette fois-ci, un champ de coquelicot ou virevoltent des papillons jaunes. Tu avales ta salive avec grande peine lorsque ta vue se brouille et que tu te retrouves à nouveau dans cette clairière. Ce n’étaient pas des papillons. Non, bien au contraire. Tu désespères de trouver un échappatoire et replonges tes yeux d’azur dans ceux de ta camarade qui te regarde toujours avec ces grands yeux interrogateurs, ceux qui ne comprennent pas. Pourtant, tu n’aurais pas pu être plus clair dans tes explications, t’as vraiment essayé de faire un feed-back complet et compréhensible mais t’as eu cette terrible envie de pleurer qui faisait trembler les mots et… tes phrases ont du se perdre. Elle n’a pas du bien comprendre car, dans son regard, tu ne vois aucune once de rancune, tu ne vois que sa faiblesse qui t’effraies tant. En vérité, Sarah est cette parcelle de toi que tu essaies de cacher au monde pour ne pas paraître frêle, pour ne pas paraître vulnérable. Tu te demandes même si quelqu’un d’autre que Kit t’as vu pleurer ne serait-ce qu’une seule fois dans ta vie et tu en viens à la conclusion qu’il a toujours été le seul et l’unique. Le seul et l’unique pour tout. Soudain, t’as un flashback. Tu te revois porter Sarah, enfin, disons plutôt porter son petit corps frêle et courir du plus vite que tu pouvais et tu soupires dans un sourire. Peut-être aura t’elle elle aussi aperçu les quelques larmes qui ont glissé le long de tes joues lorsque la peur s’est envahie de ton être, peut-être a t’elle, elle aussi, cerner tes faiblesses et cette idée, plus que de te réjouir, te fait particulièrement peur. Tu espères juste qu’elle ne t’envoie pas sur les roses, qu’elle ne te somme pas de partir parce qu’au final, tu as vraiment besoin de savoir qu’elle va bien, qu’elle te pardonne et qu’elle sera encore là demain car si elle n’était plus loin, tu te demandes vraiment où tu pourrais aller chercher toute cette fraicheur et cette légèreté qu’elle t’apporte. En même temps, tu sais que si elle te demande de partir, tu ne pourras pas lui en vouloir parce que tout est de ta faute. TOUT. Elle était ici par ta faute et ça te brisait le cœur. Idiote. Débile. Inconsciente. Crétine. Gamine. Gamine. Ouais, sur ce coup là Eden, t’as très clairement été une gamine.

Elle suffoque presque au moment où tes derniers mots la percutent. T’étais pourtant déjà prête à tourner les talons, à t’en aller, à ne plus jamais revenir. A mourir de honte sous ta couette. En vérité, t’étais la pire. La pire d’entre tous. Elle n’avait pas que des amis, Sarah, et pourtant c’était toi qui lui avais fait du mal. Toi. Alors qu’elle t’avait tendu une main sincère, offert une véritable amitié, tu devais vraiment l’envoyer dans le couloir de la mort. Ce n’est pas juste. Tu te mords à l’intérieur de la lèvre pour ne pas pleurer en regardant ses yeux encore humides, fatigués. « NON. » Elle crie. Tu sursautes. Tu ne t’attendais vraiment pas à une réaction si vive enfaite et tu frôles de peu un arrêt cardiaque. Elle s’agite, prend peur, tu ne comprends pas. Tu as presque l’impression que ses yeux te fusilleraient si tu te décidais à quitter la pièce et à la laisser seule dans cet inconnu que vous avez rencontré ensemble. Elle a peur. Autant que toi sûrement. Peur de l’avoir déçue, peur qu’elle ne tire un trait sur tout, tout ce que vous avez vécu toutes les deux. Ces fois où tu as du lui remonter le moral parce qu’elle avait eu une mauvaise note ou parce que les choses n’allaient pas dans le sens qu’elle se les imaginait. Tu aimerais bien dire quelque chose mais tu ne sais que répondre, tu ouvres la bouche et la refermes comme un poisson hors de l’eau sans trouver aucune parole sur les mots que tu aimerais dire. Elle est toujours jolie Sarah, même couchée sur ce lit sans ornement au beau milieu de l’infirmerie. Elle a toujours ce rictus joyeux qui fait que tu as envie de l’aborder, de savoir ce qui la fait sourire, même si en général ce ne sont que des petits plaisirs quotidiens qui suffisent à égayer ses journées. « Non, reste. » Tu soupires de soulagement. Au moins c’est dit. Tu sais à quoi t’en tenir. Tu peux rester. Mince. Tu paniques, pourquoi donc veut-elle que tu restes ? Pour te faire la morale ? Pour la rassurer ? Pour…te tuer ? Ce serait légitime, tu ne pourrais lutter. Mais en même temps, tu imagines mal Sarah devenir violente, surtout contre toi avec qui elle a toujours été si douce. Ses yeux s’embrument et tu comprends qu’elle n’est pas là pour régler ses comptes, qu’elle a profondément besoin que tu restes pour ne pas avoir peur, pour comprendre, pour pouvoir repartir sur de nouvelles bases, connaître ses erreurs. Savoir comment. Comprendre pourquoi. « S’il te plait. » A présent, tu ne peux plus partir, tu aurais du profiter de le faire avant, mais là, elle t’implore et… tu ne peux pas lui résister, pas après cette horrible blessure qu’elle a au bras, par ta faute. La tienne, Eden, princesse de l’inconscience adolescente. Elle murmure, elle n’ose pas lever la voix, comme si elle avait peur de quelque chose, de quelque chose de trop grand pour que tu ne puisses l’imaginer. Tu ne sais pas si elle a peur du loup ou d’autre chose finalement, et tu te dis que finalement c’est peut-être tout simplement une accumulation de toutes ses frayeurs. « Si tu pars le loup va revenir, je ne suis en sécurité qu’avec toi. » Tu commences légèrement à paniquer. Mince. Elle divague. Tu cherches l’infirmière du regard afin qu’elle vienne s’occuper d’elle, qu’elle l’aide parce que tu te fais du souci. En plus du bras, elle va pas non plus devenir parano à cause de toi. Ah misère. Tu l’imagines déjà avoir pleins de visions abominables toute la journée et ne vouloir que toi pour calmer ses frayeurs. Tout sauf ça. L’infirmière t’adresse un sourire avec un petit signe de la tête qui veut très certainement dire que ce n’est pas grave et que c’est passager, du moins… tu l’espères. « Il n’y a pas de loup ici… t’es à l’infirmerie. » Elle te regarde avec un air désespéré en te suppliant de rester. Tes mots ne la convainquent pas, elle est encore persuadée qu’un loup se cache dans cette chambre. Tu essaies de la rassurer différemment, en lui parlant d’animaux parce que tu sais qu’elle les adore : « Les seules animaux que tu risques de croiser dans cette chambre ce sont quelques mouches solitaires ou bien un ou deux papillon de nuit téméraire. » Tu restes. Tu n’as pas le choix. Tu vas devoir être là, tu vas devoir être forte pour la rassurer, la réconcilier avec les animaux, sûrement. A moins qu’elle n’oublie, ce qui serait évidemment bien plus évident pour toi. Qu’elle oublie ce que tu as fait pour la sauver mais qu’elle oublie que c’est toi qui l’as jetée dans la gueule du loup, si ainsi on peut dire. « Je me souviens de la suite. J’étais dans la forêt noire, et la lumière est apparue, sur la droite. Non, sur la gauche. C’était une lumière rassurante et douce. J’ai couru vers elle. Je te cherchais et s’il y avait de la lumière je te verrais mieux. Je crois que c’est ce que je me suis dit. Et en fait ce n’était pas qu’une lumière, c’était un animal, j’ai essayé de le caressé, il était mignon. Mais je suis allée trop vite, j’ai brulé des étapes, normalement pour apprivoiser un animal on lui parle, on s’approche doucement, on se montre rassurant. D’habitude je sais si bien faire. J’adore les animaux. Et là, ça n’a pas marché.» Tu souris, tu es presque rassurée. Elle n’a rien compris, elle n’a pas retenu la leçon mais ça te rassure parce que tu retrouves ta Sarah, celle que tu as toujours connu. Elle commence à pleurer et là… tu es perdue. Tu ne comprends plus rien. Elle pleure de douleur ? Ton regard paniqué se tourne vers l’infirmière qui comprend direct et qui hoche la tête. Tu te sens mieux, ta culpabilité devient un peu plus supportable et tu essaies de lui faire entendre raison, pour que cette expérience au moins ait servi à quelque chose. « Tu sais Sarah, tous les animaux ne sont pas gentils et câlins comme tu te les imagines. Certains sont méchants, très méchants. Comme ce chien que tu as rencontré et qui a failli te manger. T’aurais pu aller plus lentement que ça n’aurait rien changé. Il avait faim et toi t’étais là. C’est triste, mais c’est ça la vie ma belle, secoues toi un peu. J’aurais jamais du t’amener là-bas mais qu’est ce qui te prend aussi de t’approcher d’animaux que tu ne connais pas ? Surtout que je le trouvais franchement pas amicale ni au premier abords… ni jamais enfaite ton gros chien lumineux. » Tu marques un très court silence : « Enfin, si on peut appeler ça un chien. »

« Et là, tu m’as sauvée la vie. Merci. » Tu es un peu gênée et ne sait pas vraiment comment réagir. Certes, tu lui as sauvé la vie, mais sans tes idées à la con, elle ne l’aurait même pas risquée, elle n’aurait jamais croisé cette abomination de la nature et n’aurait pas manqué de peu de se faire bouffer le bras. Tu te grattes derrière la tête et hausse les épaules, histoire de lui faire comprendre que les remerciements sont superflus. « Faudra qu’on retourne dans la forêt, parce que je veux l’apprivoiser pour de bon et après elle deviendra une gentille créature et je n’aurai plus peur des loups. » Ton regard devient noir et devant son visage apeuré, tu comprends qu’elle ne voit pas pourquoi tu t’énerves. Ca te fait de la peine qu’elle fasse preuve d’autant de naïveté, à ce stade là, ça en devenait dangereux pour la santé, mais surtout pour sa vie. « NON . Je t’interdis d’y retourner. Je t’offrirai un chiot si tu veux, pour ton prochain anniversaire. Celui là tu pourras l’apprivoiser, mais là… je crois que celui là il est un peu trop gros et que tu te ruinerais beaucoup trop vite en nourriture. » Tu émets un sourire gêné en espérant qu’elle trouve ton argument à son gout. En même temps, tu aurais beau eu lui dire vingt mille fois que ce chien était dangereux, qu’elle ne t’aurait pas écouter, mais peut-être que cet argument là fera son effet. Ouais, ce serait plutôt cool ouais. Tu as envie de te rattraper mais tu ne sais pas comment tu vas pouvoir le faire, alors, presque dépitée, tu tentes la seule question qu’il ne faut pas poser à une blessée : « Ca va t’as pas trop mal ? » Tu te rétractes. Ce que t’es con. Tu tournes un peu ton regard vers le bouquet de fleurs à côté de son lit et t’essaies de te rattraper : « Enfin tu sais, si t’as besoin de quelque chose, n’hésites pas à demander. » Tu ne sais pas ce qu’elle va te demander mais au final qu’importe, à cet instant précis, tu serais prête à aller lui décrocher la lune et les étoiles pour te faire pardonner.


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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Ven 6 Sep - 5:10


« Il n’y a pas de loup ici… t’es à l’infirmerie. » Tu relèves les yeux vers elle, oui tu le sais ça, tu la sens l’odeur de l’infirmerie, tu les vois les rideaux de l’infirmerie, tu ressens bien la dureté du lit de l’infirmerie. Seulement dès que tu fermes les yeux tu le revois, là, énorme s’approcher de toi et te transpercer de douleur. C’est à cause de cette douleur que tu te réveilles dès que tu penses t’endormir. Pourtant tu as eu des sorts et des potions, tu ne devrais plus ressentir ce mal, mais c’est psychologique et cela, seule la présence d’une amie peut le faire partir. Tu l’implores du regard, si elle part tu es fichue et tu le sais bien. Et tu n’as pas besoin de n’importe quelle amie, tu as besoin d’Eden. Elle est forte cette fille-là, elle sait comment te rassurer, elle sait quoi dire. Elle t’impressionne car elle n’a peur de rien. Tu rêves de devenir comme elle. « Les seuls animaux que tu risques de croiser dans cette chambre ce sont quelques mouches solitaires ou bien un ou deux papillon de nuit téméraire. » Tu souris. Elle est rigolote la gryffondor. Tu aimes les papillons de nuit en plus, même si tu ne sais pas de quelle race sont les ‘téméraires’ mais tu te dis que si Eden les connait ils doivent être joli. Oui très joli. Tu les imagines bleus et rouges avec un peu de jaune. Bleu comme Xander, rouge comme Eden et jaune pour Janet. Voilà, ils sont sûrement magnifiques. Tu les entendrais presque voleter autour de toi tant tu es convaincue de ce que tu penses. Pourtant tu aimerais bien croiser d’autres animaux, comme Fiki, ta jolie souris. Un couinement attire ton regard vers le bas du lit et tu t’écris. « MA FIKIII. » La souris ne recule pas parce qu’elle reconnaît ta voix et qu’elle te connait, mais tu aurais fait peur à n’importe quel autre animal. Tu te mets la main devant la bouche, confuse de toutes les règles que tu viens de transgresser. Finalement, tu tends un doigt vers la souris qui grimpe dessus et remonte le long de ton bras. Cela te fait des guili-guili et tu rigoles doucement, puis tu plonges ton regard dans celui d’Eden. Avec une voix enfantine tu lâches. « Hihi, tu vois finalement ya d’autres animaux ici. Fiki je te présente Eden, une fille géniale ! Eden je te présente Fiki, ma souris préférée du monde entier. Elle est belle hein ? » Tu présentes cette souris comme si c’était ton bébé et que tu en étais fière. C’est un peu exagéré mais tu es comme ça avec Fiki, dans l’extrême. Tu fais des câlins à ta Fiki sans remarquer le regard perdu de ton amie. Elle ne doit pas tout comprendre et surtout elle ne doit plus savoir comment réagir. Tu chantonnes doucement, la présence de ton premier animal apprivoisé te fait du bien, elle te rassure. Elle te fait penser à Oli et tu souris. « Tu sais Sarah, tous les animaux ne sont pas gentils et câlins comme tu te les imagines. » Tu as beaucoup de mal à comprendre cette phrase. Fuego est adorable, Fiki est mignonne comme tout, Hogwat’ est toujours prêt à te sauter à la figure pour te faire des bisous, Saussette ne te mordille les doigts que pour jouer. Tu es entourée d’animaux doux et aimants, tu ne comprends pas la dureté du monde extérieur. Tu ne l’envisages même pas d’ailleurs. C’est comme te demander d’arrêter de croire aux cloches de pâques, c’est trop dur. Trop fou. Trop pas normal. Les gens sont bizarres parfois avec toi. « Certains sont méchants, très méchants. Comme ce chien que tu as rencontré et qui a failli te manger. T’aurais pu aller plus lentement que ça n’aurait rien changé. Il avait faim et toi t’étais là. C’est triste, mais c’est ça la vie ma belle, secoues toi un peu. J’aurais jamais du t’amener là-bas mais qu’est ce qui te prend aussi de t’approcher d’animaux que tu ne connais pas ? » Tu ne comprends plus. Tu as failli être son repas ? Il ne voulait pas juste jouer ? Pourquoi ? Son maître ne le nourrit pas assez ? OH PIRE. Peut être qu’il n’a pas de maitre et qu’il est abandonné. Le pauvre. Tu oublies que tu as failli finir dans son estomac et tu te dis qu’il faut que tu ailles le sauver, l’aider. Quelle tristesse, un animal seul. Certains te diront qu’il est assez grand pour s’occuper tout seul, mais la taille n’a rien à voir avec la choucroute. Une fois tu as rencontré un dresseur d’animal qui t’a raconté que les chiens à trois têtes, donc des bêtes énormes, avait besoin d’affection et de musique pour s’endormir et surtout que c’étaient des animaux très doux quand on s’en occupait bien. Depuis tu es persuadée que c’en est de même pour tous les animaux et qu’il ne faut pas se fier à la taille. « Surtout que je le trouvais franchement pas amical ni au premier abord… ni jamais en fait ton gros chien lumineux. Enfin, si on peut appeler ça un chien. » Oh mais pourtant il était gentil. Enfin si on creusait bien bien. Tu te formes une moue sur le visage, parce que tu ne comprends pas. Après quelques secondes de profonde hésitation, tu oses demander. « Faut l’appeler comment du coup ? » La bouche en cœur tu n’envisages pas un seul instant de ne pas appeler la bête et de juste l’exclure de tes pensées. Non, il lui faut un nom, comme chacune des créatures vivantes sur terre, elles méritent toutes d’être aimée. L’amour qui déborde de toi n’est pas humain, c’est pourquoi te faire comprendre que c’est dangereux de s’approcher des bêtes et de vouloir les apprivoiser est une mission suicidaire. Tu lui expliques donc que tu veux retourner, c’est la moindre des choses, comme tu vas lui apprendre à vivre malgré sa volonté de manger tout le monde. « NON . Je t’interdis d’y retourner. » Le ton de la rouge et or est sans appel et tu restes sans voix. Elle n’a jamais crié, or lorsque les gens crient c’est pour te faire peur ou quand c’est important. Tu en déduis donc que cette fois-ci c’est important. Seulement t’interdire de retourner dans la forêt c’est embêtant. Tu ne peux pas jurer, que se passerait-il si on te force à y aller, tu te sentirais coupable jusqu’à la fin de ta vie. Ah mais peut être qu’elle t’interdit seulement d’aller dans la forêt voir le chien/loup/qui n’a pas de nom. Hum. Tu fronces les lèvres -oui on fronce les sourcils normalement, mais toi t’es trop forte, tu fronces les lèvres- et lèves vers elle un regard interrogateur, qu’est-ce qu’elle va te raconte après ? « Je t’offrirai un chiot si tu veux, pour ton prochain anniversaire. » Un chiot. Tes yeux brillent d’étoiles filantes. Un petit tout blanc alors, avec des grands yeux bleus. Oh, tu fonds rien qu’en l’imaginant. Tu comptes les jours et te dit que ton anniversaire est dans plus de neuf mois et que tu ne tiendrais pas assez loin. « Je peux pas l’avoir à Noël, mon anniversaire c’était ya deux mois… » demandes-tu innocemment, oubliant tous les autres soucis précédents. Savoir quand est-ce qu’un nouvel animal viendra se rajouter dans ta compagnie d’animaux est le plus important. Oui et plus urgent aussi. Tu souris et commence à lui chercher un nom. « Celui-là tu pourras l’apprivoiser, mais là… je crois que celui là il est un peu trop gros et que tu te ruinerais beaucoup trop vite en nourriture. » Autant le premier argument ne te plait pas : elle n’a rien compris. Autant pour la nourriture tu saisis. Tu n’es pas pauvre, mais puisque tu as déjà un chat, une chouette, une souris, un lapin et deux tortures, tu sais bien que ça coûte de l’argent. Et ce chien/loup/quin’apasdenom va t’en prendre encore. Tu hésites, mais juste pour lui expliquer ce que tu as appris tu ouvres la bouche. Il faut que tu lui expliques. « D’aaaaccord, d’accord, je promets sur … Fiki -je t’aime fort ma jolie Fiki- que j’essaierai pas d’y retourner. Parce que tu as raison, la nourriture ça coûte cher. D’ailleurs ma Fiki, tu as aimé le nouveau fromage que j’ai acheté via un magazine ? » La souris vient de frotter contre ton cou et tu te dis qu’elle a dû aimer. Chouette, tu avais passé une heure et demie avec Janet pour choisir le bon ! Tu relèves les yeux vers Eden et te rend compte que tu t’es encore égarée. Oups. Tu réfléchis à ce que tu voulais dire, prend ta respiration et explique. « Une fois j’ai rencontré un monsieur dans l’allée des embrumes, j’étais avec mon papa et on avait besoin d’un conseil d’un spécialiste pour s’occuper des bêtes rouges et noires qui étaient venu nous voler nos poules. Bref, le monsieur avait l’habitude des animaux spéciaux et on a bu un thé avec lui. Et alors que j’admirais les photos de ses chiens à trois têtes, il m’a raconté tout plein de choses sur ses créatures douces comme des agneaux quand on sait s’y prendre. Et il m’a bien expliqué que ce n’était pas parce qu’ils étaient gros que forcément ils étaient méchants, il fallait les comprendre et leur parler. Je suis sûr que l’animal dans la forêt est triste parce que son maître n’est plus là. Y a aucun doute. » Convaincue de ce que tu racontes, tu t’es laissée perdre dans tes souvenirs, tu revois la photo du chien à trois têtes majestueux. Tu rêverais d’en voir un en vrai, un beau et touffu. Tu lui jouerais du violon, certes tu ne sais pas jouer du violon, mais tu apprendrais plus lui ! Avec la main gauche tu grattes le menton de ta Fiki qui ronronnne presque dans ta main. « Seulement j’ai promis, je ne découvrirais pas cette créature en vraie, mais est-ce que j’ai le droit de faire des recherches sur internet ? » Tu demandes poliment, prête à ce qu’elle refuse, même si tu en serais très triste. Après tout, tu ne comprends pas pourquoi elle dirait non, parce que même si tu trouves un truc trop bien sur l’animal, tu lui demanderais tout de suite si tu as le droit d’aller voir le chien dans la forêt, tu n’irais pas toute seule, tu ne veux pas la vexer par ta conduite inacceptable. Après un petit blanc de quelques secondes où tu étais totalement tournée vers ta souris, Eden reprend la parole. « Ca va t’as pas trop mal ? » Tu souris. Cela faisait longtemps que tu n’avais pas pensé à la douleur, tu étais trop concentrée dans ta conversation sur les animaux, mais maintenant qu’elle en parle tu te dis que tu devrais avoir mal. Seulement ô miracle, rien. Les potions de Victoire font effet, ou alors c’est elle qui s’occupe trop bien de toi. Oui, c’est grâce à Eden. Tu souris de toutes tes dents. « Pas du tout ! Déjà pendant que je parlais j’ai pas mal, mais même maintenant j’ai pas mal. Quand tu es là tu soignes la douleur, c’est SÛR. T’es trop forte comme sorcière quand même, quelle chance j’ai de t’avoir ! » Tu es sincère, absolument sincère. Heureuse comme tout qu’elle te protège de la douleur. Tu as tout gagné. Une amie divine et bientôt un chiot. Trop chouette. Tu te relèves un peu dans le lit, doucement pour ne pas déranger Fiki qui dort toujours et sans quitter Eden des yeux. « Enfin tu sais, si t’as besoin de quelque chose, n’hésites pas à demander. » Oh il y a des milliers de choses dont tu as envie, mais tout de suite rien ne te vient comme besoin. Oh si, enfin ce n’est pas vraiment un besoin pressé, mais c’est quelque chose de chouette. Tu hésites à demander, est-ce qu’elle en connait ? Est-ce qu’elle voudra ? Tu te mords la lèvre inférieure, tu regardes ailleurs. Tu rêves qu’elle dise oui, mais tu ne veux pas l’embêter. Finalement tu croises son regard et elle te pousse à demander. « Déjà j’ai besoin que tu restes, mais ensuite j’ai très envie que tu me racontes une histoire. Tu en connais ? Tu peux ? Tu veux ? Dis oui s’il te plait ! » Avec ton regard de biche tu la supplies. Ce serait tellement merveilleux qu’elle te raconte quelque chose. Même si c’est une histoire vraie, ou une histoire de princesse. Oh oui, tu adores les histoires de princesses.

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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Jeu 24 Oct - 4:40


Elle te regarde de ses grands yeux et tu te sens de nouveau trop coupable. Tu te demandes quel genre d’ami tu peux bien être si, à chaque fois que tu fais une excursion avec quelqu’un, il finit l’infirmerie. D’un petit moment d’absence, tu te remémores toutes les fois où avec Kit vous vous êtes lancé des défis foireux et que l’un des deux a fini mal en point. En général, les deux, vous ne vous formalisez plus parce que vous avez appris à relativiser tout ça, mais Sarah ? Sarah elle est fragile même si là, maintenant, tout de suite, elle essaie de paraître forte et elle n’est pas habituée à tout ça : pas habituée à ta connerie. C’est elle qui est terrifiée par le loup et pourtant, toi, tu n’es pas rassurée, tu penser à toutes les complications qui pourraient encore survenir, tu l’imagines te détester et au fond, même si tu veux pas trop le montrer, ça te blesse. Intimement, tu te répètes qu’elle est bête et qu’elle devrait te mettre une claque, t’hurler de t’en aller mais elle n’en fait rien parce qu’elle est trop gentille, qu’elle l’a toujours été. Tu n’es pas bête, tu vois qu’elle lance un regard impressionné sur toi, qu’elle te prend pour un modèle, quelqu’un de fort et t’as envie de lui hurler que tu ne l’es pas, que tu n’es pas meilleure ni plus résistante qu’une autre à la souffrance, que, toi aussi, tu es vulnérable quand ça touche ton âme. Vous êtes tous humains, au final, rien de plus ni de moins : des humains à part entière. Tes yeux dévient un instant de la peau de pêche de ton amie et tu regardes par la fenêtre. Le temps s’est couvert. Le soleil qui régnait en roi dans le ciel est masqué par quelques nuages capricieux et, tu te surprends à –même si le moment est grave- analyser les formes nébuleuses afin d’y trouver quelques esquisses qui te feraient sourire. Maladroitement, t’essaies de la rassurer, lui montrer qu’elle n’est pas seule, la faire rire peut-être : mais tu as de la peine. Tu n’as jamais été une vie rigolote, ni optimiste d’accord, t’es plutôt réputée pour voir le mal là où il y’en a pas normalement, que tu relativises pas assez et que c’est jamais gris pour toi, c’est ou blanc ou noir. Et là, pour Sarah, c’est totalement noir, noir corbeau, et tu te maudis d’avoir jouer avec sa candeur. Avec l’insouciance d’un enfant. Crime perfide. Tu ne mérites rien ! « MA FIKIII. » Sérieusement ? Le petit animal est là, au pieds du lit, la remue la queue et tu trouves le pathétique de la situation plutôt appropriée, enfaite. A la base, tu n’aimes pas trop les animaux, tu n’es as jamais eu et tu ne comprends pas comment les gens peuvent autant s’y accrocher. En replongeant dans ta mémoire, tu te souviens de la vieille dame aux chats qui habitait à côté de l’orphelinat et qui, à chaque décès de l’un de ses petits protégés, ne sortait pas de chez elle pendant deux semaines, c’était devenu son rituel. Tu trouvais cette réaction pitoyable. Un animal reste un animal. Oui, certes, d’un côté, tu es persuadée qu’eux aussi ont une âme qu’ils ne sont pas uniquement des carcasses vides uniquement articulées. Enfin, ça te dépasse, c’est tout. Tu n’imagines pas que les gens puissent éprouver du plaisir à prendre le risque de perdre quelque chose de cher volontairement. Toi tu n’as rien, c’est tellement plus facile de ne pas sombrer si on a rien à perdre et ça tu le comprends au moment même où tu t’aperçois du regard émerveillé que ton amie lance à sa souris. Le petit mammifère monte le long de ton bras et tu veux bien accorder à l’espèce animale d’être assez clairvoyante lorsque son maître ne va pas bien. Des histoires à ce sujet, tu en a entendues et c’est toujours impressionnant de le voir en face de toi. Elle a l’air d’aller mieux, Sarah, elle sourit en attrapant son petit cocmpagnon et ça t’arraches un sourire parce que tu te dis que peut-être tu ne l’as pas allégée de toute sa candeur. « Hihi, tu vois finalement ya d’autres animaux ici. Fiki je te présente Eden, une fille géniale ! Eden je te présente Fiki, ma souris préférée du monde entier. Elle est belle hein ? » Tu fais une moue un peu distordue. Ce qu’elle a dit te touche mais bon, Fiki reste une souris et tu n’aimes pas forcément ces petits animaux rongeurs de fromage. Alors, un peu mal à l’aise mais tentant tant bien que mal de faire bonne figure, tu ajoutes : « Ouais, magnifique Sarah. » Tu espères qu’elle ne te demandera pas de la caresser parce que de toute manière tu ne le feras pas. La Poufsouffle commence à chanter et tu jures que si elle avait été une autre personne ou bien qu’elle aurait réagi ainsi dans d’autres circonstances, tu aurais trouvé ça tellement ridicule que tu aurais tourné de l’œil et que tu te serais en aller. Mais là, tu ne peux pas. Tu ne peux pas simplement parce que si elle est là aujourd’hui, Sarah, c’est de ta faute et uniquement de ta faute et qu’au final tu t’en veux toujours énormément. Tu n’arrives pas à calmer ta culpabilité meurtrière. En la regardant ainsi, tu revois l’enfant qui dans la forêt a failli perdre la vie et tu soupires légèrement, tu essaies de lui faire la leçon amicalement, gentiment, pour ne pas qu’elle te rejette, ne pas qu’elle se sente agressée. A sa moue indescriptiblement boudeuse et pleine d’incompréhension, tu conçois que tes discours sont vains et que demain, elle retournera caresser toutes sortes d’animaux, même ceux qu’elle ne connaît pas. Peut-être croisera-t’elle des faons ? des daims ? des chevreuils ? Comme Bambi. Tu te dis que dans ce cas de figure, elle ne risque rien, que ces animaux sont craintifs mais n’ont pas mauvaise réputation. Peut-être aussi aura t’elle la chance de caresser le cou interminable d’une girafe, la trompe rugueuse d’un éléphant ? Malgré la grandeur de ces animaux, tu sais aussi qu’apprivoisés ils ne sont pas agressifs et que le risque n’est que minime. Mais tu as toujours peur qu’elle se perde dans le regard profond d’un crocodile ou bien qu’elle se frotte à un porc-épic. L’adversité est dangereuse, des dangers qu’elle préfère ignorer, qu’elle ne soupçonne même pas. Ce qui t’inquiète, c’est que c’est impossible que tu sois là à chaque fois qu’elle rencontrera un danger, t’es sûre qu’elle va se jeter dans la gueule du loup sans même s’en rendre compte et que tu te retrouveras de nouveau là, à l’infirmerie, entrain de lui tenir la main pendant qu’elle pleure sur la rudesse d’un monde qu’elle voudrait plus doux. « Faut l’appeler comment du coup ? » Tu as presque envie de sourire, mais tu ne le fais pas. Ce serait se moquer de sa figure et quelque chose te jure qu’elle ne fait pas semblant, q’uelle est la plus sérieuse du monde et que sa question ne manque pas de légitimité. C’est vrai, tu trouves cette demande naïve, presque ridicule de par cette candeur qui s’en dégage mais tu n’arrives pas à oublier que c’est Sarah, qu’elle est encore une femme-enfant, qu’elle grandit peu à peu, mais pas au même rythme que les autres. Tu ne te dis pas par là qu’elle est bête ou bien qu’elle a des problèmes de développement, loin de là, tu sais qu’elle est tout à fait normale mais qu’elle a de la peine à voir les ténèbres. Sarah c’est un ange vêtu de blanc, elle ne voit que le monde en rose et ce qui ne l’est pas l’est aussi. Tu commences à tresser tes cheveux sur le coté et, une fois l’œuvre terminée, tu te saisis de l’élastique qui loge autour de ton poignet et tu le noues sur tes cheveux blonds. Tu as chaud, trop chaud. Soupirant presque par peine pour elle –parce que oui, tu as peur de la briser avec ton pragmatisme- tu essaies de nuancer tes propos mais tu n’es pas satisfaite car tu sais que tu restes bien trop catégorique : « Tu ne l’appelles pas Sarah, c’est tout. Ou bien le monstre. La bête. Comme ça tu te souviendras peut-être que la créature est agressive. » Soudain, tu deviens un peu agressive quand elle te parle d’y retourner parce que tu ne peux pas concevoir cette ineptie, cette folie sans nom. Sarah, c’est un cas désespéré, une adolescente qui cherchera toujours à voir le meilleur des gens, même quand il n’y en a pas. « D’aaaaccord, d’accord, je promets sur … Fiki -je t’aime fort ma jolie Fiki- que j’essaierai pas d’y retourner. Parce que tu as raison, la nourriture ça coûte cher. D’ailleurs ma Fiki, tu as aimé le nouveau fromage que j’ai acheté via un magazine ? » Et là, tu commet l’irréparable. Tu lui promets un chien. Tu lui offriras ce chien, rien que pour revoir ce sourire sur son visage mais bon sang ce que tu vas devoir économiser. Tu demanderas de l’argent à Kit parce qu’il est radin et que ses réactions te font rire quand il fait mine qu’il ne te donnera rien mais qu’au final il cède toujours à tes caprices. Mais attention, votre relation va dans les deux sens, tu sais très bien que toi aussi tu cèdes à tous les siens. Vous êtes comme ça les deux, je t’aime moi non plus MAIS plutôt crever que de se l’avouer vraiment. Avec une hésitation grandissante, tu aimerais lui dire de laisser le petit chier chez elle, dans sa maison loin du château pour ne pas à l’avoir dans les pattes. D’ailleurs, tu ne sais même pas si les chiens sont autorisés à Poudlard. Tu lui souris, elle a l’air heureuse. Ça te fait du bien. « Je peux pas l’avoir à Noël, mon anniversaire c’était ya deux mois… » Noël ? C’est trop tôt. Tu n’en auras jamais les moyens mais lui dire ça, c’est hors de question. Tu n’as pas de parents Eden, personne pour te donner un petit pécule mensuel, un peu d’argent de poche, alors chaque centime que tu gagnes, c’est à la sueur de ton front. Mais tu ne peux pas lui dire ça, non. C’est trop personnel. Alors, avec un sourire malin, un peu en coin, tu essaies une autre approche : « C’est qu’en vrai je suis sûre que le chiot de tes rêves ne sera même pas encore né à Noël, donc vaut mieux attendre jusqu’à ton anniversaire, non ? » Et c’estla lamentable et triste vérité, tu n’as pas les moyens. Tu l’entends alors parler à sa souris, s’excuser de promettre sur sa tête et converser de fromage et tu lèves les yeux au plafond. En pensant que toi aussi tu raffoles de fromage, tu as presque envie d’éclater de rire. C’est quand même curieux de voir à quel point un humain peut être proche d’un animal. Le ridicule dans toute sa splendeur. Infini. « Une fois j’ai rencontré un monsieur dans l’allée des embrumes, j’étais avec mon papa et on avait besoin d’un conseil d’un spécialiste pour s’occuper des bêtes rouges et noires qui étaient venu nous voler nos poules. Bref, le monsieur avait l’habitude des animaux spéciaux et on a bu un thé avec lui. Et alors que j’admirais les photos de ses chiens à trois têtes, il m’a raconté tout plein de choses sur ses créatures douces comme des agneaux quand on sait s’y prendre. Et il m’a bien expliqué que ce n’était pas parce qu’ils étaient gros que forcément ils étaient méchants, il fallait les comprendre et leur parler. Je suis sûr que l’animal dans la forêt est triste parce que son maître n’est plus là. Y a aucun doute. » Un chien sans maître, c’est un enfant sans parents. Tu sens que les larmes grimpent le long de tes nerfs et tu sers un peu les poings, tu baisses la tête et d’une moue presque boudeuse tu la déments : « Je suis sûre que tu te trompes. » Tu ne veux pas avouer que toi tu as été triste à la mort de ta mère, que tu t’es sentie abandonnée, seule au monde. C’est un sujet que tu n’abordes pas, même avec Stefan qui au fond, te connaît sans te connaître vraiment. « Seulement j’ai promis, je ne découvrirais pas cette créature en vraie, mais est-ce que j’ai le droit de faire des recherches sur internet ? » Cette fois tu n’arrives pas à te retenir de rire devant sa douceur et, à travers ton sourire, tu laisses s’échapper un peu d’air. Elle est mignonne, Sarah. Adorable. Une perle unique sur terre. « Je suis pas ta mère ma belle, tu fais ce que tu veux tant que tu ne mets pas ta vie en danger. Du coup, tu peux bien rester des heures et des heures sur internet à faire des recherches tant que tu ne te laisses pas mourir de soif et de faim par flemme de te lever. » Oui, oui. Tu as entendu parler de ça un jour, d’un homme qui s’est laissé mourir parce qu’il ne voulait pas quitter ses jeux vidéos et… tu avais trouvé a ridicule. Les moldus appellent ça « geek », tu crois (ahah c’est nous.)Bref, tu ne veux plus parler du chien parce que rien que de le mentionner ça t’énerve, alors, tu changes de sujet et t’inquiètes de son état. « Pas du tout ! Déjà pendant que je parlais j’ai pas mal, mais même maintenant j’ai pas mal. Quand tu es là tu soignes la douleur, c’est SÛR. T’es trop forte comme sorcière quand même, quelle chance j’ai de t’avoir ! » Tu souris, toi aussi, et tu sais que si elle avait encore eu mal, tu te serais sentie de nouveau coupable parce que ce n’était pas ton but premier, de la faire souffrir. Son entousiasme cette fois te fait littéralement exploser de rire et tu essaies de communiquer, de placer des mots, mais tu sais qu’ils dont déformés par tes éclats de sourire : « C’est pas moi va, je suis pas une sorcière digne de ce nom. Je suis sûre que c’est Victoire. Vive Victoire. Heureusement qu’on a Victoire. Qu’est-ce qu’on ferait sans elle ? » Tu ne pouvais pas prévoir que dans quelques mois, la Weasley serait enfermée à Azkaban et que l’infirmerie deviendrait un véritable chaos. Tu n’es pas aussi enjouée, d‘habitude, mais Sarah te change et tu espère que d’un côté, toi aussi tu la changes. C’est ce que font indirectement les amis, non ? On prend les meilleur et on ferme les yeux sur le pire. « Déjà j’ai besoin que tu restes, mais ensuite j’ai très envie que tu me racontes une histoire. Tu en connais ? Tu peux ? Tu veux ? Dis oui s’il te plait ! » Des histoires. Tu te mords la lèvre inférieure. Non. A vrai dire, tu ne connais pas vraiment d’histoire, ou bien alors elles sont morbides. Personne ne te racontait des histoires quand tu étais petite, alors, Kit le faisait, parfois. Il essayait. Mais il n’en connaissait pas non plus donc du coup, il inventait. Tu ne l’as jamais su ça, qu’il préférait inventer plutôt que de te voir triste, il ne te l’a jamais dit. Par fierté, peut-être, pourtant, tu aurais bien aimé savoir. Tu préfères la mettre en garde : « Les seules que je connais, c’est Stefan qui me les a racontées et tu vois le personnage, c’est des histoires sans queue ni tête, mais quand j’étais petite, ça me permettait de dormir. T’es sûre que tu veux que je te raconte une histoire déformée par les idées un peu sombres d’un garçon, hein ? Parce que bon, en vrai, j’ai rien de mieux. » Et c’est vrai. Tu n’as vraiment rien de mieux. Parce qu’au fond, il est tout ce que tu as toujours eu. Tout.

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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: You only get one shot, do not miss your chance to blow | erah (terminé)   Jeu 3 Avr - 22:58


Allongée dans ton lit, tu es sereine. Eden est restée à tes côtés et tu es sauvée. Ici, plus personne ne te fera du mal, même Fiki semble te rassurer et tu te mets à chantonner pour ta souris. Oublié le monde magique, oublié la vie qui est dure. Seules ta souris de compagnie et ton amie comptent. Tes lèvres s’étirent naïvement, oubliant tout ce que tu as risqué, tous les dangers que tu as bravé pour arriver ici. Tu n’aurais pas dû en arriver là, tu aurais dû rester tranquillement dans ton lit ce matin, tu aurais dû aller en cours, tu aurais dû ne pas embêter Eden et la suivre dans la forêt. Quelle drôle d’idée ! Tu hausses les épaules, ton bras en plâtre sera vite soigné, tu peux faire confiance à Victoire pour cela et puis c’est rigolo, tes amies pourront le signer et écrire des jolis mots. Oui, malgré tout ce qui peut se passer, tu gardes ton sourire et ton espoir. Tu es bien trop optimiste, mais pourquoi en serait-il autrement ? Les malheurs de la vie ne peuvent pas détruire ton amour pour tes amis et ta bonne humeur. C’est tellement plus facile d’être heureux, et tu récoltes beaucoup plus de sourire quand toi-même tu souris. Tu l’as remarqué plusieurs fois, quand les gens tirent la gueule, on leur répond de la même manière, mais lorsqu’une personne sourit, les gens se sentent intrigués et instinctivement, ils répondent par un étirement de leurs lèvres. Oh, un sourire ce n’est pas grand-chose, mais cela peut changer une journée, cela change sa manière de voir les éléments. Dans chaque situation on peut trouver un élément bénéfique. Oui, même là, alors que tu es alité à cause d’une espèce de loup qui t’a démoli le bras. « Tu ne l’appelles pas Sarah, c’est tout. Ou bien le monstre. La bête. Comme ça tu te souviendras peut-être que la créature est agressive. » Tu acquiesces. Eden est sage et tu aimerais lui ressembler. Elle n’agit pas comme tout le monde bêtement sans réfléchir. Du moins le crois-tu. Et puis surtout, elle se sort toujours des situations étrange, toi tu y mets les pieds dedans et t’en ressors avec des égratignures. Tu la regardes et tu aimerais lui promettre, mais à la place tu lui racontes que cet animal est peut être juste triste parce qu’il n’a pas ses parents, parce qu’il est abandonné. C’est tellement triste d’être seul et forcément on devient méchant. Même s’il y a toujours un moyen de se rattraper après. Ton monde est divisé en deux parties : les méchants et les gentils. Seulement la porte entre les deux est toujours ouverte sur les gentils, tous les méchants peuvent changer et devenir gentil. Comme tu l’as dit à ta tante April, le directeur est sûrement amoureux, c’est pour ça qu’il est trop méchant, parce que son amoureuse ne l’aime. C’est horrible comme histoire, c’est normal qu’il soit méchant ! Mais une fois qu’il aurait retrouvé l’amour de sa vie, tout ira bien mieux ! Tu souris à ton idée tellement tu es sûre de toi. « Je suis sûre que tu te trompes. » Tu relèves ton jolie minois vers la demoiselle, sa voix n’était pas très forte, c’est pour cela qu’elle t’a surprise. Tu ne sais pas quoi dire alors tu lui prends les mains et tu laisses les mots couler, souvent tu n’as pas besoin de réfléchir pour parler, les mots vont tout seul. Bon le résultat n’est pas forcément le bon. « Mais non, tu sais c’est horrible d’être abandonné, enfin je ne l’ai jamais été, mais je le suppose. Et bah quand on est tout seul, on risque de devenir très méchant… Et après on rencontre des gens extraordinaire qui nous font changer d’avis et là, on devient super gentil. Regarde le directeur a dû être tout seul, sauf que lui a dû refuser qu’on l’aide. Pff, c’est bête, mais ce n’est pas trop tard ! J’y crois moi. » Naïve et ingénue, mais surtout tu manques de tact, seulement tu es si loin d’en avoir conscience, si loin. Tu ris, tu lui parles, tu racontes des conneries, mais toujours avec le sourire. C’est comme si tu mettais les pieds dans le plat, tout en t’excusant sans savoir pourquoi. C’était étrange. Il n’empêchait qu’elle tentait de faire de gros efforts pour plaire aux autres et agir comme il le fallait. Comme là, elle avait promis sans croiser les doigts, à Eden, qu’elle n’irait plus essayer de l’apprivoiser, mais que tu irais faire des recherches dans des bouquins. C’était un mal pour un bien, Eden rit et le lui accorde. De toute manière, elle n’a pas tort, elle ne peut rien dire. Sarah lui en est reconnaissante, elle sourit. Elle n’a rien à dire, elle n’est pas sa mère, mais pour la pousfouffle, toute personne saine d’esprit, attentionnée et plus âgée est forcément une maman par substitution. La demoiselle se garde bien lui faire remarquer, se contentant de sourire naïvement. « C’est pas moi va, je suis pas une sorcière digne de ce nom. Je suis sûre que c’est Victoire. Vive Victoire. Heureusement qu’on a Victoire. Qu’est-ce qu’on ferait sans elle ? » « Rien, rien du tout. » Tu baisses la tête en acquiesçant. Eden ne doit pas se douter du nombre de fois où tu as mis les pieds ici, parfois ensanglantée, parfois juste endolorie, parfois inconsciente. Des malheurs tu en as eu plein, souvent des petits bobos de rien de tout, mais parfois, comme aujourd’hui, c’est grave. Mais tu sais que tu seras vite soignée. « Sérieusement, je pense que je vais lui faire un cadeau à la fin de l’année. Elle le mérite bien, vu le nombre de fois où elle m’a soignée ! Et puis elle m’a même offert des médicaments à emporter un jour. Elle est cool hein ? Tu en connaît beaucoup des gens géniaux comme toi et elle ? Car si, tu es une grande sorcière, faut que tu y croies ! » Et voilà que tu réconfortes quelqu’un qui n’a rien demandé. Pour changer de sujet, ou alors juste parce que tu en meurs d’envie, tu la regardes et lui demande un conte, une histoire, qu’importe, juste un récit qu’elle et toi pourrez partager. Tu n’imagines même pas qu’elle n’en connaisse pas, toutes les mamans du monde avaient dû en raconter à leur progéniture. « Les seules que je connais, c’est Stefan qui me les a racontées et tu vois le personnage, c’est des histoires sans queue ni tête, mais quand j’étais petite, ça me permettait de dormir. T’es sûre que tu veux que je te raconte une histoire déformée par les idées un peu sombres d’un garçon, hein ? Parce que bon, en vrai, j’ai rien de mieux. » Tu ouvres tes grands yeux avec étonnement, pourquoi Stefan et pas sa maman ? Stefan était-il sont grand-frère qui le gardait le soir ? Pourquoi est-ce qu’ils n’avaient pas le même nom de famille ? « C’est ton fr… » Alors que tu ouvres tout juste la bouche pour demander, une voix interrompt votre conversation. « Demoiselles, l’heure des visites est terminée. » C’et la douce voix de Victoire et même si tu l’aimes énormément tu ne veux pas qu’Eden s’en aille, car tu sais que si elle s’échappe tu ne retrouveras pas le sommeil. Quoique tu dises et même si ta volonté pour l’apprivoiser est énorme, tu as encore peur de cette bête. Et si jamais elle venait te chercher dans ton lit ? Que ferais-tu alors ? Tu lèves ton petit minois vers Victoire et la supplie. « S’il te plaît, elle peut rester ici ? Et dormir ici ? Et ne plus me quitter ? Elle allait me raconter une jolie histoire pour que j’arrive à m’endormir, s’il te plaît je peux la garder près de moi ? » Ta voix est douce et hésitante, tu sais que tu n’as pas le droit, mais tu espères quand même. Ce n’est pas un ordre, tu es incapable d’en donner à quiconque n’est pas ton chat. Et encore, même quand tu grondes Fuego, tu arrives à lui faire un câlin et à t’excuser de sitôt. Tu regardes l’infirmière dans les yeux avec ton regard de chat Potté. « Je suis désolée ma petite Sarah, elle aurait dû partir il y a une heure déjà, je vous ai laissé beaucoup plus de temps et moi je dois aller fermer l’infirmerie, et puis ne t’en fait pas, tu n’es pas seule, je suis juste à côté, tu sais que s’il y a le moindre problème je suis là. » Tu souris, elle a raison et tu le sais. Combien de fois tu l’as réveillée dans la nuit d’ailleurs ? Bien trop. Pourtant tu es triste de quitter Eden, tu l’aimes tellement, pourtant tu t’en veux, tu sais que tu as mal agi, elle avait sûrement d’autres choses à faire et tu te l’es accaparée rien que pour toi, comme si tu possédais son amitié rien que pour toi. Tu soupires, mais essaie de sourire tout de même. Tu regardes Victoire et tu acquiesces car elle a raison. Puis tu te tournes vers ton amie. « Je suis désolée, tu devais avoir autre chose à faire et je t’ai kidnappée ici. Merci mille fois merci pour tout le temps que tu m’as donné, pour la promenade, pour les jeux, pour toi, pour tout. Je t’aime Eden ma copine géniale. » Tu n’étais pas obligée, mais tu en ressentais le besoin, le besoin de t’expliquer et de lui rappeler combien elle compte pour toi. Tu l’aimes cette demoiselle et tu sais combien elle est géniale. Elle ose l’oublier parfois.

Un bisou sur chaque joue, des signes de main, une potion pour dormir et tu plonges dans un profond sommeil sans rêve pour ne pas cauchemarder tandis que Victoire ferme les portes de l’infirmerie.

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