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 I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)

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MessageSujet: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Dim 17 Mar - 11:28


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Tu regardes ta montre, 11 heures, il est tôt, ou plutôt tard, tu ne sais pas trop comment l’interpréter. Le temps semble s’être figé. T’en peux plus, t’as pas envie et t’en as marre. Le cours de divination aura ta peau, ton esprit, tout ton être. De voir à quel point ceux qui enseignent cette matière semblent sonnés te rends folle parce qu’au fond de toi t’as peur de finir toquée un jour, comme eux. Tu sais que dans ta tête ça tourne pas rond, que t’as des envies bizarres, des manies irrépressibles et… une folle envie de dormir. D’ailleurs, c’est ce que tu risques de faire si tu restes deux minutes de plus dans cette salle. Tu comptes les minutes qu’il reste d’un air dépité, lasse, tu veux te barrer. C’est ce que tu vas faire, tu le sais, quand c’est comme ça, ça sert à rien de lutter, ça te prend au cou et tu t’en vas. Tu t’en vas et ça t’a valu tellement de retenues, tellement de punitions que tu les comptes même plus même si quand même, tu t’en passerais bien. Tu bailles silencieusement et te remets une mèche en arrière. T’as même pas eu le temps de te coiffer en vrai ce matin, t’étais un peu à la bourre pour une fois parce-que t’arrives plus à t’endormir. T’arrives plus à t’endormir parce que des choses te travaillent ces derniers jours, t’arrêtes pas de penser à Ariel et Stefan qui se sont mis ensembles récemment, d’ailleurs, tu les as vu s’embrasser hier encore. Mais ça te travailles Eden, ça te travaille tellement, ça te travailles contre ton gré. C’est la première fois que tu te sens comme ça, aussi impuissante, invisible. T’as peur de le perdre et quand t’as remarqué que, pour la première fois il te tenait tête, qu’il lui trouvait des qualités là où tu ne lui trouvais que des défauts, tu t’es sentie battue pour l’unique fois de ta vie, impuissante. Et là tu t’en es rendu compte. C’était comme un retour de flamme, une claque virulente en plein milieu de la tronche, tu t’en doutais mais tu ne voulais pas le voir comme ça, mais sans lui, tu n’es rien et ça, ça te bouffe tellement que tu t’en retournes dans ton lit le soir, que ça te donne envie de vomir quand tu vois à quel point t’es dépendante de lui, à quel point il t’est nécessaire. En te perdant dans tes pensées, tu remarques que tu t’es agrippé à ton cahier si fort que t’en as froissé une dizaine de feuilles. T’en arraches une et de ta plume peu soignée, t’écris rapidement. C’est presque illisible et tu sais que t’écris pas bien mais tu sais aussi que ça lui posera pas de problèmes, qu’il déchiffrera et ça tu le sais parce-que vous êtes tellement liés que vous vous comprenez comme ça, là où personne d’autre ne pourrait vous comprendre.

J’y vais, je sature. Rendez-vous au parc quand t’en auras marre aussi. Je t’attends.

Tu froisses le bout de papier en boulette et tu ramasses tes affaires en rangeant tout en coup de vent dans ton gros sac, n’importe comment. Désordonnée, comme toujours. Tu fermes un œil pour viser et tu lances la missive qui rebondit juste au bon endroit, sur la tête de Stefan qui est assis quelques rangs devant toi, et qui atterrit en plein sur son bureau. En temps normal, vous auriez été l’un à côté de l’autre mais c’est cette affaire de binôme qui dure depuis le début de l’année pour cette matière, vous n’avez pas vraiment eu le choix. Tu te lèves, non sans apercevoir d’un sourire amusé que Stefan tourne la tête vers toi, et tu te barres. En passant la porte, tu te sens revivre, même si tu sais que tu vas avoir des ennuis, tu t’en fous, c’était ça ou la crise de nerfs. Tu dévales les escaliers deux par deux afin d’arriver en bas au plus vite. Tu fais attention à ce que personne ne traînes dans les parages et tu passes la grande porte. Les ennuis inutiles, tu t’en passerais, donc t’es vigilante, plus qu’à l’accoutumée. Tu frissonnes un coup, il ne fait pas chaud et les premiers rayons de soleil de l’année qui se pose harmonieusement sur ton visage ne suffisent pas à te réchauffer. En serrant les bras contre ta poitrine, t’avances dans le parc, et, tu balances ton sac en bas d’un marronnier. Tu lèves les yeux au ciel et un sourire malicieux t’échappe sans que tu ne puisses rien y faire. Tu enlèves ta robe de sorcier où prône fièrement le blason de Gryffondor et tu la ranges, pas pliée, dans ton sac à dos d’où tu sors un gros pull d’hiver. C’est alors que tu retrousses les manches de ce sweat trop grand pour toi et que tu escalades l’arbre comme un chimpanzé afin de te poser sur la première branche, les jambes dans le vide. C’est Stefan qui t’as appris à monter aux arbres, t’étais pas plus haute que trois pommes encore et le vieux chêne du pensionnat te semblait tellement haut que t’étais convaincue que si t’arrivais à monter jusqu’en haut lors d’une nuit étoilée, tu serais capable d’attraper la plus brillante des étoiles du ciel et que tu pourrais lui offrir, à lui, en signe de votre amitié immortelle, comme ces astres lumineux dans cette vaste immensité. T’étais naïve, t’étais rêveuse Eden, un peu trop parfois, mais il était toujours là lui, là pour te ramener sur terre, là pour te rappeler ce que c’était la vie, la vraie vie.

Tu sais que t’es pas montée assez haut pour voir toute la magnificence du paysage mais ce n’est pas grave, t’as besoin de ressentir ce souffle dans tes cheveux, t’as besoin d’être la victime innocente de ces bourrasques de vent incontrôlables. T’as besoin de respirer, besoin d’oublier cette foutue Ariel qui accapare une bonne partie du temps de Stefan, besoin de bafouer le fait que tu sois jalouse, sans vouloir te l’admettre. T’as besoin d’être libre Eden, d’être seule avec toi-même un peu, ou avec lui peut-être aussi, tu ne sais pas trop. Non. T’as besoin de personne. T’essaie de te convaincre mais tu sais que c’est vain, tu sais que sans lui tu te serais faite bouffer il y’a bien longtemps déjà, qu’il est ta force et que même si tu aimes à faire la rebelle, t’es pas assez forte pour affronter la vie toute seule. Ca t’énerves de te sentir si vulnérable et t’as les yeux humides de penser qu’un jour il pourrait s’attacher à quelqu’un d’autre aussi fort qu’il ne l’est à toi. Parce que tu sais que t’es importante pour lui, qu’il est sincèrement et profondément attaché à votre amitié depuis des années mais tu ne peux pas t’empêcher de douter. T’es pas sûre de toi toi, pas comme lui. T’attrapes un marron et tu le lances loin, le plus loin que tes muscles de batteuse te le permettent, t’aurais eu envie de le jeter si loin qu’il s’écrase au beau milieu des Amériques mais tu sais que t’as pas la force requise. T’as envie de pleurer mais ce serait donner à cette histoire trop d’importance, te montrer trop faible. D’un geste furtif, tu prends ton paquet de cigarette dans la poche avant de ton pull, t’en sors une du lot et tu l’allumes d’un coup de baguette. La fumée s’engouffre dans tes poumons et cette amertume douceâtre te fait du bien. T’inhales aussi fort que tu le peux cette nicotine qui te calmes. T’es trop jeune pour fumer Eden, trop jeune pour jouer avec la vie mais ce n’est pas juste un choix, c’est ta vie à toi, marginale, comme tu te l’étais toujours imaginée. Tes jambes font des va et vient harmonieux au rythme des cris du vent et tu fumes, tu fumes la vie, tu fumes la mort, tu fumes l’amour que tu ne voudras jamais admettre. Tu ne regardes pas derrière toi, par principe de ne jamais se retourner, de toujours regarder loin devant toi en oubliant le passé, mais tu sais qu’il ne va pas tarder, qu’il n’aime pas la divination non plus et que ta proposition serait trop tentante pour qu’il décide de rester sur ce banc peu confortable à écouter un flux de paroles inintéressantes. Enfin, tu l’espères, ces temps-ci t’as pas trop confiance en toi, pas trop confiance en vous, confiance en lui certes, mais tu ne sais pas trop… après tout, peut-être aurait-il prévu un rendez vous avec Ariel après le cours ? Tu hoches la tête agacée de ne penser qu’à ça. Ca ne devrait pas tant te travailler et tu le sais. Ta cigarette s’est consumée avec tes minutes d’absences et tu laisses tomber le mégot par terre, comme une vulgaire brindille. T’entends alors un craquement discret, presque silencieux. Tu sais que c’est lui et tu montes à califourchon sur ta branche pour l’apercevoir. Il te regarde en souriant. Qu’est-ce qu’il peut être beau avec ce sourire. Il semble t’observer en détail et ça te perturbe, ça te dérange cette façon qu’il a de toujours t’inspecter dans les moindres détails. Tu ne comprends pas trop pourquoi il te fixe parfois avec ces grands yeux des minutes durant. Et tu secoues la main histoire de lui montrer que t’es là et qu’il semble pour sa part être ailleurs.

« Allô la lune. T’attends quoi ? »

Il va te rejoindre, il va monter, tu le sais. Combien d’heures aviez-vous déjà pu passer sur cet arbre, perchés sur cette branche ? Une habitude tenace mais une habitude que tu ne changerais pour rien au monde.

__________


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Dernière édition par Eden L. Walsh le Ven 22 Mar - 13:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Dim 17 Mar - 13:07


Le cours te semble trop long tu en as marre. Le professeur lui-même semble fatigué et n’en avoir rien à faire, facile de passionner son auditoire avec cela ! Tu préfères te plonger dans tes pensées. « Eh les gars, matez un peu Stef. » murmure une voix à tes côtés, tu le reconnais, c’est ton binôme, ton sale binôme qui t’empêche de passer le cours avec Eden, comme vous l’auriez fait en temps normal. Déjà que vous n’êtes pas dans la même maison, alors si en plus vous êtes séparés dans les rares cours où vous êtes ensemble. Tu lances un regard noir à ton binôme qui baisse les yeux. Il était en train de rire en regardant ton entre-jambe. OK TU PENSAIS A ARIEL ET ALORS ? « Excuse-moi d’avoir une vie sexuelle active. » réponds-tu sèchement à ton camarade qui pouffe encore. Tu soupires, pourquoi es-tu entouré de gamins immatures ? Tu aimerais te retourner, voir Eden, elle au moins te comprendrait et se moquerait des autres avec toi, mais en ce moment ce n’est pas le beau fixe. Elle te fait la gueule et t’ignore. Cela te fait mal, tu as l’impression de perdre ta meilleure amie. Sans te rendre compte ce que cela signifiait réellement.

Le cours dure encore, il ne s’arrêtera jamais. Tu soupires encore. Tu ne sais pas combien de fois tu as soupiré dans l’heure mais au moins six centre trente-deux fois. Au moins. Un sourire déçu s’installe sur tes lèvres, si la rouge et or était assise à côté de toi, elle aurait compté et t’aurait donné le nombre exact. Ou mieux encore, tu n’aurais pas soupiré parce que tu te serais amusé. Tu soupires, une nouvelle fois. Quelque chose ricoche contre ta tête et arrive sur ta table. Qui as osé faire une pareille bêtise ? Tu ouvres le papier froissé avant de tirer des conclusions hâtives, tu as un espoir, un pressentiment.« J’y vais, je sature. Rendez-vous au parc quand t’en auras marre aussi. Je t’attends. » Eden. Tu avais raison. Immédiatement tu te retournes et lui souris. Elle est déjà partie. Elle est tarée cette fille, elle est tarée parce que c’est ta meilleure amie. Elle lève les yeux au ciel et te reconcentre sur le cours, non tu ne vas pas la suivre tout de suite. Tu aimerais, mais quelque chose t’en empêche, tu ne sais pas quoi. Le cours t’ennuie aussi, tu as envie d’un moment privilégié avec elle et surtout tu n’es pas raisonnable, puis le regard des autres t’en a rien à battre, tu les tabasserais tous là s’il le fallait, s’ils osaient se moquer de toi et de ta Eden. Non, rien ne te retiens ici. Tu prends le papier avec toi, tu le sers dans ta main et tu te lèves. « DURDEN. Rasseyez-vous. » t’ordonne le professeur. Tu ricanes. Tu n’as plus rien à perdre dans cette école, les professeurs sont stressés à cause du mage noir et de ses idées pour trouver le traître, mais ce n’est pas à toi d’en payer les frais. « Je serais en colle toute la semaine, tchüss. » lances-tu, arrogant que tu es. Tu sautes par-dessus ta chaise et tu quittes la salle. Sur les pas d’Eden, le papier déjà froissé dans ta paume.

Tu marches vite dans les couloirs, tu as hâte d’aller la rejoindre, elle a craqué. C’est elle qui a fait un pas vers toi, dans ton orgueil masculin ça veut tout dire : elle a cédé, tu peux céder à ton tour. Tu arrives au croisement des deux étages, il ne te reste qu’une volée de marches et tu es dehors. C’était sans compter la tornade brune qui t’a foncé dessus. « Tututut, tu vas où comme ça l’air si joyeux ? » déclare ta copine en t’embrassant. Baiser que tu lui rends immédiatement. Cela complique les choses. Décidant de jouer franc jeu, tu réponds. « Eden m’attend. » La lueur dans les yeux de la verte et argent est très expressive. « Désolée mon cœur, mais elle me manque un peu. » Tu mesures la portée de tes paroles au moment où la serpentard se met à t’engueuler. Ok, ça fait six mois que tu es avec elle, tu l’aimes bien beaucoup, elle est bien gentille, mais ah ça non, tu ne vas pas te laisser faire. « Ok. » Un simple mot, froid, insignifiant. Et tu t’en vas. Ariel est trop étonnée pour répondre. Elle aimerait sûrement t’engueuler encore, te frapper, sa rage se lit sur son visage. Seulement cela ne te plaît pas à toi non plus, mais tu n’aimes pas être pris pour de la merde. Tu t’éloignes encore plus. Tu descends les escaliers. Elle va te faire la gueule, tu vas devoir revenir à genoux. Tu soupires, tu l’as cherché. Pour l’instant tu t’en fiches, demain tu regretteras.

Le point brillant qui tombe de l’arbre, c’est la cigarette d’Eden. Il n’y a pas besoin de chercher à comprendre tu le sais c’est votre arbre. Tu commences à monter, tu es habile, pire qu’un singe. Tu connais les branches par cœur, tu sais où t’appuyer pour monter plus vite. Tu pourrais le faire les yeux fermés. Cependant tu les gardes grands ouverts. Il y a la prunelle de tes yeux sur la branche du dessus. Cette fille est à toi. Enfin presque, mais tu la considères comme tienne puisqu’elle est toi. Eden. Un seul mot qui signifie beaucoup plus. Tu la dévisages, admire chaque partie de son visage. Ta colère est retombée, comme toujours, en sa présence tout va mieux. Elle est ton oxygène. Tu es faible avec elle en réalité. « Allô la lune. T’attends quoi ? » Tu souris. « Un carton invitation. » Elle lève les yeux au ciel. Tu hausses les épaules et en trois mouvements bien calculés tu es à ses côtés.

« Excusez-moi mademoiselle, vous êtes assise sur une propriété privé. » Ton regard se plonge dans celui de la rouge et or, tu t’en détaches bien vite, tu dois rester sérieux, il le faut. « Cet arbre appartient à une fille génialissime et un à homme parfait, soit moi, or cette fille je ne l’ai pas vu depuis quelques temps. Tu ne saurais pas où elle s’est cachée ? » Tu espères qu’elle ne se vexera pas, tu n’as pas besoin de briser le cœur de tes deux amours de ta vie durant la même journée, mais tu as besoin de savoir. De comprendre pourquoi elle t’a évité, pourquoi elle a soudainement craqué. « Oh mais attends… tu l’as mangée ! EDEN TU M’ENTENDS ? » tu t’es approché de son ventre pour essayer de lui parler. « Eden, je vais venir te sauver, ne bouge pas. » Elle va te frapper, te donner un petit coup sur la tête pour que tu arrêtes ton cinéma, mais tu t’en fou, tu t’amuses un peu. Il le faut bien. Cette journée n’a pas été facile, tu risques d’être collé un bon bout de temps pour ta réplique en cours, tu t’es engueulé avec ta copine. Tu as besoin de la douceur de ta meilleure copine pour aller mieux. Tu espères bien que tout ira mieux d’ici quelques instants…
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Lun 18 Mar - 3:33


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Tu t’accoudes sur ta branche pour l’observer grimper, ça t’amuses, tu l’as toujours trouvé tellement agile quand il s’agissait de monter aux arbres. Tu souris en te souvenant des courses que vous faisiez à l’orphelinat, quand depuis la porte d’entrée il se mettait à courir et te mettait au défi d’arriver en haut de l’arbre avant lui. Et même si tu partais avec 10 secondes de retard parce qu’il te fallait du temps parfois pour comprendre, et même si tu savais que c’était perdu d’avance, tu te lançais, tu courais les cheveux au vent, à sa poursuite, à la poursuite de votre bonheur commun. Déjà à cette époque vous entreteniez ce lien invisible, ce lien inexplicable, si fort à en faire tellement mal parfois. Tu te rends compte à quel point tu lui es reconnaissante de t’avoir appris à monter aux arbres, tu penses à combien ça te fait du bien parfois, depuis les hauteurs, de relativiser les choses, d’oublier un peu ce qui se passe plus bas, quelques mètres au-dessous de toi, sur la terre ferme, là où tu te sens pas à ta place. T’aurais pu être un oiseau Eden, un aigle ou une colombe tiens, paradoxe amusant quand on connaît toutes les parcelles de ton caractère. T’es si forte mais pourtant si faible, c’est toi et les apparences, celles que tu as toujours su manipuler. Il a l’air soulagé que tu lui aie envoyé ce mot froissé, tu l’as plus vu si heureux de te voir depuis longtemps et sans que tu ne puisses rien y faire, t’as un pincement au cœur qui est tout aussi agréable qu’inconfortable. Tu te redresses un peu, histoire de lui laisser une place, tout près de toi, là, juste à côté.

Il sourit, taquin, léger comme tu l’as toujours connu et il plonge son regard dans le tien. T’es captivée et tu peux rien faire, ça t’énerves, t’as envie de détourner le regard, de fixer autre chose, mais tu te plonges tellement dans le sien que t’en es incapable. T’as appris à te voir à travers ses yeux avec les années, t’as appris à lire en lui comme dans un livre ouvert et là, tu vois bien qu’il t’en veut un peu de t’éloigner de lui ces temps mais qu’en même temps il est tellement heureux de te voir qu’il t’en tiens pas rigueur. Tu le sais et t’aimerais bien pouvoir t’expliquer mais en vérité tu sais même pas vraiment pourquoi t’as pris tes distances, tu ne sais même pas pourquoi tu laisses le champ libre à Ariel. C’est toujours comme ça quant u prépares une vengeance, tu le sais jamais vraiment mais ton inconscient prépare des choses, les tourne dans tous les sens pour savoir à quel sauce tu la dégustera. Tu allais te venger d’Ariel, oui et tu le savais et pour ça, tu étais prête à tout même à feindre que tout allait bien pour que rien ne soit suspecté. Fallait pas te chercher des noises, fallait pas toucher à ton Stefan, ton kit à toi, c’était lui, la vraie propriété privée. C’est lui qui flanche, lui qui détourne son regard et tu remercies les astres intérieurement qu’il ne t’ait pas défier plus longtemps du regard. Tu baisses les yeux, regardes tes pieds, chacun d’un côté de la branche, tu les regarde bouger dans le vide, dans le néant et t’aimerais le prendre dans tes bras, lui dire qu’il te manque et que t’es désolée, mais t’es bien trop fière, bien trop orgueilleuse pour toi et le pas en avant que tu avais fait en lui lançant ce petit bout de papier n’était que le déclencheur de trois pas en arrière dans les jours qui suivent.

Tu le regardes plaisanter avec des yeux adoucis par le spectacle, il reste fidèle à lui même et ça te fait tellement de bien de remarquer qu’il ne change pas malgré les années, qu’il reste le même, celui que tu as toujours connu. Tu t’appuies contre le tronc de l’arbre pour te défaire de l’appel du vide et tu le regardes, tu le vois jouer au con, en force, dans toute sa splendeur. Tu trouves ça drôle mais en même temps ça t’agaces et ça il le sait, il sait que quand il joue au débile comme ça, quand inconsciemment il te reproche de n’être pas la ces derniers temps, ça te blesse, ça te fait mal, mais plutôt mourir que de lui dire les vraies raisons de cet éloignement. Tu ne les connais pas, tu chasses celles que tu pourrais voir comme causes et pourtant tu sais qu’il n’y a pas d’autres raisons. Tu lui tapes doucement sur le haut du crâne doucement, il s’y attendait, tu le sais mais tu ne peux pas t’empêcher de sourire à le voir comme ça, taquin, affectueux. A travers ce sourire qu’il t’a volé, tu réponds d’une voix désespérée : « T’es con Kit. » Kit. C’était SON surnom. Personne d’autre que toi n’avait le droit de l’appeler comme ça au risque de se prendre un coup de coude dans les côtes et t’étais fière d’être privilégiée, à ce niveau là, d’être unique pour lui, ne serait-ce que pour ce malheureux surnom. Il se redresse en t’adressant un sourire satisfait. Il a réussi, réussi à t’arracher ce petit rire qu’il aime tant, il a réussi à te faire rire Eden et c’est ce qu’il cherchait au fond, t’en es convaincue. T’aurais tellement envie de lui dire que ce n’est pas toi qui a disparu, que t’es toujours là et que tu l’attends. Tous les soirs, t’attends qu’il lance une pierre contre la fenêtre de ton dortoir où qu’il y frappe, perché sur son balai, pour une escapade nocturne, celles que vous aimiez tant partager. Tous les matins tu guettes son arrivée dans la grande salle et tu le vois arriver au bras d’Ariel et même s’il vient te saluer, tu sais qu’après c’est avec elle qui rigole. Merde. T’es là toi. Tu l’as toujours été et tu le seras toujours et ça te vexes un peu ses remarques à la con mais tant pis, t’as pas le cœur à relever, pas le cœur à te disputer avec lui alors que ça doit faire 2 jours que vous avez pas partagé un moment privilégié comme celui-ci. Quand t’y penses, ça te tue et t’as envie de le prendre dans tes bras et de lui dire qu’il te manque, mais tu vas pas le faire. Tu vas pas le faire parce-que t’es pas habituée à ces effusions de tendresses, parce-que vous y’avez jamais vraiment été familiarisés et que t’es incapable de tendre un bras dans ce sens, que t’es une handicapé des sentiments et que t’es une moins que rien quand il s’agit d’aborder les tiens.

T’attrapes un bout de branche, un peu plus haut, et tu commences à le dépouiller de ses feuilles. Tu les regardes tomber, t’as l’impression qu’elle danse en rythme avec la fine bise qui te caresses le visage et fait flotter tes cheveux dans l’air, emportant avec elle des effluves de ton parfum préféré. T’as un peu froid sous les manches noires de ton gros pull et un frisson te parcoure l’échine, l’été est loin encore mais tu préfères tellement ce temps là. Le soleil t’épuises, t’endors, à peine pointe-t’il son nez que t’as envie de dormir, de te coucher dans ton lit et de n’émerger que le soir, quand il ferait frais, mais vraiment frais. Tu regardes ta branche parce-que t’as peur de faire une connerie, de parler quelque chose que tu ne voudrais pas qu’il sache alors, comme pour fuir, tu te lances à la volée une remarque con, sans aucun sens : « T’as pris du temps à venir me rejoindre… » Tu croises les bras sur ta poitrine et tire un peu la tête, tu fais semblant de le bouder, comme une enfant, celle que tu étais quelques années auparavant, lorsque vous vous êtes rencontrés et que tu lui faisais a gueule parce qu’il volait la pomme de ton goûter et qu’il voulait pas te la rendre, pour t’énerver, pour te voir bouder, simplement parce qu’il te trouvait tellement mignonne quand tu tirais la tête. Ses cheveux à lui flottent sous les poussées du vent aussi et ça te fait sourire. T’u n’es pas vraiment fâchée. En vrai, t’es même soulagée qu’il soit venu te rejoindre parce que s’il ne l’avait pas fait, tu sais que tu lui en aurais voulu. Tu lui en aurais voulu tellement fort que tu ne lui aurais très certainement plus adressé la parole pendant une semaine, au moins.

Tu cherches dans la poche de ton jeans et t’en sors un paquet de réglisse. T’as toujours aimé ça et Stefan a jamais compris pourquoi t’en raffolais autant mais il profitait de chaque occasion pour t’en offrir, quand il était gosse. A noël, ton anniversaire, la st. Valentin même, c’était ton cadeau, la preuve qu’il pensait à toi et qu’il te connaissait pas cœur parce qu’il savait que ça te ferait plaisir. Tu en arraches un bout avec les dents et tu le mastiques discrètement, sans ouvrir la bouche parce que t’as horreur des gens qui mangent la bouche ouverte. Tu te sens heureuse, comblée, le tableau est parfait et t’aimerais lui dire que rien ne pourrait sublimer ce moment, mais tu te retiens, tu te contentes de lui sourire. T’es curieuse, t’aimerais lui demander comment ça se passe avec sa pimbêche, mais en même temps t’as tellement pas envie de connaître la réponse que tu te tais. Les non-dits à ce niveau là, ça vous connaît.

Ton dos te fait mal, ta position n’est pas confortable alors tu te mets debout, tu tiens en équilibre parce que vous avez fait tellement de fois des concours de celui qui tiendrait le plus longtemps debout sur une branche, et tu te rassis dans le sens opposé, tu te couches sur la branche, tu poses ta tête sur les genoux de ton amis et tu surélèves tes jambes que tu poses contre le tronc. Tu regardes au loin, en te disant que ça te fait frôlement du bien d’être avec lui en ce moment précis et tu lui souris, cette fois tu ne te retiendrais pas de parler, tu dois lui faire partager ta satisfaction. « On est bien quand même quand on est là tous les deux. C’est cool que tu sois venu. » Tu souris dans le vide, au loin, en évitant de trop le regarder. T’aimes pas qu’il comprenne que t’as un cœur, qu’il voit que t’es si faible quand il n’est pas là . Tu veux être forte, pour qu’il soit fier, pour qu’il voit en toi ce qu’il lui manque parfois en lui, parce que c’est comme ça. L’un avec l’autre ou rien, comme deux parties d’un même tout, vous vous ressourcez dans la présence l’un de l’autre et personne ne devrait être apte à briser cette parfaite alchimie. Tu regrettes presque tes paroles parce-que tu veux pas qu’il se rende compte à quel point il t’a manqué, à quel point il te manque encore aujourd’hui. En même temps, tu sais que t’es sincère en disant ça, tu te rends compte à quel point tu serais capable de passer des heures et des heures ainsi, à parler ou non, juste à deux, vous deux.

T’as de la peine à comprendre parfois Eden. De la peine à comprendre pourquoi il n’y a qu’avec lui que tu te sens vivante, que tu te sens importante et même quand t’essaies de le faire, tu ne trouves pas de réponses, c’est plus fort que toi. Tu l’aimes d’une façon que tu n’as jamais aimé personne, il est ta drogue quotidienne, ton quotidien depuis maintenant presque dix ans. T’es prête à jurer que là où des gens se retrouvent faibles devant l’héroïne, toi tu te retrouves faible devant ce Serpentard, celui là et pas un autre. C’est chimique, c’est inexplicable, vous êtes comme les deux parties d’un aimant trop puissant pour essayer de lutter contre, une borne positive et une négative et l’attraction est si forte que l’un sans l’autre, vous n’êtes plus rien. Une amitié si forte que les mots ne sont plus en mesure de l’expliquer, c’est inhumain d’être si liés, d’être si importants l’un pour l’autre mais vous savez que pour rien au monde vous ne pourriez abandonner cette relation, ni la modifier d’ailleurs, elle vous résume, elle vous décrit. Stefan et Eden, à la vie à la mort, c’est une promesse que tu lui as faite un jour, une promesse lourde de sens mais que tu te sens prête à maintenir contre vents et marées.

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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Mar 19 Mar - 15:01


Elle te traite de con, tu souris avec joie. Elle a eu la réaction que tu as attendait : elle a souri et elle a ri. Rien ne te fait plus plaisir que son doux rire délicat, que sa bonne humeur, que sa joie de vivre. Celle qu’elle ne partage qu’avec toi. Tu es un privilégié et tu le sais, mais tu es égoïste, tu ne veux rien partager. Tu serais jaloux au possible si jamais elle partageait cela avec quelqu’un d’autre. Alors pour l’instant tu en profites pour toi, n’osant pas imaginer le pire. Et puis elle t’appelle Kit. C’est la seule à t’appeler comme ça. D’ailleurs tu te demandes si tu es né avec ce second prénom ou bien si c’est elle qui te l’a rajouté.

« T’as pris du temps à venir me rejoindre… » Tu l’as vue frissonner, tu as remarqué qu’elle ne faisait pas la maligne, qu’elle regardait les branches et faisait tomber les feuilles. Tu as vu tout cela, mais tu n’as rien compris. Tu n’en a rien déduis. Pour toi, ta meilleure copine fait des trucs bizarres, elle est folle, tout comme toi, et cela n’a pas d’autre signification que vous êtes fait pour être ensemble, c’est tout. Elle boude, c’est tellement mignon. N’importe qui d’autre, sauf Ariel peut-être, ferait ça, tu trouverais ça ridicule et tu balayerais ce problème d’un geste de la main pour faire autre chose. Mais là, non, tu ne résistes pas. Elle est si mignonne. Tu fonds, tu lui rends son sourire. Elle non plus ne peut pas te résister en vrai. « Je suis désolée ma puce, j’étais avec Ariel. » Tu décides de dire la vérité, tu ne peux pas lui mentir, tu sais qu’elle sait. Ou du moins qu’elle suppose. Et puis tu détestes lui mentir à elle, tu n’as même pas à te poser la question, tu ne lui mens pas. Jamais. « Je suis sortis de cours juste après toi tu sais. T’aurais vu la tête du prof, à mourir de rire. Bon j’suis collé pour la semaine, au moins, mais il n’en pouvait plus. » Tu souris, elle sourit, vous êtes bien là. « Et voilà qu’en sortant j’ai croisé Ariel et on s’est… » le mot suivant est un murmure, « engueulés. » Tu regrettes déjà ton comportement mais c’était pour la bonne cause, pour voir Eden. « Mais ça ne doit pas t’intéresser, revenons à toi plutôt. » Oui, les filles aiment parler, beaucoup plus que les hommes. Elles ont besoin qu’on s’intéresse à elles et à leur vie, alors tu te tais et tu te retournes pour la laisser parler. Sauf qu’elle sort un réglisse. Raté. Elle veut manger. Tu n’as jamais compris son goût pour ce bonbon, pour toi c’est juste infâme, mais pour elle tu ferais n’importe quoi. T’irais décrocher la lune si jamais elle te le demandait.

Soudain elle se lève, elle bouge, elle change de position. Intérieurement tu souris et tu allonges les jambes pour qu’elle s’installe confortablement sur toi. De ta position à toi, tout le monde s’en fiche, toi le premier, tant qu’elle est bien, tout va. C’est toi l’homme de toute manière, c’est toi qui doit te sacrifier. « On est bien quand même quand on est là tous les deux. C’est cool que tu sois venu. » Tu t’offusques. « T’as sérieusement pensé que je ne viendrai pas ? » Les mots sont sortis tous seuls, tu n’as pas réfléchit. Tu n’as pas pensé à tout ce que cela impliquait et tout ce que cela voulait dire. Durant un court instant, tous vos souvenirs communs, tous ces instants passés ensemble, tout ce que vous avez vécu, tout t’es revenu en mémoire. Non, tu es incapable de l’abandonner. « Parce que si t’as cru ça, je… tiens. » tu plonges la main dans ta poche, tu t’excuses parce que cela lui fait bouger sa tête qui est si calée sur tes cuisses. Tu en sors un paquet que tu lui lances adroitement. Il atterrit sur son ventre et elle l’attrape juste avant qu’il ne tombe au sol. Tu es sûr qu’elle est en train de sourire, tu le sens de là, mais tu regardes les arbres de la forêt bouger au grès du vent. Tu entends le papier qui se froisse, tu sens qu’elle essaie de deviner. Ce ne sont que des réglisses. Tu les as achetés l’autre jour en pensant à elle. Tu voulais les lui donner, mais elle te faisait la gueule, alors tu n’as pas pu. Alors tu les as gardés dans ta poche pendant trois jours. OK ils sont plus frais mais ça montre qu’ils ont vécu, qu’ils n’attendaient qu’elle. Tu ne dis rien de plus, elle comprendra, ou elle posera une question. Tu attends qu’elle dise quoique ça soit.

Soudain tu sens un tremblement le long de ta jambe et tu sais que ce n’est pas toi. Tu as, toujours ou presque, chaud. Non, c’est le corps qui est collé contre le tiens qui tremble. « Comment je manque à mon devoir de preux chevalier ! » t’exclames-tu en enlevant ta veste, le plus délicatement possible pour ne pas la faire bouger. Et avec toute la tendresse donc tu es capable, tu déposes ta veste sur les douces épaules de la jeune fille, tu lui en fais une couverture. « Faut se couvrir quand on va dehors, tu sais bien. Et ne me sors pas que c’était de ma faute, j’ai compris que j’ai mis du temps à arriver. » Tu en blagues déjà, c’est sûrement trop tôt, mais tu es comme ça, incapable de ne pas faire de blague. Tu ne sais pas être sérieux, sûrement parce que tu es trop lâche pour essayer de t’expliquer, tu préfères quand c’est ambigu, quand personne ne comprend pas même toi. Tu ne te poses pas de questions, tu vis, tu avances à ton rythme, lentement, avec peu d’assurance parfois, dans d’autre cas tu en montres trop, mais tu vis ta vie sans te préoccuper des autres. Pourtant pour une fois, tu as envie de savoir. Tu ne comprends pas ce qu’elle te reproche ta Eden. Elle n’est pas comme ça d’habitude, elle ne te laisse pas sans nouvelles pendant plusieurs jours… sans que toi-même tu ne donnes pas de signe de vie. Foutu orgueil que vous possédez tous les deux.

« Oui, t’as raison on est bien là. » Voilà, tu évites toute conversation, tu fais passer le temps, tu laisses les choses se dérouler sans y faire gaffe, tu redis ce qu’elle t’a dit, tu n’avances pas, tu vas à reculons même. Lâche. Peureux que tu es. Et le pire dans l’histoire c’est que tu n’as pas honte, pourtant pour une fois tu aimerais comprendre. Tu soupires, en fait non, la vie c’est trop compliqué, tu préfères faire des conneries avec Eden comme si de rien n’était. Peut être plus tard tu proposeras un bain de minuit, peut être plus tard tu lui lanceras un parier qu’elle défiera juste parce que c’est son caractère, mais là tout de suite tu ne dis rien. Veillant juste à ce qu’elle n’ait pas froid, ni qu’elle ne manque de réglisse. Voilà, t’es un petit vieux en ce moment précis, à ne rien faire, mais flûte, tu vis et c’est tout ce que l’on te demande.

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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Ven 22 Mar - 13:05


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Tu ne comprends pas forcément toutes tes réactions Eden, c’est comme si dès que tu es en sa présence, le monde a une toute autre saveur, d’autres joies, d’autres peines, et tu te dis que tu es profondément mal barrée si, étant toi-même incapable de te comprendre, tu attends de lui qu’il trouve un sens dans des choses que tu trouves futiles, banales, insensées. Il t’a toujours fait perdre tous tes moyens, il a toujours fait se dérober le sol sous tes pieds et toi, aveuglée par votre amitié hors du commun, tu ne vois pas le sens de tes actes, de tes dires, de tes tracas. Et c’’est là qu’il t’avoue la raison de son retard, cette foutue Ariel que sans connaître réellement, tu ne peux pas blairer. Tu te souviens pourtant… de ces histoires que te contait ta mère le soir, une sirène qu’elle disait, une sirène qui avait vendu sa queue pour voir le monde, le vrai, pour vivre l’amour, celui avec un grand A. Et tout prend un sens pour toi. Tu te dis qu’elle l’aime et que c’est réciproque, que tu n’es plus qu’une variable dans leur relation et ça te démange, ça te tue d’être relayer au second plan. T’es perdu, loin dans ton enfance, quand il t’explique qu’il a pousser le vice un peu loin et que pour toi, simple fille, banale meilleure amie, il s’est engueulée avec celle dont le nom suffit à le faire frémir. Tu souris, contre ton gré, presque à contre cœur, mais ça te fait tellement plaisir que tout ne soit pas rose entre eux que tu détournes un peu le regard, honteuse un peu de te réjouir de son malheur. Le malheur des uns ne devrait pas faire le bonheur des autres mais à ce moment là, t’as l’impression d’avoir réussi quelque chose, d’avoir gagné une bataille bien qu’en sachant être encore loin d’avoir vaincu lors de la grande guerre Son malheur pour votre bonheur, à vous, à deux. Il détourne la conversation, change de sujet et tu sais qu’il est mal à l’aise, que t’es la source de ses tracas, mais tu ne peux pas t’empêcher de demander en plongeant ton regard d’azur dans le sien : « Non, ça m’intéresse. C’est pas comme si ta vie ne m’intéressait pas chou, elle a fait quoi encore pour que vous vous engueuliez ? » Parce que pour toi, dans l’histoire, ça ne peut être lui le mauvais, ça ne peut être qu’elle. Ce n’est pas possible autrement, il est l’homme idéal, l’homme dont tout le monde devrait rêver, celui dont on ne peut douter, du moment qu’on le possède, mais vraiment. Mais ce que tu ne sais pas au font, c’est qu’il n’est pas facile à posséder et que même toi, tendre amie d’enfance, tu es encore loin d’y arriver totalement.

C’est là qu’il te questionne sur ta vie et ça te fou mal. Ca te fou mal parce que tu ne sais pas quoi lui dire, que tout est monotone depuis quelques temps, depuis que ce temps ce n’est plus avec lui que tu le passes. Tu soupires et tu ne sais pas vraiment quoi répondre. Tu sers un peu les dents pour te forcer à dire quelque chose, être intéressante pour te donner la force de raconter la platitude dans laquelle tu es plongée ces derniers jours et tu préfères modeler la vérité, plutôt que de la dire telle qu’elle est : « J’ai rencontré quelqu’un. » Tu mens. Horriblement mal, mais tu mens. Tu t’en mords les doigts à peine ta phrase prononcée car tu sais que s’il te questionne tu ne sauras quoi répondre. Tu n’as rencontré personne. Il n’y a personne pour l’heure dans ta vie. Des garçons, il y’en a par centaines dans ce château, mais aucun ne trouve de crédit à tes yeux, t’es incapable de t’attacher, c’est plus fort que toi. Même si certains attirent particulièrement ton attention, tu sais au fond de toi que ça ne pourra jamais véritablement être sincère. T’as toujours excellé dans l’art du mensonge, dans celui de masquer la vérité pour la tourner à ton avantage et tu sais qu’il n’aime pas ça, mais tu sais aussi qu’il va te croire et que ça ne va pas lui plaire, alors tu fais profil bas, mine de ne pas vouloir aller plus loin dans les détails, de simplement souhaiter passer un moment à deux, avec lui, sans parler des sujets qui fâchent. Il te tend une perche en t’offrant un présent. Tu tâtes le papier froissé et tu sais ce que c’est mais tu ne veux pas gâcher l’effet de surprise parce que ça te fait tellement du bien de t’apercevoir que malgré tout il pense à toi, que t’es présente, là, dans ses pensées. Alors tu souris et, soumise à un regard enfantin, tu déchires le papier et découvre tes friandises préférées. Tu fais un effort et tu te dresses, forçant sur tes faibles abdominaux, tu le prends dans tes bras. Tu te colles à son torse et t’en as rien à foutre que la position soit désagréable, ça te fait tellement de bien d’aller chercher cette proximité que vous avec pourtant toujours eu et tu lui murmures à l’oreille : «T’es génial, tu le sais ça ? » Et tu sais qu’il déchiffrera toutes tes excuses dans ce geste, qu’il répondra à ton étreinte fièrement et qu’il ne te lâchera pas pendant quelques minutes. Votre besoin d’être ensemble est irrationnel et vous êtes faibles, tous les deux, trop faibles pour être ensemble, trop faibles pour être séparés.

Vous vous lâchez après quelques instants et tu te sens revivre. Tu te sens pleine, rassasiée. Tu reposes ta tête sur ses genoux et tu prends sa main dans la tienne, tu la regardes avec attention et tu ajoutes avec un rictus taquin : « Tu vois cette ligne là ? » Tu passes ton doigt le long de sa ligne majeure, au milieu de sa paume. Tu n’as jamais su lire sur les lignes de la main mais ça t’amuses, tu trouves ça drôle, tu veux le taquiner et lui montrer alors qu’Ariel n’est pas une fille pour lui, qu’ils ne sont pas faits pour être ensemble, t’espères lui ouvrir les yeux, sans penser à lui, par un égoïsme sans nom : « C’est ta ligne d’amour… elle prévoit des péripéties, je t’ai déjà prévenu pour Ariel, mais tu m’écoutes jamais. » T’as même pas besoin de le regarder pour comprendre que ta remarque ne lui plait pas, qu’encore une fois il ne te comprend pas et il aimerait rouspéter et avant même qu’il n’en ait le temps tu ajoutes : « C’est bon va, je rigole. » En vrai, tu ne pourrais pas être plus sérieuse mais ça, il n’a pas besoin de le savoir, pas besoin de savoir à quel point tu envies tout le temps qu’il passe avec elle au lieu de le passer avec toi. Tu lâches sa main et comme pour lui faire comprendre que tu n’approuves pas, pour lui faire comprendre que tu aurais besoin d’être à nouveau la seule femme de sa vie, sa meilleure amie, tu ajoutes : « Tu fais chier de pas être dans la même maison. L’autre jour, j’avais franchement froid et tu sais à quel pont je n’aime pas avoir froid la nuit. J’y ai repensé… à quand on était gosse et que je me faufilais dans ton lit, tu disais jamais non et t’étais plus efficace qu’une couette. » Un brin de malice t’illumines alors le visage et tu ajoutes, libre, légère, insouciante et tristement inconsciente : « Ca te dit de dormir à la belle étoile, ce soir ? » L’amour du risque est plus fort que tout. Tu sais qu’il aura sûrement décidé de passer la nuit avec sa copine, dans leurs dortoirs, tu sais aussi que c’est risqué et que si vous vous faites choper, c’est pas seulement une semaine de retenue dont vous écoperez, mais t’aurais tellement besoin d’oublier un peu ce qui se passe entre vous, de retourner en arrière que t’en as plus rien à foutre, que tu te mets presque à nue et que tu lui demandes l’impossible. L’impossible à deux, c’est toujours plus beau.


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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Ven 22 Mar - 14:35


Elle te regarde, ses yeux bleus transpercent ton cœur. Elle est si belle et elle est tout à toi. Elle te dit que ta vie l’intéresse, elle est tellement adorable, tu te sens faible avec elle. Tu pourrais lui parler pendant des heures, confier tout ce que tu as sur le cœur, toujours, quel que soit le problème. D’ailleurs, même si c’est un problème typiquement masculin, c’est vers elle que tu te tournes, toujours. Tu lui souris. En évitant son regard, tu lui murmures. « On s’est engueulé, à cause de toi. » Tu n’oses pas le dire plus fort, parce que ça va la mettre mal à l’aise, même si elle n’aime pas vraiment ta copine, tu espères qu’au bout de ces six mois ensemble, elle a fini par l’apprécier un tant soit peu. Tu précises tout de même. « Elle trouve que je passe trop de temps avec toi. » Tu laisses une seconde de silence et tu rajoutes. « Même si c’est faux, on ne se voit pas tant que cela ces derniers temps. » Tu évites de le dire trop fort parce que cela te fait mal au cœur, mal de voir qu’en fait tu es faible et que tu ne passes plus autant de temps qu’avant. Il y a moins d’un an, tu étais à chaque seconde de la journée fourrée avec elle, les seuls instants seuls c’était lors des cours séparés et lors de la nuit. Ce qui était plutôt peu à vrai dire. Tu soutiens son regard, pour lui montrer que tu es quand même là, mais lorsqu’elle te lâche. « J’ai rencontré quelqu’un. » Tu sens ton cœur se briser. Elle n’a pas pu. Enfin si elle a bien le droit, d’ailleurs elle a déjà eu des copains, plusieurs, mais comme toi, ce n’était pas sérieux. Et puis tu as fait toujours gaffe à eux, s’ils ne la valaient pas, tu les virais. Tu sais comment faire, tu l’as toujours fait. Tu veux savoir qui est ce quelqu’un, tu ne peux pas laisser passer ça. Seulement tu ne peux pas l’accabler de question, tu n’es ni flic ni son père. Alors tu choisis ta question, tu n’en poseras qu’une seule. « Un quelqu’un que je connais ? » Mince, raté. C’est une question totale, elle va te répondre ‘oui’ ou ‘non’ et c’est tout. Elle te laissera sur ta faim, tu veux savoir. Tu ne peux pas laisser passer. Tu essaies de plonger dans son regard, mais tu n’y vois rien, pas d’informations utiles. Pourquoi tu n’arrives pas à lire comme elle sait le faire en toi ? Elle te comprend mieux que quiconque, et toi tu aimerais aussi, mais tu n’y arrives que moins qu’elle. Pff, foutu instinct féminin, la vie est injuste !

Elle apprécie ton cadeau, ton réglisse choisi et trimballé avec amour. Lorsqu’elle te remercie tu sens ton cœur battre plus vite. Tu sens le sien collé au tiens. Tu sens cet amitié profonde et sincère que vous avez l’un envers l’autre, tu ne peux pas vivre sans elle et tu es incapable de le lui dire. Cette fille est la prunelle de te yeux et tu le répètes trop souvent sans oser en comprendre le sens…

Bien allongée sur tes genoux, elle t’attrape la main. « Tu vois cette ligne là ? » Tu acquiesce même si elle ne peut le voir, tu sais qu’elle a compris puisque de toute manière elle met son doigt dessus. Tu n’es pas quelqu’un de forcément très physique, mais son corps contre le sien te paraît une évidence, pourtant vous n’êtes pas du genre à vous faire des câlins à longueur de temps ou à vous prendre par la main. « C’est ta ligne d’amour…» Et voilà qu’elle se déclara voyante. Tu rigolerais bien si ce n’était une ineptie qu’elle te sortait. Elle critique une nouvelle fois ta relation avec Ariel et en plus elle t’accuse de ne pas l’écouter ! Si elle voyait ton regard … Elle doit le sentir ou le connaître par cœur car tout de suite elle reprend et t’assure qu’elle rigole. Mouais, facile à dire ! Tu soupires doucement.

« Tu fais chier de pas être dans la même maison. » Tu ne peux qu’approuver, à l’orphelinat vous avez passées des nombreuses années collés l’un à l’autre, c’était étrange les premières années à Poudlard, tu n’avais pas l’habitude d’être seul… Mais avec le temps tu t’y es fait. Tu as appris à vivre avec ce que tu avais, depuis que tu as huit ans tu es livré à toi-même, alors tu fais avec. Sans réfléchir à ce que cela peut avoir comme conséquence, tu prends ce que tu as et tu fais comme si cela te suffisait. « Ca te dit de dormir à la belle étoile, ce soir ? » « Eden, sors de ma tête ! Je t’ai déjà dit que mon cerveau était trop gros pour t’accueillir. » Tu blagues mais c’est précisément ce que tu allais dire. Passer du temps avec elle, comme avant, comme si rien n’avait changé. Tu penses un instant à Ariel. Aïe, après la dispute elle ne va pas aimer que tu lui fausses compagnie. Quoique, aurais-tu été vraiment bien accueilli en arrivant comme une fleur soudainement ? Tu n’en sais rien et tu décides de passer la soirée avec ta Eden. Tu regardes autour de toi. « On attend que le soleil soit couché, histoire qu’il fasse nuit et qu’on ait peur de la forêt pour aller chercher au moins une couverture et s’installer ? C’est trop facile quand il fait jour. » Tu lui souris et tu sers ses doigts dans les tiens. Elle n’avait pas lâché ta main et tu n’avais eu aucune raison de le faire.

Tu profites qu’il fasse encore jour pour prendre sa main à elle. « A moi de faire la voyante, enfin vite fait, je tiens à ma virilité. » Tu prends un air très concentrer et tu lances des ‘hum’ de temps à autres tout en caressant ses lignes. En prenant une voix sombre et ombreuse tu lances. « Ta ligne d’amour n’est pas normale. Je sens, je sens qu’en ce moment c’est chaotique, rien ne te correspond, il faut remonter plus haut dans le passé pour trouver un nœud correct. » Tu laisses tomber ta voix sombre pour préciser. « Ah bah zut, tu es forcée de te marier avec moi, je suis le seul homme de ton passé. » Tu rigoles doucement. « Mais nooon, t’es ma meilleure copine, on ne peut pas se marier. » précises-tu en rigolant. Tu voyais déjà toute votre vie future dans ta tête. Soudain le ciel se teint et les couleurs changèrent. Pas romantique pour un sous tu déclares. « Ciel rouge, marée de sang au réveil. Les mangemorts vont encore se déchaîner, t’as un interrogatoire de prévu toi d‘ailleurs ? » Tu détournes la conversation, sur n’importe quoi d’autre, mais tu ne veux pas laisser transparaître à quel point tu es bien là, avec elle, coupés du monde.

Voilà, il faisait nuit noire maintenant, heureusement que ce n’était pas la pleine lune, parce que tu es sûr qu’il y a des loups-garous dans l’école et ce n’est pas réellement le moment de dormir dehors. Des étoiles comment à se créer au-dessus de vos têtes. « Bon, alors, t’es prête ? » Tu sais qu’elle va dire oui, pour faire des conneries, avec toi, elle est toujours prête. Gardant ta veste sur les épaules, elle se relève. Tu descends de l’arbre et tu lui dis de sauter dans tes bras. D’en haut, jusqu’à toi. C’est un coup à vous casser le dos, mais c’est un coup à tenter. Elle refuse, tu insistes, elle accepte. Elle saute et tu la réceptionnes. Heureusement que tu es sportif et qu’elle n’est pas lourde parce que sinon tu aurais galéré. Tu la déposes par terre sur l’herbe et tu sors ta baguette magique. « Accio couverture de la salle commune des serpentard. » Tu espères qu’il y a au moins des portes ouvertes, ou des fenêtres, ou n’importe quoi ! Tu réfléchis un peu tard que les fenêtres donnent sur le lac et donc qu’elles risquent de ne pas arriver en très bon état. Tant pis, tu connais un sort pour les sécher. Non mais sérieusement, qu’est-ce que vous apprenez en cours ? Des sortilèges pour sécher des objets mouillés, super, et après on dit que les mangemorts sont férus de magie noire ? Tu souris. Eden te regarde et semble attendre. Peut être se moquera-t-elle de toi si rien ne viens ? Tu restes droit et fier, tu ne veux pas perdre la face, tu n’as pas le droit.

Soudain un truc de courant d’air se fait entendre, ce sont les couvertures ! Heureux, tu les réceptionnes avec adresse. Tu les jettes sur ta meilleure amie. « Et voilà le travail mademoiselle ! » Vous allez être bien tous les deux, c’est sûr et certain, cela faisait longtemps. « Alors, où veux-tu t’installer ? » Tu lui laisses le choix, le parc est grand, c’est elle qui choisira, elle sait toujours mieux que toi trouver les bons plans de toute manière …

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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Dim 24 Mar - 13:30


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Tu te mords la lèvre inférieure et tu sais qu’il te regarde, qu’il est sceptique, tu les sens, ses grands yeux posés sur toi qui se colorent doucement d’un nuage de curiosité. Tu sens son cœur ralentir dans sa poitrine à travers le contact de vos mains entrelacées, le sang qui affluent de moins en moins vite et qui va presque jusqu’à se stopper complètement. Tu te crispes légèrement et tu tentes de retirer tes doigts des siens, en vain, il te retient et y met plus de cœur que toi tu n’en mets à vraiment vouloir te détacher. Tu sais qu’il ne va pas aimer que tu lui en parles comme ça, qu’il aurait préféré que tu lui demandes son avis avant d’affirmer que tu as rencontré quelqu’un. Tu comprends à sa réaction qu’il ne marche pas mais qu’il court en plein dans le panneau et tu t’es intentionnellement embourbée trop loin dans ton mensonge pour revenir en arrière. Comment lui justifier une pareille exagération, une pareille mascarade dont au final, tu ne retires aucun bénéfice ? Tu prends une grande inspiration et tu hésites… tu hésites à lui avouer tes tords mais en même temps tu te dis que ta démarche est légitime, que tu peux lui prouver qu’il n’est pas le seul à être capable de « s’émanciper » : « Il est de ton année, après je saurais pas dire si tu le connais, je vous ai jamais vraiment vu ensemble. » Tu t’enfonces un peu plus, encore. Après tout, autant aller jusqu’au bout des choses, même si tu prédit très clairement que cet aveux ne l’enchantera guère. Tu n’aimes pas lui mentir, tu détestes ça et tu évites son regard parce-que tu sais que si tu le regardes trop, il va comprendre, il va suspecter quelque chose parce-que oui, même si tu essaies chaque jour de te convaincre du contraire, il te connaît par cœur Eden, tes forces et tes faiblesses, la moindre courbe de ton sourire, il sait tout de toi, les secrets n’ont plus leur place.

Tu ne peux t’empêcher de rire quand tu entends son soupir, silencieusement, avec retenue, mais c’est plus fort que toi. Tu ne sais pas pourquoi il est si difficile de le convaincre que sa relation n’est pas saine cette fois, ça avait toujours été si évident pourtant, ça n’avait jamais demandé beaucoup d’efforts. Tu avais toujours réussi à t’interposer entre lui et les autres quand il le fallait, quand ses relations ne te plaisaient pas et que tu te sentais menacée. Au fond de toi, tu as pourtant essayé d’apprécier Ariel, de faire des efforts, mais rien n’y a fait, tu as baissé les bras trop vite, sans grande volonté. Tu te retournes vers lui, les yeux brillants, tu espères qu’il va accepter ta proposition, qu’elle lui fera plaisir et que comme toi il y verra une bonne occasion de partager un moment à deux, comme vous avez toujours eu l’habitude de partager. Il te dit de sortir de sa tête et ça te fait rire. Ca te fait rire parce que vous deux ça a toujours été comme ça, tu es sa fausse conscience, celle qui cède pourtant dès qu’il insiste quelque peu et il est la tienne. A deux, vous n’avez peur de rien, comme si le monde n’était qu’une vaste entendue sauvage qui ne demandait qu’à être découvert, à monde à vous, au delà des frontières du réel, de celles de l’imaginaire. Tu rigoles un peu et tu lui pinces la joue comme l’aurait fait une grand mère en secouant un peu, parce-que ça t’amuses et que t’aimes bien le taquiner, le rendre fou, l’énerver un peu parfois parce qu’il est tellement mignon quand il fronce les sourcils, qu’il est tellement adorable quand il est contrarié : « Faudrait que je sois folle pour sortir d’une si jolie tête. » Ca l’énerve quand tu fais ça, que tu joues avec lui comme s’il était encore un enfant mais tu trouves ça tellement amusant. T’as toujours trouvé ça ridicule, con, quand les autres le faisaient, mais avec lui tout est si différent, tout est tellement plus léger et tu vois même plus la niaiserie dont tu fais preuve en sa présence.

Il sert sa main contre la tienne, vos doigts s’entrelacent, par reflexe, tu as un mouvement de recul, de retrait. Tu sais pas trop pourquoi tu as de la peine à montrer tes sentiments, à prouver à quelqu’un que tu tiens à lui mais tu sais aussi qu’il connaît tes sentiments à son égard, qu’il sait que même si tu ne le montres pas, si tu ne le dis pas, tu pourrais littéralement tuer pour lui. Tu laisses pourtant ta main finalement dans la sienne, et tu regardes le soleil au loin se coucher. La nuit promet d’être sombre, une nuit à faire trembler, de ces nuits dont vous raffolez tous deux. « On attend qu’il fasse nuit. » Tu te redresses un peu afin de t’asseoir et tu poses ta tête sur son épaule. Il t’a manqué. C’est fou ce qu’il t’a manqué, mais plutôt que de le lui dire, tu préfères agir et lui montrer que tu es toujours la même, la même gamine apeurée qui a besoin de quelqu’un sur qui s’appuyer quand elle trébuche, cette petite fille qui a un cruel besoin de se sentir importante, au moins pour une personne. « T’as raison, c’est mieux. Surtout qu’elle ne devrait pas tarder. » Tu regardes ton sac un peu plus bas et tu rajoutes avec un sourire en coin : « Tu vas m’aimer, c’est sur. J’ai pleins de trucs à manger dans mon sac, que j’ai volé dans les cuisines, j’avais peur de crever de faim pendant la nuit. Ca nous permettra de tenir la nuit et avec un peu de chance, on en aura même assez pour le déjeuner. C’est temps ci j’ai un appétit de loup tu sais, comme si j’étais enceinte. » Combien de nuits aviez-vous passées tous deux cachés sous une couette du pensionnat à grignoter des barres de chocolat que vous preniez avec une fourberie sans nom dans les sacs de vos petits camarades ? C’était vous deux, les redoutables, les redoutés, la vermine de l’orphelinat, ceux dont on évitait de trop s’approcher, par peur d’être manipulés et entrainés dans les plus folles des combines. Tu sens qu’il tique quand tu compares ton appétit à celui d’une future maman, tu souris intérieurement. Il n’est pas prêt à te voir t’envoler, te voir partir loin de lui, pas prêt à te voir avec un autre homme définitivement, prête à construire une famille.

Il te prend la main et tu observes, la tête perchée sur son épaule, curieuse. Ton cœur s’accélère suite à son discours et la tension chute d’un coup quand il relève l’impossibilité d’un tel tableau. C’est tout lui ça, il aime être le centre de l’attention. Il devrait pouvoir voir Ariel et tu ne devrais voir personne, tu devrais être sienne, sienne et c’est tout pendant que lui se partage entre toi et une autre. Tu ris de bon cœur cependant et tu ajoutes : « Non mais tu me vois me marier avec quelqu’un qui sait même pas plier une paire de chaussettes ? » Tu te remémores vos instants, enfants, quand il s’agissait de plier vos affaires, tu te retrouvais avec une double paire d’habits sur ton lit parce qu’il était trop paresseux pour le faire lui même et qu’il arrêtait pas de te répéter : « Mais c’est tellement plus beau et mieux fait quand c’est toi qui le fais. » Sans blague, t’essayais toi au moins. Tu lui pliais ses affaires parce qu’en échange il faisait tes devoirs le soir, parfois, surtout en grammaire où tu avais un peu plus de peine. Tu regardes les nuages se frayer un passage devant les derniers rayons de soleil qui luttent afin de ne pas disparaître et tu écoutes sa remarque que tu considérerais presque comme une jolie métaphore filée. Foutues figures de styles que tu n’as jamais réussi à mémoriser. Pensive, tu ajoutes : « Non, j’ai rien de prévu, enfin, on ne m'a encore rien dit. Ils ne doivent pas trop se méfier de moi, après tout je suis qu’une brindille dans leur foutue bataille, je n’aide personne, je ne suis pour personne, je suis qu’un pion. Un putain de pion. » En gros, c’était ça. Tu lèves un peu la tête en direction de son visage, et tu lui demandes, par curiosité ou par inquiétude légère, après tout, ces sensations se ressemblent tellement pour toi : « Et toi ? Dis moi que tu ne vas pas rentrer dans leur jeu à la con. Pas toi. On s’en fou nous. » Et comme pour te rassurer, tu l’implores du regard et tu ajoutes : « Pas vrai ? »

Tu rigoles en secouant la tête quand d’en bas il t’ordonne de lui sauter dans les bras. Tu vas lui faire mal, vous allez vous faire mal, c’est trop dangereux. Il insiste et tu prends le goût du risque et d’un air fourbe, tu déclares : « C’est toi qui l’auras voulu, tu viendras pas te plaindre après. » Et tu sautes, tu atterris dans ses bras. Par reflexe, tu entoures son cou de ses bras et reste immobile quelques instants avant de jouer la comédie en te laissant tomber un arrière, un avant-bras sur ton front : « Oh mon prince, vous m’avez sauvé la vie. » Il te pose à terre et tu reprends ton air sérieux, celui qui te colle à la peau : « Et dire que certaines cruches sont vraiment aussi niaises que ça dans ce château. » Ce n’était pas faux, et tu avais horreur de ces manières. Marre de ce sentimentalisme à la con.

Tu lui rends sa veste et tu scrutes le parc en attendant les couvertures qui arrivent. « Tu vois le grand chêne vers l’entrée de la forêt ? Y’a un endroit plat là-bas, j’y suis allée une fois, c’est confortable et des buissons cachent l’endroit, ils ne pourront pas nous voir depuis le château. » Tu avances un peu laissant derrière toi un Stefan perplexe qui ne voit pas du tout de quoi tu parles. Ne sentant plus sa présence derrière toi, tu te retournes et tu lances par dessus ton épaule : « Bon alors qu’est-ce que t’attends ? Tu te dégonfles ? » Il n’apprécie pas et se lance à ta poursuite. Et vous courrez. Vous courrez à n’en plus finir, vous courrez à en perdre la tête et, arrivés à cette petite clairière entourée d’arbres et de buissons, vous vous écroulez tous les deux au sol, la tête en direction du ciel. La tête pleine des promesses de cette nuit sombre et solitaire. Une solitude à deux, de celle qu’il fait bon partager avec une personne que l’on aime. Lui Eden. C’est lui. Ca l’a toujours été.



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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Lun 25 Mar - 12:59


Elle te regarde bizarre et t’avoue qu’il est de ton année, c’est étrange qu’elle ait utilisé le déterminant possessif de la seconde personne du singulier. Pourquoi ‘ton’ au lieu du ‘notre’ normal. Elle couve quelque chose, elle ne veut pas te regarder. Peut-être qu’elle ne veut pas te faire de mal. Tu espères que c’est ça, mais tu es têtu et tu es un homme alors tu insistes. Tu dois mettre ce nouvel homme dans la vie de ta belle hors d’état de nuire. Il ne doit pas te la voler. Tu refuses. « Si tu me donnais un nom je pourrais te dire si je le connais. » murmures-tu doucement en prenant ses mains dans les tiennes. Tu n’es pas brusque pourtant tu aimerais savoir, tu meurs d’envie de connaître cet homme, tu pries merlin intérieurement pour pas que ça soit un de tes amis sinon cela va te gêner de lui casser la gueule. Tu inspires lentement et tu lui offres un doux sourire qu’elle ne verra même pas.

Elle te pince la joue, elle se moque de toi, gentiment. Tu lui lances un regard contrarié, tu n’aimes pas quand elle se moque de toi. Tu n’aimes pas, pourtant puisque c’est elle tu ne dis rien. Tu lui laisses tout passer, toujours. Vous deux c’est plus fort que les reproches, que le temps, que la vie, que la nuit. Ensemble vous battez tous, vous gagnez contre n’importe quel adversaire. Que la vie est belle quand vous êtes à deux. Que la vie est simple, pour se casser la tête à chercher une autre raison ? Mais tu veux rester le serpentard fier que tu es, alors tu ne lui souris pas niaisement comme tu as envie de le faire, non, tu lui lances un regard de reproche. Tu n’es plus le gamin qu’elle a connu, tu as grandi maintenant. On dirait un enfant qui parle de lui à la troisième personne.

« T’as raison, c’est mieux. » Ce sont des petits mots, très simples mais qui flattent ton orgueil masculin comme pas possible. «Surtout qu’elle ne devrait pas tarder. » Cette nuit, si sombre comme vous pensez que vos cœurs le sont. Cette nuit sera la vôtre, pour de vrai. Vous allez rire comme avant, vous amusez comme dans le temps, vous retrouver comme vous le faisiez tellement souvent. Pourquoi n’avez-vous pas continuer ? Soudain tu te rends compte que tu es incapable de vivre sans elle. Tu secoues la tête pour enlever cette pensée et tu souris. Elle a pensé à prendre à manger. Tu es obligé de t’incliner devant l’intelligence féminine, elle est absolument géniale. « Moi et ma fierté d’homme nous inclinons devant toi et ta présence d’esprit. » Tu fais un signe de la tête, pour prouver ses dires, mais elle ne s’arrête pas et continue de parler. « C’est temps ci j’ai un appétit de loup tu sais, comme si j’étais enceinte. » Arrêt sur image. Retour en arrière. « PARDON ? » Ta voix a peut être était plus forte que tu ne l’avais voulu à la base mais la surprise a primé sur le reste. Tu te racles la gorge et reprend plus doucement. « Comme si, ou parce que ? » Eden enceinte. Tu refuses de le croire, mais peut être que c’est vrai. Non elle ne te l’aurait pas annoncé comme cela, elle l’aurait fait mieux, avec plus de douceur, ou. Non elle ne peut pas être enceinte. Et si elle l’était ? De qui ? Tu commences à te poser beaucoup trop de question, pourquoi te met-elle dans cet état là aussi !

Vous changez de sujet, vous parlez de mariage, tu préfères parler du tiens avec elle -impossible, soyons bien d’accord- plutôt que du sien avec n’importe qui d’autre. « Non mais tu me vois me marier avec quelqu’un qui sait même pas plier une paire de chaussettes ? » Tu ris à ce souvenir. Tu étais déjà un flemmard inactif à cet âge-là, lui refilant les tâches ménagères. Ce n’était pas que tu ne savais pas plier des chaussettes, c’est juste embêtant à faire. D’ailleurs tu te gares bien de lui dire que tu ne plies toujours pas tes chaussettes, quelle perte de temps inutile ! Sérieusement, quel mec plie ses chaussettes, qu’il lève la main et se la coupe. « Et sérieusement, tu me vois me marier avec une fille qui n’écrit sur une feuille que si l’encre est de la même couleur ? » Non pas qu’Eden soit maniaque, mais la demoiselle avait décidé, une fois qu’elle ne voulait pas écrire sur une feuille rose en bleu, il lui fallait du rose. Et depuis, sauf pour les copies blanches où elle accepte l’encre noire, jamais elle ne mélange les couleurs. Elle est incroyable, tu l’adores comme elle est de toute manière, il n’y a pas à se poser plus de question.

La discussion suit son cours et vous enchaînez sur le traitre. Elle se dénigre tu n’aimes pas ça. Tu fronces les sourcils et la sermonnes. « Alors déjà tu n’es pas un pion, ensuite tu vaux bien mieux qu’eux. » Tu acquiesces à tes propres paroles comme pour leur donner plus d’importance. « Et toi ? Dis moi que tu ne vas pas rentrer dans leur jeu à la con. Pas toi. On s’en fou nous. Pas vrai ? » Elle insiste, elle veut ton approbation. Elle parle de ton clan, tu es obscur et cela ne lui plait pas. Cela ne lui a jamais plu, tu le sais bien, tu as envie de la rassurer de lui dire que tout cela va finir, que rien n’a d’importance tant que vous êtes là tous les deux, mais au fond de toi tu te poses des questions. Est-ce que tu es rentré dans leur jeu à la con comme elle le dit ? Tu balayes tout d’un geste de la main. « Bien sûr, que non, tu sais bien. On s’en fou comme de la couleur de la première paire que chaussettes que tu as plié pour moi. » Tu laisses patienter deux secondes. « Attends, rassure-moi, tu ne la connais pas hein !? » Qui sait, peut être s’en souviendrait-elle, c’était une fille après tout. Tu avais fini par cesser de poser des questions quant à l’étrange cerveau féminin, il marchait d’une manière trop bizarre et unique pour être compris.

« Et dire que certaines cruches sont vraiment aussi niaises que ça dans ce château. » Tu sens une rancœur dans sa voix, un air dégoûté de cette niaiserie. C’était vrai que c’était ridicule, mais quand cela sort de sa bouche tout à un autre sens, une autre signification. Tu rigoles avec elle, te moquant des jeunes filles en mal d’amour, tellement ridicule. Tu la gardes dans un tes bras un peu, la portant comme une princesse, mais bien vite elle descend. Vous n’êtes pas habitués à ces effusions d’amours. C’est même peut être mieux ainsi ? Bien vite elle reprend son assurance et parle d’un chêne. Cette fille est impressionnante, elle connaît Poudlard comme sa poche, mieux que toi, tu refuses d’imaginer qu’elle a emmené quelqu’un d’autre à cet endroit. Elle est partie, rejoindre ce chêne que tu ne vois pas, et toi, trop perdu dans tes pensées tu ne l’as pas entendue partir. « Tu te dégonfles ? » trois petits mots d’apparence simplistes qui te révoltent. Toi, un dégonflé. Pff, à d’autre mais pas à toi ! Tu souris et tu cours. Avec tes grandes jambes tu la rattrape facilement et vous courrez tous les deux. Ensemble, d’un même pas, vos souffles mêmes sont accordés. Vous êtes pareil. La voilà qui ralentit puis s’arrête. Vous êtes arrivés. En effet tu ne connaissais pas ce lieu mais qu’importe. Allongés comme deux larves, la tête vers les étoiles tu souris. Les couvertures sont un poil plus loin, jetés n’importe comment. Peut être que plus tard vous irez les chercher pour ne pas mourir de froid mais là tout de suite ce n’est pas important. Tu relèves la tête et lui lances. « Bah alors tu ne me fais pas visiter les lieux, quel mauvais propriétaire. » Tu ris avec elle, ensemble, comme toujours. Tu pourrais rester des heures là, avec elle, à regarder le ciel. Ton souffle s’est calmé, tu respires de nouveau normalement, mais la nature te rappelle un autre problème : ton ventre gargouille. Oh, c’est l’heure de manger. Tu te retournes vers Eden. « Tu as entendu ? Ya des sangliers qui nous attaquent. Viiiite, tous aux abris. » Tu es incapable de rester sérieux plus de quelques minutes c’est incroyable, c’est un don que tu dois avoir, un don rare et précieux. Ton ventre gargouille de plus belle. C’est presque un concert, en d’autres circonstances tu aurais pu avoir honte, mais là tu t’en fiches, avec Eden, ça ne compte pas.

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+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.


Dernière édition par Stefan K. Durden le Mer 27 Mar - 7:52, édité 1 fois
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belle, c'est un mot qu'on dirait inventé pour elle
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Mer 27 Mar - 7:44


Tu seras,
mon futur a présent,
pour vivre en frères de sang
l'amour à tout les temps, tu seras, tu seras.

Tu le vois s’impatienter, commencer à gigote, se torturer l’esprit pour essayer de savoir, pour tenter de comprendre. « Si tu me donnais un nom je pourrais te dire si je le connais. »C’est qui Eden ? T’as rencontré qui ? Merde. T’es dans la merde et pas qu’un peu. Tu lèves les yeux au ciel cherchant en vain quelque chose à dire, une issue à ce mensonge inutile dans lequel tu t’es embourbée, mais tu ne vois pas d’issue, tu ne trouves pas d’échappatoire. T’as pas envie de lui avouer que t’es faible devant lui, que tu dis des choses pour le blesser, par méchanceté gratuite, juste pour lui montrer que tu peux très bien faire comme lui, toi aussi. Il serre tes mains dans les siennes et tu te sens tellement petite en regardant tes extrémités se noyer dans les siennes, il a toujours eu une tête de plus que toi, t’as toujours eu des mains minuscules, il s’en est souvent moqué d’ailleurs, mais là, tu ne peut détourner ton regard de vos mains entrelacées. Comment pouvais-tu continuer de lui mentir et malgré tout garder conne conscience. Impossible. Mais tu ne peux pas lui admettre que tu t’es foutu de lui non plus, tu ne peux pas, non, il deviendrait fou, te crierait sûrement des trucs dégueulasses. Il ne comprendrait pas. Tu retires tes mains d’un coup, frustrée de ne savoir que faire et, ramassant ton sac que tu remonta d’un geste d’épaule sur ton dos, tu essaies de calmer le jeu, de ne pas plonger encore plus loin dans ce bourbier : « T’es lourd quand tu t’y mets. J' sais même pas si ça va donner quelque chose avec lui, je te redirai si c’est le cas. » Tu mimes un téléphone avec tes doigts pour accentuer un peu plus ton agacement. Tu espères qu’il n’insistera pas plus, tu ne veux plus en parler et d’ailleurs, il ne devrait même pas avoir à te tirer les vers du nez. Tu étais libre, tu étais sienne au fond, mais il avait choisi une liberté que tu méritais, toi aussi. Parfaite égalité d’un sentiment si fort, les deux, au même stade d’un même amour, d’une même amitié.

« Moi et ma fierté d’homme nous inclinons devant toi et ta présence d’esprit. » Tu te félicites intérieurement d’avoir prévu des provisions. Instinct féminin, sûrement. C’était dans l’air, cette journée, tu en avais rêvé des jours et des jours durant, une nuit ensemble, comme avant. Tu n’avais pas forcément prévu de passer la nuit dehors, ni de lutter contre une nuit qui risquait d’être fraiche, mais avec lui, qu’importe. Plus rien n’avait d’importance. Tu sors de ta transe d’agacement pour esquisser un sourire conquis, un sourire satisfait et sincère. « PARDON ? » Son visage change d’expression et malgré toute la bonne volonté que tu peux y mettre, tu n’arrives pas à t’empêcher d’éclater de rire. C’est au galop qu’il tombe dans le panneau, et toi ça t’amuse tellement que tu en es pliée. Lui, ça n’a pas l’air de l’amuser, il semble outré et non, non, c’est trop drôle, tellement drôle que tu en pleures presque. « Comme si, ou parce que ? » Tu ouvres de grands yeux. Il ne peut pas être sérieux quand même ? Il ne peut pas penser que tu es une inconsciente finie à ce point, une gamine immature qui ne saurait prendre de précautions pour ne pas gâcher sa vie. Tu te reprends et, tu arques un sourcil en le fixant, sceptique : « T’es sérieux là ? » Tu te remets à rire, sans le vouloir, les feuilles dansent sous les rares bourrasques de vent et toi tu ris, tu ris à en perdre le souffle sous le regard d’un Stefan vexé. Tu t’apperçois qu’il n’apprécies pas du tout, qu’il trouve ton comportement de très mauvais goût et tu sais qu’il a horreur que tu te foutes de sa gueule, mais là c’est trop gros. C’es gros comme un éléphant au plein milieu d’une fourmillère. Tu te calmes l’espace d’un instant, te mordant les lèvres pour ne pas pouffer à nouveau et tu prends sa main que tu poses sur ton ventre : « Bien sûr que je suis enceinte, ça se voit pas ? » Tu t’approches un peu de lui et lui murmurres à l’oreille avant de te lancer dans ta course effrénée en direction de votre future couchette : « D’ailleurs j’ai une question à te poser, tu veux pas être le père ? » Le ton de la soirée était donné. Vous étiez là pour oublier, pour profiter, pour vous amuser et l’espace d’un instant, tu l’imagines père et tu te dis que plus jeune, t’aurais rêvé d’avoir un père comme lui et que t’en souhaite royalement un à tes enfants.

Il te retournes le compliment en te disant que tu n’es pas la femme idéale à marier et ça te fais sourire parce qu’il dit ça comme s’il parlait de n’importe quoi d’autre, tout semble si simple. « Et sérieusement, tu me vois me marier avec une fille qui n’écrit sur une feuille que si l’encre est de la même couleur ? » Tu cherches quelque chose à répondre, à te justifier, mais tu ne trouves rien à redire. Tu n’es pas maniaque Eden, tu ne l’a jamais été, t’as jamais fait gaffe à l’esthétique des choses –enfin, un peu peut-être- mais il sait exactement ce qui peut t’agacer plus que tout. Pourquoi une manie si bête, débile et insensée ? Tu ne saurais vraiment expliquer pourquoi, c’est une habitude que tu as pris gamine déjà et tu te dis qu’au fond c’était plus pour qu’il te prête ses stylos à lui – que tu trouvais toujours plus cools que les tiens – que tu as commencé à devenir capricieuse à ce sujet, mais ça t’es resté et avec les années, c’est presque devenu maladif. Tu pourrais presque rendre une feuille d’examen vierge si tu n’as pas le stylo de la même couleur que celle ci, j’ai bien dis presque. Tu préfères les feuilles blanches au fond, ça te rend moins chiante, t’as vraiment un problème avec les feuilles de couleur enfaite. Offusquée, tu lui réponds : « Non mais c’est normal quoi, tu peux pas écrire avec du bleu sur du rose quand même, c’est dégueulasse, ça pique les yeux. Voilà c’est typiquement pour ça qu’on n’est pas fait pour être ensemble, tu trouves mes défauts gênants. Parce que non, je suis pas parfaite…» Tu t’arrêtes, tu comprends pas vraiment pourquoi tu t’énerves mais sa remarque te blesses un peu. Merde. Mais pourquoi Eden ? Pourquoi tu te sens si conne de le voir avec quelqu’un d’autre ? Pourquoi ça t’énerves quand il te rappelle que jamais vous pourrez envisager quoi que ce soit, que vous deux c‘est pas une histoire comme les autres, que ça peut pas durer toujours, qu’il y’aura toujours quelqu’un pour s’immiscer et que vous pourrez pas continuer à entretenir une relation exclusive toute une vie durant ? Pourquoi Eden ? Tu hésites et tu ajoutes quand même, parce que t’es con, parce que t’es susceptible et que t’es une fille : « … pas comme Ariel. » Tu mimes un geste de vomissement et tu détournes le regard. Non, c’est plus fort que toi, rien que de les imaginer tous les deux, ça te rend folle et t’arrives pas à passer au dessus, à te dire que t’es plus la seule dans sa vie.

« Alors déjà tu n’es pas un pion, ensuite tu vaux bien mieux qu’eux. » Tu viens de lui piquer une crise de jalousie et lui il te rassure, il est vraiment pas normal que tu te dis, et au final, tu trouves ça mignon. Inquiète, tu es pendue au bout de ses lèvres, t’attends une réponse, sa réponse à lui, sans artifices ni faux semblant, tu cherches sa sincérité avec une candeur déconcertante. Et là, la réponse tombe « Bien sûr, que non, tu sais bien. On s’en fou comme de la couleur de la première paire que chaussettes que tu as plié pour moi. », tu ne peux empêcher un soupir de soulagement de passer à travers tes lèvres désormais muettes. Sa phrase résonne dans ta tête comme dans une salle close où l’on aurait introduit un orchestre d’instruments à vent. Tu laisses se dessiner un sourire malicieux sur ton visage innocent et ne te permets pourtant pas de lui dire que si, tu t’en souviens, que tu t’en souviens comme si c’était hier, que tu te souviens de chacun des moments passés avec lui. « Attends, rassure-moi, tu ne la connais pas hein !? » Il insiste, tu cèdes : « Jaunes. Elles étaient jaunes.» Il avait pourtant toujours eu horreur du jaune, mais les chaussettes, qui donc fait attention aux chaussettes ? C’est comme de faire attention à une tâche noire sur un dalmatien, c’est ridicule, ça le fait pas. Il a oublié, tant pis, tu as toujours eu une meilleure mémoire et secrètement, tu espères qu’il n’a pas oublié l’essentiel, qu’il n’a pas oublié votre premier mot échangé, la première connerie que vous avez faite ensemble, qu’il a pas oublié votre rencontre, qu’il a pas oublié ce que c’était vous deux, avant. Avant. Tout était tellement plus simple quand vous étiez gamins.

Il court plus vite que toi et te rattrapes en une poignée d’enjambées mais tu t’en fous, tu ralentis pas la cadence, t’as envie de fuir Eden, fuir loin du monde avec lui, sur une planète lointaine, vers des contrées inexplorées, au bout du monde, main dans la main. Il ralentit un peu, il n’a pas envie de te dépasser, d’ailleurs il serait bien embêté vu qu’il ne sait même pas où vous allez. Tu es bien là, allongée dans ce petit coin d’herbe, lui, à l’autre bout du chemin. Tu as du mal à reprendre ton souffle mais tu t’en fiches, tu fumes trop, tout le monde le sait mais tu refuses d’arrêter, juste parce que t’aimes bien cette saveur âcre que t’apporte le tabac, juste parce que t’aimes bien aller à l’encontre des convenances. Tes yeux sont fermés et tu sursautes quand cette grande étendue molle s’écrase sur ta poitrine. Tu tournes la tête en sa direction et tu vois qu’il en rigole, qu’il aime te surprendre et, avec peine, tu te redresses un peu pour étendre la couverture correctement qui couvre à présent tes jambes. Bah alors tu ne me fais pas visiter les lieux, quel mauvais propriétaire. » Tu le regardes et tu décides de le taquiner, encore une fois, pour lui montrer que toi aussi tu possédais une sorte de pouvoir et que tu n’étais pas impuissante face à ses histoires à lui : : « Celui qui m’y a amené pour la première fois ne m’a pas fait visité non plus, faut croire que c’est de coutume.» Tu souris sans penser une seule seconde que tes remarques pouvaient réellement l’agacer et le mettre hors de lui, qu’il allait pêter un câble, t’allonger au sol, te tenir les poignés fermement, à califourchon sur toi, et qu’il allait te forcer à te dire le nom de cet « abruti » comme il le dirait. Quoique, c’est peut-être un peu excessif, mais tu t’en prendrais très certainement plein la gueule de jouer ainsi avec ses nerfs. Tant pis. Tu avais besoin de le sentir encore attaché à toi, tu avais besoin qu’il te montre que tu comptais toujours autant à ses yeux et pour l’instant, tu ne trouvais pas d’autre moyen. [color=darkred] Tu as entendu ? Ya des sangliers qui nous attaquent. Viiiite, tous aux abris. color] » Tu décides de rebondir sur sa remarque afin qu’il ne t’en veuille pas trop pour tes pics précédents. Il plaisante, tu l’aimes, non tu l’adores. Tu ne peux pas l’aimer. Mais tu l’adores, il est à toi, t’en es convaincue, faut pas chercher plus loin, tu es prête à tout dégommer sur ton passage si quelqu’un se décide à entacher votre amitié. Tu tires ton corps un peu sur l’arrière et tu vides ton sac au sol, laissant ainsi s’échapper toutes les cochonneries que tu transportais : des chips, des biscuits, de la charcuterie, des bonbons, un bout de pain que tu as chippé aux cuisines aussi et, d’un regard chaleureux, tu penches un peu ta tête sur le côté comme une gamine qui se voudrait attendrissante et tu l’invites : « Alors je vais gentiment demander au chef de la meute de calmer son estomac pour ensuite nous laisser tous les deux. » Tu souris, légère : « Vas-y, sers toi ! » et tu te jettes sur les chips au poulet (ouai dédicasse, je lis tes rps moi ) parce que c’est vos préféré, qu’il n’y en a qu’un paquet et que tu sais que sinon ce serait lui qui s’en serait accaparé. Tu l’ouvres et en manges goulument une poignée, te jurant intérieurement que tu ne les aurais pas pour longtemps, qu’il allait te sauter dessus pour te les chiper, que c’était foutu d’avance. Tu pourrais en mettre ta main à couper.




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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Ven 29 Mar - 4:18


Tu ne comprends rien, tu es perdu, tu aimerais savoir, mais elle fuit ton regard, bafouille d’une voix pleine d’assurance que c’est de ta faute si elle ne te dit pas. Tu commences à avoir peur, elle t’a toujours parlé de ses copains, même si parfois tu avais plus de mal à lui tirer les vers du nez mais là c’est mort pour qu’elle te parle, tu le sens bien. Tu soupires et tu détournes les yeux. « Très bien . » Un goût amer te reste dans la bouche. Tu as peur qu’elle soit amoureuse, tu songes à Ariel. Toi tu es amoureux mais elle, elle n’a pas le droit. C’est comme ça, c’est la règle, Eden est à toi et à personne d’autre. Tu essaies de la regarder droit dans les yeux, tu es lâche quand parle ton cœur, mais tu souhaites savoir. Si elle était amoureuse de quelqu’un sans te le dire, tu ne t’en remettrais pas. Tu es égoïste, tu as besoin d’être le roi. Celui ne suffit pas d’être aimé. Tu finis par détourner les yeux et changer de sujet de conversation. Si elle ne veut pas parler, elle ne parlera pas.
Tu as cru qu’elle était enceinte, tu l’as sincèrement cru parce qu’après votre discussion sur son potentiel futur ami plus plus, tu as peur de tout. Du possible et de l’inimaginable. Tu ne sais plus quoi penser, comment aurais-tu pu le savoir après tout ? « T’es sérieux là ? » Elle rigole, elle se moque. Tu boudes, tu es vexée. Elle n’a pas le droit de se moquer. Ok si, elle n’a pas tort, tu as été ridicule mais tout de même, elle t’a laissé croire un instant que cela aurait pu être vrai. Elle continue le jeu, riant toujours plus fort, te vexant encore plus. Certes ton attitude est ridicule, mais tu ne peux t’empêcher, pour lui faire plaisir tu souris faiblement. Puis tu décides d’arrêter de te prendre la tête, cela ne sert à rien du tout. Tu fermes les yeux puis tu les rouvres, ils sont pétillants maintenant. Tu poses tes mains sur son ventre. « Oh par Merlin c’est vrai, je suis idiot de ne pas avoir remarqué avant ! Tu m’éblouis trop pas ta beauté pour que je vois les rondeurs de ton ventre, tu m’excuseras. » A ton tour de la charrier, elle ne doit pas être la seule à avoir le monopole après tout. Tu la regardes, moqueur à ton tour. « D’ailleurs j’ai une question à te poser, tu veux pas être le père ? » Tu ne te retiens pas, tu pouffes. Tu ne t’imagines pas père, peut-être plus tard dans un avenir très lointain, très très lointain cependant. Tu lèves les yeux au ciel. « Donc tu ne me veux pas comme mari, mais comme père de tes enfants ? Quel honneur. » Tu la taquines, tu mélanges tout, mais tu sais que rien ne compte quand tu es avec elle. Rien d’autre que rire, dire des conneries et s’amuser. Rien n’a plus d’importance. Tu souris, tu aimes être avec elle tout simplement.
« Non mais c’est normal quoi, tu peux pas écrire avec du bleu sur du rose quand même, c’est dégueulasse, ça pique les yeux. » Tu n’as jamais compris sa maniaquerie, jamais, mais tu dois t’y faire. Elle te vole souvent tes stylos d’ailleurs et toi tu en achètes toujours des nouveaux pour elle. Tu aimes lui faire plaisir, tu aimes la voir te faire les yeux doux pour récupérer ton bleu turquoise acheté précisément pour elle alors que tu lui fais croire que tu l’as volé. Si elle savait combien tu dépensais dans ses stylos ! « Parce que non, je suis pas parfaite… » Tu fais mines de t’étouffer. Et tu tousses bien fort, elle est comme ça, modeste ta Eden. « Je me demande comment vont tes chevilles ? Et je me demande surtout comment elles arrivent à te porter. » D’un geste élégant elle te montre ses pieds, en ce moment elle a la tête allongée sur tes genoux, confortablement installée alors que ton dos est écrasé par une branche de votre arbre. « Entre ton gros ventre et tes grosses chevilles, fait gaffe à ne pas devenir obèse. » Tu lui souris, de toutes tes dents, tu ne vas pas t’excuser, tu n’as aucune raison de le faire de toute manière, c’est juste une blague. « … pas comme Ariel. » OK. Elle n’a jamais aimé Ariel, ça tu l’as bien compris. Tu lèves les yeux au ciel. « Tu veux vraiment aborder le sujet ? » Tu sais comment ça fini, c’est toujours pareil, vous vous engueulez, vous boudez, vous vous réconciliez parce que vous ne pouvez pas vous faire la gueule trop longtemps. Surtout que c’est la première soirée que vous passez tous les deux depuis longtemps. « As-tu seulement fait l’effort de la connaître ? Elle est géniale Eden, je t’assure. Et puis si tu étais ma meilleure amie comme tu le prétends, tu devrais être heureuse pour moi. » Tu ne te rends pas compte de tes paroles, tu parles et tu dis de la merde. Tu la blesses sûrement et tu as l’air de t’en foutre. Qu’est-ce que tu es con, tu devrais te baffer, moi je viendrais te frapper si je le pouvais. Finalement tu la regardes et tu comprends. « Non, je voulais pas dire ça Eden. S’il te plait, ne m’en veux pas. Tu es ma meilleure amie, pour la vie, depuis le début. Et je veux pas qu’on se dise des conneries de ce genre-là. J’accepte d’être le père de tes enfants, d’être ton mari, de supporter ton mauvais caractère toute ta vie, j’accepte tout ce qu’il faut tant que tu ne me fais pas la tête. Je retire tout ce que j’ai dit. Hein, dis-moi oui, s’il te plait. » Tu n’es pas sûre de l’avoir convaincue. Tu hésites un instant puis tu pousses le bouchon encore plus loin. Tu la relèves, et tu essaies de poser un genou à sur la branche mais c’est un peu compliqué et tu ne pourras pas rester indéfiniment dans cette position. « Eden Livia Walsh, acceptez-vous de me prendre pour époux pour le meilleur et pour le rire ? » Tu attends patiemment, elle va dire oui, elle doit dire oui elle n’a pas le choix.

Nouveau changement temporel, vous parlez de votre enfance, de souvenirs. « Jaunes. Elles étaient jaunes.» Tu exploses de rire. Elle connait vraiment des tas de choses, elle a une mémoire d’éléphant et c’est un compliment. C’est extraordinaire, cette fille est divine, elle est un cadeau du ciel. Evidemment tu râles, tu n’assumes pas d’avoir des chaussettes jaunes, mais … tu remontres légèrement ton pantalon et … « Oh non c’est un signe ! Regarde, mes chaussettes sont jaunes aujourd’hui. » Un signe du destin ? Tu n’y crois pas, elle non plus d’ailleurs, mais c’est toujours drôle à dire, drôle de dire de la merde ensemble. Tu préfères dire des conneries de ce genre d’ailleurs que des paroles que tu risques de regretter.

Tu as toujours préféré être dehors, l’air pur te fait du bien. Alors quand vous vous mettez à courir tu es heureux, sportif tu as besoin de te défouler. Tu as Shane pour ça, d’autre fois tu cours avec Ezékiel, mais là c’est avec Eden. Ce n’est pas une course de vitesse, c’est un jeu. Tu as envie de jouer plus longtemps encore mais vous êtes arrivés, essoufflés vous vous allongés comme des larves. « Celui qui m’y a amené pour la première fois ne m’a pas fait visiter non plus, faut croire que c’est de coutume.» Elle n’a pas osé ? Si. Tu détournes le regard, elle ne doit pas se rendre compte, sait-elle à quel point tu es égoïste et tu veux être le seul à la posséder. Le seul qu’elle aime et admire, le seul avec qui elle passe tout son temps. Non, elle ne doit pas savoir, elle croit te connaître comme quelqu’un de gentil et ouvert. Ahah. La bonne blague. Si tu choppais ce jeune homme-là il passerait une mauvais quart d’heure, voir même une mauvaise nuit car après t’être défoulé, il aurait mal partout. Enfin là tout de suite tu es trop faible tu préfères te reposer un peu tout contre Eden. «Je pensais que j’étais unique et que je méritais un traitement spécial, tant pis. » Tu as essayé de plaisanter, après tout elle s’est dit vanté d’être parfaite tout à l’heure, tu ne racontes rien de plus terrible… Tu ne veux pas risquer de recommencer une bêtise. Bien vite elle parle des sangliers, ce sujet t’intéresse beaucoup plus, car il n’est pas sujet à discussion. « Alors je vais gentiment demander au chef de la meute de calmer son estomac pour ensuite nous laisser tous les deux. » Tu ris avec elle. « Vas-y, sers toi ! » Avant même que tu n’aies le temps de voir ce qu’il y a, un paquet de chips au poulet apparaît dans ses mains et elle le dévore goulûment. Tu cries. «Aaaah, les sangliers reviennent ! » Elle ne comprend pas et tu te jettes sur elle pour récupérer le paquet. «Ah bah non, c’est bon, ils ne voulaient que ça je crois. Ouf, on a encore eu de la chance ! » Tu lui offres un sourire charmeur et tu prends une bonne poignée de chips qui disparaissent bien vite. Qu’est-ce que tu aimes cette saveur-là, tu pourrais en manger sans fin. Puis, d’un air de preux chevalier, tu lui tends le paquet. «Servez-vous ma mie, avant que les sangliers ne dévorent tout le paquet, des affamés ceux-là, qui l’eut cru ? » C’est peut être l’une des premières fois que tu partages aussi gentiment sans que l’on te force. Une fois le paquet fini tu le poses par terre et tu reprends. «Il n’y a pas à dire, tu sais parler aux sangliers toi ! » Tu lui fais un petit clin d’œil, que vous êtes mignons. «Merci pour l’apéro et maintenant que le festin commence ! C’est quoi la suite ? » Tu es un incorrigible morfale qui n’est même pas capable de regarder par lui-même, tu as besoin d’une femme pour faire les taches les plus ingrates. Tu es mauvais. Tu rigoles en la regardant. «Non mais c’est un peu notre repas de noce, faut faire les choses bien. » Tu es fidèle à toi-même, toujours en train de rire avec elle, pour elle.

__________

 
+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.


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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Mar 2 Avr - 8:30


Tu seras,
mon futur a présent,
pour vivre en frères de sang
l'amour à tout les temps, tu seras, tu seras.

Tu vois qu’il est déçu et ça te brise le cœur. Ca te fait mal. Bon Dieu ce que ça peut te faire mal. Tu n’aimes pas le décevoir, d’ailleurs, tu n’arrives pas à te souvenir la dernière fois où ça s’est produit. Il détourne le regard, tu baisses les yeux, penaude. A cet instant précis, t’aimerais disparaître, pour tout effacer, pour ne pas qu’il découvre la supercherie, mais tu sais que c’est impossible et ça te désole. « Très bien . » Cette phrase a l’effet d’une bombe sur toi, t’aimerais le serrer dans tes bras, lui dire que non, qu’il n’y a que lui qui compte pour toi mais tu te convaincs que si tu fais ça, c’est lui avouer le mensonge, c’est perdre, c’est se montrer faible, ce que tu essaies de ne pas être. Il cherche. Il cherche ton regard mais tes perles d’azur sont perdues dans une contemplation sans importance, une observation minutieuse du sol qui grouille à vos pieds. Il sait sûrement, Il doit savoir, le remarquer, il va deviner que tu mens, t’en es sûre, ça ne peut pas se passer autrement.
Il fait la tête. Tu te dis qu’il est tellement mignon quand il fronce les sourcils et qu’il te regarde avec ses yeux vindicatifs. Il n’aime pas être le dindon de la farce, il n’aime pas que l’on se moque de lui. D’ailleurs, il n’a jamais aimé que l’on dise quoi que ce soit à son sujet, même les compliments, parfois, il a de la peine. Tu balances ta tête de gauche à droite pour montrer à quel point il peut être susceptible, que ça en devient parfois difficile de ne pas le frustrer. Tu souris cependant, comment pourrais-tu faire autrement ? Puis, sans que tu n’aies le temps de t’en rendre compte, il se prend au jeu, il pose une main sur ton ventre et te regarde d’un visage apaisé, d’un regard envieux, presque suppliant. « Oh par Merlin c’est vrai, je suis idiot de ne pas avoir remarqué avant ! Tu m’éblouis trop pas ta beauté pour que je vois les rondeurs de ton ventre, tu m’excuseras. » Tu ne t’offusques pas, ça te fait presque rire. Tu sais que si tu avais été n’importe laquelle des autres filles, tu aurais été outrée de ce manque de tact. Mais tu le connais, tu sais qu’il fait ça pour t’agacer, pour se venger et tu ne veux pas lui offrir ce plaisir. Tu n’es pas grosse et même très loin d’être enrobée et les éducateurs, au pensionnat te forçaient souvent la main pour te faire avaler quelque chose, t’étais trop maigre gamine, bien trop maigre. En vrai, t’es la pire des goinfres, mais tu n’y peux rien, ce n’est pas de ta faute si tu n’arrives pas à prendre un gramme sans le perdre quelques heures après dans une séance de sport. T’es comme ça, t’as le même métabolisme que les garçons, excepté leur prise de muscle qui supère la tienne, mais tu perds ton poids comme eux, en te dépensant. Tu places tes mains sur ton ventre, une sur la sienne, l’autre du côté opposé et tu lui répons taquine : « Tu excuseras mon obésité, faudrait peut-être que t’arrêtes de toujours me défier au bar. Un jour faudra bien que tu te fasses à l’idée que t’es faible par rapport à moi et que tu ne boiras jamais autant de bière que moi en 5 minutes. » Tu lui souris en lui faisant de grands yeux. Tu sais que c’est faux, qu’il te bat à pleine couture, mais tu veux répondre quelque chose qui lui rappelle ce que c’est vous deux, ce que c’est que vos bons moments.
« Donc tu ne me veux pas comme mari, mais comme père de tes enfants ? Quel honneur. » Tu bug un instant. En vérité, tu n’y as jamais vraiment réfléchi, mais comme père de tes enfants, ça semble finalement une bonne idée. Tu décides de continuer sur le ton de la rigolade pour ne pas montrer que ça te bouleverse : « Ouai, sois en flatté. »

« Je me demande comment vont tes chevilles ? Et je me demande surtout comment elles arrivent à te porter. » Tu lèves une de tes jambes en riant. Il sait que tu plaisantes, que tu n’es pas vraiment sûre de toi, pas comme lui à qui tout réussi, pas comme lui qui est tant sûr de lui. « Entre ton gros ventre et tes grosses chevilles, fait gaffe à ne pas devenir obèse. » Tu tires quand même un peu la moue, il insiste beaucoup sur ton poids à ton goût. Tu te regardes en relief et te demandes si tu as vraiment pris quelques kilos avant de soupirer en faisant un signe de la tête. Après tout, tu n’en as rien à foutre. Tu sais que tu n’as pas de problèmes de poids, que tu es totalement normal et que quand bien même tu n’as pas tous les atouts dont disposent d’autres jeunes de ton âge, toutes ces filles à fortes poitrines. Ces filles comme Ariel, par exemple, tu effaces son image de sa tête. Tu as toujours plutôt été filiforme, garçon manqué un peu sur les bords et tu n’as, en vérité, jamais vraiment vu l’utilité de faire ou de te comporter autrement. « Tu veux vraiment aborder le sujet ? » Tu marmonnes un peu dans ta barbe avant de détourner un peu ton regard vers l’horizon et de répondre d’une voix qui tremble, d’une voix peu assurée, d’un ton blessé dans son orgueil et dans tu ne sais vraiment quoi d’autre: « Non c’est bon, j’ai compris que t’étais amoureux, qu’elle est la plus belle et que tu ne peux plus te passer d’elle. Y’a vraiment quelque chose de plus que je devrais savoir ? Tu vas te marier ? Tu vas me demander d’être ton témoin ? Tu peux toujours courir, j’y mettrai même pas les pieds, à votre mariage. » T’es cruelle. Trop cruelle, mais tu t’en fous. C’est impossible, inconcevable. Le voir s’unir à quelqu’un d’autre que toi te dégoutes presque, c’est vous deux, ça l’a toujours été et il peut toujours rêver pour que tu acceptes d’être témoin d’une union qui risquerait de vous séparer, de vous pousser, vous deux, vers la sortie. « As-tu seulement fait l’effort de la connaître ? Elle est géniale Eden, je t’assure. Et puis si tu étais ma meilleure amie comme tu le prétends, tu devrais être heureuse pour moi. » T’es choquée, tu balbuties, les larmes se prennent entre tes prunelles et tu pries pour qu’il ne les voit pas. Tu pries pour qu’il ne remarque pas que ça te touche si profondément. Tu laisses passer d’un ton un peu morose, presque indifférent : « Tu te fous de ma gueule j’espère ? Heureuse pour toi, pour cette connerie de sentimentalisme, cette foutue histoire à l’eau de rose ? » Tu rigoles un peu, pas trop fort, pour ne pas le frustrer trop fort : « T’es vraiment bizarre ces temps, mais quoi qu’il en soit, faudra que tu t’y fasses et même si j’en suis désolé pour toi, Ariel et moi, ça le fera jamais. » T’es dure, à nouveau, presque trop, presque horrible et tu le sais et d’être si franche, si crue avec lui te brises le cœur mais tu veux qu’il comprenne l’ampleur de la situation, qu’il comprenne à quel point tu es blessée et à quel point tu te sens délaissée. Stop. Arrêt sur image. Retour en arrière. Quoi ? Il avait osé remettre en doute ton amitié. Tu déglutis difficilement en essuyant une larme de rage qui coule déjà le long de ta joue. Il se foutait de ta gueule. Ce n’était vraiment pas possible autrement. Il savait pourtant, il savait être le seul à compter à tes yeux, le seul à avoir toujours compté et il était prêt à mettre votre amitié en jeu pour une foutue amourette ? C’en était trop. Tu voulais t’enfuir. Ne plus jamais le revoir. Disparaître.

« Non, je voulais pas dire ça Eden. S’il te plait, ne m’en veux pas. Tu es ma meilleure amie, pour la vie, depuis le début. Et je veux pas qu’on se dise des conneries de ce genre-là. J’accepte d’être le père de tes enfants, d’être ton mari, de supporter ton mauvais caractère toute ta vie, j’accepte tout ce qu’il faut tant que tu ne me fais pas la tête. Je retire tout ce que j’ai dit. Hein, dis-moi oui, s’il te plait. » Tu laisses difficilement le bénéfice du doute, tu sais qu’il devient fou quand tu te mêles trop de sa vie, tu sais qu’il dit souvent des choses qu’il ne pense pas, mais cette phrase… elle restera pourtant encrée en toi à jamais. Tu essuies à nouveau une larme, discrètement et puis tu ajoutes d’une voix peu convaincue : « C’est pas une question de faire la tête, merde. T’es vraiment le pire des cons quand tu t’y mets. Tu voulais me blesser ? T’as réussi. » Mais tu veux aussi lui montrer que tu ne tires pas un trait sur votre soirée pour autant, que tu y tiens : « Si je suis de mauvaise compagnie ce soir, faudra pas te plaindre. » Voilà. C’était arrangé, du moins, en apparence. Du moins, pour le moment. « Eden Livia Walsh, acceptez-vous de me prendre pour époux pour le meilleur et pour le rire ? » Tu ris un peu à sa blague et tu rentres dans son jeu : « Oui, je le veux. », tu attrapes son visage entre tes deux mains, pose un pouce sur tes lèvres et le colle aux siennes. Seulement voilà, le pouce était un peu trop bas et vos lèvres se frôlent. Malaise. Vous vous éloignez hâtivement et regardez tous deux le sol, visiblement gênés. Il fait le premier pas alors que tu es encore déboussolée en te montrant ses chaussettes, en souvenir du passé, en souvenir du bon vieux temps. Vous pouffez. Ensemble.

«Je pensais que j’étais unique et que je méritais un traitement spécial, tant pis. » Tu l’as blessé. Encore une fois. Mais tu t’en fous, à charge de revanche. Il a fait bien pire en abordant le sujet Ariel avec tant de vigueur et de conviction. «C’est pas comme si je l’avis nourri non plus, donc ton traitement spécial, tu l’as visiblement. » Tu lui souris en espérant que ça passe, qu’il passera outre et qu’il rigolera à ton humour mal placé même si tu sais que ta remarque précédente va le travailler encore longtemps et, que de son côté, il ira mener sa petite enquête afin de découvrir avec qui tu passais ces moments privilégiées qu’en temps normal tu étais censée diviser avec lui. Lui et lui seul.
Vous riez ensemble à propos des sangliers, il donne le ton de la discussion à suivre : «Servez-vous ma mie, avant que les sangliers ne dévorent tout le paquet, des affamés ceux-là, qui l’eut cru ? » Tu arque un sourcil et lui lance un regard accusateur : « S’il y’avait eu deux paquets, je les aurais pris tous les deux. Je te connais trop bien, t’es qu’un morphal. Ce n’est pas pour rien qu’on est amis au final, on se ressemble sur ce sujet. » Tu marques une pause et en rappel à votre discussion précédente, tu ajoutes : « Vu que je suis teeeeeeeeeelleeeeeement grosse. » Tu ris. A nouveau. Il n’y a bien que lui pour te faire rire. «Merci pour l’apéro et maintenant que le festin commence ! C’est quoi la suite ? » Tu regardes le sac que tu as vidé précédemment, il est vraiment paresseux pour ne pas regarder ce qui gît à terre, mais tu t’en fou. Tu lui tends une barquette de charcuterie et tu prends du fromage pour toi. Il a toujours aimé la viande, un peu trop d’ailleurs et tu te dis qu’il ne t’en voudra pas pour ton choix de partage. «Non mais c’est un peu notre repas de noce, faut faire les choses bien. » Tu décides de plaisanter la dessus, toi aussi, et tu lui sautes dessus. Tu te retrouves couchée sur lui, lui au sol et d’une voix aguicheuse, tu l’invites : « Si c’est vraiment notre repas de noce, alors j’espère pour le bien- fondé de notre nuit, que tu es encore puceau. » Tu sais qu’il ne l’est plus, tu vois qu’il est mal à l’aise, alors, tu te relèves, t’assois en tailleur et lui tourne un peu le dos pour ne pas qu’il te vois rougir et d’une voix suppliante, tu l’implores presque : « Vas-y oublies cette scène, j’avais oublié que c’était toi. » T’essaies de te rattraper en faisant croire que t’es comme ça avec les autres mais tu sais que ça ne marchera pas, que jamais il ne tomberait dans le panneau. Tu te rends pas compte de ton erreur. Tu te rends pas compte de ta bêtise. Tant pis. Tu auras essayé.





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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Mer 3 Avr - 8:15


Tu ne souris plus, tu as eu peur pour de bon. Tu ne sais plus quoi penser, est-ce que tu as vraiment changé à force de passer du temps avec Ariel ? « Tu excuseras mon obésité, faudrait peut-être que t’arrêtes de toujours me défier au bar. Un jour faudra bien que tu te fasses à l’idée que t’es faible par rapport à moi et que tu ne boiras jamais autant de bière que moi en 5 minutes. » Tu retrouves ton sourire, elle a toujours eu les mots qu’il te fallait, elle sait toujours quoi te dire quand tu ne sais plus quoi faire. Elle est la femme de ta vie, pourquoi ne veux-tu pas le reconnaître ? Tu détournes le regard. « D’accord je ne te défierais plus. Sauf dimanche prochain. Et je te promets que si tu gagnes, j’arrête. » Il mentait, jamais il n’arrêterait, et encore moins de la défier. C’était tellement drôle de boire avec elle, toujours d’excellents moments et d’excellents souvenirs. Tu lui offres un visage d’ange, un air innocent, tout ce qu’il y a de plus banal, comme si tu n’étais pas pris en faute. Vous continuez encore plus loin sur le sujet et elle parle de père, d’enfant. Cela va trop loin, tu n’aimes pas. « Ouai, sois en flatté. » Le ton est ironique. Tu sens bien que ce ton n’est là que pour couper court à la conversation et inconsciemment tu préfères. Tu n’aimes pas réellement parler de tout cela, penser à l’avenir ce n’est pas pour toi. Tu fais une mini révérence de la tête pour lui montrer que tu es en effet très flatté.

Elle ne s’arrête plus, vous parlez de ventre rond et là vous continuez, le sujet dérive, tu sens la connerie. Tu as peur, tu n’aimes pas et tu ne ressens rien de bon. « Non c’est bon, j’ai compris que t’étais amoureux, qu’elle est la plus belle et que tu ne peux plus te passer d’elle. » Woh-ho-ho, temps mort, TEMPS MORT. Amoureux ? N’importe quoi. Tu aimes beaucoup Ariel, c’est ta copine depuis six mois mais amoureux, pas jusque-là. Tu tends la main devant toi comme pour t’éloigner de cette idée. Amoureux. Non mais n’importe quoi. Tu ricanes comme si c’était une arme. « Y’a vraiment quelque chose de plus que je devrais savoir ? Tu vas te marier ? Tu vas me demander d’être ton témoin ? Tu peux toujours courir, j’y mettrai même pas les pieds, à votre mariage. » Les paroles de ta meilleure amie sont atroce, horrible, si jamais tu avais songé à une seule seconde à te marier avec Ariel, cela t’aurait blessé au plus haut point. Seulement, la sensation que tu ressens tu ne comprends pas, pourquoi est-ce que ça te fait plus mal qu’elle parle de mariage et qu’elle te renie si tu finisses avec Ariel. Tu te braques, et tu réponds méchamment. Tu aimerais être doux et calme, mais tu n’y arrives pas. Alors tu réponds un peu trop séchement, plus que tu ne l’aurais voulu. Tu lui parles de ta copine. C’est con, mais tu ne sais pas quoi dire d’autre. Tu parles un peu fort mais tu fuis son regard, tu ne te sens pas capable de la regarder. « Tu te fous de ma gueule j’espère ? » Elle rigole, mais tu sens quelque chose dans son rire. Comme s’il était gêné, en réalité elle l’est, mais tu préfères faire comme si de rien n’était. Tu l’écoutes d’une oreille distraite. « T’es vraiment bizarre ces temps. » Tu accuses le coup, tu sais que c’est étrange, tu n’es plus comme tu as toujours été. D’habitude tu rigoles avec elle sans te prendre la tête. Pourquoi en être arrivé là ? Est-ce de la faute d’Ariel ? Sûrement, mais tu refuses de la lâcher, tu tiens à elle tu le sais. Et si le choix s’imposait ? Si tu devais dire oui à l’une et non à l’autre. Qui choisirais-tu ? Tu regardes le ciel et t’intéresse au vent sur les arbres. Lâche, lâche, lâche. « Ariel et moi, ça le fera jamais. » Bam, un nouveau coup dans les dents. Une nouvelle douleur, une nouvelle réalité. Tu devras faire un choix, tu le sais. Soudain tu la sens plus distante. Elle est toujours là, allongée contre toi, mais elle ne se laisse pas tomber sur toi de tout son poids. Comme si quelque chose la retenait. Tu essaies de penser à ce que tu aurais pu dire. Tu comprends que le meilleur moyen de ne pas passer pour un con fini est de t’excuser. Pour elle et votre amitié, tu te jetterais à plat ventre. Tu t’excuses, tu parles beaucoup, de vous, d’elle surtout. « T’es vraiment le pire des cons quand tu t’y mets. Tu voulais me blesser ? T’as réussi. » Si tu étais une fillette, tu te mettrais à pleurer. Seulement tu es un grand gaillard, tu es un homme, un vrai… alors tu détournes le regard. « Non, je ne voulais pas. » Tu hésites, vas-tu oser rejeter la faute sur elle ? « Tu prends tout pour toi aussi, je t’avais dit que je ne voulais pas en parler. » « Si je suis de mauvaise compagnie ce soir, faudra pas te plaindre. » Ok, c’est direct, elle réplique, elle sait toujours quoi dire. « Non, mais s’il te plait, tu ne peux pas m’en vouloir, je ne veux pas. Je ne pensais … presque … rien de ce que j’ai dit. »Tu lui offres un sourire, le mieux que tu puisses faire dans cette situation qui ne t’inspire absolument rien de bon. Où est-ce que cela va vous mener ? Tu n’en sais rien. Tu décides de prendre sur ton honneur masculin, tu ranges tes couilles pour l’instant et tu te mets inférieur à elle. C’est une blague, évidemment mais c’est aussi une occasion de te faire pardonner, alors tu la demandes en mariage. Et elle répond par l’affirmatif. Elle n’avait pas le choix de toute manière, elle était obligée. Tu souris niaisement : en te moquant exprès du romantisme exacerbé de certaines filles qui auraient pu être comblée au plus profond d’elles-mêmes d’une simple demande en mariage comme celle-ci. Ta meilleure amie colle son pouce sur tes lèvres puis elle dépose ses lèvres sur … le haut de tes lèvres. Elles ne font que se frôler, mais elle s’enfuit tout de suite. Evidemment tu fais comme elle, tu retournes la tête, mais dans ton cerveau tout ce bascule. Bien sûr que tu as déjà rêvé de ces lèvres, de faire plus que dormir côte à côte, tu es un homme après tout, mais tu la respectes beaucoup trop pour la blesser. Et ce frôlement ne t’as pas rassasié, au contraire il a éveillé quelque chose de nouveau en toi. Tu as envie de la prendre dans tes bras et de. Ariel. Tu baisses le regard. « Ne laisse pas traîner tes jolies lèvres n’importe où, quelqu’un pourrait te les voler et... » quel con. Tu l’enfonces en plus. Et tu continues à appuyer là où ça fait mal, mais bien sûr tu ne te rends compte de rien, trop occupé sur ta petite personne. Tu pensais détendre l’atmosphère, ça aurait pu marcher.

« ton traitement spécial, tu l’as visiblement. » Tu es à moitié convaincu mais tu t’en fous, tu as mérité cette vanne. Et toutes les allusions sur son potentiel être copain, qui, si tu es passé par-là, doit déjà être castré à l’heure qu’il est. Tu es pire qu’un père jaloux pour elle. Tu es un. Tu refuses de penser la suite et tu te concentres sur la bouffe. « t’es qu’un morphal. » Le pire est que tu ne peux même pas te défendre, tu viens d’y penser avec grande conviction. Bientôt tu seras mondialement connu comme morphal de première classe et … « Ce n’est pas pour rien qu’on est amis au final, on se ressemble sur ce sujet. » Ahah, bien sûr, vous allez devoir partager le titre. Tant que c’est avec elle, cela ne te dérange pas, elle le mérite bien autant que toi. Tu rigoles avec elle, ah que c’est bien d’être en sa présence ! « j’espère pour le bien- fondé de notre nuit, que tu es encore puceau. » Tu t’étouffes avec une chips qui se coince violemment dans ton œsophage. Tu essaies de la faire sortir discrètement mais elle a bien vu ton malaise. « Vas-y oublies cette scène, j’avais oublié que c’était toi. » La chips ressort instantanément, sans grâce aucune. « OK c’est dégueulasse ce que je viens de faire mais… » tu attrapes quelque chose qui ressemble à de l’eau et tu bois de grandes gorgées. Soudain ça te brûle l’intérieur de la gorge. « Sérieux du whisky ? » Tu écarquilles les yeux, ok tu connais ta Eden et elle est toujours prête à faire des conneries mais elle n’avait pas pensé te saoûler comme ça quand même. Tu hausses les épaules, tant pis, c’est bon alors. Tu rebois une gorgée et cette fois-ci tu fermes les yeux pour sentir l’alcool descendre le long de ton œsophage. « Bonne idée au final. » Elle a toujours eu une présence d’esprit incroyable. Tu essaies de te remémorer tes pensées et de trouver la raison qui fait que tu t’es sauvagement étouffé et … « Dis-moi, on oublie tout ce que tu veux si tu le veux, mais juste … tu te maries souvent ? Non parce que tu sais que je n’aime pas partager, surtout quand il s’agit de toi, alors si tu as décidé d’être polygame, préviens-moi ! » le ton est un peu amer, son ‘oublié que c’était toi’ te trotte en tête. Elle dit que tu es bizarre ces derniers temps mais toi, c’est pire, tu as l’impression de ne plus parfaitement la reconnaître. Tu sais qu’il y a anguille sous roche, que tu as forcément raté quelque chose quelque part, mais où ? « Et tu embrasses souvent les gens comme ça où tu rates que avec moi ? » C’était un jeu mais tu ne sais pas ce qu’il se passe. Tu as parlé sans réfléchir comme tout le monde. « Oublie, je me tais ça vaudra mieux. » Tu te retournes vers la forêt, plongeant ton regard dans les arbres. Tu vois le vent léger qui secoue les feuilles, tu sens une brise sur ton front. Tu soupires, tu ne sais plus quoi penser ni quoi faire. T’es un peu con en ce moment quand même…

__________

 
+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.


Dernière édition par Stefan K. Durden le Mer 3 Avr - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Mer 3 Avr - 9:51


Tu seras,
mon futur a présent,
pour vivre en frères de sang
l'amour à tout les temps, tu seras, tu seras.

Tu sais pas trop ce qui s’est passé, t’aurais envie de t’éclater le crâne contre le tronc de votre arbre, de remonter le tempe par tu ne sais quel moyen, d’effacer tout, tout ce que tu venais de faire. Quelle conne tu pouvais être, parfois. La pire des imbéciles. T’avais déjà fait ce stratagème, quand t’étais gosse, avec ta mère, sous l’eau, avec des copines et jamais, ô grand jamais, vos doigts n’avaient dérapés. Et voilà que tu foirais ton coup devant lui, avec lui. Tu sentais tes joues qui doucement s’empourpraient et tu n’aimais pas cette timidité qui s’installait à cette instant, ce malaise, ce silence. Silence qu’il brisa alors pour t’enfoncer encore plus loin dans ta connerie, pour bien te faire remarquer à quel point t’avais foiré : « Ne laisse pas traîner tes jolies lèvres n’importe où, quelqu’un pourrait te les voler et... » Quel con. Quelle conne. Vous faisiez la paire. Il ne te regarde plus non plus et tu serres les poings, tu te dis que t’as tout gâché, que t’as gâché la soirée et qu’il règnera dorénavant entre vous un désagréable sentiment. T’as envie de crier. T’as envie de pleurer. Envie de plein de chose. Envie de lui. Oui. Non. Jamais. Tu ne veux rien entendre, il n’est pas tien, il ne le sera jamais, vous n’êtes pas fait l’un pour l’autre, vous êtes amis, depuis toujours, pour toujours. Non. Ca ne te convient pas non plus et à cet instant, pour la première fois de ta vie, tu ne saurais dire ce que tu veux exactement. Tu ne comprends plus rien, n’es plus sûre de rien, tout ton monde s’écroule, tout est à l’instant remis en compte. Tu prends ton visage entre tes mains et te passe les mains dans les cheveux, elles y restent. T’aimerais savoir ce qu’il se passe vraiment dans ta tête, ce qu’il se passe dans la sienne, tout ce que pour l’instant, tu n’es pas apte à comprendre. Pourquoi refuses-tu à ce point de voir la vérité Eden ? Pourquoi trouves-tu toujours des réponses dérivées, des raisons bancales auxquelles tu donnes toute la valeur du monde. Tu clos la conversation comme tu peux, au mieux, parce-que de toute façon tu ne sais pas quoi répondre d’autre, que ça te fait trop bizarre : « Oh c’est bon, j’ai pas fait exprès. » Tu marques une pause, ne sait pas quoi ajouter, mais tu ne veux pas qu’il se vexe, tu veux briser la glace. Rire. Plaisanter. C’est ton seul échappatoire : « Et je ne pense pas que tu serais assez mesquin pour voler mes lèvres. » Tu souris un peu à contre cœur, t’essaies de calmer un peu ton cerveau qui mêle toutes tes pensées mais c’est dur. Tu y’arrives pas vraiment et tu espères qu’il n’en rajoutera pas, que cette « erreur de parcours » serait la dernière et qu’il ne t’en tiendrait pas rigueur. Tu l’espères. Il le faut.

Aujourd’hui, tu serais prête à te tirer une balle en pleine tempe. Tu les enchaînes, les conneries, Eden, tu ne t’arrêtes pas. T’es déchaînée. Tu ne sais pas pourquoi t’es prise de telles ardeurs, pourquoi tu te montres aussi tactile avec lui aujourd’hui. Il doit te prendre pour une folle. Au fond, tu t’expliques ton comportement comme légitime, tu te dis que t’as pas d’autres moyens que de t’offrir entièrement à lui si tu veux qu’il reste à toi, qu’il quitte toutes les autres avec qui il aime passer du temps, si tu veux rester la seule et l’unique à ses yeux. Souvent, tu te demandes ce que tu as de plus que les autres à lui apporter et ta réponse est terrifiante : RIEN. Tu n’as rien de plus. Tu es une jeune fille comme les autres, peut-être plus dérangée comme soutiendraient tes camarades. Parce que oui, dans le château, t’as pas forcément bonne réputation ; les gens te prennent pour une folle, une inconsciente, une gamine en recherche de sensations forte et au final, ils n’ont pas totalement tord. Mais ce n’est pas grave, il te comprend lui, il est comme toi. Du moins, tu le penses sincèrement.
Il s’étouffe presque. Tu as peut-être été un peu loin dans ta folie, cette fois. T’es con. Bon Dieu ce que t’es con. Oublies Kit, je t’en supplie, oublies ce que je viens de dire, ce que je viens de faire. Oublies tout ça. Tu aimerais faire l’autruche mais tu y’arrives pas, tu ne t’y résouds pas, tu n’aimes pas fuir. Maladroitement, tu sors ton paquet de cigarette de ta poche et manques de le faire voler 5 mètres derrière vous. Tu trembles presque, c’est désagréable. Tu en saisis une et l’allumes d’un coup de baguette, en tendant le paquet vers Stefan, lui offrant ainsi tout ton pardon, toute ton amitié : « irgiuerfkljhuip ? » Tes gloussements ne veulent strictement rien dire, la cigarette dans ta bouche t’empêche d’articuler. Il comprend quand même et en prend une, lui aussi. Un jour, vous serez tous les deux condamnés, condamnés à crever à l’agonie pour le trop plein de nicotine inhalé. Tant pis. Jeunes et cons, c’est votre mode de vie. «OK c’est dégueulasse ce que je viens de faire mais… » Ouai, c’était pas sexy, c’était pas attirant, c’était même plutôt moche, mais tu trouves ça presque mignon. La seule chose qui t’énerves un peu, peut-être, c’est qu’aujourd’hui, il a vraiment décidé de t’enfoncer, de relever la moindre de tes erreurs, la moindre de tes conneries. Tu fronces un peu les sourcils, tu fais mine de rien, tu feins que rien ne s’est jamais passé et tu attends la suite, qu’il t’engueule pour ton manque de pudeur, qu’il grogne, qu’il fasse quelque chose, merde.

Sa réaction t’amuses et t’éclates de rire quand tu le vois s’étouffer. Il est aussi gêné que toi et ça te soulages, tu trouves la situation PRESQUE naturelle et tu te dis que demain, vous en ririez, que demain, tout irait mieux, que tout serait oublié. « Sérieux du whisky ? » Tu calmes ton fou rire et hausse un peu les épaules en te justifiant, aussi bien que possible : « J’y peux rien, ça m’aide à dormir la nuit. D’ailleurs je suis sûre que je ferai ça avec mes gosses plus tard… Je mettrais un peu de whisky sur un torchon et j’utiliserai ça comme du chloroforme, ça les empêchera de brailler et ça me foutra la paix… un peu. » Tu rigoles en te rendant compte de l’atrocité de ce que tu viens de dire et comme un plaidoyer personnel, pour t’excuser toi-même, tu murmures presque : « C’est moche que je viens de dire… je pense que j’en serais pas capable. Non hein, j’en serais pas capable ? »Tu lèves un peu tes yeux vers lui, les plonges dans les siens et, intérieurement, tu pries pour qu’il approuves tes dires, qu’il te confirmes que tu n’es pas un monstre et que tu es bien trop gentille et réfléchie pour faire une chose pareille. Tu rêves Eden, tu rêves. Il est le seul à connaître toutes tes différentes facettes et, seul lui serait apte à dire où sont tes limites, car même toi tu ne saurais les placer si on te le demandait.
Il approuve ton initiative, du whisky, bonne idée. Si seulement il savait que tu trimballais cette bouteille dans ton sac tous les jours, pour la bonne occasion, pour « si jamais », il te prendrait pour une folle… si ce n’est pas déjà le cas.

« Dis-moi, on oublie tout ce que tu veux si tu le veux, mais juste … tu te maries souvent ? Non parce que tu sais que je n’aime pas partager, surtout quand il s’agit de toi, alors si tu as décidé d’être polygame, préviens-moi ! » Tu te figes, t’as l’impression que ton sang refuse de continuer son cycle, t’as froid, tout d’un coup. Il continue. Il aime bien te voir dans l’embarras, ça doit être ça, mais toi, tu ne trouves pas ça forcément amusant. Tu te sens mal, tu trouves tes réactions insensées et tu es incapable de les justifier. Pourquoi il insiste ? T’aimerais le faire taire mais tu sais qu’un jour ou l’autre, vous l’auriez tout de même eu cette conversation, qu’elle était inévitable et que tu ne pourrais pas y déroger. Tu essaies de jouer la carte de la plaisanterie : « Oui, je me marie souvent. Actuellement j’ai… » Tu fais mine de compter sur tes doigts : « Au moins 20 maris différent, même si t’es mon préféré. » A son regard sérieux, tu comprends que t’es coincée et que cette fois-ci, tu ne pourrais t’enfuir avec tes blagues et ton regard fuyant, que pour une fois de ta vie, tu te devrais d’être franche, d’être sincère, et ça te fait peur. Comment pourrais-tu lui expliquer des choses, des dires, des actes que même toi tu ne comprends pas ? Des pulsions qui te dépassent sans que tu aies réellement ton mot à dire ? « Et tu embrasses souvent les gens comme ça où tu rates que avec moi ? » Tu déglutis difficilement. Tu ne pourras pas t’enfuir, pas cette fois. Tu le regardes avec des yeux suppliants toute en tirant sur ta cigarette qui se consume doucement, au gré du vent, au gré du temps. « A vrai dire, si tu veux vraiment que je sois franche… » Tu observes son visage grave et recommences : « … oui, en regardant ton visage je pense bien que tu veux que je sois franche. Généralement je me rate pas parce que si je veux embrasser quelqu’un, je ne fais pas semblant, je le fais, point. Alors si tu veux savoir, non j’ai pas fait exprès de t’embrasser, c’était pas prémédité… » Tu bois une grande gorgée de whisky pour te donner du courage, tu ne sais pas vraiment quoi ajouter. Tu ne peux tout de même pas lui avouer que ce n’était pas désagréable et que tu as plutôt apprécié la sensation… Non. NON. HORS DE QUESTION. Tu ne peux pas. « Oublie, je me tais ça vaudra mieux. » Il te sauve et en même temps tu lui en veux un peu de ne pas expliciter le fond de sa pensée, parce que non, c’est clair, tu y’arriveras jamais toute seule, tu y’arriveras jamais tout court. Tu ne peux pas lui dire ce que toi-même tu ne te permets pas de comprendre. C’est impossible. Tu soupires, baisses les yeux, déçue, soulagée, tu ne sais pas trop : « Ouai, vaut mieux qu’on oublie, cette discussion veut rien dire, tu penses pas ? » MENTEUSE. Tu mens. Tu aimerais savoir pourquoi il t’interroge comme ça, pourquoi ça le travaille autant. Tu es curieuse et tu sens que ta curiosité ne sera pas rassasiée, du moins, pas ce soir.

Tu te sens coupable de l’avoir mené dans le panneau et tu vois qu’il regarde l’endroit d’un œil absent depuis que tu lui as dis être venue ici avec quelqu’un d’autre. Tu attrapes une pomme, et tu la lui balances, sur un ton presque anodin, une excuse un peu dissimulée : « Au fait, je rigolais… Je suis jamais venu avec personne ici, j’y viens juste quand j’ai besoin d’être seule. Je voulais juste voir ton regard, tu sais celui que tu fais quand tu te prends pour mon père… enfin… c’est ça hein, tu te prends pour mon père ? » Il attrape sa pomme et croque dedans satisfait, souriant, ton aveu semble l’avoir soulagé. Tu ne comprends pas sa jalousie et au final, tu hausses les épaules en attendant une réponse qui sûrement ne viendra jamais. Comment expliquer l’inexplicable ? Comment justifier l’injustifiable ? Vous êtes deux gros bêtas trop aveuglés par un monde qui n’est pas le votre, un monde qui vous empêche de voir ce qui se passe entre vous, ce qui est né il y’a de ça bien des années déjà, car oui, il est jaloux autant que tu l’es, vous n’êtes que les deux moitié d’un même tout, c’est ça l’essentiel, ouvrez les yeux. Allez, Eden, ouvres les yeux, fais un effort, ton aveuglement est trop important.



__________


I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Jeu 4 Avr - 5:04



« Oh c’est bon, j’ai pas fait exprès. » Elle a l’air un peu agacée alors que tu venais de faire une blague. Voilà, ta blague était nulle puisqu’elle ne l’a pas vraiment pris comme tel. Sauf qu’intérieurement tu souris, si le sujet est trop sensible pour être pris comme une blague c’est qu’elle et toi… Non. Tu n’as pas le droit de penser cela, ce n’est pas juste. oh et puis après tout, pourquoi pas ? Tu la regardes en essayant d’être impassible mais un léger sourire te trahi. Peut-être qu’elle le prendra pour un sourire moqueur et cela sera sûrement mieux. Il faudrait mieux éviter de refaire des conneries. « Et je ne pense pas que tu serais assez mesquin pour voler mes lèvres. » Oh toi tu en connais des gens assez mesquin. Déjà il y a toi, ensuite … non les autres on s’en fout et on les tue. Seul toi compte. Tu l’as décidé. Tu allais lui répondre mais les événements s’enchaînent. Après tout, tu avais peut être déjà fait assez de boulettes et il valait mieux ne pas continuer comme ça, ne pas l’enfoncer plus… Cela suffit amplement, tu as assez donné, évite de faire plus de conneries encore, ça vaudra mieux pour tout le monde.
Tu es allongé à même le sol, elle se met à fumer, tu tends la main au moment où elle marmonne des mots incompréhensibles : elle te propose une cigarette. Vous riez. Ça y est, tout est oublié, vous êtes passé à être chose, l’engueulade sur Ariel est finie, l’engueulade sur son ‘pseudo-baiser-qui-ne-suffit-pas’ est oublié… tout au presque. Vous parlez de whisky maintenant. C’est toujours comme ça avec vous. Des conneries qui s’enchaînent sans laisser le temps aux autres de se terminer entièrement. Comme si vous mélangiez tout et c’est ce qu’il vous plaît. Vous n’avez de compte à rendre à personne, vous vivez comme vous le souhaitez. Tant pis si certains trouvent ça déplacé, incorrect, immature. C’est vous et c’est tout. Elle parle encore, raconte des conneries, comme souvent. Le whisky fait-il effet sur elle alors qu’elle n’a pas pu ? Tu souris. Tu rigoles à ses idées folles… mais au fond de toi, tu approuves. Cela pourrait être de bonnes méthodes. « C’est moche que je viens de dire… je pense que j’en serais pas capable. Non hein, j’en serais pas capable ? » C’est un murmure gêné. Alors une fois de plus tu l’enfonces. « Franchement mon chou, c’est moche, mais je te promets que si je suis le père de tes enfants … j’approuverais. Non sérieux des gosses qui braillent, non merci. J’en vois déjà suffisamment à Poudlard. Et puis, ça leur apprendra la vie. Faut juste éviter qu’ils deviennent tout de suite accro mais… » Tu t’arrêtes de parler. « On est deux irresponsables mais au moins on est tous les deux… Il vaudrait mieux éviter qu’on ait des enfants tout de suite … enfin c’est juste une remarque, si t’en veux je suis prêt. » Putain t’as pas dit ça ? Tu lèves tes yeux interrogateurs vers la jeune fille, si, tu l’as dit. Quel demeuré. Quel con. Tu rigoles. Tu essaies de faire passer ça pour une connerie normale que tu aurais sortie sans gêne. Tu montres que tu n’es pas gêné, que ce n’était qu’une blague. Mais MINCE pourquoi tout te sort comme ça sans réfléchir en ce moment ? Comme si c’était simple. Tu lèves les yeux au ciel, stupéfait de ta propre connerie. « Oui, je me marie souvent. Actuellement j’ai au moins 20 maris différents. » A l’intérieur de toi, tu bouillonnes, pourquoi est-ce que cela te touche autant ? Elle compte même sur ses doigts comme pour enfoncer le couteau dans la plaie. Vous vous torturez tous les deux, si seulement vous en aviez conscience ! « Tu même si t’es mon préféré. » Tu fais semblant que cela ne te touche pas, que sa blague n’est pas drôle, que tu aimerais bien arrêter de tourner autour du pot comme vous le faites, seulement intérieurement qu’est-ce que tu es soulagé. C’est un faible compliment mais c’en est un et tu le prends avec joie. Tu relèves le regard vers elle et tu la fixes profondément. Tu essaies de ne pas te perdre dans ses beaux yeux, il ne le faut pas. Pourquoi c’est toujours à toi de faire cela ? C’est la fille normalement qui a ce comportement … mais avec Eden tout est toujours différent. Elle manque de confiance en elle, c’est tellement visible. « A vrai dire, si tu veux vraiment que je sois franche… » Elle te regard et elle comprend même si tu ne veux pas forcément il le faut. « Généralement je me rate pas parce que si je veux embrasser quelqu’un, je ne fais pas semblant, je le fais, point. » Donc elle n’avait pas envie de t’embrasser, prend toi ça dans la tronche Stefan. Souffre. Bon, ok, toi non plus tu n’avais pas forcément ultra envie mais maintenant c’est trop tard. Tu es rentré dans le cercle vicieux qui vous attendait. Toi le premier, comme souvent. Et après tu vas l’entraîner, comme toujours. Vous ne faites jamais rien sans l’autre. Vous êtes comme ça. « Ouais, vaut mieux qu’on oublie, cette discussion veut rien dire, tu ne penses pas ? » C’est toi qui lui a lancé une bouée de sauvetage, c’est toi qui lui a dit stoppe, c’est vrai. Seulement est-ce que cette discussion ne veut rien dire pour toi ? Non. Bien sûr qu’elle a un sens, et un vrai, mais tu es faible, jamais tu n’oseras l’admettre devant elle. Pourtant tu as besoin d’en parler autant qu’elle, mais comme toujours tu préfères qu’elle fasse le premier pas. Voilà pourquoi vous êtes comme deux cons alors que vous vous connaissez depuis sept longues années. Tu lèves les yeux au ciel, prêt à répondre, prêt à l’engueuler pour la bouger un peu, pour lui dire … quand tu te reçois une pomme sur la tête. « Maiseuh. » lâches-tu simplement, en faisant semblant de te masser la tête comme si tu avais très mal. « J’ai perdu au moins dix neurones là ! » grimaces-tu. Ok, elle ne te voit pas, mais tu auras tenté au moins de détourner le sujet. « Au fait, je rigolais… Je suis jamais venu avec personne ici, j’y viens juste quand j’ai besoin d’être seule. » Là tu es prêt à tout. Prêt à lui dire que tu as failli lui en vouloir à mort de te parler de ces copains. Prêt à être romantique. Prêt à. Ariel. Tu soupires. Non, tu ne pourras jamais rien dire à Eden, la discussion ferait mieux de s’arrêter là, pour tout le monde ça serait plus simple. Ariel et Eden comptent trop pour toi pour que tu leur fasses du mal à toutes les deux. « Je voulais juste voir ton regard, tu sais celui que tu fais quand tu te prends pour mon père… enfin… c’est ça hein, tu te prends pour mon père ? » Tu venais de croquer dans la pomme… Ok, tu vas arrêter de manger quand elle te parle sinon tu vas finir par t’étouffer et finir à l’infirmerie pour de bon. Tu essaies de repenser à ses paroles et tu te dis que si tu te prends pour son père tout sera plus simple. Voilà, elle vient de te donner l’excuse parfaite, de te donner l’échappatoire la plus réelle. Elle vient de t’expliquer ce que tu ne comprenais pas. Bon, un père n’embrasse pas sa fille ou alors c’est de l’inceste. Un père n’est pas le père des enfants de sa fille, ouais là c’est trop compliqué. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. « Ouais non, ton père … quand même… J’suis pas si vieux non ? » Ta plaisanterie est nulle à chier. Il faudrait qu’elle te le dise avant que tu continues dedans. Avant que tu ne partes encore plus loin, c’est pour ton bien Stefan. Tu te retournes pour la regarder et tu croques dans la pomme. Elle est juteuse et très bonne, voilà comme toujours elle a pris avec elle les meilleures choses qu’il fallait. Pourquoi fait-elle toujours tout parfaitement ? Tu lui dis, parce que tu sais qu’elle a besoin de l’entendre. « Tu veux pas arrêter d’être parfaite un peu ? Enfin sauf quand tu prends ton côté maléfique … quoique ça rend les choses plus intéressantes. Sérieusement les gens dans les histoires sont toujours ennuyeux à mourir. T’es pas d’accord ? Non sérieux t’es parfaite. Même quand tu boudes t’es adorable. Quand tu fais un choix c’est toujours le bon. Quand tu ris n’importe qui devrait être charmé. Quand tu danses tu es sublime. Quand tu… Attends, on ne parlait pas de ça à la base et … tu disais que je te regardais comme un père. » Tu t’arrêtes soudainement dans ton monologue. Pourquoi es-tu parti si loin ? Quand tu es avec elle tu ne réfléchis pas, tu laisses les mots couler de tes lèvres, tu ne te donnes pas un faux genre, tu es naturel. C’est rare que tu te laisses aller de la sorte mais c’est la seule qui te connaisse aussi bien. « Pourquoi un père ? On est dans le même cas et je sais que t’aime autant en parler que moi mais… nos pères on les connait plus vraiment. Je sais même pas ce qu’il faut faire pour être un bon père. Donc pour couper court à cette discussion trop bizarre, ouais je me prends pas pour ton père... mais pour ton grand-frère, ça je préfère. » magnifique, tu reportes le sujet sur un autre, comme si cela allait suffire, comme si le problème pouvait être réglé aussi facilement. En parlant de problème, un autre te vient en tête, vas-tu oser l’aborder ? Tu croques dans la pomme, te plonge dans ses splendides yeux, bois une nouvelle gorgée et lances d’un ton méprisant. « Oui, parce que comme tu n’avais pas l’intention de m’embrasser et que tu ne le souhaites pas, je ne vois pas où pourrait mener cette conversation. Et puis comme ni toi ni moi ne sommes intéressés, parlons d’autre chose. » connard, débile, idiot, sans cœur. « Enfin je suppose hein. » craches-tu d’un ton dédaigneux. Cette fois-ci tu ne la regardes plus directement. Ton regard porte juste au-dessus de son front. Tu veux la voir, sans pour autant assumer, tu aimerais que cela fasse quelque chose, qu’il y ait un effet quelqu’un, mais rien. T’es con Kit, qu’elle devrait te dire. « Mais sinon on peut parler de la crise des tissus à Cuba en 1986, apparemment ça intéresse beaucoup mon voisin de dortoir, je connais plein de détails. » C’est ça rattrape toi, essaie de faire les choses bien. Même si pas de doute, tu en es incapable.

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+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Ven 5 Avr - 7:55


Old friend, why are you so shy ?
It ain't like you to hold back or hide from the lie.
I hate to turn up out of the blue uninvited,
But I couldn't stay away, I couldn't fight it.

C’est fou ce que le temps peut passer vite quand vous êtes ensemble, il fuse. Il fuse à une allure que tu regrettes ne pas pouvoir figer, l’espace d’un instant, le néant autour vous deux en plein centre. Oui car vous êtes tout, tout l’un pour l’autre, tout pour ce qui vous reste d’espoir en l’avenir. Tu te demandes parfois si les fusées volent aussi vite que le temps qui passe, si en l’espace d’un instant, un moment magique peut prendre fin aussi bien que cet astre qui s’éteint, loin dans le ciel. T’en sais rien. T’aimerais juste sentir que ce moment a une importance, qu’il marquera le monde, qu’ensemble vous pouvez écrire une histoire, l ‘histoire de l’insouciance, à deux. Le temps, c’est comme le sable de l’océan, de l’immensité infinie, ce sable qui file, file entre tes doigts et que jamais tu ne peux serrer dans ta paume. Le temps c’est du vent. Le temps c’est de l’argent. Le temps c’est lui, le temps qui passe c’est toi et lui, 7 ans après. Un petit groupe d’oiseau passe au dessus de vos têtes, et la tête dans les nuages, tu les vois au loin, dans une course effrénée et tu te dis que tout serait tellement plus facile si vous pouviez vous envolez loin de ce monde qui ne vous appartiens pas, de ce monde qui n’est pas assez grand pour accueillir tout l’amour que vous éprouvez l’un pour l’autre. Parce que oui, bande d’idiots, vous vous aimez. Vous vous aimez d’un amour inconditionnel, d’un amour que l’on ne trouve que dans les livres, d’un amour pur et fébrile, mais d’un amour secret. Tu aimerais lui dire parfois, ta vision du futur telle que tu la vois, mais c’est trop dur… tu peux pas risquer de le perdre et…non. Pas toi. Tu ne peux pas être amoureuse, tu ne peux pas… Si. Non. Un point c’est tout.
Le soleil se couche, l’aube se fraie un chemin à travers les nuages et malgré toute la niaiserie de la scène, tu ne peux t’empêcher de te sentir tellement bien que ça t’en vole un soupir. Un soupir soulagé, un soupir entier, comblé. Et à ce moment là tu es ivre, ivre de ses paroles, ivre de lui, ivre de la vie. Tu te sens vivre, Eden et c’est bien la plus belle chose qui soit. Il est le seul à te faire te sentir vivante et en cet instant, tu oublies tous tes soucis, toutes tes idées noirs, tous tes sombres projets, c’est tellement plus simple quand on est deux. Le son de sa voix t’extirpes à tes rêveries, à ta contemplation d’un ciel bientôt sombre : « Franchement mon chou, c’est moche, mais je te promets que si je suis le père de tes enfants … j’approuverais. » Tu ouvres de grands yeux, as-tu bien compris ? Relance t’il le sujet sur le tapis ? Te parle t’il à nouveau d’enfants potentiels qu’ensemble vous auriez ? Tu n’es pas convaincue de saisir tout le poids de ces paroles et tu écoutes la suite d’un air perplexe, perturbé, mais ô combien satisfait : « Non sérieux des gosses qui braillent, non merci. J’en vois déjà suffisamment à Poudlard. Et puis, ça leur apprendra la vie. Faut juste éviter qu’ils deviennent tout de suite accro mais… On est deux irresponsables mais au moins on est tous les deux… Il vaudrait mieux éviter qu’on ait des enfants tout de suite … enfin c’est juste une remarque, si t’en veux je suis prêt. » Tu venais tout juste de prendre un berlingot de jus de pomme que tu buvais à la paille et… MALHEUR. Tu en craches tout le contenu sur l’herbe devant toi. Des gosses ? Toi ? Lui ? Maintenant ? Tu pouffes de rire. Savait-il seulement par quel impétueux moyen les enfants étaient conçus ? Tu sais pas comment réagir, le rire est ta meilleure solution, ta meilleure arme, tu n’es pas sûre de tout saisir dans l’intégralité, mais tu oses pas prendre ton courage à deux mains et tu essaies de t’enfuir, à nouveau : « Ca devient vraiment bizarre cette conversation… et je refuse d’être enceinte tout de suite, pas maintenant, ça va pas ? Déjà que tu me trouves grosse, tu veux quand même pas déjà condamner tout mon sex appeal ? Je suis trop jeune pour ça » Tu ris à nouveau, ne comprenant plus rien, ne voulant pas comprendre, ne cherchant pas à comprendre. Il rigole aussi. Ca te soulage presque qu’il le prenne aussi à la légère que toi… ou peut-être pas. Rappelles toi Eden, le jour où, tu t’étais promis de ne jamais plus t’interroger sur les garçons, où tu t’étais dit qu’ils étaient trop bizarre pour toi et que tu étais incapable de les cerner, et bah aujourd’hui, tu serais prête à offrir à ton ami, ton meilleur ami, la palme d’or de la bizarrerie mais surtout, la palme d’or de l’authenticité et de l’exceptionnalité.

Ta réponse ne lui plait pas, tu le vois à son regard. Il aurait très certainement voulu une vraie réponse, il aurait préféré la franchise complète, que tu lui dises que même si le baiser avait été volé, qu’il n’avait pas été commandé, qu’il t’a quand même plu et que c’était pas dégueulasse, pas désagréable pour un sou. BIM. Il se reçoit la pomme en pleine tête. T’aurais pas pu rêver mieux comme aléa du hasard pour te sortir de ce fichu pétrin dans lequel tu t’es fourrée. Comme quoi, parfois, les actes inconscients sont présents dans nos vies et peuvent nous sortir de mauvaises situations. Penses tu. Il rouspète en se massant le crâne et tu rigoles. Tu rigoles parce que ce n’était pas du tout voulu et que de toute façon t’es tellement imprécise quand tu vises que, même si tu l’avais profondément souhaité, tu aurais été incapable de faire rebondir le fruit sur le crâne de Stefan. C’est pour cette imprécision d’ailleurs que tu n’as jamais postulé pour le poste de poursuiveuse dans l’école de ta maison et que tu as préféré la place des brutes, celle des batteurs. Au final, tu t’y sens plutôt bien, dans ce poste, il te correspond parfaitement, à toi et à ton mauvais caractère, ton caractère de feu. « Maiseuh. J’ai perdu au moins dix neurones là ! » Tu souris encore en te reprenant doucement de ton rire précédent. Un sourire taquin, narquois, malicieux. Un sourire qui sent la vanne à 3 kilomètres, au moins et il va te tuer. Il va te tuer et tu le sais. Il va te sauter dessus, te faire des chatouilles jusqu’à ce que tu cries à l’aide, jusqu’à ce que tu en fasses dans ta petite culotte, jusqu’à ce que tu en pleures. Parce qu’il est orgueilleux Stefan, un peu imbu de sa personne parfois -mais tellement mignon- et qu’il ne supporte pas que l’on se moque de lui, que l’on se paie de sa tête : « De toute façon, c’est pas comme si tu en avais beaucoup. » Tu étouffes presque la fin de ta phrase tant tu appréhendes de la prononcer en entier. Soit il rit, soit il te saute dessus. C’est ça en gros, tu le sais et tu restes là, immobile. Tu attends.

« Ouais non, ton père … quand même… J’suis pas si vieux non ? » Tu déglutis un peu et tu l’imagines plus vieux, avec des rides. Tu l’observes et tu hoches la tête en guise de seule réponse. Non il n’était pas si vieux, non il n’était pas ton père. D’ailleurs en plus, un père, tu ne sais même as vraiment ce que c’est, tu n’en as jamais eu et il le sait. Ce salop. Il a préféré vous abandonner quand il a su que ta mère était enceinte, elle n’était pas assez bien pour lui, elle n’avait pas le sang assez pur. Tu ne portes même pas son nom pour l’anecdote, tu en aurais eu honte et tu arbore au contraire fièrement celui de ta mère que tu as aimé de tout ton être, elle qui a toujours su être si forte, du moins, du haut de tes 7 ans, c’est ce que tu avais toujours cru. Peu importe les litres, peut importe les bouteilles vides sur la table du salon, peu importe les cendriers remplis, elle avait été la pour toi, à chaque fois que tu en avais eu besoin et tu n’avais retrouvé cette sensibilité et tout cet attachement que le jour où, par pitié certainement, le Serpentard avait décidé de te tendre sa main, de prendre la tienne et de ne plus jamais la lâcher. Tes yeux brillent d’y penser et il le voit sûrement, mais ne sait pas vraiment quoi faire. Il hésite à aborder le sujet car il sait que la simple énonciation de ton géniteur suffit à te rendre de mauvaise humeur, à faire naître en toi une fureur inconvenable, destructrice, parce que oui, tu lui en voulais. Tu lui en voulais pour tout ce mal qu’indirectement il t’avait fait en détruisant ta mère, tu lui en voulais d’avoir pris la poudre d’escampette et de très certainement se faire dorer aujourd’hui la rondelle aux caraïbes. Tu lui en voulais. C’est tout. « Tu veux pas arrêter d’être parfaite un peu ? Enfin sauf quand tu prends ton côté maléfique … quoique ça rend les choses plus intéressantes. Sérieusement les gens dans les histoires sont toujours ennuyeux à mourir. T’es pas d’accord ? Non sérieux t’es parfaite. Même quand tu boudes t’es adorable. Quand tu fais un choix c’est toujours le bon. Quand tu ris n’importe qui devrait être charmé. Quand tu danses tu es sublime. Quand tu… Attends, on ne parlait pas de ça à la base et … tu disais que je te regardais comme un père. » Tu as les yeux emplis de larmes de rage et lui tout ce qu’il trouve à redire c’est que tu es parfaite. Tu baisses un peu la tête et souris, en coin, discrètement, timidement. Il te trouve parfaite. Il te trouve parfaite. Ariel au coin, c’est toi qui es parfaite. Tu aimerais sourire en long et en large, de toutes tes dents, mais ce serait trop ridicule, trop visible, il s’en rendrait compte et ça, tu n’y tiens pas. Tu as du mal à saisir ses paroles et tu ne comprends pas trop… certes, des compliments, il t’en a déjà fait. Des milliers même. Mais ceux ci semblent porter un tout autre sens, semblent avoir une toute autre saveur. Généralement, il te complimente pour équilibrer la balance car le poids de ton manque de confiance en toi te tire vers le bas et qu’il ne veut accepter de te voir toujours si peu confiante en ta personne, en tes choix. Il fait ça pour te remonter le moral, quand ça ne va pas, pour te faire sourire, quand tu boudes, pour se foutre de toi aussi, parfois, pour la niaiserie de la chose. Mais aujourd’hui, tu ne retrouves aucune de ces raisons et ça te perturbe, ça te perturbe tellement que tu ne sais plus quoi penser, comment interpréter la scène étrange qui se déroule devant toi. Tu détournes un peu le regard, tu ne sais quoi faire, quoi dire : « Arrêtes tes conneries Kit, je suis pas parfaite. » Tu marques un temps d’hésitation et tu continues, tant pis s’il t’engueule pour te rabaisser, tant pis, tu ne peux le laisser dire de pareilles âneries : « J’ai le deuxième doigt de pied plus grand que le premier, je fais de l’exéma en hiver, mes cheveux ressemblent à des spaghettis, j’ai pas des formes très féminines et puis je rote toujours à table et je te parle même pas de mes notes scolaires là … » Tu t’arrêtes là, il veut te faire taire, tu le sais, tu le sens… T’aimerais lui énumérer tout le reste, tout ce que tu n’aimes pas chez toi mais quoi que tu puisses dire, quoi que tu puisses trouver, il aura une réponse à tout. Il te dira de la fermer, que tes défauts sont mignons et que c’est ce qui fait ton charme, que t’es exceptionnelle et pleins d’autres conneries du genre. BALIVERNES. Il te coupe presque la parole, peu enclin à t’écouter te rabaisser une nouvelle fois : « Pourquoi un père ? On est dans le même cas et je sais que t’aime autant en parler que moi mais… nos pères on les connait plus vraiment. Je sais même pas ce qu’il faut faire pour être un bon père. Donc pour couper court à cette discussion trop bizarre, ouais je me prends pas pour ton père... mais pour ton grand-frère, ça je préfère. » C’est vrai. Il te comprenait, en partie. Il n’avait plus de père, lui non plus, sauf que toi tu en avais un, perdu quelque part dans la nature, ce père que tu hais du plus profond de ton âme, celui que tu n’as jamais connu. Vous n’avez plus de mère non plus et tu te souviens aussi que ce jour où il t’avait raconté son histoire, sous l’empreinte de la confidence il t’avait également parlé d’un frère qu’il avait perdu, dans ce terrible incendie, cette nuit. Et toi t’avais pleuré. T’avais verser un torrent de larmes quand il t’avais raconté tout ça parce-que tu trouvais son histoire horrible, bien plus que la tienne, bien plus que ce putain d’accident de voiture qui avait ôté la vie à ta mère. Il avait souffert, plus que toi, autant que toi et c’est pour ça que la vie est tellement plus facile aujourd’hui, que vous la prenez avec tellement plus de recul, que plus rien ne compte vraiment. Plus rien sauf vous.

« Oui, parce que comme tu n’avais pas l’intention de m’embrasser et que tu ne le souhaites pas, je ne vois pas où pourrait mener cette conversation. Et puis comme ni toi ni moi ne sommes intéressés, parlons d’autre chose. » Tu sais pas pourquoi mais ses mots te font mal. Quelque chose se brise. T’aurais envie de lui crier que même si t’en avais pas l’intention, tu recommencerais s’il le fallait, là, maintenant, tout de suite. Mais ce serait en vain. Il l’avait dit mot pour mot. Tu lui prends la bouteille des mains et tu en siffles le quart d’un coup, one shot, sans réfléchir. Tu as besoin de combler un vide, de reconstruire quelque chose qu’avec cette simple phrase il avait brisé. Quel con. Quel terrible bourreau. T’aimerais l’engueuler aussi, lui crier des atrocités comme de lui dire à quel point il est un idiot sans cœur et à quel point il te blesse en cet instant éphémère. Car oui, dans quelques jours, la douleur sera oubliée, elle disparaîtra avec le temps, elle disparaîtra avec l’instant, mais les souvenirs jamais, les souvenirs de ces quelques mots qui tombent comme une ancre au plus profond de la mer, ces mots qui pèsent et qui font mal. « Enfin je suppose hein. » Non Kit. Tu te trompes. Tu supposes mal. Encore une fois. Tu n’es pas doué pour lire dans les pensées des femmes décidément, ni pour comprendre et analyser correctement leurs gestes, saisir leurs signes. Et toi Eden, t’es là, bouche bée, à moitié entrouverte tel un poisson hors de l’eau à chercher les mots, un semblant de discours, quelque chose à répondre sans te ridiculiser. Tu te crispes, l’alcool te brule l’œsophage mais tu en bois encore une gorgée. Comme un homme. Tu te décides quand même à répondre, à prendre ton courage à deux mains et lui prouver que t’es pas une poule mouillée et que tu fais jamais rien au hasard : « J’ai jamais dit que j’étais pas intéressée. » IMBECILE. Trop tard. C’était dit. Quelle connerie. Quelle magnifique connerie. Tu viens presque de lui avouer que tu l’aimes sans t’en rendre compte. Ta réponse te semble banale, conquérante un peu, orgueilleuse aussi, égoïste aussi de le mettre dans cette situation difficile. Il l’aura cherché. Il l’aura voulu, il n’avait qu’à pas narguer les événements ainsi, qu’à pas te mettre au défi de te justifier. Une phrase. Il suffit d’une phrase pour qu’il se pose des questions et tu viens de la dire. Tu viens très certainement de détruire tout son monde, de tout briser, de le foutre dans un conflit moral sans solution et tu en es fière. Bizarrement, tu en es fière. Tu en es fière parce que ça te soulage un peu quelque part, même si tu sais que tu le regretteras demain. L’alcool commence à monter à ton cerveau. Tu es pompette. Tu ne l’aurais pas dit sinon, demain sera le temps des regrets, aujourd’hui peut-être la fin de tout, la fin de votre amitié, de vous. Peut-être ne voudra t’il plus jamais te voir, plus jamais entendre le moindre son sortir de ta fine bouche, plus rien. Le vide total. C’est à cet instant que tu regrettes presque, que le sol se dérobe presque sur tes pieds. Ta tête tourne. Tu n’aurais pas du boire si vite, tu le savais. Il allait partir, il allait te laisser, là, toute seule avec ta bouteille de whisky et un festin volé, toute seule avec tes regrets, toute seule avec ta victoire.

« Mais sinon on peut parler de la crise des tissus à Cuba en 1986, apparemment ça intéresse beaucoup mon voisin de dortoir, je connais plein de détails. » Tu n’y connais rien. Absolument rien, mais tu te dis que peut-être, si tu dis quelque chose, si tu fais semblant de t’y intéresser ne serait-ce qu’un peu, ce sera une excellente raison pour lui de rester, de t’expliquer ce que cette crise a représenté pour le monde, ce qu’elle représente encore actuellement. Pour dire vrai, tu t’en fous au fond, mais tu t’accroches à ce maigre fil, ce frêle moyen de le garder encore un peu en ta compagnie. « Parles en moi, à part ce que nos imbéciles de mangemorts de profs nous racontent sur l’histoire, je suis pas calée, je sais pas grand chose. » Fichu alcool. Tu regrettes tes mots, tu aurais envie de bouffer de la terre pour avoir été aussi conne. Tu te revoyais dire cette phrase crétine et tu te maudissais d’avoir laisser tes lèvres s’entrouvrir. Mais quelle conne. Tout avait toujours été si simple et toi, pompette, t’arrives, comme une fleur et tu gâches tout. T’es con Eden. T’es con.




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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Ven 5 Avr - 15:06



Tu as dit une connerie, comme toujours. Et bizarrement au lieu de faire comme si de rien n’était, tu espères qu’elle va répondre. Bien sûr tu rigoles, un peu nerveusement pour montrer que c’était une blague, mais au fond de toi… « Ca devient vraiment bizarre cette conversation…» Tu détournes le regard. Ok ouais elle pas tort. Cette discussion est bizarre et tu ne l’as pas avec beaucoup de monde normalement. Parce qu’une personne normalement constituée ne parle pas d’avoir des enfants lorsqu’on a seize ans. Tu ne sais pas ce qu’il faut en penser, évidemment tu disais cela en rigolant, mais si tu te posais la question pour de bon, est-ce que tu en voudrais tout de suite ? et mieux, en voudrais-tu d’elle tout de suite ? Non, des enfants tu n’en veux pas, mais avec elle, les mots changent de saveur. « Déjà que tu me trouves grosse, tu veux quand même pas déjà condamner tout mon sex appeal ? » Tu rigoles doucement, pour ne pas la vexer. Bien sûr qu’elle n’est pas grosse, comment une fille comme Eden pourrait se trouver grosse ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Elle, elle belle comme tout. Et elle le sait, bien évidemment, ou alors elle se moque du monde. « Arrête ok ? T’es pas drôle enfin si c’était une blague parce que tu n’es pas grosse. Si je me suis permis de te faire une remarque c’est justement parce que tu es bien loin de l’être, arrête. » Tu l’engueules en faisant attention à bien détacher tous les mots pour donner de l’importance à tes dires. Tu l’engueules parce que tu as toujours été là pour faire ça, c’est ton rôle. Certains avancent avec une carotte, d’autre quand on les complimente, d’autre encore avancent toutes seules. Seulement elle c’est encore différent, elle est tellement unique qu’elle a besoin de toi. Tu es là pour la remettre sur le droit chemin, pour lui montrer qu’elle est géniale et qu’elle vaut bien plus qu’elle ne le croit. Pourquoi diable a-t-elle si peu confiance en elle ? Après tout, cela ne te dérange pas tant que ça, puisque ça te permet de passer plus de temps avec elle, de te concentrer sur sa petite personne uniquement. « De toute façon, c’est pas comme si tu en avais beaucoup. » Elle parle de tes neurones et toi tu croques dans ta pomme juteuse. Tu te retournes vers elle et d’un air très mature, tu lui tires la langue. Elle ne mérite pas mieux, même s’il faut avouer que tu l’avais cherché cette vanne. « De quoi meurent les neurones d’une blonde ? » lances-tu comme ça d’un coup, pour te moquer. Elle doit la connaître mais tant pis, tu ne te retiens plus. « De solitude. » finis-tu par répondre lentement. C’est à son tour de te tirer la langue et toi de rigoler encore plus fort. Voilà vous êtes comme ça, à dire des conneries sans raison, ce n’est pas de la méchanceté mais juste le revers de la médaille. Elle s’attaque à tes neurones, tu rebondis sur les siens, voilà tout. « J’ai le deuxième doigt de pied plus grand que le premier. » Heureusement que tu ne mangeais ni ne buvais rien cette fois-ci parce que tu aurais craché encore. C’est tellement absurde ce qu’elle te dit. Tellement adorable, tellement mignon. Tu la regardes continuer sa liste de conneries et tu ne dis rien, tu attends patiemment. « C’est bon tu as fini la foire au horreurs ? Non parce que c’est très grave tout ça… MAIS AVANT TOUT … montre-moi tes orteils, j’adore. » Devant son regard tu devrais céder et la laisser tranquille mais tu ne peux pas. « C’est vrai que j’ai de magnifiques pieds égyptiens, tu veux voir et pleurer devant leur beauté ? » tu enlèves ta chaussures et lui montre ton pied droit. T’es vraiment con quand tu t’y mets, mais ça risque de détendre l’atmosphère et c’est tout ce qui compte. « Bon sinon, l’exéma c’est pas un défaut c’est juste ultra chiant. Tes cheveux sont magnifiques, sérieux, l’autre jour j’ai entendu deux débiles, attends je ne me souviens plus de leurs noms … des poufsouffles là… ah si ! Bunrow et Mandleton, elles disaient qu’elles rêveraient d’avoir tes cheveux, enfin je crois que c’était ça qu’elle disait mais je ne suis pas tout à fait sûr. » Tu hésites à passer ses formes sous silence, comment dire que non, ses formes sont belles et que tu les as déjà regardé avec un soupçon de perversité… Tu la regardes dans les yeux. « Tu es attirante ok ? Si tu ne fais pas du G, tu as beaucoup plus de charmes que bien d’autres filles. » Tu es content de toi, tu as réussis à lui dire sans pour autant être trop cru, enfin ça passe quoi. « Et roter, ok c’est pas féminin et alors ? Avec qui je ferais mes concours de rots si t’étais pas là ? D’ailleurs tu en connais des bons gryffondors ? J’ai besoin de me faire défier là… » Tu soupires, pour changer, elle ne te dit que des conneries. « Les notes… que ceux qui s’en foutent lèvent la main. » Tu la tends bien haut vers le ciel. « Ok à quoi ça va te servir les notes ? Avant il fallait être le meilleur pour épouser des carrières prestgieuses, mais aujourd’hui les mangemorts ont juste besoin d’être cruel. Alors les notes ce sont pour les parents … et on va éviter d’en reparler, ça te va ? » C’est une question de rhétorique, évidemment. Tu aimes autant qu’elle aborder ce sujet alors tu vas éviter d’en reparler. Bien vite tu changes de sujet. « Bref, je viens de gagner je crois. Tu as d’autres ridicules défauts ou j’ai le droit de dire que tu es parfaite ? » Tu arbore un sourire victorieux. Tu es plutôt fier de ton coup. D’ailleurs tu continues, cette fois-ci tu pars trop loin et tes propres paroles te blessent. Tu te sens con, et c’est ce qu’elle doit te dire en rigolant. Avec son rire léger qui t’emporte loin dans les airs. Elle va te le dire, vous en rirez et tout sera oublié. Pourquoi est-ce qu’elle ne te le dit pas ? Pourquoi est-ce qu’elle attend ? Tu ne comprends ce soudain silence, ce brusque arrêt de paroles. Tu croques dans ta pomme et le bruit qui en ressort est trop déplacé, comme si quelque chose n’était pas à sa place. Tu sens quelque chose de bizarre dans cette clairière, sans que tu ne comprennes quoi. Peut être te remets-tu en question pour la première fois, tu regardes la jeune fille. « J’ai jamais dit que j’étais pas intéressée. » Une bombe, elle vient de lâcher une bombe et tu es sous le choc. Ebahi, étonné, perturbé. Tu ne comprends pas. Vous auriez été dans un film moldu et les spectateurs auraient fait pause, ç’aurait été pareil. Votre visage même est stoppé, vos gestes étaient calculés avec précision. Ton regard est perdu dans le vide. Dans tes yeux se reflètent le mouvement lent des feuilles balayées par le vent. Seulement dans ton cerveau ce n’est pas le même scénario. Une tornade balaye tout, plus rien ne reste. Tu ne comprends plus rien à rien. Qu’est-ce que sa phrase veut dire ? Tu attrapes la bouteille de ses mains pour boire. Seulement tu vises mal et un contact se fait. Durant quelques millièmes de secondes vos deux mains se touchent, c’est inconfortable et étrangement plaisant. Elle réagit avant toi et te laisse la bouteille. Tu bois avec avidité. Tu as besoin de comprendre. Tu rigoles. Tu es con. Immature. Débile. Inconscient. Et tu rigoles. Comment oses-tu. Tu as envie de lui dire ‘c’est une blague là, tu me fais marcher’ mais tu ne veux pas, tu ne peux pas. Quelque chose t’en empêches. Tu ne sais pas quoi. Tu ne comprends rien. Ton cœur te dit de te lever et de courir vers elle. Ton cerveau te dit de rester là. Ton cœur pense à Ariel. Ton cœur pense à Eden. Ton cerveau ne pense plus du tout. Tu te lèves maladroitement. Te voilà debout, l’air idiot. Tu murmures une connerie à propos de la crise des tissus à Cuba. C’est ridicule, c’est la seule chose qui te vient en tête. « Parles en moi, à part ce que nos imbéciles de mangemorts de profs nous racontent sur l’histoire, je suis pas calée, je sais pas grand-chose. » Elle te sauve la vie, elle répond. Et toi tu ne dis rien. Toujours rien. Tu es faible, lâche. Tu es nul. Tu soupires. Tu fermes les yeux. Tu avances de trois pas, tu repars dans l’autre sens. « Putain Eden. » tu finis par lâcher, dans ta bouche ça sonne comme une remontrance, alors qu’en réalité c’est juste pour te décharger, pour rejeter la faute sur elle. C’est si facile de faire cela. Si facile d’accuser les autres. De ne plus penser qu’à toi, et à ta parfaite petite vie de saint. Enfin selon ta définition. Tu fermes les yeux, inspires profondément, bois une nouvelle fois. « Quoique je fasse, tu me garderas comme meilleur ami, tu me promets ? » Tu n’attends pas sa réponse et tu tournes les talons. Tu fuis cet endroit, la seule chose qui t’accompagne c’est ta baguette, ta fidèle amie. Tu cours. Loin. Loin d’elle, de ta meilleure amie qui. Non, tu ne dois pas y penser, la seule personne qui. C’est Ariel. Tu vas courir et la retrouver, oui, c’est mieux comme ça. Lâche, lâche, lâche. Tu cours encore plus vite, aussi vite que tes jambes te le permettent. Tu passes devant l’arbre et tu as un serrement au cœur. Ta Eden. NON. Tu ne peux pas balayer vos sept ans d’amitié sincère et penser à elle autrement. Tu es plein de rage. Plein d’énervement. Plein d’amo. PUTAIN NON. Tu cours encore. Tu arrives au niveau de la porte, il fait nuit noire et la porte est fermée. Le couvre-feu, c’est vrai. Tant pis, tu iras dormir sur le terrain de quidditch, ça vaut mieux, pour vous deux. Vous reparlez de cela plus tard. Jamais. Oui, c’est une bien meilleure idée. Toujours en courant tu te diriges vers le terrain, tu buttes sur une racine que tu n’avais pas vue et tu tombes au sol. Le sol est plein de graviers et tu te mords la langue en tombant. Un goût de sang se déverse dans ta bouche. Alors pour la première fois depuis bien longtemps tu te laisses aller. D’abord de douleur et de rage, puis d’une blessure plus profonde, tes larmes coulent. Pas de quoi alimenter un fleuve, mais elles sont réelles. Toi, un homme, tu pleures comme une fillette. Tu as honte. Alors tu te laisses aller. Tu penses à Ariel, tu penses à Eden, à tout ce que vous avez vécu. A tout ce que vous auriez pu faire ensemble. Tu relèves la tête. Tu te mords la lèvre. Putain qu’est-ce que tu es con. Tu le savais en plus, depuis le début, tu l’avais toujours su et tu avais refusé, refusé d’y croire, refusé de l’admettre. Tu te mets debout. Pour la première fois de ta vie tu ne penses pas à ton apparence. Il y a quelque chose de plus urgent. Tu pries pour qu’il ne soit pas trop tard. Tu cours encore une fois. Bien vite tu atteints la clairière. Tu n’as pas une seconde d’hésitation. Tu fonces vers elle. Te voilà debout comme un débile planté devant elle. Vous vous regardez tous les deux. Elle doit voir ton visage, tes yeux, la boue que tu as sur tes vêtements, les traces de graviers collés à ta peau. Elle voit tout cela, elle ne comprend pas. Elle pourrait te gifler alors tu prends ses mains dans les tiennes. Elle devrait se débattre alors tu te penches vers elle et … avec toute la douceur dont tu es capable, tu voles ses lèvres. C’est votre premier vrai baiser échangé. Elle va te frapper, t’engueuler, ne pas comprendre, alors tu t’excuses et tu lui dis juste une phrase. « Je n’avais pas … enfin si. Enfin non. Besoin de réfléchir. Voilà. Putain, le con. » Tu fermes les yeux, tu es prêt à tout.

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+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Lun 8 Avr - 11:35


Old friend, why are you so shy ?
It ain't like you to hold back or hide from the lie.
I hate to turn up out of the blue uninvited,
But I couldn't stay away, I couldn't fight it.

« Arrête ok ? T’es pas drôle enfin si c’était une blague parce que tu n’es pas grosse. Si je me suis permis de te faire une remarque c’est justement parce que tu es bien loin de l’être, arrête. » Il t’engueule, il te reprend comme à chaque fois que tu te dénigres, comme à chaque fois que tu te trouves tous les défauts du monde, comme à chaque fois que tu te regarder le soir devant le miroir en te fixant sur tes défauts, tes complexes plutôt que sur tes qualités. Vous avez toujours eu cette différence de confiance en vous, il en avait pour deux, tu n’en avais pour personne. T’était une gamine apeurée, seule face à la vie et il est arrivé, il t’a sorti de cette spirale et c’est pour ça qu’aujourd’hui tu ne jures que par lui, que tu ne te bats souvent qu’avec lui, te sentant trop faible pour te battre seule. Parce que oui Eden, t’as tout perdu quand t’as perdu ta mère, une partie de toi, une grande partie de tout ce en quoi tu croyais pouvoir croire, tous tes rêves, tes espoirs, tes projets, tout c’était envolé comme une fumée un peu trop noire lors d’un brasier. Il avait été l’étincelle, l’étincelle de ton âme, l’étincelle de ta vie et c’est dans ses yeux que tu avais appris à retrouver un sens à toute chose. Le monde à deux, envers et contre tous. Il t’engueule et tu souris. Tu souris parce que c’est tellement adorable, c’est tellement affectueux ce qu’il essaie de faire avec toi, qu’il essaie de te faire prendre un peu confiance en toi, de récupérer toute cette confiance qu’aujourd’hui tu as perdu. C’est tellement difficile de reconstruire ce qui a été brisé mais peu à peu, tu commences à te voir avec ses yeux à lui, tu commences à te dire que si lui peut t’aimer si fort, c’est bien pour une raison et même si pou l’instant cette raison est trop abstraite, trop floue pour que tu la saisisse vraiment, tu sais qu’un jour tu y arriveras, tu sais qu’un jour tu gagneras confiance, une confiance aveugle en toi, comme celle que tu as en lui. Parce que lui c’est toi. Ton masculin du féminin. Ton noir du blanc. Tu es lui, toute à lui.
Tu te sens légère et tu laisses le vent flotter dans tes cheveux dégageant une douce tentation embrumée de parfum. Tout est tellement différent, tellement harmonieux ici, dans cette clairière, tout a tellement moins d’importance, les problèmes, les heures de colles, les engueulades. Tout ce qui compte à ce moment précis, c’est l’instant présent, ce bout d’infini qu’égoïstement vous volez au monde, cet éphémère plénitude de légèreté. Tu te rapproches un peu de lui jusqu’à ce que vos flancs soient en contact, tu le cherches, tu veux le sentir, là, tout prêt de toi. En vrai, t’es comme une gamine qui crierait pour sa mère en pleine nuit, sa présence te rassure et rien que pour cela tu ne peux t’empêcher de rechercher le contact physique. Tu te souviens que parfois, la nuit, quand vous étiez mômes et que vous dormiez dans le même lit, il ne te supportait plus. Il te repoussait toi et ta fichue manie de toujours vouloir être collée à lui, toi qui lui faisait office de bouillote lui qui déjà crevait de chaud la nuit. Il prenait son coussin et décidai, rarement mais il le faisait, d’aller dormir sur le canapé du salon juste parce qu’il était au bord des bouffées de chaleur et qu’il ne pouvait tenir plus longtemps. Mais ça au fond, tu l’as jamais vraiment remarqué parce qu’il se débrouillait toujours pour être de retour dans le lit là l’heure de ton réveil, il ne manquait jamais au poste et il restait la première personne que tu voyais en ouvrant les yeux. C’était devenu une habitude, presque votre quotidien et ça avait été tellement plus dur pour toi que pour lui de couper le cordon. « De quoi meurent les neurones d’une blonde ? » tu arques un sourcil, tu ne la connais pas et pourtant… des farces ils t’en a faites, des devinettes ils t’en a posé, de vrais casses cous parfois. T’essaie, tu tentes ta chance : « De connerie ? » Tu lui lances un regard interrogateur. T’es même pas certaine que l’on puisse mourir de connerie, d’ailleurs ça te semblerait bizarre que ce soit possible et ça te foutrait un peu les boules aussi… Parce-que t’es pas forcément une fille sage. Non, ça ne doit pas être possible, on ne doit pas pouvoir mourir de connerie ou alors tu ne serais déjà plus de ce monde depuis déjà belle lurette. Il cesse la torture et te donne la solution « De solitude. » Tu boudes. Tu croises les bras sur ta poitrine et tu fronces les sourcils. Il l’a fait exprès, exprès pour que tu te sentes bête, pour se venger et ça t’énerve que sa blague soit drôle parce que t’aurais préféré qu’elle fasse un plop. T’aurais préféré qu’elle soit tellement nulle qu’elle ne soit pas en mesure de t’arracher un sourire à travers ta mine d’enfant capricieuse mais c’est mort, tu souris. Tu ne peux pas faire semblant, c’est tellement difficile avec lui. Vous ave trop de souvenirs, trop de moments semblables, un trop grand passé en commun pour que tu ne souries pas dans des moments pareils.

Tu le regardes se moquer secrètement de toi, intérieurement, au moment où tu te mets à énumérer tes défauts. Il les connaît tous, il te connaît par cœur, il n’y a que très peu de courbes de ton corps qui ne lui soient encore secrètes, très peu. Il te laisses finir, s’amuse de ta connerie et ne te coupes pas la parole jusqu’à ce que tu ne trouves plus rien à te reprocher pour l’heure, ou bien plus rien dont tu n’as envie de te plaindre tout de suite. « C’est bon tu as fini la foire au horreurs ? Non parce que c’est très grave tout ça… MAIS AVANT TOUT … montre-moi tes orteils, j’adore. » Lui montrer tes…quoi ?... tes orteils ? Mais… Tu soupires. Qu’est ce qu’il peut être bête, il a déjà vu tes pieds, un bon million de fois, c’est juste pour que tu te sentes connes de te trouver des défauts sans importance, des défauts qui n’en sont même pas pour certains autres. « C’est vrai que j’ai de magnifiques pieds égyptiens, tu veux voir et pleurer devant leur beauté ? » Il te montre ses pieds et tu souris, malicieuse. Tu fais mine de te boucher le nez suite à la désagréable odeur qu’ils pourraient dégager même si à vrai dire, tu ne sens rien du tout et … tu t’empares de son pied droit et le serres très fort de ta main gauche. De ta main droite, ta main forte, tu commences à chatouiller sa plante de pieds car tu sais que c’est le seul endroit où il est vraiment vulnérable, le seul endroit que dès que tu ‘attaques, tu peux passer maîtresse de la situation, qu’il devient vulnérable et inoffensif. Il rigole, il en pleure presque et te supplies d’arrêter, ce que tu ne fais pas tout de suite, évidemment. Il gigote, dans tous les sens, cela devient difficile de le retenir alors tu lâches prises en te moquant joliment : « T’as de la chance que je sois gentille hein, j’aurais pu continuer à chatouiller ton charmant pied égyptien toute la nuit. » Tu t’attaques à un saucisson qui traine sur le sol, victime de ton sac que tu as déversé au sol quelques minutes plut tôt et d’un coup de baguette tu en coupes des fines lamelles qui se placent automatiquement sur la plastique en contact avec le sol et tu te couches sur le ventre, les bras en appuie tête, les jambes un peu relevées avant de t’emparer de la première lamelle qui tombe sous ta main. « Bon sinon, l’exéma c’est pas un défaut c’est juste ultra chiant. Tes cheveux sont magnifiques, sérieux, l’autre jour j’ai entendu deux débiles, attends je ne me souviens plus de leurs noms … des poufsouffles là… ah si ! Bunrow et Mandleton, elles disaient qu’elles rêveraient d’avoir tes cheveux, enfin je crois que c’était ça qu’elle disait mais je ne suis pas tout à fait sûr. » C’est vrai Eden, t’es con, l’exéma c’est pas un défaut, c’est juste super gênant, ça gratte beaucoup et c’est tout rouge mais c’est pas considéré comme un défaut. D’avoir un gros nez c’est un défaut, des yeux qui louchent, c’est un défaut, il y’a une liste interminable de défauts et toi tu sors quoi ? De l’exéma ? Tu ne tournes pas rond dans ta tête. Il parle de Sarah et de Janet, ça t’embête un peu qu’il les traite de débiles parce que même si tu ne connais pas Janet, Sarah et ton amie et tu tiens à elle, tu l’aimes bien. Tu es convaincue qu’il les juge sans les connaître et tu ne peux même pas lui en vouloir ni lui en faire la remarque parce-que tu es la pire de ce côté là, tu juges et après tu réfléchis, c’est toi tout craché. Tu décides de défendre tout de même ta camarade des noir et jaune et, la bouche à moitié pleine de saucisson, tu rétorques : « Tu sais, Mandleton… en vrai elle s’appelle Sarah. Elle n’est pas débile, elle voit juste le monde d’une autre manière. Je sais pas ce que vous avez tous avec elle, ces temps ci tout le monde casse du sucre sur son dos alors qu’elle, elle ne sait même pas critiquer une créature immonde. Elle est peut-être un peu naïve, mais j’dirais pas qu’elle est débile. Je te la présenterai une fois, si ça se trouve vous vous entendrez bien, toi et la « débile » » T’es fière de toi, t’as défendu ton amie comme tu espères qu’elle l’aurait fait pour toi si elle en avait eu besoin. « Tu es attirante ok ? Si tu ne fais pas du G, tu as beaucoup plus de charmes que bien d’autres filles. » Tu t’approches de lui et tu attrapes son menton, tu sens son souffle contre ton visage et il doit également sentir le tien et de ta voix la plus provocante qu’il soit, tu joues avec lui, de lui, parce qu’il te lances une perche et que tu trouves ça drôle. T’es vraiment con, en vrai, tu te rends pas compte de l’impact que peuvent avoir tes actes sur la situation, sur votre relation. En vérité, tu n’y réfléchis même pas, tu agis, puis plus tard, tu réfléchis : « Dites voir monsieur Durden, ne seriez-vous pas un petit peu entrain d’essayer d’obtenir quelque chose de moi par la plus vile des manières, le compliment ? Me draguez vous peut-être ? » Tu maintiens son regard et devant son air complètement déboussolé tu es prise d’un fou rire. Tu le tire vers toi avant de déposer un bisou sur sa joue droite sans pour autant réussir à te calmer et tu ajoutes : « Cette fois, tu pourras pas dire que j’ai dévié de ma cible. » C’est trop tôt pour en rire Eden, encore trop frais dans le temps mais t’es comme folle aujourd’hui et l’alcool n’aide pas, l’euphorie de sa présence n’aide pas non plus et c’est étrangement plus dur qu’à l’accoutumée pour toi de te contenir. Il te met au défi de lui trouver un autre challenge, quelqu’un à défier dans un concours de rots. Au plus fort la médaille. Tu souris et avales discrètement un peu d’air pour déclencher l’engin et tu lâches un bon gros rot. Digne d’un homme, et d’un regard joueur tu le mets au défi : « Pardon. »
Et vous riez, il essaie de te battre et vous êtes heureux. Oubliés les faux pas précédents, à cet instant, vous respirez l’amitié, vous vous enivrez de ce moment à vous, à vous et uniquement le votre. C’est tellement mieux d’être égoïste, de ne l’avoir que pour toi.


Il refait allusion à vos parents et te demande de faire l’impasse sur le sujet. Tu approuves d’un hochement de tête, cette discutions n’est pas de rigueur dans cette conversation, vous avez tellement d’autre choses à vous dire, tant d’autres sujets à débattre. Non, vos parents ne sont plus votre première préoccupation, du moins plus pour le moment. « Bref, je viens de gagner je crois. Tu as d’autres ridicules défauts ou j’ai le droit de dire que tu es parfaite ? » Tu baisses les yeux vers le sol penaude, tu ne sais pas quoi ajouter, tu ne sais plus quoi dire. Il a gagné et ça te tue de le dire mais il a eu raison de ton obstination. Le temps passe et tu continues de boire, d’enchainer les boulettes, de t’enfoncer encore plus loin dans le pétrin, jusqu’à cet instant précis où tu vas trop loin, où tu en dis trop, beaucoup trop même. Mais que t’es t’il donc passé par la tête vieille inconsciente ? Par quelle connerie de folie as-tu été saisie en prononçant ces quelques mots qui résonnent encore dans ta tête : J’ai jamais dit ne pas être intéressée. Pauvre idiote. Sombre imbécile. S’il y’avait une médaille pour la connerie, il est certain que tu serais récompensée. Il est déboussolé et tu n’oses même pas lever ton regard en sa direction, tu n’oses pas dire mot. Et pour dire quoi de toute façon ? Encore des conneries ? Rajouter à ta bêtise ? Tu empoignes un bout de terre que tu serres fort dans ta main droite. Tu as envie de partir en courant, de fuir, de fuir son regard accusateur. Il a l’air aussi perturbé que toi et c’est avec fougue qu’il se saisit de la bouteille que tu tenais encore en main par le goulot. Il frôle tes doigts et tu en laisses presque tomber la bouteille dans sa main. Des frissons. Pourquoi Diable fallait-il que tu te mettes à ressentir des frissons au contact de sa peau dans de telles conditions. Tout allait trop vite à ton goût, beaucoup trop vite et tu ne te sentais plus maîtresse de la situation, pas plus que tu ne l’étais de ton propre corps. Oh Eden, ce que tu pouvais haïr ce sentiment d’impuissance, ce que tu pouvais détester te sentir vulnérable et n’avoir aucune prise sur l’instant présent. Il rompt le silence. Tu ne comprends pas. Et voilà qu’il se met à rire, de ce rire presque diabolique qui te fou la chair de poule. Tu ne saisis pas trop le but de ce rire diabolique et tu as l’impression d’être mise à nue. Une mise à nue publique. Oui, tu as l’impression de courir nue au beau milieu d’un stade de foot dont les gradins sont remplis de gens que tu ne connais même pas. Tu aimerais te cacher mais il n’y a endroit pour et ça te frustres tellement que tu voudrais en parler. Tu lui en veux de se payer de ta tête ainsi sans réfléchir au pourquoi du comment. Si seulement tu avais réfléchi Eden, tu aurais compris qu’il ne se moquait pas mais qu’il essayait juste de vaincre sa nervosité, de cacher son mal aise, mais les quiproquos apparaissent là où ils ne devraient pas et, intérieurement, tu es certaine qu’il se moque de toi. Tu aurais du le savoir, tu aurais du t’en douter. Comment pourrait-il un jour s’intéresser à une fille comme toi ? Tu serres ton poing encore plus fort jusqu’à t’en faire mal, jusqu’à t’en enfoncer tes ongles mal coupés dans la peau. Tu te hais d’avoir été aussi bête. Tout est fini. Tu as tout gâché et tu en es convaincue. Il se lève. Naïvement, tu penses que c’est pour mieux observer les dégâts, mieux voir ton visage qui peu à peu se décompose. Tu aimerais lui hurler de dégager, qu’il te laisse un peu tranquille et qu’il arrête de rire de toi qui, pour une des premières fois de ta vie, a permis à ton cœur de prendre la parole. PLUS JAMAIS. JAMAIS. JAMAIS. Que tu te dis, plus jamais tu ne seras faible à ce point, tu resteras maîtresse de tes sentiments, de tes mots, de tes actes, toujours. Tu lui as tendu une perche pourtant, afin de voir s’il était prêt à passer par dessus ces quelques mots qui par mégarde t’avaient échappés. Tu aurais voulu qu’il ne s’y attarde pas, qu’il te parle de cette fichue guerre des tissus de Cuba qui ne t’intéresse pas mais il n’y arrive pas, les mots ne sortent pas et tu te mords la lèvre inférieure si fort que tu en pleurerais de douleur dans d’autres circonstances. Il s’approche de toi et recule. Dans ton esprit tout est clair : tu le dégoutes, il te fuit comme la peste. Plus rien ne serait jamais comme avant, c’était fini, done, OVER. OVER. Ces mots te blessent, tu ne veux pas oublier ces 7 ans d’amitié mais tu sais que tu n’auras pas le choix, que t’as grave merdé et qu’il ne voudra pas maintenir ce que vous aviez jusqu’à maintenant, jamais. C’est triste, la triste réalité, tu en es sûre. « Putain Eden. » Ca résume tout un peu, ça prouve qu’il n’a pas aimé les mots qu’il vient d’entendre, qu’il les a même détesté et que tout était perdu d’avance, toute explication, toute excuse, il avait déjà tiré un trait définitif sur votre amitié, pour toi, pour pas te faire souffrir, pour la connerie que tu viens de lui dire. Il boit encore et se crispe lorsque le whisky traverse son œsophage pour finir dans son estomac. « Quoique je fasse, tu me garderas comme meilleur ami, tu me promets ? » Si jusque là tu doutais encore, tu ne savais pas trop comment tout allait se passer, au moins là, ça a le mérite d’être clair. Il est blessé et ne sait pas comment réagir, il essaie mais n’y arrives pas et d’un air un peu triste, un peu niais, tu hoches la tête sans vraiment oser le regarder. Faites passer le temps plus vite, qu’il dégage, qu’une averse se déclenche, qu’un monstre apparaisse de l’orée de la forêt, tu espères un signe, quelque chose qui te sortirais de ce mauvais pas, mais rien ne viens et c’est à cet instant qu’il détale, qu’il part en courant tel un furet.

Tu saisis la bouteille qu’il a laissé au sol, un peu plus loin, et tu bois le dernier quart d’un cul sec pour te rafraîchir l’esprit, te changer les idées. Oublier. Oublier cette soirée qui se termine en drame, oublier, tout. Une fois la bouteille vide tu laisses éclater ta rage en la lançant de toute tes forces contre un arbre un peu plus loin. Elle explose en milles morceaux et toi tu ris toute seule, ivre morte. Tu ris en te disant que tu devrais arrêter de lancer des objets à chaque fois que tu es à cran, qu’un jour ça va mal finir, que quelqu’un risque de se le prendre sur la tête. T’as l’air conne Eden, assise en tailleur, toute seule, à rire aux éclats. Seule. Tu réalises. Tu as peur de la solitude. Tu regardes à gauche, à droite, d’un regard fuyant et apeuré et tu te mets en boule, tu t’enroules dans une des couvertures que ton ami a laissées et tu pleures quelques larmes. En vrai t’es tellement saoul que tu ne sais pas trop si tu as envie de rire ou de pleurer mais dans tous les cas, tu ressens quelque chose d’étrange, un manque, un vide, quelque chose. Il est tard, Poudlard est clos et Stefan est parti, tu te plies à cette réalité qui ne te plait pas : tu es condamnée à t’endormir ici, entourée par la nourriture, les bouts de verre et ce vent glacial qui te transperce presque les os. Joli tableau. Tu es presque endormie quand tu entends des pas étouffés d’une cadence soutenue. Tu ouvres difficilement les yeux que tu avais clos pour oublier la peur, pour oublier le froid et tu reconnais une silhouette. Cette silhouette. Lui. Stefan. Tu te redresses difficilement en tremblant et tu t’assieds en tailleur, passant la couverture autour de tes épaules. Il a les yeux bouffis, de la boue partout jusque dans les cheveux et les mains légèrement ensanglantées de s’être violemment rappées contre le gravier des chemins qui mènent au château. Tu ne sais pas ce qui s’est passé, pourquoi il est là, de nouveau, devant toi avec une allure de guerrier de la seconde guerre mondiale. T’es perdue, complètement paumée. Il saisit tes mains, tu trembles et le regardes de tes grands yeux encore endormis et bouffis d’avoir versé des larmes silencieuses, des perles d’eau salées trop lourdes pour un chagrin trop grand, pour la perte d’une amitié qui représentait tout pour toi, la vie, la mort, l’amour, la haine, absolument tout. Il était tout. Il te regarde de son regard désolé et tu voudrais fuir parce que t’as eu le temps de réfléchir, que tu regrettes amèrement tes paroles et que tu t’es rendu compte que ne vous deux ça pourrait jamais le faire. Tu t’en es convaincu, difficilement, mais tu l’as fait. C’est tellement plus facile d’être amis de toute façon, pourquoi changer ? Pourquoi se lancer dans un truc compliqué qui ne mènerait à rien ? T’as peur du risque et en tentant quelque chose avec lui tu risques beaucoup trop, c’est trop dur, tu peux pas te permettre de mettre votre amitié sur le tapis de jeu alors que c’est ce qui compte le plus à tes yeux. Il reste ton meilleur ami, il te l’a promis, tu dois en faire pareil. Il t’embrasse. QUOI ? Ton ventre te fais mal, tu sais pas trop si t’en as des papillons parce que tu adores le contact de ses lèvres contre les tiennes ou parce-que tu as trop bu, tu sais pas et ça te paraît étrange… naturel mais en même temps tellement pas.

« Je n’avais pas … enfin si. Enfin non. Besoin de réfléchir. Voilà. Putain, le con. » Tu sais pas comment réagir, ça te fait mal au cœur de voir cette situation si compliquée pour lui. Tu ne penses pas qu’il peut t’aimer, non, c’est impossible, pas toi. Il est amoureux d’Ariel et même s’il te dit le contraire, tu en es convaincu. Tu ne peux pas le laisser faire la plus grosse connerie de sa vie, tu es sa meilleure amie, rien que sa meilleure amie, tu ne peux pas permettre de jouer avec son bonheur ainsi. S’il y’a bien une chose avec laquelle tu ne peux pas te permettre de jouer, c’est son bonheur. Tes yeux s’emplissent de larmes, tu as la voix brisée et tu ajoutes : « Tu peux pas putain. Merde… Stefan voilà tu vois je pensais pas ce que j’ai dit, je l’ai jamais pensé, je le penserai jamais, c’était juste pour jouer, merde… mais c’était qu’un putain de jeu ! » MENTEUSE ! Tu mens, tu mens pour le préserver, pour ne pas qu’il doute de votre relation, pour ne pas qu’il se retrouve dans l’ambiguïté comme toi. Tu refoules ton égoïsme pour son bonheur, parce que t’es persuadé que s’il quitte Ariel il le regrettera et qu’il en souffrira et toi, tu veux pas le voir souffrir, ce serait trop dur. Tu préfères te mettre en retrait, laisser les larmes couler sur ton visage pendant que tu fermes la porte à l’évidence, pendant que tu laisses passer toutes tes chances d’un jour être toi pleinement heureuse, avec lui. Parce que oui tu l’aimes, tu t’en rends compte sous l’effet de l’alcool, tu serais prête à tout abandonner pour lui, faire tous les sacrifices du monde et si le sacrifice doit être ce que tu as de plus précieux, c’est à dire votre amitié pour qu’il soit lui un jour comblé, tu n’hésiterais pas une seconde, d’ailleurs, n’est-ce pas déjà ce que tu es entrain de faire ? Tu pleures, tu essaies de le convaincre et de te convaincre par la même occasion ce qui est d’ailleurs bien plus compliqué vu que tu ne penses pas un traître mot de tous ces mots qui sont entrain de traverser tes lèvres : « On a toujours joué tous les deux non ? On a toujours fait les cons ? Pourquoi tu débarques comme ça et tu m’embrasses ? Tu te rends compte à quel point c’est ridicule ? Non toi et moi on ne peut pas, ça ne le fera jamais. Désolé si l’espace d’un instant je t’ai laissé croire le contraire je ne peux pas… J’arriverai pas à vivre ça. Non, je ne suis pas une fille qui est capable d’être amoureuse...» tu hésites, tu ne sais pas comment continuer, tu ne sais même pas si tu as vraiment envie de continuer ta tirade ou si tu préfères abandonner, si tu en as déjà trop dit. Il va t’en vouloir, te haïr, c’est sûr. Tant pis, il ne passera pas à côté de son bonheur, pas à côté d’Ariel, tu auras au moins sauvé ça, du moins… c’est ce que tu crois, c’est ce que tu essaies de sauver à cet instant précis : « tu devrais le savoir….» Voilà que tu es encore plus dégueulasse de lui reprocher de ne ça, de lui reprocher de ne pas te connaître alors que toi même tu ne te connaissais pas assez pour prédire un tel comportement. Tu renifles un peu bruyamment et tu marques à nouveau une pause. C’est tellement dur de lui dire tout ça, tout ce que tu ne penses pas le moins du monde. CRIES LUI QUE TU L’AIMES BORDEL. Trop difficile. C’est plus facile de fuir quand les choses changent, quand l’inconnu pointe le bout de son nez et comme à votre habitude, à la tienne plus qu’à la sienne, tu préfères fuir, faire profil bas, t’inventer une situation différente, une fin différente : « On est saouls c’es tout… T’es trop saoul pour comprendre que tu viens de tromper la seule femme que t’aimes vraiment et moi putain…. Moi je te laisse faire. Je suis même pas bonne à être ta meilleure amie. Je sais même pas pourquoi tu restes…NON JE SAIS PAS, tu peux y’aller, je te retiens pas … mais en même temps si tu restes pas je vais crever de froid et… » Tu cries presque, tu le supplies aussi, tu le supplies de rester et là : BAM. Tu vomis. Mais tu vomis l’immense flux qui lui montre à quel point tu avais bu en son absence, à quel point t’allais mal à cet instant précis et à quel point il ne pouvait pas te laisser là toute seule dans cet état. Pas cette nuit du moins, demain matin, ce sera une autre histoire. Maintenant faut assumer, demain matin, tout sera différent… Pas vrai ?

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I threw us into the flames - I let it fall, my heart and as it fell, you rose to claim it. It was dark and I was over until you kissed my lips and you saved me. My hands, they're strong, but my knees were far too weak to stand, in your arms, without falling to your feet © RANG.
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MessageSujet: Re: I don't wanna have to go where you don't follow ♦ Walden (terminé)   Lun 8 Avr - 13:49



Vous êtes bien là, tous le deux dans votre clairière. Surtout depuis que tu as appris qu’elle n’y était jamais allée avec quelqu’un d’autre. Tu décides que ça sera la vôtre pour toujours, tu es tellement loin d’imaginer tout l’enjeu que tu viens de mettre sur cette phrase. Tu souris et regardes la clairière pour en imprimer chaque détail, chaque brin d’herbe. Vous êtes bien là, coupé du monde, enfermé dehors, seul à deux. Ton regard s’arrête sur un tronc d’arbre plein de griffes. Des bêtes ont dû venir ici, peut être qu’elles sont sauvages et qu’elles reviendront. Seulement rien ne vous arrivera, tu en es convaincu, c’est votre soirée à tous les deux. Rien ne peut arriver de mal. Tu lui souris et la taquine ne lui faisant une blague sur ses neurones. De connerie qu’elle répond, elle est mignonne. Si les gens mourraient de conneries comme ses potentiels neurones, le monde serait bien vite dépeuplé. Quoique ça ne serait pas forcément plus mal. Tu rigoles avec elle en lui annonçant la réponse. Tu vois bien qu’elle fait comme si ce n’était pas drôle, comme si ta blague était nulle mais qu’elle ne peut s’empêcher de pouffer. Et oui, vous êtes comme ça, deux grands enfants qui ne peuvent s’empêcher de rire ensemble pour rien. Votre vie est belle en réalité. Trop belle pour être vraie peut être même. Vous riez encore et toujours. C’est si bon de rire, et puis ça muscle aussi. Tu en profites car faire du quidditch t’empêche d’avoir ta dose de sport habituelle. Bien sûr tu compenses en courant le matin, mais ce n’est pas pareil et puis là tu profites, voilà tout.

Tu continues à te moquer d’elle, mais c’est tellement gros qu’elle doit comprendre que ce n’est pas une moquerie. En réalité tu la pousses à comprendre combien elle est géniale. Heureusement que tu es là pour le lui rappeller, elle l’oublie trop souvent. Elle se cache trop souvent sous des faux-semblants de fausse modestie. Seulement ce n’est pas un défaut chez elle, c’est réel. Elle croit vraiment qu’elle ne vaut pas grand-chose et toi avec ton orgueil démesuré tu as pris sa part sur toi. Tu te vantes pour deux, mais ça ne suffit pas. Elle a besoin d’être rassurée, besoin d’être soutenue, portée, aimée. Alors tu fais ça pour elle. Seulement tu n’es pas l’homme le plus fin que la terre ait porté, non, tu lui dis sans délicatesse aucune, préférant passer par les moqueries. Elle ne le prendra pas mal car elle te connaît mieux que personne. Et voilà que tu tends ton pied. Elle se bouche le nez, tu fais semblant d’être vexé. Oh bien sûr, personne n’a des pieds qui sentent la fleur à chaque instant de la journée, mais dans l’air frais de la nature, la faible odeur se dissipe bien vite. Tu lui souris pendant qu’elle fait mine d’admirer ton pied. Elle l’empoigne. Tu sais ce qu’il va se passer et ce n’est pas du jeu, c’est de la triche, elle n’a pas le droit, c’est interdit de te chatouiller, c’est beaucoup trop facile. Tu veux stopper, te défendre, mais elle a bien prévu son coup, avant même que l’information ne te monte au cerveau voilà que tu te tortilles dans tous les sens. Les guilis sont ton point faible. Enfin un de tes points faible même si tu penses être invulnérable. Les chatouilles sous ton pied c’est insoutenable. Tu rigoles à n’en plus finir. Pour peu tu aurais des larmes de rire. Tu la supplies d’arrêter et pour ce faire, tu te secoues dans tous les sens, tu finiras par être trop lourd et elle va te lâcher. « T’as de la chance que je sois gentille hein, j’aurais pu continuer à chatouiller ton charmant pied égyptien toute la nuit. » Enfin elle laisse tomber ton pied. Tu souffles de soulagement, le calvaire est fini. Tu reprends peu à peu ton souffle et tu te mets dans la même position qu’elle. « Toi ? Gentille ? On ne connaît pas la même Eden. Ma meilleure amie est un bourreau qui connaît les points faible et qui les utilises. Un peu de respect pour mon pied égyptien je vous prie. » Vous riez, ensemble. Puis tu te sers de saucisson, qu’est-ce qu’elle est futée ton amie. Elle a vraiment tout prévu pour que la soirée soit la meilleure possible. Tu la regardes pendant qu’elle mange. Tu sais qu’elle n’aime pas quand tu la dévisages mais c’est plus fort que toi, elle est tellement belle. Tu la regardes remettre une mèche blonde derrière son oreille, c’est un geste anodin chez une fille mais tu trouves ce geste tellement sensuel chez elle. Tu détournes les yeux quand elle te questionne du regard. Tu sors avec Ariel, ne l’oublie pas. Tu reprends la parole pour parle de ses défauts encore. Tu ne dis que la vérité et en plus ce que tu dis tiens la route. Tu as raison sur toute la ligne et tu t’en glorifies. Comme toujours tu exagères, mais tu veux montrer pour de bon à Eden qu’elle n’est pas celle qu’elle se décrit. Qu’elle voit des milliards de fois plus. Tu lui souris quand tu remarques qu’elle est obligée de se plier à tes arguments. C’est un de tes sourires victorieux et cela ne doit pas lui plaire, mais qu’importe. Elle reprend une tranche de saucisson et bien vite tu l’imites. « Tu sais, Mandleton… en vrai elle s’appelle Sarah. » Et voilà qu’elle se met à défendre la jeune fille, dit par elle, tu pourrais presque y croire. N’importe qui t’aurait vanté la gamine, tu n’aurais même pas écouté, c’est une poufsouffle et en plus elle a l’air vraiment débile. Seulement c’est Eden qui parle et lorsqu’elle parle, tu l’écoutes. Elle continue à lui trouver des excuses, tu n’y crois qu’à moitié. « Je te la présenterai une fois, si ça se trouve vous vous entendrez bien, toi et la « débile ». » Tu rigoles. Tu ne t’entends pas vraiment bien avec grand monde, alors avec celle-là. Tu lui réponds « Franchement non merci. Rencontrer cette petite ne m’intéresse pas. Tu sais pas ce qu’elle fait à Ian ? Mon tuté m’a dit qu’elle lui reniflait les cheveux. Tu trouves ça normal toi ? Vas-y, dis-moi qu’elle est saine d’esprit ? » Devant son regard outrée, tu essaies de réparer ce que tu viens de dire. Encore une fois tu es allé plus vite que tes pensées. Tu vas sûrement le regretter. « Mais pour toi, d’accord, je veux bien la rencontrer. Je suis le meilleur des meilleurs amis hein ?» Et voilà, toujours en train de te faire des compliments. Bon, faut aussi dire qu’Eden est parfois avare en compliments, heureusement que tu es là pour te jeter des fleurs. Vous riez encore ensemble. Toujours. Soudain elle est proche de toi. Beaucoup trop proche, mais étrangement cela ne te dérange pas, c’est comme avant. Quand elle venait dans ton lit parce qu’être toute seule ça l’embêtait ou qu’elle avait froid ou qu’elle en avait envie. Ses excuses n’étaient jamais bonnes mais c’était comme ça, c’était vous deux. Et là c’est encore vous deux mais différemment. Ses doigts sont sous ton menton et elle parle. Elle t’accuse en rigolant. Elle t’appelle monsieur Durden et tu aimes comment elle le prononce. Elle te demande en souriant si tu la dragues. Evidemment que non, mais c’est surtout que tu ne comprends pas la soudaineté de l’action. Tu es perdu parce que vous êtes trop proches. Bon sang Stefan, ressaisis-toi ! Avant que tu n’aies le temps de comprendre ce qu’il se passe, elle baise ta joue. C’est tellement sain et doux comme geste que tu en es surpris. « Cette fois, tu pourras pas dire que j’ai dévié de ma cible. » C’est trop tôt encore pour rire de cette blague beaucoup trop tôt, pourtant elle rit. Pour cacher ton trouble tu l’imites. C’est la chose la plus facile à faire, la plus évidente. Tu ris et tout est oublié. Tu ris et l’incompris reste incompris. Tant pis. Tu ne te plains pas, ça ne serait que trop bizarre. Si tu ris, ça t’évite de répondre, tant mieux. « Pardon. » Elle vient de roter, mieux que certains mecs et c’est sa seule réaction. OK c’est la seule quelle pouvait avoir, tu venais de la défier. Tu fais la même chose qu’elle, un rot dégueulasse. Tu lèves la main pour l’empêcher de surenchérir et tu tentes un deuxième rot. Ah, celui-là est bien digne de toi. Tu lui lances un regard joueur, un regard qui la défie. Et vous rotez. Voilà votre vie : vous vous engueulez, vous changez d’attitude du tout au tout, soudainement très proche l’un de l’autre, puis c’est gênant, puis vous riez. Comme si tout se corrigeait et s’améliorait en riant. En réalité tout se corrige et s’améliore lorsque vous riez. Tu lui souris et elle te rote à la gueule. Ahah, tu l’avais cherché celui-là. En tant que grand joueur, tu lui réponds. Vous pouvez continuer pendant des heures. En ne vous souciant de rien. Que la vie est belle quand on est vous.

Alors la vie continue, vous changez de sujet, tu es fier encore une fois parce que tu gagnes. Victoire par KO. Elle est géniale et elle n’a plus qu’à la reconnaître. Elle baisse la tête, parce qu’elle n’aime pas reconnaître qu’elle a tort. Qui aime d’ailleurs ? Tu lui souris, sympathiquement. Tu ne l’obliges pas à mettre des mots sur ce qu’elle ne veut pas dire. Tant pis si tu es obligé de lui rappeler chaque jour à chaque heure qu’elle est géniale, tu t’y ferais. « J’ai jamais dit ne pas être intéressée. » Tu étais victorieux, fier, et là d’un coup tu es perdu. Tu ne comprends pas ce qu’elle attendait avec cette phrase, ce qu’elle voulait te dire. Enfin si les mots séparément tu les comprends. Si tu les assembles tu devines que cela veut dire qu’elle est intéressée par toi. Seulement ton cerveau marche beaucoup trop lentement. Est-ce à cause de l’alcool ? Ou alors parce que tu ne t’y attendais pas ? Tu te poses trop de question, ce n’est pas ton genre. D’habitude les choses découlent les unes des autres, dans l’ordre logique de la vie et tout va bien. Or là, plus rien ne va. Plus rien du tout. Tu regardes ses yeux. Elle semble aussi perdue que toi voire en colère. Tu ne sais pas quoi dire ni quoi faire ... alors tu rigoles. Bien sûr c’est la pire attitude à avoir, mais tu te protèges de ce que tu ne peux pas contrôler par le rire. Le rire c’est pur, c’est facile. Quel con. Si seulement tu savais ! Maintenant tu n’oses plus la regarder dans les yeux. Tu te fais mal à toi-même, alors que tu ne comprends même pas ce que tu es en train de vivre. Tu t’enfuis, tu lui dis que tu es son meilleur ami et tu t’enfuis. Lâche. Faible. Gamin. Comment oses-tu ? Pourtant tu oses et tu cours. Tu veux oublier et d’habitude ça marche bien. Quand tu cours tu penses à ton rythme, à ta respiration, tu fais attention au monde autour de toi. Or là il fait nuit noire, là tes pensées se bousculent dans ton cerveau, tu ne penses qu’à elle. Qu’à ce qu’elle vient de te dire. Pourtant si tu as fuis c’est parce que tu as pensé à Ariel, à votre amitié. Tu ne pouvais pas briser les deux filles les plus importantes de ta vie. Tu as pris la fuite. Bien sûr que tu viens de briser le cœur de ta meilleure amie si elle a dit la vérité. Tu te consoles en disant qu’elle parle parce qu’elle a bu. Lâche. Faible. Gamin. Tu cours encore. Tu tombes, tu as les yeux embués de larmes. Tu ressasses tout ce que vous avez vécu. Dans ton cerveau tes beaux souvenirs avec Eden passent en boucle. Et de l’autre côté tous les bons moments avec Ariel aussi. Tu verses quelques larmes. Lâche. Faible. Gamin. Tu te relèves. Tu dois revenir, tu n’as pas le droit de l’abandonner. Tu cours vers elle parce que tu sens dans ton cœur que c’est ça qu’il faut faire. Tu n’as rien prémédité, tu suis juste ta pulsion. C’est vers elle que tu es attiré comme un aimant, c’est tout. Tu ne réfléchis pas plus. Elle est encore là. Un soupir de soulagement traverse tes lèvres. Belle comme un ange. Ses yeux aussi à elles sont bouffis. Elle a aussi pleuré, voilà vous êtes deux grands gamins, c’est parfait. Avant que tu ne puisses t’en empêcher tu te penches et l’embrasses. Tu te sens revenu chez toi, à la base. « Tu peux pas putain. Merde… Stefan voilà tu vois je pensais pas ce que j’ai dit, je l’ai jamais pensé, je le penserai jamais, c’était juste pour jouer, merde… mais c’était qu’un putain de jeu ! » Tu t’attendais à tout, tu étais prêt à tout… sauf ça. Un jeu ? UN PUTAIN DE JEU. Non, elle n’avait pas le droit. Elle disait cela pour se défendre, elle criait cela pour te faire marcher. Tu t’étais pris la tête. Tu t’étais mangé une racine. Tu avais accusé le coup. Tu avais pleuré comme un enfant. Non, cela ne pouvait pas être un jeu. Tu sens ton cœur en miette alors que tu ne comprends pas. Elle ne le penserait jamais ? Du genre un jamais, qui dure toujours ? Non, tu refuses de le croire. Ses yeux sont pleins de larmes, tu le vois bien. Et toi tu as toujours ses mains dans tes tiennes. Soudain elles te semblent lourdes et brûlantes alors tu les lâches. Tu as mal au cœur. Tu te dis qu’elle ment. Elle ne peut pas être aussi touchée et pleurer alors qu’elle dit cela ? Tu la connais par cœur pourtant, mais tu n’as jamais su voir quand elle mentait. Tu veux lire la vérité dans son regard, mais tes yeux aussi sont bouillants de larmes. Tu ne vois rien si ce n’est qu’elle est belle. Pourquoi est-ce que tu ne t’en rends compte que maintenant qu’elle est plus jolie qu’une sirène, plus sublime qu’une déesse ? C’est quoi ton problème mon grand ? « On a toujours joué tous les deux non ? On a toujours fait les cons ? » Sans comprends pourquoi tu acquiesces. Oui, vous avez toujours fait les cons, et vous continuerez jusqu’à la fin. Ton cœur te brule et pourtant tu commences à croire à ses paroles. Comme si cela avait un sens, comme si cela pouvait être vrai. Tu n’as jamais mis les vrais mots sur ta relation avec Eden et en réalité, tu n’en es pas prêt encore. Alors tu t’accroches à ce qu’elle dit. Oui, voilà, tu as joué au con, c’était ça. « Pourquoi tu débarques comme ça et tu m’embrasses ? Tu te rends compte à quel point c’est ridicule ? » Tu la stoppes d’un geste de la main. Tu veux t’expliquer ce que tu viens de comprendre. « Justement, c’était un jeu, comme avant. J’ai continué trop loin peut être. C’est parce que j’ai trop bu. J’étais parti en pensant à Ariel et en fait j’avais froid alors je suis revenu. Et là je t’ai vu toute jolie et, j’ai joué au con. » Tu n’y crois pas un seul instant, mais tu ne veux pas la faire culpabiliser plus. Vous êtes tous les deux dans le même cas, vous êtes tous les deux incompris et incompréhensible. Elle a toujours les yeux rouges, tu n’oses imaginer la couleur des tiens. « Non toi et moi on ne peut pas, ça ne le fera jamais. » Cette phrase te touche encore plus que le reste mais tu fais comme si ce n’était rien. Oui, vous n’êtes pas fait l’un pour l’autre, puisqu’elle le dit et qu’elle a toujours raison. Oui, Eden est une fille comme ça, une fille qui dit les choses telles qu’elles le sont. Trop franche pour se taire, alors tu baisses la tête et tu t’excuses. Elle te reproche des choses encore. Tu écoutes, pendu à ses lèvres. De ces lèvres-là que tu meurs d’envie d’embrasser encore… peut être que c’est à cause de l’interdit que tu en as envie ? Voilà, tu arrives même à te convaincre que tu t’es monté tout cela en tête. Tu arrives à te faire croire que tu ne ressens que les sentiments qu’un meilleur ami ressentirait pour elle, qu’un grand frère. Cela te fait mal au cœur mais cela te semble normal, tu n’as pas eu de grand frère, et tu as eu très mal au cœur quand ton petit frère est mort. Voilà que tu te remets à penser à des souvenirs enfouis au fond de toi, à tout ce que tu as toujours caché. Elle te parle encore, te dis que tu es autant saoul qu’elle, c’est vai. « T’es trop saoul pour comprendre que tu viens de tromper la seule femme que t’aimes vraiment et moi putain…. Moi je te laisse faire. » Ariel. Ton cœur se fait ressentir. ARIEL. Tu as envie de crier, oui tu adores Ariel, ta copine. Tu ne veux pas la perdre, tu tiens trop à elle. « Je suis même pas bonne à être ta meilleure amie. » « NON » Jusqu’à cet instant tu l’avais écouté sans broncher, préférant te dire qu’elle avait raison, mais là elle a tort et tu le sais. Et si elle avait tort de partout ? Ariel. Non, elle a raison. « NON JE SAIS PAS, tu peux y’aller, je te retiens pas … mais en même temps si tu restes pas je vais crever de froid et… » Tu ne peux pas la laisser dans cet état-là, mais tu ne peux pas refaire des conneries. Bon, tu n’es toujours pas sûr que tu es amoureux d’Ariel, mais tu es sûr d’une chose : que sans Ariel et sans Eden ta vie est fade. Tu regardes ta meilleure amie… en train de vomir. Merde. Tu es paniqué, elle avait vraiment beaucoup bu et trop vite. Tu attrapes ses cheveux, mais c’est trop tard, elle a fini déjà. Tu la prends dans tes bras. D’habitude voir quelqu’un vomir ne te dérange pas, tu changes juste de pièce et tu recommences à boire. Seulement là c’est différent, en la voyant vider son ventre tout l’alcool que tu as ingurgité redescend. « Chute, tout va bien je suis là. » murmures-t pour ne pas la brusquer. Tu l’entraines un peu plus loin et tu l’assois pas terre. Tu lui dis de ne pas bouger, de toute manière vu son état elle ne risque de pas faire grand-chose. L’odeur est vraiment immonde, alors tu jettes un sortilège pour enlever le vomi. Tu maîtrises plutôt bien ce sortilège, qui t’a sauvé la vie plusieurs fois. Tu prends les couvertures, et repart dans l’autre sens, sans penser que des bêtes pourraient être attirées par la quantité folle de nourriture posée par terre. Non, à cet instant tu ne penses qu’à Eden qui t’attends un peu plus loin. Les couvertures dans les bras, tu t’approches d’elle et tu remarques qu’elle est allongée à moitié en train de dormir. Avec ta forte musculature, la soulever est un jeu d’enfant. Tu installes un coin pour dormir avec ta baguette et tu la déposes. Tu hésites un instant mais pas plus, tu ne peux pas l’abandonner là, non tu n’as pas le droit. Alors tu t’allonges à côté d’elle et pose les couvertures par-dessus son frêle corps et te glisse contre elle, de ton bras droit tu lui fais un oreiller. Tu espères qu’elle dort déjà, parce que tu n’as pas envie qu’elle entende tout ce que tu vas lui dire, mais il le faut. Tu sais qu’elle doit entendre. « Eden, je suis désolée pour tout le mal que j’ai pu te faire. Tu as raison, Ariel compte trop pour moi, mais toi aussi. Ne crois pas que je t’oublie, tu es entrée dans ma vie et je ne pourrais jamais t’en chasser… sauf si tu ne veux plus de moi. » Tu reprends ton souffle et cela fait bouger quelques-unes de ses mèches et tu es ébloui devant ce spectacle. Tu es ridicules à souhait et tu t’en rends compte. « Promis j’arrête de boire. » Promesse que tu ne tiendras jamais, mais quel homme ne fait pas de promesses débiles pour une femme ? Pas toi en tout cas. Tu inspires de nouveau, tu ne sais pas où tu vas aller, ni où tu veux en venir. « Dors mon ange, et on oublie cette conversation. Tout ira mieux demain. » D’un geste fraternel tu baises le haut de son cuir chevelu puis tu fermes les yeux. La position n’est pas confortable du tout, le sol est dur. La rosée va sûrement vous réveiller, peut être que vous aurez même la visite de certaines bestioles mais qu’importe, vous êtes tous les deux ensemble, serré l’un contre l’autre. Peut être pour la dernière fois, peut être pas. Tu espères de tout cœur que cela ne sera pas la dernière fois, mais quand tu penses à Ariel tu ne peux t’empêcher d’hésiter. Alors tu poses la tête sur le couverture et tu soupires. Les ennuis c’est bon pour les autres. Demain sera meilleur.

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+ vous les copains je ne vous oublierai jamais.
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